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 Détaler dans les dédales [Event 1, Épreuve du labyrinthe]

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MessageSujet: Re: Détaler dans les dédales [Event 1, Épreuve du labyrinthe]   Jeu 20 Fév - 21:35

Yuuki arriva à la sortie de ses propres défis. Au fond d'elle même, la voilà qu'elle se sentait apaisée, unifiée, ses deux personnalités en conflit s'étaient enfin ralliés. Un léger rictus se dessina sur son visage, mais en relevant les yeux, une voix pénétra dans ses oreilles :


- Bienvenue à votre première épreuve les enfants, aucune énigme cette fois ci, juste un choix. Vous remarquerez que votre camarade n'est pas le même qu'il y a quelques secondes et qu'il se trouve étrangement coincé dans une merveilleuse prison cristalline. J'admet qu'elle est belle, je dois dire que j'aime beaucoup les noms des victimes en relief, j'ai soigné la présentation n'est ce pas ? Ne vous inquiétez pas, votre ami(e) ne va pas mourir, juste être éliminé si vous ne prenez pas une décision dans les deux minutes qui viennent. Quelle porte choisir pour avancer ? Tout bête non ? La porte de gauche sacrifiera certaines de vos capacités physiques et mentales, mais votre camarade sera libre. La porte de droite éliminera votre collègue, mais vous offrira un avantage pour la dernière épreuve. Faites votre choix les enfants, l'heure tourne !


 La jeune vampire fût surprise et à la fois très excitée par le dilemme. Avoir le choix de sacrifier ou non la personne en face. Une grande hésitation s'empara d'elle. Son regard se tourna vers celui qui devait être sacrifié. Fou de rage, il se transforma en un félin féroce, se débattant pour ouvrir sa prison. Une furie dans son regard, une fierté qui lui fit sourire. D'un air plutôt sadique elle savoura la scène. Se rendant compte, qu'il gardait une position de fierté, cela lui rappela de nombreux souvenirs.


-C'est intelligent. Ou peut-être non calculé, te voir ainsi démontre une réelle volonté de continuer, sans me supplier. C'est dommage pour moi, j'aime ce genre de situation, mais ta furie me plaît. Après reste à savoir si tu sais l'utiliser.


D'un air interrogateur elle l'analysa. Avait-elle besoin de lui? Au risque de voir son pouvoir diminuer? Cette idée l'insupportait, surtout qu'elle ignorait à quelle dose cela serait diminué. En même temps, dans cette situation, un allié supplémentaire dans l'inconnu ne serait pas de trop. Mais pendant longtemps, elle avait réussi à se débrouiller de situations délicates, seule. Et puis surtout, son esprit restait encore fragile. L'épreuve pouvait être un risque pour sa propre santé mentale.


-Tu me fais hésiter. Sache que je n'ai rien d'humain dans mon raisonnement. Je me fiche des sentiments, des émotions, je veux réussir c'est tout.  Mais la flamme dans ton regard me rappelle des souvenirs. C'est contradictoire. Je vais laisser parler mon instinct. Surtout, ne me déçois pas. Que ta férocité soit un atout, je te montrerai peut-être qui je suis pour évoluer dans ce labyrinthe.


Le contrôle de son regard, il fixa la vampire, à la fois impuissant mais à la fois déterminé. Elle hésita à nouveau en regardant le sol. Finalement, elle allait peut-être l'abandonner. D'un air froid, elle s'approcha vers la porte du sacrifice, sourit, en attendant une réaction du prisonnier. Dans son aspect sadique, elle espérait voir en lui, l'inquiétude. Ses yeux se fermèrent, puis elle prit la porte de droite.
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Innen
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MessageSujet: Re: Détaler dans les dédales [Event 1, Épreuve du labyrinthe]   Ven 21 Fév - 13:52

Les prisons faites de cristaux se fissurèrent lentement, puis explosèrent dans un murmure, laissant leurs victimes retrouver enfin la fraîcheur de l'air libre. Il fallait en profiter, ce sentiment de bien être n'allait bien entendu pas durer. Certains pouvaient qualifier le professeur Bachiatari d'immonde sadique jouant avec les émotions des autres, vu qu'il en était dénué, mais ces faibles créatures n'étaient pas dignes d’intérêt, elles ne faisaient qu'effleurer la surface, la vérité était enfouie sous la glace, en profondeur. Le Célestin voyait tous les objectifs de ce labyrinthe, s'amusant à constater que très peu d'étudiants puissent déchirer le voile qui se trouvait devant leurs yeux. Cette « activité » était purement politique, Myrddin était sous pression durant toute l'année par les dirigeants du royaume, le couple royal, les comtes, la reine et la prêtresse des elfes, sa seule manière de leur donner satisfaction avait été d'organiser cet événement. Le labyrinthe n'avait rien d'une activité amusante permettant de gagner de l'or, mais bien d'un test qui était tout aussi cruel que de voir les réactions d'une souris dans...un labyrinthe justement ? Les élèves étaient ainsi observés, leurs choix étaient analysés et leur potentiel était connu de tout ce petit peuple dirigeant les masses dans leur tour d'ivoire. La politique, ils ne se rendaient pas compte de son importance et que malgré leurs efforts, elle dirigeait leur vie. Il fallait soit donner satisfaction aux nobles en montrant la vraie nature des élèves de l'académie, soit leur permettre de les défier ouvertement, en enfreignant les règles et les effrayant ou leur offrant une certaine prise de confiance. Cette épreuve était cruelle pour les étudiants, ils n'étaient pas habitués à la compétition et encore moins à des phases éliminatoires, pourtant la réalité ne changerait pas pour leurs beaux yeux, il n'y aurait qu'un seul gagnant à cette épreuve. Shitennô refusait de laisser la politique tout diriger, il voulait que cette épreuve leur apprenne la vie en quelque sorte et avait donc créé la pire des situations. Nous devons en permanence faire des choix, certains plus durs que d'autres, puis vivre avec les conséquences de tels actes. La magie offrait la puissance, mais certains pouvoirs étaient cruels et ne fonctionnaient qu'avec certains sacrifices, le professeur d'ombre voulait voir ceux qui en étaient capables. Il n'y avait aucun mauvais choix dans cette épreuve, excepté celui de ne rien faire du temps qui était offert. Ceux qui décidaient de libérer leur camarade et de sacrifier une part d'eux même, provisoirement, étaient dignes d’intérêt et loin d'être idiots. Peu importe la puissance, le nombre augmente toujours le pourcentage de réussite, mais si les acteurs d'une pièce se détestent ou n'ont aucune fidélité ou loyauté. D'un point de vue purement égoïste, des serviteurs faibles ne servaient à rien, tandis qu'en leur donnant un peu de pouvoir et de considération, leur efficacité était centuplée. La noblesse de leur âme était aussi démontrée, personne ne méritait de mourir dans une cage ou de voir sa vie et tout ce qu'il chérissait, disparaître en un claquement de doigts. Shitennô respectait grandement ce choix, le comprenait et ne pouvait qu'applaudir ceux qui avaient eu le courage d'avancer, sans tout détruire. Néanmoins, il applaudissait également ceux qui pouvaient prendre l'autre chemin, celui qui vous offre un pouvoir infini, mais qui vous fait perdre toute considération aux yeux des personnes « nobles ». Sacrifier un autre pour ne rien perdre et au contraire, renforcer ses propres capacités, un choix judicieux et qui était pour le moins prudent. On ne connaît pas forcément la force des autres, contrairement à nos propres capacités. Pourquoi prendre le risque de tout voir échouer par un inconnu ? Détruire les espoirs, la vie, les rêves, tout cela dans le but d'avoir encore plus de pouvoir, voila la nature même de certaines sciences impies. La nécromancie planait sur Edälis, même si personne ne s'en rendait compte. Cette magie n'était pas interdite pour rien, son pouvoir n'était pas forcément craint, mais ce qu'il était demandé pour pouvoir le posséder...c'était une autre histoire.

Le Célestin se téléporta à nouveau, sous sa vraie forme cependant, n'utilisant pas la moindre copie, il devait expliquer à chacun le pourquoi de leur réussite ou de leur échec. Il commença par Aldéas et soupira un long moment, avant de claquer des doigts et laisser les racines du labyrinthe s'enrouler autours du jeune homme, s’apprêtant à le faire sortir de ce lieu.

- Il n'y a pas de bon ou de mauvais choix, quand le temps est limité, il te faut choisir et agir, sans quoi tu es plus coupable qu'un meurtrier. L'hésitation est à l'origine de la défaite, réfléchis, prends du temps, mais utilise le à bon escient. J'espère que tu agiras à l'avenir.

Il fit un mouvement de tête et le jeune homme fut emporté par la magie de Myrddin, il pourrait voir la suite des épreuves, profiter du festival ou rentrer, mais l'aventure était terminée pour lui. Le professeur s'avança ensuite vers Zéphyr, un léger sourire apparaissant sur ses lèvres, ce garçon était relativement intéressant, assez pour qu'il le garde dans sa ligne de mire.

- Tu était enfermé, à la merci d'un autre, mais tu as su rester calme, gardant ta dignité et tes forces. Tu as parfaitement analysé la situation et tu as refusé de laisser le hasard dicter sa loi. L'aléatoire apporte le chaos, je pense qu'on te l'a apprit dans le passé non ? Surtout vu ton ancienne profession. Tu es libre de continuer, mais tu ne recevra ni avantage, ni handicap.

Il passa rapidement à un autre groupe, laissant l'ancien assassin à ses réflexions, il voulait savoir si le fait de lui avouer qu'il savait pour son passé, le ferait réagir. Au tour de son élève le plus prometteur en première année, Lucien. Fragile, affaiblit, sous sa forme de rossignol, le labyrinthe n'était rien comparé à l'épreuve qu'il venait de subir. Shitennô s'agenouilla près de lui et posa délicatement sa main sur le corps de l'oiseau. La transformation en humain fut instantanée, l'ombre du jeune homme comprenant immédiatement ce que son professeur essayait de faire. Le Célestin s'entailla légèrement la main, laissant le sang couler légèrement sur le corps du noble, avant de créer un pentacle de lui même, tout autours des deux enfants de l'ombre. Le froid envahit Lucien, un froid...presque familier, mais qui n'était en rien douloureux ou handicapant, bien que légèrement effrayant. La douleur fut brutale, ne prévenant pas, une côte qui se répare en une seconde crée rarement une sensation de caresse. Dernier coup de froid, sa force lui revint, son énergie était à nouveau à son paroxysme, comme si Ayla ne l'avait jamais blessé, du moins physiquement. Shitennô se releva, attendit que son élève en fasse de même, puis posa brusquement sa main sur le front du jeune homme, un étrange symbole s'y dessinant, un sceau qui s'effacerait à la sortie du labyrinthe. Lucien allait avoir une vision amoindrie au fil des minutes, puis ne verrait plus que des formes et perdrait finalement la vue.

- Dire que je ne devais te montrer la nécromancie qu'en cinquième année, mais je ne peux décemment pas te laisser avancer dans cette épreuve dans cet état, autant demander à un insecte basique de tuer un humain. Je suis désolé pour ta vision, mais chaque choix à son lot de conséquences n'est ce pas. Les ténèbres ne sont pas tes ennemis, garde ça en tête. Oh, j'allais oublier...tout comme pour la politique, certaines choses ne sont pas ce qu'elles semblent être, bonne chance.

Il salua respectueusement Nora et se téléporta à nouveau, il n'avait pas grand chose à dire concernant cette enfant, autant ne pas lui faire perdre son temps. Il était temps de s'occuper de Yuuki et de Francis. Arrivant rapidement vers le garou, il posa sa main sur son crane et le téléporta pour qu'il rejoigne Aldéas, pas de mots, pas de cérémonie et pas de magie de Myrddin, l'effet psychologique devait être total. Il devait se sentir trahit, en vouloir à Yuuki et elle devrait vivre avec cette décision sur le dos. Il se retourna ensuite pour se rapprocher de la vampire, applaudissant devant l'air sadique qu'elle affichait encore, une vraie fille de l'ombre. Ceci étant fait, il attrapa la main de la vampire et y fit apparaître un autre symbole, du même genre que celui de Lucien. Un sceau qui ne s'activerait qu'à la dernière épreuve.

- Je suis ravi que tu ai pris cette décision Yuuki, je commençais à me demander si j'avais un élève qui avait une âme capable de détruire pour prendre, la base de certaines magies avancées en ombre. Cependant, tu devras vivre avec la réputation que tu viens tout juste de te construire chère enfant, accepte donc les conséquences de tes actes. La triste vérité en ce monde est qu'on ne peut jamais revenir en arrière, s'accrocher à ce qui est perdu est inutile, on ne fait que vivre dans le passé. Mais tu peux cependant utiliser ta force pour reconstruire par dessus les ruines de cette époque révolue. Ce que tu as gagné en le sacrifiant s'activera à la toute fin, j'espère que tu y arriveras. Tu es mon élève, la dernière épreuve est jugée par l'homme qui m'a formé, cela ne peut qu'être enrichissant pour toi.

Il était temps, son rôle était terminé, place au nouvel examinateur d'entrer en piste et moins le Célestin le voyait, mieux il se portait. Disparaissant dans un nuage de fumée, Shitennô adressa un dernier sourire à la vampire, les choses sérieuses pouvaient commencer.

Chaque groupe vit une porte se dessiner dans le mur en face d'eux, puis s'ouvrir brutalement, les forçant à se plonger dans l'obscurité. Ils devaient tous emprunter un long couloir, menant à un seul et unique endroit où tous se retrouveraient, les chemins ne seraient plus séparés désormais...du moins en théorie. Ils arrivèrent dans un gigantesque jardin d'une beauté absolument exceptionnelle, Myrddin ayant préféré mettre tout son savoir élémentaire afin de créer un apaisement radical, vu l'horreur qui les attendaient. Au centre de ce jardin digne d'un paradis caché, se trouvait une table en marbre, sur lequel reposait un sombre calice, dégoulinant de sang, lui même gardé par un étrange individu. Un jeune homme, physiquement semblable aux autres élèves, il aurait pu avoir leur âge, mais il ne faut jamais se fier aux apparences n'est ce pas ? Il n'y avait que l'âge physique qui aurait pu le rapprocher des élèves, car il ne semblait absolument pas venir du même monde. La richesse de ses vêtements démontrait clairement qu'il appartenait à la noblesse et pas de la classe la plus faible. On ne pouvait pas le comparer à Lucien, Yuuki ou Ayla, ils étaient élégants mais ne désiraient pas forcément donner cette impression de supériorité. Leur nouvel examinateur, ce garçon, montrait clairement qu'il était la botte et eux des fourmis. Inutile de décrire pendant des années la finesse et le savoir faire nécessaire à l'élaboration de ses habits, mais nous pouvons tout de même nous attarder sur un détail, la rose bleue qui y était accrochée, faisant passer la moindre broche pour un vulgaire détritus. Elle possédait quelque chose d’envoûtant, de sublime et possédait un réel pouvoir hypnotique, montrant une fois de plus, que cet « homme » n'était pas à prendre à la légère. Son œil droit était dissimulé par un cache œil qui semblait plus avoir une utilité magique que son côté pratique habituel. Les étudiants de l'académie d'Edälia étaient encore très expérimentés concernant le ressenti magique des lieux, individus et créatures et ne pouvaient donc pas réellement analyser une personne sur son aura. Cependant, ils n'étaient pas insensibles pour autant et pouvoir donc remarquer le problème résidant dans cet individu, il ne semblait pas avoir la moindre énergie magique. Pire encore, ce fameux cache œil, semblait comme aspirer la magie dés qu'on s'en approchait trop, pas comme l'Abysse, mais cela suffisait à inquiéter les plus futés. La théorie basée sur le fait qu'il n'avait pas le moindre pouvoir s'effaça rapidement, il suffisait de voir son seul œil visible pour comprendre que cet inconnu n'avait rien d'humain. Un œil rouge sang, possédant une forme reptilienne, très proche du serpent donc, pas besoin d'avoir étudié cette race pour comprendre qu'il s'agissait d'un vampire. Ces créatures étaient cependant connues pour dissimuler au maximum leur nature, par souci d'élégance et de charme. Soit cet enfant de la nuit était beaucoup trop fier de ses origines, soit il se fichait des règles actuelles...soit il ne pouvait pas dissimuler sa vraie nature. Dernier détail marquant, ses ongles étaient légèrement plus longs que la moyenne et étaient tous totalement noirs. Cela ne semblait pas être une teinte, mais bien un phénomène magique, ce vampire devait jouer avec des forces qui n'étaient pas forcément au programme de l'académie...

- Bienvenue, toutes mes félicitations pour être arrivés jusqu'ici, vous possédez un réel potentiel et je rassuré de voir que l'académie d'Edälia mérite sa prestigieuse réputation. Je suis le comte Hakairyoku, comte vampirique, ravi de vous rencontrer. Pour ceux qui ne connaissent pas forcément la politique de notre noble race, les comtes sont ceux qui dirigent les vampires depuis le haut conseil vampirique. Grâce à la générosité de votre directeur et la bienveillance du roi Kyte, j'ai l'honneur de vous juger dans cette épreuve qui testera à la fois vos capacités physiques et mentales. Malheureusement, cette épreuve à pour but de vous éliminer, afin de ne laisser que les plus ingénieux, doués et courageux d'entre vous. Cette épreuve est physiquement simple, prenez le calice se trouvant derrière moi et buvez une gorgée de sang frais, rien de bien compliqué. Si vous refusez, ce que je peux comprendre, votre épreuve s'arrêtera là et vous prendrez gentiment le chemin de la sortie, sans magie ou racines. Réfléchissez y, je ne tiens pas à imposer l'horreur dans votre esprit. Ce qui semble naturel pour mon peuple peut être totalement dégouttant pour votre espèce, je ne désire pas détruire votre dignité. De plus, si vous buvez ce sang, vous subirez d'effroyables douleurs physiques, je ne veux pas vous prendre au dépourvu. Néanmoins, si vous acceptez de boire et que votre corps encaisse le coup, vous prendrez part à quelque chose de grandiose. Ce calice est un artefact permettant de revenir dans le passé afin de rencontrer une des figures marquantes de l'histoire et d'interagir avec cette célébrité, sans pour autant changer notre présent actuel. Une expérience inoubliable et ô combien enrichissante. Vous ne pourrez cependant leur parler que pendant cinq minutes, après vous reviendrez en ces lieux et vous aurez perdu. Si vous mourrez durant cette rencontre, vous serez ramené ici et vous aurez échoué également. Comment gagner dans ce cas ? Ce n'est pas chose aisée, vous devez convaincre la personne en question de vous donner le pouvoir de revenir en ces lieux avant que le temps imparti ne soit écoulé. Si vous acceptez, procédons dans cet ordre précis : mademoiselle Redbird, maître Farore, Lord D'Elenor et Lady Kuran.

Citation :
Vous pouvez décrire jusqu'au moment où vous buvez et je vous laisse même imaginer les douleurs physiques si vous le souhaitez, elles doivent néanmoins être conséquentes. L'épreuve se déroulera en trois tours, donc ne vous précipitez pas. Le labyrinthe ne comporte plus que trois épreuves, donc c'est la dernière ligne droite Wink
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MessageSujet: Re: Détaler dans les dédales [Event 1, Épreuve du labyrinthe]   Mer 26 Fév - 18:45

Quelques bruits étranges me firent m'écarter de la paroi. Le cristal pourtant si parfait semblait se fissurer par endroits, apportant de la confusion dans mon esprit. Avant même que je ne puisse réagir, la prison se brisa, éclairant la salle de plusieurs reflets de couleurs différentes. Cela avait quelque chose d'étrangement merveilleux et je regardais les derniers éclats déferler sur le sol. L'oppression qui pesait sur mon cœur disparut en même temps que la cage et je pris une grande bouffée d'air, remplissant mes poumons d'une nouvelle assurance. J'en avais même presque oublié le petit rossignol qui s'imposa de nouveau dans mon esprit. Je me précipitais vers lui, ne portant aucune attention aux brisures qui jonchaient dans la poussière. Je m’inquiétais sincèrement pour lui, sous cette forme, il paraissait si fragile. Je m'agenouillais à ses côtés, cherchant un moyen de l'aider mais je n'osais pas le toucher de peur de lui faire encore plus mal qu'il ne souffrait déjà. Mon cœur se serrait, mais avant que je ne puisse tenter quoi que ce soit pour lui porter secours, le professeur Bachiatari apparut devant nous. Il se dirigea vers Lucien d'un pas assuré et je me relevais pour le laisser faire. Je reculais de quelques pas, méfiante. Cet homme ne m’effrayait pas, mais ne m'inspirait pas confiance pour autant. Le Celestin s'agenouilla à son tour et posa sa main sur le petit oiseau souffrant, c'est alors qu'il se métamorphosa en humain. Lucien saignait par endroits et était extrêmement pâle. Il n'avait plus vraiment l'air apte à marcher ou faire le moindre mouvement. Je scrutais le professeur, attendant qu'il fasse quelque chose comme sortir ce pauvre garçon du jeu. Mais il n'en fit rien. Au lieu de ça, il s'entailla la main. Je me figeais, ne comprenant pas. J'observais les gouttes tomber de façon régulière, sur le corps meurtri de l'élève. Le professeur maîtrisait parfaitement ce qu'il faisait et mon visage passa rapidement de l'effroi à mon expression fermée habituelle quand je compris qu'il soignait le jeune noble. Le maître de l'ombre se releva enfin, invitant Lucien à faire de même. Ce dernier se releva finalement comme s'il n'avait jamais été dans un état désastreux quelques secondes avant. Je ne bougeais pas d'un millimètre quand brusquement, le Celestin plaqua sa paume sur le front de Lucien, y laissant par la même occasion un  étrange symbole. Je ne savais pas ce qu'il signifiait, mais je me doutais que c'était le prix que Lucien devait payer pour m'avoir permis de continuer. Le professeur prit finalement la parole :

- Dire que je ne devais te montrer la nécromancie qu'en cinquième année, mais je ne peux décemment pas te laisser avancer dans cette épreuve dans cet état, autant demander à un insecte basique de tuer un humain. Je suis désolé pour ta vision, mais chaque choix à son lot de conséquences n'est ce pas. Les ténèbres ne sont pas tes ennemis, garde ça en tête. Oh j'allais oublier... tout comme pour la politique, certaines choses ne sont pas ce qu'elles semblent être, bonne chance.


Sa dernière phrase resta en suspend dans mon esprit, je ne savais pas vraiment ce qu'il voulait dire, mais je me promis de la garder en tête. Je ne réalisais pas vraiment que je venais d’assister à l'utilisation d'une magie qui m'avait toujours paru légendaire. J'étais trop perturbée par le Celestin. Il émanait une magie assez incroyable, je n'avais jamais ressenti ça auparavant. Il se tourna vers moi alors que je le fixais. Le professeur Bachiatari me salua et j'en fis de même d'un geste quelque peu mécanique, ne pouvant détourner mon regard. Puis, il disparut dans un souffle, nous laissant seuls. Je laissais échapper un long soupir de mes lèvres et reporta mon attention sur le jeune noble qui était maintenant mon partenaire. Mes pensées divaguèrent légèrement vers Francis et je me demandais s'il avait réussi à passer cette épreuve ou non. Il me paraissait maintenant plus simple de communiquer avec mon ancien coéquipier qu'avec le jeune noble qui se trouvait près de moi. Le silence qui régnait dans la salle était pesant et frustrant. Je ne savais pas si je devais le rompre, j'avais envie de remercier Lucien de m'avoir permis de continuer, même si je savais qu'il l'avait surtout fait dans un but personnel, ne pouvant continuer seul. Je me demandais si maintenant de nouveau en pleine forme, il me considérerait toujours comme une aide. D'une certaine manière, je m'en voulais qu'il doive payer le prix de ma liberté. Je savais que je devais faire de mon mieux pour honorer son choix. Je gagnerai, ou du moins, me donnerai les moyens pour aller le plus loin possible. Je ne savais pas quels adversaires il nous restait à affronter mais je reprenais progressivement confiance en moi, ce qui me donnait envie de me battre jusqu'au bout. Je me décidais enfin à parler quand une porte apparut devant nous.Dans un grand fracas elle s'ouvrit et sans se poser de questions, nous avançâmes, pénétrant dans l'inconnu.

J'avançais d'un pas qui se voulait assuré près de Lucien. Rapidement, nous quittâmes le couloir qui menait à un immense jardin. A peine arrivée dans ce lieu, je me sentais mieux et plus vivante. Je regardais d'un œil distrait autour de moi toute la magnifique végétation qui nous entourait. J'avais envie d'en découvrir plus, mais la table omniprésente au centre de la pièce et le fait que les autres groupes nous avaient rejoint me refroidis quelque peu. Je remarquais d'abord l'absence de Francis, et cela me peina quelques instant, puis mon voisin en cours d'alchimie. Un faible sourire espiègle s'installa sur mes lèvres, il avait donc eu de la chance de son côté. Enfin, une jeune fille dont j'ignorai tout, mais je compris rapidement qu'elle n'était pas quelqu'un de très fiable. Je fus étonnée de remarquer que nous étions, Lucien et moi, le seul duo. La présence d'un l'homme habillé avec élégance mit rapidement fin à mes élucubrations, il gardait un calice rempli d'un liquide semblable à du sang, c'était étrangement captivant mais cela avait un côté malsain. Il n'avait pas l'air plus vieux que nous, mais tout son physique était dérangeant. De ses vêtements à son expression de supériorité qui habitait son visage. Il était certainement noble et une sorte de mépris s'empara de moi. Ses ongles plus longs que la normale étaient d'un noir profond et effrayant. Mais, je ne pouvais détacher mon regard de son seul œil apparant, semblable à celui d'un reptile et d'un rouge identique à celui qui se trouvait dans le calice. J'étais maintenant presque certaine que cet homme n'était pas humain. Quand l'étrange impression qu'il était complètement dépourvu de magie me traversa le corps, un violent frisson me parcourut. Il prit soudain la parole, exposant après quelques phrases, le but de notre nouvelle épreuve :

- Cette épreuve est physiquement simple, prenez le calice se trouvant derrière moi et buvez une gorgée de sang frais, rien de bien compliqué. Si vous refusez, ce que je peux comprendre, votre épreuve s'arrêtera là et vous prendrez gentiment le chemin de la sortie, sans magie ou racines. Réfléchissez y, je ne tiens pas à imposer l'horreur dans votre esprit. Ce qui semble naturel pour mon peuple peut être totalement dégouttant pour votre espèce, je ne désire pas détruire votre dignité. De plus, si vous buvez ce sang, vous subirez d'effroyables douleurs physiques, je ne veux pas vous prendre au dépourvu. Néanmoins, si vous accepter de boire et que votre corps encaisse le coup, vous prendrez part à quelque chose de grandiose. Ce calice est un artefact permettant de revenir dans le passé afin de rencontrer une des figures marquantes de l'histoire et d’interagir avec cette célébrité, sans pour autant changer notre présent actuel. Une expérience inoubliable et ô combien enrichissante. Vous ne pourrez cependant leur parler que pendant cinq minutes, après vous reviendrez en ces lieux et vous aurez perdu. Si vous mourrez durant cette rencontre, vous serez ramené ici et vous aurez échoué également. Comment gagner dans ce cas ? Ce n'est pas une chose aisée, vous devez convaincre la personne en question de vous donner le pouvoir de revenir en ces lieux avant que le temps imparti ne soit écoulé. Si vous accepter, procédons dans cet ordre précis : mademoiselle Redbird, Maître Farore, Lord D'Elenor et Lady Kuran.

Quand il prononça mon nom, mon sang se glaça de toute part dans mon corps. Sa voix avait résonné autant dans la pièce que dans mon cœur. Je cru un instant que je n'étais plus maître de corps, à cause de la peur qui tiraillait tout mon être. Chacun de ses mots s'infiltraient peu à peu dans mon esprit, me perturbant plus à chaque seconde. Mais les autres ne devaient pas voir cette crainte qui apparaissait petit à petit sur mon visage, je fixais le calice, enfermant mes émotions au plus profond de moi. Je tentais de calmer mon cœur qui s'était automatiquement affolé et je pris une longue inspiration. Je devais me dépêcher de prendre une décision, je ne pouvais pas attendre éternellement que les choses se fassent par elles-même. Je jetais un coup d’œil aux autres concurrents, tous me fixaient, mon regard se posa finalement sur Lucien, ses yeux perdaient déjà de leur éclat. Il avait sacrifié quelque chose pour que je puisse me battre, tout comme ma mère et mon père , il y a bien longtemps maintenant. Même mon frère s'était sacrifié pour que je vive, que je puisse me battre. Je me trouvais soudain idiote d'hésiter à boire un pauvre calice rempli de sang, qui certes procurait d'atroces souffrances, mais qui était le chemin à prendre pour la victoire. J'avais aujourd'hui la chance de pouvoir agir, je devais donc faire quelque chose. Je relevais la tête vers le comte, je plissais légèrement les yeux cherchant à mettre toute ma détermination dans mon regard.

- Je vais boire.

Étrangement, ma voix sortit de façon limpide et posée. Je m'approchais doucement du calice. J'avais l'impression que tout mon corps tremblait mais chacun de mes gestes étaient lents et calculés. J'attrapais sans grande détermination l'artefact et le porta  lentement à mes lèvres sans pouvoir m'empêcher de déglutir. Mes yeux se fermèrent automatiquement et j'essayais de visionner un lapin que je venais de chasser. Puis, je me décidais enfin et pris une longue gorgée du sang frais. Le goût n'était pas désagréable il ne s'éloignait pas tellement de celui d'un lièvre, légèrement plus cuivré vers la fin. Il brûla légèrement la trachée quand j'avalais. Puis, pendant quelques secondes plus rien. Je sentais de nombreux picotement le long de mes bras apparaître, mais rien d'insupportable. Alors que j'allais de nouveau parler, mes jambes me lâchèrent et je m'écroulais au sol me repliant sur moi-même. L'enfer avait commencé. J'eus l'impression dans un premier temps qu'on me plantait une longue lame dans l'estomac et que quelqu'un s'amusait à la tourner dans tout les sens déchiquetant mon corps au passage. Des fourmillements semblables à des aiguilles qu'on incrusterait violemment dans la peau parcouraient maintenant chacun de mes membres. J'avais perdu tous mes repères et ma vision était lacérée d'éclairs de lumière qui me donnaient l'impression de me griller le cerveau. Je ne savais pas si je hurlais, mais tout mon être suppliait que cette souffrance cesse. Quand tout semblait se calmer, un liquide âcre m'étouffait et je me griffais le cou pour essayer de respirer, ayant l'horrible impression d'être en train de perdre la vie. Mes veines semblaient être sur le point d'exploser et j'eus l'effrayante impression que des centaines de personnes essayaient de me briser les os à coups de poignard. Alors que je pensais que je vivais le pire, mon cœur se compressa de plus en plus, comme si une main se resserrait autour, me faisant suffoquer et dans les secondes qui suivirent, les ténèbres m'envahirent.


Dernière édition par Nora Redbird le Sam 19 Avr - 22:43, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Détaler dans les dédales [Event 1, Épreuve du labyrinthe]   Jeu 27 Fév - 13:15

Après quelques minutes dans cette cage de cristal, me voilà déjà libéré. Je ne comprends pas trop ce qui est en train de se passer. Aldéas se fait emporter par les racines invoquées par le professeur Bachiatari. Après lui avoir parlé, il s'approche de moi avec une démarche lente. Son aura, l'atmosphère autour de lui, sa façon de me regarder, tout en lui me terrifie. Je me fige, ne sachant pas vraiment à quoi m'attendre. Après tout, Aldéas n'avait fait aucun choix. Il est donc logique que je sois éliminé également. Ma respiration s'accélère, je ne veux pas arrêter maintenant, je ne mérite pas de perdre de cette façon.


- Tu étais enfermé, à la merci d'un autre, mais tu as su rester calme, gardant ta dignité et tes forces. Tu as parfaitement analysé la situation et tu as refusé de laisser le hasard dicter sa loi. L'aléatoire apporte le chaos, je pense qu'on te l'a apprit dans le passé non ? Surtout vu ton ancienne profession. Tu es libre de continuer, mais tu ne recevra ni avantage, ni handicap.



J'aurais pu me satisfaire de cette nouvelle. Pourtant il n'en est rien. Il sait qui je suis, d'où je viens, ce que j'ai vécu. Il joue avec mon passé et l'utilise pour me déstabiliser. Mon corps se raidit, les souvenirs déferlent dans ma tête. Je tente de les retenir, en vain.
Professeur Bachiatari, tuer est quelque chose que l'on m'a appris à faire depuis mon enfance, cela m'a toujours répugné et jamais je n'aurais pensé qu'un jour, je souhaiterai ôter la vie à quelqu'un.
Mais... Pour vous, je ferais une exception si vous continuez de me provoquer volontairement.

Je ne sais combien de temps je suis resté là, le regard dans le vide. Il faut que je me ressaisisse! Ce n'est pas comme ça que je vais pouvoir remporter ce concours.
Face à moi, une partie du  mur se transforme progressivement. Une porte apparaît et s'ouvre.
Sans chercher d'explications ou de logique quelconque, je pénètre dans une salle ou plutôt dans un couloir, je ne sais pas vraiment. L'obscurité est oppressante et m'empêche de souffler pour reprendre mes esprits. Je suis toujours sonné par les propos du professeur et je n'arrive pas encore à chasser les souvenirs qui ont refait surface. J'avance sans réfléchir, espérant trouver la sortie au plus vite. J'accélère le pas pour finalement me retrouver en train de courir pour fuir les ténèbres.

~~~~~
La transition fut radicale. Rien n'aurait pu être plus propice au calme et à la tranquillité que cet endroit. Je prends une grande inspiration pour m'imprégner de cette ambiance. Les odeurs des fleurs portées par une douce brise, un paysage à couper le souffle. Le concours me paraît à présent si loin, je suis comme transporté par ce décor digne des plus beaux contes.
Pourtant, dans ce paysage paradisiaque demeure un élément perturbateur. Un homme, seul, immobile, semble attendre notre arrivée. Une fois devant lui, je constate que les concurrents restants  sont juste derrière moi.

Lucien, accompagné par... ma camarade d'alchimie? Était-ce elle que j'avais aperçu brièvement au début du concours avec Francis? Je n'aurais pas imaginé la retrouver ici. D'ailleurs, Francis semble avoir été éliminé lui aussi. La présence de ma voisine de cours a quelque chose de rassurant.
Je ne saurais pas dire comment, mais en l'observant, je me sens plus serein. Je ne prête même pas attention à la fille qui arrive ensuite, étant trop perdu dans mes pensées. Comment Lucien avait-il réussi à soigner ses blessures? D'où lui vient cette marque sur son front? Trop de questions se bousculent dans ma tête, me faisant oublier que nous sommes sans doute devant la personne qui va nous mettre à l'épreuve.


~~~~~

- ... procédons dans cet ordre précis : mademoiselle Redbird, maître Farore, Lord D'Elenor et Lady Kuran.

J'abandonne.

Si beaucoup d'épreuves sont à ma portée, boire du sang ne l'est définitivement pas. Le faire est déjà en soit quelque chose dont je suis incapable, mais le faire en sachant que les douleurs  occasionnées seront terribles rend l'épreuve d'autant plus insurmontable.
Un concours reste un concours. Il est hors de question que je joue ma santé pour gagner une stupide récompense. La vie est quelque chose d'inestimable par rapport à une simple victoire.
Je ne vois pas qui serait assez fou pour oser faire ça. Nora va donc être la première à faire son choix. Son nom me revient à présent. Je ne connais pas grand-chose sur elle, mais je doute qu'elle accepte de boire.
Vivement que mon tour vienne et que tout s'arrête. Ce jeu ne m'amuse plus. Tout prend une tournure bien trop étrange à mon goût.
En observant Nora, figée devant le calice, je nous imagine déjà rentrer tous perdants à l'académie. Ce n'est pas une honte, nous avons fait de notre mieux, mais ceci est clairement au-dessus de nos forces.
Seul un vampire comme ce cher monsieur pourrait boire ce breuvage atroce.

- Je vais boire.

La voix de Nora arrêta net mon flux de pensées. Ai-je bien entendu?
Je ne peux que rester bouche bée, la voyant boire sans hésiter une gorgée de sang.
Aucune réaction de sa part. Pas une douleur, pas un seul geste. Était-ce un test pour voir si la douleur nous faisait peur? Le vampire aurait-il menti ?
Les secondes s'écoulent comme des minutes et Nora n'esquisse pas le moindre mouvement.
Ouf. Plus de peur que de mal. J'observe le vampire pour guetter sa réaction. Il demeure impassible, comme s'il attendait que quelque chose se passe.

Elle est au sol. Il a fallu une seconde d'inattention pour que ce que je craignais arrive.
Elle se tord de douleur et je ne peux rien faire. Personne ne bouge. L'examinateur me fait un léger signe de la tête pour me signaler que c'est mon tour.
J'approche du calice rempli d'hémoglobine. Ma poitrine me fait mal et mon coeur se serre. Pourquoi? Il suffit que je dise que j'abandonne et tout ça sera derrière moi!
J'entends les gémissements de Nora et me retourne vers Lucien, comme pour chercher un soutien pour me dire que l'abandon est la bonne solution. C'était une très mauvaise idée.
Il me fixe, le regard empli de détermination. Il semble résolu à continuer jusqu'au bout...

Pourquoi font-ils ça? Qu'est-ce qui peut les pousser à vouloir avancer sans faire attention aux conséquences futures?
Je reporte mon regard sur le calice, plongeant mon regard dans cette eau rouge. Je laisse échapper entre mes lèvres des mots à peine perceptibles:

- Je ne sais pas jusqu'où vous comptez aller... mais j'espère que ça vaut le coup.

J'avale à mon tour une gorgée de sang. Quelques secondes plus tard, l'agonie et la souffrance ne font plus qu'un avec moi. Je m'écroule, me recroqueville et tente de concentrer mon esprit sur la moindre partie de mon corps qui aurait pu avoir la chance d'échapper à cette douleur insoutenable. Je me sens comme dévoré de l'intérieur, brûlé de part en part par des flammes invisibles qui seraient nées du sang que j'ai ingurgité. Je sombre peu à peu dans l'inconscience mais la douleur demeure toujours aussi forte. Je veux hurler, extérioriser cette souffrance mais je ne peux plus bouger. Le moindre mouvement décuple la douleur. Je reste là, allongé, attendant la mort, comme cette fois-là, dans la forêt...

~~~~



La véritable puissance réside dans les sentiments que les gens éprouvent pour les autres. La véritable force, c'est notre cœur. Si quelqu'un tient à moi, cela me rend plus fort. L"union de nos cœurs, voilà d'où vient ma force!

Kingdom Hearts


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Dernière édition par Zéphyr Farore le Lun 7 Avr - 15:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Détaler dans les dédales [Event 1, Épreuve du labyrinthe]   Ven 28 Fév - 22:33

L'herbe était on ne peut plus fraîche. Dans le délire des sens qui secouait le corps d'un rossignol, une âme tentait d'échapper à la souffrance qui parcourait un petit être en se focalisant sur les plus maigres détails qui n'avaient pas trait au tourment qui l'agitait.

La détermination de Lucien flanchait peu à peu devant l'absence de secours de la part de celle qu'il avait délivrée, ne puisant sa force que devant un souvenir fort douloureux. Plantant ses racines dans la rancune, elle s'endurcissait devant un voyage qui n'augurait rien de bon, ne promettant qu'enfer pour le maigre espoir d'une réussite qui ne lui serait pas attribuée.
L'élève décida de se décharger d'une partie des maux qu'il ressentait sur les autres qui partageaient son corps. Entités floues, définies par fragments lors de cours brefs et intenses, elles lui en seraient certainement rancunières de cet acte qui les liait pourtant profondément. S'ouvrant en ce jour totalement au rossignol, s'étant déjà lié à l'ombre lors de la révélation passée, il ne s'inquiéta guère de ce qui pourrait se passer si les limites entre eux se faisaient moins claires, le seul ennemi étant ici la douleur.


Le bruit d'un bris de verre, rapidement suivi par des bruits de pas.
Le rossignol intérieur accepte au début son effort pour les lier, mais fuit rapidement devant la douleur, trop grande pour son petit corps. Lucien le laisse alors et abandonne, décidant d'essayer de se détacher de son corps pour ne pas sombrer. Refoulant la douleur, tentant de ne pas la considérer, il réfléchit à ce qu'il fera et retrouve une partie de sa résistance en pensant à la victoire qui peut l'attendre s'il tient. Il ferait la fierté de sa maison et de sa famille, serait regardé avec plus d'attention à partir de ce jour.
Plus qu'une curiosité, il serait un vainqueur.
Les yeux fermés, il ne sait pas que Nora est à côté de lui et décide de ne pas attendre de secours d'elle. Se montrer naïf n'avait pas été brillant, mais le choix n'est pour autant pas regretté, car il s'agissait de la seule façon de ne pas perdre.


Une main se pose sur son corps. Ferme, elle n'a rien de celle qui a été attribuée mentalement à Nora.
L'Ombre, faite de murmures et de brumes convainc Lucien d'abandonner sa forme de rossignol avant même qu'il n'ait son mot à dire. Elle est plus ingénieuse que l'humain lorsqu'il s'agit de réagir à l'appel des siens et sa sagesse ne va pas à l'encontre de son hôte pour cette fois.
Le retour aux anciennes sensations est brutal. Il est toujours perturbant d'endosser une forme ou un autre, et faire subir un tel exercice deux fois à un corps meurtri n'avait pas été des plus brillants.

Du sang tombe sur les plaies du noble et celui-ci tressaille. Le liquide chaud lui rappelle celui qui s'écoulait avant que Zéphyr ne le sauve d'une expulsion assurée, et il se demande confusément ce qui se passe entre deux élancements douloureux. Ses perceptions lui assurent un impossible mouvement, rapidement associé à la magie par une partie déjà habituée au fantasque.
La peau était mise à nue en cet endroit, le manteau de prix ayant été déchiré par les épines, et le noble fut vaguement conscient de la forme que prenait la trainée de sang. Le pentacle achevé, le froid le prit. Il s'agissait cependant d'un froid familier et dépourvu d'impuretés, plus vivifiant que mortifiant. Il en était même pur au moins d'être terrifiant.
Cependant, Lucien était entièrement tourné vers l'Ombre en ce moment et retrouvait dans une certaine mesure la fascination éprouvée au contact des colonnes d'ossements.

Et puis la douleur revint en force, déchirante comme jamais. Les côtes semblaient se briser à nouveau, et la structure interne de l'apprenti jouait des siennes. Comment décrire la sensation provoquée par un squelette qui se rebelle à l'intérieur du corps de son hôte ? Les os qui se réparèrent produisirent d'innombrables chocs et le froid s'intensifia peu à peu sans jamais perdre en pureté. Il fallait une volonté de fer pour ne pas vouloir le fuir, mais Lucien acceptait sa familiarité, par confiance envers celui qui devait être le professeur Bachiatari. Qui d'autre que l'instigateur de l'épreuve aurait pu lancer un sortilège d'ombre aussi puissant ?
La douleur reflua peu à peu, ne laissant qu'une vigueur nouvellement acquise. Toutes les douleurs avaient été emportées en réalité par le froid nécromantique, laissant stupéfait le jeune élève.

Finie la souffrance, abrégé le tourment. La vie reprenait des couleurs, regardée à travers la lentille de la santé. Déjà, Lucien souriait, malgré l'incongruité d'un froid capable de rendre la vie alors que le rétablissement est en général associé à un chaud sentiment de bien-être. Cela n'avait pas la moindre importance devant la joie ressentie devant un retour à la normale, tout comme le fait que cela soit ou non permis par le règlement. Il se moquait bien devant la vigueur acquise qu'il ait perdu la possibilité de gagner malgré les blessures qu'Ayla lui avait infligées, il préférait largement se débrouiller sans.

Avec stupeur, l'apprenti découvrit qu'il avait également recouvert la possibilité de se lever et acceptait cela comme une résurrection. Tout sourire, malgré ses vêtements déchirés qui semblaient bien déplacés sur un corps tout neuf, ayant laissé derrière lui la douleur sans se dissocier totalement de l'ombre qui avait été son alliée lors de cette épreuve, il se tourna vers le professeur Bachiatari, ayant à peine remarqué que Nora était encore là.
Soudain, une main fut plaquée sur son front avec violence et une sensation dérangeante le prit au niveau du front. Dégageant ses mèches, le noble dévoila inconsciemment au su de tous l'étrange symbole qui était à présent gravé dessus.

Cela était désagréable, mais outre un mouvement de recul initial rapidement réprimé, Lucien ne se plaignit pas. Le résultat de cette épreuve était pour l'instant de son goût : il s'était fait une alliée, avait recouvré la santé. Il attendait avec anxiété la sentence, tout en étant persuadé qu'elle vaudrait sûrement la peine. Du regret perçait dans la voix de son mentor, ce qui était inattendu.

Le mot nécromancie résonna un temps dans les oreilles de Lucien, éveillant intérêt, dégout et incompréhension devant la perspective d'une prédisposition à la magie qui permettait de ranimer les morts. Contre-nature, il s'agissait de la plus secrète et de la plus noire des magies avec la démonologie, qui le répugnait encore plus, et il était difficile pour le jeune blondinet de s'y lier. Dans l’abasourdissement que provoqua le mot, la mention de la vision fut malheureusement négligée et la mention des ténèbres raccordée aux arts sombres ce qui promettait au garçon une mauvaise surprise dans fort peu de temps.

Ainsi, le professeur partit, laissant dans l'esprit de celui sur lequel il avait employé un sentiment de victoire. À présent nanti de facultés inimaginables quelques minutes auparavant, Lucien se sentait capable de franchir des montagnes, et bien plus important, de vaincre Ayla.
La porte qui apparut peu de temps après lui sembla rassurante, comme étant la promesse d'un autre lieu qui l’amènerait à la victoire. Toute confiance en lui restaurée, il s'avance déterminé avec Nora sur ses pas.

Aucun mot n'a été entre eux échangé depuis qu'elle avait été libérée, pas même un merci, ce que dans sa politesse le noble n'avait pas relevé, jugeant possible que sa compagne fut extrêmement timide ou même muette. Si elle désirait le silence, il respecterait sa volonté qui lui plaisait pleinement ; ne pas avoir à faire la discussion, pour laisser leurs esprits libres de se concentrer sur la démarche à obtenir pour arriver jusqu'à la victoire.


Lucien se frotta les yeux, ayant comme l'impression d'être en train de pleurer. Grinçant des dents, il ne sentit aucune humidité sans que s'achève l'impression de léger flou qui entravait à présent sa vision. Progressivement il comprit le prix qu'il allait devoir payer pour avoir sauvé Nora et finit par se dire qu'il s'en était tiré à bon compte, s'étant attendu à perdre littéralement la moitié de ses capacités physiques et mentales ; réfléchir deux fois plus lentement, deux fois moins bien, aller deux fois moins vite pour aller quatre fois moins loin, perdre la moitié de sa force...
Tout devait avoir un prix, et il devait payer le sien. Afin d'éviter à l'angoisse de la perte progressive, ses yeux furent clos dès l'instant où il fut acquis que la cécité allait le gagner, Lucien préférant affronter dès maintenant les ténèbres qui ne devaient pas être ses ennemies.

Un long couloir ne devait pas poser de problèmes d'orientation, après tout.

Une interminable marche en aveugle eut alors lieu, dans le silence qui plus est. Le garçon dépourvu de la vue et la fille dépourvue de la voix allaient de l'avant, l'un en avant par rapport à l'autre. Le bruit de leurs pas résonnait avec intensité dans les oreilles de l'aveugle, car il s'agissait à présent de son seul repère.
De temps à autre, il ouvrait les yeux par réflexe, toujours pour trouver sa vision plus terne et floue qu'avant. Sous peu, il serait englobé par les ténèbres quoi qu'en disent ses paupières.

Peu avant que la vue ne fut intégralement laissée derrière, le groupe arriva devant ce qui devait être un jardin. L'agencement impeccable de taches de couleurs floues en témoignait, ainsi que leur teinte approximative. Le benjamin d'Elenor se mordit la lèvre et décida de regarder ceux qui étaient là, ne pouvant décemment dévoiler sa faiblesse, inconscient du sceau sur son front et de la teinte sans vie que prenaient ses yeux.

Zéphyr avait réussi.
Yuuki également.

Personne d'autre n'était visiblement parvenu jusqu'ici. La joie prit Lucien lorsqu'il comprit que celui qui devait être son seul et plus fidèle ami était parvenu à sortir vainqueur de l'épreuve du choix, et une certaine fierté liée à la maison lorsqu'il vit que la maison de l'Ombre était largement la plus représentée. Il avait rencontré Yuuki lors d'une réunion, et cela n'avait pas été la plus chaleureuse de sa vie.
Elle, au moins, il devait la vaincre. Pour prouver qu'il était le meilleur de sa maison, quand bien même elle serait une "survivante" et une deuxième année.
D'autant plus qu'il s'agissait elle aussi d'un "prédateur", d'une sœur d'Ayla qui avait, elle, au moins, le mérite de ne pas cacher sa nature de fourbe. Il ne pouvait pas laisser une vampire gagner.


Tous avaient la tête tournée, comme l'indiquait la différence de couleur entre les cheveux et le visage vers un étrange enfant que Lucien n'avait jamais vu et était donc dans l'incapacité d'identifier. Il ne percevait que des couleurs : du noir, du rouge. La forme grossière d'un cache-œil, ce qui devait être des ongles noirs. Il était très compliqué de tenter de comprendre de qui il s'agissait.
Aussi, le noble s'abandonna aux seules sensations qu'il pouvait avoir de lui : son ouïe et son sens de la magie. Et ce qu'en disait la seconde était très alarmant.
Au fil du temps, l'apprenti magicien avait appris à faire confiance dans une certaine mesure à l'Ombre. Cependant, elle semblait aspirée par ce personnage mystérieux, et il fallut toute sa volonté au noble pour ne pas reculer loin de lui.

La première fut, elle, mise à l'épreuve assez rapidement lorsqu'un discours fut prononcé. Une morgue insupportable fut décelée, qui hérissa le jeune garçon. Un sens acquis avec le temps lui assurait qu'il était d'un rang social infiniment supérieur au sien et qu'il tenait à le leur faire savoir.
Ensuite, les mots "comte vampirique" aidèrent grandement celui qui ne pouvait clairement identifier l’œil rouge comme celui d'un serpent, en plus de l'énerver profondément. Les vampires de haut rang le poursuivaient, entre Ayla, Yuuki et lui !
Il leur prouverait qu'ils n'étaient pas supérieurs aux humains car ils étaient capables de comportements atroces. Il boirait dans le calice (ainsi donc, cette tache floue qui avait quelques nuances de rouge était un calice et non pas un pot laissé vide. Bon à savoir)

L'idée de souffrir faisait presque rire celui qui avait deux fois déjà souffert aujourd'hui, lui montrant la justesse du dicton. Il en était curieux de voir ce que cet artefact pouvait lui faire subir qu'il n'ait pas déjà vécu dans l'heure. L'épreuve lui semblait bien simple : aller dans un passé illusoire, survivre et convaincre une personne célèbre de leur donner le pouvoir de rentrer : rien qui ne nécessitait atrocement la vue, seulement un bon bagout, ce dont Lucien regorgeait. De plus, ses capacités de protection avaient été démontrées depuis longtemps, le premier cours d'Ombre ayant établi sa puissance magique.
Cependant, d'ici à ce que ce soit son tour, les ténèbres l'engloutiront cependant et il lui faut déjà calculer la distance jusqu'au calice, ainsi que sa position relative pour éviter de se montrer ridicule. Au flou insupportable s'ajoutait la noirceur d'une vision peu à peu enfuie.

Nora démontra qu'elle avait été pourvue d'une langue par la nature, ce qui ne fut finalement pas très surprenant. Son calme inhabituel est rassurant, et il est satisfaisant de voir qu'elle n'a pas été sauvée pour rien.
Les cris de douleurs de la jeune femme n'eurent aucun lien avec le fait que l'élève de l'ombre dut clore ses yeux, souhaitant simplement échapper avec ces formes incertaines qui ne ressemblent pas tellement à des personnes, à cette absence de clarté incommode. Les vraies ténèbres étaient au moins rassurantes, et il s'agissait de son futur sort.

Il ne bouge pas, ne fait rien pour l'aider, espérant qu'elle puisse s'en sortir.

Lorsque vient le tour de Zéphyr, Lucien tourne la tête vers l'endroit où il était précédemment, ouvre les yeux et voit les couleurs qu'il porte. Il lui sourit, mettant en lui sa détermination. La cécité ne lui fait pas perdre espoir, et la détermination emplit un regard qui a perdu tout l'éclat de l'émeraude pour n'être plus que d'un vert terne.
Sans lui, il ne serait pas là.
Sans lui, deux personnes n'auraient pas bu à ce calice. S'il part, la vampire aura plus de chances de gagner, et cela ne doit pas arriver.

Tant de pensées sont transmises dans un regard, et bientôt l'assassin s'en va rejoindre Nora au sol, des couleurs floues ayant rejoint le vert de l'herbe.


Lucien approche du calice, sa main cognant la table. Il rouvre les yeux, conscient que la forme sombre et indécise qu'il voit est un objet réel et non un effet de lumière pervers. Il les referme une fois l'objet bien en main et boit une gorgée, le sourire aux lèvres.
Les muscles sont tendus dans l'attente de la souffrance, et alors que le calice est reposé sur la table ils se contractent furieusement, comme pour se déchirer. Des fourmillements indescriptibles se propagent dans tout le corps, vibrant avec une intensité folle et arrachant à Lucien un rire fou. Le rire d'une personne qui n'en peut plus de souffrir et qui transmue la douleur en une fausse joie, et parait effrayante par ce procédé. Ses nerfs éclatent avant de se reformer, distillant la douleur comme jamais auparavant. Cette fois-ci, il n'y a pas de froid familier. Il s'agit d'un troisième type de douleur : la première endommageait le corps, la seconde le réparait, celle-là se contente d'exister. Un pic pur de tourments, dévoué au malheur de celui qui la ressent, sans s'accompagner de bouleversement de température.

Le goût ferreux et pourtant anormal du sang contenu dans le calice semble contrebalancer l'impression de vide qui prend l'individu au contact du comte Hakairyoku, et le rire de Lucien se poursuit tandis qu'il sombre dans le passé.
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Innen
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MessageSujet: Re: Détaler dans les dédales [Event 1, Épreuve du labyrinthe]   Sam 12 Avr - 15:11

Impressionnant, les mots refusèrent de sortir mais le regard en disait long, le comte Hakairyoku ne pouvait que regarder avec étonnement les humains et garous boire au calice, avec une seule idée en tête : gagner. Il se souvenait à présent d'un temps obscur, une période où il se sentait complet, aux côtés de la famille royale, au service de sa reine. Cette beauté ultime, la puissance incarnée, sagesse, intelligence et volonté, avec un brin de fureur et d'effroi. Sa reine et son mentor, sans elle...il ne serait rien. Alors que le roi des enfants de la nuit racontait à qui voulait l'entendre que les humains n'étaient que de faibles créatures qui n'avait comme autre utilité que du bétail, la reine avait dit des mots bien plus intrigants. "Méfie toi des humains, un par un ils sont fragiles, mais il suffit d'un but commun, d'un objectif, d'une raison de se battre et leur potentiel t’apparaîtra". Il comprenait enfin, ils avaient même un petit quelque chose de plus, de fascinant. Amusant, voyons voir si leur "potentiel" pouvait vaincre le redoutable Calice des Morg.

Le premier arrivé fut Zephyr, retournant dans un passé plus ou moins proche, au tout début de l'année scolaire, la nuit même où le professeur Sayuri Hellsing avait disparu. Elle était là, dans les bois, attendant quelque chose ou plutôt quelqu'un, peut être un de ses amis ? Ce soir, le jeune Farore allait être témoins du plus gros secret gardé au sein de cette académie, l'identité du Maudit en personne.

Il arriva, cet être baignant dans l'ombre, ne laissant pas une seule trace de peau visible, une pure créature élémentaire. Mettant genoux à terre, il salua la vampire à la manière d'un serviteur, puis se releva lentement. Inutile d'être un puits de science, il suffisait de parler à n'importe quel tavernier, commerçant, pauvre ou garde pour entendre les histoires qui circulaient sur le Cercle des Ténèbres. Si le Maudit s'agenouillait devant ce professeur de combat, cela ne pouvait signifier qu'une seule et unique chose, Sayuri Hellsing était la dirigeante de cette sombre guilde, elle était l'Ombre. Le maître et son second se rejoignirent, parlant des projets de la vampire concernant un certain groupe de hors-la-loi, s'échangeant quelques informations, une rencontre banale en somme. Mais quelque chose ne tournait pas rond et Sayuri le sentit beaucoup plus rapidement que ce cher Zephyr, mais c'était déjà trop tard. Elle se retourna en direction du Maudit et envoya ses griffes en direction de son coeur, mais la main gauche du mage noir était déjà posé autours de sa gorge...et l'impossible se réalisa. Elle hurla, ses pouvoirs semblant l'abandonner et tomba sur le sol à genoux, murmurant des mots telle une mourante dans ses derniers instants.

- Shitennô...l'abysse...traître...L'Ankou...tuer...

La forme élémentaire se dissipa lentement, laissant la place au professeur d'ombre et de contrôle de l'académie d'Edälia. Shitennô appuya sur le bouton en or qui ne semblait que décoratif jusqu'alors sur sa canne et sortit lentement une superbe lame blanche, reflétant parfaitement la faible lumière de la lune. Il l'enfonça très lentement dans le cœur de sa cible, prenant son temps, comme si il désirait la punir pour quelque chose. Une fois que la distance séparant l'arme de cet organe vitale fut enfin détruite, il envoya une certaine quantité d'énergie élémentaire et fit exploser le cœur du professeur de combat, puis retira sa canne épée et décapita son ancien maître d'un geste dédaigneux. Il posa ensuite sa main gauche sur le sang de la vampire et aspira immédiatement tout ce fluide vital par sa simple paume, avant de l'entourer de son bandage habituel. Il ne restait qu'un détail à régler, le corps de Sayuri. Un simple mouvement de la main et le corps fut dévoré par des flammes d'un vert macabre, sans doute un sort de nécromancie.

Ceci étant fait, Shitennô retira également tout le sang présent sur ses vêtements et sur sa lame d'un autre mouvement de la main, puis rangea sa canne épée, retrouvant dés à présent ce calme exemplaire qui le caractérisait tant, après tout...que faire d'autre excepté simuler, lorsqu'on ne possède presque pas d'émotions. Sourire se dessinant peu à peu sur ses lèvres, il se retourna lentement en direction de Zephyr.

- Pour tuer un vampire il faut lui percer le cœur, lui trancher la tête, le brûler et disperser ses cendres. Je doute que l'on t'ai appris cela lors de ton apprentissage, toute information est bonne à prendre. Résumons, tu m'a vu tuer un éminent professeur, donc je devrais te tuer à ton tour, mais en y réfléchissant bien, tu ne peux pas être à deux endroits à la fois. Tu ne peux pas encore te déplacer suffisamment vite malgré ton élément, tu ne peux pas te dédoubler et encore moins te téléporter. Tu ne m'a pas suivi, donc je dois en déduire que tu ne viens pas de l'époque où je me trouve et comme il n'existe qu'un seul artefact capable de réaliser cette prouesse, tu dois donc participer à ce festival que Myrddin semble vouloir organiser. Hakairyoku n'étant pas prévu pour le début, tu dois avoir fait forte impression, amusant. L'apprenti assassin qui a fuit son ancienne vie rencontre le dirigeant du pire groupe d'assassins d'Edälia. Soit, je ne vais pas te tuer, perdre aussi proche du but...ce serait dommage. A la place, je vais répondre à tes questions et d'ici quelques minutes je te renverrais dans ton monde. Oui, c'est beaucoup plus amusant comme cela.

Laissons nos amis assassins discuter tranquillement, passons de suite à ce qui arrivera à Lucien, il allait faire une rencontre qu'il n'était pas prêt d'oublier. Quelle période ? A la base, il devait remonter jusqu'à la fin de la guerre élémentaire, mais quelque chose d'étrange se produisit, une anomalie dans le fonctionnement habituel du calice. Quelque chose ou quelqu'un, se servit de la puissance de cet artefact pour briser les barrières et rencontrer le jeune noble, une terreur dissimulée sous un visage de sympathie.

Lucien arriva donc dans une splendide salle de réception, une salle qui lui semblait familière, serait ce...sa propre demeure familiale ? Pourtant elle semblait beaucoup plus riche et mieux conservée, quelque chose ne tournait pas rond.

- Bonsoir Lucien.

Un nouvel arrivant venait de faire son entrée dans cette étrange pièce, une personne qui aurait pu être Lucien quelques années plus tard, mais qui dégageait quelque chose d'inexplicable, de malsain, de morbide. Des longs cheveux d'or, des yeux en émeraude, des habit élégants témoignant de la richesse de sa maison...et un crâne ? Il le portait dans ses bras, comme si ce reste d'ossement était son bien le plus précieux, pas comme un enfant...mais comme une personne que l'on aimait à la folie, oui c'est cela, la folie. Sa voix avait quelque chose d’envoûtant, calmant toute émotion à sa simple écoute, mais était également familière pour le jeune noble.

- Tu te souviens de moi ? Ton premier cours d'ombre, tu allais mourir en utilisant ta forme animale, je suis intervenu et tu as créé une merveilleuse petite muraille d'ombre. Je me nomme Lewis Thaddeus D'Elenor, fondateur de cette sympathique petite famille. Assieds toi je t'en prie.

Lucien se retrouva attiré subitement dans un fauteuil des plus confortable, tandis que Lewis posait délicatement le crane sur un coussin avant de l'embrasser avec une certaine tendresse, puis vint ensuite s'asseoir pour faire face au jeune homme. Il fit également venir entre eux une table avec du thé, des gâteaux et autres mets dont la noblesse raffolait. Le fondateur de cette noble lignée se servit en premier, afin de montrer que rien n'était empoisonné et encouragea Lucien à faire de même, d'un simple mouvement de main accompagné d'un sourire chaleureux.

- Comme je suppose que ta question va être la suivante, je suis une âme, une âme qui a été incapable de se réincarner dans le moindre corps vu que Mephiles avait jeté une malédiction sur notre famille. Aucun D'Elenor ne pouvait obtenir de capacité magique et donc j'étais dans l'impossibilité de me réfugier dans un corps, fort heureusement, l'Abysse a détruit cette malédiction et me voila enfin protégé dans une enveloppe charnelle, la tienne. Ne t'en fais pas, si je t'ai laissé tout ce temps tranquille, c'est que je ne désire pas te priver de ton corps en le possédant, je ne désire que t'aider pour le moment. Après j'ose espérer que tu m'aidera à retrouver mon corps d'origine.

Il fit une pause, laissant son héritier un peu de temps pour tout digérer, buvant son thé tranquillement, avant de reprendre dans un sourire.

- Malgré toute mon affection pour toi, je me dois de te dire que tu es un parfait imbécile. J'étais si fier de voir que tu pouvais aimer sans le moindre mariage forcé, pas comme tous les autres membres de notre famille. Mais tu as transformé cet amour en haine, ne voyant pas la manœuvre de celle que tu aimais. Les femmes sont compliquées, surtout lorsqu'il y a des enjeux politiques, savais tu que tu étais observé en ce moments par les dirigeants des elfes, des humains et des vampires ? Savais tu également que la vampire que tu aimais était surveillée par tout les dirigeants des vampires ? Et savais tu aussi que tu risquais de mourir tué par des nobles comme cet Hakairyoku si tu restais près d'elle ? Enfin en théorie...je serais intervenu bien évidemment, mais elle ne pouvait le savoir. Elle t'a sauvé la vie, sacrifiant toute sensation de bonheur afin que tu reste en vie. Pauvre fille...je me demande comment elle fait pour ne pas perdre tout espoir. Être une âme a ses avantages, je peux voir tout ce qui se passe et donc je sais ce qu'elle a vécu, bien que je ne puisse ressentir sa souffrance. Tu veux en savoir plus sur cette fille ? Oh pardon...cette "princesse" ?

Ses derniers mots avaient été choisis avec soin, ce n'était pas un titre qui était venu lors d'un coup de tête, il venait d’entraîner Lucien dans un enfer dont il ne pourrait jamais sortir, celui des secrets de la noblesse vampirique...

Passons donc à Nora, la jeune garou n'allait pas être mise de côté dans ce cycle infernal des rencontres pouvant bouleverser votre existence. Peut être qu'elle se fichait de tout ce qui pouvait se tramer dans ce vaste monde, mais elle allait devoir bouleverser ses habitudes cette fois ci, ne serait ce que pour cinq minutes. Son voyage l’emmènera un siècle plus tôt, à l'époque de la toute première académie, à l'aube de la création du plus grand révolutionnaire de son temps : L'Ankou.

Tombant délicatement sur l'herbe, Nora pu être témoin d'un combat acharné entre un humain et ce qui semblait être la représentation de la mort en personne. En arrière plan, on pouvait voir un enfant tentant de se cacher de cet horrible affrontement, sans doute le fils de cet humain, craignant de voir sa fin arriver, ce qui n'allait malheureusement pas tarder. L'humain était l'archétype même du bandit d'expérience, musclé à souhait, se servant de toute son expérience pour retarder l'inévitable. Cet homme était plutôt impressionnant, repousser toutes les attaques d'une faux hautement chargée en ombre avec de simples capacités physiques, cela tenait du prodige. La magie a toujours effrayé le genre humain, tant de puissance avec de simples mots, de simples gestes, détruisant toute vie ou la créant à son tour, forçant certains mages à se prendre pour des dieux. Et pourtant, un humain, un bandit, armé d'un sabre, d'amour paternel et d'un peu d'huile de coude, arrivait à résister au sage de l'ombre, en bref...la mort. Il prenait même le dessus, l'envoya valdinguer à travers un buisson, souriant, essuyant le sang qui coulait le long de son visage et se préparant à la suite de l'affrontement. Quelque chose ne tournait pas rond, le sage ne revenait pas immédiatement, comme si il préparait quelque chose, un sort peut être ?

Ce fut rapide, trop rapide, il chargea sur l'homme, manquant de peu de le couper en deux, se contentant de couper la dizaine d'arbres se trouvant derrière eux. Il était beaucoup plus rapide, mais aussi plus fort, avec un style de combat qui s'approchait plus de l'étude martiale que des simples frappes instinctifs. L'humain fut rapidement désarmé et eut le bras brisé, tout comme sa jambe, sa mort n'était pas prévu au programme. D'un geste rapide, le sage de l'ombre envoya sa faux en plein dans le ventre de l'enfant, sans hésiter, sans regretter. Il se vida peu à peu de son sang en tendant la main vers son père, hurlant le nom du monstre qui venait de commettre l'irréparable, avant d'appeler de toutes ses forces son fils, espérant que cela suffisse à lui sauver la vie. Soupirant, Mephiles assomma le bandit d'un simple coup de talon et se retourna lentement vers Nora.

- Bonsoir Nora, je me nomme Mephiles, sage de l'ombre. Cet homme se nomme Morgan Black, connu aussi dans ton monde sous le surnom de l'Ankou. La mort de son enfant était vitale pour la survie d'Edälia, les ordres de la lune, donc de Fujiin, sont indiscutables.

Se laissant tomber sur le sol, déposant sa faux dans l'herbe fraîche, le sage de l'ombre observa lentement la garou, comme si derrière son masque, il pouvait percer son âme d'un simple regard. Le temps passa, plusieurs minutes sans doute, réduisant lentement les chances de victoire de notre amie dans cette épreuve si particulière. Mephiles ne faisait que la fixer, sans laisser le moindre signe trahir une quelconque émotion ou intention.

- Je sais pourquoi tu es ici Nora, pourtant tu ne me semble pas prête à tout pour arriver à tes fins. Pourquoi une personne comme toi doit rencontrer un représentant de l'ombre ? Cela n'a aucun sens, ta nature semble totalement opposée à la mienne. Je te donnerai ma bénédiction afin que tu puisse remporter cette épreuve, je t'offrirai même un avantage lors de ton épreuve finale. Mais en es tu digne ? Pourquoi veux tu gagner ?
 
Laissons donc la garou répondre à ces questions et concentrons nous sur notre dernière participante, la jeune Yuuki Kuran, une vampire de sang pur qui risquait de se faire rattraper par son destin.

Cette même scène, ce tableau qui ne cessait de se répéter, encore et encore et encore. Un bois sombre, une table en pierre noire, des coupes de cristal contenant ce liquide rougeâtre si précieux à nos amis vampires, le tout sous une lune rouge sang, la couleur du meurtre, de la folie. C'est ici que l'âme de la dirigeante la plus connue de Rëvalïa rencontrait ses alliés ou ses proies, la délicieuse, mais ô combien terrifiante, Persephone Morg, Reine des vampires. Elle attendait tranquillement l'arrivée de Yuuki, afin de lui montrer un aspect qu'elle ne connaissait pas encore, celui de sa vengeance, de sa fureur. Elle désirait la punir, la torturer, la briser, afin qu'elle grave dans sa mémoire cette douleur sans fin, le prix de son échec et de sa trahison.

A peine arrivée dans ce tableau, la jeune vampire fut soulevée et attirée jusque dans la main de la reine de la nuit, qui se serra autours de son cou qui semblait aussi résistant qu'une vulgaire brindille. L’envoûtement habituel du regard de Persephone n'était pas au rendez vous, la noirceur de sa haine l'avait remplacée, ne faisant que grandir alors que l'élève suffoquait et se débattait.

- Tu aurais pu tout avoir, faire renaître notre royaume, reprendre le contrôle de notre terre d'origine...mais non, tu n'es qu'une vulgaire égoïste, naïve, stupide !

Yuuki fut plaquée sur le sol, incapable de résister devant une telle force de la nature, craignant sans doute pour la première fois la mort depuis de longues années...voir même pour la première fois.

- Tu as pris du bon temps, retardé nos projets et créée l'abysse en insérant de l'amour dans le cœur d'un fou !

Elle fut frappée au ventre, au visage, au dos, ses os se brisèrent au niveau de son genoux, ses coudes, ses cotes. La reine ne se privait pas, l'envoyant valdinguer aux quatre coin de la forêt, son sang coulant à flot, mais n'alléchant absolument pas la mère de la nuit. Elle ne boirait pas une goutte de son sang, pas une seule, elle se contenterait simplement de la massacrer. Posant son pied sur son visage, elle appuya lentement, arrivant à la juste limite avant que la mort ne la saisisse.

- L'Abysse a été créée, la guerre civile a éclatée, j'ai perdu ma fille et j'ai du me sacrifier pour lui permettre de survivre. Tout cela est ta faute ! Perdre la mémoire, que c'est facile après avoir infligé de telles souffrances, affronte la vérité en face traîtresse ! Sache que je pourrais détruire ton misérable esprit, faire de toi une coquille vide, mais je ne le ferai pas, par respect pour ta famille. Si tu dois un jour te relever, souviens toi de ce jour et rachète toi ! Sinon, je suis certain que les vrais vampires se nourriront de tes entrailles en mon honneur.

Yuuki fut soulevée par une force invisible et suspendue dans les airs, puis la main de Persephone s'enfonça dans son corps et lui arracha le cœur, avant de l'écraser juste sous ses yeux. Le corps tomba lourdement sur le sol, avant de repartir pour les terres bien réelles d'Edalis, dans le labyrinthe de Myrddin. Pour la vampire, l'épreuve était terminée, ainsi que passablement d'activités, ne pouvant se relever d'un tel choc mental. La jeune Yuuki Kuran était à présent dans le coma, restait à savoir si elle allait se relever un jour...et ce qu'elle ferait ce jour précis, les royalistes n'allaient pas la lâcher.

Les choses sérieuses venaient de commencer...

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Vous avez deux tours pour revenir au labyrinthe, sans quoi vous serez éliminés.
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MessageSujet: Re: Détaler dans les dédales [Event 1, Épreuve du labyrinthe]   Mar 15 Avr - 19:22

Le rire se poursuivit un bon moment avant que le sang contenu dans le calice fasse son office, du point de vue du torturé. Des convulsions apparentées à la fois à une folle hilarité et à une torture débilitante se poursuivaient sans remords et agitaient faiblement et vivement le corps du jeune blondinet qui n'avait pas encore seize ans au jour de l'épreuve du labyrinthe.

Le temps passait très lentement, la douleur écrasant toute forme de compréhension de l'instant qui s'écoule, ne laissant que les vœux de paix et de solitude pour seules pensées cohérentes avant qu'elles aussi ne soient annihilées. Alors demeure ce rire de condamné, manique et dément.

Et puis lui aussi s'éteint.



Lucien avait conscience d'une lumière vive à travers ses paupières closes et lutta un moment pour réfréner l'envie de les ouvrir, ne souhaitant pas se retrouver une fois encore en présence de ces formes floues, ternes et irréelles qui formaient le monde avec lequel il devait cohabiter pour la fin de l'épreuve. Il commençait déjà à compter les secondes qui s'écoulaient, ne disposant que de cinq minutes. Craignant d'avoir perdu du temps désorienté par le voyage temporel, il commença directement à vingt.

Une voix résonna, ce qui montrait qu'il devait s'agir d'une grande salle, large et haute de plafond. Lucien prit cette information en compte en continuant son décompte à mi-voix, faisant bien attention à ne pas compter des secondes trop longues, quitte à légèrement accélérer le rythme, ayant trop peur de perdre à cause du temps s'il devait passer un long moment à persuader celui qui devrait lui permettre de retourner d'où il venait de lui passer son pouvoir.

Cette voix était douce, chaleureuse. Envoûtante était certainement le mot exact, et porteuse de vertus apaisantes. Cependant, elle portait quelque chose de plus profond, comme une familiarité insaisissable. L'impression de connaître intimement la personne qui parlait, ce qui était certainement impossible.
Quelques secondes furent rajoutées anarchiquement lorsque l'apprenti mage se rendit compte que ses réflexions sur cet aspect des choses l'avait interrompu dans sa mesure du temps.

Il fut finalement décidé qu'il fallait tenter de surmonter la peur du flou afin d'en savoir plus sur le propriétaire d'une telle voix, afin d'essayer de comprendre son caractère exceptionnel par la vue.
Et la surprise prit le garçon qui continuait de compter à haute voix par murmures, car il s'avéra que la calice avait contré pour un temps la malédiction qui l'affligeait auparavant : de magnifiques formes nettes se détachaient d'un décor somptueusement clair qui ressemblait étrangement à la maison familiale de ceux d'Elenor.

Ces formes si précises et vives étaient celles d'un homme aux cheveux d'or et aux yeux d'émeraude, assez séduisant, d'un port noble et altier. Il ressemblait grandement à la plupart de ceux de la famille, et particulièrement à l'élève de l'Ombre lui-même, comme si le temps qui devait les séparer ne devait être que de deux générations.


Lewis. Thaddeus. D'Elenor.

Pause dans le décompte, respiration, affolement. D'Elenor. Il s'agissait bien d'une personne de la famille, et le décompte reprend rapidement après un autre saut dans les chiffres. Et ils s'agissait du fondateur familial, de celui dont lui-même portait le nom. Que faisait-il avec un crâne dans les mains ? Le ton de l'élève alors qu'il énumère les chiffres se fait moins clair, moins assuré, et s'il n'y avait cette correspondance mystique entre leurs traits respectifs, il serait prêt à accuser le maître des lieux de mensonge.

Cependant, il en sait trop. Au cours d'un cours d'Ombre, cette voix a bien été entendue, et Lucien en a conscience. De plus, un sortilège d'attraction prouve qu'il s'agit bien d'un magicien, qui a sans doute transporté l'ombre portée sur le sol jusqu'au fauteuil, attirant par un moyen inconnu son propriétaire jusque dans les bras confortables de l'objet, alors que le chef de maison se laissait aller à embrasser avec une tendresse inégalée un crâne.

La voix se tait le temps de goûter aux gâteaux chers à la noblesse, et dans le silence le décompte cesse oralement pour se perpétuer silencieusement. Les chiffres sont légèrement anarchiques sous le coup de l'émotion, mais il devient évident que la pause dure depuis trop longtemps.


Pourquoi doit-il le voir, lui ? En quel honneur ?
Sans les respects dus à cet ancêtre fameux, il faudrait bien le mettre au courant de cette limite temporelle qu'il ne cesse d'ignorer, mais cela ne serait pas bon. De plus, cette personne est fascinante. Effrayante, aussi, avec cette jovialité étrange et cette attitude envers un morceau de squelette.
Et puis, une révélation inattendue se fait sur la nature de cette personne et sur sa connaissance des faits : il s'agirait en fait d'une âme. Stupeur, lorsque Lucien comprend que la personne à laquelle il parle est de son temps et morte, alors qu'il devait s'agir normalement du contraire. Les cartes sont vraisemblablement truquées.

Cela explique également pourquoi il est venu dans l'Ombre, si son ancêtre avait la capacité de devenir... autre. Et si le plus jeune des Elenor, qui parlait actuellement à leur doyen, n'était passé par une quantité indescriptible de surprenant événements, dont un soin nécromantique, au cours de l'heure passée, il se serait laissé allé à un scepticisme bien naturel devant cette affirmation. Et une affirmation aussi suspecte ne peut être que vraie, personne d'autre ne se risquerait à dire quelque chose d'aussi peu probable.

La seule chose qu'il y a à savoir est qu'elle est une alliée. Une autre qui risque peut-être de la trahir, comme l'Ombre le fait parfois pour le tester, mais une alliée dont il est possible de se servir pour gagner en savoir, et que l'apprenti sorcier est prêt à aider par respect pour son histoire et par les bénéfices qu'une telle association permettraient d'acquérir.


Autre pause.


Le temps file trop vite, et il reste moins de trois minutes. Lucien s'agite sur sa chaise, bien embêté entre le respect qu'il doit à son ancêtre, ses étonnantes révélations qu'il devra méditer plus tard et le temps qui avance bien trop rapidement.

Sujet qui fâche.
Dès que l'insulte de l'âme arrive, le descendant baisse la tête conscient de l'humilité qu'il doit manifester envers celui qui a vu plus qu'il ne verra jamais, mais il sert les bras du fauteuil de plus en plus fort au fur et à mesure que la discussion va vers Ayla. Sa position reste la même, mais son coeur va plus vite. Il apprend une vérité sur celle qu'il déteste à présent et se demande s'il s'agit de La vérité. Les pièces du puzzle se complètent les unes les autres, et les étranges indices qui laissaient présupposer d'une erreur semble être à présent des preuves flagrantes de l'idiotie de Lucien. Il serre les dents.
Cependant, il ne peut se permettre de croire sur parole cette personne, quand bien même il s'agirait de son ancêtre. Il se peut qu'il se trompe, et que connaissent les morts à l'amour ? Aux vampires ?
Mais il ne peut en aucun cas le lui demander, seulement subir, réfléchir. Sa victoire en dépend, son éducation le lui interdit.

Autre pause, et finalement une ouverture bienheureuse.
Il reste moins de deux minutes, et avec tous les aléas, le temps est trop précieux. Hésitation manifeste de celui qui veut savoir mais est conscient que les explications prendraient bien plus de temps que celui dont il dispose, et qui risquerait tout pour sa seule curiosité.

D'un débit très rapide et d'un ton glacial, il s'exprime enfin, mâchant les mots sans pouvoir se résoudre à quitter les formes des discussions de la noblesse.

- Merci de m'avoir ouvert les yeux, monseigneur. Cependant, je suis au regret de vous dire que, si le temps se déroule de la même manière ici que dans le monde réel, celui que j'ai à ma disposition est trop court pour que vous puissiez me faire comprendre tout ce qu'il y a à savoir sur celle sur laquelle je me suis mépris dans un instant de rage. Mettant les formes à mon discours comme il en est l'usage, je perds du temps.
Aussi, dites moi comment vous contacter, et renvoyez moi dans mon époque. Je ne peux me permettre de perdre, et nous avons trop à nous dire.

De plus, je pense qu'il est malhonnête pour moi de m'informer sur Ayla sans qu'elle le sache, si cela n'est absolument pas nécessaire. Je ne saurais exactement expliquer en quoi, mais j'aurais l'impression de violer sa vie privée, des secrets qu'elle seule a le droit de me dévoiler si elle le désire.
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MessageSujet: Re: Détaler dans les dédales [Event 1, Épreuve du labyrinthe]   Sam 19 Avr - 22:46

Quand j'ouvris de nouveau les yeux, je sentais que ma vision s'ajustait, me permettant de découvrir le nouveau lieu qui s'offrait à moi : j'étais dans un endroit complètement différent, qui au premier coup d’œil me paraissait inconnu, une sorte de clairière au milieu d'une forêt étrangement sombre où l'air semblait pesant. Je me sentais lentement glisser vers le sol où de l'herbe chatouillait mes chevilles. J'avais beau ne plus sentir aucune douleur, mon crâne me faisait encore légèrement souffrir. Je me sentais fragile et déstabilisée. Pourtant, intérieurement, je ne pouvais pas me retenir de ressentir une certaine fierté. J'avais réussi à tenir face aux douleurs qui m'avaient été infligées plus tôt. Il m'avait cependant paru impossible que j'échappe a la mort.
Je n'avais néanmoins, pas le temps de me réjouir. Toute mon attention était maintenant focalisée sur deux hommes pour le moins singuliers. Ils étaient en train de se battre avec violence, remplissant l'air d'un climat de rage et d'agressivité. Mon corps réagit sans que je n'eus le temps de réaliser ce qu'il se passait. Pétrifiée, je cherchais frénétiquement du regard un endroit où fuir. Les arbres semblaient se transformer, maintenant similaires à des barrières m'empêchant de m'échapper. C'est à ce moment-là que je remarquais un pauvre enfant. Au moins aussi effrayé que moi, il essayait de se cacher... en vain.

Le combat faisait rage et j'étais incapable de faire le moindre mouvement, toujours paralysée par la peur qui tiraillait chacune des parcelles de mon corps. Un des deux hommes s'imposait beaucoup plus que l'autre, de part sa force, ses mouvements millimétrés, mais aussi par la magie qui émanait de son corps. Je me sentais oppressée par la noirceur de son pouvoir. Attentive à chacun de ses mouvements, je remarquais qu'il utilisait une arme que j'avais rarement vue dans ma vie. Elle paraissait aussi puissante que son possesseur et mon corps se mis à vibrer de frayeur face à sa puissance.
Je commençais à sentir mon don se manifester, le félin qui se trouvait en moi cherchait à prendre le dessus. Mon instinct me hurlait de me métamorphoser, mais je ne pouvais pas, la peur qui m'habitait serait encore plus visible qu'elle ne l'est déjà.
La violence des attaques était effrayante, mais l'adversaire de l'homme à la faux parvenait à répliquer. Sa façon de se mouvoir, de se tenir, sa carrure, ou simplement sa façon d'être, me faisait penser aux bandits. Je me crispais. Je ne savais pas dans quelle époque nous nous trouvions, je ne savais pas si je l'avais déjà vu, mais j'étais persuadée que cet homme, aussi impressionnant qu'il puisse être, en était un.
En plus de la terreur, la haine et la colère s'insinuèrent dans mon cœur. Je ne pouvais plus détacher mon regard de cet homme. Il se battait avec une hargne effrayante, chaque coups était asséné comme s'il s'agissait du dernier. Ses répliques remplies de volonté et de désespoir lui permettaient même de prendre le dessus. La détermination se lisait dans son regard. D'un énième coups, il envoya valser son adversaires dans un buisson. Fier de lui, il essuyait le mélange de sang et de sueur qui dégoulinait sur son front. Je fixais le buisson dans lequel l'homme avait disparu. Un énorme pressentiment m'assaillis. La suite allait être fatale.

La rapidité de l'attaque fut telle que je pus à peine suivre ce qu'il se passait. Je me couvrais le visage, complètement terrorisée. Une dizaine d'arbres venait d'être littéralement coupée en deux. Le bandit aurait dû y passer. Pourtant il subissait toujours les coups de son adversaire. Dans les secondes qui suivirent, il fut désarmé. Le bruit effroyable des os brisés remonta le long de ma colonne vertébrale. J'avais l'impression de ressentir sa douleur. Il devait avoir plusieurs membres cassés à l'heure qu'il est.
A ce moment-là, il se passa quelque chose d'improbable. L'homme à la faux envoya son arme en plein dans le ventre du jeune garçon qui observait la scène, totalement abasourdi. L'enfant ne put même pas répliquer, pris par surprise. Je n'en croyais pas mes yeux, cet homme venait de tuer un enfant qui reposait maintenant dans l'herbe baignant dans son propre sang, le regard figé dans la torpeur. Il avait mis fin à sa vie sans la moindre hésitation, sans aucun regret. Le bandit hurlait des mots que je ne parvenais pas à comprendre tant sa voix était brisée par le désespoir et la tristesse. Il tomba sur le sol, assommé après un coup de talon de son ennemi. Ce dernier se tourna lentement vers moi, calme et impassible, il prit la parole :

- Bonsoir Nora, je frissonnais lorsqu'il prononça mon nom. Je me nomme Mephiles, sage de l'ombre, inconsciemment j'eus un mouvement de recul. Cet homme se nomme Wasper Wyvern connu aussi dans ton monde sous le surnom de l'Ankou.

Mon sang se glaça à cette nouvelle. Qu'est-ce que cela voulait dire ? Lui, le chef des bandits ? Ma vision était entrecoupée de scènes relatant le jour de la mort de mes parents. Ce n'était pas le moment de se laisser submerger par les souvenirs. Je secouais la tête. Je réfléchirai plus tard à ce que ce sage venait de me dire. Mon temps était compté.

- La mort de son enfant était vitale pour la survie d'Edälia, les ordres de la lune, donc de Fujin, sont indiscutables.

Je ne comprenais rien. En quoi ce pauvre enfant pouvait-il poser le moindre problème à Edälia ? Je regardais son corps sans vie. Mephiles se laissa tomber dans l'herbe, déposant son arme à ses côtés, captant de nouveau mon attention. Il n'avait apparemment pas l'intention, pour le moment, de me faire du mal. Je restais pourtant sur le qui-vive, prête à réagir s'il tentait quelque chose. Je savais que je n'avais aucune chance, mais j’espérais au moins pouvoir fuir. Mon regard allait et venait du bandit, dont les membres broyés avaient des positions effrayantes, à son fils, puis revenait sur le sage. Il me fixait comme s'il sondait la moindre de mes émotions, je me sentais nue face à lui. J'avais beau m'enfermer dans un masque d'impassibilité, j'étais persuadée qu'il savait que j'étais morte de peur. J'avais besoin de me calmer, mon cœur était rempli d'émotions différentes, j'étais terrorisée, en colère, peinée. Je ressentais de la haine et de la nostalgie. Ma tête me donnait l'impression d'exploser. J'étais complètement perdue. Le cadavre de l'enfant me perturbait, j'avais envie de pleurer. Un meurtrier se trouvait devant moi, son regard pourtant aussi vide d'émotions que le mien habituellement. Il me paraissait malsain et corrompu par l'ombre. Il attendait que je parle. Mon épreuve me revenait peu à peu à l'esprit, il ne devait pas attendre, je n'avais pas le temps. Combien de minutes me restait t-il ? Je sentais la panique s'insinuer progressivement dans mon corps.

- Je sais pourquoi tu es ici Nora, pourtant tu ne me semble pas prête à tout pour arriver à tes fins. Pourquoi une personne comme toi doit rencontrer un représentant de l'ombre ? Cela n'a aucun sens, ta nature semble totalement opposée à la mienne. Je te donnerai ma bénédiction afin que tu puisses remporter cette épreuve, je t'offrirai même un avantage lors de ton épreuve finale. Mais en es-tu dignes ? Pourquoi veux-tu gagner ?

Je n'avais pas le temps de réfléchir. Je sentais chaque seconde peser un peu plus sur mon cœur qui battait la chamade contre ma poitrine. Il fallait que je sois convaincante, ma réponse devait le satisfaire, sinon, ma défaite serait inéluctable. Je baissais la tête cachant mon regard derrière mes cheveux.

-J'en ai assez d'être lâche. Je ne veux plus fuir. Je ne veux plus laisser de personne derrière moi. Je veux avoir confiance en moi, confiance en mes capacités. Je veux être forte. Trop de personnes m'ont donné leur vie pour que je puisse vivre. Je dois honorer les sacrifices qui ont été fait. Ma vie n'a aucune importance. Je suis seule. Je n'ai plus rien à perdre. Mais je n'ai pas le droit d'abandonner ou de me laisser abattre. Je sentais quelques larmes de rage couler le long de mes joues. On a donné des vies pour moi ! Il est hors de questions que ces sacrifices soient inutiles ! Je vais devenir forte et prouver ma valeur. Je relevais la tête, plongeant mon regard rempli de détermination dans les yeux perçants de Mephiles. Je refuse que des personnes comme vous m'ôtent la vie aussi facilement ! Je veux pouvoir me battre jusqu'à mon dernier souffle. Je vais gagner ce labyrinthe ! Si j'avais une autre option je me débrouillerai seule, mais vous êtes la seule personne qui puisse me permettre de continuer et de prouver que je peux me battre. Je me fous de savoir si je suis digne de votre aide ! Si vous me laissez continuer, je me battrais jusqu'à la fin avec ou sans votre avantage pour l'épreuve finale ! Le temps presse, nous n'avons pas le temps de discuter davantage. Laissez-moi retourner dans mon époque !

Ma dernière phrase ressemblait plus à une supplique qu'à un ordre. Mais je ne voyais pas ce que je pouvais faire de plus. J'avais débité tout ce qui me passait par la tête, paniquée par le temps qui s'écoulait. Je pris une une longue inspiration, essayant de cacher l'angoisse de perdre. Impatiente, je le fixais en plissant légèrement les yeux, cherchant le moindre signe.

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Dernière édition par Nora Redbird le Lun 28 Avr - 19:28, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Détaler dans les dédales [Event 1, Épreuve du labyrinthe]   Jeu 24 Avr - 23:42

La sensation éprouvée par ce retour dans le temps fut pour le moins... unique.
Une immense confusion se crée dans votre esprit. Tout autour de vous semble s'arrêter. La douleur s'évapore pour donner vie à une émotion tout aussi singulière: l'incompréhension. Comment essayer d'interpréter l'inconnu, surtout lorsque l'on imaginait ce genre de choses impossible.
Je demeure immobile. Une fois le voyage terminé, mes sens, les sensations, tout semble revenir à la normale. Je sens de nouveau le sol sous mes pieds, la brise effleurer mon visage, les odeurs d'une provenance connue.
Pourtant la chaleur et la lumière du soleil restent imperceptibles. J'ouvre lentement les yeux, la peur commençant à me tirailler l'estomac. Où suis-je tombé? Qui vais-je devoir convaincre?

-Professeur Bachiatari...?

L'effusion de sang n'a duré qu'un instant. Je n'ai pas la moindre idée de qui pouvait être cet individu, mais une chose est sûre, sa mort devait certainement figurer parmis les plus douloureuses et atroces qui soient. Le sang se retrouve absorbé par le bras de ce qui semble être mon enseignant. Pourtant, quelques instants plus tôt, son apparence physique était totalement altérée. Seuls des yeux et une bouche se détachaient de cette masse sombre et ténébreuse.
Après avoir assisté à un massacre dans le passé et avoir été préparé à ce genre de choses, je pensais ne plus jamais avoir peur de quoi que ce soit. Pourtant, mon corps se mit instantanément à trembler et la sueur à perler sur mon front. L'adrénaline commence à envahir tout mon être aux aguets.
Il s'approche, sans se presser. Un léger sourire presque malsain apparaît sur son visage.
La peur au ventre et paré à l'éventualité d'un affrontement imminent, je l'attends.

Ses explications me troublent et me font entrer dans une profonde réflexion. Comment peut-il en savoir autant sur moi? Sur mon passé? Mais surtout... Pourquoi le leader du plus grand groupe d'assassins serait un professeur dans l'académie?
En tout cas, je lui suis reconnaissant de m'avoir rappelé que le temps m'est compté. J'avais complètement oublié ce détail qui est pourtant d'une importance capitale.

-Très bien "Professeur". Puisque vous savez déjà tout de moi, j'estime avoir ce même droit à votre égard. Je dispose de peu de temps, alors les questions annexes attendront.
Tout d'abord, je suis étonné qu'un homme de votre trempe se soit reconverti dans l'enseignement. D'autant que d'après ce que je vois, vous n'avez pas cessé votre activité principale. Et de quelle guilde parlez-vous? Je ne me souviens pas avoir entendu parler d'une élite autre que la nôtre parmis les assassins. Sinon... je ne compte pas tuer de vampires dans les prochains jours. Mais je vous remercie de cette aimable intention. Vous comptez m'apprendre un assaisonnement pour aller avec?


Derrière ces paroles posées se cache un être inquiet et terrifié. Mais montrer sa peur est une faille que je ne peux me permettre de lui laisser exploiter. Les secondes défilent et les questions affluent. Je ne dois pas me laisser distraire. Il faut à tout prix que je revienne dans le présent pour continuer l'épreuve. Mais une occasion pareille ne se représentera peut-être pas une deuxième fois. Il est d'ailleurs très étonnant qu'il accepte de se livrer sans retenue.
Cet individu me réserve bien des surprises...

~~~~



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MessageSujet: Re: Détaler dans les dédales [Event 1, Épreuve du labyrinthe]   Mar 3 Juin - 18:06

- Me reconvertir ? Mais je n'ai jamais abandonné mon poste Zéphyr, j'ai peur de ne pas comprendre. Ah. J'y suis, tu crois que je suis Shitennô n'est ce pas ?

Souriant, le Célestin se mit soudain à rire, pas dans le genre gros cliché de super vilain qui vous raconte son grand projet avant d'échouer lamentablement, mais juste un petit rire amusé. Il comprenait que Zéphyr soit perturbé, il ne pouvait comprendre ce qu'il était au final, pour lui il agissait en tant que Shitennô Bachiatari et non sous l'identité du Maudit. Pour une personne saine d'esprit, l'analyse était vite faite, le professeur d'ombre souffrait d'un dédoublement de la personnalité, le rendant capable des monstruosités les plus inimaginables, tandis qu'il se pliait en quatre pour ses élèves. Mais rien n'était simple avec l'ombre, tout n'était que miroir, reflet, illusion, pour cacher une vérité abjecte, une vision infiniment plus complexe et ô combien effrayante.

- Je doute que tu puisse comprendre, mais je vais essayer de t'expliquer clairement. Je ne suis pas ton cher professeur, bien que je partage certaines de ses convictions. Il possède en lui un pouvoir dont il n'a même pas connaissance, une énergie suffisamment puissante pour détruire ses limites. Il n'aurait jamais trahi Myrddin et encore moins tué, torturé ou manipulé de "pauvres innocents", c'est pourquoi j'ai été créé. Cette force m'anime, me guide, mais les mots ne suffiront pas...une petite démonstration peut être ?

Tendant son index en direction du jeune mage, Zéphyr eut soudainement une douleur effroyable au niveau de son cœur et manqua de peu de perdre connaissance. Il la ressentait, ce n'était pas une énergie élémentaire qui émanait du Maudit en cet instant, mais une véritable aura de mort. Il ressentait sa mort, elle le frôlait, le caressait du bout de ses doigts froids, prête à prendre son ultime souffle de vie au moindre geste brusque. Il n'avait rien en commun avec l'excentrique professeur d'ombre et de maîtrise de soi, comme si il n'était rien de plus qu'un démon utilisant le corps du Célestin. Shitennô avait pour habitude de dissimuler au maximum son aura, afin de ne pas tenter les élèves de l'ombre ou mettre mal à l'aise leurs camarades élémentaires, ce qui n'était pas le cas du Maudit. Au final, cet homme, non, cette créature, n'était que mort et souffrance.

Stoppant son geste, Zéphyr arriva enfin à respirer correctement, son cœur ne lui faisant plus le moindre mal, la mort relâchait enfin sa tendre étreinte, la vie reprenait enfin son cours. Certes, son interlocuteur était toujours autant malsain, mais au moins il ne risquait plus de succomber dans d'atroces souffrances. Soudainement, le Maudit trancha une partie de son haut, pour dévoiler sa peau nue, montrant une certaine partie de son corps, son torse ou plus exactement...son cœur. A cet endroit précis, se trouvait un étrange symbole, une sorte de cercle enflammé, le tout dans un noir si profond que cela rappelait la sensation morbide dont l'élève du vent avait été témoin.

- Shadow's Circle, une guilde créée à l'origine par Sayuri Hellsing, professeur de combat à l'académie. Elle se faisait connaître sous le nom de l'Ombre. Son but ? Rien de bien méchant, elle voulait avoir un maximum de serviteurs afin de tuer le célèbre Ankou. L'esprit de ses "disciples" étaient bien évidemment contrôlés, leur retirant tout ce qui faisaient d'eux des êtres humains, bien qu'elle ne se limitait pas uniquement à cette espèce. Tu étais destiné à finir ainsi Zéphyr, à perdre toute volonté pour devenir uniquement une machine à tuer, pour détruire un pauvre bandit. Ridicule. Oh, bien entendu, je ne l'ai pas tué par bonté d'âme, je voulais changer les choses, mais en aucun cas détruire la guilde. Je préfère offrir profits et avantages et laisser les anciens servants de cette délicate vampire, choisir leur voie, plutôt que de vous contrôler comme de vulgaires marionnettes.

Souriant, il fit une pause et fit un geste de main, reconstituant son habit de lui même, comme si il n'était qu'une ombre qu'il modifiait à volonté. Ceci étant fait, il se rapprocha de Zéphyr et posa son index sur son front, enveloppant à nouveau le jeune mage d'une aura morbide, bien que la douleur ne fut pas présente ce fois ci. Il désirait le réveiller, le sensibiliser et cela marchait plutôt bien. Pourquoi lui révéler ses secrets ? Simple. Il voulait lui faire prendre conscience d'une petit chose qui allait sans doute le hanter.

- Tu étais un assassin Zéphyr et vu que je reprends les reines de Shadow's Circle, je n'ai qu'une chose à te dire...tu es libre ! Oh, je suppose que tu ne t'y attendais pas, mais voila chose faite. Tu es cependant libre de revenir me voir, tu connais mon nom et la personne avec qui je partage ce corps. Mais j'ai une simple question à te poser. Tout ce sang, toutes ces horreurs, ce monstre qui dort au fond de toi...Est ce que c'est tes anciens maîtres qui ont créés tout ceci ? Ou est ce que c'est ta vraie nature ? Je te conseille d'y réfléchir. Sur ce, bonne chance à toi petit être.

Le poussant avec ce même index, l'ancien assassin fut soudainement aspiré, pour arriver directement devant Akumatsuki et son horrible graal. Il venait de remporter l'épreuve, mais à quel prix ? Est ce que tout cela en valait vraiment la peine ? Il devrait trouver seul les réponses à ces questions, mais tournons notre regard vers les autres participants voulez vous ?

- Si je comprends bien, tu veux que ce soit cette noble vampire qui te raconte son histoire ? Honorable, digne de l'idée que je me faisais de toi mon cher Lucien, cependant je te conseille de te dépêcher. Connais tu l'histoire de la magie des sceaux ? Je suppose que non, je m'en souviendrai le cas échéant. Ton professeur a créé la technique la plus viable dans ce domaine, mais cette science magique existait avant lui, je suis bien placé pour le savoir. Dans le cas d'Ayla, son sceau comporte également une malédiction, un puissant sortilège que même moi je ne peux défaire. J'admire vraiment la créatrice de ce sceau, une telle perfection est rare...mais le temps te manque. D'ici une année, deux au plus, cette vampire perdra la mémoire et disparaîtra de la vue des autres, enfermée pendant une quinzaine d'années par les royalistes. Donc si tu veux en apprendre d'avantage, de sa part, je te suggère fortement de te hâter.

Lewis ne voulait pas prendre le contrôle de la vie de son hôte, il ne désirait pas le posséder, lui dire quoi faire, mais il était nécessaire pour lui d'être guidé, sans quoi il se heurterait à un mur, qui ne serait pas fait d'ombre cette fois ci. Se levant lentement de son siège, le fondateur de la maison d'Elenor caressa tendrement le crane posé à côté de lui du bout des doigts, puis désigna un rideau vert qui se trouvait juste derrière son siège et donc devant Lucien. Parcourant le tissu de bout en bout, il savoura en fermant les yeux, toute la beauté de cette magnifique oeuvre. Du tissu de premier choix, brodé finement avec des lettres en or, écrivant une longue formule que Lucien n'arrivait pas à comprendre. Quelque chose qui avait sans doute un sens plus qu'important pour son ancêtre, mais bien évidemment, il n'en parlerait pas.

- Comment me trouver ? Repense à ce rideau, mais de l'autre côté et tu reviendra ici. Tu n'es pas dans le passé, mais dans mon âme, je sais que tu arrivera à me retrouver, tu en as le pouvoir après tout. Je t'en prie, avance, il est temps pour toi de partir.

Tirant le rideau, Lucien découvrit soudainement un miroir lévitant dans une obscurité totale, comme porté par l'ombre. Envoûté, il avança vers son reflet, un double qui n'était cependant pas la réplique exacte de ce qu'il était en cet instant. Ce Lucien avait un sourire malsain, le rendant légèrement effrayant, ainsi que des yeux rouges, couleur qui ne pouvait s'apparenter à des yeux humains. Tendant la main, il laissa "l'original" s'approcher, puis l'attrapa soudainement, l’entraînant dans le miroir. Juste avant d'être totalement absorbé, Lewis attrapa l'épaule de son héritier et lui murmura quelques mots bien étranges à l'oreille.

- Méfie toi de ton amie, le présent qui lui a été offert n'amènera que la destruction. Maintenant va !

Entièrement aspiré, le noble sembla sombrer dans une abyme glacée, pourtant le froid ne semblait pas l'atteindre, comme si quelque chose au fond de lui l'empêchait de mourir de froid. Il ne semblait pas non plus se noyer, arrivant à respirer normalement, voir même mieux que d'habitude. Peu à peu, ses yeux s'habituèrent à cette obscurité et il pu à nouveau voir son double, l'attendant devant une étrange lumière, l'aveuglant presque. S'inclinant respectueusement, il le salua à la manière des nobles, puis le poussa doucement dans cette fameuse lueur. Aveuglé, Lucien retrouva peu à peu ses esprits et constata qu'un autre monde s'offrait à lui, son monde. Le voila de retour à la réalité...

Mais ce n'est pas le cas de Nora, arrivera t'elle à convaincre la mort de la laisser partir ? Voyons cela.

Ouvrant sa main macabre, le sage de l'ombre fit tournoyer un étrange liquide noir, dont la simple présence mettait mal à l'aise la jeune fille, l'ombre était visiblement bien corrompue. Fleuve de vie ? Fleuve de mort ? Peut être les deux ou l'entre deux ! Tout semblait inconnu à l'étudiante en cet instant, sa seule certitude était que ce qui se créait sous ses yeux mortels, possédait une puissance qui dépassait son imagination. Lentement, le liquide prit forme et se solidifia, sous forme d'une pierre faisant la taille du poing de Nora, une pierre qui semblait lui murmurer des mots dont elle ne comprenait pas le sens. Lentement, la pierre s'éleva et avança jusqu'au visage de l'élève, où elle resta en lévitation, sans tomber,trembler ou ne serait ce que bouger au rythme du vent. Léger ton amusé, Mephiles prit enfin la parole, tout en se retournant pour aller dans la direction opposée à celle de Nora, reprenant sa faux au passage.

- Tu as du cran Nora, je te l'accorde. Je te propose donc un choix, voyons voir si tu es capable de le prendre. Prends cette pierre et tu rentrera chez toi, elle sera en permanence à côté de toi, mais les autres ne la verront pas. Lorsque tu arrivera à la dernière épreuve, elle s'activera et tu gagnera à coup sûr, cependant les autres en souffriront. Tu veux gagner, mais tu ne veux pas faire de sacrifice ou ce qui est nécessaire, il est temps pour toi de grandir. Choisis ! Soit tu obtiens le pouvoir au détriment du bonheur des autres, soit tu échoue et les autres arriverons à la fin de ce labyrinthe, sur le chemin du bien être. Fais ton choix. Il te reste une minute, attend ici que le temps s'écoule ou prend la pierre. Adieu.

Se dissipant telle de la fumée, le sage de l'ombre venait de laisser la jeune fille devant un choix des plus horrible, mais se faisant...elle connaîtrait la nature cruelle de la vie, le sacrifice. Que ce soit elle ou les autres, quelqu'un allait devoir subir de terribles épreuves. La pierre lui faisait de l’œil...vite ! Le temps s'écoule !
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MessageSujet: Re: Détaler dans les dédales [Event 1, Épreuve du labyrinthe]   Ven 13 Juin - 13:23

Lucien regarda Lewis sans rien dire.

Bien que les félicitations de son aïeul lui fassent plaisir, il n'y avait rien à répondre quand l'on apprenait que l'être aimé perdrait la mémoire dans un an ou deux, et que plus jamais il ne serait accessible à partir de cette date.
Ayla avait été maudite, et portait des choses bien plus terribles que ces bracelets qui la limitaient cruellement (mais qui auraient néanmoins profité aux os du noble, lorsqu'il avait été lancé telle une balle contre les murs de haies piquants). Si Lewis ne pouvait défaire ce sceau... le professeur Bachiatari le pourrait peut-être. Avec son soutien.

Même la partie en lui qui ne pouvait se résoudre à ne plus détester Ayla, mue par l'orgueil et les restes de douleur et conçue d'immondes pensées qui se flétriraient bientôt devant le souvenir du doux amour passionné qui avait uni une semaine les âmes des deux adolescents, ne pouvait se résoudre à ce que cette fille disparaisse ainsi, l'oubliant. Vaincre une personne qui ne se souvient même plus de vous n'a rien d'intéressant et n'est que mesquin. En deux ans, il n'aurait jamais suffisamment de pouvoir pour amener la vampire au tapis, et un en an, il ne fallait même pas y penser.
Sa quête de pouvoir devrait donc l'amener contre les royalistes, et Myrddin ne ferait certainement rien par peur d'un conflit. Il connaissait les manœuvres de la noblesse, et d'une race à une autre il n'y avait pas tant de différences, et il était simple de voir que le directeur serait démuni. Il pourrait même arguer que la pauvre élève avait eu des problèmes de santé qui l'empêchaient de poursuivre sa scolarité.


Et si Lucien avait assez de maîtrise de lui-même pour empêcher son visage d'afficher ouvertement ses émotions, la nuance d'abattement qui y passa subrepticement fut bientôt effacée par ce que dictait son optimisme naturel : il trouverait une solution. Déjà, la réserve de la bibliothèque lui révélerait bien une partie de ce qu'il cherchait.
Qui avait pu faire un sceau si parfait ? Quelle femme, plus précisément ? Et qui aurait la possibilité de s'en prendre à une vampire de sang-pur ?

L'apprenti magicien maudit la censure qui avait eu lieu sur les informations touchant à la magie, mais il se promit de chercher la solution. Sachant que les royalistes l'enfermeraient, Ayla pouvait être leur ennemie... ou juste trop précieuse pour être laissée sans souvenir. Il était même plus probable qu'elle ait été maudite par une ennemie des royalistes qu'elle même ennemie manipulée.
Cependant, les royalistes n'avaient pas tant d'ennemis... les partisans du pacte comptaient-ils ?

Le professeur de découverte était un homme, mais il semblait puissant et était le plus fidèle membre du pacte. Mais étant donné son sexe, il faudrait chercher ailleurs. Parmi les femmes influentes du Pacte, certainement, et si ça ne donnait rien, parmi les meilleures magiciennes, tout simplement.

Lucien comprit qu'il ne trouverait pas la solution comme ça, et se reconcentra sur son ancêtre, qui lui avait fait la grâce de bouger suffisamment doucement pour qu'il n'ait rien manqué. Un rideau vert était à présent désigné, visiblement confectionné à partir de nobles tissus et brodé par des mains expertes.
Il n'y avait rien à dire dessus, étrangement : seule une formule l'ornait, et bien qu'élégante elle ne signifiait rien pour celui qui tentait de la lire. Soit la calligraphie était différente à l'époque où elle avait créée, soit l'alphabet était différent. Aucune tentative pour la prononcer ne fut faite de ce fait,

Comprenant suite au discours de son ancêtre qu'il s'agissait de ce qui lui permettrait un retour dans ces lieux, et donc vers de nombreuses réponses, il fit en sorte de mémoriser le rideau : sa taille, majestueuse ; sa couleur, d'un vert élégant et plein de vie ; les lettres, brodées avec finesse d'un fil d'or ; l'aspect général de la formule, définie par la taille des lettres et les arabesques qui parcouraient leur tracé ; d'autres détails, comme les plis.
Et puis, l'impression indéfinissable qu'il dégageait.

Sur l'ordre de son ancêtre, dès qu'il eut l'impression d'avoir correctement contenu en mémoire ce passe pour l'âme de Lewis, le descendant tira le rideau et découvrit ce miroir étrange, qui lévitait dans les ténèbres. S'approchant, il y découvrit un reflet distordu, qui lui donnait l'impression confuse d'être comme un vampire. Un vampire qui se moquait de l'état de faiblesse dans laquelle il était, alors qu'il était l'élégance incarnée.

Il lui tendit la main, un sourire moqueur étalé sur son visage fin. Lucien l'agrippa sans méfiance superflue, et se trouva comme trahi lorsqu'il fut attiré avec une violence inattendue dans le miroir, traversant sa substance glacée d'abord avec son bras. Le froid saisit alors son corps, se répandant peu à peu.
Le reste suivit, et bientôt le noble fut presque totalement plongé dans le miroir. Lewis en profita pour le retenir un instant et lui adresser d'énigmatiques paroles à propos d'un présent qui apporterait la destruction à... quelqu'un. Ami, amie, le mot pouvait très bien se référer à Zéphyr, à Ayla dans l'idée de "douce amie", ou à quelqu'un rencontré auparavant. En ce qui concernait l'élève, il n'avait pas d'autres amis à l'académie Edälia.

Et puis, il l'abandonna aux ténèbres glacées de l'autre versant du miroir.


Là, Lucien passa des moments hors du temps, conscient qu'il venait de remporter l'épreuve du Graal d'Akumatsuki, ce qui le réjouissait. Le froid qui le pénétrait semblait impuissant à le faire plier, et une fois encore il trouva cette sensation réconfortante ; il était entièrement immergé dans une étendue gelée, mais s'y sentait à sa place. Cette sensation d'être transporté, d'être dans un lieu auquel on appartient pleinement compensait largement le désagrément de ce froid intense.
L'air était vivifiant, et Lucien heureux pour la première fois depuis sa blessure. Il y avait une explication au comportement d'Ayla, et de nouveaux mystères à résoudre. L'euphorie de la victoire surpassait en tous points l'angoisse de ne pas parvenir à vaincre par la suite.
Il faut dire que ses sentiments étaient exacerbés par ce lieu si particulier.

Il se remit à voir dans le noir, et son double assombri lui désigna alors une sortie si riche de clarté qu'elle l'aveugla. S'inclinant comme les nobles, Lucien-de-l'ombre, l'invita à rejoindre le monde dans lequel il évoluait constamment.
Et puis, voyant qu'il ne bougeait pas assez vite à son goût, décida de l'y précipiter.



Une sensation douce, celle de l'herbe sous la peau de la main. Au moindre mouvement, comme un chatouillement qui se déclare.
Un léger bruit, qui vient d'une certaine direction. Fébrile, Lucien s'élève, conscient d'être le premier à se lever malgré la discussion avec Lewis. Il prend un air qu'il estime fier.

Alors, il ferme les yeux, pour les rouvrir. Le spectacle qui s'offre à lui ne change pas pour autant, et il est à présent aveugle pour de bon.

Cela lui est égal, car il a deux alliés pour la suite qui l'aideront sans doute. Si aucun ne revient avant que le temps ne se soit écoulé, alors il aura vaincu.
Ne souhaitant tout de même pas dépendre d'eux, il demande la direction de la suite des évènements, et s'engage dans le chemin proposé, la main droite devant lui, et la gauche contre le mur d'épines. Il avance fébrilement vers sa prochaine épreuve.


Dernière édition par Lucien d'Elenor le Dim 15 Juin - 16:33, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Détaler dans les dédales [Event 1, Épreuve du labyrinthe]   Sam 14 Juin - 17:03

Si j'avais déjà entendu parler des dédoublements de personnalités et d'autres phénomènes psychologiques du genre, cela n'en restait pas moins choquant.
Certes notre professeur n'a pas toute sa tête, il est décalé, énervant, provoquant, grandiloquent parfois même, mais en aucun cas je n'aurais pensé ressentir de la peur face à lui... or, c'était à présent le cas.
Les révélations de mon professeur peinent à être assimilées par mon cerveau embrumé par tant d'éléments successifs.

Une douleur effroyable s'empare de ma poitrine, de mon cœur. Je la sens comprimer mon organe, qui parait si fragile à présent. Je vacille puis m'écroule au sol, tentant de respirer et de me concentrer sur autre chose que la douleur... en vain.
Je ne sais plus quoi faire. Que m'arrive-t-il?
A deux doigts de sombrer dans les ténèbres, ma souffrance s'évapore aussi vite qu'elle est arrivée. Je prends une grande inspiration et me redresse, fixant le professeur Bachiatari ou plutôt... l'homme qui a pris sa place.
Je parviens tant bien que mal à me relever. L'homme qui me fait face m'est largement supérieur, il n'y a pas à en douter une seconde... Je n'ai aucune chance.
Alors que le silence s'installe, il déchire, à ma grande surprise, une partie de sa tunique. Son torse devient apparent et un détail sur celui-ci me fait spontanément toucher ma poitrine, comme si une autre douleur, psychologique cette fois venait de frapper mon esprit.
Le même tatouage... Comment est-ce possible...
Je n'ose plus parler, paralysé par cet être maléfique qui m'est en tout point supérieur. Il est de ma famille, de ceux qui m'ont élevé, de ceux qui m'ont formé. Qui plus est le dirigeant actuel de cette guilde d'après ses dires.

Nous savions tous que nous étions manipulés, façonnés pour devenir des assassins sans cœur... pourtant, nous n'avions pas vraiment le choix. Nous n'avions aucune vraie famille, aucun proche, personne sur qui compter.
Je prends une longue inspiration, tente de mémoriser un maximum d'informations. Il faut à tout prix que j'en apprenne plus sur cette organisation, ses membres, son but et surtout... il faut que j'ai une discussion avec notre professeur du présent.
La liberté m'importe peu si elle est donnée par un être aussi abject et fourbe. Il prend et donne ce qu'il souhaite selon son bon vouloir et ses paroles sonnent comme l'affreuse mélodie du mensonge.
Il faut que j'en sache plus sur lui ! Le temps presse et je ne pense pas qu'il rechignera à me répondre, ce qui est un avantage notable.

-Tout ce sang, toutes ces horreurs, ce monstre qui dort au fond de toi...Est ce que c'est tes anciens maîtres qui ont créés tout ceci ? Ou est-ce que c'est ta vraie nature ?

- ...

Je reste sans voix. Je n'ai rencontré qu'une seule fois cet être qui sommeille en moi... Comment peut-il être au courant?
... Ai-je fait une erreur de parcours en venant ici, dans cette académie? Suis-je la personne que je suis censé être? Beaucoup de questions mais trop peu de réponses.

Depuis qu'il a posé son doigt sur mon front, toute ma confiance, ma fierté, mon courage m'ont abandonné. Je suis à sa merci. Je ne suis plus qu'un être insignifiant dont il peut se débarrasser sans la moindre difficulté.
Une légère pression de son index me ramène à la réalité, au sens propre et figuré. La transition est toujours aussi surprenante...
Le Graal me fait face à présent. Lucien se trouve juste à côté. A-t-il lui aussi passé l'épreuve?
Ou a-t-il préféré abandonner ? Cela m'étonnerait fortement.

- Lucien ?

Le voyant se diriger vers l'épreuve suivante, je me décide à lui emboiter le pas. Il semble vaciller et avoir du mal à marcher. Je le dépasse et me met face à lui. Je le regarde droit dans les yeux. Cette petite lueur dans son regard, que j'avais aperçue avant de boire le contenu du calice avait maintenant disparu...

- Lucien ? Tu m'entends ? Tu vas bien ?

L'inquiétude remplace peu à peu ma joie de le retrouver et tout en avançant à reculons, je continue de le regarder avancer, l'air hagard.

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MessageSujet: Re: Détaler dans les dédales [Event 1, Épreuve du labyrinthe]   Dim 15 Juin - 23:31

Au bout de quelques secondes, il se décida enfin à bouger. Doucement, il ouvrit sa main et fit tournoyer un liquide aussi sombre que la nuit. Je reconnaissais cette substance. Un frisson glacial parcouru tout mon corps. Shitennô avait lui aussi manipulé cette chose. Presque automatiquement, je commençais à amener mes mains vers mes oreilles pour éviter de revivre ce qu'il s'était passé pendant le cours de maîtrise de soi. Je ne comprenais rien. Je me sentais juste extrêmement mal, mais aucun cri ne semblait vouloir se manifester. Ce liquide plus noir que tout était horriblement dangereux. Son côté malsain était tellement présent qu'il était impossible de détacher mon regard de ce qu'il était en train de faire. Au bout d'un certain temps, une pierre remplaçait l'étrange liquide. Des sortes de paroles incompréhensibles parvenaient jusqu'à mes oreilles, j'avais envie de hurler pour que cela cesse, mais je savais parfaitement que rien n'arrêterait cela. La pierre se mit à flotter dans le ciel. Lentement, elle se dirigeait vers moi. Mephiles se tourna alors. Maintenant de dos, il attrapa sa faux et je tressaillis. Il avança tout en parlant.

- Tu as du cran Nora, je te l'accorde.

Même si je sentais une légère vague de fierté traverser mon corps, je restais méfiante. Il n'allait pas en rester là. Je savais qu'il poserait ses conditions.

- Je te propose donc un choix, voyons voir si tu es capable de le prendre. Prend cette pierre et tu rentreras chez toi, elle sera en permanence à côté de toi, mais les autres ne la verront pas. Lorsque tu arriveras à la dernière épreuve, elle s'activera et tu gagnera à coup sûr, cependant es autres souffriront. Tu veux gagner, mais tu ne veux pas faire de sacrifice ou ce qui est nécessaire, il est temps pour toi de grandir. Choisis ! Soit tu obtiens le pouvoir au détriment du bonheur des autres, soit tu échoues et les autres arriverons à la fin de ce labyrinthe, sur le chemin du bien être. Fais ton choix. Il te reste une minute, attend ici que le temps s'écoule ou prend la pierre. Adieu.

Il disparut. J'étais maintenant complètement seule. Les deux cadavres étaient toujours présents, mais ils ne seraient pas d'une grande utilité maintenant morts. Il me restait une minute pour faire le choix le plus horrible de toute ma vie. Si j'avais eu la possibilité de décider quand mes parents s'étaient sacrifiés pour moi, les aurais-je laissé mourir pour moi, ou aurais-je donné ma vie pour les sauver ? La dernière option me paraissait plus fidèle à moi-même.
Est-ce que ces deux personnes, Zéphyr et Lucien, méritaient que je les sacrifies pour ma propre victoire ? Non. Ils ne méritaient absolument pas ça. Lucien s'était déjà sacrifié pour moi quelques minutes auparavant. Zéphyr avait accepté de m'aider pour mes problèmes d'écritures. Pourquoi déciderais-je de leur faire du mal ? Ne voulais-je pas être forte, pour arrêter de sacrifier les personnes autour de moi ?
Ma respiration était courte. Je n'arrivais pas à réfléchir correctement. Je passais mes mains dans mes cheveux et m'accroupissais. J'avais peur. Non.. J'étais complètement terrorisée par ce choix. Je voulais gagner. Mais, le prix de la victoire n'était-il pas trop élevé ? De quel droit pouvais-je faire souffrir des personnes qui ne m'ont jamais rien fait ?
La pierre volait toujours au-dessus de moi. Elle semblait m'appeler. Elle était envoûtante et c'était effrayant. Pourquoi le mal semblait si...  séduisant.. si ensorcelant ? Le mal n'était que facilité. Je n'avais qu'à prendre la pierre, et gagner. Sauf que je n'étais pas quelqu'un comme ça. Je ne voulais pas faire souffrir des personnes innocentes. Je me retrouvais dans un dilemme sans réponse, alors que mon but premier était de m'intégrer et de me faire des amis. Gagner ce labyrinthe était si important finalement ?
J'avais envie de crier, de hurler au monde que je n'arrivais pas à faire de choix.  Le temps était presque écoulé. Je le sentais. Des larmes de frustration coulaient sur mes joues rosies par la colère. Mon pouls accélérait et la panique prenait le dessus. Je me relevais d'un coup. Je sentais comme un décompte dans ma tête. Je fixais la pierre. Il me restait une poignée de secondes. Je me retournais, j'avais l'impression que le temps tournait au ralenti, que chacun de mes mouvements était lourd.  Je m'arrêtais soudain dans ma lancée, je fis volte-face et attrapais la pierre.
Myrddin ne les laisserait pas trop souffrir non ? C'était un événement organisé par l'académie... Ils ne laisseraient pas les choses devenir trop horribl..

Le noir prit le dessus. J'étais complètement perdue dans un tourbillon de pensées contradictoires. Quand j'ouvrais de nouveau les yeux, j'étais de retour dans mon époque, face au calice. Je me sentais étourdie et agitée. Pendant quelques secondes je restais là, sans bouger. J'avais passé l'épreuve, mais cela ne m’apportait que nausée et culpabilité. A quel point étais-je stupide ? Je relevais les yeux et j'aperçus la pierre. Elle flottait à côté de moi, me rappelant le choix que je venais de faire. Je n'avais rien, mais j'avais trouvé le moyen de perdre une chose que je ne possède pas encore. Jamais Zéphyr ou Lucien ne me pardonneraient s'il leur arrivait quelque chose... Je les voyais d'ailleurs devant moi. Lucien avançait lentement.. il devait avoir un soucis au vu de sa démarche si peu assurée. Mon camarade de classe, lui, marchait devant à reculons, il semblait lui parler. Sans un mot, j'avançais vers eux le regard sombre et dénué de vie. Je ne tardais pas à les rejoindre. Maintenant, devais-je aller jusqu'au bout de ce que j'avais commencé ?

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MessageSujet: Re: Détaler dans les dédales [Event 1, Épreuve du labyrinthe]   Lun 16 Juin - 15:17

Ordinairement, le résultat du calice n'aurait pas du tout être celui-là, et à présent ces jeunes gens devraient croiser la route d'un de leur professeur qui ferait tout pour les mettre en déroute. Un autre être de la nuit, qui leur ferait face armé de ses pouvoirs, et utiliserait les secrets connus d'eux seuls pour démoraliser, leur faire prendre conscience de la futilité de leur quête.


Si Lucien, Zéphyr et Nora pénétraient à présent sous terre, ce qui ne fut pas sans chutes. Là, il faisait bien sombre, mais ceux qui avaient encore l'usage de leurs yeux voyaient bien. Sur les murs étaient écrits des formules plutôt démoralisantes, écrites visiblement à mains nues sur les murs de terre.
Cependant, elles visaient chacun de ceux qui pouvaient les lire et étaient personnelles. Là où Zéphyr découvrait des paroles comme "Outil dévoyé", "Cesse de cacher celui que tu es, meurtrier" et autres appellations sympathiques basées sur ses peurs profondes, Nora lisait "Traîtresse", "Tu seras toujours seule, comme tu le sais", "Même un bandit ne voudrait de toi pour amie". Lucien, lui, les voyait en lettres de feu lorsqu'il avait le malheur de se tourner vers l'emplacement d'un de ses écrits, comme il en irait de même pour tous ceux qui fermeraient les yeux. Il y était écrit "Sa tête écrasée contre un mur d'ombre", "Parmi les bêtes et les démons", "Tu vas souffrir, encore une fois"
Et il s'agissait des plus gentilles appellations. Nombreuses étaient celles qui faisaient appel aux peurs de l'enfance, aux hontes cachées de chacun.


Tandis qu'ils étaient condamnés à lire sur eux de telles horreurs sans savoir si les autres en avaient également conscience, des racines les frappaient et entravaient leur progression, pour disparaître dès que ceux qu'elles ne visaient pas leur prêtait attention.


Et que dire des nombreux tournants, qui tous après un autre menaient à un miroir qui les montrait, transformé en vampire, en démon, en vieillard, ou morts ?
Il faisait chaud et humide. Une atmosphère assez malsaine, faite pour ébranler l'âme. Lorsque l'on se retournait, l'on voyait un décor plus enchanteur qu'à l'aller, comme si les murs n'attendaient que le passage des élèves pour reprendre une apparence normale.


Riez donc du sort de nos héros, mais ils parvinrent envers et contre tout à leur destination, et là découvrirent finalement un salon bien décoré, où quatre siège les attendaient. Et lorsque nos trois élèves eurent décidé de rentrer, un individu ravissant prit celui excédentaire pour lui-même. Yeux de jais, ongles d'un léger noir et yeux de braise, une taille n'excédant pas celle de l'élève de l'air, il était habillé élégamment, et rappelait fugitivement un Akumatsuki adulte en plus beau.


Etudiant les trois élèves qui n'étaient jamais allé à ses cours, mais qu'il avait vus dans les couloirs, le comte Osterer était leur hôte. Ici, sous terre, il profitait de ses pouvoirs et faisait de sa voix un nectar enivrant, leur donnant l'impression d'être des individus forts grossiers.


Rien ne me préparait à ce que vous fussiez si nombreux. Ou mon collègue comte a fait un piètre travail, ou vous êtes des prodiges. Mais cela est tant mieux, car vous allez pouvoir vous reposer et faire le point sur vous-même. Cette traversée aura eu le mérite de vous rapprocher. Asseyez vous pour passer à la prochaine épreuve. Je tiens à vous prévenir que vous risquez de découvrir une facette de vous que vous n'appréciez pas beaucoup. Si vous vous laissez submerger, il se peut qu'elle prenne votre place pendant un temps indéterminé, ce qui serait tragique. Je ne tiens pas à ce que vous vous risquiez à une telle épreuve, car vous pourriez de même gagner et perdre toute confiance en vous.

Il existe une autre solution, cependant, mais elle n'est valable que si vous êtes sûr d'être dénué de tout secret pour ceux à côté de vous. Alors, il vous faudra défendre votre camarade contre cette entité, et prendre le risque qu'elle vous surcharge, ce qui vous empêchera de continuer. Il s'agira d'un duel verbal, ne vous attendez pas à gagner grâce à vos capacités.

Sinon, vous pouvez passer par la porte derrière moi, dans laquelle une échelle vers la sortie vous attend. Je vous conseille de le faire, car la prochaine épreuve est plus terrible encore, et rien que vous ne puissiez ne vous permettra de réussir.
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MessageSujet: Re: Détaler dans les dédales [Event 1, Épreuve du labyrinthe]   Mer 18 Juin - 19:51

Le contact des épines était douloureux, mais cela n'était rien par rapport à tout ce qu'avait subi l'élève malmené au cours de la dernière heure. Il était à présent presque insensible à la douleur, et ne faisait pas réellement attention.
Les feuilles de la haie étaient douces, et le bruissement qu'elles faisaient lorsqu'elles étaient effleurées était un des rares sons à parvenir à l'oreille de l'aveugle, avec le bruit d'une herbe piétinée.

Un pas après l'autre, tous hésitants. Le bras tendu faiblira peu à peu, et Lucien se demandait s'il n'aurait pas mieux fait d'attendre au lieu de vouloir faire comme si rien ne lui était arrivé.
S'il écoutait du côté de l'ombre et du rossignol, il percevait bien des murmures, mais ils demeuraient faible à côté du bruit même de l'herbe.

Cette marche silencieuse ne put se poursuivre plus de quelques poignées de secondes, en réalité, car déjà la voix bien connue se répétait et fut rapidement suivie de bruits de pas empressés. L'élève de l'air rejoignait son camarade de l'ombre, l'inquiétude perçant dans ses paroles assez simples.

- En sauvant Nora, j'ai perdu la vue et non l'ouïe... tu dois être devant moi, Zéphyr. Je ne veux pas te retarder... mais je pense que je vais avoir besoin de toi, même si j'ai voulu éviter de t'encombrer. Désolé.

Lucien décida de s'arrêter et tendit la main, d'un air incertain. Quand Zéphyr la prit, il le suivit, sentant les cals dans sa main, ses imperfections, mais par dessus tout une poigne ferme qu'il s'efforça de rendre à avec la même force. Ses paroles étaient sincères, et du regret avait percé dans sa voix.

- Sommes-nous les seuls à avoir gagné cette épreuve ? Je ne peux voir les autres, si j'entends comme un bruit de pas derrière nous...

La marche continuait, plus facile grâce à l'aide de l'ami de Lucien... grâce à l'aide de la personne dont il devrait se méfier, selon Lewis.

- L'on m'a dit que je devais me méfier d'un de mes amis à cause d'un cadeau qu'il aurait reçu... mais je n'arrive pas à me méfier de toi, même si nous nous connaissons depuis peu et même si tu dois être mon seul ami ici. Je ne sais pas pourquoi je te révèle ça... Mais je tenais à le faire. Qui as-tu vu dans le calice ?

Un caillou dans le chemin fit trébucher l'apprenti mage, qui se rattrapa au bras de son compagnon.

- Désolé.

Je crois que je parle peut-être un peu trop... je n'aime pas l'idée de ne rien voir. J'imagine qu'en m'empêchant de sentir ce qui se passe autour avec mes paroles, je me rassure. C'est idiot, n'est-ce p...


"Sa tête écrasée contre un mur d'ombre"

Le message était en lettres de feu et avait réussi à percer le voile de ténèbres qui entravait profondément la vue de l'aveugle. Alors que Zéphyr se tendait lui aussi, Lucien paniqua légèrement, avant de reprendre son calme autant qu'il le pouvait. Il ne s'agissait que de mots.

- As-tu lu... ça ?


A partir de ce moment, la traversée se fit dans le silence. Lucien affronta des racines, et le bruit de l'herbe avait peu à peu disparu pour être remplacé par celui que produisent des chaussures sur un terrain plat. Il se sentait oppressé dans ce lieu humide et chaud et regardait depuis longtemps le sol où nulle inscription n'avait été faite, pour une certaine raison.
Il avait depuis longtemps perdu tous ses repères et faisait entièrement confiance à Zéphyr, dont il tint la main plus fort. Sans lui, il aurait certainement tenté de toujours aller dans la même direction, mais à présent il se sentait perdu. Ils s'arrêtèrent un certain nombre de fois, toujours accompagné d'une contraction de la main, comme si quelque chose d'horrible avait été vu.


Finalement, ils arrivèrent. Lucien sentait que l'air était plus pur.
Avant qu'il ne puisse demander à Zéphyr de lui décrire la scène, une voix résonna. Pure, captivante. Tous les bienfaits semblaient provenir d'elle, et le jeune noble se fit prendre au piège comme bien d'autres plus expérimentés.

L'épreuve semblait... dérangeante, mais bien appropriée pour lui. Il sourit en entendant ce qui allait se passer : il allait devoir tout simplement se faire l'avocat d'un de ses compagnons ou rivaliser d'éloquence avec lui-même. Cela devrait être simple, étant donné l'environnement dans lequel il avait vécu, toujours prêt à trouver des excuses à ses actes et à flatter les autres s'il le fallait. Lucien pensait être capable de tout blanchir, et savait que cette épreuve ne devrait pas lui poser de problèmes.
Et il s'agissait d'une occasion pour lui d'apprendre les secrets d'autrui.

- J'ai un passé assez léger en méfaits, et j'ai de bons talents d'orateur. Je suis capable de vous défendre si vous pensez ne pas pouvoir tenir face à vos propres démons, et je n'aurai pas besoin de voir pour argumenter. Ne vous en faites pas pour moi...

Il avait prononcé ces paroles en tournant la tête dans la direction de Zéphyr. Un message clair, indiquant qu'il désirait l'aider à réussir sans heurts cette épreuve, et qu'il n'avait pas d'objections à ce qu'il fouille dans son passé.

[Je fouillerai le passé de Nora suite à une conversation skype.]
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MessageSujet: Re: Détaler dans les dédales [Event 1, Épreuve du labyrinthe]   Ven 27 Juin - 14:51

La réponse de Lucien me rassura instantanément sur son état psychologique. Après tout, s'il a la force de faire un peu de sarcasme, je suppose qu'il peut continuer, malgré sa cécité.
Je m'empresse de lui prendre la main, puis le bras et de me placer à ses côtés, lui servant d'appui et l'empêchant d'aller se heurter contre un obstacle. Il me paraissait à présent si fragile, si faible comparé au Lucien habituel. Il n'a sans doute jamais été un être bien épais, mais quelque chose en lui me prouvait depuis notre rencontre qu'il était loin d'être quelqu'un possédant une faible constitution.
Me rendant compte que j'avais laissé sa question en suspend, j'y réponds en rassemblant progressivement mes pensées:

- Je ne sais pas vraiment, je n'ai pas fait attention. Mais maintenant que tu le dis...


Je pivote légèrement la tête et le corps pour voir ce qui se trouve derrière nous. Nora a donc réussi l'épreuve elle aussi. Un sourire apparaît sur mon visage et disparait quasi immédiatement. Si elle est encore là, cela veut dire qu'elle reste une concurrente potentielle.

- Nora est juste derrière nous. Continuons, elle ne tardera pas à parvenir à notre niveau. Je ne vois personne d'autre.

Je reprends la marche, tâchant d'anticiper toute chose pouvant entraver les mouvements de Lucien et le faire trébucher ou le blesser. Je pense qu'il a assez souffert comme ça. La blessure d'Ayla, sa cécité à présent... Cela fait beaucoup trop pour une seule personne.


S'il y'avait une personne dont il devait se méfier parmi ses amis... ce serait sans doute moi. Je suis loin d'être un enfant de chœur ni un individu des plus fréquentables. Pourtant, cette histoire de cadeau me laisse perplexe. Je n'ai absolument rien reçu comme cadeau récemment.
En tout cas, il semble me faire confiance... Je ne sais pas si je dois me sentir flatté ou me méfier tout de même. Il peut très bien dire cela pour se servir de moi. Bon... Laissons tomber les divagations.

- Je ne sais pas qui t'a dit ça, mais il aurait pu être au moins un peu plus précis. Je ne me souviens pas que l'on m'ait offert quelque chose ces derniers temps.
Concernant le calice...


Je ne peux pas lui dire ce que j'ai vu. Notre professeur, dirigeant d'une guilde d'assassins et d'êtres plus malfaisants les uns que les autres... Non ça ne passerait pas. Encore moins cette personnalité ou cet "autre" lui.

- J'ai vu... Hum. Je ne préfère pas en parler. Tout ce que je peux te dire, c'est que tu devrais te méfier de tout ce qui t'entoure, que cela soit des élèves, des professeurs ou je ne sais quoi encore.

Je reste impassible et accélère légèrement le pas inconsciemment. Malheureusement Lucien heurte un caillou que je n'avais pas remarqué et s'accroche à moi pour ne pas tomber.
Il s'excuse et me fait comprendre par ses mots qu'il est angoissé à l'idée de se trouver dans un monde d'obscurité.
Je me concentre de nouveau sur ce qui nous entoure et je sens le corps de Lucien trembler. Je le regarde. Il écarquille les yeux et semble fixer quelque chose.

- As-tu lu... ça ?

Je tourne ma tête dans la direction indiquée par son regard. Rien.
Je m’apprête à lui dire qu'il fabule, que sa cécité l'empêche de se rendre compte que l'on se trouve dans un noir quasi complet dans lequel j'ai moi-même du mal à me repérer. Cependant, au moment d'ouvrir la bouche, des lettres apparaissent et s'attachent les unes aux autres, formant une phrase que je peux à présent lire:

"Outil dévoyé, Cesse de cacher celui que tu es, meurtrier."


- Ne fais pas attention. Peu importe ce qui est écrit, cela doit être une épreuve ou je ne sais quoi encore. Avançons.

Hors de question de se laisser déstabiliser maintenant. Shitenno m'a déjà suffisamment perturbé, inutile d'en remettre une couche. En temps normal, cela m'aurait sans doute perturbé et empêché d'avancer avec confiance. Mais je me sens prêt. Plus les confrontations avec mon passé sont fréquentes et plus je me sens capable de l'accepter. Mais jamais je ne retournerais là-bas... Du moins je l'espère.
Les bruits de pas de Nora sont toujours aussi proches, comme si elle se trouvait juste derrière nous.
Comment va-t-elle réagir en voyant cette phrase...? Roh et puis tant pis. Elle découvrira bien un jour ce que je suis. Garder ce secret m'empêchera à jamais de me lier véritablement si je persiste à le cacher. Même si cela doit la terrifier, la dégoûter à jamais de m'adresser la parole, au moins j'aurais essayé.

La route me paraît interminable. Les racines deviennent assez crispantes, me faisant vaciller plus d'une fois. Mais je dois rester debout et soutenir Lucien.
Lucien ne l'a sans doute pas remarqué, mais des miroirs "déformants" nous ont fait face pendant les différentes portions du chemin. Je ne sais pas qui les a disposé là, mais je dois admettre que ça a eu son petit effet sur mon moral.
Me voir en vieux décrépi puis en cadavre desséché me ramène à la réalité de la vie.. Nous sommes tous amenés à devenir ce qui n'est à présent qu'une illusion. J'ai pourtant le réflexe de me toucher, comme pour vérifier que je ne suis pas réellement ce qui a pris forme dans ce miroir.
Je préfère éviter d'en parler à Lucien et de le laisser dans l'ignorance. Qui aurait cru que sa cécité pouvait être un avantage?

Il me semble apercevoir des formes assez inhabituelles pour ce lieu. Une table, des fauteuils, le tout dans une pièce spacieuse décorée de manière assez fine, avec beaucoup de goût. Je ne suis pas un connaisseur mais je peux affirmer que ce serait une pièce qui irait parfaitement à un personnage haut-placé dans la hiérarchie... Si tout n'était pas si sombre.
Un homme nous fait face. Il nous fixe. Nora nous rejoint finalement et je décide de déposer Lucien sur le siège jouxtant le mien. Pour ma part, je reste debout sur le qui-vive, appuyant mes avants-bras sur le dossier de mon siège et fixant l'être qui nous fait face.

Après un court monologue comprenant l'explication de cette nouvelle épreuve, un choix nous est posé. Affronter notre propre ennemi ou celui d'un de nos rivaux.
Lucien a l'air de m'inciter à prendre le sien et je reconnais que cela me parait bien plus judicieux que d'affronter mon autre "moi".

- Je vais m'occuper de l'ennemi de Lucien. Pour ma part, je possède un passé... plutôt sombre. Je dirais même totalement sombre. Je ne compte forcer la main de personne et c'est pour cela que je préfère vous prévenir.

Je m'approche de Nora, assise sur son fauteuil et décide de lui chuchoter:

- Tu veux me connaître? Et bien lance-toi. Mais... J'espère que tu souhaiteras toujours ma compagnie après ça."

Je me redresse pour aller me placer face à cet homme mystérieux. Il émane quelque chose.. d'inhumain.

-Comment ça se passe alors? On doit faire quoi?

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La véritable puissance réside dans les sentiments que les gens éprouvent pour les autres. La véritable force, c'est notre cœur. Si quelqu'un tient à moi, cela me rend plus fort. L"union de nos cœurs, voilà d'où vient ma force!

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MessageSujet: Re: Détaler dans les dédales [Event 1, Épreuve du labyrinthe]   Jeu 10 Juil - 19:02

Je marchais d'un pas lent et mal assuré. Mon corps me donnait l'impression de peser beaucoup plus lourd qu'habituellement. J'essayais de me convaincre que mon choix ne pouvait pas avoir de si graves conséquences, mais en vain. Une sorte de pointe ne cessait de s'enfoncer dans mon cœur à chaque pas que je faisais en direction de mes deux camarades. Lorsque j'arrivais enfin à leur niveau, Zéphyr était en plein discussion avec Lucien, j'avais beau tendre l'oreille, mon cerveau n'était pas apte à les écouter en ce moment même. Je manquais d'ailleurs de trébucher quand ils s'arrêtèrent brusquement.
Je voulais leur annoncer ma présence, leur dire que j'étais désolée... mais lorsque j'entrouvrais mes lèvres pour parler, le son restait bloqué dans ma gorge, me rendant complètement muette.
Pour essayer de faire passer ma panique, qui ne cessait d'augmenter en moi et qui devait se ressentir à plusieurs kilomètres à la ronde, je prêtais enfin attention au paysage qui nous entourait. Nous avions pénétré un couloir qui descendait sous terre, l'obscurité régnait en maître, mais je parvenais à percevoir quelques éléments. Les murs ainsi que le sol, étaient recouverts de feuilles et de racines, ralentissant toujours un peu plus notre progression. Alors que je me concentrais sur l'endroit où je posais mes pieds, pour éviter de tomber lamentablement sur Zéphyr qui se trouvait juste devant moi, des mots, des phrases, brisèrent la noirceur des lieux.

Tu es seule, Traîtresse !

Mon cœur manqua un battement. Ils allaient me détester ! Je commençais à regarder partout frénétiquement autour de moi, cherchant un moyen de cacher ces messages. Les murs semblaient se rapprocher et compresser mon cœur. Je sentais de la sueur perler sur mes tempes et l'air me manquer. Qu'avais-je donc fait ?  

- As-tu lu... ça ?

Je fixais Lucien avec un regard horrifié. J'avais envie de hurler. De leur jurer que j'étais désolée, qu'ils ne devaient pas m'en vouloir ! Instinctivement, je commençais à tendre ma main vers lui. Je voulais qu'il ressente ma détresse, qu'il me regarde. Les mots paraissent s'écraser sur mon cœur telles des enclumes. Qu'allaient-ils penser de moi ? Je commençais à peine à créer des liens avec Zéphyr qu'il allait s 'éloigner de moi. Mon cœur se serrait. Peut-être que c'était mieux... Je n'étais pas digne de confiance, je ne lui aurait sûrement apporté que malheur et tristesse. Il devait déjà être déçu, voire en train de me détester. J'allais toucher le bras du garou, mais mon camarade de l'air prit la parole, stoppant net mon geste.

- Ne fais pas attention. Peu importe ce qui est écrit, cela doit être une épreuve ou je ne sais quoi encore. Avançons.

Je dus m'arrêter quelques secondes. Il avait raison. Ce labyrinthe n'était rien d'autre qu'un test, que des épreuves à franchir. Un rapide coup d’œil sur ma droite ma rappela que la pierre était toujours présente. Ces phrases n'étaient malheureusement pas fausses...
Toujours aussi silencieuse, je repris la marche, suivant les pas de Zéphyr. Je ferai de mon mieux pour éviter le maximum de catastrophes. Pour le moment, je devais agir normalement. Je ravalais ma panique et l'enferma au plus profond de mon être. Mon visage était maintenant de nouveau figé dans ce masque inexpressif que j'abordais au quotidien.
Le temps semblait s'être arrêté tellement le couloir était long. Trébucher toutes les trois secondes était épuisant et des miroirs étranges, où je me voyais plus sombre que jamais, ou encore une lame me transperçant le cœur, pesaient énormément sur mon moral. Je ne pensais pas que les épreuves de cet endroit demanderaient une force mentale si élevée. La première épreuve des poutres me paraissait bien loin et bien moins compliquée que précédemment. Je me demandais si beaucoup de personnes nous observaient, si Francis suivait notre progression, si les autres participants qui avaient perdu, plus tôt, nous regardaient. J'avais légèrement oublié que nous n'étions pas vraiment seuls.

Le décor avait complètement changé lorsque nous étions arrivé dans ce nouveau lieu. Fini le couloir interminable sombre plein de racines, place au salon de luxe. Un homme était assis sur un des sièges de la salle. Il avait des yeux d'un noir intense et paraissait plutôt agréable au regard. Je ne le connaissais pas, mais il me semblait l'avoir déjà vu quelque part. Il nous invita à nous asseoir et je jetais un coup d’œil à Zéphyr qui était en train d'aider Lucien à se placer sur le premier siège. J'avais déjà remarqué plus tôt qu'il l'aidait mais c'est à ce moment précis que cela marqua mon esprit. Pendant quelques secondes, je fixais le garou, il avait le regard vide et sans éclat. Ses iris semblaient chercher désespérément un endroit où se poser. Je ne pus cependant pas réfléchir longtemps à ce problème : le comte était en train d'expliquer la nouvelle épreuve et je savais pertinemment qu'il ne répéterait pas pour moi.

Je ne voulais pas affronter mon propre passé, il me rongeait déjà trop de l'intérieur. Mais, je prenais le risque qu'ils découvrent ma trahison. Encore une fois, j'étais en plein dilemme. Maintenant assise sur un des sièges, je regardais Zéphyr qui, confiant, affirmait qu'il s’occuperait de Lucien. Ce dernier avait assuré qu'il pourrait nous défendre.. j'avais besoin de lui, encore... Je me demandais alors s'il accepterait... Je ne lui avais apporté que des complications et je commençais à penser que je ne n'étais pas complètement innocente face à son problème aux yeux. Je remarquais à peine Zéphyr se déplacer vers moi et un frisson de surprise traversa tout mon corps lorsqu'il me chuchota quelques mots à l'oreille.

- Tu veux me connaître ? Et bien lance-toi. Mais... J'espère que tu souhaiteras toujours ma compagnie après ça.

Je me demandais bien ce qu'il pouvait cacher pour qu'il pense que je laisserai tomber. Sa proximité me perturbait mais je faisais tout mon possible pour le cacher, ce n'était pas le moment d'être gênée. Je sentais qu'il s’éloignait et j'osais me retourner pour l'observer. Il avait l'air sûr de lui. Il passa devant moi pour se placer devant le comte. Décidée, je me levais à mon tour et lui emboîta le pas pour me placer à ses côtés.

- Je vais m'occuper de l'ennemi de Zéphyr, je me tournais légèrement vers mon deuxième camarade,Lucien, je m'en remets à toi, si tu le veux bien.

J'avais pris la voix la plus confiante que j'avais pu et je pris une grande inspiration, déterminée. Je devais en finir avec ce labyrinthe.

- Comment ça se passe alors ? On doit faire quoi ?

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MessageSujet: Re: Détaler dans les dédales [Event 1, Épreuve du labyrinthe]   Jeu 10 Juil - 21:43

Regarder ces trois jeunes élèves se démener avec leurs peurs et leur manque de confiance amusait légèrement le comte Osterer tout en le peinant. Ces sentiments contradictoires étaient difficilement explicables, mais le désarroi ressenti venait de la gravité de ce qu'ils allaient subir.

Il est difficile d'accéder à la sagesse, de se rendre compte de toutes ses erreurs et de se défendre contre elle : l'on peut passer une vie entière à tenter de se libérer de méfaits passés, alors même que les actions peuvent n'être que d'insignifiantes broutilles que tous sauf le perpétrateur ont oubliées. Eux allaient à présent être confrontés aux actes d'autrui, face aux facettes de leurs amis qui reflétaient tous les bons côtés.
Et il était fort peu probable que Lucien parle à Nora dans le futur, que Nora ose approcher Zéphyr encore et que Zéphyr ne se détourne pas de Lucien. Du chantage aurait peut-être lieu, et leur intimité aurait été violée pour toujours. S'il n'avait eu ses ordres de la part du conseil vampirique et ne devait remplir son rôle, le comte eut laissé passé les élèves pour leur empêcher une telle épreuve.

Mais s'ils ne pouvaient supporter un index accusateur et ne pouvaient supporter un camarade dans l'adversité, même en le connaissant, ils ne méritaient pas d'affronter la prochaine épreuve.

- Vous devez voir et comprendre. Je vais lier vos esprits deux à deux grâce à une forme de télépathie empathique et vous verrez, si vous le pouvez, l'ami choisi sous la forme d'une grotesque farce qui accentue ses traits les plus sombres.

Alors, tous ses travers vous seront présentés les uns après les autres, à moins qu'une grande faute ne prévale sur les autres. Vous devrez les accepter de tenter d'apaiser ou de repousser la personne qui vous parlera ; choisissez la méthode qui vous semblera la plus appropriée. Certaines personnes se souviennent avec honte d'une action dont ils ne comprenaient pas les enjeux enfants, mais d'autres se méprisent à cause de ce qu'ils ont fait en âme et conscience il y a peu de temps. Cette forme d'épreuve consiste à vous tenir unis dans son principe, mais il se peut que surmonter les accusations suffise : vous ne devez en aucun cas vous laisser abattre et céder à une violente émotion, sinon vous serez submergé... et donnerez vie aux méfaits de celui que vous défendez par votre propre corps, car vous serez possédés.

Je ne sais pas si vous avez été sages dans vos choix, et vous souhaite bonne chance.



Lucien, au bout d'un moment, entendit une voix proche de celle de Nora, mais qui ne possédait que les accents du tourment et en était affreusement déformée. Pour lui, nul changement de décor n'avait eu lieu, car rien ne pouvait percer le voile de ténèbres formé autour de lui.

- Je vous ai trahis.

Une sorte d'écho s'ensuivit, comme si ce méfait revenait sans répit dans l'esprit de la panthère.

- Tu m'as sauvée une fois, et je te remercie en te plantant un couteau dans le dos. Mephiles m'a laissé le choix entre gagner l'épreuve du calice mais en vous ôtant toute chance lors de la dernière épreuve et perdre. Je ne pouvais pas me permettre d'échouer...

Je suis une traîtresse. J'ai toujours trahi les gens. Mon frère m'a aidée à fuir ceux qui avaient tué mes parents, et je n'ai absolument rien fait lorsqu'il a été enlevé. J'ai laissé tomber la chair de ma chair, celui qui m'avait sauvé la vie. Je suis restée sans rien faire quand mes parents ont été tués également. Quand je ne participe pas à la chute de ceux qui me sont chers, je suis inutile.
Depuis, je ne me permets plus de paraître faible.

Je suis incapable de me pardonner ce que je vous ai fait. On m'a fait un cadeau qui empoisonnent les deux personnes qui ont prêté attention à moi et ont décidé de mes aider, et je l'accepte.


Des larmes incessantes coulaient, et le bruit des sanglots venait avec celui de cris de douleurs, de ceux que font les personnes qui cherchent à expier leurs pêchés en se mutilant. Les mots revenaient et se ressassaient sans cesser.


Zéphyr vit bientôt un noble ressemblant à un Lucien habillé d'habits couleurs de nuit, aux yeux rouges et aux crocs de vampire ; il s'agissait de la personne qu'il avait pu voir dans le miroir qui l'avait ramené dans ce monde. Ce vampire était porté par ce que pourrait être un Lucien adulte (ressemblant en fait à Lewis, dont l'apparence était inconnue de l'élève de l'air), aux longs cheveux d'or tressés élégamment, qui se taisait, stoïque. Il apparaissait comme évident que le petit se reposait entièrement sur lui, et ne s'était pas débrouillé seul en un long moment.

- Je regrette de ne pouvoir sonder les esprits des autres plus souvent, même si je ne peux sonder le tien. Imagine tous les secrets que je pourrais découvrir, tous les savoirs qui sont gardés qui seraient mien, avec une telle aptitude ?

J'ai appris à cambrioler à partir du métier de roturier de mon bâtard de frère, qui doit être la seule tache sur ma noble famille, avec le fait qu'elle soit si profondément accoquinée avec l'ombre. Le fait que je sois également un rossignol peut compter, ne le penses-tu pas ? Dire que j'ai passé toute ma vie à traiter en outil une partie de moi, et que j'ai eu la sottise le reste du temps de me mettre à me respecter trop pour ne pas m'utiliser convenablement ? S'agit-il de diplomatie ? En quoi le fait que mon pouvoir ait une personnalité m'empêcherait de l'utiliser comme j'utilise mon bras pour frapper, mes lèvres pour charmer ? Je me sens bien sot de privilégier cette partie de moi. Devrais-je bientôt prêter les plus grands égards à mes pieds, qui prendraient ombrage de la préférence que je fais à l'animal ?

Si je peux me permettre de t'annoncer une chose, c'est que je ne comprend pas quelque chose lorsque j'y pense : tu n'as rien pour toi, honnêtement. Peut-être la capacité de crocheter, ce qui fait que je me reconnais dans certains actes, mais tu n'as pas la naissance pour t'aider, et je devrais un jour me séparer de toi car mon ambition le demandera. Sans doute, après tout, l'académie te permettra peut-être de devenir quelqu'un. Je ne comprends pas comment nous sommes devenus amis, car malgré quelques exceptions, j'ai souvent accordé ma préférence à ceux nés dans le même milieu que moi.

C'est ce qu'il faut bien pour se faire aider.




Nora, elle ne vit absolument rien pendant une demi-minute. Elle ressentait une sorte de lutte, des regrets, mais qui semblaient aller vers le destin plus que contre lui-même. Il semblait que Zéphyr n'ait pas fait ce qu'il avait du faire par choix, s'y était même toujours opposé au fond de lui.
Au fur et à mesure que les secrets étaient extraits, une idée apparut... la peur que l'on connaisse son passé. Que l'on le rejette.

Soudain, la garoue eut comme l'impression qu'une lame d'acier froide venait de se poser sur sa gorge. Un souffle chaud se fit ressentir dans son cou, et elle eut le sentiment d'être à la merci d'une personne qui ne se soucie pas le moins du monde d'elle.

- Tu es morte si je le veux.

Zéphyr, car telle était sa voix, recula après avoir habilement rangé son couteau. Il sourit, mais ses yeux sont de glace, implacables. Sous cette forme, il ne fait pas le moindre bruit malgré les innombrables couteaux sans fourreaux disposés partout sur son corps, retenus par des sangles.
Pas un seul n'est immaculé, car tous sont rougis de sang jusqu'à la garde. À ses pieds sont d'innombrables flacons tous marqués d'une tête de mort ainsi qu'un arc et de nombreuses flèches.

- Même à mains nues je pourrais t'avoir, en réalité, si tu entravais ma route. J'ai été formé pour tuer depuis mon enfance, et je sais comment m'occuper même des vampires de sang-pur. Mon pouvoir même représente cela : il s'agit de mon exacte réplique, mais en plus meurtrière, motivée à obtenir pour moi le don de tuer par le toucher. Regarde la marque qui m'a été faite au fer rouge le jour de mes onze ans si tu ne me crois pas.

J'ai déjà enfreint le règlement de l'académie, et je peux créer de nombreux poisons. Sache que je retournerai sans doute dans ma véritable maison, loin de votre idéalisme navrant, dès que j'aurai acquis le pouvoir de me déplacer ainsi que le fait la brise. Je doute que tu puisses y trouver quelque chose à redire.

N'oublie jamais que tu n'es rien face à moi. Je suis issu d'une lignée d'assassins, et ne suis né que pour exécuter autrui. Aussi, perd gentiment cette épreuve et ne te met plus jamais en travers de ma route.
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MessageSujet: Re: Détaler dans les dédales [Event 1, Épreuve du labyrinthe]   Ven 11 Juil - 15:33

Bientôt, Lucien saurait ce qu'était le passé de Nora. Il devait sans doute être composé de méfaits innocents qui la tourmentaient pourtant, comme un vol à la tire effectué pour survivre ou encore la révélation d'un secret qui aurait du être conservé à tout prix. À quoi d'autre pouvait-on s'attendre, venant d'une fille qui avait l'air aussi confiante et innocente ?

Tel un avocat confiant qui pense pouvoir remporter son procès sans heurt, il s'en allait vers sa cliente, coupable et accusatrice.
La voix qui surgit des tréfonds des ténèbres qui l'entouraient à présent en permanence le surprit. Tous les autres bruits, les respirations de ses compagnons comme les froissements que provoquaient leurs infimes déplacements s'étaient tus une fois que les paroles avaient émergé.

Il s'agissait d'une voix sinistrée, dépourvue de la moindre étincelle de vie, et seule la surprise d'être confronté à de tels sons permit à l'élève de l'Ombre de ne pas échouer instantanément ; en d'autres circonstances, une telle déclaration provenant de cette fille l'aurait tellement surprise qu'il aurait permis aux démons qui tourmentaient Nora de trouver un hôte en lui.
Ainsi, elle les avait trahis. Quand ? Comment ? Pourquoi ? Toutes les actions devaient avoir une cause, être effectuées d'une manière ou d'une autre et être situées dans le temps. Répondre à ces trois questions lui permettraient d'éclaircir de nombreuses choses.

Le discours de la cliente se déroulait toujours, s'insinuant entre les oreilles de son défenseur. Les premières questions venaient de trouver une réponse : Mephiles, lors de l'épreuve du calice, avait été rencontré. Le dieu de la mort en personne, le sage de l'Ombre envers lequel tout mage d'Ombre devait se sentir un minimum respectueux. S'il lui avait promis le pouvoir de gagner, il était vain de croire qu'un soigneur de l'air qui ne peut créer que des sphères colorés et un cambrioleur de l'ombre qui ne sait qu'être architecte puissent lui tenir tête. Si Nora gagnait cette épreuve, ils perdraient.

Mais comment la faire perdre ? S'il échoue à cette épreuve... qui ne pourra avancer, au juste ? Lui ou elle ?

Pourquoi n'a-t-on pas répondu à une telle question, si vitale ?

Lucien luttait pour garder le contrôle de lui-même, et y arrivait somme toute assez facilement. Après avoir subi la trahison de la première personne pour qui il avait ressenti l'Amour avec un grand A, il n'arrivait même pas à se sentir concerné d'une si faible trahison. Il ne s'agissait que d'un tournoi, pas de sa passion-même.
Cela en était assez... blasant. Au moins, le cadeau dont il devait se méfier n'avait pas été remis à Zéphyr, ce qui était d'un grand réconfort.

Alors que les voix répétaient en écho les circonstances dans lesquelles la garoue avait trahi, encore et encore, le blondinet se taisait et réfléchissait. Il devait vite parler, avant de devenir fou sous le bruit des sanglots.

- Cette trahison que tu te reproches n'est pas encore advenue, et je trouverai le moyen de l'empêcher. N'est-il pas vain de te reprocher des faits inexistants ? Nous pensons tous à des actes perfides, et sous la colère nous pouvons même souhaiter la mort. Pourquoi nous reprocher ce qui n'existe pas, pourquoi nous reprocher ce qui a été forcé ?

Tu n'avais pas le choix, il était faux. Toute personne censée dans de telles circonstances conserverait le secret de ce qu'elle a fait. On m'a fait bien pire, et il se peut que mon cœur meurtri récemment  y soit pour quelque chose, mais j'ai du mal à t'en vouloir pour quelque chose qui n'existe pas et n'existera jamais. Il se pouvait s'agir d'un test, mais tu as fait le seul choix logique. Zéphyr le sait aussi. Tu as certainement bien appris des "trahisons" vécues dans le passé, si tu as décidé de devenir forte. Si tu étais jeune, tu ne pouvais rien faire, et crois-moi, les bandits ne sont certainement pas accessibles à une jeune fille. Moi-même ne pourrait les combattre alors que je suis plus vieux que ce que tu devais être.


Je ne peux pas te pardonner de n'avoir rien fait, en réalité. Il est dans l'ordre des choses de se retourner parfois contre ceux qui ont aidé, et l'univers des nobles est fondé sur ça si l'on excepte quelques personnes d'honneur. Tu ne comprendrai certainement rien à ce que je te raconterais si je te parlais de toutes les fois où un traité à été violé, une confidence exploitée et où l'on s'est servi de supérieurs comme de marchepieds. Mon monde tourne ainsi, et tu dois t'attendre à ce qu'on te regarde en adulte pour ton action.
Quand je t'ai sauvée, j'ai fait le choix qui me paraissait le plus logique à l'instant. Tu en as fait de même.
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MessageSujet: Re: Détaler dans les dédales [Event 1, Épreuve du labyrinthe]   Dim 13 Juil - 20:24

Ses propos furent énoncés sans aucune émotion. La consigne fut donnée et l'épreuve va finalement commencer.
Aucune nuisance sonore ne vient perturber ce climat pour le moins pesant. Je fixe la personne chargée de nous faire passer l'épreuve. Elle demeure imperturbable. En me retournant pour observer mes deux camarades, je me rends compte que ceux-ci ont tout simplement disparus.
A la place, un homme me fait face. Il est bien plus grand que Lucien et Nora et je suppose qu'il ne s'agit d'aucun des deux.
Sur ses épaules, un jeune garçon,plus petit, fragile. Pourtant... Son visage, ses traits, sa tenue... Tout  me fait penser à lui. Je m'approche et réalise que je ne me suis pas trompé. Il s'agit bien de Lucien. Sa tenue est sombre, ses yeux flamboyants, ses crocs acérés, mais il s'agit encore bel et bien de lui. On nous avait bien prévenu qu'il s'agirait d'une version alternative de nos camarades, cela n'en reste pas moins impressionnant.
L'homme qui le porte doit faire quasiment ma taille, rien à voir avec le frêle Lucien qu'il porte sur ses épaules. Il dégage une aura particulière, une certaine prestance qui me laisse coi et qui intime le respect.
Lucien ouvre la bouche et m'adresse la parole d'une voix limpide et légèrement plus grave, plus sévère.

Après avoir digéré les douloureuses paroles de "Lucien", il me faut répliquer. Je suis pourtant incapable de rassembler mes pensées et de les structurer correctement. Je suis totalement pris au dépourvu. Je bredouille avec sincérité mes premiers mots.


- Je ne connais pas grand-chose au monde de la noblesse et je ne m'y intéresserais sans doute jamais. Mais pourquoi faudrait-il absolument en faire parti pour avoir de la valeur et du pouvoir dans ce monde? Je ne suis pas un modèle de perfection et je ne suis sans doute d'aucune utilité pour que tu puisses t'élever socialement. J'aurais même tendance à te rabaisser vu ma condition.
Je ne sais pas pourquoi tu as décidé de te lier à moi et j'en suis le premier surpris. Pourtant... je suis certain que je possède quelque chose qui t'a amené à te rapprocher de moi. Notre amitié est très récente et loin d'être consolidée, mais je suis sûr que tu auras besoin dans le futur d'une personne qui puisse te changer les idées, te sortir de ce monde-là pour te ramener à une réalité plus simple, sans toute cette cacophonie et ce surplus de luxe et tromperies. Car après tout, vous ne pouvez pas être vous-même avec des personnes hauts-placées. Vous devez arborer vos plus beaux atours et la facette la plus reluisante de vous-même.
Mais au final... Ce n'est que du vent. Aucune sincérité ne s'échappe, la méfiance est constamment présente et ne vous quitte jamais.


Je reprends mon souffle, gagne en confiance et me décide à contre-attaquer.

- Tu dis accorder une préférence aux personnes du même milieu que toi? Depuis quand Lucien a-t-il eu besoin de qui que ce soit pour se faire une place dans la hiérarchie? Si tu n'es pas capable de te débrouiller seul, ne pense pas pouvoir te démarquer des autres.
Une amitié feinte entre nobles n'a aucune valeur comparée à celle que je peux t'offrir. Je ne suis pas spécialiste mais je suis certain de pouvoir mieux me débrouiller que ces gens superficiels. Tu n'es pas comme eux.
Le rossignol est la preuve que tu es différent. Ce don que tu possèdes n'est pas qu'un vulgaire outil que tu dois utiliser comme bon te semble. Il s'agit d'une part de toi que tu dois respecter. Tu dois me trouver bien stupide pour parler d'une chose que je ne connais pas et que je ne suis pas censé comprendre. Pourtant... Je suis sûr que ce n'est pas comme cela que j'utiliserais mon don.
Je ne vais pas te faire la morale pendant des heures et te dire ce qui est bien et ce qui ne l'est pas. Je n'en ai pas le droit. Mais si un jour tu as besoin de moi et que tu veux te sortir de ce milieu de rapaces... Je serais là. Montre leur que l'on peut avoir un cœur, des convictions et une personnalité unique tout en se faisant respecter.
Notre amitié n'est pas aussi fragile et éphémère que tu le crois.


Je préfère arrêter mon discours là, le laissant répondre à son tour. Je ne sais pas du tout si j'ai été convaincant, mais j'aurais au moins dit ce que j'avais sur le cœur. Peut-être que ces paroles parviendront au véritable Lucien et qu'il se rendra compte que je ne prends pas ces choses à la légère.

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La véritable puissance réside dans les sentiments que les gens éprouvent pour les autres. La véritable force, c'est notre cœur. Si quelqu'un tient à moi, cela me rend plus fort. L"union de nos cœurs, voilà d'où vient ma force!

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MessageSujet: Re: Détaler dans les dédales [Event 1, Épreuve du labyrinthe]   Mar 15 Juil - 1:32

Je me tenais droite pendant les explications du comte, absorbant avec intérêt chaque mot qu'il prononçait. Lorsqu'il eût fini, je patientais quelques secondes attendant qu'il ne se produise quelque chose. J'allais tourner la tête vers mes camarades quand je me retrouvais d'un coup dans le noir le plus total, complètement seule. L’atmosphère de la pièce, même si je n'arrivais plus à distinguer le moindre objet, avait complètement changé. L'air était lourd, rempli d'un sentiment que je ne connaissais que parfaitement : les regrets. Mon cœur en était rongé depuis tellement de temps maintenant. Je continuais de scruter les lieux à la recherche d'une infime lueur.
Soudain, un métal froid se glissa contre ma gorge. Je manquais de laisser échapper un cri de surprise et mon cœur se mit à cogner fort contre mon thorax, la peur s'incrustant peu à peu dans mon corps. Je me retenais de respirer lorsque je sentis son souffle chatouiller ma nuque. Cela aurait pu être très agréable si je n'avais pas l'impression qu'il n'hésiterait pas une seule seconde à presser cette lame contre mon cou afin de me laisser une entaille mortelle.

- Tu es morte si je le veux.

Cette voix, beaucoup trop familière à mon goût me laissait un frisson d’effroi qui se propageait à une vitesse fulgurante tout le long de ma colonne vertébrale. Je sentais alors que l'on s’écartait de moi. Zéphyr me faisait maintenant face. J'avais beau reconnaître sans le moindre problème ses traits du visage, son regard froid et sanguinaire, ainsi que son sourire malsain et cruel m'étaient complètement inconnus et inhabituels. Instinctivement, je reculais de quelques pas. Il était vraiment effrayant. Des couteaux étaient attachés partout sur son corps, tous, sans exceptions étaient recouverts de sang séché, d’innombrables flacons, remplis d'un liquide mortel, jonchaient à ses pieds, près d'un arc qui reposait sur plusieurs flèches. Mon corps entier tremblait. Il fallait que je prenne la fuite. Il allait me tuer.

- Même à mains nues je pourrais t'avoir, en réalité, si tu entravais ma route. J'ai été formé pour tuer depuis mon enfance, et je sais comment m'occuper même des vampires de sang-pure. Mon pouvoir même représente cela : Il s'agit de mon exacte réplique, mais en plus meurtrière, motivée à obtenir pour moi le don de tuer par le toucher. Regarde la marque qui m'a été faite au fer rouge le jour de mes onze ans si tu ne me crois pas.

Je ne pus m'empêcher de déglutir. Ma respiration était courte et j'avais de plus en plus de mal à remplir mes poumons à cause de la panique qui s'insinuait peu à peu dans mon corps. Zéphyr était un assassin. Cette réalité me frappait comme jamais. Je n'arrivais pas à le croire. Son don était-il vraiment celui de tuer par le toucher ? Mon crâne me faisait mal. Ce qu'il me disait ne collait pas avec le Zéphyr que je connaissais.

- J'ai déjà enfreint le règlement de l'académie, et je peux créer de nombreux poisons. Sache que je retournerai sans doute dans ma véritable maison, loin de votre idéalisme navrant, dès que j'aurai acquis le pouvoir de me déplacer ainsi que le fait la brise. Je doute que tu puisses y trouver quelque chose à redire.

Effectivement, si mon camarade était bel et bien comme le Zéphyr devant moi le prétendait, je ne pouvais pas faire grand-chose. Je serrais les dents, incapable de dire le moindre mot de protestation.

- N'oublie jamais que tu n'es rien face à moi. Je suis issu d'une lignée d'assassins, et je suis né que pour exécuter autrui. Aussi, perd gentiment cette épreuve et ne te met jamais en travers de ma route.

Je sentais mes mains moites. Un nœud dans ma gorge s'était formé, bloquant de plus en plus ma respiration. J'avais déjà été confronté à la mort. J'avais déjà eu aussi peur. Mais, je n'avais jamais été seule, complètement seule face à cet homme qui pouvait mettre fin à ma vie d'un simple geste. J'étais persuadée qu'il pouvait capter les battements de mon cœur tellement il faisait du bruit. Ses mots, ses phrases, tout résonnait dans ma tête comme un écho interminable. Il fallait que je me concentre.
L'épreuve. Mais oui, bien sûr. Il ne fallait pas que j'oublie que c'était avant tout une épreuve. Que le Zéphyr qui était maintenant devant moi n'était qu'une caricature. Son regard perçant plaqué sur moi me perturbait. Je ne devais pas me laisser avoir. Je pris une longue inspiration et je fermais les yeux. Il avait la possibilité de me tuer à tout moment, mais je sentais la peur s'effacer peu à peu. Je focalisais mon esprit sur lui, mais pas le Zéphyr en face de moi, celui avec qui j'avais passé du temps. Je devais oublier cet homme armé et laisser les souvenirs me donner des réponses.

« J'espère que tu souhaiteras toujours ma compagnie après ça ».
« Une jolie petite bouille comme la tienne ne doit pas être abîmée ».
«  Chère voisine, j'espère que nous passerons une très bonne année côte à côte à ce cours qui s'annonce passionnant »

Sa voix, plaisante et amicale explosa dans mon esprit. Ce garçon n'était pas un tueur. Il avait peut-être été formé pour tuer, mais je doutais qu'il ait accepté de suivre ce chemin. Je ne savais pas vraiment comment m'adresser à lui. Je tentais de cacher le tremblement de mes mains et planta mon regard dans le sien. Son expression avait beau être froide et effrayante, je connaissais ses yeux et ils pouvaient être magnifiques.

- Tu as raison. Je ne suis rien face à toi. Et comme tu l'as si bien dit, tu pourrais me tuer sans le moindre problème. Mais.. étrangement, je n'ai plus peur de ça. Tu es peut-être cet assassin, ton don est peut-être celui de tuer, mais je sais que la personne que je connais n'accepte pas ça. Le Zéphyr qui a sorti la petite bête de sa cage, pour m'aider ou aider ce terrocel n'est pas un assassin. Le Zéphyr qui accepte de m'aider pour m'apprendre à écrire, tu penses sérieusement que c'est un tueur ? Parce que je refuse de le croire.

Tu as peut-être un passé sombre. D'ailleurs, je ne sais pas si tu as déjà tué quelqu'un. Mais je suis presque persuadée que si c'était le cas, tu le regretterais. Tu es aussi rongé que moi par les remords. Je doute que si tu étais entré dans cette académie dans le seul but de devenir plus fort et de maîtriser l'élément de l'air, tu aurais pris le temps de me sourire, de m'aider ou même de te lier d'amitié avec Lucien. Le tueur que tu prétends être est peut-être une partie de toi. Mais personne ici n'est complètement blanc tu sais. Sincèrement, je ne pense pas que le Zéphyr que je commence à connaître me tuerait simplement parce que je me suis battue pour gagner. Alors tu sais quoi ? Je n'ai pas l'intention de perdre et j'accepte ton passé. Je ne peux pas croire que tu sois la personne que tu prétends être, tu n'es que son côté noir. Tue-moi si ça te chante, ça sauvera peut-être plus de personnes qu'autre chose.


Je l'avais fusillé du regard tout le long de mon discours. Ma voix était provocante, claire et fluide. J'avais pris de nouveau une longue inspiration pour calmer mes nerfs ainsi que mon cœur qui battait à tout rompre dans ma poitrine. J'étais complètement terrorisée, mais je ne laissais rien paraître. Je faisais confiance au Zéphyr que je connaissais. J'avais envie de créer quelque chose avec lui. Une amitié. Quelque chose qui me raccroche à cette vie que je n'avais pas peur de quitter. Je savais que s'il me tuait, je perdrais l'épreuve. Mais, ça n'avait plus vraiment d'importance. Je défendais le Zéphyr d'alchimie et de créature avec mon cœur et non parce que c'était le but de l'épreuve. Je le provoquais du regard, relevant légèrement le menton pour ne pas fléchir. Tout se jouait maintenant.

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MessageSujet: Re: Détaler dans les dédales [Event 1, Épreuve du labyrinthe]   Jeu 17 Juil - 19:20

Les Nora, Lucien et Zéphyr immatériels finirent par s'évanouir, l'une avec un regard terne mais quelque peu surpris, l'un par une moue pensive et moqueuse, et le dernier sans bruits ni émotions, partant comme le courant d'air qu'était son prénom.


Alors, les trois participants finirent par se réveiller, et l'influence des autres se dissipa peu à peu. Le noble se sentit peu à peu le cœur plus léger et l'âme moins tourmentée, l'ex-assassin n'eut plus l'impression de se sentir supérieur aux autres et perdit un peu du mépris moqueur accumulé au contact de ce Lucien. Quand à la garoue, elle oublia assez vite tous les points faibles qu'elle avait repérés chez ses camarades en un clin d’œil, ainsi que sa froide maîtrise d'elle-même, pour retourner dans l'état où elle était précédemment, bien que cela prit un peu plus de temps pour elle.

Osterer sourit lorsqu'il vit que les adolescents étaient relativement inchangés, et observa leur comportement. Il y avait un peu plus de méfiance qu'auparavant, mais cela était nécessaire. Il les sonda avec une profonde attention lorsque arrivèrent les retours de l'expérience chez chacun ; tous prirent conscience de se souvenir qu'on les avait entretenu de leurs défauts, et savaient parfaitement ce qu'on leur avait dit, comme si la scène avait mobilisé tous leurs sens et s'était déroulée à l'instant même.
Ils devaient à présent récupérer de cet état-là.


- J'ai observé vos émotions, au moment où vous vous êtes souvenus de ce qui s'est passé, et j'espère que vous ne vous en voulez pas d'avoir révélé certaines actions. Ne vous en faites pas, je n'ai pas décidé de violer votre vie privée, et je n'ai analysé que vos ressentis, et non pas ce qu'ils concernaient.

Pour ceux qui continueront à arpenter ce labyrinthe, je tiens à vous féliciter d'être parvenu à apaiser les tourments de vos camarades, ce qui n'a pas du être forcément aisé. Vous devriez penser à faire une carrière dans la diplomatie ou chez les guérisseurs, si vous parvenez à faire d'autres tours de force du même acabit, et à étendre votre tolérance à d'autres qu'à vos camarades. Ce que vous avez fait est admirable.



Pour ce qui était de Zéphyr, il n'y avait pas de problèmes. Ils s'en était admirablement bien sorti, même s'il ne se soit concentré que sur une partie du problème posé. Il avait pu faire la part des choses et différencier leur adversaire de leur camarade tout en acceptant l'existence, et il sentait de la reconnaissance en Lucien en même temps que le trouble de s'être dévoilé. Sa capacité de tolérance était assez grande, car ils n'avaient pas abandonné son ami malgré les horreurs qu'il avait pu lui raconter. Il s'agissait d'un comportement inattendu, qui tranchait avec les prévisions du vampire, fondées sur le peu de temps qu'ils avaient pu passer ensemble.
Il enchaîna aussitôt après, sans attendre.

- Je déclare que peuvent continuer l'élève de l'Air...

Nora présentait un cas plus compliqué. Si elle avait différencié Zéphyr de son double, elle avait bien plus repoussé ce dernier, en faisant une personne totalement différente. Il sentait en elle l'impression d'avoir rencontré une dualité, ce qui était pour lui impossible. Inconscient du fait qu'elle avait en réalité affronté le pouvoir de son ami, il jugeait qu'elle avait manqué de tolérance, n'avait pas été capable d'entièrement accepter que quelqu'un qu'elle connaissait ait pu faire les actes qu'elle avait entendu raconter. Oh, elle l'avait accepté, tout comme elle acceptait la possibilité que ce soit réel, mais elle semblait croire que l'autre mentait au moins sur un point. Ce qui, du point de vue du comte, était impossible.
Mais elle avait rempli le but principal de l'épreuve : comprendre autrui, faire face aux démons. Si elle avait rejeté son adversaire, cela faisait parti des règles : du moment qu'elle ne rejetterait pas Zéphyr, elle pouvait continuer.

- Et celle de la Terre.

Il y eut une pause de cinq secondes après ce qui semblait être un point final.

Le comte observa Lucien attentivement. Cette épreuve consistait à voir le potentiel de tolérance des élèves, leur capacité à former une équipe soudée. En partant sur ces bases là, il se devait de l'éliminer, mais quelque chose l'en empêchait.
Le souvenir d'une époque où il avait trompé des nations entières au sujet du pacte, où il avait fait de véritables plaidoiries d'un système qui n'était à l'époque que son échelle pour accéder au pouvoir, afin de ne pas sombrer dans l'oubli. Il était mieux placé que personne pour savoir que les éloquents étaient capables d'aller loin, et ne souhaitait guère expulser du jeu quelqu'un qui avait suivi dans une certaine mesure la même manœuvre que lui-même.
Et puis, il avait le côté politique de tout ceci. Pour lui qui souhaitait l'union entre les vampires et les humains, son cas était magnifique. Il n'avait pu, en sachant ses antécédents, penser aux possibilités. Il avait sondé son esprit, et voyait encore de l'amour pour elle. Pour son parti, il devait lui déblayer un peu la voie.

Il décida qu'ils continueraient tous, quitte à ce qu'un seul gagne. L'épreuve consistait dans les faits à faire une plaidoirie efficace et à affronter la partie sombre d'un autre ; et là, il était indéniable que le noble s'en était sorti avec brio.

- Ainsi que de celui de l'Ombre. Votre prochaine épreuve vous attend derrière cette porte, derrière laquelle se trouve un escalier. Je m'en trouve désolé pour messire d'Elenor, mais vous ne pourrez pas progresser à deux en même temps, il est fort étroit, mais peu raide. Descendez tout en bas. Je pense que vous faites une grave erreur en continuant, mais je ne puis vous forcer à rester. Bonne chance.
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Innen
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MessageSujet: Re: Détaler dans les dédales [Event 1, Épreuve du labyrinthe]   Mer 6 Aoû - 11:08

Le labyrinthe arrivait petit à petit à son terme pour nos jeunes et intrépides étudiants, les épreuves avaient été riches en émotions, mais ils s'en étaient tirés avec brio, le temps était venu pour eux d'impressionner le royaume dans un ultime combat et ce n'était pas peu dire. Seulement, du haut de mon fauteuil en cuir, je me dois de vous prévenir d'une petite subtilité dans cette histoire. Au risque de vous surprendre, si cette épreuve annonçait la fin de leur petite aventure, elle venait aussi de leur faire signer un contrat pour toute une série d'événements majeurs dignes des légendes de nos ancêtres de jadis...enfin de vos ancêtres, car en ce qui me concerne...Bref, lisons, lisons et regardons les assumer les conséquences de leurs actes, car rien n'est gratuit dans ce monde, excepté le suicide peut être.

Descendant le long de cet escalier dont la sortie commençait sérieusement à se faire désirer, une étrange sensation envahit peu à peu nos chers participants. Un léger petit sortilège lancé à cet endroit précis par notre cher directeur, rien de bien méchant je vous rassure, il n'est pas du genre à vous manipuler directement, il est dans un style beaucoup plus...fin dirons nous. Une technique basée sur la savante et ô combien couteau suisse, magie de l'esprit, un petit artifice faisant se remettre en question les élèves et les faire méditer sur cette délicate nuit. Ainsi, ils revoyaient malgré tous leurs efforts, toutes les épreuves de cette longue soirée, pesant les pour, les contre, revoyant leurs choix, ce qu'ils avaient gagnés, ce qu'ils avaient perdus, les forçant donc à méditer pour cet ultime affrontement. Ne vous en faites pas, il promet d'être des plus intéressants, riche en rebondissements et...ah ah, vous y avez vraiment cru ? Chut ! Pas un mot ! Bande d'impatients, vous verrez tout en temps voulu !

Porte fermée, impossible d'avancer, on ne peut la crocheter, on ne peut la forcer. Que faire ? Observer pardi ! Utiliser un peu les sens qui façonnent notre être pour comprendre comment continuer. Des mots apparaissant petit à petit sur le haut de la porte, nos étudiants comprennent finalement que ce n'est rien de plus qu'une ultime tentative de dissuasion de la part des observateurs et du directeur lui même.

La réflexion est préférable à la souffrance.

Que c'est touchant de vous inquiéter ainsi pour la santé de vos chers étudiants Myrddin, mais ils ont grandis, mûris, ils ne sont plus des enfants en cet instant et ont plus que prouvé qu'ils avaient envie de continuer. Petite discussion entre élèves, rapide, claire, efficace et comme par magie, la porte s'ouvre. On aurait pu tomber sur le bon vieux cliché de la porte qui s'ouvre lentement en grinçant, mais dans le cas présent, c'était un petit peu plus brutal. La porte avait tout simplement explosé, symbole de la détermination de nos chères petites têtes blondes, tant mieux, elles en auront besoin pour rester à leur place et ne pas rejoindre le vide.

Alors qu'ils s'attendaient à trouver une pièce ou éventuellement un petit jardin, les étudiants furent confrontés à un étrange spectacle, même de la part de Myrddin, qui leur avait pourtant créé les espaces élémentaires. Ils étaient au bord d'une magnifique lac, s'étendant sur des lieues et des lieues, devant l'entrée d'une forêt digne des plus purs de la race elfique, ainsi que devant...des meubles ? Pour êtres plus précis, il s'agissait d'une pièce en pleine nature, richement décorée, digne de la noblesse, mais pourtant dans une zone où la nature semblait bien libre. Du bois hors de prix pour les meubles, des décorations en or, des verres en cristal posés près d'une fontaine en marbre. Le tout mélangé à la délicate odeur d'un bois où nul homme ne semblait avoir posé le pieds, les cris des animaux ignorant toute menace autre que celle d'un prédateur en manque de nourriture et le reflet surnaturel, presque azur, de cette étendue d'eau. Bien entendu, tout ceci avait un but, transmettre un message qui ne pouvait être expliqué par des mots, excepté peut être ceux portés dans le nom du festival : réconciliation. La méditation n'était pas encore terminée, ils se devaient d'analyser ce qu'ils voyaient, même Lucien avait retrouvé la vue, c'est pour dire à quel point c'était important. Surtout chers amis, ne sautez pas les étapes, vous pourriez le regretter une fois parti de ce havre de paix, non, de cette communion parfaite, toutes mes excuses.

Assit dans un siège en marbre blanc, buvant tranquillement un peu de vin dans un verre en cristal, posé quant à lui sur une table de verre, un jeune garçon se leva et attira leur attention de sa simple présence. Il avait tout d'un noble, du moins dans sa façon de s'habiller, même si il ressemblait plus à un mage qu'a un membre de la cour du roi Kyte. Un élégant manteau noir avec des boutons en or, un col de chemise d'une blancheur presque aveuglante, sans doute imprégnée de magie, une broche où l'on avait inséré une pierre violette décorée avec deux élégants petits rubans de la même couleur et une épée bien intrigante portée dans sa main droite. L'épée semblait rattachée à son fourreau grâce à léger mécanisme, dont le prix était sans doute incalculable en vue de sa sophistiqué. Il s'agissait d'une espèce de « gâchette », qui lors de la bonne pression, ni trop forte, ni trop faible, éjectait la lame du fourreau pour gagner en force et en vitesse au tout premier coup et ainsi surprendre son adversaire. La poignée de l'arme quant à elle était décorée d'une étrange pierre noire, entourée de différents symboles totalement incompréhensibles, mais qui n'étaient nullement présents pour faire de la simple décoration. En vérité, à bien regarder cette pierre, une sensation de malaise s'installait petit à petit, comme si on pouvait entendre des murmures, des supplices, mais surtout des excuses, des regrets, comme si les personnes qui avaient du perdre la vie sous les coup de cette lame, regrettaient leurs actes passés. Concernant l'individu en lui même, il semblait ne pas dépasser les quinze printemps, pourtant il semblait être beaucoup plus qu'un jeune homme dénué de toute expérience. Cheveux d'un noir corbeau s'assortissant parfaitement avec la couleur de son épée, guère soignés, ils contrastaient avec son allure de noble et lui donnaient un petit côté sauvage, presque animal. Une peau relativement pâle, il ne devait pas avoir l'habitude de passer sa vie en plein air et pourtant, il semblait très lié à la nature, il devait donc vivre dans un endroit où la lumière était pauvre et non ce n'était pas un vampire, loin de là. Un visage mélangeant à la fois douceur et dureté, ce type n'avait rien d'ordinaire, il ne pouvait jouer sur un seul côté, même concernant son physique. Et pour finir, ses yeux, ils étaient d'un violet profond, le genre de couleur qu'on a pas l'habitude de voir, pourtant, on ne pouvait s'empêcher d'être comme hypnotisé par cette couleur et ce regard. Bien que d'un air relativement triste, il semblait juger la personne qui osait le soutenir, comme si il voyait toutes ses bonnes et mauvaises actions et décidait si cette personne était bonne ou mauvaise. Sa voix non plus n'était pas en reste, car il n'allait pas juste se contenter de les fixer, elle était à la fois douce et autoritaire, le genre de ton qu'un maître emploierait très régulièrement avec ses élèves...Cela en disait long sur le personnage.

- Je vous souhaite la bienvenue, je n'imaginais pas vraiment que vous seriez aussi nombreux, mais je suppose que Myrddin a eu raison de demander ma participation. Il passe son temps à vanter les mérites de ses « bons éléments », je suis donc curieux de voir ce que vous valez jeunes gens. Mon nom ne vous dira rien, mon titre un peu plus peut être, je suis connu comme le sage de la nouvelle lune. Je suis le frère du sage Fujiin, ainsi que le mentor et maître de votre professeur de contrôle et d'ombre, Shitennô Bachiatari.

Leur tournant le dos, il s'avança lentement pour toucher l'eau du lac du bout des doigts, soupirant d'aise un court moment, avant de reprendre la parole. Son irrespect du protocole de la noblesse, se fichant bien de regarder une personne en lui parlant, montrait bien qu'il venait au final d'un monde bien différent et que ses habits étaient la seule chose de véritablement noble chez cet homme, du moins dans la définition richesse et cour du roi.

- Cette épreuve est toute simple, vous devez m'impressionner, peu importe la manière que vous utiliserez et je déciderai si vous méritez ou non de gagner. Selon les standards du roi Kyte, il ne peut y avoir qu'un seul gagnant. Seulement, c'est à moi de décider qui réussit et qui échoue et je doute qu'il soit assez courageux pour me défier. A vous de voir si vous désirez jouer en équipe soudée ou prôner l'individualité. Nous disposons de quelques minutes de répit avant de devoir nous affronter, si vous avez des « choses à avouer » ou des questions, je suis à votre disposition. Pour le moment.

Intéressant, il avait particulièrement insisté sur sa dernière phrase, ce qui ne voulait dire qu'une chose...il savait strictement tout de ce qu'ils avaient faits et il leur laissait la chance de se soulager de quelque chose de bien trop lourd pour eux ou bien de continuer et ainsi assumer les conséquences de leurs actes.
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MessageSujet: Re: Détaler dans les dédales [Event 1, Épreuve du labyrinthe]   Mar 26 Aoû - 21:40

Le réveil fut lent, et assez difficile ; Lucien, en effet, mit un certain temps avant d'être capable de détacher ses pensées d'un désespoir profond : allons, il était évident pour lui à présent que Zéphyr le méprisait profondément, pour une raison qu'il ne parvenait pas à situer. Mais que dire de cette personne qui l'avait sauvé (à moins que ce soit qu'il avait sauvée) ? Elle même ne devait sans doute pas l'apprécier, et pourrait lui souhaiter bien des souffrances pour ce qu'il s’apprêtait à faire. Comment avait-il pu les trahir...
Comment avait-il...

Mais... il ne l'avait jamais fait.

Il était Lucien. Lucien d'Elenor, benjamin de sa maison et héritier des pouvoirs magiques de sa lignée. Il savait crocheter, était curieux à outrance, aimait Ayla après l'avoir détestée il y a peu. Son pouvoir ne lui avait pas transmis son nom, mais il avait pris une fois la forme d'un rossignol d'ombre ; sa voix mêlait courtoisie, accents d'hiver, bruissements et trilles aviaires. Il était Lucien l'aveugle, et avait essayé de convaincre Nora qu'elle était innocente.

Sur ses pensées qui l'avaient remis en place, il se tint droit et sortit du fauteuil dans lequel il s'était assis. La respiration des autres ne l'aidait vraiment pas à savoir s'ils avaient réussi ou non, et l'inquiétude née de l'obscurité se répandait à travers lui : si encore il était chez lui ! mais non, il était dans un labyrinthe totalement inconnu, ne saurait pas le moins du monde où aller sans Zéphyr, et la conscience d'être avec une traîtresse l'empêchait d'attendre le moindre secours d'elle.


Zéphyr... Il se souvenait de lui, de son visage. Il se souvenait du poids qu'il lui avait ôté lorsqu'il s'était décidé à lui dire qu'il l'aiderait à revenir sur terre, loin d'un monde fait d'artifices, si jamais il se noyait dans l'univers fourbe de la noblesse. Il était étrange qu'il puisse se sentir heureux qu'une personne ait tant rabaissé le monde dans lequel il avait évolué si longtemps, mais... lorsqu'on lui avait dit qu'il était différent des masques que tous portaient, que son amitié à lui lui était acquise, et était plus profonde que n'importe quel contrat de noble, il ne s'était plus senti... seul. Il s'agissait d'un souvenir très précis...

Qu'avait-il pu lui dire pour qu'il se mette à lui parler comme ça ? Pourquoi l'avait-il VU à ce moment-là, vu que le souvenir paraissait si récent ? Et pourquoi, alors, le voyait-il d'aussi haut ? Pouvait-il alors avoir été un géant ? En réalité, jamais souvenir n'avait été si précis pour lui. Lucien savait qu'il s'en souviendrait encore plusieurs années après avec la même précision, et cela lui faisait presque peur.

Il s'agissait d'une véritable déclaration d'amitié, en fait. Comme ces mots sonnaient comme étranges à ses oreilles ! Mais qu'avait-il bien pu dire et dévoiler ? Oh, comme cela était troublant...


Interrompant le cours de ses pensées, le comte décida de se mettre à parler. Des félicitations, diverses paroles destinées à les rassurer mais dont Lucien ne se souciait guère. Si les compliments étaient agréables, ceux-là pouvaient très bien ne pas lui être destinés ! Et alors, que ferait-il, sinon rentrer chez lui (en espérant qu'au moins la cécité disparaîtrait à ce moment là), frustré, et avec toujours le goût de ce sang en bouche ?
L'apprenti magicien ressentit de la joie en sachant que son ami allait continuer, du dépit en sachant que la traîtresse était soumise au même traitement. Il devrait trouver un moyen de surpasser le cadeau de Méphiles, quel qu'il fut. Ah, Lewis Thaddeus D'Elenor, pourquoi ne pas avoir été plus précis ? "Ton amie rousse" lui aurait permis d'écarter la menace plus tôt !

Et puis, quand la pause eut lieu, il fut tétanisé, ne put former le moindre son tandis que des "Non !" et des "Pourquoi ?" résonnaient dans sa tête. Ces cinq secondes lui semblèrent une douloureuse heure, et lorsqu'elle s'achevèrent l'élève de l'Ombre en question prit soudainement conscience qu'il avait cessé de respirer.
Il avait vaincu !

Il était capable de réussir, ce qu'il avait tout naturellement prévu.

Finalement, guidé par Zéphyr, Lucien alla vers cet escalier étroit. Il se tint au mur et imposa à ceux qui étaient derrière lui une lente progression. Et s'il comprenait qu'il était plus prudent pour tous qu'il soit seul devant, ce qui faisait qu'il n'entrainerait personne dans une éventuelle chute, cela lui déplaisait réellement. Dans cette situation, il ne pouvait bloquer le passage de Nora avec un mur d'Ombre sans que Zéphyr ait à souffrir d'une telle action, ce qui lui semblait trop vil pour qu'il osât même s'attarder sur la pensée.
Une marche était descendue après l'autre, et le mur faisait un support efficace. Il fallait continuer de se concentrer sur cette descente, coute que coute.

Pourquoi n'ai-je pas décidé de continuer ma route seul, en forme d'oiseau ?
Pensée incongrue et fort inattendue. En réalité, il ne s'était pas attardé bien longtemps sur l'issue alternative qui lui avait été proposée : tout d'abord car, lorsqu'il était seul, tout en la regardant, il avait dépassé le symbole magique qui l'avait forcé à tomber à terre. Que voulez-vous, il est difficile de voler quand tous les mouvements sont inversés... et puis les autres étaient arrivés, et il se voyait mal les abandonner. En vérité, il ne voulait pas abandonner Ayla ou Zéphyr, et reconnaissait que s'il avait su ce qui devait arriver, il l'aurait peut-être fait. Il n'aurait pas été blessé, il n'aurait pas eu à sauver Nora pour espérer continuer, n'aurait pas perdu la vue et n'aurait pas à présent à chercher un plan pour vaincre cette traîtresse.

Une marche fut manquée, mais Lucien parvint à se redresser.

Mais... il n'avait pas pu abandonner ses compagnons et en subissait le prix. Cependant, il doutait qu'il y eût la moindre leçon à apprendre ici : si Ayla n'avait pas eu son problème, tout se serait bien passé...

Ce qui suivait venait en fait de son action lorsqu'il avait sauvé Nora. Il réalisait qu'en fait, s'il avait su qu'on le guérirait, il l'aurait sans doute laissée de côté. Tout son calcul portait sur le fait qu'un demi-infirme aidé d'une alliée entière valait mieux qu'un grand blessé aidé pour une épreuve. S'il avait eu conscience du faible nombre de participants restant, ou du fait que Zéphyr et Yuuki étaient les deux autres seuls à devoir passer, il aurait sans doute pris le bonus, et n'aurait pas eu les soucis qu'ils avaient à présent. Le pire étant qu'il allait devoir empêcher cette trahison en tentant de faire une élimination arbitraire s'il le pouvait, ce qui détruisait toute la bonne réputation qu'avait pu lui confier le sauvetage de cette inconnue.
Il avait eu la mauvaise idée de lui révéler qu'il était un garou, en plus de cela. Il ne restait plus qu'à espérer qu'elle ne l'embêterait pas...

D'un autre côté, il pouvait s'en faire une alliée... rester fidèle au bagout qu'il avait démontré lors de l'épreuve précédente. L'avoir sauvée une fois, et continuer en connaissant son secret, voilà de quoi assurer les bases d'une amitié solide... sauf qu'elle ne serait que dans un sens. Et qu'il n'avait pas accepté de subir tout ça pour perdre juste pour avoir une alliée supplémentaire, surtout dans la personne d'une fille qui avait déjà montré ne pas être fiable.

Il n'avait pas bu dans le calice pour perdre. Le goût du sang partirait-il un jour, d'ailleurs ? Il était tellement différent de celui qu'il avait eu l'occasion de lécher sur ses plaies...
Et ce Lewis. Il avait embrassé un crâne, il l'avait sermonné sur Ayla et révélé tant de choses. Il s'était senti attiré par la nécromancie à ce moment...
Combien de fois a-t-il souffert aujourd'hui ? Trois. Envoyé dans un mur, réparé par la magie, subissant l'effet de ce calice.

Peut-être une quatrième viendrait : il venait encore de glisser, et s'était rattrapé à grand peine. L'idée de descendre sur son derrière les marches à venir était en réalité très tentante, si assez humiliante.
Mieux vaut être humble et sauf que hautain et en pièces ; Lucien s'assit et descendit les escaliers d'une manière plus enfantine qu'auparavant.
Au moins il avait beaucoup appris aujourd'hui.

Et puis, ce qui venait d'arriver... Zéphyr s'était vraiment illustré en parfait ami tout au cours de cette aventure. Il devrait trouver un moyen de le remercier... oh, et puis, il le remercierait en étant son ami, tout bêtement. On ne peut pas remercier les preuves d'amitiés.

Il s'était bien débrouillé, et avait bien fait d'affronter Nora. Qu'aurait pu faire son ami devant une telle trahison ? Sans doute rien. Il devait donc se débrouiller seul...

Il devint impossible d'aller plus bas : l'escalier était achevé. Lucien s'écarta un peu, ne sachant pas le moins du monde où aller à présent.

- Qu'y a-t-il devant nous ?

Lorsqu'il apprit qu'il s'agit d'une porte impossible à ouvrir, il regretta de ne pas avoir d'accessoires de crochetage sur lui. Et quand on lui lut ce qu'il y avait d'écrit sur la porte, il fut stupéfait de comprendre qu'on leur recommandait pour la... allez, quatrième fois sans doute, d'abandonner après avoir bu du sang, souffert le martyr, permis à leur passé et pensées d'être fouillés, et autres évènements du même acabit. Et encore, il n'avait pas conscience de ce qu'avaient subi les autres dans la partie qui les avaient menés jusqu'à Osterer.

La porte explosa, et tous s'engagèrent dans un espace naturel.
Comment l'aveugle le sut-il ? Parce qu’il recouvra la vue. À vrai dire, ayant fermé les yeux, il mit un peu de temps à s'apercevoir qu'il voyait des couleurs étranges, révélatrice de la lumière que masquaient ses paupières closes, mais lorsqu'il recouvra véritablement la vue, il ne put contenir sa joie : il bondit regarda ses mains avec attention, et le visage de Zéphyr avec une concentration hors mesure, le comparant sans cesse avec le souvenir de leur entrevue. Alors, il tourna sur lui-même, s'exclamant qu'il voyait de nouveau. Le lac était magnifique, aidé notamment par le fait qu'il était la première chose qu'il avait pu voir depuis que les ténèbres avaient pris possession de ses yeux.
Comme il était heureux !

La forêt sur les côtés semblait ravissante, mais un élément détonait franchement par rapport au reste de la scène : les meubles. Sur tout ce territoire naturel, il était surprenant de voir des traces de présence humaine. Une confuse envie d'aller s'envoler loin de ces meubles le prit, totalement inexplicable. L'impression vague qu'ils n'avaient absolument rien à faire là suivit, mais Lucien avait du mal à se comprendre lui-même.


Une personne semblant distinguée attendait les participants. De loin, il était difficile de voir parfaitement ses traits, mais il était évident qu'elle était bien vêtu. Et pourtant... le noble ne savait pas se que ressentaient ses compagnons, mais il ne se sentait pas à l'aise rien qu'à la regarder. Quelque chose d'étrange semblait émaner d'elle. Au fur et à mesure qu'il se rapprochait, ce sentiment s'accentuait : et ces cheveux en bataille, comment diable les expliquer ? Il s'agissait encore d'une personne surpuissante n'étant même pas adulte. Se pouvait-il que ce soit une illusion, une mascarade destinée à les tromper ?
La pierre qui ornait le pommeau de la lame de cet étranger attirait en particulier l’œil de l'élève de l'Ombre. En réalité, elle le fascinait, et s'il se sentait dérangé en la regardant, il ne pouvait se permettre de détourner les yeux. Un peu plus, et il se serait approché jusqu'à ce qu'elle emplisse son champ de vision, afin de la détailler sous toutes les coutures. Lucien avait tenté de soutenir le regard de cet examinateur, et avait rapidement échoué, non tant gêné par ce qu'il voyait que pour regarder de nouveau cette étrange gemme.

S'agissait-il réellement du maître de son professeur ? Oh, il y avait un léger air de ressemblance dans les manières ; encore qu'à la fête imaginaire que son esprit avait concoctée, monsieur Bachiatari avait été exemplaire. Cela faisait-il de lui son mentor ? Devait-il lui demander conseil ?
Il semblait anormalement proche de la nature. Comment réagirait-il s'il connaissait sa relation passée avec son rossignol ?

Une chance de parler avant que l'épreuve ne commence leur fut accordée. Soit, il allait s'en servir. Et faire appel aux sentiments de Nora (ne semblait-elle pas tenir à lui dans sa confession ?) pour qu'elle puisse tourner le dos à sa trahison future, vu qu'il ne pouvait décemment l'entourer de murs à présent : quitte à ne pas gagner dans ces conditions, autant assurer la victoire à son meilleur ami.

- Doit-on en ce cas vous considérer comme notre maître, sage de la nouvelle lune ? Auriez-vous des choses à nous apprendre, si vous nous en jugez dignes ?

Je me permet de commencer à déclarer ce que j'ai à dire. Je ne sais pas si vous pouvez être impressionné par mes paroles, mais je l'espère grandement, car ce que je dois révéler me tient à cœur. Je vous prie de ne pas m'interrompre.

Une personne, ici présent, s'est mieux comportée que tout ce à quoi tous auraient pu s'attendre d'elle. Sa noblesse d'âme doit être reconnue par tous ici présent, car je parle de sire Farore. Il a décidé de me guérir lorsqu'une vampire folle furieuse a décidé de me lancer contre un mur d'une force surhumaine, afin sans doute de m'évincer de ce tournoi en livrant le fond de ses pensées. Ralenti par là-même dans la compétition qu'il se doit pourtant de gagner, vu l'état de ses finances, il a sauvé un de ses adversaires de l'élimination, car mon état était tel que je n'aurais jamais pu continuer sans son aide.

Une fois cela fait, il a continué de m'aider. J'ai bien vu à un moment qu'il répugnait à boire du sang, car il est normal que chez un tel être un acte ainsi tourné soit répugnant. Cependant, présentant sans doute l'aide dont je devrais avoir besoin à cause d'une cécité magique, et voyant notre exemple, il a résolu de nous suivre. À partir de ce point, il n'a jamais cessé de me transporter, lorsque j'étais au plus mal : dans les ténèbres, dans un lieu inconnu et volontairement trompeur. Il a soutenu mes pas.

Mieux encore : il a pardonné mes pensées les plus viles, et j'ai honte de tout ce que je lui ai dit. En voyant mon côté le plus sombre, il a... il m'a assuré une amitié si fidèle et si profonde que je me sens indigne d'elle. Ce souvenir restera cher à mon cœur toute ma vie durant, quand bien même il me rappellera la sournoiserie qui était alors en moi. Quel homme peut bien se voir dénigré, et assurer à la personne qui lui fait du mal qu'il est de son côté et qu'elle... qu'elle est digne de respect, malgré toutes ses sombres facettes ?

Un homme si pur que son don est miraculeux. Jugez de la qualité de son esprit, car quelle doit être sa qualité pour qu'il puisse guérir ?

Aussi, et si cela ne vous fait pas suffisamment d'effet pour lui accorder la victoire, je propose de me retirer de la compétition si Nora le veut aussi : s'il n'y a qu'un seul participant, vous ne pourrez choisir d'autre vainqueur que lui. Et si elle ne le désire pas, et préfère poursuivre ce dont elle m'a entretenu, j'affronterai jusqu'à la puissance de Mephiles lui-même.


Lucien regarda Nora droit dans les yeux durant la fin de sa pénultième phrase, semblant presque suppliant. Puis, il fit se dissiper cette impression pour être plus assuré, et se retourna vers le sage de la nouvelle Lune.
Il espérait avoir été suffisamment éloquent, et que la honte de Nora était assez forte pour qu'elle accepte sa proposition qui ne l'avantageait nullement. Peut-être qu'alors elle suivrait son exemple, motivée par l'envie de se soustraire à ses démons intérieurs ?


Dernière édition par Lucien d'Elenor le Mar 24 Fév - 17:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Détaler dans les dédales [Event 1, Épreuve du labyrinthe]   Ven 5 Sep - 18:15

Je sentais finalement mes paupières devenir plus lourdes, comme si maintenant, je me forçais à les garder fermées. Lentement, je reprenais conscience du lieu dans lequel je me trouvais. Pendant ce qui avait du durer une fraction de seconde, mon cœur m'avait paru moins lourd à porter. Lucien m'avait défendu. Je fermais plus fort mes yeux, cherchant à savourer le plus longtemps possible cette nouvelle sensation. Était-il sincère ? Je priais pour que se soit le cas.

Finalement, j'ouvris légèrement les yeux, fronçant les sourcils le temps qu'ils s’accommodent à la luminosité de la pièce. Ce changement était brutal comparé à l'endroit sombre et glacial où je m'étais retrouvée quelques instants plus tôt, en présence du double de mon camarade. Un tremblement vif traversa mon corps à ce souvenir. Je me tournais lentement vers Zéphyr, mais je me rendis soudain compte de tout ce que j'avais dévoilé à Lucien. Cette prise de conscience était abrupt et je me figeais. Il était impossible qu'il me fasse encore confiance à l'heure qu'il était. Je l'observais le regard remplit de tristesse, consciente qu'il était dans l'incapacité de me voir.
Le comte se mit alors à parler. Faisant l 'éloge de nos prestations, je ne l'écoutais qu'à moitié, le cœur de nouveau aussi lourd qu'auparavant. Je ne me sentais pas concernée par toutes ses phrases remplies de compliments, le seul désir qui germait dans mon esprit petit à petit, était celui de disparaître d'ici et de ne plus jamais sortir de ma cachette, quitte à mourir de solitude. Je me sentais idiote et puérile. Finalement, rien n'avait changé en moi.

- Et celle de la Terre.

Je relevais la tête surprise. Je continuais ? Avais-je été vraiment utile pour mon camarade de l'air ? Je ne savais rien de lui.. Tous mes arguments étaient fondés sur des impressions et... de l'espoir. J'espérais qu'il n'était pas le tueur qu'il avait prétendu être. Il m'avait invité à connaître son histoire. Pourquoi aurait-il fait ce choix tout en sachant que son passé était... si dur à accepter? Comment pouvais-je tolérer quelqu'un qui tuait des personnes, alors que je haïssais sans retenu les bandits qui avaient fait preuve de cette barbarie à l'égard de ma famille ?
Ses actes, ce que j'avais vu de lui, me donnaient pourtant de l'espoir. Il méritait d'avoir sa chance. Mais... est-ce que je méritais son attention ?
Même s'il avait fait une pause, le comte ne m'avait prêté aucune attention et mon immobilité ne semblait pas les avoir perturbé. Hésitante, je me rapprochais de mes camarades. Zéphyr aidait de nouveau Lucien, je les suivais silencieuse, me questionnant sur l'attitude que je devais avoir. Ils méritaient certainement tous les deux de gagner plus que moi, mais mon égoïsme me gardait muette et me poussait à continuer.  

Nous progressions maintenant dans des escaliers en pentes. Je fermais la marche, suivant le rythme de Lucien qui se trouvait à l'avant guidé par Zéphyr.  J'osais à peine regarder la pierre qui me suivait toujours, chaque coup d'oeil me donnait de plus en plus la nausée. Ce noir intense qui la caractérisait tellement bien était effrayant et je n'avais jamais eu si peur d'un simple cailloux. Comme si le long couloir avait entendu mes frayeurs, des images de toutes les étapes traversées dans les labyrinthe m'assaillirent d'un seul coup, manquant de me couper le souffle court. Je m’arrêtais un bref instant, m'appuyant contre le mur sur ma droite. Pourquoi faisait-il si mal ? Pourquoi ce choix était-il si dur à porter ? Comment la peur d'être faible et le désespoir avaient-ils pu être si forts à ce moment là pour que je prenne cette décision ? Mon cœur se compressait dans ma poitrine mais j'ordonnais à mes jambes de poursuivre la descente. A mon grand soulagement, une porte bloquait le passage, me permettant de focaliser ma concentration sur ma respiration.

- Qu'y a-t-il devant nous ?
- Une porte... Où il y a écrit : La réflexion est préférable à la souffrance.

J'avais répondu sans vraiment réfléchir. Je m'étais surprise moi-même d'ailleurs. Encore une fois, quelqu'un essayait de nous dissuader de continuer. Mais contrairement à tout à l'heure, lorsque la porte explosa dans un grand fracas, mes jambes me portèrent sans le moindre problème vers la nouvelle source de lumière, comme avides de satisfaire une curiosité malsaine.

La première chose que j'avais réussi à distinguer fut Lucien bondissant de joie dans un halo de lumière. Ce spectacle quelque peu étrange s'était vu vite remplacé par quelque choses de plus exaltant. Devant moi, se trouvait maintenant un paysage des plus magnifiques. Je restais hébétée devant la beauté surréaliste du lieu qui s'offrait à nous. Un lac, plus grand que je n'avais jamais pu en voir, s'imposait dans ce paysage éblouissant. Son eau, claire et certainement plus pure que n'importe qu'elle autre, brillait de mille feu, créant différents reflets de couleurs exquises pour nos yeux. Entouré d'une forêt majestueuse, ce lac se trouvait derrière... une pièce. Plusieurs meubles, reconstituant un semblant de salon de la haute noblesse, se trouvaient au milieux de cette nature utopique. Je restais figée, incapable d'exprimer la moindre expression tant cet endroit était renversant. J'aimais plus que tout les grands espaces et la nature. Rien ne pouvait me paraître plus beau que ce lieu.
Cependant, comme dans un sursaut, je sortais de ma pétrification lorsqu'un homme attira enfin mon attention. La méfiance se déversa avec une rapidité fulgurante dans mon corps. Je le dévisageais avec vivacité, complètement sur la défensive. Au premier abord, il ne paraissait pas dangereux. Il avait l'air d'un noble plutôt puissant (conclusion que l'on pouvait déduire grâce à ses vêtements) comme on avait déjà pu en croiser précédemment. Mais, je n'appréciais pas le fait d'avoir mis autant de temps à remarquer sa présence et encore moins d’apercevoir la pierre qui décorait son épée. Mon sang se glaça et j’écarquillai les yeux. La gemme qui flottait à mes côtés apparut avec plus de prestance dans mon champs de vision, devenant l'unique élément important pour tout mon corps qui était traversé de frissons désagréables.
Tout ce petit manège de torture ne dura pourtant pas. Dès que l'étrange personne ouvrit la bouche, sa voix m'apporta quelque chose de semblable à de la douceur, calmant légèrement mes craintes. Du moins, assez pour que je suive la suite des événements avec intérêt. Les yeux du jeune garçons arrivaient à captiver à eux seul tout le monde.

J'avais du mal à croire que devant nous se trouvait le maître de notre professeur de contrôle de soi. Il était donc encore plus puissant ? Il se déplaçait avec une assurance peu commune, aucune crainte n'apparaissait sur ses traits du visage. Sa voix autoritaire nous faisait parfaitement comprendre que nous n'étions absolument pas une menace pour lui et qu'il était en mesure de faire ce qu'il voulait de nous quand il le souhaitait. En même temps, il était le sage de la nouvelle lune, un statut qu'on ne peut pas prendre à la légère. En se tournant lentement vers le lac, il exposa alors l'épreuve.

- Nous disposons de quelques minutes de répit avant de devoir nous affronter, si vous avez des « choses à avouer » ou des questions, je suis à votre disposition. Pour le moment.

Je ne m'étais jamais autant sentie visée. J'avais l'impression que le monde me pointait du doigt et que tous m'accablaient de reproches. Mon cœur pesait lourd et je baissais la tête honteuse, cachant mes yeux sous ma frange espérant me faire oublier. N'était-ce pas de la lâcheté ? Encore et comme toujours, j'étais incapable d'agir dans le bon sens.
C'est alors que Lucien prit la parole.

- Une personne, ici présent, s'est mieux comportée que tout ce à quoi tous auraient pu s'attendre d'elle. Sa noblesse d'âme doit être reconnue par tous ici présent, car je parle de sire Farore. Il a décidé de me guérir lorsqu'une vampire folle furieuse a décidé de me lancer contre un mur d'une force surhumaine, afin sans doute de m'évincer de ce tournoi en livrant le fond de ses pensées. Ralenti par là-même dans la compétition qu'il se doit pourtant de gagner, vu l'était de ses finances, il a sauvé un de ses adversaires de l'élimination, car mon état était tel que je n'aurais jamais pu continuer sans son aide.

A mesure que les mots sortaient de sa bouche, je fronçais les sourcils. Quelque chose n'allait pas. Zéphyr ne guérissait pas... il tuait. Son double m'avait avoué que son pouvoir était celui de tuer. Je ne comprenais plus rien. A mesure qu'il continuait son discours, mon crâne me faisait de plus en plus souffrir. Chaque mot ressemblait à un reproche, je ne savais pas si c'était le cas, mais je me sentais horriblement mal, doutant de tous mes propres choix fait tout le long de cet événement. J'avais envie de me recroqueviller sur moi-même et de lui hurler de se taire. Pourtant quelque chose me pétrifia net :

- Aussi, et si cela ne vous fais pas suffisamment d'effet pour lui accorder la victoire, je propose de me retirer de la compétition si Nora le veut aussi.

Chacun des mots résonnaient dans mon esprit. Abandonner ? Maintenant ? Pour Zéphyr...  Je serrais les dents et déglutis. Je sentais le regard de Lucien sur moi et j'osais à peine y faire face. Je doutais que cet acte impressionne le sage de la nouvelle Lune... c'était brave mais cela suffirait-il ? Je me sentais faible, la pierre pesait sur mon corps, j'avais l'impression qu'elle m'empêchait de trouver la force d'accepter la proposition de celui qui s'était pourtant sacrifié pour moi. Mes bras, mes jambes, ma respiration, tout était lourd. J'avais envie de me laisser tomber et de pleurer un bon coup en hurlant contre moi-même que je n'avais jamais été celle qui méritait de vivre. Je fixais alors Zéphyr. Ses yeux bleus étaient de nouveau rassurants j'essayais d'y trouver la force nécessaire. Je me battais depuis le début contre l'abandon, persuadée que c'était la solution pour devenir forte et ne plus être lâche, mais était-ce vraiment le bon chemin à suivre ? Mes yeux passèrent de mon camarade de l'air à Lucien puis ils se posèrent sur le sage. J'espérais être capable de parler, mais je savais que la pierre était là, si tentante grâce à sa beauté malsaine et envoûtante, tout devenait simple si je l'utilisais. J'ouvrais une première fois la bouche sans pour autant être capable de faire sortir le moindre son. La nausée remontait dans mon corps et je commençais à transpirer de frayeur. Peu importe mon choix. Je savais qu'il était certainement probable que rien ne change.

- J'abandonne.

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Détaler dans les dédales [Event 1, Épreuve du labyrinthe]

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