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 Cours 2.1 : Retour aux racines et retrouvailles naturelles [Terre, 2ème année]

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MessageSujet: Cours 2.1 : Retour aux racines et retrouvailles naturelles [Terre, 2ème année]   Jeu 1 Aoû - 0:25

"C'est la rentrée, ça y est Lucillda Nobody, tu es professeur, pour de bon la fois ci, ce n'est pas une blague"
En se réveillant ce matin là c'est à peu près ce que Lucillda s'attendait à entendre. Mais non, rien, juste le silence calme de son appartement tout ce qu'il y a de plus naturel. Quelques oiseaux piaillaient dans la pièce voisine mais rien de plus, tout était calme. Tout était à l'inverse de son coeur et de son esprit. Comment pouvait-elle être calme, elle ? Comment ? Cela faisait moins d'une semaine qu'elle était revenue à l'académie et qu'elle affrontait quotidiennement les cauchemars et les fantômes de son passé. Même si les bâtiments avaient changé, elle ne pouvait empêcher ses souvenirs de revenir, affluant par vague dès qu'elle laissait son esprit divaguer. Certes   elle avait été une apprentie professeur presque exemplaire en préparant consciencieusement ses cours mais cela ne lui avait pas pris tant de temps que ça. Après tout, la terre était un élément tout ce qu'il y avait de plus naturel et elle était persuadée que ses futurs élèves en apprendraient sans doute plus sur le terrain que dans la salle de classe, aussi naturelle que soit cette dernière. Et c'est donc de manière aussi instinctive que malsaine que la jeune enseignante avait pour le moment passé la plupart de son temps libre aux alentours de l'abysse. depuis qu'elle en avait appris l'existence, ce monde de cauchemars la fascinait tout autant qu'il l'effrayait. Elle ne pouvait s'empêcher de penser à ses anciens camarades qui avaient périt à l'intérieur et il lui était bien difficile de ne pas se sentir coupable.
Mais le temps n'était plus aux jérémiades. Il y avait les morts, les disparus, tout ceux qui n'étaient plus, mais plus qu'autre chose, il y a encore les vivants. Ceux qui s'en sont sortis mais aussi les nouveaux, les tout petits jeunes qui n'ont encore rien vécu et qui sont curieux de tout ce qu'ils peuvent apprendre. C'est à ces personnes là qu'elle devait penser désormais, ces personnes dont elle est responsable en temps que professeur et figure d'autorité dans l'académie. Ces personnes dont le nom figurait sur la liste qu'elle avait récupéré la veille, celle liste qui regroupait tous les élèves de l'école et où malheureusement trop de noms attendus étaient absents...

En ce matin de lundi de rentrée Lucillda ne savait que moyennement à quoi s'attendre. Elle savait qu'elle avait toute la matinée pour se préparer que que ses cours ne commenceraient qu'à 14h avec deux heures avec les deuxièmes années, ou devrait elle dire le deuxième année, suivies de deux heures avec les premières années. Une après-midi bien chargée mais qui donnerait le ton à toute son année. Elle savait aussi le nom de ses élèves, ou du moins en avait la liste. de toute façon on ne peut pas demander à un professeur de connaître par coeur le prénom de tout ses élèves avant même de les avoir rencontré. Elle savait aussi où avaient lieu ses cours, dans l'espace élémentaire de la terre, juste à côté des dortoirs de ses élèves.Mais elle ignorait totalement comment cela allait se passer. Serait-elle une bonne professeur ? Et au sommet de ses inquiétudes se trouvait son premier cours de l'après-midi, celui avec les deuxièmes années, avec le deuxième année, avec Christyän.
De son ancienne promotion de la terre, Lucillda avait eu peur de découvrir les rescapés et elle avait attendu le dernier moment pour affronter la vérité. C'est la veille, après le traditionnel banquet de début d'année qu'elle avait enfin eu le courage de chercher cette fameuse liste d'élève qui l'attendait depuis son arrivée à l'académie. Parmi les noms qu'elle recherchait, elle avait le plaisir d'y retrouver Yuuki Kuran, sa meilleure ennemie en quelque sorte, celle qu'elle devait détester et qu'elle avait fini par beaucoup apprécier et bien sûr Christyän Maät, son ancien ami proche, camarade de classe avec qui un lien particulier s'était soudé. De tous les anciens de la terre, il était celui avec lequel elle avait eu le plus de lien, il est aussi le seul à avoir survécu, le seul à avoir son nom écrit sur cette maudite liste. La jeune elfe avait pourtant bien cherché, aucune trace d'Enora, Inwe aussi avait disparue, tous les autres étaient morts et elle avait du mal à se faire à l'idée malgré ce qu'elle avait toujours pensé. Il y avait encore quelques jours, elle était persuadée qu'elle ne retrouverait jamais personne mais cette histoire d'abysse avait  fait naître l'espoir dans son coeur et cet espoir était mort à peine après être apparu. Elle ne retrouverait donc que Christyän, Chris comme elle l'appelait autrefois, sur les bancs devant elle dans la salle de classe et une telle situation semblait difficile à gérer.  Faire cours l'effrayait un peu, mais faire cours à une connaissance, c'était pire, surtout quand pour celle-ci à peines quelques jours s'étaient passé depuis le moment où ils n'étaient que deux camarades de classe. C'était comme si la personne qui était assise à côté de vous en classe devenait soudainement le professeur. Enfin non, ce n'était pas comme si, c'était tout à fait cela. Les cents dernières années de Lucillda n'existaient pas pour Chris et les accepterait il ?
Dans son souvenir c'était un garçon calme et agréable mais la Lune seule sait ce qu'il est devenu après l'enfer qu'il avait vécu. Il ne devait pas vraiment avoir changé physiquement, mais moralement il ne serait sans doute plus le même et la jeune femme appréhendait réellement ces retrouvailles qui s'annonçaient sans aucun doute tumultueuses. C'est pour cette raison qu'elle avait décidé de provoquer cette rencontre non pas dans la salle de cours théorique, trop exposée à son goût, mais dans le terrain d'entraînement pratique qui est bien plus isolé.

Après s'être réveillée de bonne heure, quelque peu tourmentée à l'idée de cette première journée de cours, Lucillda s'était donc levé dans le calme de son appartement et réfugiée dans son bureau personnel pour écrire un message qu'elle ferait porter à son premier élève.

Le cours de terre des deuxième années de 14h aura lieu au terrain d'entraînement et non pas dans la salle de classe, ne vous trompez pas et soyez à l'heure.
L. Nobody, professeur de terre

Un message classique, formel, impersonnel. Faire comme si la situation n'était pas aussi compliqué la simplifiait, du moins dans l'esprit de l'elfe. Elle se plaçait là en professeur, en inconnue, ne signant que de son initiale pour éviter une découverte trop brusque de son identité à son élève si il l'ignorait.
Une fois ce message écrit, l'elfe invoqua une pousse de framboisier sur laquelle une unique framboise mûre était présente et lui confia le message à porter à son élève. Après tout, elle était prof de terre et maîtrisait cet élément, pourquoi ne pas s'en servir de temps en temps pour se simplifier la vie ?

Après cet évènement la jeune femme se rendit dans son temple personnel dédié à la Lune. Là bas elle tenta de se calmer, d'entrer en communion avec son élément, de s'apaiser pour mieux appréhender les évènements à venir . Elle rata les repas qu'elle ne descendit pas prendre dans la salle à manger mais mangea tout de même quelques fruits qu'elle fit apparaître afin de ne pas perdre les forces dont elle aurait besoin pour affronter sa journée. Elle resta donc dans son appartement jusqu'aux alentours de treize heure où elle le quitta pour rejoindre le lieu de son cours qui commencerait une heure plus tard. Les étendues sauvages, espace élémentaire de la terre n'étaient pas loin mais elle préféra profiter du fait que la plupart des habitants de l'académie soient en train de manger pour se déplacer et donc éviter de croiser malencontreusement celui avec qui elle avait rendez-vous une heure après.
Une fois qu'elle eu traversé la porte qui la mena au bon espace élémentaire, l'elfe ne traîna pas et s'enfonça directement dans la foret qui la conduisit à la clairière d'entraînement. La dernière fois qu'elle était venue en ce lieu, elle l'avait laissé immense, après qu'elle ait tenté d'en tester les limites sans les trouver, mais en ce jour il ne lui paraissait pas du tout adapté. Une clairière aussi grande était totalement inutile pour un seul élève, surtout quand elle n'était même pas sûre d'aborder son programme de cours ce jour là. Elle s'affaira donc à la rétrécir et y fit apparaître quelques bancs et quelques tables dans un coin pour lui donner un aspect de salle de classe et leur permettre de s’asseoir et peut être même de commencer le cours prévu.

Durant toute son installation, elle avait lâché son gardien qui jouait négligemment dans les arbres qui entouraient le lieu. Et c'est en le regardant faire avec un sourire  bienveillant que la jeune femme s'assit pour attendre l'arrivée de son élève. Soudain, Miolnir se figea, son instinct animal ayant perçu une présence que les sens elfique de la jeune femme remarquèrent un instant plus tard. C'était sans aucun doute Christyän qui arrivait et instinctivement l'elfe baissa la tête et ferma les yeux un instant pour se donner du courage avant de prendre la parole.

- Bonjour Christyän, je suis Lucillda Nobody, ta nouvelle professeur de terre... Mais je pense que les présentations sont quelques peu superflues...

En disant cela elle s'était relevée et tournée vers l'arrivant mais elle ne pu en dire plus. Maintenant ce n'était plus de la théorie, il était temps de passer à la pratique. Elle n'était plus professeur à l'académie d'Edalia, elle avait un élève en face d'elle, et pas n'importe quel élève...

"Bienvenue dans le merveilleux monde de l'enseignement Lucillda" aurait pu maintenant dire la petite voix.
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MessageSujet: Re: Cours 2.1 : Retour aux racines et retrouvailles naturelles [Terre, 2ème année]   Ven 2 Aoû - 4:45

Christyän suivait le flux d'élèves sortant de la salle de son premier cours de la journée, et surtout de l'année, l'esprit ailleurs, Saùl trônant fièrement sur son épaule.
La Créaturologie était une matière intéressante, certes, mais peu utile lorsque comme lui, on avait passé sa vie – littéralement – en milieu sauvage, entouré de ces créatures peu communes du Royaume. On lui apprenait la théorie (morphologie, cycle reproductif, habitudes alimentaires), là où lui avait apprit comment les chasser, comment les approcher – parfois même comment les fuir sans aggraver le danger.

Traversant la coure intérieure de l'Académie en direction du Bâtiment Principal afin de pouvoir déjeuner, il eut un soupire incontrôlé en pensant à ses semblables.

Les salles de classe dédiées aux cours de deuxième année étaient toujours particulièrement vides ; ils étaient peu nombreux à avoir survécu à l'Abysse, et se retrouver tous rassemblés dans la même salle était particulièrement étrange – même si réconfortant : au moins, eux avaient eu la chance de survivre …

Il adressa un léger sourire désolé à Myrrh et à Jacken, n'ayant pas suivi leur conversation. Alors qu'il ouvrait les lèvres pour demander à la jeune garoue de répéter sa question, son regard se posa sur la jeune Svarinaliaha qui traversait la coure en sens inverse, se rendant à son cours de Découverte d'Edälia.
La jeune sirène était la seule autre membre de la Terre, et Chris avait eu l'occasion de la croiser quelques fois dans leur Espace Élémentaire.
Il lui adressa un sourire poli ainsi qu'un signe de la main, puis retourna à ses deux amis, reprenant leur discussion.

Mais alors qu'ils atteignaient l'immense porte du Bâtiment Principal, le petit écureuil sauta de son épaule, traversant le chemin principal pour se précipiter sur un minuscule arbuste.
Souriant, amusé, Chris fit un signe à ses deux amis, les incitant à continuer et à lui garder une place à leurs côtés.

Le petit arbuste était un framboisier pourvu d'un seul fruit, rouge et mûr, trônant sur sa branche la plus élevée, à une petite quinzaine de centimètres du sol. Saùl se tenait juste en dessous de la framboise, ses petites pattes avant levées, sautillant du désespoir de ne pouvoir l'attraper.

« Doucement, mon grand, » rit le jeune homme en s'accroupissant devant l'animal, décrochant le fruit afin de le lui mettre entre ses petites griffes.

L'animal s'agita légèrement alors qu'il poussait un couinement aigüe de contentement, gobant la framboise d'un seul coup, arrachant un nouvel éclat de rire à son Protégé.
Mais alors qu'il allait se redresser, Christyän remarqua un morceau de parchemin légèrement jaunit – marque de fabrication du Sud des Grandes Plaines, avait-il apprit un jour – plié en deux, coincé entre deux branches de la plante.
Intrigué, il tendit la main vers le papier, souriant légèrement en voyant les branches s'écarter pour libérer leur message.

Seul un élève ou un maître de la Terre pouvait faire une telle chose. Il sût avant même de l'ouvrir de qui était le message.
Les doigts tremblotants légèrement, il déplia le parchemin, reconnaissant l'écriture fine et soignée de sa vieille amie, bien que légèrement plus carrée qu'autre fois.

Le cours de Terre des deuxième années de 14h aura lieu au terrain d'entraînement et non pas dans la salle de classe, ne vous trompez pas et soyez à l'heure.
L. Nobody, professeur de Terre

La note lui serra douloureusement le cœur. Sa signature était si impersonnelle ! Comme si elle ne souhaitait pas s'impliquer plus que cela, comme si le fait que son élève soit Christyän importait peu … Comme si elle l'avait oublié.
Saùl se roula sur le sol avant de rebondit sur ses petites pattes, de s'accrocher au bas de lin de son Protégé et de remonter jusqu'à son épaule, le ventre satisfait.

Le jeune garou tendit une main hésitante vers la plante, avant de caresser doucement ses feuilles, invoquant son lien avec la Terre au plus profond de lui, susurrant silencieusement sa demande à la Magie de la Nature.
Il eut un nouveau sourire tendre, bien que peiné par le message reçu, à la vue d'une nouvelle framboise poussant sur la petite plante.
Celle-ci s'anima alors, effectuant une large révérence de ses petites branches, avant de disparaître progressivement, sans doute retournant à sa créatrice.

Décidément, il appréhendait ce cours plus que tous les autres …

Comment son ancienne amie allait-elle réagir en le voyant ? Lui-même avait eut un choc en l'apercevant la veille, siégeant avec les professeurs, si changée et pourtant si conforme au souvenir qu'il avait d'elle … Il avait craint de la perdre dans l'Abysse – il y avait vu tant de choses ! Comment différencier le réel de l'illusion ? Comment savoir si telle ou telle scène était une mascarade montée par les éléments en furie, ou bien un événement rendu possible par le chaos du moment ?

Rejoignant ses amis dans la Salle à Manger, Chris ne pu se sortir cette idée de la tête durant tout le repas.
Lorsqu'il avait vu Lucillda au Banquet la veille, il avait ressentit autant de bonheur que de soulagement. Elle était en vie ! Elle n'avait pas été piégée dans l'Abysse, pas été fauchée par les Bandits attaquant l'Académie ; elle avait survécu ces cent dernières années à merveille, et était désormais une magnifique jeune femme … Ou plutôt « elfe ».
Mais rien ne lui indiquait qu'elle n'avait pas changé intérieurement … Peut-être ne le reconnaîtrait-elle pas ? Peut-être ne voudrait-elle pas s'adresser à lui comme elle le faisait à l'époque ? Peut-être voulait-elle l'effacer de sa mémoire ?

Lorsque deux heures plus tard, Myrrh et lui-même quittèrent le petit banc de bois sur lequel s'était assit le trio, laissant Jacken pour se rendre à leur cours d'Élément respectifs, Chris s'était lentement laissé imprégner de son angoisse.

Faisant un signe de main à Myrrh, il traversa la porte menant à son Espace Élémentaire – son ancien dortoir – avec la boule au ventre, divers scénarios de sa prochaine rencontre avec sa nouvelle professeure de Terre défilant dans sa tête, ne faisant rien pour l'aider à se calmer.

Marchant à travers la plaine aux couleurs chatoyantes, il aperçu le petit bois dans lequel se trouvait le terrain d'entraînement, et s'y dirigea.
Cet endroit était définitivement magique. Peut importait qu'il ne connaisse pas les lieux ; peu importait qu'il n'ait pas exploré l'ensemble des Étendues Sauvages ; il lui suffisait de penser à l'endroit où il souhaitait se rendre – la salle de classe, le dortoir, les salles de bains, le terrain d'entrainement – et il en connaissait l'emplacement instinctivement.

Traversant les arbres, il hésita un instant à reprendre sa forme animale. Lucillda avait toujours été celle en qu'il avait eu le plus confiance, tant par sa nature elfique que par cette complicité qui était née entre eux, et sa façon de se montrer le plus honnête avait toujours été sous sa forme canine.
Il secoua la tête en humant l'odeur particulière de l'elfe.

Non, il ne le ferait pas. Pas pour cette première rencontre. Il leur faudrait parler, sans aucuns doutes, et il ne comptait pas s'éclipser pour aller de re-transformer en milieu de cours.

Débarquant dans une petite clairière, il remarqua le bureau, les chaises, Miolnir – le Gardien lémurien de l'elfe – accroché à un arbre non loin de là … Et dos à lui, son amie de toujours.
Celle ci se releva et se tourna vers lui avec un sourire poli, mais distant.

« Bonjour Christyän, je suis Lucillda Nobody, ta nouvelle professeure de Terre … Mais je pense que les présentations sont quelques peu superflues … » dit-elle d'une voix égale.

Le jeune homme laissa tomber son sac rempli de livres de son épaule, et celui-ci heurta le sol dans un bruit étouffé. Chris n'y prêta pas la moindre attention, le regard fixé sur le visage fin et si familier de son amie.
Elle avait changé depuis la dernière fois qu'il l'avait aperçue, fuyant la Tour de la Terre et tentant d'échapper aux Bandits envahissant l'Académie. Car si dix minutes à peine s'étaient écoulées dans l'Abysse, près d'un siècle avait passé dans le Royaume d'Edälia …
Ses traits étaient définitivement plus matures, plus adultes, et elle avait ce regard digne et confiant de professeure dévouée qu'arborait à l'époque leur propre professeure, Mlle Flirasha.

Mais Chris ne voulait pas de ce regard-là.

Il l'avait crue disparue, tuée par un des bandits, peut-être même tuée par le temps – car même pour l'elfe qu'était Lucillda, cent années n'était pas rien, et il ignorait tout des évènements qu'elle avait pu traverser. Il avait cru perdre une de ses amies les plus chères, et alors qu'il la retrouvait enfin, en vie, jeune adulte et pleine d'énergie, il devrait se contenter de la considérer comme sa professeure, de la voir s'adresser à lui avec distance, alors que sa seule envie était d'aller la prendre dans ses bras ??

Son regard se durcit légèrement alors que la peine s'insinuait en lui, se mêlant à l'angoisse qui l'habitait déjà, biaisant son objectivité.

À elle, il lui avait toujours tout montré. Là où il cachait ses émotions aux autres, là où il maquillait sa peine ou sa joie dans cette éternelle expression stoïque, il s'était toujours appliqué à tout lui révéler, à être aussi naturel avec elle qu'il ne l'avait été avec son unique frère …

« Alors c'est comme ça ? » souffla-t-il en tentant de maîtriser sa voix tremblotante – de peine, de colère montante, de désillusion ? Lui-même ne le savait pas. « Je te crois morte, tu n'as pas la moindre nouvelle de moi pendant cent ans, et tout ce à quoi j'ai droit maintenant, c'est ce sourire faux et distant ? »

Il déglutit, sa gorge se nouant légèrement. Son regard affolé parcouru le terrain d'entrainement, se posant successivement sur un arbre, sur une touffe d'herbe, sur Miolnir, si mignon, si identique à son souvenir, avant de revenir au visage de sa professeure.

« Je sais que tout le monde nous croyait morts, » continua-t-il sans même laisser le temps à Lucillda de répondre. Il lui fallait tout lui dire, d'un seul coup, tant que l'émotion le poussait à le faire, tant qu'il en avait le courage. « que peut-être toi aussi tu l'as cru. Mais sais-tu ce qu'on a vécu dans cet Enfer ?! … Je t'ai vu mourir devant moi ! Je vous ai tous vu mourir, Enora, Lunaen, Lenyä … Et crois-moi, c'était pas de la façon la plus douce ! »

Il inspira à fond, serrant les poings, ses ongles s'enfonçant dans la paume de ses mains afin de les empêcher de trembler, la bague ambrée de son Gardien blanchissant la peau de son doigt. Il n'avait jamais raconté cela à personne, depuis sa sortie de l'Abysse.

« Tu … »

Il humidifia ses lèvres, les battements de son cœur augmentant avec l'émotion. Sa voix se fit plus douce, comme s'il tentait de se calmer, de relativiser les choses.
Il savait pertinemment que cela n'était en rien la faute de Lucillda. Il n'avait pas le droit de s'emporter ainsi face à elle …

« Je sais que tu es prof', maintenant. Je sais que beaucoup de choses ont changé, que tu es adulte, que tu as des … responsabilités, » lâcha-t-il comme si le mot en lui-même le blessait. « E-Et j'ai envie d'apprendre ! J'ai envie d'apprendre, je veux être ton élève, mais pas comme ça ! »

Il ne put empêcher sa voix de monter d'une octave, alors que son Gardien Saùl, toujours fourré dans ses vêtements, se dégageait de sa capuche de laine pour venir se nicher sur son épaule, surprit par le ton de détresse de son Protégé.
Mais Christyän ne prêta aucune attention au petit écureuil, de même qu'il ignorait délibérément son envie de se précipiter vers le Gardien de son amie.

« T-Tu crois vraiment que j'ai besoin de ça, maintenant ?! Que j'ai besoin d'une professeure, d'une adulte ? Non, j'ai besoin de retrouver la Lucillda que je connaissais, quand bien même elle ait changé, quand bien même elle ait cent ans de plus …  »

Autrefois, il lui avait toujours tout montré. Mais si elle voulait mettre cette distance entre eux, si elle décidait de ne le considérer que comme son élève, alors …
Alors tant pis.
Il perdrait une amie au moment où il avait le plus besoin d'un soutient, d'une ancre dans cette réalité défaillante.

Il vit Miolnir gigoter sur sa branche, et se figea brusquement.

Peut-être Lucillda ne voulait-elle pas retrouver son ami du passé ? Peut-être voulait-elle oublier, comme lui voulait oublier sa période dans l'Abysse ?

Tout sa colère, tout son empressement retombèrent d'un coup, et il baissa les yeux au sol.
Après tout, qui était-il pour la forcer à agir comme lorsqu'elle était jeune ? Qui était-il pour lui dire qui être, pour l'obliger à le supporter comme ami, alors qu'elle ne souhait peut-être qu'accomplir son rôle de professeure.

« Tu sais quoi ? Oublie ce que je viens de dire. Si tu veux que j'agisse comme ton élève, alors soit. Je t'appellerais « Mlle Nobody » et je ne viendrais plus t'embêter avec mes problèmes. » fit-il d'une voix défaitiste mais ferme. « Désolé pour … ce coup de sang, » ajouta-t-il avec un mouvement de main, s'englobant tout entier.

Ça serait difficile. Ça serait long et difficile, mais il pouvait y arriver.
Il s'était forcé pendant des années à oublier la douleur de la perte de son frère, il pouvait bien supporter le rejet d'une amie, non ?
Si c'était ce qu'elle souhait, il pourrait le faire.

Mais il savait aussi que s'il faisait cela, il y avait peu de chances pour qu'il s'ouvre un jour à qui que ce soit d'autre …

~~~~
« Je te retrouverai. Je te le promets, Raän. »



Dernière édition par Christyän Maät le Dim 4 Aoû - 7:25, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Cours 2.1 : Retour aux racines et retrouvailles naturelles [Terre, 2ème année]   Sam 3 Aoû - 12:05

- Je suis désolée...

Depuis qu'il était arrivé, depuis qu'elle s'était lamentablement présenté Lucillda n'avait pas dit un mot, elle n'avait pas pu dire un seul mot. L'émotion qui la submergeait la rendait muette et au delà ce ça, Christyän ne lui avait pas laissé le temps de placer un seul mot.
Certes elle avait peut être manqué d'intelligence en feignant l'indifférence quant à son identité dans le mot qu'elle lui avait envoyé le matin même, ce n'était peut-être pas la chose à faire, mais comment aurait-elle pu le deviner ?

Cent ans pour l'une, quelques jours pour l'autre. Ne pas se revoir, ne pas savoir comment sera l'autre. Ils avaient tous les deux des espérances et des a-priori sur comment allaient être leurs retrouvailles. Lucillda craignait qu'il l'ai oubliée, frappé d'amnésie comme elle savait que certains survivants de l'Abysse l'étaient. Et lui, qu'attendait-il d'elle ? L'ignorant, elle avait préféré choisir le rôle de l'enseignante, celui qui était officiellement le sien, celui auquel elle était sûre qu'il s'attende. Visiblement elle n'avait pas fait le bon choix.

L'arrivée de Christyän dans la clairière qui faisait office de salle de classe ce jour là marquait le ton des minutes qui allaient suivre. Le bruit sourd de son sac qui tombait à terre après qu'il l'ai lâché, un regard plus dur qu'à la normale et un silence pesant bien qu'il n'ai duré que quelques instants. Puis vinrent les reproches.
La voix du jeune homme tremblait mais ce n'était pas pour autant qu'elle n'atteignait pas son but et qu'elle ne faisait pas son effet. Lucillda se faisait reprocher tout ce qu'elle avait voulu éviter. Il sous entendait qu'elle l'avait oublié, le croyant mort pendant des années et faisant désormais comme s'il n'était personne de spécial, personne de plus spécial qu'un autre de ses élèves. A ce moment là elle aurait voulu répondre, le contredire, lui expliquer, mais il ne lui en laissa pas le temps, elle ne pouvait qu'écouter la suite de ce qu'il avait à lui dire, même si ce n'était pas agréable à entendre. Il lui parla donc de l'Abysse, de l'enfer qu'il y avait vécu. Il ne s'attarda pas sur la question mais en dit assez pour émouvoir encore plus sa professeur.
Si Christyän avait regardé son ancienne amie à ce moment là, il aurait vu qu'elle était au bord des larmes, que ses yeux exprimaient de la détresse et qu'elle devait puiser dans toute sa détermination pour ne pas pleurer. Mais elle ne pouvait pas se le permettre, elle n'était plus une enfant, elle avait des responsabilités comme il le disait au même moment, et surtout, ce n'était pas elle qui avait vécu cet enfer. Sa torture à elle avait été de les croire morts alors qu'elle aurait pu faire quelque chose, la leur avait été de se voir être tués les uns après les autres. Sa vie après l'attaque de l'académie avait été un conte de fée par rapport à celle de ses anciens amis, elle n'avait pas le droit de se plaindre, cela aurait été injuste et elle avait déjà commis trop de bêtises depuis son retour à l'académie. Elle prit donc sur elle et se contenta d'écouter la suite de ce qu'il avait à lui dire, préférant le laisser finir avant de tenter de s'expliquer et de se faire pardonner.

La jeune femme se vit reprocher d'être une adulte, une simple professeur comme les autres qui le traitait en élève comme les autre, faisant passer son poste avant sa vie passée et ses anciens amis alors que ceux-ci avaient besoin de son aide et non pas uniquement de ses cours. Et elle savait que si cette impression que Christyän avait était réellement ce qu'elle avait été en train de faire, elle aurait eu tout faux. Tout cela la ramenait à la raison pour laquelle elle avait voulu être professeur, pour réconcilier les gens avec la magie, leur apprendre à la maîtriser pour que plus jamais n'arrive une catastrophe comme l'Abysse. Mais cela était totalement impossibles pour les personnes qui avaient vécu cette catastrophe si on ne les aidait pas justement à surmonter celle-ci et à reprendre une vie à peu près normale.
D'un côté il était rassurant pour l'elfe de voir que le garou était de son avis, mais de l'autre côté, se voir reprocher quelque chose qu'elle n'avait pas fait était difficile aussi. Elle était de plus en plus tiraillée entre le le laisser finir ce qu'il avait à dire et s'expliquer le plus rapidement possible. Miolnir sentant cette hésitation voulu la rejoindre, les rejoindre tous les deux et régler les choses à sa manière (c'est à dire en faisant des grands yeux tout mignons auxquels personne ne pourrait résister) mais la jeune femme l'en empêcha, lui ordonnant de rester immobile. Et il était tellement rare qu'elle lui donne un ordre que le petit lémurien obéit, faisant juste trembler la branche sur laquelle il était en stoppant son mouvement.

Lucillda ignorait si c'était ce léger mouvement quasi imperceptible pour un humain, mais que son ami garou n'avait pu manquer, ou une réflexion n'ayant rien à voir qui s'était produite dans le cerveau de Christyän mais tout à coup son comportement changea. Il stoppa les reproches et la colère pour sombrer dans ce qui semblait être de la résignation. Et de tout ce qu'il avait pu lui dire auparavant, ce fut sans doute cette dernière phrase qui fit le plus de mal à Lucillda...

« Tu sais quoi ? Oublie ce que je viens de dire. Si tu veux que j'agisse comme ton élève, alors soit. Je t'appellerais « Mlle Nobody » et je ne viendrais plus t'embêter avec mes problèmes. »


Le seul avantage de cette phrase était qu'elle marquait la fin du monologue de Chrityän et que désormais elle aussi allait pouvoir dire quelque chose. Oui mais quoi ? Que répondre à tout ça ? Lucillda avait des milliers de choses à dire mais elle ne savait pas par quoi commencer, alors elle dit les premiers mots qui lui vinrent à l'esprit, même si ce n'était pas forcément les plus réfléchis.

- Je suis désolée...

Puis elle reprit sa respiration pour se donner du courage et pouvoir dire ce qu'elle avait à dire sans flancher et se mettre à pleurer comme une fillette émotive.

- Ce n'est pas ça que je veux moi non plus, je ne voulais pas que tu penses que tu n'es qu'un simple élève, mais ce n'était pas facile...

Dans sa tête défilèrent les évènements important de sa vie depuis sa fuite de l'académie, comment elle avait faillit se laisser mourir quand elle avait réalisé qu'elle avait sans doute sacrifié ses amis en agissant égoïstement et en sauvant sa vie sans penser à celle des autres.

- Oui j'ai cru que tu étais mort, comme tous les autres et j'ai eu une des meilleures surprises de ma vie en voyant ton nom sur la liste des survivants, pour moi c'est un peu comme si tu revenais d'entre les morts. Cela fait cent ans que je fais mon deuil alors que ce n'était pas forcément nécessaire. Puis on m'a dit que certains d'entre vous avaient de très lourdes séquelles, des amnésies par exemple, et j'ai eu peur. Oui, c'est tout sauf responsable mais j'ai eu peur que tu ais tout oublié, que tu m'ais oublié et j'ai donc lâchement préféré faire comme si de rien n'était, comme si on ne se connaissait pas avant de pouvoir me rendre compte par moi même de ce qu'il en était. Juste pour ne pas être déçue, c'était égoïste et je suis vraiment désolée...

Elle baissa les yeux à la fin de sa tirade pour marquer sa culpabilité et lui laisser le temps de digérer ce qu'elle venait de dire. Son gardien vit là la fin de son obligation de rester tranquille et se précipita soudainement à terre pour se placer un mètre devant Lucillda, entre Christyän et elle et lever les yeux vers le jeune homme. Dans le regard du petit animal on pouvait lire que tout ce que sa propriétaire avait dit était vrai, que ses regrets étaient sincères et qu'elle voulait vraiment retrouver son ami des temps passés même si leur relation serait un peu différente.
Mais après cette explication, Lucillda avait l'intime conviction que les choses pourraient revenir à la normale et c'est pour cette raison qu'elle reprit la parole, juste pour montrer à Christyän qu'elle ne lui en voulait pas et que tout dépendait de lui.

- Après, si tu veux m'appeler "Mlle Nobody", libre à toi de le faire, mais il me semble qu'il vaudrait mieux que tu l'assortisse d'un vouvoiement, tutoyer un professeur peut être considéré comme un manque de respect. Et quand au fait que je suis une adulte avec des responsabilités, c'est vrai ici, 117 ans c'est vieux pour des humains, mais chez moi je ne suis encore pas considérée comme telle, je ne suis qu'une petite jeune. Et ici dans cette foret, on est un peu comme chez moi

En disant cela elle avait relevé la tête et arborait désormais un petit sourire timide , attendant la réponse de son élève avec appréhension. Finalement, c'est à ce moment que se jouait toute son année. Allait elle devoir faire cours à un ami, ou à une personne qui lui refuserait sans doute éternellement sa confiance ?
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MessageSujet: Re: Cours 2.1 : Retour aux racines et retrouvailles naturelles [Terre, 2ème année]   Lun 19 Aoû - 11:42

Saùl couina, s'agrippant à son oreille et à ses mèches d'obsidienne afin de grimper sur son crâne, pelochant son cuir chevelu de ses minuscules griffes afin de tenter de le calmer, de le rassurer.

Mais Chris n'en eut pas besoin.

« Je suis désolée … » fit l'elfe face à lui.

Et ces mots suffirent à faire retomber toute la frustration, toute la peine du jeune garou. La Lucillda qu'il connaissait existait toujours, elle était toujours là, sous le masque de la professeure, et elle ne l'avait pas oublié.
Toute sa tension retomba alors que son amie continuait, se justifiant, s'expliquant.

« Ce n'est pas ça que je veux moi non plus, je ne voulais pas que tu penses que tu n'es qu'un simple élève, mais ce n'était pas facile … »

Elle parla de son deuil de cent ans, elle parla de sa peur qu'il l'ait oubliée, elle parla de sa crainte de souffrir davantage en le revoyant … Et ses mots se superposèrent aux émotions de Christyän.
Au final, ils étaient tous deux dans le même bateau.

Miolnir fini par s'approcher de lui, et le jeune garou ne pu que sourire, soulagé, apaisé, heureux.

« Après, si tu veux m'appeler "Mlle Nobody", libre à toi de le faire … »

Le temps que l'elfe ait fini sa phrase, Chris avait traversé la clairière, laissant Saùl sauter de son crâne pour aller saluer timidement Miolnir, et s'était précipité dans les bras de son amie.

« Et ici dans cette foret, on est un peu comme chez moi. »

Il la serra contre lui un moment, les mots coincés dans la gorge.
Elle avait grandit depuis l'adolescence, si bien qu'il n'eut pas à se pencher pour poser son front contre l'épaule de l'elfe.

« C'est bon, » dit-il après une seconde d'hésitation. « J'ai compris. Merci, Lu'. »

Il inspira, refoulant l'émotion lui montant aux yeux.

« Merci. »

Un silence d'une demi-seconde se glissa entre eux, avant que Chris ne laisse échapper un rire embarrassé.

« Je sais bien que ce n'est pas vraiment une attitude correcte face à une professeure … Mais pour une amie, ça devrait aller, non ? » ajouta-t-il en se détachant d'elle.

Saùl le rejoignit en galopant sur ses petites pattes, puis s'accrocha à la jambe de Lucillda, grimpant le long de se vêtements pour venir se nicher dans son cou en émettant de petits couinements heureux.

« Si tu savais comme je suis heureux de te revoir …J'ai vraiment cru t'avoir … J'ai cru que tu étais vraiment morte sous mes yeux, » souffla-t-il. « Hum … On dirait que les évènements passés m'ont rendu un peu plus bavard qu'auparavant … »

Il sentit le Gardien de la jeune fille contre sa jambe et s'accroupit, le gratifiant d'une caresse affective et d'un gratouillage d'oreille en règle. E relevant, il inspira un grand coup, puis offrit un de ses plus sincères sourires à la jeune fille.

« Bon ! Et si on s'y mettait ? Je veux voir ce que tu as à m'apprendre ! » s'exclama-t-il, son sourire toujours sur les lèvres.

Lucillda était vivante, elle se souvenait de lui, elle voulait autant que lui qu'ils restent amis …

Tout à coup, son avenir ne lui sembla plus si noir. Il pourrait peut-être retrouver une place dans ce monde ayant tant changé …

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MessageSujet: Re: Cours 2.1 : Retour aux racines et retrouvailles naturelles [Terre, 2ème année]   Mar 24 Sep - 22:33

Toutes les craintes de Lucillda se dissipèrent quelques secondes à peine après qu'elle ait eu fini de parler. De toutes les réactions qu'il aurait pu avoir, Christyän avait choisi la meilleure, celle qui ne laissait pas le moindre doute sur ce qu'il pensait. Même si la réaction était quelque peu surprenante d'après les souvenirs que la jeune femme avait de son ancien camarade, elle était vraiment ravie de le voir se jeter sur elle. Leur étreinte était sans doute nullement appropriée à leurs nouveaux statuts respectifs mais elle faisait tellement de bien que les convenances pourraient bien attendre. De toute façon, ce n'était pas comme si qui que ce soit pouvait les surprendre, alors ils auraient eu bien tord de se priver.
Elle était désormais plus grande que lui, ce qui donnait à la scène un petit air de mère consolant son enfant. Mais après tout, c'en était peut être pas si loin que ça. En cet instant elle était pour Christyän la figure d'autorité là pour le guider dans la vie, sa nouvelle vie, et tenter du mieux qu'elle le pouvait de lui apporter aide et réconfort. Lucillda pensait à tout cela en serrant son ami dans ses bras lorsqu'il rompit le silence magique de ce moment pour prononcer des mots encore plus magiques.

- Merci, Lu'.

Un surnom. Juste un diminutif mais qui voulait dire tellement de choses. Les dernières barrières entre eux deux venaient de céder sous ces paroles et cette marque orale d'affection rappelant tellement le passé. Ce passé où ils étaient amis, comme il le signalait à ce moment même pour expliquer son geste. Peut-être que finalement il n'avait pas tant changé que ça et n'était pas devenu beaucoup plus à l'aise avec les marques d'affections.

- Ton attitude est parfaite pour une amie, mon statut de professeur ne change rien à cela et je peux gérer mes cours et ma relation avec mes élèves comme je l'entends, ne t'inquiète pas pour ça.


En disant ces mots la jeune femme sentit un contact étrange au niveau de sa cheville et découvrit avec surprise en baissant les yeux qu'un petit écureuil tentait de grimper à sa jambe. Une rapide analyse de la situation lui fit deviner qu'elle était en train de faire connaissance avec le gardien du garou et que ce dernier semblait bien décidé à monter sur elle. C'est avec un sourire qu'elle le laissa se blottir dans son cou, profitant de l'émotion de ce moment. Ce n'est pas tout les jours que l'on peut toucher le gardien de quelqu'un d'autre, généralement ce sont des animaux timides mais comme Miolnir l'avait fait pour Christyän par le passé, Saùl semblait l'avoir véritablement adoptée en temps que deuxième maîtresse.
D'ailleurs en parlant de Miolnir, le lémurien semblait tout désappointé que son nouvel ami roux l'ai abandonné au profit du cou de l'elfe et marquait sa désapprobation en se rapprochant de Christyän dont il espérait recevoir un traitement similaire. Sentant cette volonté de la part de son gardien, Lucillda le mentionna à son ami :

- Je crois que Miolnir est un peu jaloux !

En réponse à cette remarque le garou reporta son attention sur le lémurien qui le fixa avec ses grands yeux ronds rayonnant de bien-être. Le silence de la clairière servant de lieu de cours n'était plus troublé que par les petits bruits des deux animaux qui se faisaient caresser, tout était paisible. Puis Christyän reprit la parole.

- Bon ! Et si on s'y mettait ? Je veux voir ce que tu as à m'apprendre !

Lucillda fut quelque peu surprise, après les événements précédents, elle en avait presque oublié qu'elle était censée lui faire cours et jamais elle n'aurait pensé qu'ils se mettent vraiment à travailler le jour même, pas alors qu'ils venaient tout juste de se retrouver. Mais après tout, si c'était ce qu'il voulait, pourquoi pas, ils avaient toute l'année devant eux pour se parler et se raconter leurs vies.

- Tu dis que tu es plus bavard qu'auparavant mais je t'ai aussi connu bien moins pressé d'assister aux cours, je pourrais presque me sentir flattée mais je doute que ce soit uniquement à cause de l'enseignante.

C'était maintenant que les choses sérieuses commençaient. Elle avait fait ses preuves en temps qu'amie, il lui restait à les faire en temps que professeur même si ce n'était pas ce qui l'avait inquiété le plus au début de l'heure. Le tout était désormais de savoir par où commencer  et quoi de mieux pour cela que de demande au premier concerné : son unique élève ?

- Tu me pardonneras ma mémoire défaillante sans doute due à mon grand âge mais je ne me souviens plus exactement où on en était arrivé en cours. Est ce que tu pourrais me dire ce dont tu te rappelles ? Vu qu'on est que tous les deux, on n'est pas obligés de passer du temps sur ce que tu considères comme acquis, surtout qu'on a perdu un peu de temps, même si c'était pour une bonne cause.

Après lui avoir demandé cela, la jeune femme se dirigea vers une des tables qu'elle avait fait apparaître plus tôt avant le début du cours et elle fit signe à son élève de la suivre. Si ils devaient travailler, ils seraient mieux assis que debout au milieu d'une clairière.

[Hors-RP] C'est pas génial mais j'ai pas beaucoup de temps en ce moment et si je veux avancer dans mes RPs, faut pas que je sois trop regardante sur la qualité, désolée.[/Hors-RP]
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MessageSujet: Re: Cours 2.1 : Retour aux racines et retrouvailles naturelles [Terre, 2ème année]   Ven 4 Oct - 16:09

Christyän eut un nouveau sourire en voyant son amie se détendre à son tour.

Ils avaient parcouru un si long chemin, tous les deux ! Ils étaient partis de rien, chacun ignorant tout de l'autre … Et pourtant, même après leur si longue séparation, le loup-garou sentait toujours ce lien entre eux qui subsistait – entre eux et entre leurs Gardiens.

«  … Je ne me souviens plus exactement où on en était arrivé en cours, » dit alors Lucillda en se dirigeant vers la table trônant au centre de la clairière.

Chris fronça les sourcils en un expression de concentration, cherchant dans ses souvenirs les plus anciens le contenu des cours de l'Ancienne Académie.
Il n'avait jamais été très assidu, et l'enfermement dans une salle de classe y avait toujours été pour beaucoup.

Mais au vue de leur terrain d'entraînement, à présent, il pouvait être sûr qu'il pourrait redoubler d'attention durant les cours !

Se frottant la nuque machinalement, il suivit à pas lents l'elfe centenaire alors que les brides de souvenirs lui revenaient, combinées à la connaissance de ses propres capacités.

« La création de plantes et d'arbres, leur modification, leur contrôle et mouvance, je pense maîtriser, » dit-il d'un air pensif, tentant de catégoriser ce dont il se sentait capable. « Les fruits, baies ou noix, ça va aussi – tu l'auras vu avec le framboisier. »

Il s'assit sur le banc faisant face à la table, s'installant tout juste en face de son amie – de sa professeure.

« J'ai encore quelques difficultés avec les grands arbres ; je ne parviens pas à les mener totalement à maturité, ils restent assez bas – jamais plus de deux mètres, » continua-t-il. « J'aurais besoin d'un peu d'entraînement sur la durée, aussi. Au bout d'à peine deux minutes, mon contrôle se relâche presque totalement. »

Un léger froncement de sourcils vint assombrir son visage d'un air de concentration, puis il enchaîna :

« Je devrais peut-être mieux te montrer. »

Se concentrant, il se pencha sur le côté afin de poser sa main à terre, de sorte que Lucillda puisse voir le processus complet. Il ferma les yeux l'espace d'une demi-seconde, faisant appel à la Magie de la Terre enfouie au fond de lui et dans le sol sous ses pieds, lui formulant sa requête comme il formulerait un vœux à la Lune.

Une brindille perça la croute de terre encore humide, suivit par une seconde, puis une troisième … En quelques secondes, un petit arbuste aux feuilles vertes pleines de vie trônait à côté de la table en bois. Chris n'avait pas besoin de plus que cela. Se concentrant à nouveau, il en fit sortir une paire de lianes à la fois souples et solides, qui s'élevèrent de quelques dizaines de centimètres au dessus de l'arbuste, avant de se diriger lentement vers le cou de l'elfe, d'entourer avec précaution le corps du petit écureuil toujours perché, puis de le séparer de Lucillda. Mais alors que Chris souhaitait déposer l'animal Gardien au sol en doucement, les lianes s'immobilisèrent avant de tomber brusquement au sol d'un mouvement flasque et sans vie.

Saùl poussa un couinement de surprise, mais se rattrapa de justesse au bord de la table de bois, ses petites griffes pénétrant le matériaux avec facilité.

Christyän lâcha un soupire dépité, avant de prendre le petit animal contre lui pour s'excuser.

« C'est le plus long que je puisse tenir. Je peux contrôler, manipuler, mais pas maintenir. »

Il lança un regard déçu à l'arbuste dont pendaient des lianes inanimées. D'un geste souple de la main, il fit rentrer les deux fautives dans le feuillage du petit arbre, prolongeant le mouvement jusqu'à ce qu'elle rentrent dans la terre humide.

« Ouais, je sais … Un loup qui manque d'endurance, ce n'est pas ce qu'il y a de plus glorieux. »

Il se racla la gorge, un peu gêné, avant de reprendre :

« Autrement, il me semble me souvenir que les minéraux et les différentes roches étaient au programme, à l'époque, mais nous ne les avons jamais abordés … du moins pendant la première partie de deuxième année … »

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MessageSujet: Re: Cours 2.1 : Retour aux racines et retrouvailles naturelles [Terre, 2ème année]   Ven 1 Nov - 18:14

Il était maintenant temps de se mettre vraiment aux choses sérieuses et de remplir sérieusement son poste de professeur pour Lucillda. Il ne fallait pas qu'elle se laisse distraire par son élève et que leur relation amicale lui fasse oublier ce pour quoi elle était là, elle devait lui apprendre des choses. Des choses qu'elle avait apprises seule mais qu'elle devait désormais transmettre, même si elle avait un peu peur de mal faire. Mais il était temps de se jeter dans le bain ! Et Justement, Christyän était en train de lui expliquer les difficultés qu'il rencontrait, notamment lorsqu'il s'agissait de maintenir son influence sur les végétaux. La jeune femme commença donc à se demander d'où pouvait venir ce problème lorsque son élève lui proposa de lui faire une démonstration. Lucillda trouva que c'était une très bonne idée et le laissa donc faire, observant le processus avec attention.
Le début de la démonstration fut assez impressionnante pour quelqu'un qui n'avait pas du pratiquer la magie depuis un certain temps. La maîtrise était excellente et le résultat tout à fait satisfaisant. le petit arbuste tout droit sorti de terre par la magie semblait résistant et Lucillda avait du mal à voir en quoi Christyän avait des problèmes, elle attendit donc la suite. Lorsque les lianes sortirent de l'arbuste, la jeune femme suivit leur mouvement des yeux, se demandant pourquoi son ancien camarade les faisait se rapprocher d'elle comme cela. Puis les lianes se saisirent de Saùl et l'éloignèrent de l'elfe avant de perdre vie, à un moment qui n'était visiblement pas prévu. La jeune femme était quelque peu surprise de ce brusque revirement de situation et garda le silence quelques instants, le temps pour son camarade de consoler son pauvre gardien maltraité par la chute et de tenter de s'expliquer.

« C'est le plus long que je puisse tenir. Je peux contrôler, manipuler, mais pas maintenir. »

En soi le problème n'était donc pas compliqué, c'était de concentration que Christyän semblait avoir besoin et peut être aussi d'un peu d'entrainement, il fallait avouer que contrôler les plantes n'est pas quelque chose de facile, sans doute même plus compliqué que de contrôler des minéraux qui eux ne sont pas vivants. Mais comment expliquer tout cela sans paraître réprobatrice ? Lucillda ne savait pas trop comment faire mais elle essaya tout de même, c'était cela son métier désormais.

- Tu avais raison en disant que tu maîtrises les bases, c'est déjà bien, on ne sera pas obligés de reprendre tout ça. Après, pour ce qui est de tenir, il ne faut pas t'inquiéter, je ne pense pas que tu t'y prennes mal, ce n'est juste pas facile de rester concentré longtemps sur le contrôle. On n'en a pas forcément l'impression mais au fond le végétal s'oppose à notre contrôle et c'est pour cela que c'est la partie la plus difficile du travail sur les végétaux. Je pense que tu as juste besoin d'entrainement. D'ailleurs, est-ce que tu sens la résistance de la plante ou tu ne comprends pas la raison pour laquelle tu ne peux plus la contrôler ?

Pendant que l'elfe parlait, le jeune homme avait fait disparaître les lianes symboles de son échec, laissant le petit arbuste seul au milieu de la clairière. Lucillda se dit qu'elle devrait penser à le faire disparaître lui aussi à la fin de la séance même si elle n'aimait pas ça. Mais elle avait choisi une clairière comme lieu de cours et elle ne pouvait pas vraiment se permettre de laisser la nature reprendre ses droits sur cette "salle" toute particulière.
Pendant ce temps, Miolnir qui trouvait une fois de plus qu'on ne s'occupait plus assez de lui était allé trouver l'écureuil de Christyän et essayait de l'attirer avec lui pour aller jouer dans les arbres bordant la clairière. Après tout, même en étant absent les gardiens gardent leur lien avec leur maître, ils sauraient donc tout de même ce qui se passe entre la professeur et son élève. Lucillda ayant donné l'autorisation à son lémurien de s'éloigner, elle reporta son attention sur Christyän qui lui parlait désormais de la suite du programme.

« Autrement, il me semble me souvenir que les minéraux et les différentes roches étaient au programme, à l'époque, mais nous ne les avons jamais abordés … du moins pendant la première partie de deuxième année … »

Il était vraiment pressé de travailler cette année, jamais Lucillda n'aurait cru qu'un jour elle verrait son ancien camarade plutôt adepte de l'école buissonnière aussi assidu en cours, mais elle n'allait pas s'en plaindre. Finalement, si tous ses cours se déroulaient comme celui là commençait, le métier d'enseignante serait un vrai plaisir !

- Je vois que tu as de bon souvenirs, c'est en effet ce qui va nous occuper grandement cette année mais vu que le travail sur les minéraux est assez proche de celui sur les végétaux , je te propose de plutôt perfectionner celui-ci dans un premier temps. Après ce sera plus simple pour la suite. Après, si  tu progresses bien et que tu es vraiment pressé, à la fin de l'heure je pourrai te donner une fiche sur les minéraux qui, si tu l'étudies un peu avant le cours prochain, pourrait nous permettre de passer directement à la pratique sans s'attarder sur la théorie. Mais c'est toi qui voit, au départ je n'avais pas prévu de te donner des devoirs.

La jeune femme lui sourit avant de continuer à parler. Il aurait le temps de réfléchir à sa proposition durant la fin de la leçon et il lui donnerait sa réponse à ce moment là. De toute façon, elle n'avait pas la fiche qu'elle lui proposait sur elle et elle devrait aller la récupérer dans son bureau.

- Sinon, il me semble que tu disais avoir aussi du mal avec les grands arbres et que tu n'arrivais pas à les faire dépasser deux mètres. Ca a peut être un rapport avec la concentration dont je te parlais avant mais surtout, tu ne dois pas oublier que tu n'es pas obligé de tout faire d'un coup, tu peux faire autant de pauses que tu veux. Un végétal est quelque chose de stable dans la nature, si tu arrête de travailler dessus, il ne disparaîtra pas, comme ton arbuste d'avant. Tu peux donc continuer à la faire grandir plus tard.

Pour illustrer son discours, la jeune professeur se concentra sur l'arbuste créé plus tôt et lui fit poursuivre sa croissance jusqu'à ce qu'il devienne un petit arbre d'environ trois mètres de haut. Puis pour que Christyän puisse essayer à son tour, elle créa à quelques mètres de l'arbre un nouvel arbuste d'environ 1m50. Comme cela, les deux mètres de hauteurs ne seraient pas difficile à dépasser pour le jeune homme et elle pourrait voir si le problème venait d'une hauteur maximale ou du temps de concentration nécessaire pour faire grandir un arbre.

- Si t'as pas de question, je te suggère d'essayer, de toute façon, il n'y a rien de mieux que la pratique selon moi !

Avec un sourire, la jeune femme attendit le résultat de son expérience, se demandant si la suite de son cours allait devoir s'axer sur la concentration ou sur la composition fondamentale d'un grand arbre. ce cours était définitivement fait d'improvisation, mais ce n'était pas pour lui déplaire, tout était tellement plus naturel que si elle essayait de se fixer un programme à suivre.
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MessageSujet: Re: Cours 2.1 : Retour aux racines et retrouvailles naturelles [Terre, 2ème année]   Ven 14 Fév - 16:37

Il lui fallait comprendre ses erreurs et les dépasser s'il voulait progresser.

Chris secoua mentalement la tête à la remarque de son professeur. L'opposition des plantes à la magie montrait clairement son inexpérience à manipuler la Terre. Lorsqu'il saurait réellement en prendre le contrôle, l'utiliser, la guider pour accomplir ses envies, alors cette magie qu'il manipulerait ne serait en rien différente de celle coulant dans la sève des arbres – et alors, il ne rencontrerait plus aucune résistance.

« Est-ce que tu sens la résistance de la plante ou tu ne comprends pas la raison pour laquelle tu ne peux plus la contrôler ?  »

Le jeune homme se réinstalla sur le banc de bois, croisant les mains sur la table devant lui.

« À vrai dire, j'ai plus l'impression de perdre la main. C'est comme si je manipulais quelque chose par une corde que je pourrais tirer, repousser ou orienter comme je le voudrais, mais que tout à coup, la corde disparaissait, et mes mains se refermeraient sur du vide. »

L'elfe lui annonça alors le programme de l'année, et Christyän acquiesça à sa proposition suivante.

Auparavant, il avait toujours pensé que le magie de la Terre se résumait aux plantes et au sol même. Pourtant, lorsqu'il avait parcouru le programme de la Terre l'année précédente (ou plutôt, cent ans plus tôt), il avait été stupéfait de découvrir l'étude des minéraux.

Comme il avait hâte d'y arriver !

Mais avant cela, il lui fallait maîtriser les bases.

«  … Tu ne dois pas oublier que tu n'es pas obligé de tout faire d'un coup, tu peux faire autant de pauses que tu veux, » disait Lucillda.

Le loup-garou haussa les sourcils.

Mais bien sûr ! Ça paraissait évident !

« Un végétal est quelque chose de stable dans la nature, si tu arrête de travailler dessus, il ne disparaîtra pas, comme ton arbuste d'avant, » continua-t-elle. « Tu peux donc continuer à la faire grandir plus tard. »

« Ok, je crois que j'ai compris. »

Il inspira, fermant les yeux, se concentrant, puis se leva pour se placer face au nouvel arbuste que son amie avait fait pousser. Il lui arrivait jusque sous le nez, alors que le second le dépassait de plusieurs dizaines de centimètres.

// C'est parti. //

Appelant une fois encore la Magie de la Terre à lui, il alla mentalement chercher les racines du petit arbre, puis son tronc, puis ses branches jusqu'au bout de ses feuilles, et il tira doucement.
Face à lui, il vit l'arbuste grandir peu à peu, rattrapant progressivement son congénère.

Il se figura la corde, et la tira, l'orienta (face à lui, le tronc obliqua vers la gauche), la redressa (et le tronc reprit sa poussé verticale, créant un dessin arrondit dans sa pousse). Puis il sentit la corde se restreindre, devenir plus fine …

La croissance de l'arbre était presque à l'arrêt, à présent.

Et il pu alors presque sentir la corde intangible lui échapper.

Ne résistant pas, il la lâcha.

L'arbre s'immobilisa, et Chris compara sa taille avec celle du second. Il le distançait de peu. Sa nouvelle création dépassait en effet les deux mètres.

// La taille n'est donc pas le problème … //

Il prit une nouvelle inspiration, puis recommença. L'arbre poussa plus encore, dépassant l'autre, et une fois encore la corde imaginaire sembla se dissoudre sous ses doigts.

Mais il s'y agrippa.

Fronçant les sourcils, il s'agrippa mentalement à cette corde, voulant continuer de tirer dessus, voulant créer un arbre digne de ce nom, une pousse ancienne et solide.
Il chercha au fond de lui l'image de ce qu'il voulait former, encourageant la magie de la Terre à le suivre.

// Allez, alleeez …  //

Il sentit son pied se soulever doucement, et la surprise lui fit perdre sa concentration.

L'arbre était à présent épais et solide, comme vieux de plusieurs dizaines d'années. S'il ne dépassait pas les quatre mètres de haut, son branchage s'étalait en un parasol confortable et très également réparti tout autour du tronc.

Il fixa un instant son pied, confus, avant de réaliser ce qu'était une racine qui avait poussé jusque là.

« Waou … » souffla-t-il.

Il retourna s'asseoir, impressionné par ce qu'il venait de faire, avant de se mettre à douter.

« Je pense que c'était un coup de chance. D'habitude, elle m'échappe. J'ai essayé de m'y accrocher, mais c'est la première fois que j'y arrive. »

Poussant un sourire agacé, il offrit un sourire contrit à Lucillda.

« Je sais, je sais … Il me suffit de m'entraîner. »

Curieux de savoir s'il pourrait réussir avec un autre type de plantes, il se pencha en arrière, posa sa main sur la terre riche, puis fit facilement pousser une rose blanche qu'il regarda avec un sourire satisfait.
Puis, appliquant le même modèle qu'avec l'arbre, il se concentra et tira sur la corde imaginaire. La fleur grossit légèrement, et sa tige s'épaissit, avant de se scinder en deux, puis en trois, puis en sept, formant au bout de chaque nouvelle tige une petite rose blanche et transformant la fleur seule en rosier épais.

Christyän eut un rire émerveillé, et il entendit Saùl lui répondre quelque part dans les branches proches.
Mais alors qu'il allait se tourner vers Lucillda, il remarqua que la première rose semblait déjà fanée.

« Qu'est-ce qu'il s'est passé ? » demanda—il avec un froncement de sourcils. « Elle a l'air d'être en manque de vie … en manque de magie. Tu crois que j'ai été trop vite ? »

Il fit une légère grimace devant ce nouvel échec, frustré de ne pouvoir doser cette magie si puissante.

HRP :
 

~~~~
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