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 Découvertes sur l'abysse et sortie d'un coma [Cours d'Ombre 2, 1ères années]

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MessageSujet: Découvertes sur l'abysse et sortie d'un coma [Cours d'Ombre 2, 1ères années]   Sam 5 Juil - 18:45

- Vous êtes totalement dingue !

Il était rare de voir le vieil homme aussi énervé, il en ressortait même quelque chose d'effrayant, sans doute a cause de son lien avec l'ombre. Myrddin avait convoqué Shitennô quelques minutes avant son cours, afin d'avoir un compte rendu de ce qu'il avait découvert sur l'Abysse et aussi pour lui faire la morale après son action presque suicidaire. Il y a quelques jours, se tenait le festival de la réconciliation, événement qui devait réunir toutes les races dans une ambiance festive et divertir les étudiants et membres du bas peuple par la même occasion. L'une des activités de cette rencontre avait été un labyrinthe créé de toute pièce par le directeur, lieu où les élèves devaient prouver leur valeur aux yeux des dirigeants de tout le royaume d'Edälia. Cependant, ce simple petit « défi » s'était soldé en fiasco et avait totalement dégénéré. L'Abysse avait fait son apparition, sous le commandement de Numen Silrul, fille des sages de l'esprit et de la terre et ancienne garde elfique. Un portail s'était créé, menaçant d'avaler tout Edälis, un sort plus funeste que lors de la destruction de la première académie. Numen, connue aussi sous son titre de héraut de l'abysse avait parfaitement calculé son coup et avait neutralisé le surveillant des épreuves, ainsi que Shitennô, forçant les élèves à se débrouiller par leurs propres moyens. Le Célestin s'était en effet interposé au dernier moment entre une puissante attaque abyssale et les étudiants, absorbant avec son pouvoir et son propre corps, tous les dommages de l'attaque. Il avait ensuite perdu connaissance et avait passé plusieurs jours a être soigné, à la fois par Myrddin, Theyne et par la prêtresse lunaire en personne. Bien que sans cet acte totalement insensé, les élèves seraient tous morts ou pire et la capitale ferait à présent partie de cet horrible entité, le directeur avait craint le pire, Shitennô était vraiment passé à deux doigts d'une mort certaine. Il était actuellement la seule personne a pouvoir combattre l'Abysse et surtout l'un des professeurs les plus proches du vieil homme, ce qui lui valait donc le privilège de se recevoir un magnifique savon d'entrée de jeu, juste après son réveil.

- Mais moi aussi je suis content de vous revoir monsieur.
- Vous auriez pu mourir, être corrompu ou tout autre sort tout aussi funeste !
- Pensez vous ! A la place j'ai gagné quelques jours de congé, ce n'est pas plus mal.
- Vous...Qu'avez vous appris jusqu'à présent ?


Impossible de dire quoi que ce soit, le Célestin aurait toujours le dernier mot et de préférence dans une optique totalement burlesque. Soupirant, le directeur se rapprocha du professeur et retira le bandage noir de sa main gauche, afin d'en placer un autre qui respirait la perfection, le blanc lunaire nécessaire à la survie de ce fichu clown. Ceci étant fait, il se dirigea vers une étagère et sortit une bouteille blanche, ainsi que deux verres en cristal. Non, il ne s'agissait pas d'une potion ou toute autre mixture magique, mais bien d'un alcool extrêmement rare, venant de fruits que l'on ne trouvait que sur l'île d'Halda. Il ne donnait pas spécialement confiance, vu sa nature argentée, mais l'odeur était beaucoup trop alléchante pour refuser un tel nectar, sans compter le fait que Shitennô voulait limiter les dégâts avec le vieil homme.

- Lorsque vous m'avez demandé d'accepter ce fragment dans mon propre corps, je ne pensais pas arriver à quoi que ce soit pour être honnête. Cependant, je vois ce poison qui coule dans mes veines comme une partie d'un gigantesque corps, donc votre idée n'était pas si mauvaise en fin de compte. Cette substance qu'utilise également Numen semble venir d'un endroit précis de l'Abysse, un bassin visiblement vu mes visions fort peu sympathiques. Je ne peux trouver de remède comme si c'était un simple poison et notre cher collègue alchimiste ne le pourra pas non plus. Il ne s'agit pas d'une substance qui suit des règles conventionnelles, elle dort en réalité et s'active véritablement lorsque ce qui dirige l'Abysse, appelons la « volonté », le demande. Il faut faire à ce moment précis un duel mentale avec cette fameuse « volonté » et croyez moi ce n'est pas une partie de plaisir. Mais je suis optimiste, si il m'est possible de ralentir la progression de cette saleté par la force de ma volonté, il serait possible aux élèves de tenir le coup si ils sont attaqués, si on leur donne les bons outils bien entendu. Malheureusement, tous ne sont pas prêts à recevoir les visions d'horreur que l'Abysse envoie régulièrement, ils perdraient sans doute la raison, même si nous avons quelques éléments prometteurs dans nos rangs.
- Et vous ? Comment faites vous pour tenir ? J'imagine que la « volonté » a contourné votre problème de ressenti.
- Exactement, elle est perfide. Mais c'est une question d’entraînement, je crois que Yesod avait prévu que ça arriverait ou du moins que ce genre de duel me serait imposé...comparé à la violence de ce qu'il m'a fait subir, je trouverai l'Abysse presque chaleureuse, presque. J'en suis venu à une autre théorie sur cette entité, j'ai l'impression d'être fatigué beaucoup plus vite à certains moments, je suppose qu'elle tente d'accélérer la vieillissement de mon organisme.
- Comment peut elle faire une chose pareille ?
- Elle peut bien faire passer un siècle en dix minutes, pourquoi pas ?
- Poursuivez.
- Je crains donc que ce ne soit fatal pour les créatures à l'espérance de vie limitée, les humains et les garous par exemple. Néanmoins, si leur volonté est suffisante, ils pourraient ralentir le processus. Mais je crois que nous avons une solution au problème, pas à grande échelle certes, mais c'est un début. L'abysse se nourrit surtout de la torture des éléments et de leur folie, il ne s'agit pas que du fait de les entrechoquer, mais elle sait que les éléments vivent et donc fait tout son possible pour les torturer afin de les déformer et de les rendre fous. Il se peut même que ce soit le désespoir des éléments de Milo qui aient créé l'Abysse en fin de compte, triste fin quand on pense au personnage.
- La solution ?
- J'y arrive. Nous avons lancé nos élèves sur la voie des secrets élémentaires en leur faisant rencontrer leur pouvoir. Si la clé de la force de l'Abysse réside dans la torture de ces fameux éléments, une relation parfaitement saine entre un mage et son élément pourrait permettre de neutraliser les effets secondaires d'une attaque Abyssale. Nous arriverons même à empêcher notre élément d'être aspiré en explorant cette voie. Après, reste le problème du pouvoir brut, mais nous avons de quoi creuser, je pense. Enfin j'espère arriver à une solution avant qu'il ne soit trop tard, mais dans tous les cas, nous devrons nous en remettre à nos élèves et leur donner le maximum de connaissances nécessaires pour qu'ils puissent un jour combattre Numen, « la volonté » et leurs sbires. En parlant de connaissances, veuillez m'excuser, mais j'ai un cours à donner.
- Nous ne pouvons rien faire de plus rapide ?
- Je ne crois pas.
- Filez...et terminez votre verre !


Laissant le directeur a sa contemplation du vide, sachant parfaitement qu'il allait se torturer pendant de longues heures pour trouver le meilleur moyen d'exploiter ces nouvelles informations, Shitennô quitta le siège lunaire et se rendit à pieds, pour la première fois, dans l'espace élémentaire de l'ombre. Il avait prévenu ses élèves qu'il n'y aurait pas la moindre téléportation cette fois ci et qu'il aurait un possible retard, chose peu habituelle pour lui, mais bon, il revenait de congé après tout ! Pendant tout le trajet, il se remémora les premiers moments de l'académie, se souvenant du mur, non, de la muraille d'ombre créée par le jeune Lucien. Il le trouvait des plus intéressant, pour le simple fait que Probus lui même avait interdit tout accès aux archives concernant sa famille, ne pouvant donc pas vérifier la théorie d'un mage lui ayant légué quelques pouvoirs ténébreux. Il devrait laisser « l'autre » s'en charger, Shitennô Bachiatari ne pouvant rien faire de plus dans cette situation, surtout face à cette foutue obstination royale et son gros nez. Lucien avait joué un rôle majeur dans les événements du labyrinthe, mais il n'avait rien pu faire lorsque Numen avait attaqué. L'avantage avec le héraut de l'Abysse, était qu'il pouvait être surpris par une attaque élémentaire. Certes, l'Abysse pouvait absorber n'importe quel pouvoir élémentaire, excepté les pouvoirs dits raciaux, mais Numen n'était pas en permanence sous forme abyssale, c'était d'ailleurs son point faible. Pourquoi ne pas être toujours dans cet état ? Tout bête, elle ne pouvait pas. Aussi puissante que soit cette elfe, cette forme représentait un pouvoir, qui dit pouvoir, dit énergie et Numen n'avait pas une énergie infinie. Si Lucien ou n'importe quel élève de l'ombre jouait finement, il arriverait sans aucun doute à la blesser, il suffisait juste d'être imprévisible et surtout très rapide. Mais il ne pouvait pas le faire actuellement, un mur d'ombre, ne pouvait inquiéter le héraut de l'Abysse après tout. Il était grand temps de passer à la vitesse supérieure !

Arrivant enfin dans l'espace élémentaire, Shitennô prit comme à son habitude le temps de dresser une table, mettre quelques nouvelles petites pâtisserie, parfum framboise s'il vous plaît, de son cru, ainsi que du thé Brumien. Myrddin avait son alcool, lui son thé, la rareté était presque semblable. Une fois ceci fait, il s'assit sur la table et salua d'un geste de main à la manière d'un gamin surexcité, le reste de ses élèves qui attendaient visiblement qu'il prenne la parole.

- Bonjour à tous ! Ravi de vous revoir, désolé pour le retard, mais le directeur voulait absolument me parler, mon « congé » n'aura pas duré. Quel vieux bouc ! Bien, bien, bien et...bien ? Comment allez vous en cette splendide journée ? Ah oui, vous ne le voyez pas à cause de l'obscurité de cet endroit, mais dehors il fait beau ! Bien, je l'ai pas déjà dit ça ? Le blabla habituel, si vous avez des questions c'est le moment ! Aujourd'hui nous allons commencer les sorts offensifs, un peu en avance sur ce que j'avais prévu, mais notre...hum...profond désaccord avec une ordure aux oreilles pointues, m'a un peu forcé la main, la droite, la gauche est un peu fragile. Mais avant toute chose, je me suis procuré du thé Brumien ! Le professeur Fujiin me donnait vraiment trop envie, il parait que ça décontracte, vous en voulez ? Et n'oubliez pas de goûter à mon gâteau aux framboises, vous m'en direz des nouvelles. Allez ! Il y en aura pour tout le monde !

Que dire ? On change pas une équipe qui gagne ?  

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MessageSujet: Re: Découvertes sur l'abysse et sortie d'un coma [Cours d'Ombre 2, 1ères années]   Jeu 24 Juil - 20:52

Il y a deux semaines, son professeur lui avait sauvé la vie en le téléportant depuis une dimension démoniaque que pouvaient atteindre les portes de l'académie.
Aujourd'hui, cependant, Lucien savait qu'il allait devoir aller en cours par ses propres moyens. Et quel meilleur moyen pour cela qu'un vol rapide, élégant et gracieux sous une forme de rossignol ?

L'élève espérait qu'il irait mieux, et allait en fait jusqu'au lieu où les cours étaient dispensés avec une seule envie : celle d'y voir ce Célestin si excentrique qui l'avait effrayé et intrigué avoir... recours à ses excentricités habituelles ; revoir en forme cette personne étrange qui entretenait une relation fusionnelle avec son pouvoir, alors que le sien l'aidait ou le testait inlassablement, en quête de la moindre faille (et il était difficile de dire ce qu'il ferait une fois qu'il l'aurait trouvée).

Il était en tout cas indéniable que ce pouvoir l'avait bien servi récemment... il y a un peu plus d'une semaine, lors d'un certain labyrinthe. Oh, il y avait certes découvert l'obsolescence qui découle de l'apprentissage d'un seul et unique sortilège, même parfaitement maîtrisé, face à un adversaire coriace.
Et il avait également un certain nombre de question à poser sur cet ancêtre qu'il s'était découvert et avec qui il avait eu l'heur de s'entretenir bien souvent au cours de la semaine du festival. Cet ancêtre qui avait provoqué chez la dirigeante de l'ordre de Jade cette réaction si inattendue lors de leur confrontation, et qui les avait tous sauvé lors du labyrinthe. Cet ancêtre nécromant sur lequel il devrait découvrir des informations d'une seconde main, afin de mieux le connaître, en espérant qu'il le pardonne d'une telle curiosité déplacée après le service qu'il lui avait rendu.


Le rossignol se posa non loin du lieu où les cours s'étaient passés la dernière fois, et se réjouit de la vue que lui procurait une telle forme. Le plaisir de voler n'était pas en reste, et il se sentait assez euphorique en réalité ; ce sentiment d'ailleurs ne fit que se renforcer lorsqu'il fit le professeur Bachiatari dresser une table qu'il espérait aussi succulente que celle du dernier cours : il fallait dire qu'il n'avait pas trop mangé ce matin pour pouvoir mieux apprécier le repas qu'il allait hypothétiquement leur concocter. Il devrait penser un jour à demander à son professeur comment il faisait pour obtenir d'aussi bons gâteaux... et se souvint qu'il ne pourrait certainement pas en offrir à Ayla, à moins d'y verser du sang.
Une pensée impromptue lui traversa l'esprit à propos de la magie du sang et de la cuisine de mets pour vampires. Un clignement des yeux la balaya cependant plus loin dans son esprit, ne laissant que le sentiment d'être un peu dérangé de penser à de telles combinaisons.

Les plumes firent finalement place aux habits, laissant au garou une question concernant les modalités de cette transformation par rapport à celles d'autres personnes... comme de Christyän, que la rumeur décrivait comme nu après chaque métamorphose. Se pourrait-il que ce soit lié à des différences de perception, ou à autre chose ?
En tout cas, cela l'arrangeait bien, il se voyait mal arrivant nu devant son professeur pour suivre son cours ; comme il avait d'ailleurs eu de la chance que ça n'arrive pas au cours précédent, durant lequel il s'était transformé.

"Je vais certainement éviter de me transformer lors de ce cours, afin de ne pas risquer une fois de plus la mort. Je ne maîtrise malheureusement pas l'usage de la magie sous notre forme animale." pensa-t-il à ce sujet.

S'installant dans un fauteuil convenablement, il haussa légèrement un sourcil en voyant son professeur prendre place directement sur la table. Il ne put cependant s'empêcher de sourire, son moral étant porté sur la joie ne l'aidant pas à réprimer cette émotion. Le réconfort de voir celui qui avait été dans le coma exactement comme avant valait bien d'écoute cette personne parler du beau temps. Et puis, ne s'agissait-il pas d'un sujet de conversation courant entre personnes bien éduquées ?
Et puis, l'élève prit mentalement des notes : après la défense venait l'attaque, ce qui était assez logique (et l'aurait certainement aidé à être moins ridicule devant le sieur Von Mephelis) ; Numen était référencée, ce qui le fit grimacer un instant. L'idée qu'une elfe puisse servir cette abomination l'ébahissait encore. Thé brumien et gâteaux aux framboises ! allons, un peu de tenue. Lucien se servit assez prestement, mais en veillant à ne pas mettre trop d'éléments apparents de hâte dans son geste. Qui souhaite être pris pour un glouton ?

Le thé tirait parti de ses accents exotiques avec merveille, et Lucien sut en apprécier les arômes une fois qu'ils ne le surprirent plus. Il rajouta cependant un sucre au mélange afin qu'il soit plus à son goût, mais à partir de là il apprécia sans mesure le breuvage. Quant à gâteau, qui était fortement inattendu en... septembre, tout de même, il le savoura bouchée par bouchée.
Entre deux d'entre elles, il se hasarda cependant à une question.

- Avant de requérir vos lumières sur un point, je tenais à vous féliciter de ces acquisitions qui sont succulentes. Je reste cependant assez déconcerté de la présence de framboises, qui, si elles fort goûteuses, demeurent tout de même des fruits bien singuliers en septembre. Mais là n'est pas le sujet...
Je crois me souvenir vous avoir... hmm, entendu parler d'apprentissage de la nécromancie lors du labyrinthe, et je n'ai pas eu l'occasion de savoir pourquoi vous me parliez de cela. À ce propos, comment avez-vous pu me voiler la vue ?


Cette dernière question avait été posée bien plus bas, comme si elle était accessoire et qu'une réponse était non attendue devant l'importance de la phrase qui l'avait précédée. Cherchant un moyen de poser des questions sur la nécromancie, et plus précisément sur Lewis, Lucien s'était rabattu sur les souvenirs de l'avant-dernière fois où il avait vu son professeur afin que sa question ne paraisse pas trop incongrue.


Dernière édition par Lucien d'Elenor le Ven 6 Mar - 19:26, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Découvertes sur l'abysse et sortie d'un coma [Cours d'Ombre 2, 1ères années]   Jeu 5 Fév - 15:36

Souriant, le professeur d'ombre ne pu s'empêcher de s'imaginer lui parlant de son ancêtre, lui dévoilant toute sa vie, ses bonnes actions, tout comme ses crimes et lui expliquer à quel point il était un exemple pour lui. Oui, un exemple à ne pas suivre. La nécromancie était dangereuse, beaucoup trop puissante pour des créatures mortelles. Shitennô détestait se servir de ce pouvoir, pour le simple fait qu'il considérait que cela dénaturait la beauté de l'ombre, la modifiait, la torturait, la corrompait. La nécromancie était un pouvoir terrifiant, obéissant a des règles particulières, que les mages de l'ombre ne pouvaient comprendre. La nécromancie était simplement la mort, l'ombre forçait les différentes barrières imposées par la lune afin de pouvoir utiliser la nécromancie sans sacrifier l'âme des vivants ou celle des morts pour les plus doués. La mort ne craignait rien, il n'existait rien qui puisse vaincre la mort, excepté un sursis. Lewis Thaddeus d'Elenor avait sombré dans la nécromancie, mais n'en faisait pas réellement partie. Il était proche, si proche de ne faire qu'un avec elle, ayant même sacrifié toutes ces autres capacités en ombre pour pouvoir maîtriser un maximum de pouvoir dans cet art noir. Une seule chose l'empêchait d'être un être complet dans cet univers de mort : son amour.

C'était son amour pour son épouse qui l'avait poussé vers la folie, avait fait qu'il s'abandonne entièrement à la nécromancie pour la faire revenir à la vie, pourtant il savait aussi bien que Shitennô que tout cela était impossible. Il existait des sorts anciens, très puissants, pouvant retirer à la mort elle même le droit de prendre une vie pour le moment, mais nullement de faire revenir à la vie un être vivant sous sa forme d'origine. Une fois mort, nous nous transformons, nous adaptons à un nouveau plan d'existence, sauf pour certains cas et nous sommes à jamais bannis de ce monde. Lewis le savait aussi bien que l'enseignant, tous deux avaient étudiés dans le détail les différentes vies qui attendaient un être une fois trépassé. Le duc savait qu'il n'y avait qu'un moyen de la faire revenir, sacrifier un nombre d'âmes du monde des morts équivalent à la valeur de l'âme de sa défunte épouse. Cela avait déjà été tenté par le passé, mais il y avait toujours eu des complications. Le monde des morts sacrifiait volontairement l'âme de la personne que nécromanciens voulaient sauver afin de les punir pour leur arrogance ou aspirait l'âme du mage, tandis que l'âme sauvée dérivait à jamais dans un monde n'étant pas le sien...un triste sort. Lewis ne voulait pas cela, il savait qu'à moins d'avoir la puissance de mettre à genoux le monde des morts, ce qui nécessitait le fait de prendre le risque de blesser sa femme, il ne pourrait la faire revenir, il devait respecter certaines règles. Seulement, ces règles avaient été créées à cause de la différence entre le monde des morts et celui des vivants, donc l'idée folle de détruire les frontières de ces deux mondes germa dans son esprit torturé. Quelle folie, même Revan semblait plus sain d'esprit comparé à ce plan démentiel. Il l'ignorait peut être, mais un plan d'existence ne peut se fusionner avec un autre. Il y a conflit et l'un des deux est irrémédiablement détruit, voir les deux. Lewis aurait détruit toute la réaction par son projet insensé.

Aujourd'hui, Lewis avait perdu, vaincu par Fujiin et Mephiles, mais Shitennô craignait que les exploits de Lucien ne soient dû à son ancêtre. Il devrait le garder à l’œil. Toutefois, inutile de lui parler de cela pour le moment, il devait pousser un peu plus loin ses analyses, sans compter qu'il ne voulait pas mettre en danger son élève. Qui sait jusqu'où la folie de ce mage pouvait aller ? Rien ne disait qu'il ne serait pas prêt à sacrifier l'âme de Lucien pour parvenir à ses fins. Non, il valait mieux être prudent.

- En fait, maître Arda, sage de la terre, a voulu absolument prendre le relais pour m'aider à combattre l'Abysse qui semble vouloir détruire mon esprit et mon corps. Du coup, je me retrouve à subir les terribles soins de la médecine elfique. Ce que c'est ennuyant de simplement se relaxer...Mais en échange, il me fait pousser des fruits et légumes, qu'ils soient elfiques ou introuvables en cette saison. Un échange équivalent en somme. Concernant la nécromancie et bien je ne désirai pas vous montrer aussi tôt des sorts aussi dangereux et complexes. Je ne suis sensé que vous les dévoiler en cinquième année et encore, il s'agit des bases.

Se servant une tasse de thé, il ferma les yeux pour savourer le divin breuvage et continua son explication dans un sourire léger.

- Quant à votre cécité, rien de bien compliqué. J'ai simplement matérialisé une infime quantité d'ombre qui s'est infiltrée dans votre œil, puis dans votre nerf optique et qui a simplement convaincu votre cerveau que plus rien ne fonctionnait. C'est affreusement simple, voyez cela comme si votre vision était une feuille vierge et que j'ajoutais petit à petit des gouttes d'encre. Cette énergie se dissipe rapidement, j'ai juste eu à calculer une estimation du temps qu'il faudrait à votre groupe pour arriver jusqu'à maître Yesod et mettre suffisamment d'énergie pour que votre vue ne soit pas trop vite retrouvée. Naturellement, si j'avais mis trop peu d'énergie, vous auriez vite vu votre environnement, ce qui aurait empêché votre esprit de comprendre la leçon sur l'ombre offerte par mon épreuve. Mais si je m'étais trompé dans le dosage en mettant trop d'énergie, vous seriez resté aveugle. Ah l'ombre, du travail de précision.

Sautant pour se retrouver sur le sol et faisant tournoyer sa canne dans un sourire, il se rapprocha de Lucien pour le regarder droit dans les yeux.

- D'autres questions ?

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MessageSujet: Re: Découvertes sur l'abysse et sortie d'un coma [Cours d'Ombre 2, 1ères années]   Ven 6 Mar - 21:12

Lucien sourit en entendant l'anecdote. Il y avait un véritable plaisir à partager avec autrui des banalités, des recettes de cuisines connues des domestiques, et considérer l'un des émissaires de la Lune, véritable parangon de la magie de la Terre, en simple garde-malade provoquait en lui un amusement singulier, de ceux qui découlent de l'incongru. Mais derrière ce sourire, et sans qu'il s'en rendît pleinement compte, se cachait un soulagement bien réel : ainsi donc, son professeur était guéri par celui qui devait être parmi les meilleurs guérisseurs du royaume ! Voilà qui était une excellente nouvelle qui lui ôtait bien des tracas.
Puis, il cligna des yeux et son sourire se figea lorsque son professeur lui apprit qu'il ne "désirait pas lui montrer aussi tôt des sorts aussi dangereux et complexes". Quel pouvait donc bien être le rapport avec Lewis ?
Sans doute sa question n'avait-elle pas le moindre rapport avec Lewis, et cette remarque avait-elle été nourrie par ce sort de soin si douloureux. Aujourd'hui encore, il avait la vague impression que certains éléments de son anatomie avaient été bouleversés suite au labyrinthe. Mais cela pouvait très bien être un effet secondaire du liquide abyssal, si l'on acceptait l'hypothèse qu'il ne devenait pas petit à petit dérangé en présence de tant de magie.

Il est vrai que notre apprenti mage avait récemment accepté de plus en plus de choses qui lui seraient, naguère, apparues comme invraisemblables et cocasses. Partager son corps avec une identité animale et magique n'était que la première d'entre elle, la seconde étant d'appartenir à l'élément que la tradition avait peint sous les traits les plus péjoratifs possibles. Sans doute son sang y était pour beaucoup plus responsable que sa personnalité.

Lucien, voyant son professeur porter la tasse à ses lèvres, imita son geste avec une lenteur calculée. Ce geste avait été amorcé sans qu'il en eût conscience, surgi de l'esprit mimétique de l'animal social qu'était au fond de lui le comte d'Elenor. Se rapprocher de l'autre par le mouvement, lui montrer que l'on partage une expérience commune était un des usages, devenus à présent inconscients, qu'on lui avait inculqué dans sa prime enfance.
Le liquide était toujours aussi somptueux, et lorsque le sucre fondu lui parvint sur sa langue, il le goûta avec délices avant de reposer sa tasse. Son attention écarta néanmoins les informations que percevait la sensualité de son corps pour y préférer, celles autrement plus substantielles que lui prodiguaient les explications de son professeur. Qu'importait donc qu'il frustrât ses sens en ne leur accordant qu'une attention dérisoire, si cela lui permettait de comprendre ?


- À vrai dire, professeur, j'en ai effectivement, et vous remercie par avance de l'attention que vous leur accorderez. Je vous prie cependant d'attendre la fin de mes interrogations avant d'y répondre, de crainte que je ne perde le fil de ce qui me tracasse.
Je n'ai pu vous transmettre cette information auparavant de vive voix, mais lors du cours de combat, il s'est produit un phénomène qui m'a, et c'est le moins que je puisse dire, fort déconcerté. Suite à un déplorable événement que vous devez sans nul doute connaître, j'ai ressenti mon sang comme parcouru d'une vibration incontrôlable, et l'ombre criait pour être relâchée. Moi, qui perçoit le bruissement de l'herbe plus clairement que les murmures de mon autre moi-même, je percevais une litanie qui n'implorait qu'une chose : à être récitée. Je crois que l'ombre voulait fracasser la barrière de ma peau, en profitant de l'intense émotion que j'ai ressentie.
J'ai cru comprendre que l'Ombre devait me respecter, et me ferait subir des épreuves à plusieurs reprises que je devrais surmonter. Là n'est pas le problème, et je suis déterminé à lui prouver que je serai digne du pouvoir dont nous disposons. Non, ce qui m'étonne, c'est que j'ai cru m'être réfugié dans un chant de rossignol, qui tirait ses racines de compositions musicales qui me furent jadis inculquées. Si l'Ombre est le Rossignol, pourquoi donc ai-je reçu du soutien de l'un quand l'autre me tourmentait ?

Mais là n'est pas mon seul objet de curiosité. Dans quelle mesure peut-on réparer les dégâts causés par un sortilège d'Ombre ? S'il y a bien une chose tragique en ce monde, c'est l'irrémédiable. J'imagine, certes, que vous me préviendrez avant de m'apprendre tout sortilège aux conséquences durables, mais je tiens à m'en assurer ; si vous vous étiez par un grand malheur trompé, eussiez-vous pu contrecarrer ma cécité ?


Lucien reprit son souffle après avoir tant parlé et se reconcentra. Il avait longuement hésité, mais il devait savoir.
Voir la mort de Redd avait grandement déstabilisé ceux qui y avaient assisté ; tous se sentaient coupables, selon le syndrome du survivant, d'être encore de ce monde alors que lui avait rejoint l'au-delà. Nora et Francis, en particulier, lui avaient apparus affectés après le labyrinthe, lorsqu'il avait eu l'occasion de les croiser, et plus particulièrement lorsqu'il avait tendu l'oreille. Utiliser la nécromancie à l'école n'était peut-être pas une bonne chose, et ils avaient pu voir le garou être sauvé par la lune à l'issue de l'affrontement.
Mais ils n'avaient jamais pu lui dire au revoir...

- Enfin, ma dernière question est en réalité un requête. J'ai bien conscience que la nécromancie est trop dangereuse pour que je la pratique pour l'instant. Mais j'ai également conscience de la perte que constitue la mort de Redd McCloud, qui a durablement marqué les esprits lors de l'affrontement. Je me demandais donc s'il était possible que vous... dirigiez une séance de spiritisme au cours de laquelle il serait possible qu'on lui présente nos adieux. Je dois bien admettre ne pas l'avoir connu, et l'avoir sans doute méjugé ; mais il devait bien avoir des amis au sein de l'établissement, et ceux qui y ont assisté à son trépas, moi compris, souhaiteront sans doute lui souhaiter une bonne existence dans l'ailleurs.

L'apprenti magicien avait failli demander une méthode afin qu'il puisse de lui-même contacter le mort, avant de se rattraper par une demande plus raisonnable. Il demeurait néanmoins un peu amer à l'idée de cette "dangerosité" de certains sorts, et cela alors même il s'était dit prudent auparavant, sans se rendre compte du paradoxe ; en lui croissait l'impression que la nécromancie avait un potentiel phénoménal, rendu possible par la communication avec les esprits des morts : combien de secrets les tombes recelaient-elles ? Combien d'événements fantastiques les trépassés avaient-ils vécus, aujourd'hui oubliés ? Pouvait-on reconstituer la société brumienne à l'aide des témoignages des morts, et pouvait-on aller au-delà des êtres ? L'âme d'une sorte d'archéologue se réveillait en lui devant la perspective de tous les savoirs engloutis par la mort que l'on pouvait réveiller. Et pourtant, il lui fallait brider ses désirs.
Tout d'un coup, le sort d'attaque promis avait perdu de son intérêt.
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