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 Une chasse pour un festin [Event 1, Épreuve de la Chasse]

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Le Céruléen
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MessageSujet: Une chasse pour un festin [Event 1, Épreuve de la Chasse]   Ven 13 Déc - 14:13

Alors que d'innombrables saveurs s'étalaient sur les marchés de la belle Edälis, un portail s'ouvrit vers une autre contrée bien plus verdoyante, peuplée d'une vie bien différente de celle qui se manifestait à profusion dans la capitale des hommes.

La forêt d'Astraël regorgeait de gibier et de prédateurs sous le couvert de sa multitude d'arbres, qui par leur prolifération incitaient le naïf à penser que la sève seule pouvait ici sustenter l'arpenteur. Il est vrai que gorgés de l'énergie pure d'un sol béni par la Lune, les paisibles sentinelles végétales étaient striés d'un fluide sucré, plus doux et plus riche que les meilleurs miels des plaines.
  Cette terre est cependant capable de nourrir d'autres fils ; les champignons émergent sous la protection de ces géants sylvestres au sang d'ambroisie, irisés et improbables dans leurs formes, ils nourrissent bien des membres du Beau Peuple qui se refusent à tuer. Leurs saveurs sont subtiles ou prenantes, leur chapeau toxique ou curatif, ce qui revient au même dans les mains des sages. Des baies dites surgies du soleil par leur saveur se trouvent en se baissant, s'écrasent d'une pression par la faute de leur frêle constitution pour libérer un jus magique.
  Enfin, la source de plaisir culinaire la plus marquante - si l'on exclue les fruits qui partagent les caractéristiques de la sève, des champignons et des baies - de la forêt des elfes, il s'agit bien évidemment de la tendre chair de sa faune. Celle des animaux à la base de l'échelle alimentaire fond sous la langue, libérant le souvenir des repas onctueux d'un animal ayant vécu toute sa vie dans un tel lieu. Celle de ceux au sommet est riche en fibres musculaires, apportant une énergie phénoménale à l'heureux gourmet qui s'en délecte.
  Les meilleures tourtes d'Edälis ne sont rien en comparaison avec un soupçon de la viande d'Astraël. Comment s'étonner de la présence des maraudeurs si craints dans le royaume en ce lieu de bombance ? Bien des chefs fâchés par l'isolationnisme des elfes du temps de l'abolition de la magie leur reprochaient de vouloir garder pour eux ces trésors, qu'ils avaient de fait du mal à partager en temps normal.


Bientôt la chasse prendrait place dans ce lieu si paisible pour l'instant. Déjà, des hommes en armes, vêtus d'habits fonctionnels et discrets sortaient du portail, bientôt suivis par certains des candidats à ce qui avait été présenté, selon les vœux autoritaires, comme un tournoi fabuleux, dédié à l'adresse des hommes et l'honneur des meilleurs pisteurs qui allaient devoir se confronter à un environnement ancien et inconnu des humains.
  Les traqueurs du roi s'étaient élancés afin d'instaurer le périmètre de la chasse, qui était bien plus grand qu'il n'y fallait pour les nombreux candidats. Des vampires tendaient leurs souhaits vers une chasse inédite, protégés par les arbres de la morsure de l'astre de feu, dans un environnement qui leur avait toujours été refusé ; des garous se transformaient en proies ou en prédateurs, afin de faire un appât capable de riposter ou
un de ceux qui avaient leur place dans l'incessante lutte de la faune ; des humains fourbissaient leurs armes une dernière fois tandis que d'autres serraient une fois encore la corde de leur arc, mais plus nombreux étaient ceux qui avaient déjà tout préparé ; des elfes mélancoliques de leur terre natale après quelques jours dans une ville inconnue étaient également de la partie, et eux plus que les sentinelles royales seraient les véritables gardiens du lieu et du jour ; quelques sirènes même étaient venues, abandonnant leur queue de poisson pour déambuler dans cette forêt, profitant du portail pour assouvir leur curiosité.
  Myrddin, défenseur de la magie, parla une fois que tout le monde fut passé, sa voix sortant du pont enchanté entre le pays des hommes et celui des elfes, et telles furent ses paroles :

Les pouvoirs qui vous ont fait venir ici vous permettront de revenir à la tombée du jour, ce qui vous laisse le temps de capturer un certain nombre d'animaux pour le festin qui suivra le discours de ce soir. Surveillez bien le ciel afin de ne pas risquer de vous retrouver seul ici. De toutes façons, un clairon sonnera lorsque le portail se rouvrira ici-même.

  Puis, quittant son ton pédagogue, il en prit un peiné, son discours cette fois ne s'adressant qu'à une infime partie de l'assemblée de chasseurs venus de tout Edälia.

Quant à vous, mes chers élèves, soyez prudents. Je fais amplement confiance à vos accompagnateurs, mais je veux vous rappeler que cette zone n'est pas très sûre et qu'une bouchée de viande ne vaut ni une blessure, ni une vie.


Suivit la fermeture du portail. Les clameurs qui en provenaient cessèrent alors, laissant place au murmure des feuilles. Les oiseaux ne chantaient pas, s'étant tous envolés effrayés. Seuls les arbres bruissants pouvaient attester du caractère de vie indigène de ce lieu, le silence étant relatif dans un lieu encombré de monde. Les os craquaient, les uns et les autres parlaient, inconscients de la gêne qui s'installaient depuis que le lien unissant l'équipée à leur foyer avait été rompu.
  Doucement, on se rendit compte de l'absence des patrouilleurs qui commençaient d'ors et déjà leur mission. Et tous partirent à la recherche de proies.


[Rapportez de la viande avant le soir, qui devrait venir dans environ quatre tours. Vous êtes libres d'aller où vous voulez, la zone couverte est assez spacieuse. Je suis juge de la réussite ou de l'échec, qui seront établis en fonction de la logique émanant de vos aventures et de l'expérience passée de votre personnage. Bonne chance !]
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MessageSujet: Re: Une chasse pour un festin [Event 1, Épreuve de la Chasse]   Dim 15 Déc - 19:41

La forêt d'Astraël...Une magnifique forêt, un vaste territoire de chasse qui allais me combler de joie, j'en étais sûr. Si je m'étais inscrit au concours de chasse, c'était pour le plaisir de retrouver un lieu sauvage et naturel. Un lieu qui me manquais depuis que j'étais à l'académie. Et je commençais à me transformer en un gros chat, faute de ne plus chasser, comme autrefois ou c'était évidemment l'activité la plus importante de ma vie. Maintenant, j'allais me dégourdir les pattes, et retrouver les plaisirs du passé. Et après un éprouvant voyage dans la cité pour le labyrinthe qui m'avais laissé sous tension, respirer un bon air frais me faisais du bien.

Une fois passé par le portail, les élèves, les participants et moi-même nous étions retrouvés à Astraël. Si j'aurais bien pus me sentir mal à l'aise en compagnie des individus autour de moi, j'étais beaucoup trop impatient pour vraiment m'en soucier. Parmi les divers élèves, j'ai reconnus Christyän, que j'ai salué d'un sourire et un léger hochement de tête. Je regardais ensuite autour de moi: des arbres, des arbres et encore des arbres...pile ce que je cherchais. Même si j'ai plus vécus dans les montagnes qu'auprès des arbres, je me sentais chez-moi. Certainement pas plus que Christyän, qui, je me rappelle, m'avais dis qu'il vivait dans cette forêt autrefois.

-Les pouvoirs qui vous ont fait venir ici vous permettront de revenir à la tombée du jour, ce qui vous laisse le temps de capturer un certain nombre d'animaux pour le festin qui suivra le discours de ce soir. Surveillez bien le ciel afin de ne pas risquer de vous retrouver seul ici. De toutes façons, un clairon sonnera lorsque le portail se rouvrira ici-même. Quant à vous, mes chers élèves, soyez prudents. Je fais amplement confiance à vos accompagnateurs, mais je veux vous rappeler que cette zone n'est pas très sûre et qu'une bouchée de viande ne vaut ni une blessure, ni une vie.

Et en quelques minutes, le silence...

Plus de voix, plus d'hommes, hormis quelques participants. Plus de paroles. Le calme. La nature. La nostalgie. Je restais debout et humais l'air frais. Je fermais les yeux et m'abreuvais de l'élixir pure que m'offrait le monde autour de moi, en profitant pleinement, jusqu'à la dernière goutte.

Après un temps, j'ouvrais les yeux, et regardais droit devant moi. Astraël semblait dense, vaste. Un chemin interminable se dressait devant moi. Je sentais en moi venir la joie, l’excitation. Une sorte de fureur intérieur. J'étais en forme. Le tigre en moi s'impatientait, rugissait, griffait l'intérieur de mon corps, m’implorait de le laisser sortir. Comment ne pas succomber?

Astraël, me voilà.

Un tigre apparut, et commença à courir avec vitesse vers les fins-fonds de la forêt.
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MessageSujet: Re: Une chasse pour un festin [Event 1, Épreuve de la Chasse]   Jeu 19 Déc - 12:46

Chris inspira longuement après avoir passé le portail.

Devant lui, les bois s'étendaient à perte de vue, emportant avec eux la lumière du soleil pour sombrer dans l'incessant clair-obscur qui faisait la particularité de la Forêt Astraël. Devant lui s'étendait l'orée des bois, avec ses arbres minces et bas, – ceux dont ils s'étaient bien gardés d'approcher durant des années – avec ses feuilles d'émeraudes recouvrant le sol terreux, avec ses petites clairières venant parsemer l'ombre de leur lumière, avec ses animaux des champs venant oser s'aventurer près des arbres en quête de baies ou d'abri temporaire …

Mais ce qui attirait le regard de Christyän, c'était ce qu'il y avait au delà.

Au delà des buissons et des arbustes, au delà des jolies plantes et des fleurs colorées, le cœur d'Astraël apparaissait au loin, comme une promesse, comme un mirage. Les profondeurs de la forêt semblaient telles qu'il les avait connues, avec ses arbres immenses, si hauts qu'il lui avait un jour fallut un bon cinquième de cercle de lune pour arriver au sommet !
La forêt et ses chants, si loin de ceux que l'on pouvait entendre ici – pas des chants d'oiseaux, non, car ceux-ci savaient bien qu'au moindre bruit, ils se risquaient à n'être plus qu'une proie pour les habitants de la forêt … Non, ces chants-là étaient ceux des prédateurs, ceux des bêtes qui se savaient en position de force, en haut de l'échelle alimentaire – « au sommet du monde », comme l'avait un jour dit Tarkh, le vieil ermite l'ayant recueilli.

Un léger sourire se peignit sur les lèvres du loup-garou.
Il ne croyait pas sa chance. Lui qui n'était sorti de l'Abysse que quelques semaines auparavant, il avait enfin l'occasion de retourner dans ce lieu sacré, de contempler une fois encore la majestuosité  de la forêt dans laquelle il avait grandit …

La vraie forêt qui se découvrait enfin aux yeux des participants – y en avait-il plusieurs ? N'était-il pas seul en ce lieu ?
La beauté tranquille portée par le poumon vert d'Edälia l'accaparait à tel point qu'il en oubliait les innombrables humains, garous et quelques elfes qui l'entouraient, se préparant pour la chasse.

// La chasse … //

Depuis combien de temps n'avait-il pas chassé ? Depuis combien de temps n'avait-il pas laissé le loup s'exprimer librement, courir à en perdre haleine, hurler à la mort en quête de compagnons … ?
Il s'était entraîné, avant la chute de l'Académie, avant l'Abysse, mais comment comparer le petit bois de l'Île de la Mer Intérieure avec l'immensité d'Astraël ? Aucun ne pouvait rivaliser avec la Dame des bois, en ce Royaume …

Un mouvement sur sa gauche attira son attention, et il lança une œillade réprobatrice à l'homme serrant l'épée longue à sa ceinture. Un soldat humain, semblait-il.

// C'est une chasse, // pensa Chris, atterré, // pas une bataille … //

Cette réflexion le fit alors s'intéresser aux autres participants. Des elfes, à l'allure douce et élégante, préparaient leurs flèches, armes foudroyantes et d'une précision mortelle, mais seules préservatrices de la nature – les elfes ne rataient jamais seul cible, et jamais un animal ne s'enfuyait, blessé, pour aller mourir au loin … Jamais par la flèche d'un elfe, du moins. Les proies touchées n'avaient pas même le temps d'agoniser.
Il se souvenait avoir été témoin d'un chasseur elfe, un soir de demi-lune, alors même que son frère et lui n'avaient pas encore rencontré Tarkh. À ce jour encore, il était persuadé d'avoir assisté au plus beau des spectacles …

Au milieu des quelques maîtres de la Forêt, des humains se préparaient également. Certains avaient choisi l'arme noble, – l'arc – d'autres s'obstinaient à garder l'épée ou le poignard à la ceinture.

// Leur simple armure de cuir les feront repérés à des lieues ! Ils empestent l'adrénaline et les parfums de la ville … //

Parmi les hommes, il remarqua pourtant quelques élèves, certains aperçus de loin dans les couloirs de l'Académie, d'autres bien plus familiers.

Il adressa un léger hochement de tête à Francis, répondant à son sourire.

// Évidemment, // pensa-t-il avec un nouveau sourire. // Lui aussi a connu la vie sauvage, comment pourrait-il ne pas être là ? //

Non loin, il reconnu également un élève de l'Esprit – // Quel est son nom déjà ? // – qu'il avait un jour aperçu à la table de Myrrh. Un garou également, si son odorat ne le trompait pas … Un félin, semblait-il, mais à l'odeur bien moins imposante que celle de Francis – // Ah oui, Tarik. //

Mais alors qu'il allait se lancer de nouveau dans la contemplation des bois, une voix forte et bien connue retentit, attirant l'attention de tous.
Myrddin, défenseur de la Magie, mais surtout leur sauveurs à eux, les enfermés, les prisonniers de l'Abysse. Combien de temps encore seraient-ils restés là, à combattre leurs peurs, s'il ne les avait pas libérés ?

Christyän fronça les sourcils à la pensée que s'il avait passé ne serait-ce que quelques minutes de plus dans cet enfer, les séquelles n'en auraient été que plus profondes, plus dures – et il n'osait imaginer les diverses scènes d'horreur que son esprit lui ressortirait chaque nuit, l'empêchant d'accéder au sommeil réparateur des justes …

« Les pouvoirs qui vous ont fait venir ici vous permettront de revenir à la tombée du jour … »

// Dommage. Pas de meilleur moment pour chasser que la nuit … //

Il se souvenait encore les longues nuits passées à parcourir leur territoire, à traquer du gibier, masquant leurs traces, déguisant leurs odeurs, se fondant dans la légère brise qui osait encore traverses les arbres immenses …
Et les festins au coin du feu, Tarkh étalant ses innombrables talents de cuisinier, faisant d'un simple cerf un des mets les plus raffinés qu'il ait jamais goutés …
Comme ce temps lui manquait …

« … une bouchée de viande ne vaut ni une blessure, ni une vie, » rappela enfin la voix de Myrddin.

Et l'immense portail se ferma, laissant les participants de la chasse seuls à leur tache.

Alors que certains partaient en courant, d'autres épaulaient leurs armes, se lançant sans plus tarder à la recherche d'un gibier digne des festins d'Edälis.
Chris vit Francis changer et détaller dans les sous-bois, laissant ses affaires au sol. Un léger sourire lui échappa. Lui aussi était impatient, mais s'il avait apprit une chose de ses quatorze ans à vivre seul dans la forêt, c'était bien que la précipitation en menait à rien …

Il s'enfonça à son tour dans les bois, marchant lentement, laissant l'air pur et l'odeur familière malgré les âges passés raviver ses souvenirs, raviver l'animal qui l'habitait …
Quand il fut assez loin de l'orée, quand il fut certain de n'avoir pas de poursuivants – quand son ombre disparu sous la protection des feuilles, il se déshabilla.

Il avait perdu l'habitude ; l'air frai sur sa peau nue le faisait se sentir si vulnérable ! Là où il avait rechigné à porter le moindre vêtement dix ans auparavant, il hésitait aujourd'hui à s'en séparer …
Mais il savait qu'il n'en aurait pas besoin, dans les bois.
Ses vêtements pliés en baluchon, ses maigres possessions correctement emballées, il grimpa dans l'arbre le plus proche et les déposa dans le creux d'une branche à quelques mètres de hauteur, sa dague elfique émettant un léger son clair. Son regard tombant sur le bracelet de cuir travaillé que Tarkh lui avait un jour offert, il secoua la tête et le reprit, avant de descendre de l'arbre.
Le vieil homme l'avait fait spécialement pour son frère et lui ; en le desserrant au maximum, il pouvait le porter même sous forme de loup, sans qu'il ne le gène le moins du monde.
Il ne lui restait que sa bague Gardienne ambrée qui, étrangement, ne semblait jamais le quitter, fut-il sous forme humaine ou animale …

Il passa son pouce sur la pierre magique, appelant son Gardien à ses côtés, puis inspira longuement avant de laisser // enfin ! // son loup sortir.
Un gros loup noir se tenait à la place du jeune homme, yeux d'or et pattes de fauve, l'esprit grand ouvert sur l'immensité qui s'étendait devant lui.

Au dessus de lui, Saùl émit un petit bruit, quelque part perché sur une branche. Lui aussi se retrouvait dans son habitat naturel …

De quelques coups de griffes, il marqua l'arbre contenant ses affaires, puis s'élança dans la Nature, son Gardien le suivant discrètement de branches en branches.

// Je suis libre, enfin ! // sa voix hurla-t-elle de bonheur.

Mais jamais sa pensée ne franchit ses babines, restant enfermée dans son esprit relayé au second plan.
À présent, seul son instinct le guidait.

C'était l'heure de la chasse.

C'était l'heure du loup !

~~~~
« Je te retrouverai. Je te le promets, Raän. »

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MessageSujet: Re: Une chasse pour un festin [Event 1, Épreuve de la Chasse]   Lun 23 Déc - 17:18

Tarik n'était pas très rassuré. Plus il observait ceux qui serait ses adversaires, plus il se disait qu'il n'aurait pas dû participer à cette épreuve.  De toute évidence, ses concurrents prenaient cette chasse bien plus au sérieux que lui. L'élève de l'académie se trouvait là sur un coup de tête. Lorsqu'il avait appris qu'une chasse se déroulait, il n'avait pas réfléchi deux fois. Cela lui rappelait inévitablement les parties de chasse avec les hommes de son ancien village. D'un naturel patient et rusé, Tarik avait immédiatement apprécié le jeu de traque qui se déroulait entre la bête et l'homme. Au fil du temps, il avait aiguisé ses sens, affiné ses techniques et s'était frotté à des espèces plus variées. Ce qui lui manquait peut-être était l'expérience et la précision de ses gestes lorsqu'il passait à l'action et faisait face à sa proie. Il aimait également ce qui suivait la chasse, c'est-à-dire les repas pris avec l'ensemble du village, la saveur de la viande goûteuse et fraîchement préparée.

Jetant des coups d’œil inquiets autour de lui, il constata que nombre de ses adversaires portaient des espèces d'armures ou arboraient des armes encombrantes. Lui au contraire n'avait mis que des vêtements légers et de couleur sombre pour éviter d'être gêné dans ses mouvements et dans le but de se fondre avec la végétation environnante. Comme arme, il avait choisi l'arc. Certes, il n'excellait pas dans son maniement mais préférait de loin attaquer ses proies à distance. Cela lui permettrait également d'atteindre les animaux à plumes. Il portait tout de même sur lui une petite dague en cas de combat rapproché.

La foule de curieux venus assister au départ de la chasse de cessait d'augmenter. Vérifiant une dernière fois que la corde de son arc était bien tendue, geste qu'il avait dû faire une vingtaine de fois depuis son réveil, Tarik se rapprocha du portail d'entrée qui marquait la limite avec le monde sylvestre. Après avoir écouté d'une oreille distraite les paroles de l'homme qui annonçaient le début imminent de l'épreuve, Tarik serra fermement son arc et s'élança à la suite des autres participants.

La forêt était un tout autre monde... Il s'en rendit compte dés le portail franchit. Une multitude d'informations assaillirent ses sens. L'odeur de la terre et des arbres emplirent ses narines, au loin lui parvenaient les cris de plusieurs animaux qu'il parvint à identifier, il sentit la douce brise du vent dans ses cheveux. Il lui semblait que la forêt était un seul être vivant qui l'appelait afin qu'il vienne à sa rencontre.
Une chose qu'il n'avait pas envisagée se produisit alors : il mourrait d'envie de se retrouver sous sa forme animale afin de pouvoir répondre au mieux à cet appel et de se fondre dans la forêt comme un animal parmi les autres. Sa raison tenta de le mettre en garde contre cette pulsion qui modifierait tous ses plans, mais la tentation était trop forte. Il sentait qu'il devait succomber à cette envie soudaine sous peine de devenir fou. Mais l'adolescent devait au préalable se mettre en quête d'un endroit où poser ses affaires. Il marcha tranquillement sur quelques mètres afin d'essayer d'en localiser un qu'il serait capable de retrouver facilement. Il réussit à dénicher une sorte de petite clairière bordée de buissons chargés de baies rouges assez particulières. Mais n'étant pas là pour jouer les herboristes, il posa son arc et son carquois, ainsi que la petite dague accrochée à sa ceinture. Puis il entreprit d'enlever ses vêtements qu'il posa à côté de ses armes. Pour une fois, il comptait retrouver ses vêtements intacts et non à moitié en lambeaux comme lors de ses précédentes transformations....

Le moment fatidique approchant, il sentit sa respiration s'accélérer et les battements de son cœur s'intensifier, signes que l'angoisse montait en lui. C'était la première fois qu'il se transformerait seul sans une personne extérieure pour le guider et le rassurer.
Rappelle-toi, s'intima-t-il pour chasser sa peur, respire un bon coup et laisse toi guider par ton instinct. Une fois le vide fait dans son esprit, son corps se mit à changer de forme. Il était à présent un félin tigré au pelage parcouru de nuances sombres et de dimensions plus imposantes qu'un chat ordinaire. Un véritable chat sauvage.

Il mit un bon moment à reprendre le contrôle de sa forme animale tant son instinct était exalté de se trouver dans cet endroit inconnu. Une fois qu'il reprit conscience de ses mouvements, Tarik observa ce qui l'entourait. Il pu alors se rendre compte qu'il était dans un coin assez sombre de la forêt, entouré par de grands arbres dont le feuillages ne laissait filtrer que peu de lumière. Ce détail ne lui serait pas pénalisant grâce à sa vision nocturne. Il ne lui restait plus qu'à dénicher une proie qui serait à sa portée....
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Le Céruléen
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MessageSujet: Re: Une chasse pour un festin [Event 1, Épreuve de la Chasse]   Sam 22 Fév - 17:07

[Entre l'attente du bandit et les divers évènements qui ont ponctués ma vie, vous avez du attendre bien longtemps la réponse. La voici.]

Le tigre s'en allait vers l'inconnu, impatient de trouver une proie. Fort d'années passées en ermite, il pouvait se targuer d'être parmi les meilleurs de l'académie à participer, et s'il lui arrivait de ne pas être à l'aise en société, ici au moins il pourrait briller.
 Il s'agissait d'un véritable garou, capable de jongler entre ses formes et de les alterner, conscient de sa nature véritable et qui en éprouvait de la fierté. Malgré une vie passée dans les contrées où la neige est une compagne fréquente, ses capacités innées de chasseur devraient lui permettre de pallier le temps d'adaptation nécessaire à une chasse dans Astraël.

Le contact d'une douce herbe chatouilla les sensibles coussinets de l'animal, et de très nombreuses odeurs venaient à son museau. Le cuir féroce d'un chasseur non loin qui faisait un bruit infernal et avait effrayé un lapin dont les effluves perdaient peu à peu de leur vigueur initiale, ne demeurant finalement plus qu'un arôme pénétrant qui se fondait aux autres du bois.
Les écorces rudes et souples des arbres qui portaient mille feuilles étaient pareillement entêtantes, et en une inspiration les poumons se gorgeaient des senteurs de la sève. Le sol était fertile, les plantes fécondes. Une toile de fond odorante aux fils efficacement entremêlés se dévoilait aux narines des chasseurs, dont les animaux constituaient les seuls éléments évolutifs.

Ci et là, certains ignorants allaient sans se soucier de l'harmonie de ce monde, et un cri de joie se fit entendre. Son auteur était un jeune à qui l'expérience faisait défaut, qui réussit par la chance seule à ôter la vie à un vieux loup déjà blessé. Un tel débordement de joie fit malheureusement fuir d'autres animaux dont la viande aurait été bien savoureuse.

Non loin de celui qui avait revêtu l'apparence d'un chat mais ne s'était pas encore élancé dans la course, des humains se disputaient à voix basse avec des elfes sur l'organisation d'une battue qui leur avait été défendue par respect pour la nature. Le long visage d'un elfe triste reflétait la peine que certains avaient de devoir livrer leur forêt au nom d'un festin fait à l'occasion d'une paix démontrée par des fêtes.
Des tambours furent confisqués ainsi que des trompettes, et des sermons furent échangés entre regards offusqués. L'humain ne voulait pas que des règles arbitraires fussent imposées et ne voyait guère comment chasser sans rabatteur, l'elfe ne saisissait pas le besoin de l'humain de déranger une forêt entière pour trouver une simple proie.


Revenons cependant à notre tigre qui s'était décidé à partir après la première vague de participants et se trouvait face à une forêt alerte. S'éloignant peu à peu des sentiers battus afin de trouver une proie, l'idée de retourner bredouille au point de départ n'étant guère tentante, il finit par sentir l'odeur de la chair grillée, celle d'un lapin. À cette odeur bien particulière se mêlait une transpiration agressant les sens et de nombreuses armes faites de fer. Du sang riche en fer devait avoir recouvert le sol, et des habits trempés avaient visiblement été mis à sécher.
Heureusement pour le tigre, le vent venait à lui et s'il avait mené avec tant de précisions ces informations, il n'avait pu en envoyer la moindre à ceux qui avaient établi leur campement ici et ne devaient pas faire partie du tournoi. Des gens installés ici depuis un bon moment, qui s'étaient faits à la vie dans la forêt et s'en tiraient assez bien pour ne pas avoir cassé de brindilles ou fait des empreintes de pas trop visibles dans les alentours.


Un loup retrouvait des souvenirs alors qu'il s'élançait aux côtés d'un écureuil d'ambre, prédateur naturel de ces bois qui en avait eu l'expérience depuis son plus jeune âge. Il s'agissait indubitablement du meilleur chasseur de l'académie, et il allait aujourd'hui lui faire honneur.
Il avait bien plus attendu que le le tigre dont il s'était fait un ami, mais il ne comptait pas sur une surprise initiale pour assouvir sa faim, et devrait pouvoir aisément faire plusieurs voyages entre le point où une réserve d'animaux prêts à passer le portail du retour devrait bientôt se créer et les nids de ses proies.

Un terrier se profilait à sa droite, au moment où il contourna un arbre où un marquage intensif avait été fait. Assez grand, il devait s'agir du repaire d'un féroce blaireau, qui s'était assez bien nourri récemment au vu de l'odeur qui imprégnait son territoire. Cependant, des traces bien plus intéressantes s'en allaient en direction de la forêt profonde, longeant un petit ruisseau pour bientôt aboutir dans un lieu plus dangereux.
En suivant ce ruisseau, le garou risquait de sortir des zones surveillées et de rencontrer des dangers importants, mais l'animal qu'il pouvait convoiter était des plus rares, et en lui-même assez inoffensif. Il s'agissait d'un Laëthrogaë dont les empreintes à quatre doigts caractéristiques se démarquaient du sol. Il était difficile de pouvoir en manger, et au long des années le garou n'avait pas du y avoir goûté plus de vingt fois.
Sa foulée était assurée et les empreintes s'enfonçaient profondément dans le sol. Christyän pouvait à présent chercher l'animal rare, chercher le blaireau dans son terrier ou partir en quête d'une autre proie qu'il serait plus à même d'affronter.


Enfin, il y avait le cas du chat qui s'était finalement décidé à un moment à partir à l'aventure. Le pauvre n'avait cependant ni l'habitude d'un tel habitat contrairement à Chris, ni l'expérience de la chasse qu'avaient les deux autres garous qui avaient du se reposer entièrement sur elle pour survivre sur de longues périodes.
Il était libre de gambader sous une forme animale, livré à l'extase de ses sens qui ne devaient jamais avoir connu l'équivalent de ce que l'on trouvait dans la forêt d'Astraël. Les souris pouvaient le craindre, les oisillons ne devaient pas être grand chose devant lui et les écureuils n'avaient pas d'autre choix que la fuite devant le prédateur efficace qu'était un chat expérimenté, et les muscles de celui-ci étaient bien supérieurs à ceux d'un matou de maison qui se goinfrait de mou et roupillait au coin d'un feu de cheminée.
Cependant, il y avait plus dangereux que de tels animaux dans la forêt d'Astraël, et le chat allait devoir en faire les frais.

Après s'être éloigné d'habiles foulées du gros des chasseurs et esquivé ceux qui criaient sans cesse, les aliborons bruyants qui se faisaient volontiers réprimander par les vétérans d'un sport meurtrier, il avait pu trouver des traces de pattes très récentes d'une laie accompagnée de ses marcassins. À vrai dire, tellement récentes qu'il était possible de voir au loin la famille se rouler dans une souille riche.
Un marcassin était sur le côté et s'approcha peu à peu du chat, ce qui attira fatalement l'attention de sa génitrice.

À présent, si le chat courrait, c'était pour préserver sa vie des attentions meurtrières d'une mère enragée par un affront qui se pouvait être imaginaire.
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MessageSujet: Re: Une chasse pour un festin [Event 1, Épreuve de la Chasse]   Dim 23 Fév - 11:02

Courir, sprinter, sentir, partir à toute allure, sentir le vent sur sois. J'avais un comportement tout à fait stupide en plein milieu de cette forêt, mais je m'en moquais. J'avais besoin d'un instant pour courir et me sentir libéré, de ressentir un tas d'émotions que l'académie avait enfermé à double-tour dans son enceinte. J'avais brisé le verrous et laissé mon âme sortir pour revivre des émotions qui m'avaient tellement manqué. oui...une libération. D'une certaine manière, l'académie avait du bon: en me privant d'une vie sauvage, un retour dans la nature ne m'étais qu'encore plus exaltant.

Je m'arrêtais un instant et humais l'air frais, sentant milles et une odeurs. Avec le bruit que j'avais fait, je supposais que la plupart des proies avaient déjà détalé. C'est à ce moment là que je me suis dis qu'il fallait passer aux choses sérieuses.
En effet, cela me faisais du bien de me retrouver dans la nature, mais je n'étais pas ici pour gambader. Maintenant que j'étais défoulé, il fallait que je m'occupe de cette fameuse chasse. J'analysais le lieu qui m'entourais. Je ne connaissais pas beaucoup les forêts, ce n'était pas mon habitat naturel. J'étais habitué aux grandes plaines de neige. Toutefois, la forêt d'Astraël possédait un atout indéniable: de nombreux couverts, qu'ils étaient des arbres, des buissons, des rochers ou bien d'autres. Même si je chassais autrefois dans de grandes plaines enneigés, et bien que la couleur vive de ma fourrure me faisait défaut dans tout ce blanc, j'avais réussis à survivre. Alors que chasser en ses lieux paraissait bien plus facile. J'étais tout de même déçus que la chasse se déroulait de jour. Je chassais presque toujours la nuit autrefois. C'est à ce moment là que mon pelage orange se faisaient le moins remarquer. Mais tant pis, je devais me contenter de ça.

Je continuais à marcher dans la forêt, cette-fois ci avec prudence, et à l’affût d'une moindre proie. J'humais fréquemment l'air pour chercher quelque chose d'intéressant à traquer. quelques temps plus tard, je sentis l'odeur d'un lapin. Mais il me fallait quelque chose de mieux, de plus grand. Si je voulais gagner la chasse, il ne me fallait plus qu'un lapin pour le moment. Lorsque le temps deviendra précieux, et si je n'aurait pas trouvé une prise plus glorieuse, je n'aurais qu'a sauver mon honneur et attraper une proie plus modeste. De toute façon, le lapin s'était enfuit, probablement alerté par les bruits forts d'un chasseur. Faire autant de bruit ici? Comment cette personne allait gagner la chasse si il alertait toute les proies autour de lui? De plus, ses bruits me déconcentraient, et l'odeur de son cuir troublait mon odorat. Si je restais dans les environs, je pouvais dire adieu à une belle proie, je décidais donc de sortir des sentiers battus et aller le plus loin possible de cet imbécile. quelques kilomètres plus loin, un cri. Je me demandais si quelqu'un était en danger, et si il fallait que j'accours (certes, mon esprit de félin me disais d'éviter tout danger, mais j'étais aussi un humain qui avait développé une certaine empathie envers ses semblables). Mais toutefois, cela semblait être un cri de joie. Pas de problèmes alors, sauf que comme celui que je tenais à éviter, il avait du alerter toutes les proies des environs. C'est en râlant que je décidais de m'éloigner encore d'un autre chasseur maladroit. Comment pouvait-on bien chasser avec tellement de participants?

Marcher avec douceur...sentir...s’arrêter...observer...découvrir des empreintes...des marques...débusquer...Voilà que je retrouvais mon esprit de tigre, celui qui fonctionnait par mot-clé. trop penser faisait divaguer, et divaguer était une grave erreur. Je restais toujours en alerte. Et voilà qu'une nouvelle odeur parviens à mes narines. Celle de la chair d'un lapin. Mais elle n'était pas crue. Quelqu'un dans les parages? Je me disais qu'il fallait mieux partir plus loin, mais, curieux, je décidais d'enquêter un peu dans les environs. Plus je m'approchais, plus je sentais des odeurs qui désignaient la présence d'humains. Mes soupçons furent confirmés lorsque je vis, caché derrière un rocher plus loin, des hommes. Un petit campement d'hommes qui dévoraient leur proie grillé au dessus d'un feu. Des brigands peut-être? J'avais déjà visité la forêt d'Astraël quelques jours, lors de mes année passé à voyager. C'est aussi lors de ce petit passage que j'ai faillis me faire tuer par des brigands. Je savais qu'ils pouvaient être dangereux. Tout homme que l'on ne connaissais pas pouvait être dangereux, encore plus lorsqu'ils possédaient des armes. Hors de question d'interagir avec eux. Cela finirait forcément mal. C'est avec la plus grande prudence et avec calme que je reculais et décida de faire demi-tour. Je veillais à laisser le moins de traces possible de mon passage: si ils voyaient les traces d'un énorme félin près de leurs camps, peut-être qu'ils se seraient lancés à sa poursuite.

Après avoir été sûr de m'être bien éloigné, je continuais ma chasse. Pour l'instant, je n'avais eu l'occasion d'attraper une proie, mais c'était qu'une question de temps, j'en étais sûr.
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MessageSujet: Re: Une chasse pour un festin [Event 1, Épreuve de la Chasse]   Mar 11 Mar - 17:54

S'habituant peu à peu à ce qui l'entourait, le garou laissa son instinct de chasseur l'envahir. Le plus silencieusement du monde, il fit quelques pas vers l'avant qui le menèrent plus profondément encore dans cet endroit assez sombre de la forêt qu'il empruntait. Chaque sens en alerte, il s'efforça de repérer un indice pouvant le mener à une potentielle proie. Se sachant vulnérable et nullement en position de supériorité au sein de cette forêt, le chat se devait également de faire attention aux traces de prédateurs dangereux pour lui. Il ne tenait pas spécialement à se retrouver nez à nez avec l'un des redoutables carnivores peuplant la forêt. S'il n'y avait jamais mis les pieds auparavant, il avait évidemment entendu les rumeurs circulant sur les créatures supposées vivre dans la forêt. Et ce n'était guère de nature à le rassurer....

Heureusement, sous sa forme animale, Tarik se sentait beaucoup plus téméraire et courageux qu'à l'accoutumée et ce genre de détail ne lui traversait pas l'esprit. En réalité, ses pensées étaient réduites au minimum, tournées vers un unique objectif : dénicher une proie. Si sous sa forme humaine il aurait sans doute eu tendance à paniquer, s'énerver ou à agir trop vite, l'esprit animal qui l'habitait lui imposait de rester calme et patient. C'est ainsi qu'après s'être déplacé d'une centaine de mètres, il huma une odeur intéressante. Plusieurs même. Cependant, elles étaient semblables. Il en déduit donc qu'il allait bientôt approcher des spécimens appartenant à la même espèce. Les odeurs qu'il sentait sous sa forme de garou étant très différentes et bien plus précises que celles qu'il pouvait ressentir en étant humain, il ne réussit donc pas à identifier le type d'animal dont elles provenaient. Son instinct lui indiquait seulement que ce n'était pas dangereux pour lui. Posant son regard sur le sol, il aperçut des traces de pas toutes récentes. Il s'agissait visiblement d'un sanglier accompagné de plusieurs marcassins. Intéressant, cela ferait peut-être son affaire.
Se laissant guider par ses sens, le garou fit quelques pas et, avec étonnement, déboucha sur une petite clairière lumineuse.

C'est là qu'il les repéra : une mère sanglier entourée de ses quatre marcassins. S'il pouvait attraper ne serait-ce que l'un de ces petits bien dodus, cela serait déjà une belle victoire. Il lui fallait à présent élaborer une stratégie. Mais dans l'immédiat, avant toute chose, il fallait éviter de se faire repérer. Chose qui semblait pourtant simple, mais rendue plus ardue face à une mère sanglier désireuse à tout prix de tenir à l'écart ses petits d'éventuels prédateurs. Une fois tapi dans l'ombre d'un buisson, faisant face à la légère brise soufflant sur la forêt, le chat sauvage pu préparer son assaut à loisir. De sa cachette, il avait une bonne vue sur la scène. De plus, il se situait à un mètre à peine de la famille de sangliers qui ne semblait pas l'avoir remarqué. C'était évidement un risque de se placer aussi près, mais nécessaire s'il voulait mener une attaque surprise et avant tout rapide. C'était là sa seule chance de voir son assaut couronné de succès. Alors, lequel de ces petits semblait être le plus vulnérable ? Ou alors le plus stupide, cela ferait également son affaire. Tiens, tiens, l'un d'entre eux avait justement l'intention de s'éloigner du reste groupe. Tout en émoi devant la possibilité immédiate de se jeter sur cette petite créature vulnérable et de pouvoir mettre fin à sa vie d'un seul coup de patte bien placé, le garou sortit sans attendre de son buisson toutes griffes dehors et bondit sur lui. Grave erreur. Le petit avait déjà sentit son odeur et alerté le reste du groupe par des couinements plaintifs. Déstabilisé, le chat sauvage ne put que blesser le petit d'un coup qui n'allait pas être mortel. Et voilà maintenant que sa proie s'échappait, fuyant vers sa mère.

Sa mère ? Tarik l'avait presque oubliée ! Et pourtant, il n'aurait pas dû. D'imposante stature et possédant des défenses faisant quasiment le quart de sa taille, le chat sauvage ne pouvait qu'être pris au dépourvu face à un tel animal. Il ne lui restait donc plus qu'une solution : battre en retraite le plus vite possible pour tenter d'échapper à la colère de cette mère. Ce qui n'était pas chose aisée puisque l'animal était puissant et se déplaçait rapidement. Ne prenant pas le temps de regarder derrière lui, le garou poursuivit une course effrénée entre les arbres et les buissons. Une ou deux fois, il eut peur de se faire embrocher par les défendes de l'animal. Fort heureusement pour notre chat sauvage, la mère sanglier s'arrêta brusquement, sans aucune raison apparente. Soulagé, le garou ralentit sa course pour finir par s'arrêter totalement. Hors d'haleine, il reprit son souffle tout en observant les alentours. Il se trouvait à présent dans un coin de la forêt un peu plus lumineux, entouré de grands arbres assez espacés les uns des autres. Une fois qu'il fut calmé, il ressentit une pointe de frustration : comment une proie aussi facile avait-elle pu lui échapper ainsi ? Pourquoi n'avait-il pas attendu avant de se jeter sur le marcassin ? Furieux contre lui même, le garou avança un moment sans but. Il réussit tout de même à reprendre espoir et à relancer sa motivation. Le soleil était encore haut dans le ciel et d'autres occasions pouvaient encore se présenter à lui.
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MessageSujet: Re: Une chasse pour un festin [Event 1, Épreuve de la Chasse]   Ven 20 Juin - 8:15

Christyän laissa l'odeur entêtante de la forêt Astraël l'emplir d'une euphorie contrôlée. Depuis combien de temps n'avait-il pas mit les pattes ici ? Virtuellement, ça semblait faire à peine un an, et pourtant … Il calcula rapidement l'année, et eut presque le souffle coupé en se rendant compte qu'en réalité, cela faisait cent deux ans !
Cent deux ans qu'il n'avait pas foulé le sol de la forêt de ses pattes animales, de ses pieds humains …

Et son territoire !
Qu'en était-il devenu ?! Comment avait-il pu ne pas y songer plus tôt ?! La simple idée d'avoir tout perdu avait-elle réellement ralentit son esprit ?!

Car la Terre change, certes, mais les roches et les paysages restent similaires, les années passant … Et cent ans pour une Terre n'est rien de plus qu'un grain de poussière en moins, une touffe d'herbe en plus et quelques arbres venant chatouiller la cime des plus anciens …

Il secoua mentalement la tête.
Ce n'était pas le moment d'explorer. Il pourrait revenir, demander un accès au royaume plus tard. Pour l'heure, il lui fallait trouver des proies de choix pour le festin du festival de la réconciliation.
Se servant des arbres pour couvrir sa présence, il avança lentement au travers des bois, Saùl le suivant plusieurs mètres plus haut, perché sur les hautes branches.
Ses pattes se rendirent furtives et silencieuses sur la terre entrelacée de racines épaisses, ses anciens réflexes lui revenant peu à peu. Bloquer son inspiration par la bouche pour faire le moins de bruit, bien soulever les pattes pour ne pas qu'elles trainent trop sur le sol, les oreilles en alerte, les yeux vifs et précis.

Sa vue, son ouïe et son odorat étaient mis à contribution, tous ensembles, comme avant …

Soudain, son regard se posa sur une écorce griffée. Son odorat perçu l'odeur puissance et bien marquée d'un blaireau adulte : un gros mâle s'il en croyait les phéromones qu'il relâchait.
Il chercha rapidement des yeux une trace, avant de sourire mentalement à la vue de bien mieux : le terrier de sa proie, avec une ouverture béante, facile et presque offerte.
Se tapissant dans les branchages des buissons aux alentours, il tenta de percevoir des mouvements. Mais soit l'animal n'était pas présent, soit il ne semblait pas vouloir sortir de son terrier. S'apprêtant à bondir, il repéra soudain une autre marque sur le sol légèrement humide.

L'emprunte était formée de quatre extrémités épaisses, et s'enfonçait profondément dans le sol. Il s'agissait d'un animal imposant, c'était certain, mais pas d'un prédateur, conclu Christyän. Analysant la trace de plus près, il la reconnu enfin, et dû retenir un glapissement d'excitation.
La créature était à coup sûr un laëthrogaë, un animal rare et sacré, inoffensif du fait de son tempérament très calme, vivant dans la forêt profonde où la lumière était rare et éparse.
Le loup-garou se souvint de la viande infiniment tendre et légèrement acidulée des laëthrogaës. Même les elfes ne les chassaient que pour de grandes occasions, comme pour les banquets royaux ou bien la fête de la Lune …

Hésitant un instant, et voyant que le blaireau ne semblait pas bouger, Christyän décida que le festin récolté par la chasse à l'occasion d'un festival de réconciliation entre toutes les races du royaume était un événement exceptionnel, et méritait des mets exceptionnels.
Qui plus est, il avait appris à chasser en accord avec le respect de la nature et des créatures nées de la Lune ; il connaissait même quelques rituels elfiques, notamment ceux enseignés par son tuteur Tarkh après qu'il ait « mal » tué son premier laëthrogaë lorsqu'il était encore jeune.

Tournant la tête vers la direction de la piste de la créature rare, il entendit le clapotis d'un petit ruisseau et reconnu la direction générale de la forêt profonde. Un tel lieu signifiait obligatoirement des dangers inhabituels, des créatures puissantes et sombres … Même lorsqu'ils vivaient dans la forêt Astraël, son frère et lui tentaient par tous les moyens de se tenir le plus possible éloignés de la forêt profonde, surtout après quelques épisodes où ils auraient pu y laisser leurs vies.
Un souvenir en particulier revint à Christyän, et sa grosse tête de loup s'inclina pour toucher son épaule. Alors qu'ils avaient placé leur tanière au delà des limites de la forêt profonde, ils avaient été attaqués par un immense ours noir, et le loup-garou en gardait une vilaine cicatrice à l'épaule …

Conscient du danger, il préféra la sécurité : il ramènerait d'abord le blaireau près du portail, puis il suivrait la piste de la créature rare. Les laëthrogaës étaient des créatures calmes et peu craintives, et celui-ci ne devrait pas s'être trop éloigné entre temps.
Ne désirant pourtant pas perdre la piste d'un animal si rare, il demanda à son Gardien de la suivre  en direction de la forêt profonde, et de lui rapporter la direction générale de sa proie lorsqu'il le rappellerait.

// Si tu te sens menacé de la moindre façon, n'hésite pas à retourner dans la bague. Je t'appellerais de toutes façons quand j'aurais fini. //

Le Gardien, comprenant le sens sinon les mots de son Protégé, sauta alors de branches en branches, suivant le petit ruisseau avec hésitation et s'éloignant de Christyän.

Le loup-garou se tourna alors de nouveau vers le terrier. Il s'approcha lentement, avant de se figer en entendant un grognement à l'intérieur.

// Bien. Au moins je suis certain qu'il est là. //

Sachant pertinemment que pénétrer dans le terrier d'un blaireau lui apporterait plus de blessures que de viande, il décida de l'apâter.

// Pas très conventionnel comme méthode de chasse pour un loup, mais disons que ça suffira. //

Il quitta le terrier quelques instants, et en quelques minutes à peine, il revint avec un petit lapin entre ses mâchoires. Éventrant le rongeur d'un coup de dent, il le plaça juste devant l'entrée du terrier et se tint juste derrière, au dessus, prêt à frapper dès que sa proie en sortirait, attirée par l'odeur du sang.
Même après avoir mangé, les blaireaux étaient des créatures carnivores gourmandes qui ne crachaient pas sur une proie facile.

Le blaireau sortit enfin, et alors qu'il allait s'emparer du lapin mort, Christyän se jeta sur lui. Il tenta de le mordre à la nuque, mais l'animal se défendit, lui lançant sa patte musclée et griffue au visage. Le loup se recula à temps pour ne pas perdre un œil, mais la griffe entailla sa joue.
Il s'agissait d'un gros spécimen, avec des pattes puissances … L'élève de la Terre ne se laissa pas déstabiliser, et s'abattit de nouveau sur sa proie avant de réussir à l'égorger d'un coup de crocs. L'animal se débattit un moment sur le sol, avant de mourir étouffé dans son propre sang, les cervicales broyées sous les crocs du loup.

Chris relâcha sa prise, se redressa et se rendit humain un instant. Sa joue semblait saigner en continue, malgré l'absence de douleur. Posant une main sur la petite plaie, il se leva sur ses deux jambes et, nu dans la forêt, il se mit à la recherche d'une plante qu'il connaissait bien dans les alentours du terrier, gardant un œil sur sa proie.
Ses yeux tombèrent sur une liane d'une couleur vert émeraude, montant le long d'un chêne. Christyän en reconnu parfaitement la forme des feuilles, et il en arracha deux petites, avant de les mettre dans sa bouche et de les mâcher énergiquement, en faisant une unique bouillie pleine de jus. Avec une grimace de douleur, il l'appliqua sur sa joue. Tarkh lui avait apprit à reconnaître les plantes les plus utiles : celle-ci, bien qu'elle pique horriblement sa plaie, aidait fortement à la coagulation. Il ne pouvait certainement pas continuer à chasser si son sang dégoulinait sur le sol et  laissait des traces olfactives de sa présence partout sur son chemin !
Au bout de quelques minutes, il jeta la petite bouillie asséchée ; le saignement sembla s'arrêter, laissant une petite croute qu'il lui faudrait désinfecter lorsqu'il rentrerait à l'académie.

Roulant des épaules pour s'assurer qu'il n'avait pas d'autres dommages physiques, il reprit sa forme animale, attrapa le blaireau par la nuque, marqua les deux arbres montrant la direction de la piste du laëthrogaë de ses griffes et de son odeur, puis repartit en courant vers l'orée de la forêt où était stationné le portail de retour.

Plusieurs participants avaient déjà ramené de petits animaux, et il vit avec amusement un homme sortir des bois avec un petit lapin sous le bras.

// Ce n'est pas avec ça qu'il nourrira les personnages royaux présents au banquet ! //

S'assurant que les responsables du portail notent bien sa présence et son butin, il déposa le blaireau dans un coin, avant de repartir rapidement vers le lieu de séparation avec son Gardien. Rappelant mentalement celui-ci, il sourit en le voyant se matérialiser à ses côtés, surprit.
Celait faisait moins d'un quart d'heure qu'ils s'étaient séparés ; le laëthrogaë ne devait pas avoir été très loin.

S'enfonçant dans les bois plus épais, il repéra la première trace qu'il avait vue, puis une seconde, et ainsi de suite le long d'un petit ruisseau durant plusieurs minutes. Lorsque la piste s'en éloigna, Chris la suivit, Saùl le guidant lorsque les traces de pas se firent plus difficiles à pister, le sol devenant plus sec.
Le laëthrogaë ne dégageait pas d'odeur particulièrement forte, ce qui le rendait difficile à suivre sans une piste claire.

Les feuilles se firent plus denses, plus épaisses, la lumière moins présente … Il entrait dans la forêt profonde, et commença alors à se méfier de tout. Le danger pouvait venir de partout, ici.

Mais soudain, l'odeur d'un gros renard agressa son odorat, et il se figea. L'odeur était forte et puissante : l'animal était proche et définitivement un gros mâle, probablement rendu plus fort par la difficulté de la survie en ces lieux hostiles.
Voulait-il lui voler sa proie ? Ou bien l'attaquer, le chasser de son territoire, en faire une proie à son tour ?

Un laissa échapper un léger grognement à cette idée, et abandonna la piste de sa proie pour chasser celle du renard. S'approchant, il cherchait la couleur caractéristique du poil des renards des forêts, alors que l'odeur devenait de plus en plus forte.

Au dernier moment, Saùl poussa un « SQUIIIIICK !! » puissant et paniqué, et Chris comprit immédiatement le danger et se jeta sur le côté, alors que de longues épines en forme de crocs se refermaient brusquement sur du vide, et qu'un fin filet de poison s'en écoulait.
Le loup écarquilla les yeux. Il avait faillit se faire attraper par une fleur mortelle : le monopode hypnotique. La plante utilisait des phéromones de tous animaux pour en attirer d'autres. Son poison était mortel, fulgurant … Il venait d'échapper de peu à la mort, attiré par cette fausse odeur.

Secouant la tête pour chasser cette idée de son esprit, il fit demi-tour pour retrouver la trace du laëthrogaë.
Alors qu'il progressait dans la forêt profonde, la lumière se fit de plus en plus rare, et il ne put bientôt plus rien distinguer à plus de trente mètres devant lui.
Des couinements au dessus de lui lui firent lever les yeux vers Saùl, qui était agressé par des créatures que Chris connaissait bien.

Celui-ci sourit, amusé. Les lapins-écureuils, aussi appelés numels par les elfes, étaient de petites créatures très joueuses. De grandes oreilles très sensibles au moindre bruit, de grands yeux souvent clairs leur permettant de voir parfaitement dans la nuit, et une longue queue articulée dont ils se servaient pour attraper les fruits en hauteur dont ils se nourrissaient, étaient recouverts entièrement d'une fourrure beige, parfois rayée, qui était très prisée des nobles humains – et très protégée des elfes. Inoffensives, ces créatures étaient néanmoins très curieuses, et il leur arrivait de dérober tout et n'importe-quoi qui les intéressât.
Les petits rongeurs jouaient avec son Gardien de façon un peu trop curieuse, tendant de déterminer ce qu'il était, lui tirant les poils, les oreilles, la queue … Le pauvre gardien tentait de les empêcher d'approcher, mais en vain.

// Tout va bien, Saùl. Tu peux rentrer, je t'appelais si j'ai besoin de toi. //

Son Gardien émit un couinement soulagé, avant de disparaître, sa magie retournant dans la bague de Chris.
Celui-ci, toujours amusé par la scène qui venait d'avoir lieu, continua son chemin avec un léger sourire mental. La forêt profonde était certes pleine de prédateurs, mais également de petits animaux comme les numels qui pouvaient inspirer l'intérêt et l'admiration de beaucoup.

Mais soudain, un grognement puissant retentit à plusieurs dizaines de mètres devant lui, et il se tapi immédiatement au sol.
Au loin, entre les arbres, un immense ours noir se tenait sur ses deux pattes arrière, la tête rejetée en arrière, gémissant dans la brise légère.

// C'est un appel. Il appelle des congénères ! // pensa-t-il avec un frisson de peur.

La pensée lui rappela une fois de plus sa cicatrice à l'épaule. Si Tarkh ne les avait pas trouvés son frère et lui ce jour-là, Chris serait sans doute mort, au vue du sang qu'il y avait perdu …
Restant caché au sol, il observa l'ours se laisser tomber sur ses quatre pattes, ne prenant aucun risque. Bientôt, un second ours le rejoignit, et ils partirent dans la direction opposée à Christyän, qui soupira légèrement de soulagement.
Contournant largement leur direction, il rejoignit la piste du laëthrogaë un peu plus loin.

Les traces étaient bien plus fraiches ; il se rapprochait. Longeant le ruisseau d'un pas rapide pour rattraper sa proie, il laissa le bruit du courant dissimuler sa présence. Placé du bon côté de la très légère brise qui parvenait à percer le feuillage dense de la forêt profonde, il arriva peu à peu à un élargissement du ruisseau, et à un trou d'eau assez conséquent. Il faisait presqu'entièrement noir sous les arbres, à présent.

De l'autre côté de la rive, des petites créatures que Chris reconnu comme étant des danpers s'amusaient à sauter dans le trou d'eau, pêchant et jouant. Ces animaux étaient appelés « grenouilles-lézards » par les humains, se souvint-il.
Les danpers étaient de toutes petites créatures, parfois pas plus grandes que sa propre main. Leur tête était formée comme les lézards : leurs oreilles étaient remplacées par deux orifices de chaque côté de leur tête chauve ; deux évents sur leur front, au dessus de leurs grands yeux, leur servaient d'odorat. Les danpers étaient des créatures aquatiques pouvant respirer à la fois sous l'eau grâce à des branchies, et à la surface grâce à des poumons. Leur corps était épais et arrondi, avec de petites pattes palmées, et se terminant en une queue plate leur permettant de nager rapidement.
Totalement inoffensives, très dociles, ces créatures vivaient près des points d'eau où évoluaient leurs têtards.
Le petit groupe de danpers tournèrent tous la tête vers lui d'un coup, le surprenant et l'attendrissant à la fois. Lorsqu'il les dépassa, ils retournèrent à leurs activités.

// Ce sont vraiment des créatures étranges … // pensa-t-il.

Il ne lui fallu pas plus de quelques minutes pour repérer sa proie, après cela.
Un laëthrogaë de grande taille, bien plus grand que lui, se tenait dos à lui, le museau plongé dans l'eau paisible du ruisseau, buvant tranquillement, totalement inconscient de la présence de Chris. Sa peau imitait à merveille l'écorce grise des arbres de la forêt profonde, et l'animal pouvait ainsi s'y camoufler et échapper aux prédateurs les moins intelligents.

Le laëthrogaë avait un odorat particulièrement développé, mais son ouïe était très mauvaise. Ayant le museau au dessus de l'eau pleine d'algues et de mousses, il ne devait sans doute pas pouvoir sentir la présence du loup derrière lui.
Christyän savait qu'il s'agissait d'une proie facile. Mais la façon dont il lui faudrait la tuer était bien moins facile. Il devait l'attraper directement à la gorge et lui briser la nuque d'un coup de mâchoires afin de ne pas le faire souffrir et qu'il meurt sur le coup. Un animal sacré était un animal sacré, peu importaient les circonstances.

Au moment où le laëthrogaë se retourna pour prendre sa route, le loup lui sauta à la gorge. Surpris, l'animal se dressa sur ses pattes arrières, soulevant Chris du sol en même temps. Mais celui-ci parvint à le ramener en arrière par son poids, et d'un mouvement sec de la mâchoire, il lui cassa proprement les cervicales. Pas un bruit ne s'échappa de la gorge de la créature lorsqu'elle s'effondra, inerte.

Fier de sa performance, Christyän la lâcha et referma ses crocs sur sa nuque, ce qui lui permit de la trainer plus facilement.
D'autant plus prudent, il traina ainsi sa proie sur quelques centaines de mètres, tentant de couper au chemin le plus cours vers l'orée de la forêt. Ainsi, il était d'autant plus vulnérable aux attaques, et il lui était difficile d'être discret en transportant une proie plus grosse que lui derrière lui.

Sans prévenir, un félin bondit de derrière un arbre et s'abattit sur lui, ses griffes écorchant légèrement son dos. Le loup glapit et lâcha sa prise, se retournant brusquement vers son agresseur : un gros puma, légèrement plus petit que lui, qui tentait de lui voler le cadavre du laëthrogaë, et peut-être même l'ajouter au butin.
Un combat violent débuta alors, chacun des prédateurs enchaînant coups de crocs et coups de griffes. Chris parvint à en éviter le plus possible, infligeant quelques blessures graves à son adversaire, avant d'être surprit par une vive douleur. Le puma avait enfoncé ses crocs dans son épaule, pile à l'endroit de son ancienne cicatrice.
Réagissant au quart de tour, il mordit violemment le puma au col, avant de le balancer d'un coup de mâchoire contre un arbre. Ne lui laissant pas le temps de récupérer, il se jeta sur lui et l'acheva avant qu'il ne puisse se relever.

Tendu, il se laissa retomber à côté avec un gémissement de douleur, avant de reprendre sa forme humaine pour voir l'étendue des dégâts. Son épaule saignait abondamment, mais la blessure ne semblait pas grave en soi : la peau cicatrisée était plus fragile, et elle avait cédé plus facilement sous les crocs du félin. Sa chaire était à peine atteinte.
Le souffle court dû à l'effort de la lutte et à la douleur, il appela à lui son Gardien.

Saùl apparu à ses côtés, inquiet. Chris lui demanda de lui trouver la liane dont il s'était servi précédemment, ainsi que quelques feuilles épaisses de salsepareille afin de panser la plaie. Alors que l'animal partait à la recherche de son butin, le loup s'adossa à l'arbre le plus proche, gémissant légèrement sous la douleur.
Son regard se posa sur les deux cadavres devant lui.

// Comment vais-je pouvoir les ramener tous les deux … ? //

Lorsque Saùl revint, il arracha les feuilles de la liane, les mâcha de nouveau et les appliqua sur sa blessure. La plaie étant plus grande, la douleur était de même, et il dû serrer les dents pour ne pas gémir de nouveau.
Son regard tomba sur la seconde feuille apportée, et il sourit faiblement à son Gardien.

« Non, Saùl. Ça, c'est une feuille de paulownia. Ça attaque les défenses immunitaires. Ma plaie risque de s'infecter rapidement si je la pose dessus. »

Le garçon se concentra, posa sa main à ses côtés sur le sol humide de la forêt, et invoqua la magie de la Terre pour faire pousser la plante nécessaire. Après un moment de concentration, il vit avec plaisir et soulagement une liane de salsepareille pousser à ses côtés et venir s'enrouler autour de l'arbre contre lequel il était appuyé.
Arrachant une des plus grandes feuilles, il l'examina pour s'assurer qu'il s'agissait bien de la bonne plante. Les feuilles de salsepareille pouvaient s'utiliser pour traiter les infections de la peau, et permettaient également de fortifier et de stimuler l'organisme pour obtenir une guérison rapide. C'était là l'un des ensembles de plantes que Tarkh lui avait apprit à reconnaître au premier coup d'œil. S'il pouvait les faire pousser ainsi à la demande, il n'aurait jamais plus de problèmes à l'avenir, s'il se blessait !

Le saignement de sa plaie était presque totalement arrêté, et il déroula une des grandes feuilles, avant de la plaquer sur sa plaie avec une inspiration brusque. Avec le reste de la liane, il l'attacha autour de son épaule, serrant bien et s'assurant qu'elle ne glisse pas.
Ça suffirait jusqu'au soir, où il rentrerait à l'académie.

Se redressant, il tenta de voir le ciel, mais sans succès au travers des feuilles. Il n'avait aucune idée de l'heure qu'il pouvait être …
Arrachant une baie de la liane de salsepareille, il la tendit à Saùl pour le récompenser de son effort, et le petit être gourmand en couina de bonheur.

Voyant qu'il pouvait néanmoins se déplacer sans trop de douleur malgré sa blessure, il eut une idée pour transporter les deux corps. Toujours aussi nu dans son corps humain, il s'accroupit et invoqua de nouveau la magie de la Terre pour faire pousser une liane plus solide. Il tira le corps du puma jusque sur son dos, le tenant par les pattes avant, sa grosse tête reposant dans son cou. Il l'attacha ensuite sur son dos à l'aide des lianes. Il ploya légèrement sous le poids de l'animal, mais ce n'était rien qu'il ne puisse supporter.
Se retransformant en loup, il sentit ses forces revenir, et il fut plus facile à porter – d'autant plus qu'il marchait désormais sur quatre pattes. Il attrapa le laëthrogaë par la nuque et reprit son chemin, Saùl le suivant de près après avoir volé une ou deux autres baies de salsepareille.

Blessé et portant deux poids importants, dont un plus lourd que lui-même, il se trouva considérablement ralentit. Il fit de son mieux pour être le plus silencieux possible, mais la fatigue le rattrapa rapidement et il dû faire plusieurs pauses sous les encouragements de son Gardien, avant d'enfin voir l'orée de la forêt au bout de quelques petites heures.

Toujours sous forme animale, il déposa ses deux victimes aux côtés du blaireau, coupant la liane retenant le puma d'un coup de croc et le laissant tomber sur le côté. Il arrangea le corps du laëthrogaë  comme lors des cérémonies elfiques à l'aide de petits coups de museau.

Fatigué de son trajet, il se posa un moment, s'asseyant sur ses pattes arrières pour récupérer. Le ciel était largement dégagé à cet endroit, et au vue de la position du soleil, il lui restait encore plusieurs heures avant que la nuit ne commence à tomber et que les chasseurs ne rentrent, fermant le portail derrière eux.

Son regard toujours levé au ciel, il se dit qu'après un moment de repos, il y retournerait. Il était bien curieux de voir à quoi ressemblait son territoire, à présent …

~~~~
« Je te retrouverai. Je te le promets, Raän. »



Dernière édition par Christyän Maät le Dim 6 Juil - 6:03, édité 1 fois
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Le Céruléen
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MessageSujet: Re: Une chasse pour un festin [Event 1, Épreuve de la Chasse]   Sam 5 Juil - 21:59

Muses, vous avez inspiré Christyän le chasseur, et le conteur que je suis ne trouve rien à redire à son récit, qui est ainsi validé. Nous pouvons considérer que je n'ai plus rien à dire sur son compte, étant donné que le temps que toutes ces actions se déroulent la chasse devra bien prendre fin.


À présent, il nous faut considérer le seul participant encore parmi nous, qui est le tigre venu des montagnes enneigées. Celui-ci s'était montré sage en évitant le camp, car il était effectivement constitué de bandits salis par l'absence de contact avec la société, qui n'avaient pu se laver depuis longtemps et dont seules les armures faites de cuir et de fer pouvaient nous préserver de la senteur de leur âcre sueur.

Les personnes décrites étaient d'êtres assez rustres, mais chacun poursuivait son rêve, et il ne fallait pas leur en vouloir. Ils étaient persuadés que le système actuel était injuste, et que le roi était un usurpateur légitimé, et survivaient à l'abri de sa colère chez les elfes, où ils tuaient pour survivre.
Pour cela, ils devaient recourir au braconnage, car il leur était impossible de chasser sans cesse. Le reste de leur temps était consacré à contacter leurs collègues postés ailleurs, s'entraîner, et, il fallait le dire, à s'amuser.

Collets, trappes et pièges à mâchoires étaient ainsi posés dans les hautes herbes. Les créatures qui y étaient piégées mouraient parfois de soif, immobilisées et souffrantes à cause d'un mal qu'elles ne pouvaient comprendre, bien avant d'être récupérées par les êtres qui avaient décidé de poser ces guets-apens. Et le félin rayé allait avoir le triste privilège de goûter à l'un de ces traitements.


Heureux, il avançait doucement et faisait attention au moindre mouvement des potentielles proies. Ses sens aiguisés le guidaient dans cet environnement hostile, et loin des autres concurrents, il était aux aguets. Aussi, lorsqu'un buisson frémit il alla dedans, bon gré mal gré.
Là, la chance décida de l'abandonner, car son destin fut confié au hasard.
Le hasard eut pu décider de le laisser sain et sauf, de choisir entre un collet et un piège à mâchoires. Cependant, l'aléatoire fit que cette dernière possibilité fut rencontrée, et le chasseur n'aperçut le piège qui se refermait sur lui, broyant sa patte, qu'après avoir subi son effet.

Affreusement, l'afflux du sang fut coupé en dessous de la zone de morsure, et la douleur éveillée dans la patte réduite en charpie se fit vite insoutenable. Il était impossible de s'en extraire sous cette forme, tout comme il fut impossible de retenir le cri de douleur qui sortit dans un rugissement d'agonie, vite transmuté en violent grondement de colère.

Ne put se retenir un loup en entendant ce cri, prisonnier d'une fosse. Il hurla à son tour, mais ce bruit demeurait cependant faible comme tout, comme si l'animal était épuisé.

Ce n'était pas tout : dans un moment de lucidité, à travers les larmes de douleur qui brouillaient sa vue, il aperçut un cerf pris dans un gros collet, dont le brame fit écho à leurs cris de désespoir.

Et d'autres cris se firent jour, mais ils étaient de joie. Et l'odeur de sueur et de fer accompagnait leurs émetteurs, six bandits qui avaient décidé ensemble de récupérer leurs proies avant d'aller sur une route guetter quelques voyageurs isolés. Certains avaient des arcs, d'autres des lames, et il fallait reconnaître qu'ils savaient au moins entretenir leur équipement.
D'ici une minute ils seraient là.


[Francis a reçu quelques instructions par messagerie, mais il est libre de faire ce qu'il désire dans certaines proportions, et dispose d'un temps semblable à celui de Christyän dans le jeu.]
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MessageSujet: Re: Une chasse pour un festin [Event 1, Épreuve de la Chasse]   Mar 8 Juil - 12:46

Voilà que je n'avais encore capturé aucune créature. C'était frustrant, bien frustrant. Je n’étais pas habitués aux forêts. J'étais habitué aux montagnes, et au plaines enneigés, un lieu où il y avait plein d'espace, où l'on pouvait voir les proies de très loin. C'était un grand défis pour un chasseur comme moi d'avoir vécu dans un tel lieu, et pourtant, j'ai survécu.

J'ai cru que les lieux restreints, les nombreuses cachette m'allaient être profitable, mais elle l'étaient autant pour moi qu'elle ne l'étaient pour les proies différentes qui se trouvaient dans la forêt. Il fallait pourtant que je trouve un animal avant la fin de la chasse. Hors de question de rentrer bredouille.

C'est ainsi que je continuais mes recherches dans cet endroit qui ne m'étais pas familier. On ne pouvait pas me dire que j'étais rouillé, au contraire. Je n'étais resté à l'académie que trop peu de temps pour me sentir réellement régresser. Il faudrait que je profite de mes temps libre pour voir si il y avait quelque chose d'intéressant à capturer dans le petit-bois de l'académie, ne serais-ce que pour éviter de perdre la main.

Je fut soudainement avertis de la présence de quelque chose dans un buisson. Lapin ? Rongeur ? Autre chose ? Charger sur un animal sans avoir assez d'information me mettais mal à l'aise. Je me souvins ensuite que la chasse n'allais pas durer éternellement, et que si je cherchais trop longtemps une proie digne de ce nom, j'allais rentrer sans rien avec moi. Il fallait mieux capturer un animal, peu importe sa taille, enterrer la carcasse, et la reprendre en guise de proie de secours au cas où rien de plus intéressant ne s'étais trouvé dans mon chemin.

C'était donc avec risque, mais nécessité, que je commençait à me dandiner, regardant le buisson avec mes grands yeux. Je m'élançais rapidement à l'intérieur du buisson...Pas de chance. C'était bien un lapin, mais j'avais mal calculé mon saut. Il était plus à ma gauche, et celui-ci détala lorsque je posais mes pattes sur le sol. Je regardais le lapin courir de plus en plus vite au loin. Je n'avais qu'une seule envie, c'était de le poursuivre. Pourtant, je n'arrivais pas à bouger, comme si quelqu'un ou quelque chose m'en empêchais. Je décidais de regarder si je n'avais pas coincé ma patte dans quelque chose....

Ma patte droite était entre les crocs d'un piège un loup.

Lorsque j'eu soudainement la vision atroce de ma patte broyé, une douleur des plus horrible me vint d'un coup. Douloureux, douloureux comme rien, la pire douleur que je n'ai jamais connus. Alors que j'avais la patte dans le piège, je n'avais rien sentis du tout. J'étais resté quelque seconde entre ses crocs, et ce n'était que lorsque j'ai posé les yeux sur ma patte que toute la douleur était sortis d'un coup. C'était insupportable. Je ne pu faire autre chose que de pousser un énorme rugissement qui déchirait la tranquillité de la forêt autour de moi. D'autres animaux se rejoignirent à mon cri de douleur. Je cru entendre un loup, plus loin, ainsi qu'un cerf. Christyän serait aussi tombé dans un piège? Je priais pour que ce soit faux, ne voulant pas savoir que l'autre chasseur souffrait autant que je souffrais maintenant. Il y avait des chances pour que ça ne soit pas lui, cela dit: il ne devait pas être le seul loup de la forêt. Autant de pièges, réunis dans une seule zone...je n'avais pas du m'écarter assez du camp des humains que j'avais vu il y avait quelque instants.

Comme pour me donner raison, à la mélodieuse chanson que poussait les trois animaux blessés se joignirent des cris de joie. Les humains...ils arrivaient par ici. Il pourraient me confondre avec un vrai animal, me tuer, me dépecer, vendre ma peau ou en faire même des habits, alors qu'ils utiliseraient ma chair en guise de nourriture.

Le loup avait arrêté de crier. Les humains s'en étaient occupés.

Non..nonononononon...je devais trouver une issue. Mais comment je pouvais avoir les idées claires avec la souffrance que j'endurais? C'était presque impossible de pouvoir réfléchir avec cette patte dans le piège. Je les sentais venir, je sentais leur horrible odeur à travers celle de mon sang. Il fallait que je me calme, ne pas paniquer, ne pas paniquer, ne pas paniquer....respirer, souffler. Je ne pouvais rien faire dans ma forme animale. Je ne voyais pas de moyens de me libérer de ça avec une sorte de bouton, de petite plaque ou chose permettant de le presser pour se libérer. Peut-être qu'il fallait utiliser la force brute et tenter de l'ouvrir. C'était la solution la plus dure, mais je ne pouvais pas rester autant de temps coincé ici.

Le cerf avait arrêté de crier. Le humains s'en étaient occupé.

Je décidais de prendre ma forme humaine pour avoir une meilleure maniabilité. Lorsque je vis mon bras en lambeaux, sous ma forme humaine, je ne pu me retenir de vomir toutes mes tripes. L'odeur était atroce, insupportable, et celle des humains ne cessaient de devenir de plus en plus forte. Je ne devais pas perdre de temps.

Je commençait à chercher une ouverture dans les mâchoires, un endroit où je pouvais tenter de glisser les doigts pour commencer à tirer et à m'échapper de ce piège, mais rien. Plus j'attendais, plus je trouvais la douleur terrible. Je ne pouvais supporter ça plus longtemps. à un moment, je trouvais une ouverture possible. Je glissais les doigts de ma main gauche dans l'ouverture, et commença à tirer. Sentir les crocs de métal sortir de ma chair...mes plaies à l'air libre...le sang qui commençait à couler...C'était trop, beaucoup trop, énormément trop...je commençais à perdre un peu conscience. Peut-être que la douleur était trop forte pour moi. Je fermais les yeux, pris de panique, je tentais de respirer, souffler, respirer, souffler, respirer, souffler...

Le tigre avait arrêté de crier. Les humains allaient s'en occuper.

-Eh, toi, debout.

Comment veut-tu qu'il se mette debout? Il a le bras dedans.

-On va devoir lui enlever ça, c'est vrais. Mais d'abord, on devrait faire un peu connaissance avec lui.

-Et lui offrir un peu de soins

-On verra ça plus tard. Il faudrait déjà voir si il est mort ou pas. ça me semble être un bon départ.

-ça ne ressemble pas vraiment à un tigre en tous cas. J'étais sûr que j'ai entendu un rugissement.

-Il n'y a pas de tigres dans la forêt, idiot. C'est un garou.

-Et comment tu le sais?

-Tu penses avoir une meilleure explication? Attend, je crois qu'il bouge.

Je commençais à reprendre mes esprits. Mon regard tomba sur deux individus. Ils portaient des armures de cuir et transpiraient affreusement en dessous, à un tel point que j'avais du mal à tolérer leur odeur. Tandis que l'un regardait les coins et recoins autour de lui, l'autre était agenouillé près de moi, m'examinant.

-Salut toi. désolé pour le piège à loup, on s'attendait pas à ce que tu tombes dessus.

Je commençais à me relever un peu, mais je fut entravé par le piège à loup, et je retombais par terre à cause de la douleur.

-Eh, ne force pas trop la-dessus. Attend.

L'humain commença à tirer fortement des deux cotés, et je fus libéré en deux temps trois mouvement de ces mâchoires de fer. En poussant un cri de douleur, je retirais ma main, et tombais sur le dos, essoufflé.

-Ho là, une minute, c'est pas le moment de se reposer.

Avant que je ne puisse dire quelque chose, l'humains me pris par l'épaule et commença à me soulever. Etant légèrement déboussolé, je titubais jusqu'à pouvoir prendre appuis sur un arbre avec mon bras valide. à ce moment là, je commençais à fixer les deux individus. Je ne pouvais rien dire, je ne savais pas quoi dire. Ils allaient me tuer? Me capturer? Me faire quoi? Je commençais à prendre peur.

-Aimes-tu le Roi?

Quoi? Comment ça, j'aimais le roi? Je ne savais même pas qui était le roi dans cet endroit. Je n'ai jamais pensé que quelqu'un qui portait une couronne et qui vivait dans un château, passant ses journées assis sur une chaise pouvait avoir une quelconque autorité sur moi. Je n'ai pas de roi, pas de maîtres.

-Je...je sais pas. Je suis du coté de personne.Arrivais-je à dire d'une voix fébrile.

-Un simple ermite, sans doûte, répondit l'autre individu à son..."collègue".Il doit bien se moquer de toute cette histoire.

Je ne voulais pas rester ici longtemps. Ils m'inquiétaient, et en plus j'étais blessé. Il fallait que je rejoingne mon point de départ et demander des soins. Aussi, sans faire attention aux deux chasseurs, je commençais à faire demi-tour.

-Où vas-tu comme ça?

Je fut pris par le col de ma chemise de toile, et je tombais sur le sol. Ce piège à loup m'avait pris toute ma force. Je tentais de me relever, quand je fut à nouveau pris par le même individus, qui sortit un couteau avant de présenter la pointe à mon cou.

-Nous avons besoin d'argent pour notre cause, donc toute aide est la bienvenue, et bien que tu me sembles être un peu démunis, tu possèdes des affaires bien intéressantes.

à peine j'ai eu le temps de répondre, que le couteau arriva près de mon torse, et il coupa un fil...le...le fil de mon améthyste. Voilà mon passé, mon objet, ma sécurité, ma force entre ses mains. Vivement, je jetais ma main valide pour tenter de la reprendre, quand il arrêta ma main en plain vol.

-Voilà qui fera aussi l'affaire

L'humain commença à retirer la bague de mon doigt. La bague de mon gardien. Oh non.

-Merci bien, et bonne chance pour ta blessure.

Non, non non.

Il commençait à partir, avec les deux choses les plus précieuses que j'avais au monde, et je restais là, fixe, sans bouger, les yeux écarquillés. Je...je ne pouvais pas le rejoindre. Ma blessure faisait trop mal pour que je puisse agir rapidement. Je me retrouvais là, impuissant. L'autre chasseur regardait son amis partir, et se tourna vers moi, avec une mine un peu honteuse.

-Je...je suis désolé. ça doit être plus important pour nous que pour toi.

Je le regardais, des yeux toujours horrifiés, la bouche ouverte, avançant légèrement vers lui, bégayant.

-C-c-c'est à m-moi. C'est mon...mon-mon...

Quelques larmes commençaient à couler de ma joue, tandis que je voyais l'autre individus partir au loin. C'était...ils étaient...mon améthyste...mon gardien....ils étaient partis....on me les...les...Les avaient pris. J'étais impuissant. Comment je pouvais?....et devais-je...mais qu'auriez vous fait? Je pouvais tenter de les arrêter non? Pourquoi je ne l'ai pas fait? Mon passé, mon être a été dérobé de manière si...simple...J'eu l'impression que l'on me plantait un couteau dans le cœur. C'était si...brutal...violent. Je ne sentais presque plus la douleur de mon bras broyé, tellement j'étais touché par cet événement. En un rien de temps, de la manière la plus facile, aisée, anodine, j'avais perdus tout ce que j'aimais...et cet....cet enfoiré est partis avec, avec mes biens, sans ce soucier de quoi que ce soit. Je...je devais récupérer mes affaires, récupérer....non...il fallait....la blessure au bras...il fallait la soigner, c'était la meilleure chose à faire. Ne te laisse pas aller par les émotions, Francis, ne te laisses pas aller, ou tu vas mourir, et tu n'auras plus aucune chance de les retrouver. Je sais que tu pleures, mais tu dois être fort...

Voilà un certain temps que j'errais dans la nature, la main sur ma blessure, marchant comme un cadavre ambulant...Je ne devais plus être très loin de...l'endroit où il fallait retrouver les autres. Je sentais déjà la présence de certaines personnes. Je commençais à courir vers la direction des odeurs, qui étaient de plus en plus fortes. Mon bras recommençait à faire tellement mal. Je n'allais plus tenir, je ne pouvais plus supporter tout ça. Je, je devais...tenir....le coup....

Je tombais par terre, reperdant à nouveau conscience.
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MessageSujet: Re: Une chasse pour un festin [Event 1, Épreuve de la Chasse]   Jeu 10 Juil - 16:47

Avertissement:
 

Une activité des plus ennuyantes, voilà ce que représentait ce festival pour moi. Maîtresse Numen m'avait dit, et je cite, que ce tournoi serait un événement qui marquerait le monde et que par conséquent, l'Abysse devait y être présente. C'est donc dans l'espoir de faire quelque chose d'important et surtout d'amusant que je fis le voyage jusqu'à Edälis.

Bien mal m'en a pris. Arrivé, mes seules directives furent "Fais toi discret, ne fais rien capoter et aussi, trouve un moyen d'infiltrer l'Académie". Génial ... De l'infiltration, comme si je n'avais pas assez passé de temps dans l'ombre. Franchement, à quoi ça servait que j'aille à un festival si je ne pouvais même pas en profiter. La vie est chiante. Enfin la vie ... juste une façon de parler.

Bref, passons les détails inutiles, je me déplaçais dans l'ombre des stands, volant de la nourriture de ci de là. La nourriture  est une grande invention de votre part les mortels, peut être même la meilleure. Pas forcément utile mais terriblement délicieuse. On a rien qui ressemble à ça dans l'Abysse vous savez, il faudra que j'en parle à Maîtresse Numen d'ailleurs. Pourquoi on a des bouches si on a pas besoin de manger ? Enfin bref arrêtez de me faire divaguer. J'en étais où ? Ah oui, je parcourais les ombres quand j'ai entendu une gros bonhomme bourré qui disait qu'il allait chasser durant une épreuve et que, de ce qu'il avait entendu, des élèves de l'Académie allaient y participer.

Jackpot ! J'allais pouvoir voir des animaux souffrir, peut être même des chasseurs si ils étaient tous dans l'état de Grosse Bedaine. Ah oui et en plus, je pourrais peut être me faufiler dans l'ombre d'un élève. Enfin ça c’était pas le but de ma mission. A moins que ... peu importe c'est pas important.

Je me suis donc associé à l'ombre de notre alcoolique anonyme et ai attendu qu'il parte pour l'épreuve. J'ai attendu, attendu, attendu. Sérieusement, ça m'a paru une éternité, j'avais même peur que cette outre à vin oublie d'y aller. Heureusement, à un moment, il s'est enfin décidé d'arrêter de boire et est parti vers le lieu de rendez-vous. Vous auriez du le voir marcher, avec son ventre qui sautait à chaque pas, j'avais de la peine pour son ombre.

Il était arrivé, s'était équipé de son armure légère et avait déjà plus fier allure malgré son visage d'ivrogne. Un éclair de génie devait l'avoir pris puisqu'il décida de mettre un petit heaume en cuir qui cachait en partie son visage. Riche idée mon ami. Prendre un arc semblait cependant un peu dérisoire vu son état.

Il traversa le portail, m'emmenant avec lui dans une forêt inconnue mais la localisation m'importait peu. J'étais pas là pour admirer le paysage. Après que les chasseurs se soient séparés, il était grand temps que je dise également au revoir à Grosse Bedaine et le laisse seul dans une forêt à la merci des prédateurs.

C'était tentant mais Maîtresse Numen allait me tuer si je ne travaillait pas un minimum. J'imaginais déjà son visage en colère. Brrrr. Déjà qu'elle a pas l'air commode d'habitude, valait mieux pas en rajouter. J'ai donc commencer à errer dans la forêt à la recherche d'un élève ou tout autre chose étant digne d’intérêt.

Ouais ... clairement la forêt ça craignait à mort. Rien à faire, tout les animaux m'évitaient comme la peste. Tchhh. Je savais bien que j'aurai jamais du venir dans un coin pareil. Enfin ça c'est que je me suis dis avant que j'entende des animaux en train d'hurler. A toute vitesse, je me déplaçais pour aller admirer le spectacle.

C'est alors que j'entendis des voix. Deux brigands apparemment au vu de leur habits, je me décidais de les suivre discrètement. Un loup pris dans un piège destiné spécifiquement à sa race. Ils mirent rapidement fin à ses souffrances. Ils ne savent rien savourer ces humains. Ils se dirigèrent ensuite vers un deuxième piège. Un cerf qu'ils tuèrent également trop rapidement à mon goût.

Il y avait un troisième animal. Je me demandais ce que ça pouvait être. Arrivé, je fut aussi surpris que les deux guignols que je suivais. Un être humain, moi qui me semblait avoir entendu un cri d'anim ... Là vous pouvez pas le voir mais y a eu un beau sourire qui s'était affiché sur mon visage. Un garou ! C'était un garou ! Qui dit garou voulait forcément dire élève de l'Académie.

Je me préparais au cas où les deux hommes attendent à sa vie. il était beaucoup trop précieux pour qu'ils l’abîment. Enfin plutôt, pour qu'ils l’abîment davantage. Les deux individus se contentèrent de libérer ma proie et de le dépouiller de ses deux seuls biens : une améthyste et une bague qui semblait abriter de la magie à première vue.

Ce faisant, ils le laissèrent là, en train de se vider de son sang. Le pauvre garçon était en train de pleurer et avait le bras déchiqueté. Cette journée était décidément parfaite. J'étais tellement heureux que je n'avais presque pas fait attention au jeune garou qui se levait et commençait à marcher en direction du lieu du rendez-vous.

Il était tellement dans les vapes qu'il ne se rendit même pas compte que je le suivais et que je m'étais incorporé dans son ombre. Le plan était parfait. Enfin ... ÉTAIT. Il fallait que cet imbécile perde connaissance, comme ça en plein milieu de la forêt. Je sortis de son ombre et commençait à le regarder de façon dépité. Après un superbe facepalm de ma part, j'entrepris de lui faire un garrot afin qu'il ne se vide pas de son sang sur place.

Content de mon oeuvre, un plan fleurit dans mon esprit. Si j'allais récupéré les objets de ce pauvre hère, il me devrait une dette supplémentaire. Après tout, je venais déjà de lui sauver la vie ou en tout cas, de la rallonger un petit peu, il avait pas intérêt à être ingrat.

Numen m'a moi comme subordonné, tu seras le mien, petit garou. Que tu le veuilles ou non. Cette pensée me parcourant l'esprit, j'entamais alors de réveiller le garou allongé par terre. Une claque, deux, trois ... rien à faire. Il ne se réveillait pas. Voyant mes rêves d'asservissement se briser devant mes yeux, j'entrepris de relever le jeune garçon en l’empoignant rageusement par le col de sa chemise et commençait à le secouer.

- Tu vas pas me faire ça, criais-je, me claquer entre les doigts alors que j'étais si près du but. Tu l'as fait exprès enfoiré, avoue!

Je jure que si je pouvais pleurer ou ressentir de la tristesse, j'aurai fondu en larmes à ce moment là. Le fait est que notre ami le garou s'était décidé à ouvrir les yeux. Il était franchement pâle et avait l'air déboussolé. le fait que je l'ai lâché et qu'il se soit de nouveau vautré par terre, n'a pas du aider je suppose. Il poussa d'ailleurs un cri des plus audibles en tombant sur son bras.

J'entamais alors la conversation.

- Tu comprends ce que je dis ?

Pas de réponse mais ses yeux étaient rivés sur moi. Nouvel essai.

- Sérieusement ? Capable de crier mais pas de parler ? Bon tu clignes les yeux une fois pour oui, deux fois pour non et trois fois pour pastèque. Est .. ce .. que .. tu .. comprends .. ce .. que .. je .. dis ?

Il cligna des yeux une fois.

- Bien bien bien bien bien. Déjà j'espère que tu es reconnaissant. Je t'ai empêché de te vider de ton sang. D'ailleurs, tu ne dois pas être très malin, j'ai même pas de sang et je sais comment faire un garrot. Enfin bref. En remboursement de ta dette ...

Un sourire apparut sur mon visage. Les rouages de mon plan étaient en marche.

- Tu vas m'emmener avec toi sur l'île de l'Académie. Discrètement bien sur et pas un seul mot à qui que ce soit. Mes raisons ne te concernent évidemment pas. Mais, pour te prouver ma bonne foi, je vais te faire une faveur supplémentaire. Je vais récupérer les bijoux que t'ont volé ces bandits. Tu n'aurais pas oublié ?

Au vu des larmes du garou rien qu'à la mention de l’événement, non.

- Alors, l'échange est-il équitable à ton goût ? marché conclu ?

Le jeune homme, toujours en pleurs, cligna des yeux une fois, montrant signe qu'il agréait à cette accord avec le diable. Le pauvre ne savait pas ce qu'il venait de faire. Avant même que je ne puisse rajouter autre chose, de la compagnie arriva à la rescousse sous la forme d'un loup. Celui ci entreprit de m'attaquer et j'esquivais aisément. Je ne devais pas m'en faire apparemment, mon nouvel associé ne semblait pas apeuré et le loup voulait le protéger. un camarade à lui certainement. Je me contentais d'un sourire et d'un Wouf amusé alors que je disparaissais dans les ombres.

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MessageSujet: Re: Une chasse pour un festin [Event 1, Épreuve de la Chasse]   Jeu 17 Juil - 5:25

Christyän s'était reposé quelques minutes, observant les autres chasseurs ramener leurs prises, puis était reparti dans la forêt. Après tout, il s'agissait de son lieu de vie depuis des années, et il ne rechignait jamais à aller faire un tour sous les feuillages.

Il se promenait déjà depuis quelques minutes, le loup heureux de retrouver son habitat naturel, lorsqu'un hurlement de douleur retentit, faisant s'envoler quelques oiseaux perchés sur les branches au-dessus de lui.
C'était un cri humain, se rendit-il compte. En alerte, il se précipita dans la direction de l'origine nu cri, ses quatre pattes frappant le sol avec force et agilité.

Si un chasseur s'était retrouvé en prise avec un animal plus gros que lui, il n'était pas étonnant qu'il se retrouve blessé ! Lui-même, pourtant bon chasseur, avait été blessé face à des créatures globalement de sa taille.
Il retint une grimace lorsque l'effort de la course tira sur sa plaie à l'épaule, à peine coagulée.

Mais quelques dizaines de mètres plus loin à peine, une odeur âcre le prit à la gorge, et il reconnu celle du sang.
Celui qui avait crié était invariablement blessé.

Sa patte se posa sur un liquide visqueux, et il se rendit compte que la crieur avait dû se déplacer, car une véritable piste en gouttes de sang s’étendait sur plusieurs dizaines de mètres devant lui.
Le sang semblait chaud et familier, et – …

Et il le connaissait ! Il connaissait cette odeur ! C'était celle de Francis !

Il s'élança de nouveau, suivant la piste, avant d'apercevoir une peau claire entre les troncs d'arbres. Le jeune-homme semblait effondré à terre, les yeux relevés au-dessus de lui.
Était-il accompagné ? Son assaillant était-il toujours là ?

« … est-il équitable à ton goût ? Marché conclu ? » entendit-il alors, et il fut certain que Francis n'était pas seul.

Il débarqua brusquement face à son ami et à une créature étrange : être ressemblant très vaguement à un humanoïde violet avec des cornes sur la tête et deux immenses yeux brillants d'un bleu turquoise.
Un seul coup d’œil lui suffit pour comprendre que ce n'était pas une créature bienfaisante. Une noirceur invisible l'entourait, comme une épaisse fumée étouffante mais dissoute dans l'air … La sensation désagréable lui rappela un instant quelque chose, comme un souvenir inquiétant qui lui laissa des frisson dans tout le corps.

Ne réfléchissant pas davantage, Chris se jeta sur la créature, souhaitant à tous prix l'éloigner de son ami. Mais l'être esquiva, lui offrit un grand sourire dépourvu de joie, dévoilant des dents acérées comme des crocs, puis sembla se dissoudre dans l'ombre de Francis.
Il poussa un dernier grognement, avant de se retourner vers son ami et de se précipiter à ses côtés.

Reprenant sa forme humaine, il remarqua son bras déchiqueté et le sang qui, étrangement arrêté par un garrot, ne coulait plus que par petites gouttes.
Le teint cireux et les yeux lourds du garou n'étaient cependant pas un signe de bonne santé…

« EH ! Francis ! » s'exclama-t-il en lui secouant doucement la tête pour attirer son attention. « Oh, regarde-moi. REGARDE-MOI, J'AI DIS ! » cria-t-il en voyant que le regard du tigre-garou semblait se vitrer à mesure qu'il tombait dans l'inconscience.

Une secousse de plus réveilla le jeune homme pour de bon.

« Garde les yeux sur moi, d'accord ? Je vais te sortir de là. Et surtout, ne ferme pas les yeux. »

Il invoqua rapidement son gardien, et le petit écureuil apparu à ses côtés.

« Assure-toi qu'il reste éveillé, Saùl, » confia le loup-garou à son Gardien, qui s'empressa se grimper sur le torse du blessé et de lui prendre les joues entre ses petites pattes, lui donnant de petites tapes irrégulières pour attirer son attention.

Christyän se concentra, posa la main au sol et appela à lui la magie de la Terre. Il était déjà parvenu à faire pousser cette liane aux propriétés cicatrisantes plus tôt dans la journée ; il pouvait sans aucun doute recommencer.

Gardant les yeux rivés sur ceux de son ami pour ne pas perdre son attention, il puisa en lui pour atteindre la magie de la Terre, et tira légèrement sur le fil invisible qu'il utilisait toujours pour concentrer son pouvoir. L'instant d'après, la plante dont il avait besoin commença à pousser sous sa main, s'enroulant autour de son poignet.
Il arracha cinq feuilles et les mâcha énergiquement, en faisant une pâte plus large que celle dont il s'était lui-même servi.

Il vit les paupières de Francis se fermer doucement alors que des gouttes de sang suintaient encore de sa blessure malgré le garrot.

// Il faut qu'il reste éveillé ! //

« Francis ! » le rappela-t-il, et le garçon ouvrit difficilement les yeux à l'appel de son nom. « Je vais mettre cette pâte sur ton bras. Ça ne sera pas du tout agréable, et ça risque même de faire très mal vu l'étendue des déchirures, mais ça t'aidera à cicatriser, et ça limitera l'écoulement de sang, okay ? »

Le tigre-garou ne répondit pas, mais Chris vit sa tête acquiescer faiblement, avant de retomber sur le côté, appuyant sur son épaule. Saùl redonna quelques tapes sur les joues du garçon, paniqué, mais sans succès.

// Bon. Ça, au moins, ça devrait le réveiller, // pensa-t-il avec une grimace.

Il remonta légèrement le garrot et appliqua directement la pâte sur la blessure. Le jus pénétra les tissus abîmés, et Chris pu voir l'exacte moment où l'information douloureuse percuta le cerveau endolori de Francis. Celui-ci écarquilla soudain les yeux, et tout son corps eut un sursaut de douleur.

« Ça va aller. Ça veut dire que ça marche. Concentre-toi sur ma voix, et respire profondément. »

Il lui fallait continuer de parler s'il voulait le garder éveillé. Il posa de nouveau la main sur le sol, et invoqua une nouvelle plante afin de faire un rapide pansement au jeune homme.

« Francis ? Écoute-moi. Concentre-toi sur ma voix, et respire profondément. Je vais enrouler ton bras dans des feuilles, d'accord ? » lui dit-il en appliquant ses paroles, enroulant le bras du garou dans deux grandes feuilles de salsepareille.

« Attention, je vais serrer, et ça va sans doute faire mal. Serre les dents. »

Il se servit une nouvelle fois de la liane restante pour attacher le bandage de fortune, et serra lui-même les dents lorsque Francis laissa échapper un gémissement de douleur.

« Eh, ça va aller. C'est bientôt fini. Écoute-moi bien : je vais t'attacher à moi et te hisser sur mon dos d'accord ? Comme ça tu ne risqueras pas de tomber même si tu perds connaissance. Ensuite, je vais reprendre ma forme animale, et on regagnera le portail le plus vite possible. Essaie de rester éveiller. »

Il s'exécuta, enserrant le torse du garçon avec le reste des lianes, avant de les passer par-dessus sa propre tête et autour de son torse. S'accroupissant à ses côtés, il hissa ensuite le corps épuisé de Francis sur son dos, avant de reprendre sa forme lupine.

Les lianes semblèrent se resserrer autour de son ventre, le gênant un peu, mais Francis tenait parfaitement, en étoile sur son dos, un bras et une jambe de chaque côté de son corps, la tête bien à plat sur ses omoplates. Il était légèrement plus grand et plus lourd que ce que Chris avait imaginé, mais il n'avait pas le temps de faire davantage d'arrangements.
S'ils ne se dépêchaient pas, Francis pouvait y passer.

Appelant mentalement Saùl à partir en avant et à prévenir le plus de monde possible, il s'élança au travers de la forêt, le tigre-garou sur son dos.

Après presque dix minutes de course effrénée, il sentit ses pattes fatiguer, et sa blessure à l'épaule le lancer terriblement là où la tête de Francis appuyait contre le bandage de feuilles.
Ralentissant légèrement, il s'assura d'un coup d’œil que le bras de son ami ne traînait pas sur le sol afin de ne pas le faire souffrir davantage. Il donna un coup d'épaule expérimental, mais n'obtenant pas même un grognement d'inconfort, il en déduisit que le jeune homme avait réellement perdu connaissance.

// Pas le temps de traîner ! //

Rassemblant ses forces, il puisa dans ses réserves animales et dans son instinct d'alpha, se rappelant des nuits entières qu'il avait passées à parcourir son territoire. Il ne fallait pas qu'il flanche, ou Francis risquait d'en payer le prix fort. Il finit par voir l'orée de la forêt, et il se précipita d'autant plus vers le portail.

Des elfes vinrent à leur rencontre, suivis de près par Saùl qui sautait de branches en branches dans sa direction.

Toujours sous forme de loup, Christyän trancha la liane retenant le corps de Francis d'un coup de croc, et le laissa délicatement tomber au sol sur le côté.
Un elfe ayant participé à la chasse s'empressa de lui appliquer les premiers soins, alors que Chris reprenait sa forme humaine, faisant fi des nombreux regards portés sur lui – et surtout du sursaut d'indignation de la part de plusieurs humains à sa vue.
Il s’accroupit à côté de son ami.

« Je l'ai trouvé comme ça, » dit-il à l'elfe avec empressement, tentant de se rappeler du moindre détail qui puisse aider à sauver son ami. « Ça ressemble à une blessure par piège à loup, la déchirure est large ; il a dû se débattre. »

L'elfe acquiesça, soulevant doucement le bandage provisoire et acquiesça de nouveau en voyant la pâte verdâtre recouvrant la plaie.

« Il y a autre chose. Quand je l'ai trouvé, le garrot était déjà en place. Je doute qu'il ait eu la force de le faire lui-même. »

Il déglutit difficilement, le stresse montant enfin et troublant son contrôle.

« Il y avait une créature étrange à ses côtés. Une créature qui … Qui sentait comme l'Abysse …  » finit-il par murmurer, réalisant soudain l'implication que cela entraînait.

Mais l'elfe ne l'avait pas écouté, terminant les premiers soins et commençant à transporter le corps de Francis vers le portail avec l'aide d'autres personnes.

Christyän soupira, soulagé de voir son ami entre des mains capables de le soigner. Il se releva, s'apprêtant à les suivre, quand il croisa le regard choqué et presque dédaigneux d'un chasseur humain.

« Sale sauvage … C'est honteux, » souffla-t-il dans sa moustache en regardant l'élève de la Terre de haut en bas.

Mais Chris, avec son ouïe de loup, l'avait parfaitement entendu. Il cru un instant que l'homme parlait de sa nature de garou, s’apprêtant à laisser tomber, avant de remarquer un détail dans son regard. Il baissa les yeux sur son propre corps, avant de comprendre la remarque du chasseur.

La colère monta doucement en lui, et il fit quelques pas en direction de l'homme, jusqu'à se trouver debout face à lui. Sa forme humaine le laissait entièrement dévêtu, à l'exception du bracelet en cuir à son poignet et de la bague à son doigt.

« Si ma nudité vous rend mal à l'aise, messire, j'en suis désolé, » dit-il d'un ton froid et claquant, « mais il me semble que l'urgence de la situation ne me permettait pas de prendre le temps de me vêtir avant de me présenter devant vous. »

Il lui tourna le dos, se dirigeant vers l'orée de la forêt où il savait que ses possessions se trouvaient encore dans le creux de la branche où il les avait déposés.

« Si la vue d'un corps bien vivant vous déplaît plus que la vue d'un être mourant, je vous conseille fortement d'éviter la compagnie de vos semblables. Car c'est eux qui devraient avoir honte de vous, » lança-t-il par-dessus son épaule, Saùl trônant sur la seconde et offrant une grimace à l'homme.

Sans perdre un instant, Chris reprit sa forme lupine et chercha la cachette de ses vêtements et de son arme. Il la retrouva bien vite à la marque olfactive qu'il y avait laissée. Retrouvant son apparence humaine, il s'habilla, reprit son arme et ses affaires, avant de regagner le portail.

À quelques mètres de l'orée de la forêt, une petite pile de vêtements trônait sur le sol, laissée à l'abandon par Francis lorsqu'il s'était élancé vers les bois, plusieurs heures plus tôt, au début de la chasse. Il se pencha et ramassa les morceaux de tissu, prenant garde à ne rien laisser derrière.

Sans tenir compte de ce qui advenait de ses trois prises de chasse, il lança un dernier regard vers la forêt, se demandant une fois de plus qui avait bien pu être cette créature qu'il avait trouvée près de Francis.

// Il faudra que j'en parle au directeur, si elle sentait l'Abysse … //

Il ferma un instant les yeux, puis franchit le portail.

Il pourrait le faire plus tard. Pour l'instant, ce qui importait, c'était l'état de santé de Francis, sans doute transporté à l'infirmerie du camp du festival d'Edälis.

Edit de Chris :
 

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« Je te retrouverai. Je te le promets, Raän. »

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Une chasse pour un festin [Event 1, Épreuve de la Chasse]

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