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 Rencontre entre deux questions [Clôturé]

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Ayla Morg
Nandoriath
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MessageSujet: Rencontre entre deux questions [Clôturé]   Ven 5 Juil - 17:06



La vie suit son cours, les jours passent et se ressemblent et nous faisons de notre mieux pour construire notre avenir, tel un véritable travail d'architecture. La vie est comme construire une maison, il faut prendre ce qu'il y a de mieux en se basant sur des fondations très anciennes. Certaines de ces fondations peuvent avoir une histoire bien malheureuse, cependant ce sont les aléas de notre existence, il faut faire avec et aller de l'avant. Se servir de son passé pour construire son avenir, se souvenir de ses erreurs pour ne plus les refaire, voila le propre de l'avancement. Mais que fait on lorsqu'on a un avenir écrit ? Quand le destin nous force la main ? Lorsqu'à votre naissance, vous aviez le nom "dirigeant" écrit sur votre front ? Choisirez vous cette vie ou une autre plus agréable ? Auriez vous seulement le choix ? Comment avancer sur cette route ? Marchant droit ou prenant l'un des nombreux croisements s'offrant à vous ? Mais surtout, la question la plus importante à vous poser : Comment y accéder sans bagages ? Si vous n'avez rien à vous, comment avancer ? Si vous avez un avenir, mais absolument pas de passé, comment ne pas se perdre ? Tant de questions sans réponses, mais c'était ce qui occupait l'esprit de la belle vampire, Ayla Von Carline.

L'air totalement déprimée, la jeune femme promenait son index sur les bords de son verre, observant avec dégout ce fameux liquide vital qui y était conservé. Du sang, mais du sang animal, c'était la politique de l'académie, pas de sang humain, ce qui était parfaitement logique lorsqu'on voulait éviter de créer un vent de panique. Malheureusement pour Ayla, elle ne supportait pas le sang animal, elle était incapable d'en boire une goutte, ne serait ce que tremper les lèvres lui était insupportable. Son organisme ne pouvait pas tolérer du sang non vampirique ou non humain, ce qui expliquait aussi pourquoi sa famille lui avait toujours donné du sang frais, à même la gorge des serviteurs. Au moins elle avait une réponse à ses questions, bien qu'après elle se demandait pourquoi elle ne le supportait pas, alors que tous les vampires, même les sang purs, pouvaient boire sans problème du sang animal. Elle devait être anormale ou spéciale, mais bon, à quoi cela servirait de noyer son esprit dans l'immensité de l'océan du questionnement ? Encore une question...bon sang, cette femme est infernale !

Quittant la salle à manger, Ayla ouvrit les portes de l'académie et s'écroula immédiatement sur le sol, rapidement aidée par ses camarades, inquiets d'une telle réaction. Du sang coulant le long de ses lèvres, qu'elle essuya rapidement en observant le regard rougissant de ses collègues vampires. Pourquoi une telle réaction ? Visiblement son sang excitait les sens et les pulsions des membres de sa race, bah, elle devait être appétissante pour son fluide vital et pour son physique, tout simplement. Elle se releva et courut aussi vite que possible sous un arbre à l'ombre, le sang coulant de plus en plus, il valait mieux faire vite pour éviter d'avoir une bande de vampires désirant croquer des petits humains. Se jetant sur cette herbe fraiche et sombre, Ayla soupira un grand coup, passant son index sur le sang coulant le long de ses lèvres et ferma doucement les yeux. Effectivement, son sang avait un gout assez merveilleux, rien à voir avec du sang porcin n'est-il pas ?! Pourquoi diable le soleil l'affaiblissement autant ? Pourquoi il la blessait à ce point ? Encore des questions, toujours des questions...Le soleil était au plus haut et elle était trop faible pour repartir, autant prendre du bon temps et profiter de cette belle journée non ?

Observant les bracelets qui lévitaient sur ses pieds et ses poignets, Ayla se demandait vraiment à quoi bon limiter autant ses capacités, elle était une vraie loque en cette journée après tout. Un humain pourrait arrêter un de ses poings sans difficulté tellement elle était faible, le sceau qu'elle avait sur la nuque, les protections du directeur à ses pieds et poignets, le manque de sang, le soleil...jolie cumulation non ? En tout cas, tout était calme, personne n'osait l'approcher, peut être car elle avait vraiment l'air d'une vampire de haut rang. Pourtant...elle ne fuyait pas le contact et encore moins celui des autres races. Elle n'avait pas de préjugés, préférant se faire ses propres idées et choisissait elle même ses fréquentation. C'était la seule chose dont elle était certaine, au moins une situation n'amenant aucune question dans son esprit.



Dernière édition par Ayla Von Carline le Lun 8 Juil - 12:56, édité 1 fois
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Lucien d'Elenor
Lindörwin
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MessageSujet: Re: Rencontre entre deux questions [Clôturé]   Ven 5 Juil - 19:36

Les cuisines formaient une ruche fabuleuse, qui produisait en abondance les plats les plus savoureux qui aient été vus depuis des lustres. Là siégeait un savoir faire apte à contenter les palais les plus fins des plus difficiles gourmets d'Edälia, et les roturiers devaient mêler à leur nourriture des larmes d'extases, transportés par leur chance et par les arômes qui s'offraient à leurs sens, là où un noble remerciait la Lune de la compétence d'artistes qui rivalisaient avec leurs meilleurs chefs, furieux de ne pouvoir les recruter après leur apprentissage.

Lucien était heureux depuis son arrivée à l'académie, car pour la première fois, son chemin était tracé : benjamin d'une famille noble, il n'avait le moindre droit sur les possessions de ses ancêtres, mais devait en honorer le nom. Son avenir était alors incertain, car il ne pouvait se contenter d'un travail de bourgeois, sous peine de courroucer les siens et d'attirer sur eux la plus grande honte qui soit.
Ses pouvoirs étaient considérés ici, et il n'avait pas à cacher sa nature de métamorphe. Dans plusieurs années, il serait respecté et craint. La nature de sa maison était peut être un peu étrange, et ses camarades n'étaient pas tous recommandables, mais elle satisferait ses exigences.

De l'animation avait visiblement lieu en périphérie, car de nombreux élèves sortaient de la table réservée aux vampires pour aller vers la sortie. Une véritable cohue, dépourvue de sens réel et ne pouvant s'expliquer que par un incident, ou l'arrivée d'un vendeur de produits exotiques. Il n'était pas dans les habitudes des nobles de réellement observer les problèmes des autres ; qu'ils en parlent et en soient affectés est autre chose, et Lucien avait appris qu'il ne devait pas agir de manière grégaire. Aussi, il attendit que l'attention retombe, et profita du fait qu'il avait terminé son repas pour se diriger vers la sortie. Le parc serait un lieu agréable pour s'adonner à la digestion, et il pourrait s'y promener en toute tranquillité. Dans son sac reposait une ombrelle, dont il pourrait se servir pour ne pas être atteint par d'éventuelles bruines, de quoi écrire ou dessiner. Son instrument de musique resterait en haut.

Bien habillé, l'élève sortit donc et pénétra dans un havre de paix et de verdure. Il pourrait éventuellement se transformer et voler dans les airs à partir d'ici, mais il aimait le contact de ses pieds sur le sol, et le préférait parfois à l'envol difficile du milan, qui peinait à comprendre comment ses muscles fonctionnaient réellement et ne pouvait voler bien longtemps. Souvent, ses virées aériennes se limitaient au strict minimum et l'épuisaient, une fois l'excitation retombée.

Des arbres, de l'herbe, des bancs. Ici, un animal, là, un oiseau. Un cadre enchanteur qui invitait à la poésie et à la détente.
A l'ombre d'un grand arbre se tient une belle dame, qui a tout de noble. Son maintien, même dans la plus grand fatigue, dévoile son ascendance et impressionne les vivants. Cependant, l'effroi n'est pas tant du à la peur de froisser une femme si puissante qu'à un instinct, enfoui au plus profond de l'être humain, qui s'éveille au contact d'un sang-pur.
Lucien, cependant, ne pouvait se résoudre à avoir peur d'une vampire, car il était évident que la personne lui faisant face en était une. Surtout lorsqu'elle gît au sol, accablée pour des raisons connues d'elle seule, dont la première cependant doit se situer en la personne du Soleil, astre de vie impitoyable pour ces êtres de la nuit.

Une ombrelle serait à même de régler ce problème, du moins partiellement. En abritant la pauvrette, il la cacherait de la morsure des rayons ardents, et amenuiserait son invisible fardeau. Joignant le geste à la pensée, Lucien approcha et s'inclina, avant de tendre ce qui serait le pavois de cette belle fille aux cheveux de rose.

- Il est fort dommage qu'en vous soustrayant au Soleil, vous deviez échapper à l'attention de tant de personnes, qui pourraient vous admirer sans peine. Puis-je faire quoi que ce soit pour vous aider, dame ? Vous semblez bien souffrir dans ce parc, et pourtant, vous y êtes allé, alors que l'entière académie est votre.

Il n'y avait pas de réelle trace de flatterie dans le ton de Lucien, mais de l'inquiétude, qui était formulée ainsi grâce aux leçons de sa mère, mais également de sa sœur désespérée d'avoir pour frère un rustre. L'habitude du contact de nobles pouvait sans doute entraîner la mascarade des intentions, mais il y avait des chances que la vision de cette fleur roussie par le soleil et écrasée sous son point le tourmente. De toutes façons, il pourrait retrouver une ombrelle.
Cette dame, de plus, semblait seule. Et il comprenait fort bien la solitude, étant benjamin. Il exagérait, certes, mais il arriva fort souvent qu'il fut abandonné, n'ayant le privilège de la priorité sur les autres membres de sa famille. Il souffrait, et se livrait à sa curiosité, au frisson du vol et de l'envol, ne pouvant se satisfaire de l'apprentissage seul. Nul ne devrait avoir à regarder les autres rire alors qu'il est dans le tourment.

Il était de son devoir de tendre la main à cette dame, en passant outre les probables problèmes qu'il amasserait se faisant. Il ne serait pas dit qu'un d'Elenor avait fui une fille gisant à l'ombre d'un arbre, accablée par la chaleur, sans même lui avoir accordé une pensée.


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MessageSujet: Re: Rencontre entre deux questions [Clôturé]   Dim 7 Juil - 17:35

Cela fait quelque jours que les cours ont commencé, le temps passe, les cours aussi, des liens commencent à se former et des marques apparaissent... pour la plupart des élèves... Ce n'est malheureusement toujours pas le cas de Redd. Il faut croire que 16 ans (qui sait... ?) passés dans un orphelinat, pratiquement à l'écart total de ce qu'il se passait à l'extérieur ne l'aidait pas... La chasse aux sorcières ? La magie ? Tout cela ne lui disait rien, à par quelques rares mots entendus à la volée aux détours d'un couloir de l'orphelinat. Passer de ça à l'académie où tout, ou presque, était lié de près ou de loin à la magie était loin d'être simple pour lui, alors qu'il maitrisait tout juste son propre don. C'est ainsi que, lorsqu'il avait du temps libre, il passait le plus clair de son temps à se balader dans l'imposant établissement, et il y avait de quoi faire... Il savait bien simuler des émotions, ou les cacher, mais cette fois-ci un air pensif ne quittait pas son visage, du moins si on ne le tirait pas de ses réflexions.

Il avait peu mangé le jour même. Pas que la nourriture soit mauvaise à son gout, non, au contraire, il mangeait rarement aussi bien dans ses habitudes mais l'appétit n'y était pas vraiment. Tout autour de lui il voyait les élèves de plus en plus à l'aise dans leur nouvel environnement, c'était bien contradictoire, les renard roux sont sensés très bien s'adapter à tout type d'habitat, mais pas lui... Il décida alors de changer de formes, comme il a vu bien des élèves le faire, après-tout, cela pourrait l'aider à se détendre, et il aimait bien être comme ça. La forme prise, il ne pouvait s'empêcher de sentir quelque chose, il ne savait pas encore de quoi il s'agissait exactement mais quelque chose le poussait dans cette direction. Après tout, il n'agit pas toujours de façon très "consciente" lorsqu'il est un renard.

Des élèves semblaient suivre cette direction eux aussi, avant d'arriver il reprit rapidement forme humaine, il reconnaissait bien cette odeur, c'était du sang, mais un sang... différent, pas animal, ni humain. Il était au parc, de nombreuses personnes semblaient regarder avec attention (presque avec... envie ? ) une jeune dame allongée sous un arbre, terriblement pale, respirant lourdement et dont le sang coulait de la bouche. Une jeune personne, un peu plus jeune que Redd et à l'air noble au vu de sa tenue et de son comportement, était penchée vers elle. Peut être ne devrait-il pas s'en mêler, après-tout, il ne sait rien de ce qui a pu déclencher l'hémorragie, et il ne fait pas toujours bon de se mêler des affaires des autres... mais le son corps ne lui obéissait pas vraiment à ce moment là, cette fille avait la même expression que lui ces derniers temps, il ne put s'empêcher de rejoindre la blessée avant de poser un genou au sol et d'enjoindre directement le mouvement par la parole dans un air inquiet.


-Que s'est-il passé ? Puis-je faire quelque chose pour vous aider à aller mieux ?

Il ne faisait pas tout à fait attention à la jeune personne à sa droite, lui aussi ayant l'air d'être là pour la même raison que lui, malgré un air résolument plus posé.

PS : C'est Redd, pas Red n_n (titre du topic)
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MessageSujet: Re: Rencontre entre deux questions [Clôturé]   Lun 8 Juil - 7:23

Le jeune homme s’oubliait.
Au fond de la faille si familière et si ancienne, son esprit s’endormait lentement, plongé dans une torpeur bienfaisante, abandonnant la réalité l’entourant, ne laissant que les songes et les souvenirs d’enfance venir le déranger et lui soutirer un doux sourire apaisé. Il revoyait cet été, si chaud par rapport à la moyenne, où il s’était découvert un penchant pour les mélodies adolescentes. Durant toute la saison des chaleurs, il s’était accroupit près du lac, non loin de leur abri et, se croyant seul, il avait entamé de longs et mélodieux chants amoureux … Comme son frère et leur tuteur Tarkh avaient ri, lorsqu’ils l’avaient entendu !
Son esprit enivré laissa échapper un rire, marque incontrôlable de bonheur et de nostalgie.

Le loup se libérait.
Enfoncé au plus loin des Bois de l’Académie, son instinct reprenait vie, s’encrant dans une nouvelle réalité, sortant enfin des ténèbres de la faille magique dans laquelle il avait si longtemps été enfermé. Ses longues pattes se musclaient à nouveau, courant sans fin au travers des arbres, regagnant leur souplesse d’antan, comme doté d’une nouvelle jeunesse. Sa face humaine endormie par la douleur et le chagrin, le loup n’avait pas hésité avant de ressortir, enfin.
Car si le jeune homme n’avait vécu l’Abysse que durant dix minutes, le loup somnolant en lui, être primitif et naturel, avait senti l’afflux magique des éléments. Et si la réalité autour de lui n’avait pas été modifiée, son instinct lui hurlait que tout était faux.
En dix minutes, il avait perdu son territoire, sa meute, son but !

Et pourtant, plus de cent ans étaient passés.
La forêt avait changé. Ses repères avaient disparus. Tous ceux qu’il connaissait étaient décédés, à part quelques elfes alors adolescents lorsqu’il les avait rencontrés …
Et si Raän, son si précieux petit frère Raän sur lequel il avait veillé depuis le  berceau, disparu des mois avant son entrée à l’Académie, avait été encore en vie lors de l’attaque de l’Académie, il savait en son for intérieur qu’à présent, il n’y avait plus aucune chance …
Cette simple idée avait suffi à affaiblir Christyän, à bouleverser son monde, à le plonger dans cet état de dépression qui ne semblait pas le quitter depuis la réouverture de l’Académie.

Et cela s’était vu.
Les cernes sous ses yeux témoignaient des innombrables insomnies. Lorsqu’enfin il parvenait à fermer les yeux, épuisé, il se retrouvait hanté par des cauchemars immondes, revoyant l’enfer de l’Abysse en plus du jour de la disparition de son frère, lorsqu’ils avaient été attaqués par une bande de démons en pleine nuit … Son regard vert autrefois si vif et attirant, débordant de la vitalité propre à la nature, à la forêt, à la Terre n’était plus que d’un pâle gris foncé, comme un fruit vidé de toute sa saveur.

Alors, lorsque son corps ne pouvait plus tenir, il se laissait aller à son côté animal, à l’Alpha toujours présent en lui, couvrant ses arrières et veillant sur sa vie. Autrefois, lorsqu’il était persuadé qu’il passerait toute sa vie au fond de la forêt sans jamais avoir de contacts avec les humains, il s’était dit que Christyän et l’Alpha étaient sans doute deux individus différents, l’un faible et désespérément humain, et l’autre leader naturel, si fort, si animal
Et pourtant, après avoir vécu à l’Académie pendant près d’un an et demi, – certains diraient un an et demi et dix minutes, d’autres un an et demi et cent ans – il savait à présent qu’il n’en était rien. Les deux entités n’étaient que les deux faces d’un seul et même individu qui puisait dans les ressources de ses deux côtés pour avancer, pour aller de l’avant.

Le loup arrêta brusquement sa course, et le jeune homme se réveilla dans un sursaut, comme frappé par une vérité.

C’était cela.

// Il me faut aller de l’avant, // pensa-t-il avec conviction. // C’est la seule façon d’honorer Raän.  //

L’agitation de Chris sembla redescendre, et pour la première fois depuis qu’il était sorti de l’Abysse, sa conscience humaine se superposa sans mal à celle de l’Alpha, le complétant par ses connaissances et analyses du monde. Là où l’animal ressentait son environnement, Christyän le comprenait.

« Car malgré ce que les humains en disent, c’est exactement ce qu’est un garou, » lui avait un jour dit son tuteur, un vieil arpentant seul la forêt depuis des dizaines d’années. « Tu n’es pas humain, mais tu n’es pas non plus animal. Tu es un loup avec la même faculté de penser que les humains. Et c’est particulièrement ce qui te rend si spécial … Voire même dangereux, pour les humains. »

Un sourire étira les babines noires du canidé à ce souvenir, et l’instant d’après, il s’abaissait, tous instincts sortis.
Près de la racine d’un arbre, à quelques dizaines de mètres de là, il lapin se secouait doucement, envoyant des vibrations dans l’air et démultipliant son odeur portée par le vent. Fort heureusement pour lui, Chris était impeccablement placé face au vent de sorte que sa proie ne pouvait pas le sentir.
Joueur, il se mit en position avant de bondir brusquement sur la pauvre bête, de le coincer entre ses pattes avant et de lui briser la nuque d’un coup de crocs bien placé.

Le lagomorphe n’avait presque rien sentit.
Un coup de croc supplémentaire ouvrir l’artère principale de l’animal qui se vida rapidement de son sang alors que Christyän le re-déposait sur le sol, veillant à ne pas tacher sa fourrure.
Le soleil était haut dans le ciel ; l’heure du déjeuner devait sans doute juste se terminer.
Il ne savait pas encore ce qu’en penseraient les cuisiniers du château, lorsqu’il le leur apporterait, mais il se souvenait parfaitement des mines amusées que ceux de l’Ancienne Académie faisaient à chaque fois qu’il leur ramenait du gibier.
Après tout, après plus de dix ans passés à manger de la viande cuite, il avait fini par s’y habituer … Et puis, on ne savait jamais, avec les lapins !

Content de sa chasse, il la reprit délicatement entre ses canines et entreprit de trottiner jusqu’à l’orée de la forêt, lorsqu’un bruit le fit s’immobiliser.

Il fronça mentalement les sourcils.

Il était bien plus proche du château que ce à quoi il s’attendait. À l’écoute, il se rendit sans mal compte qu’il s’était aventuré vers la frontière entre le parc de l’Académie et le Bois, et qu’il y avait donc sans aucun doute des élèves dans les parages.

Son premier geste fut de hausser les épaules et de continuer d’avancer. Après tout, il se sentait un peu comme un vétéran, un aîné de tous ces nouveaux arrivants. Il faisait cela bien avant la naissance de bien d’entre eux, et il n’allait certainement pas arrêter de se transformer et de parcourir l’Académie sous sa forme canine par soucis de ne pas choquer les pauvres petites âmes sensibles qu’étaient les premières années. S’ils n’étaient pas satisfaits, qu’ils tournent la tête !
Son esprit se retint de justesse d’ajouter un : // Non mais oh ! // aussi puérile qu’enfantin.

Mais alors qu’il entamait son dixième pas, il s’arrêta de nouveau, soudainement bien plus en alerte.
Le loup en lui fit monter un grognement sourd alors que ses oreilles se baissaient, que les poils de son crâne se dressaient et que ses babines découvraient lentement ses crocs.
Il y avait quelque chose de dangereux non loin de lui, il pouvait le sentir. À vrai dire, c’était une odeur – et surtout un pressentiment – auquel il avait appris à s’habituer, à l’Académie. C’était celle d’un prédateur sanguinaire, d’une bête aussi dangereuse pour les humains qu’elle ne l’était pour lui : l’odeur d’un vampire.

Certes, il avait quelques amis vampires ayant survécus à l’Abysse, et il parvenait à les approcher sans mal, mais l’odeur d’un vampire inconnu avait toujours eu le don de le mettre sur ses gardes.

D’autant plus que pour celui-ci, l’embrun était légèrement différent, comme s’il avait évolué … voire muté.
Lâchant sa proie dans le creux d’une racine, ne désirant pas attirer l’attention de la bête avec des relents de sang fraichement versé, il s’avança silencieusement vers la source du remugle menaçant, ses coussinets ne faisant bruisser aucune feuille morte. Enfin, il fut en vue d’un petit groupe de trois personnes.

Il pouvait sans aucun mal deviner que deux d'entre eux étaient aussi animaux que lui.
Le vampire était donc inévitablement la jeune fille adossée à l’arbre, juste à la frontière du bois. Elle semblait affaiblie et dégageait des vagues d’anxiété qui achevèrent d’attiser la méfiance de Christyän.
Un vampire anxieux ou apeuré n’était jamais bon signe …

Suivant son instinct, il resta tapi à l’ombre des arbres, face au vent, observant les trois individus avec suspicion.

HRP :
 

~~~~
« Je te retrouverai. Je te le promets, Raän. »



Dernière édition par Christyän Maät le Lun 8 Juil - 16:28, édité 1 fois
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Ayla Morg
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MessageSujet: Re: Rencontre entre deux questions [Clôturé]   Lun 8 Juil - 15:13



Les yeux fermés, sourire aux lèvres, Ayla attendait doucement que le sang cesse de couler en sentant et écoutant les élèves venir à sa rencontre. Son visage semblait s'appaiser à chaque pas fait dans sa direction, la solitude quittant peu à peu son monde pour laisser place à l'inquiétude et à la curiosité des autres, une sensation fort agréable. Bien que le sceau sur sa nuque, sa faiblessse et les bracelets du directeur bridaient ses capacités, cela ne l'empêchait pas d'avoir une régénération de base au dessus de la moyenne de son espèce. Rapide mouvement de langue sur sa lèvre et hop, plus une seule trace de sang, fini les désastres du soleil, mais ce n'était pas uniquement grace à cet arbre. Ouvrant doucement les yeux, la vampire posa son regard rosâtre sur le jeune homme qui venait de la rejoindre avec une ombrelle, une attention délicate inhabituelle pour cette femme inspirant autant de respect que de crainte. Généralement, la réaction première, serait de sourire d'un air amusé et de jouer avec sa proie, vu qu'Ayla avait des instincts et pulsions spécifiques, un peu plus poussés que chez certains vampires, sans doute un héritage maternel. Mais cette fois ci, ce ne fut absolument pas le cas, elle ne pu s'empêcher de dévorer du regard le jeune homme en question. Il était fort plaisant après tout, un air noble, sans doute un benjamin de haute lignée, des cheveux d'or, des yeux d'émeraude, une façon de parler lui rappelant les nobles vampires qui tenaient absolument à la voir, il marquait quelques points cet humain. En cet instant précis, elle ne comprenait pas pourquoi ses parents avaient toujours considérés les humains et autres créatures du genre comme de la simple viande, comment de la nourriture pouvait être aussi élégante et aussi plaisante ? La viande est ephémère, hors elle ne désirait pas en finir avec cette charmante rencontre, absolument pas.

Elle n'eut pas le temps de répondre, qu'un autre homme débarqua, ou du moins, un autre membre de la même espèce, ignorant totalement le jeune homme pour se "jeter" à son secours. Son regard devint pendant quelques secondes beaucoup plus menaçant, ses yeux passant de ce simple rose à un rose flamboyant, n'appréciant guère ce manque cruel de tact. Cependant, l'étiquette avait une place importante dans la vie d'Ayla, en tant que Von Carline, elle ne pouvait se permettre de critiquer la première attitude déplacée et se contenta de reprendre son regard habituel, avec un sourire carnassier adressé au jeune garou. Ce dernier était habillé d'un air beaucoup plus décontracté, style parfaitement adapté à sa personnalité sans doute, les cheveux en bataille, ce type était vraiment tout l'opposé du premier arrivant. Rien de bien repoussant, mais le contraste était amusant. Parlant d'une voix claire et légèrement envoutante, la vampire tenta de rassurer ces preux chevaliers, amusée par cette inquiétude pour une créature ayant de telles capacités de récupération.

- Ce n'est rien de plus qu'un peu de soleil, j'y suis légèrement sensible je vous l'accorde, mais je me remets vite sur pieds.

C'était typique de cette sang pur, malgré son état de santé fortement précaire, ne jamais perdre la face, ne jamais montrer sa faiblesse, quoi qu'il arrive. Seulement les êtres dignes de confiance étaient capable de vous voir sans armure et ne pas en profiter. Après tout, la confiance était comme l'amour, c'était une autorisation à vous blesser directement à cause de l'influence sur le coeur, le corps et l'esprit que cette personne pouvait avoir. Malgré le fait qu'elle était très ouverte pour une sang pur royaliste, Ayla était tout de même méfiante, une partie intégrante de son éducation, mais cela ne l'empêchait pas de prendre du bon temps. Elle allait enfin pouvoir profiter de personnes totalement différentes, excepté leur race bien entendu. Des personnes sans l'hypocrisie des soirées mondaines de son espèce, chacun voulant obtenir les faveurs d'une famille ou qui en savaient plus sur son passé qu'elle même. Ici, rien de tout cela, ils étaient tous d'un milieu social différent, avec des pouvoirs différents et des races différentes. Dans cette académie, ils étaient tous des élèves et c'est ce qui rendait la chose si intéressante, même si Ayla avait un certain attrait pour l'attitude noble en général.

- Je vous remercie néanmoins pour vous inquiéter, peu de gens se frottent à mon espèce et encore moins à moi, la différence effraie, même pour les vampires. Je n'ai guère eu le temps d'avoir de la compagnie depuis mon arrivée dans cette académie, à ce que je vois, vous êtes tous garous c'est ça ? Votre odeur est différente de celle des humains, le son que vous produisez aussi. Trois garous inquiets pour une vampire, c'est un joli conte de fées. Vous allez vous joindre à nous ou rester derrière votre arbre ? La solitude n'est bonne pour personne.

Regardant en direction de la cachette de Christyän, la vampire se mit à sourire d'un air qu'elle voulait innocent, même si cela lui allait très mal, après tout c'était presque contre nature vu ses gênes. Ses limitations ne lui retiraient pas ses sens et il était difficile, même pour un prédateur aussi splendide que le loup, d'approcher discrètement et la prendre par surprise. De plus, elle voulait que son invitation paraisse amicale, malgré cet air de défi typique des vampires, mais elle faisait tout son possible pour casser les clichés typiques de son espèce. Elle détestait la norme, la masse et la généralité, c'était aussi pour cela qu'elle ne pouvait considérer les humains avec une forte volonté comme de la viande. La nourriture était dévorée, ce qui était doué de pensées se devait d'apporter sa connaissance au monde, du moins c'était ce qu'elle pensait en ce moment. Mais qui sait, peut être qu'un jour, elle serait totalement différente, mais Ayla n'en était pas encore là, fort heureusement. Se tournant vers le jeune homme à l'ombrelle, elle avança sa main, après tout si il était noble, autant respecter le protocole jusqu'au bout. Elle salua après les autres chacun leur tour, leur tendant simplement la main pour serrer la leur, aucune histoire de noblesse à tenir en compte, surtout que l'un d'eux avait un côté plus sauvage qu'humain.

- Mais j'en oublie de me présenter, Ayla Von Carline, de la famille comtale Von Carline, vampire de sang pur. Et vous êtes ? My lord ? Ainsi que vous autres ? Je n'ai encore jamais été présentée à des garous, donc pardonnez moi si je vous fais la moindre offense.

HRP :
 


Dernière édition par Ayla Von Carline le Lun 8 Juil - 18:48, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Rencontre entre deux questions [Clôturé]   Lun 8 Juil - 16:12

La douceur de l'ombre face à la dureté du soleil était agréable, et l'instant magique. Dans le parc, l'ombrelle ouverte, face à la belle vampire aux yeux de rose, oscillant entre le respect qui lui intimait de ne pas regarder trop longtemps dans les yeux une personne qui lui était si supérieure et le magnétisme qu'il ressentait, et rendait difficile l'idée même de se séparer d'Ayla. La fascination des sang-purs, couplée à la beauté d'Ayla et son état de faiblesse formait un charme irrésistible, auquel Lucien ne put se soustraire que très difficilement, grâce à une vie passée à apprendre les us de la noblesse dans plusieurs maisons, auprès de plusieurs précepteurs, pour être capable d'honorer sa classe et sa maison.

L'image de la vampire resta fixée un instant dans son crâne, et il semblait qu'il allait enfin pouvoir entendre sa voix. Une voix qui devait être de miel, douce comme l'aurore, mais également féroce comme le savent être bien des courtisanes, et comme le sont encore plus celles qui leur sont supérieures, afin de calmer les ardeurs des autres et de pouvoir jeter l'opprobre sur leurs opposants. Une voix sanguinaire, car il ne fallait pas oublier la nature de la demoiselle qui lui faisait face ; il s'agissait d'une aristocrate vampire, qui avait bu quantité de sang, et n'était pas comme lui. Cependant, à la voir, il oubliait les mises en gardes de ses parents et les rumeurs sur ces "bêtes à visage humain". Il ne pouvait imaginer cette fille tachant de sang sa chevelure d'aurore ; se délectant de ce rouge liquide et le faisant couleur le long de ses lèvres...
Elle saignait, certes. Mais elle ne semblait pas tellement en souffrir, et il pouvait s'agir d'un phénomène courant chez les vampires ; il se pouvait qu'elle ait trop mangé. Sa sœur lui avait dit qu'il était normal que les filles saignent, lorsqu'il était entré dans sa chambre et avait surpris son lit souillé de rouge. Tout ceci venait d'elle, cependant, et pas d'un humain.
Comment pouvait-on craindre ces personnes, alors qu'il ne fallait que les aimer ? Apprécier leur visage, et contredire les ignobles mensonges de celles qui, jalouses des beautés de demoiselles vampires, les avaient diabolisées.

Un intrus saccagea les pensées de Lucien, en s’immisçant dans la douce conversation qu'il avait créé, bien qu'il ne s'agisse pour l'instant que d'un monologue. Un roturier rustre, qui avait été attiré, comme un papillon l'est par la lumière, par la radiance de la vampire, ignorant toute forme d'étiquette dans sa précipitation qui n'avait rien de distinguée. Son inquiétude naïve pouvait être désarmante, mais il insultait par son comportement la douce demoiselle à qui il s'adressait. Par son rang moindre, il pouvait comprendre qu'il soit ignoré, mais malgré toute réflexion logique, il sentait comme un couteau de glace dans son cœur blessé, fâché d'avoir été passé outre par le plus minable des vilains. Il semblait ne pas être le seul à en tirer cette conclusion, vu la fureur de sa belle, qui connaissait les us de la noblesse. Il semblerait qu'ils soient partagés entre les deux peuples, ce qui serait fascinant ; il devrait demander des cours à ce sujet, s'il avait l'occasion de reparler à l'aristocrate vampire.
Devant un tel comportement, la seule réaction possible est l'ignorance. Il ne faut pas remarquer l'impoli, qui tirerait plaisir de voir la réaction du noble distingué. De plus, toute parole adressée au roturier serait de la salive gaspillée, qui aurait pu être utilisée à bon escient, pour parler à des personnes qui en valent la peine.

Lucien ne se considérait pas réellement comme élitiste. Son demi-frère était proche de lui, malgré son statut de bâtard renié, et tant que les hommes du peuple restaient polis envers lui, il pouvait leur sourire, être agréable et digne. Mais ce malappris ne méritait pas ce genre de considération ; et sans l'étiquette, qu'il suivait à la lettre, il aurait réclamé justice. Ce qui aurait été déshonorant. Quel véritable noble s'abaisserait à cela ?


Sa voix alors se fit entendre, effaçant le poison dans le cœur de Lucien. Une voix claire comme du cristal, aux accents magnifiques, infiniment plus belle qu'il l'avait imaginée. Passablement fait aux us de la cours, et ayant vu ses yeux flamboyer, le noble savait qu'elle se contenait et employait sa voix la plus agréable, mais malgré son savoir, il demeurait sous le charme. Il savait qu'elle devait avoir des voix bestiales et glaciales, mais se consacrait à la plus belle de toutes.

- Malgré la connaissance de votre statut, vous demeurez infiniment précieuse, et si nous nous montrons présomptueux en espérant vous apporter de l'aide, je vous prie de nous en excuser en mettant cela sur le compte des histoires entendues sur les vampires. L'élégance lui intimait d'inclure ce garou mystère et l'inconscient qui les avait insultés, en espérant qu'il serait assez fin pour saisir à quel point il avait fait des erreurs. Tout était en nuances. Lucien reprit.
- Vous êtes bien clairvoyante, mademoiselle. Sachez cependant que de tels contes existent, mais je ne connais que ceux écrits par les humains, qui nous dépeignent chacun comme des monstres à de rares exceptions, et dont la majorité consiste en une alliance du mal. Les temps ont a présent heureusement changés, et s'ils ne faisaient partis de l'histoire, ils auraient tous disparus.

Il s'inclina pour baiser la main qui lui était tendue, respectant la coutume, qui demeurait étrangement la même, faisant montre comme la vampire d'élégance, tout en douceur, sans trop appuyer. En vérité, il ne fit qu'effleurer la main, comme le veut la coutume, et craignant que cela soit mal pris pour une représentante d'une espèce qui tue grâce à ses crocs. Ce geste doit être synonyme de confiance suprême, chez eux. Même si dans cette position, sa nuque est à découvert...

- Mylady, je me suis dérobé à mes devoirs de présentation dans la crainte de vous déplaire en ayant l'air de me mettre en avant. J'appartiens à la famille d'Elenor, et mes parents m'ont donné les prénoms de Lucien, de Philémon en l'honneur de mon père ainsi que de Lewis pour commémorer un ancêtre qui ne risque point de vous évoquer grand chose. Et sachez que vous n'avez pas commis la moindre bévue, et êtes une des plus élégantes personnes que j'ai rencontrées, mais ayant été élevé en humain, je ne peux répondre des garous.
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MessageSujet: Re: Rencontre entre deux questions [Clôturé]   Mar 9 Juil - 13:12

Il peut arrive parfois que certains moments ne durent pas le temps qu'ils sont sensés avoir. Certains jours peuvent paraitre des minutes, voir des secondes, alors qu'au contraire, certains instants semblent durer une éternité, que ce soit pour le meilleur, ou pour le pire... et ça, Redd le ressentait bien. Cela n'avait durer qu'un court instant, pas plus d'une ou deux secondes, la majorité des personnes auraient pu penser avoir rêver, mais pas lui, il savait ce qu'il a vu. Il avait beau porter des lunettes, les renards voient très bien de près, et voient d'autant mieux le mouvement. Il pouvait donc remercier, ou maudire, ses sens pour ce moment... Il avait vu la jeune étudiante alors encore à terre lui jeter un regard quasiment haineux lui faisant parcourir un frisson, l'espace d'un instant ses yeux étaient devenus rouges... presque luisants. Et comme si cela ne suffisait pas il pu remarquer du coin de l’œil l'expression amère du précédent interlocuteur auquel il n'avait pas vraiment fait attention jusque là, et sentit les regards s’alourdir dans son dos, mais n'osait alors pas se retourner. Redd ne savait vraiment pas ce qui lui arrivait à ce moment là, ce court instant s'estompa très rapidement, ou trop lentement, mais il comprit clairement qu'il n'était pas le bienvenu dans cette conversation... et pour cause, dans sa précipitation il n'avait pas vraiment fait attention à ces 2 personnages. L'observation plus attentive de leurs tenues et de leur comportement lui fit alors comprendre qu'ils étaient d'ascendance noble. La jeune dame lui adressa alors un large sourire qui, au lieu de le rassurer, le terrifia encore plus, mais c'est elle au final qui se décida à briser la glace afin de clarifier son état, et de rassurer ses interlocuteurs improvisés, malgré le fait que sa santé ne soit toujours pas enviable à l'heure actuelle. Son air était soudainement devenu aussi limpide que sa voix, elle même claire comme du cristal et ne présentant pas la moindre amertume, mais Redd n'était pas de ceux qui oubliaient facilement, il pouvait simuler, mais il allait avoir du mal à perdre sa méfiance... Rebondissant sur la légère pose, la jeune étudiante poursuivi son discours.

- Je vous remercie néanmoins pour vous inquiéter, peu de gens se frottent à mon espèce et encore moins à moi, la différence effraie, même pour les vampires. Je n'ai guère eu le temps d'avoir de la compagnie depuis mon arrivée dans cette académie, à ce que je vois, vous êtes tous garous c'est ça ? Votre odeur est différente de celle des humains, le son que vous produisez aussi. Trois garous inquiets pour une vampire, c'est un joli conte de fées. Vous allez vous joindre à nous ou rester derrière votre arbre ? La solitude n'est bonne pour personne.

Il y avait 2 choses qui le firent réagir intérieurement ici, pas question de laisser entrevoir ses vrais émotions après tout. Il n'en cru pas ses oreilles, un vampire ? Les seuls fois qu'il avait pu en entendre parler, c'était dans des contes, pour lui ce n'était rien d'autre que ça : un conte... Il avait bien croisé quelques rares elfes lors de ses escapades, mais des vampires ? Et voila que cette personne venait de se révéler comme tel... Il eut presque envie de rire intérieurement, voila ce que ça fait de se retrouver du jour au lendemain d'un endroit aseptisé à l'écart du monde où toute forme de magie disparaissait bien vite à un endroit à l'opposé exact, totalement magique et sans frontières. Il n'était même pas si surpris que ça, à croire qu'il s'était habitué à l'impossible en venant ici... Mais il ne laissa rien paraitre, une nouvelle fois, et cela éclaircissait bien des choses de cette journée. La 2nde nouvelle vint achever ce qu'avait entrepris la 1ère : ils n'étaient pas seuls, mis à part la rangée d'étudiants (des vampires ?... il n'était plus sûr de rien), quelqu'un les observait de loin, de la même nature que Redd et la 2nd noble à ses côtés. Il ne s'en était pas rendu compte à ce moment, lorsqu'il est humain, il ne peut pas "sentir" la présence d'autres personnes comme l'a fait la... vampire. Mais avec un effort d'attention et en réajustant un peu ses lunettes, il pouvait effectivement voir un bout de museau dépasser d'un arbre, un museau de loup... Soudainement, ses craintes refirent surface, les craintes qu'il avait eu en entrant dans l'académie, ici, il ne sait rien, il est une proie, et sa position actuelle ne pouvait que renforcer cette idée, il ne put retenir sa brusque inspiration, qu'il corrigea aussitôt cependant. Pas question de montrer le moindre signe de faiblesse, alors que, dans sa tête, tout était dirigé contre lui à cet instant.

Perdant une nouvel fois son côté moqueur terrifiant, l'étudiante serra la main successivement à ses pseudos-"sauveurs" improvisés, Redd inclina la tête en fermant les yeux un court instant, il avait beau ne pas avoir beaucoup écouté à l'orphelinat, il connaissait les principes élémentaires de politesse qui ne pouvaient que lui servir dans un moment pareil. C'est la vampire qui décida de se présenter en 1er, Ayla Von Carline, Von Carline, une noble comme il l'avait pensé, heureusement qu'il avait pu retrouver une partie de son calme à ce moment, sinon il n'aurait sans doute pas pu cacher une mauvaise moue. Ce fut au tour du 2nd interlocuteur de parler.


- Malgré la connaissance de votre statut, vous demeurez infiniment précieuse, et si nous nous montrons présomptueux en espérant vous apporter de l'aide, je vous prie de nous en excuser en mettant cela sur le compte des histoires entendues sur les vampires.

Redd avait très bien compris le sous-entendu de cette phrase, il n'est pas du genre à manquer ces choses là. Et il n'appréciait pas du tout ça, tout ce qu'il avait cherché à faire, c'était d'aider la jeune personne, sans arrières pensées. Il ne put s'empêcher d'envoyer un regard sombre à ce noble avant de le cacher aussitôt. Il pressentait que ses nerfs allaient être mis à rude épreuve. Le jeune homme décida alors d'enfin entamer sa présentation, Lucien de Philémon d'Elenor, une grande famille dont il avait déjà pu entendre le nom, ce qui prouvait la puissance de celle-ci. Les quelques compliments qu'il enjoignit à sa réponse firent une nouvelle fois comprendre à Redd qu'il n'avait rien à faire là. Il aurait vraiment souhaiter à cet instant pouvoir repartir, mais il était trop couard pour cela. Ses quelques leçons de politesses assimilées allaient lui être d'un grand secours ici. Il attendit que le 1er interlocuteur ait fini avant de prendre là parole à son tour, après un léger soupir.

- Excusez mon comportement précédent, dame, sir, dans la précipitation j'en ai oublié les grands principes de politesse. Mais n'y voyez de ma part qu'une innocente volonté de vous porter soutien, rien de plus. Dit-il, en enjoignant ses paroles d'un inclinement aussi rigide que ses paroles, tant par le manque d'habitude que par la situation. Je me nomme Redd McCloud, je crains ne rien pouvoir vous dire de plus sur moi, n'en connaissant moi-même pas d'avantage.

Redd ne se sentait redevable à personne, et donc ne ressentais pas le besoin de s'excuser, mais la situation oblige, il ne voulait pas se mettre ces étudiants à dos pour ensuite retomber dans le même cercle vicieux qu'il avait tenté d'éviter en allant à l'Académie, d'autant plus que le 4ème protagoniste ne semblait pas vouloir montrer le bout de son museau, des surprises pouvaient encore être à prévoir.
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MessageSujet: Re: Rencontre entre deux questions [Clôturé]   Lun 15 Juil - 6:52

Chris s'était figé lorsque la voix claire de la vampire s'était adressée à lui. Elle avait clairement dit « trois garous », hors elle n'aurait jamais dû être en mesure de deviner sa présence, placé comme il l'était …

Et pourtant, elle lui avait parlé directement. Le jeune homme fronça les sourcils, le loup émit un grognement sourd, l'être vivant trembla imperceptiblement.
Quel être pouvait être assez puissant pour sentir son odeur alors qu'il était face au vent, apercevoir sa silhouette alors qu'il était camouflé par les racines et les troncs d'arbres, entendre les battements de son cœur alors qu'il se calmait comme un automatisme en passant en mode « chasseur », sentir les vibrations de son corps dans l'air chaud vacillant de la fin de l'été ?

Plus que la surprise d'être ainsi interpelé, ce fût le fait d'avoir été repéré qui alarma Christyän. La vampire était définitivement dangereuse.

Reculant de quelques pas, le jeune garou s'assura de n'être pas visible depuis l'orée des bois avant de reprendre avec résistance sa forme humaine.
La transformation avait toujours été un acte profondément intime. Il était encore rare à ce jour, sans tenir compte des événements traumatisants des dernières semaines, qu'il ne « change » devant ses amis les plus proches, et ce malgré les deux années passées en leur présence. Il s'assurait toujours d'être dissimulé par un arbre, un rocher, ou bien changeait volontairement de pièce le temps que son corps ne se transforme.

Se redressant sur ses deux jambes, il jeta un coup d'œil au cadavre de lapin qui demeurait posé entre les racines d'un des arbres.

// J'aurais le temps de venir le récupérer … Si personne ne me l'a prit d'ici là, // pensa-t-il avec un soupire.

Il se rapprocha d'un pas lent et méfiant vers le groupe de trois élèves, ses sens animaux malgré son corps d'humain lui permettant de capter des brides de leur conversation malgré la distance.

Il fronça de nouveau les sourcils se rendant compte du ton et du langage employés par la vampire et l'un des garous – « Oiseau ! », lui hurlait son instinct, mais au vue de l'allure du jeune homme, il préféra s'abstenir de la moindre assomption.
En effet, là où le renard – il avait presque pu sentir l'odeur de sa fourrure – était un habitué de la nature, tout chez le second garou hurlait à l'artificiel, au luxe et aux codes hasardeux et barbants. À mesure qu'il se rapprochait, il distinguait sa tenue, sa posture, sa coiffure, l'expression suffisante mais cordiale de son visage, jusqu'à l'odeur agressive d'un savon trop riche en parfums bien loin de leur forme naturelle.

La voix de la vampire retentit de nouveau.

« Ayla Von Carline, de la famille comtale Von Carline, vampire de sang pur, » se présenta-t-elle.

Son sang ne fit qu'un tour à l'écoute de la nature de cette nouvelle élève. S'il avait déjà croisé des vampires, – et donc, s'il connaissait la puissance du plus faible d'entre eux – son loup ne pouvait que grogner en sachant qu'une vampire originelle se tenait à quelques pas de lui.

Et pourtant, sa raison décida de l'ignorer.

Si on lui avait permis d'intégrer l'Académie, c'était sans aucun doute qu'elle ne présentait pas un danger assez grand pour pouvoir nuire à ses camarades – ou du moins, pas si elle désirait rester dans l'établissement.
Elle était une menace évidente pas sa nature, mais certainement pas par sa personne.

Et pour cette seule raison, Christyän prit sur lui et avança d'un pas supplémentaire.

« J'appartiens à la famille d'Elenor, » fit alors la voix du premier garou, « et mes parents m'ont donné les prénoms de Lucien, de Philémon … »

Mais Christyän décrocha bien avant la fin de la tirade du jeune homme.

// Oh, par la Lune … // laissa-t-il échapper en pensée, un large soupire de dépit lui venant aux lèvres. // Voilà que je suis tombé sur des nobles ! //

Non-seulement était-il né dans un petit village au Nord des Grandes Plaines, mais plus encore, il avait été abandonné en pleine forêt avec son frère jumeau avant même qu'ils n'atteignent leur troisième mois.
Ainsi, la noblesse était un mode qui lui était totalement étranger, et de ce qu'il avait pu en voir   depuis sa toute première année à l'Académie, – plus d'un siècle auparavant, pensa-t-il avec amertume – il ne souhaitait en aucuns cas en connaître davantage.

Il ne connaissait que peu la situation politique actuelle du royaume ; il savait que la noblesse était supposément proche de leur souverain, mais il était totalement ignorant des positions de chacuns.
Tout ce dont il se souciait était d'avoir un toit pour la nuit, de quoi manger et un petit bois pour s'y dégourdir les pattes. Ce que les hauts placés faisaient avec la politique du royaume, il ne pouvait s'en inquiéter moins !

« Je me nomme Redd McCloud, » annonça enfin le second garou.

Sa voix avait quelque chose de forcée et gauche qui plu immédiatement au jeune homme. Il ne semblait pas non plus familier au milieu si ordonné et protocolaire des rangs élevés.

Satisfait de son analyse de chacun des trois élèves, il décida que le risque était minime et s'avança enfin à la vue de tous, s'arrêtant à la lisière des arbres afin de continuer à profiter de l'ombre des feuillages sans pour autant y être dissimulé.

Constatant avec une certaine hésitation qu'il avait l'attention de tous, il décida de s'annoncer, tant par politesse que pour enfin éloigner ces regards de sa personne. S'il y avait une chose qu'il détestait bien, c'était d'être le centre des attentions.

« Bonjour, » dit-il en tentant du mieux qu'il put de paraître courtois malgré sa méfiance naturelle de la vampire. « J'ai déjà assisté à chacune de vos présentations, il est donc légitime que je me présente à mon tour. Je m'appelle Christyän, de la Terre. ».

Il fronça une seconde les sourcils en levant les yeux vers le ciel, constatant qu'il ne semblait pas vouloir se courir et restait obstinément d'un bleu parfait.

La vampire avait toujours l'air aussi pâle et mal à l'aise malgré l'ombre des quelques feuillages et de l'ombrelle que lui avait tendu le dénommé Lucien Philémon et, connaissant l'effet du soleil sur les buveurs de sang, il hésita une seconde à lui proposer son aide.

Après tout, elle était malgré tout une élève, et serait sa camarade quatre années durant. Comme il l'avait fait avec les autres vampires de l'Académie, il se devait, malgré ses instincts, de surpasser sa méfiance et de se montrer sinon amical, du moins civiliser.
Par ailleurs, il avait déjà accomplit une année et demi de cours et avait certaines connaissances en magie de la Terre. Cela ne lui ferait pas le moindre mal de pratiquer un peu.

// Et puis, de toutes façons, le bois a besoin d'être un peu développé sur cette partie du parc ! // décida-t-il avec un léger haussement d'épaules.

Se tournant vers la vampire, il esquissa un léger sourire avant de lancer en faisant un vague mouvement de main vers les arbres :

« Vous semblez souffrante … Vous permettez … ? »

Et sans attendre sa réponse, il se dressa sur la pointe des pieds, remercia mentalement la Lune que la jeune femme se soit adossée à un chêne, arracha un petit gland d'une des branches basses puis, se décalant à quelques pas du petit groupe vers l'herbe verte du parc, il s'accroupit et enterra le gland dans un petit trou.
Il posa ensuite sa main sur la terre retournée et, appelant à lui la force nourricière de la Terre, il inspira avant de lâcher une petite vague de magie dans le sol, stimulant la graine et déclenchant par là-même le processus de développement accéléré.

Satisfait du résultat, – et surtout du fait que la magie ne l'ait pas abandonnée après tant de temps sans pratique – il se releva, et en une minute pleine, un nouveau chêne avait poussé ; pas aussi grand que celui d'origine, il était toutefois assez mature pour prodiguer de l'ombre en quantité et cacher les rayons brûlants du soleil.

« Peut-être que ceci vous soulagera, » dit-il avec un léger sourire, sa raison et son bon-sens prenant le pas sur sa nature lupine.

Il adressa ensuite un salut cordial de la tête aux deux garous, hésitant quant à l'attitude à adopter face à eux.
Car s'ils étaient homologues en faits, qu'en était-il de leur cœur ?

HRP :
 

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« Je te retrouverai. Je te le promets, Raän. »

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MessageSujet: Re: Rencontre entre deux questions [Clôturé]   Lun 22 Juil - 11:59

Voila un charmant spectacle, trois garous s'inquiétant pour une vampire souffrant des rayons du soleil, deux êtres particulièrement sauvages accompagnés d'un noble. Un véritable conte pour enfants, surtout si on comptait le fait que l'un d'eux venait de faire litéralement pousser un arbre pour donner un peu plus d'ombre à notre amie aux dents pointues. La surprise était à peine dissimulée, Ayla n'avait jamais vu un tel spectacle et s'en amusait au maximum, après tout, ce n'était pas chose commune. Elle avait vécue dans la haute noblesse des vampires, les familles dirigeant la société des enfants de la nuit après la mort de la comtesse lors de la guerre civile vampirique. Il n'y avait qu'artifices dans les soirées mondaines, de la stratégie pour obtenir les faveurs des uns et se protéger des foudres des autres. Tout n'était qu'hypocrisie, respect, envie, crainte...oui, surtout de la crainte. Les vampires de sang pur ont toujours provoqués cette peur panique, même chez leurs semblables, tous descendant plus ou moins des premiers buveurs de sang, pas une seule goutte humaine dans leurs gênes, la perfection. Ce n'était pas vraiment la vision d'Ayla, ne voyant pas l'interet, du moins pour le moment, d'avoir une élite aussi limitée, il n'y avait pas que les vampires sur Rëvalia après tout, pourquoi rester concentré que sur soi même ? Elle connaissait toutes les subtilités des jeux de pouvoir, mais il lui manquait quelque chose, cette fierté familiale que beaucoup de vampires de sang pur possédaient. Pourquoi ? Car elle savait qu'elle avait été adoptée tout simplement. Comment être fière d'être une Von Carline si on sait qu'au final, elle n'était peut être même pas aussi noble que cette haute famille ? Certes, elle était une sang pur, personne ne pouvait la contredire sur sa nature, mais peut être était elle une faible sang pur ? Elle ne savait rien d'elle, ni de ses parents, juste que beaucoup les tenaient en respect, ni nom, ni images, ni descriptions, ni témoignages. Ayla avait donc des fantomes en terme de parents, des souvenirs provoquant un immense respect chez les quelques royalistes qui connaissaient la jeune noble ou la crainte pour ceux qui en savaient trop. Le comte Von Carline refusait d'en parler, parlant simplement d'autre chose, quant au grand ami de la famille, le comte Kuran, il était aussi muet qu'une tombe. Il passait son temps à dire que certaines choses ne devaient pas être apprises avant l'heure et lui offrait un sourire typiquement "noble".

Pourtant, derrière toutes ces pensées, toutes ces interrogations, un certain appaisement fit peu à peu son entrée. Il évita toute cette noirceur cachée derrière ce délicat visage, pour finalement prendre possession de la vampire, ils étaient tous là, à se soucier d'elle, sans la moindre hypocrisie...peut être un peu de crainte, mais ça...elle ne pourait jamais le changer. Elle était une vampire, originelle qui plus est, un prédateur ne possédant que très peu de limites et savait bien ce dont elle était capable. Le problème avec les buveurs de sang tels qu'Ayla, c'est que leur seul contrôle vient de cette crainte de devenir des animaux et de perdre leur côté si noble, alors qu'ils étaient bien pires en terme de "soif", que tous leurs congénères. Si Ayla était réellement affamée, elle aurait sans doute tué ces trois là, mais plusieurs paramètres entraient en compte. Premièrement, ils savaient se défendre, donc à ne pas sous estimer malgré sa nature vampirique. Deuxièmement, elle n'avait à peine que deux pourcent de ses capacités à cause des sceaux créés par Myrddin et un autre professeur dont elle ne connaissait pas le nom. Et pour finir, elle ne désirait absolument pas leur mort, se disant qu'elle trouverait un moyen pour satisfaire sa soif, le vieil homme pouvait toujours s'arranger pour lui offrir un verre de sang de temps en temps. Un minimum de galanterie, on ne laisse pas une jeune femme avec la gorge sèche non ? Et cela valait mieux pour la sécurité de tout le monde, tuer ses camarades avant de partir à l'état de cendres ne faisait pas partie de ses objectifs de vie. Non, elle serait digne, apprenant à découvrir les autres et même peut être nouer une amitié ou voir plus loin, son comportement aurait choqué plus d'un sang pur, mais elle n'était pas Ayla Von Carline, héritière de la famille comtale Von Carline et dirigerait avec d'autres en temps voulu dans ce monde de chaos. Elle était dans l'académie d'Edälia et n'était simplement qu'Ayla, une noble qui vivait au milieu de différents êtres aux divers rangs sociaux et venant de races différentes, tout simplement.

Elle se tourna vers Redd pour commencer, la vampire se devait de lui faire comprendre son fonctionnement et dissiper le malaise qui se lisait dans son regard, malgré tous ses efforts pour le dissimuler. Ayla ne s'excuserait pas de son regard menaçant, elle n'était pas une peluche se laissant faire après tout, elle se devait de montrer qu'elle était autant amicale et agréable, qu'effrayante et dangereuse. Adressant un sourire qu'elle voulu sincère, elle parla avec une voix beaucoup plus naturelle, voulant simplement lui expliquer son point de vue et sachant bien que tous ces artifices le mettait mal à l'aise.


- Redd, je n'attends pas à ce que vous vous comportiez tel un noble lors des soirées mondaines, vous êtes ce que vous êtes et vous ne devez jamais l'oublier. Je hais juste que l'on snobe les autres, tout simplement, même dans la précipitation, n'oubliez pas que vous n'êtes pas seul en ce lieu. Vous ne savez pas grand chose de vous ? Cela nous fait un point commun...

Soupirant, elle ferma les yeux un bref instant, une larme de sang coulant le long de sa joue un bref instant, avant qu'elle ne se reprenne et d'un revers de la main, chassa cette trace pour finalement redevenir cette Ayla amusée et charmante. L'avantage d'être dans la noblesse, c'est que l'on vous apprend à contrôler parfaitement vos émotions, du moins en apparence. Certes, elle craquait de temps en temps, mais remettait très rapidement un masque pour éviter que sa faiblesse n'apparaisse plus de temps que nécessaire. Redd n'était pas obligé de voir qui elle était vraiment, d'ailleurs personne ici ne devrait le voir, aucun point faible, aucune ouverture, elle ne laisserait personne la blesser. Si ils étaient méfiants envers la vampire pour sa nature, Ayla était aussi très prudente, sachant parfaitement que les blessures pouvaient être autant physiques, que psychologiques dans ce monde. Physiquement, elle ne risquait rien, elle savait que même diminuée au minimum de ses capacités, personne n'oserait l'affronter, les vampires sont tels des démons, en affronter un au corps à corps représente accepter sa mort, même si votre puissance est considérable. Il faut frapper le premier, sinon vous êtes morts...tout simplement. Chassant une fois encore ces pensées, elle se retourna vers le nouvel arrivant, ce cher pousseur d'arbres.

Il faut avouer, qu'un arbre protège mieux du soleil qu'une simple ombrelle, mais elle était dérangée par quelque chose chez lui, il était beaucoup trop animal pour qu'elle tente de le comprendre dans cet aspect humanoide. Elle voulait partir sur un pied d'égalité avec tous ses camarades, du moins ceux qu'elle appréciait, car elle ne se faisait pas d'illusions sur le fait qu'elle jouerait beaucoup si l'envie lui prenait. Christyän avait été facile à repéré, son odeur, le bruit qu'il faisait et ce fameux museau dépassant de son abri, mais il se comportait d'une manière assez bestiale, du moins intérieurement, ça sautait aux yeux. Si elle voulait le comprendre un minimum, elle se devait de jouer à un jeu très dangereux, mais après tout...n'était elle pas scellée ? Aucun risque qu'elle lui saute à la gorge donc, une certaine assurance qui rassura pour la première fois la vampire. Fermant les yeux, elle ne dit rien pendant un long moment, avant d'ouvrir à nouveau les yeux et changeant totalement son attitude. Ses yeux avaient repris ce rose flamboyant et bien qu'elle n'avait aucun sentiment agressif ou menaçant, elle savait qu'elle risquait de provoquer un certain malaise dans ce groupe. Cependant, elle espérait que le garou comprendrait ce geste.


- Je te remercie Christyän, tes capacités sont impressionnantes, du moins à mes yeux. Inutile d'être aussi "noble" si tu ne le désires pas, sois toi même.

Elle n'avait plus du tout ce ton si agréable, sa voix avait un petit côté sanglant tout en charmant et captivant comme une véritable drogue. Elle montrait sa vraie nature, aucune faiblesse cette fois ci, elle faisait appel à ses instincts vampiriques, son côté prédateur discutant avec ses congénères. Elle savait que pour que le garou l'apprécie un tant soi peu, il fallait gagner son respect et le meilleur moyen était de montrer qu'elle n'était pas qu'artifices, politesse, humainement sympathiques, mais également très animale si elle le désirait. Les vampires étaient des bêtes, des monstres selon certains, mais ils avaient l'avantage d'avoir une apparence humaine.

Se calmant, elle referma ses yeux pour reprendre son air habituel et se tourna vers Lucien, espérant ne pas l'avoir effrayé avec sa nature et ne voulant pas qu'il soit froissé par le fait qu'elle ne désire pas que l'on applique tous les raffinements de la noblesse. Ayla voulait que tout le monde agisse comme il l'a toujours fait, un noble est fait pour être noble, un amoureux de la nature était aussi fait pour le rester, tout simplement. Elle sourit à nouveau, ne se forçant nullement pour celui là, elle n'en avait pas besoin, surtout si il était adressé au jeune homme aux cheveux d'or.


- Il est naturel chez vous de vouloir aider une femme en détresse Lucien n'est ce pas ? Dans ce cas, il n'y a rien à pardonner. J'espère que je pourais compter sur vous à nouveau, je suis beaucoup trop sensible à cette lumière qui est un véritable poison pour moi...mais si magnifique à regarder lorsqu'elle apparait ou disparait. Le vampirisme n'a pas que des avantages après tout. Je vous remercie en tout cas pour votre solicitude et je dois admettre, que votre élégance fait plaisir à voir, tant qu'elle n'est pas contre nature.

Se retournant à nouveau, la jeune femme s'adressa à tout ce petit groupe, mais jeta un coup d'oeil soutenu au jeune noble au dernier moment, insinuant donc qu'elle désirait en connaitre plus sur lui, surtout sur lui.

- Et si vous me parliez un peu de vous ? Je sais que vous avez connu l'abysse Christyän, mais vous n'avez pas besoin d'en parler si cela vous met mal à l'aise. Parlez moi un peu de cette académie et de vos aspirations...tout en pardonnant ma curiosité si elle vous offense bien évidemment.
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Lucien d'Elenor
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MessageSujet: Re: Rencontre entre deux questions [Clôturé]   Dim 28 Juil - 13:47

[Je suis enfin rentré, fiou !]

Lucien trouvait de l'ironie dans sa situation actuelle ; entre toutes les personnes qui l'entouraient, la plus proche de son monde était une vampire de sang-pur, l'élite suprême de leur société. Nombre d'humains nobles se seraient entretués pour avoir le privilège de les approcher et de se mettre en valeur auprès d'eux. Ils étaient les plus puissants d'un peuple puissant, et leur influence était totale.
Il était aussi vrai que d'autres nobles en auraient profité pour les attaquer de l'intérieur, trop méfiants. Ou encore auraient tout fait pour fuir ceux qu'ils considéraient comme des monstres suceurs de sang, des animaux civilisés qui n'attendaient qu'une erreur de votre part pour vous dérober la vie.

Et de l'autre côté, il y avait des garous. Des êtres civilisés qui pouvaient devenir des animaux. Et il était l'un d'entre eux.
Cependant, son instinct d'oiseau était si faible qu'il ne sentait pas le moindre danger en regardant ceux qui étaient ses prédateurs naturels ; il se trouvait supérieur à eux.
Son don était à ses yeux une malédiction, en un sens. Il n'aurait jamais de fierté à se déclarer rossignol, alors que d'autres pourraient parler avec joie de leur capacité à parler et comprendre toutes les langues. De plus, il était épuisant et désorientant de revêtir la forme d'un si petit animal, et voler lui sapait toutes ses forces. Aussi, il ne se servait de son pouvoir qu'en vue de courtes escapades nocturnes.
Et ces deux-là n'avaient rien en commun avec lui.

McCloud était à ses yeux un roturier qui pouvait cacher certains bon côtés. Au fond de lui, il ne pouvait s'empêcher de lui trouver maintes excuses : son comportement, bien que grossier, était chevaleresque et il était respectable en ce point ; s'il n'avait pas eu l'éducation nécessaire, il était vain pour lui d'espérer le concurrencer sur le domaine de l'étiquette, et il ne pouvait que traiter en gueux.
Ce garou cependant l'agaçait sur le moment profondément, car il avait d'une part interrompu sa conversation avec la demoiselle Von Carline et d'autre part l'avait totalement ignoré. Et ses quelques efforts de rédemption ne le contentaient guère, bien qu'ils apaisassent quelque peu sa rancœur.

Christyän, le "sans-famille" était plus intriguant. Il était indéniablement sauvage.
Son odeur était trop forte, et dénotait une absence de raffinement. Se pourrait-il que la Terre ne dispose pas de dortoirs et oblige ses élèves à dormir avec des couvertures de feuilles sur un sol d'humus ?
Il était en un sens fascinant, avec son absence de manière, et n'ayant presque rien en commun avec la civilisation, il n'avait pas la gaucherie du premier garou. Il était à ses aises, et semblait vivant.
Aussi, Lucien ne pouvait rien lui trouver de mal, alors que tout en lui sonnait faux. Il s'agissait d'un individu pour le moins étrange, mais il ne prendrait pas la peine de se renseigner sur lui. De toute manière, il y avait de grandes chances pour que cet être sauvage l'ignorât.
Le garou semblait savant néanmoins dans le domaine de la magie, et surpassa en un instant l'effet de l'ombrelle en faisant pousser un arbre.  La Terre n'était donc pas à sous-estimer. Ce garçon n'était il pas en seconde année ? Que pouvaient donc faire les maître élémentaires ?
Et surtout... que pouvait il faire en Ombre ? Et à quel élément la vampire appartenait-elle ?
Tant de possibilités découlaient de la magie, et après cette démonstration de force, le noble élève ne douta plus de sa capacité à occulter ses frères, et à devenir le gardien de la maison d'Elenor dans quelques années.

Ne s'étant pas concentré sur eux mais plus sur Ayla - qui possédait un prénom des plus charmants - il n'avait pu noter le museau ou le coup d’œil de Redd, dont il ne se souciait guère, et n'avait pas vu que sa présentation avait ennuyé Christyän plus qu'autre chose. Autant de signes non relevés empêchèrent Lucien de s'énerver intérieurement et de se retrancher dans sa méthode, construite autour de coups de stylet verbal. De toute manière, il n'en aurait pas tenu réellement compte dans le cas du garou sauvage, qui avait protégé la douce de la morsure du soleil. D'autant plus que l'ombrelle serait fatalement utile à celle qui devrait quitter l'ombre protectrice du chêne.


Ayla quant à elle demeurait une perle. Magnifique, malgré sa place sous l'ombre. Elle n'avait visiblement pas mal pris son baisemain, et se consacrait à présent aux autres garous. Patient, il écoutait, ravi d'avoir son avis sur ces personnes. Elle était bien naturelle avec ceux là, mais il ne lui en tint rigueur ; elle avait ses raisons, et elles devaient être bonnes. Il demeura tout de même surpris du tutoiement, mais il était gracieux de sa part de ne pas importuner le garou perdu.
Il pensa à ce moment qu'il était le plus jeune de tous, mais il n'en prit pas ombrage ; il avait des chances de vivre plus longtemps que les autres garous, et était sûrement bien plus savant qu'eux.
Ces pensées volèrent en éclat à la vue du sang qui coulait le long de la joue de la noble demoiselle. Une simple larme, belle et éclatante, mais terrible par sa nature et par la signification de l'état de santé de celle qui l'avait versée.

Et abasourdi par cette nouvelle manifestation, perdu dans ses pensées, il ne fit pas attention à la part sauvage de cette fille, qui est l'héritage des vampires. Il devait se renseigner sur celles de sa race. La bibliothèque devait contenir beaucoup d'informations, et il pourrait sûrement demander des conseils à un surveillant, ou un professeur. Les vampires étaient hors de sa sphère de connaissances pour la majeure partie, et s'il connaissait leur histoire et les grandes lignes concernant leurs familles, l'essentiel n'avait pu être abordé suite à son départ vers l'académie. Cette réaction était-elle normale chez les vampires ? Sa sœur pourrait le renseigner, mais le temps pour qu'il puisse envoyer une lettre et recevoir la réponse, il aurait déjà eu sa réponse par d'autres voies.
Pouvait-ce être un symptôme d'une maladie propre à ces êtres ?
Son ignorance pouvait être damné, il devait en apprendre plus. Seul le changement de ton d'Ayla le réveilla lorsqu'elle s'adressa à lui, et son subconscient seul avait compris qu'elle avait agit sauvagement quelques secondes auparavant.

Ses paroles n'étaient pas personnelles, en réalité, mais elles le touchèrent étrangement, comme en témoignait la chaleur dans sa poitrine. Ses paroles étaient justes, il n'avait rien à redire sur la beauté du soleil comme sur les dangers qu'il contenait ; après tout, il pouvait brûler et nombre de cécités lui étaient dues.

Il la contemplait à nouveau, remarquant d'étranges ornements aux poignets et aux chevilles. Des bracelets qui flottaient étrangement, et pouvaient ainsi être dotés de magie. Les artefacts magiques consistaient en ce qu'il voulait par dessus tout connaître, car ils permettent bien des choses, même à ceux qui n'ont pas de magie. Il devrait en faire un dessin pour étudier leur nature. Quels pouvoirs pouvaient ils attribuer à cette fille, qui en était déjà gorgée ?


Le regard appuyé d'Ayla le fit sourire, car il comprenait ses intentions, en les mettant en relation avec ses paroles. Cependant, il était ennuyé à l'idée de se dévoiler devant les autres, d'autant plus qu'en ne parlant pas beaucoup il pourrait parler avec elle ultérieurement, seul à seule.
Il aurait toujours quelque chose à dire, et il ne fallait pas contrarier une dame. Autant parler.

- Benjamin d'une famille de trois garçons, je n'ai eu d'autre choix que m'orienter vers la magie pour me faire une place en ce monde. Il semblerait que je suis né avec une affinité pour l'Ombre, ce qui avant le premier cours ne me dit point grand chose. J'espère en apprendre beaucoup sur les artefacts magiques, étant donné que mon éducation est déjà bien avancée en ce qui concerne le combat ou la zoologie, ainsi qu'en d'autres domaines qui ne sont pas couverts ici.

D'où venait cette souffrance en avouant qu'il n'était que benjamin ? Il s'y était fait bien auparavant.
Il se tourna alors vers McCloud - n'ayant pas quitté des yeux Ayla lors de sa prise de parole - puis vers Christyän. Le second l'intéressait plus que le premier, mais par sa banalité le premier pouvait se révéler surprenant.
Il s'abstint naturellement de le dire à haute voix.


Dernière édition par Lucien d'Elenor le Mar 10 Sep - 16:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Rencontre entre deux questions [Clôturé]   Sam 3 Aoû - 18:55

Un instant, une seconde, c'est tout ce qu'il faut dans une conversation perdre pied, du moins, cela pouvait facilement être le cas quels que soient les personnes, une réponse mal choisie ? Un geste déplacé ? Au contraire, un manque d'attention ? Un... regard ? C'était triste à dire, mais d'autant plus avec de parfaits inconnus (donc forcément des étudiants dont il ne connaissait pas les capacités, ni la filiation élémentaire), la confiance se gagne au compte goute, mais se perd en litres. Et dans ces conditions, il faut de lourds efforts pour corriger le tire sur des fautes parfois fictives. Mais pour la 1ère fois depuis le début de la conversation (du moins, c'est ce qu'il ressentait), l'attention le relâcha pour se porter d'avantage sur le nouvel invité. Dans son état de "panique" précédent, il avait du mal à voir en quoi cet individu pourrait lui porter secours dans cette situation, d'autant plus lorsqu'il s'agit d'un loup, donc le prédateur naturel de son espèce. Cette forme ne pouvait pas le rassurer, mais il serait surprenant pour n'importe qui, mais dans une académie de magie, de se présenter sous une forme animal lors d'une discussion, c'est donc tout naturellement que l'individu se métamorphosa, d'abord caché derrière un arbre avant de s'approcher lentement du petit groupe. Redd eu l'impression de voyager entre 2 mondes différent, tant le style divergeait, il était loin d'être un noble, tout dans sa démarche et son style vestimentaire le démontrait. D'un côté, cela le rassura, inconsciemment, de ne plus être le seul "prolétaire", il n'aurait pas supporté éternellement les codes de la noblesse. Mais celui-ci paraissait presque... sauvage, pas le genre de personnes qu'il aurait pu rencontrer à l’orphelinat, ni ailleurs non plus. Difficile de dire comment il en est arrivé à cette conclusion, mais il ne pouvait s’empêcher de le penser, son style général faisait résolument "animal". Redd fit une nouvelle fois une fixation sur son regard, cette fois le nouvel interlocuteur paraissait plutôt méfiant mais ça n'avait rien à voir avec l'expression de la vampire, qu'il semblait dévisager lourdement. Le pas lent de celui-ci poussa les 3 précédents personnages à commencer leur présentation aussitôt celui-ci présent, Redd ne pouvait s’empêcher de garder un oeil sur ce garou, dont l'ennui paraissait aussi profond que sa méfiance. D'un côté, il ne pouvait pas lui en vouloir, il était encore loin de se sentir à l'aise. Les présentations terminées, c'était "au tour" du fameux personnage de parler, apparemment un élève de la Terre, effectivement pas une personne qu'il pouvait rencontrer en cours. Mais la principale surprise fut le moment où il prit un gland et fit pousser en un instant un arbre d'une taille non négligeable près de l'endroit où se trouvait la jeune dame. Il repensa à ce que dis l'étudiante un peu plus tôt, un vrai conte de fée... cela ne pouvait pas être aussi vrai que maintenant pensa-t-il en lâchant un de ses 1ers rires intérieurs sincères depuis le début de cette rencontre. Il ne put s’empêcher d'adresser un grand sourire au 3e garou lorsque celui-ci les saluas. Impossible pour lui de ne pas être impressionné par ce qu'il venait de voir. Il s'était posé en cours la question de savoir ce que pouvait permettre la magie, et il venait d'en avoir un avant gout, néanmoins, cette magie lui semblait plus puissante que celles qu'on lui avaient enseignées jusque là, surement un 2e année, ou les élèves de la terre sont plus réactifs que ceux du vent.

A en croire l'expression un poil moins soutenue des nobles, cela les avait impressionné aussi, peu importe les origines, la magie reste certainement quelque chose de mystérieux et d'enchanteur... La différence était ténue, mais néanmoins visible pour Redd, un léger sourire de satisfaction se dessinant sur son visage avant que l'attention ne retombe, l'occasion de poursuivre la discussion pour celle qui était l'origine de celle-ci.


- Redd, je n'attends pas à ce que vous vous comportiez tel un noble lors des soirées mondaines, vous êtes ce que vous êtes et vous ne devez jamais l'oublier. Je hais juste que l'on snobe les autres, tout simplement, même dans la précipitation, n'oubliez pas que vous n'êtes pas seul en ce lieu. Vous ne savez pas grand chose de vous ? Cela nous fait un point commun...


Difficile pour de "fausses" manières de passer inaperçu dans un cercle de nobles forgés aux traditions, la dame a au moins eu l’honnêteté d'annoncer l'origine de sa propre gène, même s'il avait encore du mal à digérer cette précédente scène. Mais ce qui lui paru d'autant plus surprenant était sa dernière déclaration. Pour se "protéger", il avait inconsciemment parlé de son absence de passé dans l'espoir vain de se faire "excuser", ou au moins de changer l'attention qui lui était alors portée. Mais comment une noble, d'autant plus qu'elle semblait particulièrement élevée dans cette hiérarchie à en croire son accoutrement plutôt complexe (lui faisant penser qu'il n'avait toujours pas remarqué les talismans qui semblaient flotter sur elle, il ne connaissait pas grand chose, mais cela lui paraissait être le signe d'une magie puissante, ou simplement une décoration classique dans la haute noblesse), pouvait ne pas connaitre son passé ? Selon lui, les nobles étaient élevés dans les études et la tradition de leurs ancêtres dont l'histoire leur était conté. Au final, l'effet fut inverse, c'était lui qui devenait soudainement intrigué par la noble. Ce qui était surprenant, c'est qu'il avait l'air d'être, à ce moment, le seul intrigué par cette phrase, serait-ce si banal ? Etait-il à ce point loin de la réalité ? Lucien, de son prénom, s'empara de la parole à ce moment, le moment était encore aux présentations on dirait, ou peut-être n'était-ce qu'une réaction à la précédente réponse d'Ayla, et il ne pouvait pas s'en plaindre, il était d'autant plus appréciable d'en apprendre plus sur ces étudiants, au fur et à mesure la tension en lui s’apaisait très lentement après les diverses réponses d'Ayla, il n'en était donc plus à son état de pseudo-panique précédent, mais il restait largement méfiant. Ainsi, il était un élève de l'ombre, difficile pour lui de ne pas penser aux mauvais préjugés qu'il avait de l'ombre, le fait de ne rien savoir et de rester néanmoins inquiet ne l'aidait pas là dessus, malgré des efforts constants pour ne pas jeter la pierre sur une personne qu'il ne connait pas. Il est au moins sûr qu'il y a un éleve de la Terre, et un de l'Ombre, l'élément de la vampire restait encore à définir, en repensant à la situation initiale les 2 nobles paraissaient proches, il semblait naturel de penser qu'ils étaient du même élément mais la réponse de la demoiselle laissait penser que ce n'était que de la courtoisie entre noble. Donc 4 élèves de différents éléments, la situation paraissait de plus en plus surprenante pour lui au fur et à mesure que la situation évoluait. Et à en croire sa réponse, la balle était dans le camp de "Christyän", et cela arrangeait Redd, il ne comptait pas encore se dévoiler tout de suite et était très curieux d'en savoir plus. La peur laissant de plus en plus place à sa curiosité, qu'il savait parfois gênante...

En y pensant, la situation paraissait être triangulaire pour chaque personne, Ayla portant son attention sur chacune des personnes, chacun portant la leur sur elle en retour mais son attention semblait d'avantage portée sur le 3e garou. Lucien et Redd surveillant ce même personnage pour leurs propres raisons, et dans leur propres buts, alors que Christyan semblait se ranger aux côtés de... Redd ? L'idée lui survolait l'esprit sans qu'il ne veuille vraiment l'admettre mais Christyän semblait d'avantage réussir à cerner les personnages que Redd et avait l'air intrigué lui aussi. La situation est décidément étrange, mais l'heure n'est pas à la parole, mais plutôt à l'écoute pour Redd, réussissant tant bien que mal à garder une expression cordial, malgré une lueur nouvelle apparaissant doucement dans ses yeux...

 

[Désolé pour le temps de réponse, je suis plutôt occupé en ce moment :/ ]
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MessageSujet: Re: Rencontre entre deux questions [Clôturé]   Lun 19 Aoû - 11:39

Chris retint un sursaut lorsque l'aura de la vampire changea brusquement, comme si le voile masquant sa nature réelle venait de s'envoler.
Ainsi, elle avait décidé de se montrer sous son aspect naturel plutôt que sous cette mascarade de noblesse … Le jeune garou se demanda un instant s'il s'agissait d'un avertissement ou d'une marque de confiance.

Si son instinct lui criait de s'enfuir au plus loin de cette menace, sa logique parvint à le persuader de ne rien en faire. Ils étaient dans une Académie, et il était certain que jamais Myrrdin n'aurait permit à un élève dangereux pour ses camarades d'y entrer … Du moins, pas sans le brider.

« Je te remercie Christyän, tes capacités sont impressionnantes, du moins à mes yeux, » dit alors la jeune vampire.

Chris inclina simplement la tête.

« Inutile d'être aussi "noble" si tu ne le désires pas, sois toi même, » ajouta-t-elle, et la remarque fit froncer les sourcils au jeune homme.

Le problème était bien là. Qui était ce « lui-même » ?

Autrefois, il aurait pu trouver la réponse sans hésiter ; l'Alpha avait toujours prit le pas sur le garçon, et il se sentait loup à part entière.
Pourtant, la disparition de son frère et l'opportunité de vivre parmi les Hommes avait changé cet aspect de sa personnalité. Il avait apprit à être « lui-même », à coordonner puis à unifier ces deux parts de lui.

Mais après l'Abysse, que lui restait-il ? Il n'avait plus ni territoire ni meute, ni maison ni famille. Il lui faudrait se reconstruire, retrouver ce « lui-même » perdu.

Mais ça, il ne comptait pas le dire à une inconnue.

// Et certainement pas à une vampire ! // ne put-il s'empêcher de penser, ses préjugés et son flair reprenant le dessus l'espace d'un instant.

« Et si vous me parliez un peu de vous ? » reprit la seule jeune femme du groupe. « Je sais que vous avez connu l'Abysse Christyän, mais vous n'avez pas besoin d'en parler si cela vous met mal à l'aise. Parlez moi un peu de cette académie et de vos aspirations … tout en pardonnant ma curiosité si elle vous offense bien évidemment. »

Si son premier réflexe avait été une montée brusque de colère à l'évocation de l'Abysse, les derniers mots le firent immédiatement retomber. Chris fronça légèrement les sourcils d'étonnement : pour une vampire – noble, semblait-il – Arya était étrangement prévenante.
Il n'avait en effet aucune envie de parler de l'Abysse – par fierté personnelle, par crainte mais aussi parce qu'une telle expérience ne pouvait être comprise par ceux qui ne l'avaient pas vécue …

Cependant, parler de l'Académie ne le dérangeait pas ; si sa propre expérience pouvait être utile aux nouveaux élèves, il en serait même soulagé.

Lucien prit la parole en premier, et si son ton et son niveau de langage énervèrent Chris, il n'en montra rien.
Il avait apprit longtemps auparavant que les expériences de chacun leur étaient personnelles, et qu'elles devaient le rester. Il n'avait aucun droit de le juger pour son éducation.

Du moins, c'était ce qu'il se forçait à penser.

« Il semblerait que je sois né avec une affinité pour l'Ombre, ce qui avant le premier cours ne me dit point grand chose, » dit alors Lucien, à la grande surprise du loup-garou.

Les élèves de l'Ombre que Christyän connaissait avaient tous ne part sombre en eux, quelque chose d'immatériel les entourant comme une aura, à peine perceptible aux yeux humains mais légèrement apparent à son regard canin.
Lucien n'avait rien de cela. Tout ce que le jeune homme parvenait à sentir en lui était sa forme volatile étouffée, comme un oisillon à peine sortit de l'œuf et encore incapable de voler par lui-même.

// La répartission se fait après appréciation des affinités profondes de chacun. Monsieur Milo et Mademoiselle Poesy étaient capables de déterminer la vraie nature des élèves, et je suis sûr que le Directeur Myrrdin suit la même procédure … Peut-être que cette nature se développera plus tard pour Lucien. //

Voyant trois paires d'yeux se poser sur lui avec interrogation, Chris sortit de ses pensées et supposa que la parole lui revenait.
Il retint un soupire de justesse ; il n'avait jamais été très bavard.

Son regard se posa une seconde sur le petit arbre qu'il venait de faire pousser. D'un geste, il se laissa tomber assit en tailleurs entre ses petites racines, le dos contre le tronc mince.
On lui avait dit d'être le plus naturel possible ; lorsqu'il n'était pas sous sa seconde forme, il s'arrangeait toujours pour être assit.
Il n'y avait aucune raison pour que la jeune vampire soit la seule à avoir ce privilège.

« À vrai dire, je n'ai pas vraiment l'habitude de me présenter ainsi, mais je ferais au mieux, » commença-t-il. « J'ai effectivement intégré l'Académie il y a un peu plus d'un siècle, bien que cela paraisse à peine deux ans pour moi. Je ne pourrais vous être d'aucune utilité dans le repère des lieux ; tout a changé par rapport à ce que je connaissais, même les dortoirs. Ce que je peux vous dire, par contre, c'est que vous apprendrez rapidement, ici. »

Son regard se porta sur le château à plusieurs centaines de mètres d'eux, dont les toits étaient visible au travers des feuilles vertes. Repensant à sa première année, il caressa machinalement la bague ornée d'ambre à son doigt, et le geste lui tira un sourire lorsqu'il en prit conscience.

« Une des meilleures expériences de la première année est l'éveil de votre Gardien, » fit-il en montrant sa bague. « Dès votre quatrième ou cinquième cours, on vous remettra une bague dont l'ornement dépend à la fois de votre nature, de votre choix et de votre Élément. Ensuite, il vous faudra apprendre à appeler votre Gardien, qui est unique et exclusif pour chaque personne. »

À peine eut-il finit sa phrase que Saùl apparu graduellement sur son épaule. Le petit écureuil brun couina de contentement à sa vue, faisant un ou deux bonds, glissant sur sa tunique, se rattrapant de justesse au niveau de son torse et remontant prestement avec ses petites griffes. Chris retint un gloussement lorsque le Gardien s'accrocha à son oreille et à ses mèches pour monter sur son crâne, avant de se figer à la vue de leur audience.

« Je vous présente Saùl, » dit simplement le garou.

Il regarda ensuite tour à tour les trois élèves de première année, et plus particulièrement Lucien.

« On m'a dit que l'Ombre était l'Élément le plus complexe à maîtriser par sa tendance naturelle au chaos, aussi tu ne risques pas de t'ennuyer, Lucien. Je connais personnellement les professeurs d'Histoire du Royaume, de Terre, d'Air et de Combat. Mlle Helsing, qui enseigne le Combat, est Maître Magicienne de l'Ombre, et tu peux le croire, elle sera une excellente professeure. »

S'il avait opté pour le tutoiement envers le jeune homme sans même y réfléchir, appeler Sayuri, qu'il avait côtoyé sur les bancs de l'Académie, « Mlle Helsing » lui parut des plus étranges. Il n'en laissa cependant rien paraître.

« Je ne sais pas à quel Élément vous appartenez, » reprit-il en s'adressant à Ayla et Redd, « mais je ne connais personne qui n'ait pas réussit à s'intégrer à l'Académie. Du moins, à celle que j'ai connu … Je suis curieux de voir ce que le Directeur Myrrdin en fera. »

Un courant d'air vint faire crisser les feuilles autour d'eux, et le petit écureuil sur sa tête émit un « Squiiick ! » énergique.

~~~~
« Je te retrouverai. Je te le promets, Raän. »

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MessageSujet: Re: Rencontre entre deux questions [Clôturé]   Lun 30 Déc - 10:52

Le jour où Ayla apprit de la bouche de son père adoptif, le comte Viktor Von Carline – soit le plus influent des comtes dans ce petit royaume qu'est Edälia – qu'elle allait devoir intégrer l'académie, fut le moment le plus important de son existence. Certes, elle aurait pu se souvenir de bien d'autres choses, comme sa première fois par exemple. Boire pour la première fois du sang humain, planter ses crocs dans la chair de ce serviteur qui voyait cela comme un honneur, sans pour autant le tuer, comment oublier un tel moment ? C'était tout simplement une sensation hors du commun, surtout lorsqu'elle avait reçu les compliments de son père pour sa « retenue » lors de cet acte. Un noble, pas un animal, pourtant la limite était si fine. On pouvait aussi citer le moment où elle avait été informée de son statut d'enfant adopté, comment décrire une telle chose, c'était comme si son monde s'écroulait sous ses pieds, comme si le destin venait de lui voler son identité. Pouvait elle encore appeler le comte Von Carline « père » ? Elle n'avait malheureusement pas encore trouvé de réponse à cette question, espérant que cela viendrait un jour ou l'autre. Non ce fut ce jour, cette révélation sur son intégration dans cette école, qui la marqua à vie. Elle qui était si accrochée au protocole, s'était comportée comme une véritable enfant.

« Je serais dans quelle maison à ton avis ? » Question provoquant immédiatement un fou rire de la part son père, qui s'attendait à des questions beaucoup plus sérieuses. Il avait répondu qu'il n'en savait rien, mais si les éléments se transmettaient par le sang, elle serait soit dans la maison de l'ombre, soit dans celle de l'esprit. Ce fut la première fois qu'il accepta de parler des parents biologiques de la jeune vampire. Son père était terriblement puissant, manipulant l'ombre comme si c'était une activité normale de la vie de tous les jours, mais ne possédait aucune retenue. Sa mère était différente, elle incarnait selon lui l'essence même du raffinement et de l'élégance, une véritable maîtresse de l'esprit, dont le pouvoir n'avait rien à envier à son intelligence. Selon les dires du comte, son élément déterminerait de qui elle tenait le plus, même si elle hériterait sans doute de beaucoup de choses de ses deux géniteurs, que ce soit bon ou mauvais. Briser ainsi le silence de son père, avait été une bénédiction pour Ayla, elle avait dévorée ces informations comme si elle n'avait plus été nourrie depuis des mois et des mois, enfin elle en apprenait plus. Un jour peut être, elle connaîtrait le nom de ses parents et obtiendrait enfin ses réponses, mais ce n'était pas pour tout de suite. L'académie était sa meilleure chance d'en savoir plus, mais elle avait du beaucoup sacrifier pour y entrer.

« Vu ton statut « spécial », le directeur a demandé à ce que tu sois limitée dans tes capacités, ce sera une garantie pour tes camarades que tu ne vas pas les considérer comme du gibier, comme si le pacte ne suffisait pas. » Dégoût se lisant sur son visage, il était évident que le comte n'appréciait guère Myrddin, comme tout ce qui touchait les « émissaires » de la lune au final. Son père avait une sainte horreur de ces êtres, se permettant strictement tout pour « offrir » la paix au peuple de ce royaume, du moins selon ses dires. Elle n'allait pas le contredire, personne ne contredisait Viktor Von Carline, sa sagesse était aussi ancienne que la race des vampires, qui était-elle pour oser dire le contraire ? Elle allait donc miser sur la prudence et jouer la parfaite noble, Myrddin allait jouer avec elle selon son père, donc autant lui rendre la pareille, jamais il ne serait son confident et jamais il n'obtiendrait sa confiance. Cela semblait facile, mais c'était une mission vouée à l'échec, ce vieil homme l'avait accueillit dans ses propres quartiers au lieu de l'envoyer avec les autres qui la verrait dans un état de faiblesse nuit et jour, lui promettant de trouver une solution à son besoin de sang humain et lui offrirait des instants de liberté sans ces maudits bracelets. Ayla était impressionnée par cet homme, quelque chose en lui était insupportable et lui donnait souvent l'envie de lui exploser le crâne, mais il semblait être un homme bien, rempli d'amour pour ses élèves. Que faire...que faire...

Voila un bon sujet de conversation, rassurer ses camarades sur les intentions de Myrddin et parler de son élément, bien qu'elle n'ait pas encore passé beaucoup de temps avec son cher professeur à ce stade. Qui sait, peut être que ce vieil homme laisserait tomber quelques indices sur ses parents un jour, mais ni lui, ni elle, ne baisseraient leur garde, on ne fait pas une promesse si on n'est pas capable de la tenir par la suite !

- Sayuri Hellsing ? Je crois l'avoir croisée au banquet de début d'année, elle semblait préoccupée par une élève de l'ombre, Yuuki Kuran. J'ai plus discuté avec cette élève, qu'avec elle, d'ailleurs elle semble avoir disparue ces derniers temps, peut être qu'on va avoir un nouveau professeur de combat. Pour ma part, j'appartiens à la maison de l'esprit, comme ma véritable mère il parait, je me demande si les éléments sont transmis par le sang. Je n'ai pas encore vu mon professeur, excepté lorsqu'il m'a désignée comme « enfant de l'esprit ». Par contre, je connais un peu plus le directeur Myrddin, bien qu'il m’ait imposé ces charmants bijoux, il semble beaucoup se soucier de notre bien être. Je n'aime pas vraiment devoir être autant limitée et être tenue à l'écart de tout le monde, mais au moins cela rassure ceux qui ne voient que le « monstre au visage humain » en moi. Enfin, le siège lunaire est un endroit magnifique, donc je ne devrai pas me plaindre.

Après avoir parlé de sa propre situation, sans pour autant donner trop de détails pouvant la mettre en danger ou en situation de faiblesse, Ayla se concentra sur le cadeau du cinquième cours dont parlait le loup. Un anneau faisant apparaître...un écureuil ? Elle ne pu s'empêcher de rire, amusée de la comparaison entre la nature de Christyän et celle de son gardien. Comment un loup pouvait-il invoquer comme gardien, donc souvent assimilé à un protecteur, un écureuil ? C'était risible, mais pas un rire moqueur, mais vraiment amusé de la situation, peut être que cela montrait simplement l'amour du garou pour la terre mère, c'était une possibilité. Cette idée séduisit énormément la vampire, trouvant cette académie intéressante à souhait, entre les personnes présentes entre ses murs et ce qu'ils représentaient, sans oublier la magie ! Bon sang, comment le roi Kyte avait-il eu le courage ou la folie de signer ce décret prônant cette ridicule chasse aux sorcières ? Bien que les vampires n'avaient jamais eu le moindre problème, sans doute à cause des légendes circulant à leur sujet, des personnes comme ce Redd, devaient avoir connus l'enfer. La magie était tout simplement merveilleuse, comment ne pas admirer la beauté d'un arbre qui pousse ? Comment ne pas rester bouche bée devant un objet qui lévite ? Un fauteuil de cristal noir se créant ? Des milliers de bougies s'allumant en même temps ? Une tempête se transformant en eau calme et reposante ? Ou encore le vent couper l'acier d'un bandit pour lui montrer qu'il n'est pas prêt de se remplir les poches aujourd'hui ? Tout cela, comment vouloir l'effacer, le réduire à néant. Ayla ne comprenait définitivement pas, cela demandait du contrôle, mais la crainte aveugle était inutile.

- Curieux, ton ami Saùl ne semble pas me craindre. Généralement les animaux fuient dés que je suis dans les parages, excepté les chauves-souris et les serpents. Les animaux qui diabolisent encore plus mon espèce. Ce n'est pas pour rien que je n'ai pas pris les cours de créatures, j'imagine que même toi tu as du avoir tes instincts qui s'alarmaient ?

Baissant les yeux, fixant ses mains qui pouvaient à tout moment se transformer en arme pouvant arracher la chair d'une créature qui pesait jusqu'à dix fois sa taille, Ayla ne pouvait pas dissimuler une certaine tristesse. Elle ne connaissait que la nuit comme environnement, le soleil causait des hémorragies peu recommandables. La seule chaleur qu'elle pouvait obtenir était celle du sang coulant lentement dans sa gorge, elle n'avait eu aucun contact physique, du moins pas dans ses souvenirs. Les animaux avaient peur d'elle, tout comme les humains, il n'y avait guère que les chauves-souris qui semblaient aimer cette enfant, venant en permanence la voir quand elle était plus  jeune. Il suffisait d'un seul pied à l'extérieur et une petite armée venait l'entourer et se poser pour la regarder, bien qu'en réalité elles ne pouvaient pas vraiment « voir » la vampire. Les serpents aussi venaient lui tenir compagnie, du moment qu'ils étaient dans la zone, s'enroulant autours d'elle avec douceur, comme si elle faisait partie de leur petite famille. Les vampires n'avaient pas de lien particuliers avec cet animal selon son père, bien que le récit des rencontres avec un de ces reptiles, le fasse sourire avec une certaine nostalgie. Pourtant, selon le comte Kuran, le père de Yuuki visiblement, les vampires provoquaient la crainte chez les humains, mais rarement chez les animaux, du moins pas au point de les paralyser un court instant ou les faire fuir. Il avait promis de mener l'enquête sur des possibles cas de ce genre dans le passé, mais comme toujours avec lui, il s'agissait de paroles en l'air. Règle numéro une de la noblesse : ne jamais compter sur les autres, ils n'aideront que par obligation.

Afin de changer rapidement se sujet de conversation, Ayla laissa sa curiosité prendre le dessus, elle voulait faire parler un peu plus ses « sauveurs », histoire de laisser passer le temps jusqu'au moment où les nuages cacheraient cette lumière infâme et surtout car ils étaient beaucoup plus intéressants que ce que l'on pouvait penser.

- Je me demande, sans vouloir être indiscrète, comment vivez vous en temps que garou ? Vous n'appartenez pas au monde des humains, ni à celui des animaux, êtes vous un pont entre les deux ou avez vous des difficultés d'adaptation ? Et votre instinct, vous y êtes soumis ? Avez vous un animal vous parlant de temps à autre ou ce n'est qu'une petite part de votre personnalité. En tant que vampire, je subis très fréquemment mes instincts, mais même si ils ont l'air de me proposer quelque chose d'agréable, mon éducation m'empêche d'y succomber. Excusez ma curiosité, je me demandais juste si nos races avaient quelques similitudes.

Une petite subtilité amusante, Ayla venait de relancer la conversation en offrant quelques informations sur les vampires, tout en assouvissant sa propre curiosité. C'était donnant-donnant et au moins, cela leur permettrait de ne plus avancer en terre inconnue.

~~~~


Certains voient le monde en noir
D'autres en blanc
On parle aussi de gris
Le mien est rouge...


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MessageSujet: Re: Rencontre entre deux questions [Clôturé]   Mar 31 Déc - 21:42

Redd persistait dans son silence. Le roturier avait-il peur de se présenter, ou jugeait-il que le moment n'était pas propice ? Il se pouvait qu'il attende que chacun se soit dévoilé afin de moduler son discours, mais il n'était pas très poli de se dérober aux règles d'usage.
Devant la passivité du renard, Lucien l'avait presque oublié, à vrai dire. Christyän parlait beaucoup et était intéressant, malgré un tutoiement malvenu qu'il ne prit pas la peine . Le Gardien était d'ailleurs surprenant, et sa nature l'était encore plus.
Pour qu'il s'agisse d'un écureuil, il devait bien être un garou papillon ou raton-laveur. Comment pouvait-on autrement être protégé ?
Qu'aurait-il, lui ? Si possible un gardien discret qui l'aiderait à récolter des informations, mais qui n'aurait pas à le quitter sans cesse. Il verrait bien, et il fallait encore que les gardiens restant n'aient pas été absorbés dans l'Abysse, car le noble doutait qu'on en fabrique encore.
Un gardien papillon serait une bonne idée, tout de même. Finesse, élégance... Discrétion... Il se chargerait lui-même de se protéger par le fil de ses sorts et de sa lame.

En tout cas, l'Ombre semblait être l'élément le plus palpitant à maîtriser, ce qui ne disait toujours rien à l'élève de cet élément qui considérait que le chapelier fou pouvait s'être trompé. Regarder un élève quelque seconde avant de le déclarer "Fils de l'Ombre" n'était assurément pas un examen exhaustif, et l'erreur est humaine. Il devrait cependant se renseigner sur cette Sayuri. De toute manière, il avait déjà choisi de prendre "Combat" comme l'un de ses deux cours, l'autre devant être "Création d'Artefacts".
Ayla clarifia la situation en expliquant qui était cette femme qu'il n'avait pas vue lors du banquet, et en prévenant sa future disparition, laissant ainsi ses camarades se demander qui pourrait être le remplaçant de la vampire. Peut-être un elfe, un humain ? Le capitaine du royaume se battait très bien et pourrait faire l'affaire, si le roi voulait bien le laisser à l'académie. En vérité, Lucien doutait que quiconque puisse le battre.

Il écoutait de tout son cœur la voix d'Ayla, admirait ses variations. De petites pensées persiflaient au fond de lui qu'il n'était pas normal de ressentir tant de choses, d'autant plus qu'il était fiancé - à une gamine qu'il n'avait jamais vue, mais fiancé pour l'honneur de sa maison tout de même - et qu'il devait peut-être se méfier d'une vampire qui était de part sa nature et selon les légendes, manipulatrice.
Cependant, ces pensées n'étaient rien lorsque la mélodieuse était dans les parages, car son son les balayait. Lucien buvait les renseignements, découvrait avec tristesse que leurs éléments étaient opposés et souhaitait en savoir plus sur l'Esprit, que l'on décrivait comme autre magie la plus puissante après l'Ombre. Il comprit qu'elle devait habiter au siège lunaire et remit au second plan la découverte du plan de l'Esprit qui était devenu d'un coup moins attrayant et fut peiné de voir qu'elle pensait à la médiocrité peureuse de certains humains, et ne put s'empêcher de parler après que l'information sur l'ascendance de la magie fut donnée.

- A vrai dire, il n'y a pas de mages dans ma famille et je ne suis pas sûr que le sang transporte les éléments. Qu'en serait-il alors des vampires qui boiraient un sang opposé au leur par la magie ? J'ai cru comprendre que le Feu et l'Eau s'annihilaient mutuellement.

Incertain de la cause de la mention des vampires, celui de l'Ombre se tût gêné, laissant Ayla s'émerveiller en regardant cet étrange écureuil au pelage irréel. Si le cours d'Artefacts permettait de tels miracles, il avait vraiment hâte de le voir commencer et aspirait à voir les autres merveilles qu'il pourrait concevoir et transmettre aux siens.
Plus d'informations sur la vampire venaient, sur les vampires en général en réalité. Les rats, les insectes et les araignées manquaient à l'évocation des animaux qui pouvaient diaboliser une race, et Lucien se demanda un temps s'il s'agissait d'un oubli, d'une omission ou de la réalité.
Déception à l'idée de ne pas suivre "Créatures", joie à l'idée qu'il pourra demander des informations sur elles à Ayla en prenant ce prétexte.

Et puis vint la question qui tue, celle qui semblait les ramener au rang de bête et qui agaça le garou qui comprit en cet instant que si la nouvelle de sa nature se répandait il devrait les affronter chaque jour. De légers tics qu'il s'efforça d'éradiquer jaillirent au fur et à mesure qu'Ayla éprouvait de la curiosité sur les garous : le pied qui veut taper, les doigts qui se crispent, les yeux qui ont tendance à monter au ciel. Chacun de ces mouvements fut empêché dès sa naissance, mais l'envie d'y succomber existait.
Tant d'inepties ! Un pont ? Un instinct ? Il pouvait juste se transformer !

L'idée qu'un rossignol conscient au fond de lui puisse exister était idiote.

- Foutaises et légendes. Je ne suis soumis à aucun autre instinct que celui de l'espère humaine, et s'il m'arrive parfois de me transformer il s'agit d'une nécessité ou d'un plaisir qui ne m'est pas dicté par une voix intérieure. J'ai toujours été considéré en humain là d'où je viens - les D'Elenor n'ont en général pas de don magique, et je n'ai pas révélé une telle capacité à mon entourage - et je suis très surpris que vous m'ayez percé à jour. Je ne comprends pas ces racontars de voix animale... Il doit tout au plus s'agir, pour ceux qui passent longtemps sous une telle forme de souvenirs, d'une idée qui doit sembler naturelle mais qui vient de la même personne, associable aux voix qui nous conseillent lorsqu'une décision est à prendre.

Je maintiens qu'il s'agit d'un pouvoir pratique, mais pas d'une personnalité. Et pour moi, la similitude doit être là, car je ne peux pas vous imaginer soumise aux caprices d'une bête dont vous pourriez revêtir les capacités.


Christyän, car je me souviens d'une chose dont tu... vous avez parlé et que je vois en ce moment : puis-je vous demander si vous êtes certain de l'existence d'autres Gardiens ? Je crains qu'il n'aient été perdus dans l'Abysse ou que la superstition en ait détruit la formule, de nos jours. Tant d'années ont passés...


Heureux d'avoir rétabli la vérité sur ses pouvoirs, Lucien était plus serein. Tout semblait bien se passer.
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MessageSujet: Re: Rencontre entre deux questions [Clôturé]   Mer 1 Jan - 20:13

Redd commençait à avoir mal au jambe à rester ainsi debout à ne rien faire d'autre qu'écouter et se méfier, sa tension musculaire n'en avait que triplé et ce n'était pas vraiment agréable pour un humain qui passait bien un tiers de son temps transformé, enfin, ça, c'était avant son entrée dans l'Académie. Il a beau apercevoir un tas de personnes qui ne sont absolument pas gênés de se déplacer de façon "originale" mais cela restait moins agréable dans un lieu confiné comme celui-ci (enfin, ça l'est plus que la foret en tout cas). Mais l'arrivant surprise restait une belle source d'attention, il paraissait si peu gêné d'être le centre de l'attention, au fond, il l'enviait un peu, tout ce qu'il semblait avoir c'était un peu d'agacement, qui s'est bien vite estompé, jusqu'à ce que soit évoqué "l'abysse". Une demi-seconde peut être, mais le mi-renard avait l’œil et l'esprit pour ce genre de choses, ce mot avait fait tiquer Christyan, comme s'il aurait voulu ne plus jamais en entendre parler. Redd avait déjà entendu ce mot quelques fois, mais n'y prêtait que peu d'attention, mais maintenant qu'il y pense, cela pourrait constituer une sorte de prison pour les mages lors de la chasse ?... Mais enfin, il n'a jamais entendu dire qu'on les enfermait. Le silence suffisait à lui ancrer ce mot en lui, il devra chercher ça plus tard.

Et le loup semblait d'ailleurs partager ses douleurs musculaires puisqu'il s'assit lui même à l'ombre de son propre arbre avant de déclarer à son tour qu'il a rejoint l'académie il y a un peu plus d'un siècle... Heiiin ? Un siècle, un siècle, mais seulement 2 ans pour lui, qu'est-ce que ça veut dire ?! Enfin, comment... de la magie ? Qu'est-ce qu'il s'est passé alors ? Et comment peut-il être aussi jeune alors qu'il est bien humain ? Trop de choses se passent, en bien trop peu de temps, malin ou pas il était complètement perdu et ne remarqua même pas l'apparition progressive de l'écureuil tant il était enfermé dans ses pensées jusqu'à ce que l'invité surprise parle de "gardiens" et ne nommes son écureuil, le présentant comme son propre gardien... Un écureuil gardien, voila qui ne pouvait qu'être ironique mais il n'avait pas la tête à l'ironie, Redd se demandait passablement comment un écureuil pouvait-il le "garder", laissant s'échapper un léger soufflement au passage. Voila qui était bienvenu pour relâcher un peu la pression qu'il avait accumulé ici, c'était toujours ça de pris. Une petite note d'espoir de la part du garou nouveau-venu, il ne connait personne qui ne se soit pas intégré à l'académie, et à vrai dire c'était un des principaux soucis de Redd, encore maintenant. Il avait beau être émerveillé par la magie, il n'en restait pas moins un étranger, sans doute autant voir plus que les autres élèves, il tourna un peu la tête à cette phrase comme pour dire "j'aimerais beaucoup... " avant qu'Ayla ne réagisse aux paroles de Christyan, et en particulier de l'enseignante de combat, ce qui intéressait bien peu Redd avant qu'elle n'en vienne à cette déclaration :

- Par contre, je connais un peu plus le directeur Myrddin, bien qu'il m’ait imposé ces charmants bijoux, il semble beaucoup se soucier de notre bien être. Je n'aime pas vraiment devoir être autant limitée et être tenue à l'écart de tout le monde, mais au moins cela rassure ceux qui ne voient que le « monstre au visage humain » en moi.


Sérieusement ? Être mis à l'écart ? Qu'est-ce que cela signifiait pour elle... Redd était seul au milieu de tous, il était celui dont on n'a jamais voulu à l’orphelinat et celui dont tous les rares amis disparaissaient les uns après les autres. Il connaissait bien peu le directeur qu'il n'a vu qu'à l'accueil de l'académie, cela lui semblait être quelqu'un d'aussi aimable que l'on pourrait espérer d'une personne qui vient accueillir lui même ses élèves. Mais de quoi était-elle limité ? Après-tout, elle était-bien là, au milieu du parc de l'Académie et entouré de 3 étudiants concernés par son sort et d'une troupe "d'admirateurs" vampires derrière eux qui n'attendaient certainement que le départ des autres "sauveurs" pour arriver à leurs tours. Peut être était-elle mis à l'écart par la noblesse ou par une vie trop stricte, ou peut-être était-ce sa relation avec les animaux nouvellement énoncé qui lui résultent cette impression, mais Redd devait réagir à cela d'autant qu'il n'a absolument rien ressenti sous sa forme animale. C'est même plutôt l'inverse, c'est sous cette forme qu'il a pu aller à sa rencontre. Il aurait voulu répondre immédiatement à sa nouvelle question mais Lucien s'empara cependant de la parole. Et sur la possible hérédité des éléments, Redd n'en savait rien, il ne connaissait pas ses parents, peut être qu'ils n'étaient même pas des mages d'aucunes sortes, tout ce qu'il savait c'est qu'il avait été laissé sans qu'on ne veuille jamais lui dire un mot les concernant. Cela ne changeait plus rien à présent mais ce qui surprit le garou fut la réponse de Lucien concernant sa propre transformation.

- Je maintiens qu'il s'agit d'un pouvoir pratique, mais pas d'une personnalité. Et pour moi, la similitude doit être là.


Vraiment, c'est tout ce que cela évoque pour lui, un outil utilisable à sa guise ? C'est pourtant étrange, être renard mettait Redd dans un état bien différent, ainsi fait il a l'impression que tout lui est possible... comme une autre face de sa personnalité libérée lors de cette forme. C'est ainsi qu'il put enfin avoir droit à la parole à son tour.

- A vrai dire, ma réponse risque d'entrer en conflit avec celle de Lucien (il est mieux d'appeler par nos noms à présent), mais j'ai toujours eu la sensation d'être lié à l'animal qui était en moi depuis que je l'ai découvert, à vrai dire, c'est sous cette forme que je me sens le mieux intérieurement, comme si je me trouvais une nouvelle face de moi-même tellement plus libre et confiante, comme si je pouvais tout faire. J'ai sans doute eu moins souvent la chance de profiter de cette forme que d'autres mais cela fait néanmoins parti de moi. Et à vrai dire, j'étais transformé au moment où je suis arrivé, mais je n'ai pas senti la moindre gène à m'approcher de vous, et je m'excuse encore si mon manque de délicatesse vous a brusqué, ainsi qu'à Lucien que l'élan m'a fait ignorer, c'est même sous cette forme que je suis venu vous rejoindre.

Il marqua un instant de pause avant de reprendre, l'air assez concerné, mais toujours cordial.

- Si cela ne vous dérange pas... puis-je savoir pourquoi avez-vous dit avoir été mise à l'écart ? Après-tout, vous êtes ici avec nous, entouré d'élèves chacun de maisons différentes qui sont venus vous "secourir" (cette dernière phrase lui dessina un sourire amusé aux lèvres). Je ne connais rien de votre histoire ni de votre relation à l'académie, comme chacun de vous, mais vous restez une élève et en soit nous ne sommes pas mis à l'écart les uns des autres peu importe notre appartenance ou notre rang, que ce soit la maison de l'air en ce qui me concerne ou les vôtres, ou une appartenance plus modeste avec de haut nobles. Enfin, nous sommes tous égaux ici non ?

Cela sonnait comme un beau discours bien naïf, pourtant Redd voudrait vraiment croire ce qu'il venait de dire malgré ses propres difficultés.
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MessageSujet: Re: Rencontre entre deux questions [Clôturé]   Ven 14 Mar - 11:32

Christyän haussa les sourcils de surprise à l'éclat de rire de la jeune fille. Il était vrai que la correspondance entre son identité garou et l'apparence de son Gardien était difficile à concevoir, mais pour le jeune homme, ç'avait été presque une évidence …

« Curieux, ton ami Saùl ne semble pas me craindre, » fit la jeune fille.

« Effectivement, » remarqua le loup-garou avec une surprise dissimulée.

« … J'imagine que même toi tu as dû avoir tes instincts qui s'alarmaient ? »

Christyän retint de justesse une grimace. Ne voulant ni se mettre en position de faiblesse, ni offenser l'élève de l'Esprit, ni lui mentir, il décida d'éluder la question.

« Peut-être mon Gardien sent-il que ma propre crainte est limitée ici, à l'intérieure de cette Académie. »

Prenant en compte sa réponse, la jeune fille sembla faire le lien entre sa nature animale et celle de son Gardien, et enchaîna sur le sujet.

« Je me demande, sans vouloir être indiscrète, comment vivez vous en tant que garou ? »

Sa vision et ses questions semblèrent étrangement justes à Christyän. Lui-même s'était longtemps posé de telles questions, ne sachant à quelle espèce il appartenait. Aujourd'hui encore, après toutes les épreuves qu'il avait surpassées, il n'était pas certain d'avoir une réponse claire et définitive ; sa vision de son propre être était floue et incertaine.

Il était un loup ; c'était ce qu'il s'était répété durant dix ans.
Il était aussi partiellement humain, comme il avait pu le découvrir lorsque son tuteur, Tarkh, les avait recueillis son frère et lui.
Mais dernièrement, il avait réalisé qu'il n'était pas mi-homme mi-loup ; il n'était pas moitié l'un moitié l'autre : il était les deux en même temps, les deux dans un même corps et dans un même esprit.

Un léger sourire apparu sur les lèvres à la pensée que ces réflexions philosophiques, c'était son frère Raän qui les avait lancées le premier. Il s'apprêtait à répondre à l'élève de l'Esprit quand Lucien prit la parole d'un air agacé.

« Foutaises et légendes. Je ne suis soumis à aucun autre instinct que celui de l'espère humaine, et s'il m'arrive parfois de me transformer, il s'agit d'une nécessité ou d'un plaisir qui ne m'est pas dicté par une voix intérieure. »

Christyän fronça les sourcils. « Aucun instinct » ? Mais pour qui se prenait-il ?!

« Je maintiens qu'il s'agit d'un pouvoir pratique, mais pas d'une personnalité. Et pour moi, la similitude doit être là, car je ne peux pas vous imaginer soumise aux caprices d'une bête dont vous pourriez revêtir les capacités. »

Le loup-garou serra les dents, comprenant le point de vue de l'élève de l'Ombre mais ne parvenant pas à l'intégrer.

«  « Un pouvoir pratique » ? » laissa-t-il échapper avec un rire jaune. « Non, je ne serais jamais cela. Ce don n'est pas un pouvoir, à mon sens. Nous faisons partie d'une race, et je suis persuadé que tout garou possède un instinct. Certains plus que d'autres ont la capacité et l'intelligence de le suivre … »

Il était un être complet et complexe, et les deux faces de sa nature faisaient de lui l'homme qu'il était à cet instant. Un être divisé entre deux facettes de lui-même ne pourrait jamais être compétent, il l'avait apprit à ses dépends …

« … J'ai toujours eu la sensation d'être lié à l'animal qui était en moi depuis que je l'ai découvert, » fit alors Redd, et Chris acquiesça avec aplomb et un brin d'agacement envers l'élève de l'Ombre. « c'est sous cette forme que je me sens le mieux intérieurement, comme si je me trouvais une nouvelle face de moi-même tellement plus libre et confiante, comme si je pouvais tout faire. »

Ce n'était pas non plus tout à fait ce que Chris vivait au quotidien, mais cela s'en rapprochait. Alors que la conversation entre Redd et Ayla continuait, Lucien s'adressa à lui.

« Puis-je vous demander si vous êtes certain de l'existence d'autres Gardiens ? Je crains qu'il n'aient été perdus dans l'Abysse ou que la superstition en ait détruit la formule, de nos jours. Tant d'années ont passés … »

Chris se retint de justesse de fermer les yeux d'agacement. Cet aristocrate m'as-tu-vu commençait légèrement à l'énerver. Non-seulement niait-il sa propre nature, – voire pire, il la rejetait – mais plus encore il remettait en cause chacune de ses paroles.
Faisant appel au contrôle et à la patience qu'il savait posséder, – même s'ils étaient difficiles à atteindre en cet instant – il se calma et se força à répondre poliment.

« Honnêtement, je n'en sais rien, » // Et je m'en fiche ! // se retint-il d'ajouter, « Si les temps ont changés, ils sont toujours les mêmes pour moi. Mais il me paraît difficile de perdre une qualité magique, même après cent ans d'inutilisation. »

Il porta son regard sur l'arbre qu'il avait fait pousser, et se souvint des paroles que Tarkh, son tuteur, lui avait transmises à propos de la magie.

« La magie fait partie de ce monde ; il a été créé tel quel, » reprit-il. « Si vous enterrez un mot et interdisez à tous de le prononcer, cela ne le détruit pas pour autant. Ce n'est pas parce que le monde a été assez stupide pour prohiber la magie pendant un siècle qu'elle a disparu ; elle est toujours en chaque chose qui compose ce monde. En mon sens, c'est la même chose pour les Gardiens. »

Il se détacha de Lucien juste à temps pour entendre la dernière phrase de Redd, qui le fit doucement sourire.

// Malgré tout ce que l'on peut dire, il y aura toujours une hiérarchie où que l'on soit, fut-elle juste ou non. //

Mais Chris n'était ni provocateur, ni malicieux ; aussi garda-t-il ses réflexions pour lui. Se mettre une vampire et un oiseau à dos simplement parce qu'il abhorrait la classe sociale à laquelle ils appartenaient semblait aussi stupide qu'inutile.
Et après ce qu'il avait vécu dans l'Abysse, il ne souhaitait en aucun cas se faire de nouveaux ennemis.

Silencieux par nature, il s'était laissé forcer par l'intérêt des trois élèves de première année. Maintenant que les présentations étaient faites, il pouvait retourner à ce qui le définissait le plus : l'écoute et l'analyse.

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« Je te retrouverai. Je te le promets, Raän. »

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Rencontre entre deux questions [Clôturé]

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