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 Solitude et pensée sont les compagnons des sauvages errants

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Francis Dowell
Karnevriath
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MessageSujet: Solitude et remord sont les compagnons des errants   Sam 16 Aoû - 16:24

Mon améthyste...La pierre violette...Ses formes...Ses reflets...Ses contours...Le fil qui me permet de le tenir autour de mon coup...Sa consistance...sa matière...Sa flexibilité...Les sensations que j'avais lorsque mon pendentif se trouvait dans ma main...Sa couleur...Tout...J'avais l'impression que je le tenais dans ma main, que je voyais et que je sentais absolument tout, comme si...Comme si c'était réel.

Mais la vérité était que mon pendentif n'était pas avec moi, et tandis que je me rappelais soudainement de ça, l'objet que je tenais dans ma main, pure création de ma conscience, disparaissais. Ma main était vide. Je tentais de la remplir de mes souvenirs de mon objet disparu pour mieux endurer ça, mais il était toujours dur pour moi d'accepter.

Au fond, une partie de moi veux encore et toujours croire que j'ai ma bague et mon pendentif avec moi. Pourtant, je n'étais pas idiot, je savais pertinemment que je ne les avais plus, mais...je continuais de toucher la base de mon index avec mon pouce de manière machinale, et d'attraper le vide près de mon torse avec ma main, là où devait se trouver l'améthyste. Je n'arrivais pas à accepter ça, et il fallait que je le fasse. Je devais trouver un moyen de passer ce cap, de passer à autre chose, d'arrêter d'être hanté par ça, c'était la mauvaise chose à faire. Peut-être...Peut-être qu'une ballade nocturne ne me ferait pas de mal.

J'avais réussis à me retrouver en dehors de l'académie. Pourtant, je n'avais pas été particulièrement discret, mais j'ai eu la chance de ne tomber sur aucun surveillant lorsque je pris mon itinéraire. J'avais l'habitude de m'échapper de la salle élémentaire de la terre pour aller dans le parc de l'académie. J'avais ma cachette secrète, que je rejoignais lorsque je voulais être seul, ou alors même parfois pour dormir la nuit. Seul moi et Christyän connaissions sa localisation, et ça me suffisait amplement...Mais ce soir, je voulais marcher un peu.

Mes jambes m'avaient guidé dans le petit bois. Je gardais ma forme humaine, contrairement à mes habitudes. Depuis la chasse, je n'avais plus pris à un seul instant ma forme animale. Non seulement, l'infirmier me le recommandais, car c'était mieux pour le bandage autour de mon bras, mais aussi car je n'avais ni la volonté, ni la force. Moi qui ne dépendais que de ma forme animale autrefois... Maintenant, je l'avais simplement délaissée, comme j'avais délaissé tellement de choses...Ma mère, mon ancienne maison, Jaden, mes affaires, mon humeur...Aurais-je dû mieux me battre pour ce que j'avais ? Ai-je simplement laissé à tort tout mon univers s'effondrer sans que je m'en rende compte?

Tandis que je marchais, des scénarios fusaient dans ma tête. Tous les cas de figure, toutes les choses qui m'auraient empêché de perdre mes affaires... Ne pas être sorti des sentiers battus, avoir bien vérifié le sol avant de foncer, avoir été plus prudent, ne pas avoir marché sur l'endroit exact où le piège était dans tout l'espace qu'avait la forêt, avoir pris plus de temps à se préparer, ne pas avoir eu l'idée de s'inscrire à la chasse, ni être allé au festival, ne pas avoir décidé de venir à l'académie...Tellement de choses, de détails, de circonstances, de facteurs qui m'ont amené à perdre mes seules possessions... C'était tellement impressionnant.

Je décidais, après une demi-heure de marche à l'aveuglette, de m'asseoir sur un rocher. Je devais faire en sorte de ne pas trop bouger mon bras blessé, pour éviter d'ouvrir la plaie, et je tentais d'ailleurs de faire le moins de mouvement possible. Si je n'arrivais pas à tout laisser derrière moi avec cette promenade, cela restait reposant. Il faisait assez frais ce soir et quelque brises passaient parfois à travers les arbres pour venir souffler de leur fraîcheur purificatrice le morceau de viande morte que j'étais devenu depuis un certain temps. Je minimisais mes mouvements, restais à l'infirmerie la plupart du temps, ne faisais plus d’exercice...Je pense que je me mourrais petit à petit. Ce n'était pas une bonne nouvelle du tout. Il fallait que je reste fort, que je m'entretienne un peu, mais comment? Des courses dans les bois sous ma forme féline seraient impossibles avec ma blessure, et je ne voulais pas me risquer à une course sous ma forme humaine, de peur de tomber violemment sur ma plaie et la rouvrir. Chasser aussi serait une idée bien idiote.

Cette maudite blessure. Sur l'intégralité de mon corps, cette blessure avait de grandes conséquences. Bien que j'étais plutôt ambidextre sur certains domaines, mon bras droit restait celui que j'utilisais le plus souvent, et il fallait que j'évite de porter des poids trop lourd avec, au risque encore et toujours d’abîmer la plaie qui continuait à cicatriser. ça m'énervait, m’agaçait au plus haut point. J'étais quelqu'un qui gérait très mal la frustration, et surtout l'impuissance.

L'impuissance, lorsqu'il n'y a que deux solutions: se battre ou accepter. Se battre face à quelque chose qui nous dépasse, dont nous connaissons déjà l'issue du combat qui ne sera que notre inévitable défaite devant le destin. Et il y a aussi l'acceptation. Accepter ses faiblesses, se laisser aller, avoir la lucidité de se dire "je ne peux rien y faire, je dois passer à autre chose et laisser la vie suivre son cours."

Et malgré mon caractère généralement modeste, j'avais assez de dignité pour refuser l'acceptation. Je voyais ça non pas comme une porte de sortie, mais comme une fatalité, une faiblesse. C'était simplement laisser le destin jouer avec mon corps et mon esprit. Laisser le monde se jouer de moi et de ma vie. Je ne pouvais l'accepter. Ma vie était celle d'un animal presque sauvage, et dans le monde sauvage, accepter n'était pas une option: il fallait se battre, encore et toujours pour sa survie. Se battre lorsque l'on était affamé, lorsque l'on était malade, lorsque l'on était blessé, se battre encore et encore, ne jamais se laisser aller.

Et je commençais à cogner un arbre à proximité avec mon bras gauche. J'avais de la tension qui commençait à se remplir en moi, et il fallait que je l'évacue d'une manière ou d'une autre. Je continuais à frapper l'arbre, tout d'abord avec un peu de lenteur, un peu de délicatesse, comme si une partie de moi me retenais de faire des actes de violence qui n'amèneraient pas de la satisfaction en moi. Mais plus je continuais à penser à mon impuissance, plus ma frustration s'accumulait, et plus mes coups se faisaient violents, à un moment où mon poing commençait à saigner légèrement. Je finissais avec un coup puissant, qui avait enlevé une légère partie de l'écorce de l'arbre, me plantant d'ailleurs un morceau dans la main.

Je prenais une légère inspiration, étant passé d'un stade d'enragé à un stade de mélancolie. Je me laissais tomber par terre, atterrissant sur mes fesses, puis prenant appuis sur mon dos avec un rocher derrière moi. Je levais mon bras pour pouvoir enlever le morceau d'écorce, et la petite blessure saigna un petit peu. J'arrachais le bord du bandage sur ma blessure, et l'utilisa comme tampon pour arrêter un petit peu le saignement. Quand celui-ci s'arrêta pour de bon, je laissais tomber le pansement de fortune par terre, et posa ma tête sur mes genoux repliés sur moi-même, regardant devant moi.

Je devais me calmer un petit peu, et rentrer dans mon sanctuaire. Je fermais les yeux, ne pensant à rien.
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Ayla Morg
Nandoriath
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MessageSujet: Re: Solitude et pensée sont les compagnons des sauvages errants   Ven 12 Sep - 18:16

- Serpent sans couronne attendant son éveil, cherchant l'amour ou la vengeance, la princesse deviendra reine.

Les bracelets tombèrent, sa chevelure de flamme refit surface, de même que ses yeux émeraude, elle était elle même, à l'abri du regard des importuns. Il suffisait maintenant d'une simple phrase pour qu'Ayla puisse débloquer tout son potentiel physique, se libérant de cette apparence qui n'était pas la sienne et des entraves du directeur, ne pouvant supporter autant de pression. Cette phrase, ces mots, ils parlaient de sa personne, de ce qu'elle était vraiment, de son passé et de son futur. Myrddin refusait de lui en expliquer la signification, elle devait trouver ces réponses de ses propres moyens selon lui, ce vieil homme n'était vraiment d'aucune aide au final. Fermant les yeux, elle se concentra sur chaque symbole, image, présent dans cette phrase.

Elle ne comprenait pas vraiment le serpent, les vampires sont surtout liés aux chauves souris, de temps en temps également aux loups et les humains étaient persuadés qu'ils pouvaient contrôler les rats et les insectes...mais un serpent ? Un serpent sans couronne, une allusion à un symbole connu ? Un sceau ? Un blason peut être, à moins que le serpent la représente elle...Mais que voulait dire la couronne ? Un lien avec la royauté bien entendu, mais de mémoire, les vampires n'avaient pas de famille royale, du moins elle n'en avait jamais entendue parler. Viktor ne lui répondrait pas, comme d'habitude, Akumatsuki était visiblement lié par une sorte de serment...et Myrddin refuserait de lui parler de cela. Très bien, elle irait voir Fujiin, avec le mal qu'il avait fait à sa famille adoptive, il lui devait au moins cela. L'éveil devait parler du rituel évoqué par l'Ayla originelle, lors du tournoi. Ce fameux sortilège qui fusionnerait toutes ses personnalités, afin d'en faire un être complet. Elle le savait, elle était vouée à disparaître, ce n'était qu'une question de temps. L'amour ou la vengeance...deux chemins différents pour un avenir inconnu, peut être que si on ne voulait rien lui dire, c'était par crainte d'éventuelles représailles de sa part. Ridicule, ce n'était qu'une phrase, pas une prophétie, l'avenir n'est pas gravé dans le marbre. La princesse deviendra reine ? Un lien avec la couronne disparue ? Une princesse nécessitait donc d'avoir des parents de sang royal et elle avait été adoptée. Sa mère avait sacrifié sa vie pour dissimuler son apparence et ses pouvoirs aux yeux du reste du monde, une femme que Viktor chérissait et qu'Akumatsuki adorait comme sa propre mère...une vampire que l'Abysse détestait. S'imaginer faire partie d'une famille royale imaginaire était vraiment ridicule, mais elle pouvait au moins tenter de chercher des pistes sur cette histoire de serpent et sur sa mère.

Elle était aussi persuadée que son pouvoir, Phaera, ne l'avait pas fait venir dans cet étrange monde pour rien. Être transportée par des chauves souris, puis par un dragon rouge couvert de pics, pics ayant disparus dés son arrivée. Découvrant un monde magnifique, plongé dans une semi pénombre avant d'arriver dans la salle du trône d'une gigantesque cité. Encore un symbole lié à la royauté...cela la dérangeait au plus haut point...et si tout n'était pas imaginaire au final ? Et si il existait vraiment une famille royale ? Et ce pays ? Était ce Nandoriath ? La terre d'origine des vampires ? Viktor était nostalgique à chaque fois qu'il parlait de ce lieu, un monde parfait selon lui, un monde qu'ils avaient perdus. Elle devait s'en rappeler...revoir cette vision qui...

Une odeur familière parvint à ses narines, une odeur de sang frais, du sang qu'elle avait refusée de boire il y a quelques jours, celui d'un certain garou.

- Encore blessé ?

Se retournant doucement, elle fit face à Francis Dowell, son précédent adversaire lors du tournoi du festival de la réconciliation. Phaera avait exigée sa mort, mais Ayla avait refusée de prendre la vie de son camarade, se blessant même à l’extrême pour le sauver. Elle avait finalement prit une vie lors de ce tournoi, mais ce n'était pas Francis et elle n'avait pas spécialement envie de planter ses canines dans sa chair, enfin...l'envie n'était pas aussi insupportable que lors de leur affrontement. Elle le vit blessé, autant par son poing, qui avait visiblement été frappé à maintes reprises contre un arbre, que par son attelle. Elle avait soudainement envie de se lâcher un peu, elle pouvait très bien boire du sang sans blesser quelqu'un finalement.

Se rapprochant lentement, elle se contenta de le fixer, sachant parfaitement qu'il allait être comme hypnotisé dés qu'il croiserait son regard. Elle lui prit doucement la main, puis lécha délicatement tout ce sang qui perlait. Ce genre d'attitude ne faisait pas partie des règles de savoir vivre des nobles, mais elle ne désirait pas l'être pour le moment. Elle était un vampire et lui un garou, parfois il faut se laisser aller à ses véritables instincts. Ce qui était amusant, c'était qu'elle savait pertinemment que le tigre ne trouverait rien de repoussant dans ce qu'elle venait de faire. Pourquoi ? Simplement car c'était un vampire et que cette race était basée sur deux visions bien précises : l'horreur ou la beauté. Et bien entendu, dans le cas présent, Ayla n'avait strictement rien de repoussant. Une fois ce coup de langue passé, le garou pu se surprendre à voir qu'en plus du sang, sa propre blessure avait disparue, comme si elle n'avait jamais existé. Souriant à nouveau, canines clairement dévoilée, la vampire continua de l'observer, mais avec moins d'insistance, le faisant peu à peu retrouver ses esprits.

- Je suis certaine que mes "manières" ne te choquent pas outre mesure, mais dans tous les cas...pas de gaspillage. Faisons un échange veux tu ?

Glissant son index vers ses canines, elle s'ouvrit le doigt et laissa à son tour son sang perler. Elle le dirigea ensuite en direction de Francis dans un sourire toujours aussi amusé.

- Ne fais pas ton timide, ça ne va pas te transformer, juste soigner ton autre blessure, après cela risque légèrement de te faire mal sur le coup. Mais se régénérer instantanément n'est pas sans sacrifice...et je suis certain que tu as connu des douleurs pire que ça. Qui sait, tu pourrais même aimer ça...

Le sang continuait de perler, mais plus Francis observait ce sang, plus il avait l'impression que le temps ralentissait. Chaque goutte semblait mettre une dizaines de secondes à tomber, sans compter l'odeur qui avait quelque chose de particulièrement enivrante. Pourtant Francis n'était pas un vampire...mais Ayla était loin d'être ordinaire.

~~~~


Certains voient le monde en noir
D'autres en blanc
On parle aussi de gris
Le mien est rouge...


Thème musical
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Francis Dowell
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MessageSujet: Re: Solitude et pensée sont les compagnons des sauvages errants   Lun 15 Sep - 22:52

- Pourquoi ? Bonne question, peut être suis je tombée sous ton charme animal qui sait ? Ou alors est ce car j'ai une dette envers toi depuis notre affrontement ? Je ne sais pas. La vérité me semble beaucoup plus simple pourtant...

Comment pourrait-t-elle juste avoir une dette envers moi? Je n'avais rien fais. Rien fais que tenter de tuer quelqu'un qui semblait ne jamais pouvoir mourir. En plus, il m'avait bien semblé voir qu'elle avait fait des choses étrange qui ne lui plaisaient guère, et ça devait avoir un lien avec moi. Ayla ne pouvait avoir aucune dette, ce n'était pas logique. Elle devrait même m'en vouloir non?

-Ce n'est qu'une simple impression que j'ai eu en gouttant aux délices de ton sang. Toi et moi...on se ressemble d'une certaine manière. On ignore tous les deux une part de notre passé, nous sommes gouvernés par nos instincts sauvages et ne comprenons que difficilement le monde qui nous entoure, nous oublions ce que nous désirons le plus et n'agissons que pour ne pas faire souffrir les autres. Tu es un garou, les humains ne verront en toi qu'un simple animal, je suis un vampire, je ne suis qu'un monstre assoiffé de sang à leurs yeux.

Je ne pouvais nier le fait que mes instincts prenaient souvent le relais dans mes comportements. Toutefois, cela s'atténuait un peu au fil du temps. Cela ne pourrait jamais entièrement disparaître, oui, mais j'avais gagné un petit peu en confiance dans cet étrange monde qu'était celui de l'homme. Je n'étais plus autant aux aguets. Et pour l'avis des humains sur ma partie animale, je n'y avais jamais vraiment pensé. Après tout, n'étais-je justement pas un animal? Je ne pouvais m'énerver face à ceux qui disaient que j'étais un tigre, étant donné le fait que j'en étais un. C'est comme si je traitais un humain d'humain.

Je ne savais pas vraiment ce qu'elle voulait dire en disant qu'on oubliait ce qu'on désirait le plus. Voulait-t-elle parler de mon envie d'oublier ma mère? Jaden? Mon améthyste?...Attendez...Qu'en savait-t-elle au fait? Et comment pouvait-t-elle savoir pour le fait que je ne connaissais pas mon ancienne vie et mon père? J'allais lui poser la question, mais elle continua avant que je ne puisse dire quelque chose:

-Les miens ont été créés par la lune pour incarner sa colère si sa volonté n'est pas respectée, mais surtout pour protéger ce "peuple élu" de toutes les créatures qu'ils ne pouvaient vaincre. Depuis des siècles, nous combattons les démons pour empêcher les humains de leur servir de repas, pourtant nous sommes cloîtrés dans le gouffre de la haine, comme des animaux privés de libertés, sans la moindre terre nous accueillant pour ce que nous sommes ! Je suis un cas à part parmi les vampires, un mystère dont je n'arrive pas à percer les secrets. Tout comme la lune envers le reste de mon peuple, les comtes royalistes ne m'ont laissé aucune liberté de choix. J'ai été façonnée pour être parfaite, alors que cette dernière n'est pas sensée exister. Ne jamais montrer ses faiblesses, toujours avoir le dessus, faire passer les intérêts des vampires avant tout le reste, ne pas se poser de questions...Je suis fatiguée de tout cela. On me voit comme une erreur de la nature, un monstre, une tueuse, une noble hautaine par excellence qui se fiche de tout. Je n'ai pas connu mes parents, je n'ai jamais eu le moindre choix...

Alors qu'elle avait fait une entrée en scène remarquable ce soir, voilà qu'elle se mettait à trembler et à pleurer du sang (je ne m'y ferais probablement jamais). Elle se laissa glisser au sol en s'adossant contre un arbre. Je me sentais mal pour elle, et surtout, je pense que jamais je n'avais été aussi compatissant envers quelqu'un. Après tout, moi aussi il y a quelque minutes, j'étais triste, moi aussi j'avais glissé au sol à proximité d'un rocher pour me recroqueviller un peu. J'avais juste l'impression de regarder un miroir reflétant le passé proche. Comment ne pouvais-je pas être compatissant, comprendre sa tristesse? Bien sûr, nos douleurs étaient différentes, mais le plus important est qu'il s'agissait d'une être vivante devant-elle, qui avait autant mal, voir plus que moi.

-Excepté il y a quelques jours, quand j'ai du choisir entre prendre ta vie et celle d'une personne qui le méritait. J'ai tué ce jour là, j'ai pris la vie du comte Kuran, le père même de Yuuki. Je n'étais qu'une arme à ses yeux, un objet, une personne qu'il pouvait façonner à sa guise.

Elle...M'avait sauvée? Ayla avait décidé de tuer quelqu'un à ma place. C'était...Je restais surpris, et perplexe aussi. Tellement de surprise avec elle. Tout semblait pouvoir arriver avec elle, et les révélations peuvent de faire de manière inattendue.

-J'ai plus d'un siècle Francis...je l'ai appris au labyrinthe...Ma mère est morte pour me sauver d'une guerre civile stupide, le sceau que je porte sur ma nuque a été créé par son sang, dissimulant mes pouvoirs et même ma véritable apparence, car je lui ressemble trop. Chaque comte royaliste, ainsi que quelques familles vassales, m'ont recréé des souvenirs, une personnalité, vu que tous les vingt ans...ma mémoire s'efface. Je ne suis qu'une personnalité de plus, je ne suis même pas vraiment Ayla au final...Un peu avant le tournoi, le comte Hakairyoku est venu me voir, me disant que le comte Kuran prévoyait de tuer Lucien, il a accepté d'intercepter les assassins, à condition que je GAGNE, que je ne tue personne et que je ne montre pas ma véritable apparence, tout en utilisant ma vraie force. Durant notre combat, j'étais assoiffée de sang, je te voyais saigner...j'ai donc essayé de panser tes blessures, pour ne pas te mordre et aussi pour ne pas briser ce fichu pacte qui m'aurait sans doute carbonisée.

Tout s'expliquait alors...Lorsqu'elle avait lavé le sang sur mon flanc, lorsqu'elle se retenait, se faisait mal...Et écouter son histoire était quelque chose auquel je ne m'attendais pas. Alors...Tout son passé était un mensonge? Je ne savais pas quoi penser de tout ça. Si j'avais été à sa place, si je savais que mon passé était un mensonge, que ma personnalité avait été créé...Non, je ne savais vraiment pas comment penser à ça. Et dire qu'Ayla devait endurer quelque chose que je ne peux même pas concevoir tellement je trouvais ça déboussolant.

- Et tu sais le pire dans tout ça ? Je ne serais même pas morte ! Je me suis planté une lame dans le cœur, j'ai eu le crane fracassé par un Orochi, l'estomac dissout à cause d'une toxine, j'ai même tenté la décapitation. Bon sang...combien de temps vais je être condamnée à vivre ainsi. Je ne peux pas me nourrir de sang animal et Myrddin ne me sert qu'un verre de sang par mois. C'est comme si on te donnait une feuille de salade mensuellement. Au labyrinthe, j'ai effrayé Lucien, je l'ai blessé, le forçant à me détester, afin que les comtes ne lui fassent pas de mal, sachant parfaitement qu'ils voudraient utiliser notre proximité. Cela n'aura finalement servi à rien, ils ont remarqués encore plus par cet acte que je tenais à ce qu'il vive. Et pour quel résultat ? Il se persuade juste que je ne suis pas un monstre, il saurait que j'ai tué Kuran, il me fuirait à son tour.

Oui, le crane, la potion corrosive...J'avais assisté à ça. Je pouvais même ajouter dans la liste ce moment où j'ai sauté au dessus d'elle en lui brisant la nuque, mais le cœur et la décapitation étaient quelque chose que je n'avais pas vu (et heureusement je suppose). Survivre même après une tentative de décapitation...Ce devait-être effrayant à vivre. Même si mourir ne me semblait pas être une libération en soi. Je pouvais presque comprendre son envie de mourir dans de telles conditions. En temps normal, je lui aurais dis qu'il existait toujours de l'espoir, mais en pensant à moi-même, qui n'arrivais même pas à supporter d'avoir perdu un petit bijoux et se moquant de mon destin aussi facilement rien que pour ça...alors elle...

-Je n'ai plus la force de continuer à jouer ce foutu rôle Francis...je me sens morte alors que je ne peux l'être. Je n'agis que pour éviter aux autres d'être blessé par ma faute. D'ici quelques mois, ma personnalité disparaîtra, absorbée dans un rituel par l'Ayla originelle. Je ne peux que laisser une petite part de moi, m'assurant ainsi que ce qui prendra ma place ne changera pas trop...m'assurant que vous n'aurez jamais à me craindre...alors que vous me détestez ou me craignez pour la plupart. Je...je suis partagée te concernant, tu as peur de moi, tu voulais me tuer, je l'ai senti, pourtant tu sembles ne pas vouloir me juger...

Elle disparaîtra dans quelque temps et en laissera une nouvelle? Toute cette histoire commençait à me dépasser. Le monde des vampire m'était totalement inconnu, de même que toute ces séries de noms. J'étais très embarrassé de ne pas pouvoir donner mon avis sur ce sujet-là, étant donné le fait que je m'étais un peu perdu, mais je voyais plusieurs facette du problème.

Fatalité, quand tu nous tiens... Elle, qui semble vouée à quitter ce monde, et se battre pour empêcher quelqu'un d'autre de faire du mal à des personnes qui l'ont toujours haïs ou qui ont toujours été effrayé...Cet abus de la bonté d'un être vivant m'horripilait profondément, et le tout sans pouvoir y mettre un terme...

- A mon tour de te poser cette question...pourquoi ?

Voilà comment Ayla avait terminé son discours troublant par cette phrase. Je devais l'avouer, je ne savais quoi dire. Que pouvais-je dire pour consoler une personne avec des problèmes aussi... uniques? Cela me semblait impossible.

Mais je n'avais pas décidé de l'écouter pour la laisser ici, et dire simplement "je ne sais pas". Je devais dire quelque chose, faire cet effort, quitte à improviser...

...Improvisons...

-Pourquoi être tolérant avec toi? Tu pars du principe que l'on te déteste ou l'on te craint. Et oui, je te crains un peu. Plus je t'entend, et moins je te crains, mais une légère peur subsiste en moi, et je ne veux pas te mentir en disant que c'est le contraire. Et oui, j'ai voulu te tuer, car tu me semblais imprévisible. Je ne comprenais rien à ce que tu faisais lors du tournois, ou encore dans le cours d'alchimie. Tu me semblais être quelqu'un d’irrationnel, quelqu'un dont on ne pouvait prévoir les actions, à un point où la personne est pire que simplement dangereux, car les personnes imprévisibles peuvent nous faire baisser la garde avant de se retourner contre nous.

Je pliais mes jambes pour me mettre à son niveau. Je me trouvais devant elle, osant la regarder dans les yeux, même après ce qu'elle avait fait pour s'approcher de mon sang sans que je ne puisse protester.

-Les hommes ont peur de l'imprévisible, car je pense qu'une des natures de l'homme est de vouloir contrôler le monde autour de lui, d'en faire siens pour qu'il s'y plaise mieux, utilisant la manipulation, ou alors l'auto-persuasion. J'ai eu peur car je ne me sentais pas à l'aise du tout à l'idée que quelque chose pouvait échapper à mon contrôle. J'ai peur qu'à chaque fois que je fais un faux pas, cela se termine mal pour moi, et c'est pour ça que j'avais voulu te tuer. Maintenant que tu m'as tout expliqué...J'ai presque perdu ma peur, car je sais que tu es quelqu'un qui a fait des choses qui paraissaient insensées... Mais qui sont expliquées.

A chaque fois que je commençais une nouvelle phrase, j'avais d'ailleurs peur, peur tout simplement de dire la chose qu'il ne fallait pas. Elle devait avoir probablement besoin de moi, là, ici, maintenant, tout de suite. Je ne devais pas faire d'erreurs.

-Et j'ai entendu quelque chose dans ta tête, quelque chose...Qui voulait me tuer, et qui t'incitait à le faire. Et je pense que peu importe qui avait voulu ma mort, ce n'était pas toi. Tu n'as pas voulu me tuer, et je ne peux juste pas t'en vouloir pour quelque chose que tu n'as pas fais, non? Peu importe ce que tu as fais avant, j'ai compris que tu étais quelqu'un au final de bon. Le destin n'a juste pas été juste avec toi, mais le fait est que tu n'es pas un monstre, Ayla. On peut être habité par un monstre et ne pas l'être

Prenant mon courage à deux mains, je décidais de me poser à coté d'elle, aussi adossé sur le coté de l'arbre. Je regardais un instant les étoiles.

-Il y a des jours où j'ai juste envie de pouvoir me transformer en oiseau, et pouvoir voler loin, très loin, vers l'infini. Je laisserais mes problèmes derrière moi, je me moquerais du destin, et je ne ferais que voler, voler au dessus de tous mes malheurs, passant mes journées et mes nuits à chantonner des airs accompagnés du sifflement du vent, et cela sans jamais regarder en bas: juste en regardant droit devant moi...Le fait est que je suis coincé sur le sol, enfermé par mes problèmes...Et si le peu de chose que je vis me détruit déjà aussi facilement, je ne peux que compatir pour toi, et je pense que jamais je ne compatirais assez pour pouvoir te mettre à ta place. Nous avons vécu des choses différentes, mais ce que je sais ou en tous cas je suis sûr, c'est que tu ne mérites pas de souffrir, de te faire autant de mal avec ça. Il doit bien y avoir une solution à tous ces problèmes, et si il n'y en a pas... Pourquoi être autant fataliste ? Peut-être que se raccrocher à ce qui est bien suffit parfois. Pourquoi ne pas être juste ce petite oiseau, qui s'envole au dessus de son malheur. Il est toujours présent, mais au moins, ils sont bien en bas de lui, car il sait qu'il ne peut y faire face, mais tente de l'oublier.

Je me relevais, et m'approchais d'elle.

-Ayla...Tu dois certainement te dire que je suis quelqu'un de bien naïf pour croire que ça marchera, mais quitte à être autant désespéré, autant que ça soit pour une bonne raison: soyons-le si TOUT est perdu, or il reste des filons que nous n'avons pas exploité. L'espoir brille toujours lorsqu'on a le temps de le trouver...J'en ai assez d'être défaitiste, et je n'ai pas envie de voir ça sur un nouveau visage. Je sais que c'est possible, je sais qu'il y a une solution. J'ai confiance en toi pour que tu puisses le trouver, trouver un minimum de bonheur en quelque chose.

Et lentement, j'approchais ma main d'elle, la lui tendant pour ainsi lui proposer de l'aide pour se relever.

-Et toi? As-tu confiance en moi?

J'avais décidé de ne plus avoir peur.
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Ayla Morg
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Perfectionnement: Magie Rituelle ~ École du Serpent

MessageSujet: Re: Solitude et pensée sont les compagnons des sauvages errants   Jeu 23 Oct - 13:02

Les yeux grands ouverts, la vampire resta un instant choquée, observant une sorte de vide, comme si une barrière invisible la séparait du garou, il désirait...l'aider ? Elle qui se considérait comme une véritable incarnation de la terreur, qui avait manquée de tuer son professeur, avait du se retenir de vider Francis de son sang, qui avait blessé celui qu'elle aimait, qui avait massacré Revan et surtout qui avait même réussi à choquer le héraut de l'abysse, était considérée comme une victime de tout ceci ? Bon sang, elle avait été traitée de monstre par la femme qui avait massacrée un nombre incalculable de personnes, torturé Redd et servait une entité ne désirant que dévorer un maximum d'âmes mortelles. Si même une personne comme Numen Silrul pouvait être choquée par ses...capacités, comment pouvait elle mériter une telle aide ? Il ne pouvait rien faire et elle le savait parfaitement, l'élève de l'esprit savait parfaitement que seul le rituel permettrait de vraiment faire changer les choses, pourtant il lui apportait quelque chose d'exceptionnel et de nouveau. Une amitié, sa confiance, pouvoir se reposer sur ses épaules et tout simplement avoir un semblant de vie normale. Tremblante, elle avança sa main et prit celle de Francis, un contact physique non violent, un geste de proximité qui ne versait pas la moindre goutte de sang, ne tuant nullement, n'apportant aucune sorte de souffrance, si simple et pourtant si agréable. Il souriait, il était sincère, n'avait aucun objectif dissimulé dans ce simple geste, tout était si naturel, sans la moindre trace de manipulation ou de stratégie politique. Soupirant d'aise, elle se releva lentement, sans pour autant lâcher sa main, comme si elle avait peur que tout s'effondre en faisant ce geste, n'arrivant pas de s'arrêter de trembler.

- Il est trop tard pour moi...mais...merci. Oui, je te fais confiance Francis.

Ce moment plus que touchant fut cependant bouleversé par une violente douleur au niveau de la nuque. Tombant sur le sol à nouveau, toujours en lui tenant la main, elle attrapa la zone où se situait son tatouage et poussa un hurlement de douleur. Elle se souvenait de cette sensation, cette douleur qui avait été suffisamment forte pour la faire sortir de la torture provoquée par l'abysse lors du labyrinthe, quelque chose allait se produire, elle espérait juste que Francis ne serait pas blessé dans la manœuvre. Elle se souvenait comme si c'était hier de cette étrange situation, voir son corps bouger, ses pouvoirs s'activer, entendre une personne parler par sa bouche, comme si elle n'avait été que spectatrice de tout ceci. Francis tomba à son tour à la renverse, mais ce n'était pas à cause d'une quelconque douleur, mais de ce qui se passait autours des deux élèves. Leur environnement défilait à une vitesse exceptionnelle, comme si ils étaient attirés ailleurs, le petit bois disparaissait, l'académie également, Edälis, traversant toute sorte de décors sans pour autant ressentir leur contact, comme si ils ne faisaient pas partie de la même réalité. Ils virent ensuite l'effrayant gouffre de la haine, puis un vaste terrain où l'homme n'avait visiblement pas posé le pied, appartenant uniquement à la nature, pour finir derrière d'imposantes montagnes, dans une zone où le soleil ne semblait pas être le bienvenu, plongée continuellement dans une sorte de semi pénombre. Le voyage se poursuivit encore un peu, les emmenant à travers une foret relativement inquiétante, traversant de nombreuses zones montagneuses, jusqu'à arriver dans une gigantesque cité, vidée de tous ses habitants et finissant devant une sorte de palais, servant visiblement de demeure aux maîtres de cette grande cité. Il ne semblait pas pour autant habité par une quelconque créature humanoide, pourtant on pouvait voir de splendides étendards rouge sang, représentant tous le même symbole, un serpent blanc portant une couronne ensanglantée. Quelque chose ne tournait pas rond, que faisaient ils ici, Ayla avait beau se méfier, elle était pourtant certaine d'une seule et unique chose, elle était déjà venue ici.

Ils ne restèrent pas seuls très longtemps, une dizaines de dragons rouge sang, couverts de pics, mais à la taille nettement inférieure à celle de Thaxyl, vinrent entourer les deux nouveaux arrivants. Il n'y avait aucune agressivité dans leur regard, pourtant ils semblaient dégager une sorte d'aura sanglante, comme si ces créatures avaient été créés par la lune pour incarner l'essence même de la terreur. Cette même impression qu'avait donnée Ayla, enfin plus exactement, la personne ayant possédée Ayla, lors du combat contre Revan et ensuite Numen. Les deux élèves se relevèrent, faisant s'approcher d'un pas tous ces reptiles vampiriques, inquiétant dans...une certaine mesure, notre ami tigre. Ayla ne lâcha toujours pas la main de Francis, mais décida de faire face au problème les concernant dans l'immédiat, malgré la crainte de son ami qui ne semblait pas particulièrement ravi de rencontrer ces créatures à la fois majestueuses et clairement effrayantes. Se retournant, elle fixa Francis dans un sourire et murmura doucement des mots simples, mais qui suffirent à calmer le garou. Nul besoin de charme dans leur situation, il suffisait juste de dire les choses sincèrement.

- Fait moi confiance.

Saluant respectueusement les dragons d'un signe de tête, elle encouragea son camarade à faire de même, puis avança lentement sa main vers le dragon le plus proche, attendant une réaction de la part du reptile. Elle ne se fit pas attendre, sans même hésiter un seul instant, la créature, pourtant relativement effrayante, se rapprocha de la main de la vampire et s'y frotta avec une tendresse plus que surprenante, le tout en fermant les yeux pour profiter au mieux de cette sensation peu habituelle. Lorsqu'elle avait rencontrée son pouvoir, elle avait eu une vision et avait été transportée par un de ces dragons dans ce même palais, ce n'était pas du hasard, la vérité sur son passé se trouvait juste derrière ces portes. Après quelques minutes, le dragon recula et leur laissa suffisamment de place pour avancer et rentrer dans ce mystérieux palais, les saluant d'un signe de tête avant de s'envoler une fois les portes atteintes. Ces dernières étaient faites d'un étrange alliage métallique noir et semblaient peser plusieurs tonnes, chacune, pourtant, dés que la vampire toucha ledit métal, les portes s'ouvrirent sans la moindre difficulté. Elle n'avait pas utilisée sa force, ni le moindre pouvoir, c'était comme si le palais lui même n'attendait qu'une seule et unique chose, sa venue. Passant à travers les salles, elle pensa faire comme dans sa vision et aller dans la salle du trône, mais fut comme attirée dans les étages supérieurs, entendant des cris d'enfant, pressant Francis de la suivre.

Ils finirent leur voyage dans une sorte de chambre à coucher, juste devant des restes de jouets pour enfant, un lit splendidement décoré, digne d'un roi ou plus exactement d'une reine, le tout dans une ambiance très rouge, pour ne pas changer les bonnes vieilles habitudes. La vampire lâcha la main de son camarade et se laissa tomber sur le sol, le caressant en tremblant encore plus que lorsqu'elle avait tout avoué à Francis. Elle semblait ailleurs, voyant une petite fille aux cheveux de flammes jouer avec ce qui semblait être une toupie, la faisant tourner le plus vite possible avec une force clairement supérieure à la plupart des enfants. Un éclat de rire, la porte de la chambre s'ouvrit et la petite fille se retourna pour courir vers une autre personne, souriant, l'appelant maman.

- Tu es revenue.

Faisant volte face, une voix chaleureuse venait de la tirer de ses pensées et elle n'était pas la seule à l'avoir entendue, vu que Francis faisait dés à présent face à une femme à la beauté surnaturelle. Une peau blanche, des cheveux rouge flamme, des yeux vert émeraude, une robe rouge sang d'une élégance rare, d'un tissu suffisamment fin pour qu'on puisse croire qu'elle lui servait de deuxième peau, épousant à la perfection un corps qui semblait avoir été façonné afin de plaire. Ayla n'osait pas approcher, elle avait peur que tout ceci ne soit que son imagination et pourtant, elle savait qui était cette personne, elle n'y croyait cependant pas dans l'instant présent. Craquant, elle se jeta finalement sur la nouvelle arrivante. Cette dernière l'attrapa et la serra contre elle en versant quelques larmes de sang, caressant doucement les cheveux roses d'Ayla, qui prirent peu à peu leur véritable couleur, ce rouge flamme si particulier, comme ceux de la femme ici présente. Elle éclata en sanglot, alors que la femme colla doucement ses lèvres sur son front avec une infinie tendresse.

- Mère... ?

La femme se contenta de sourire, dévoilant ses canines prouvant effectivement son appartenance au peuple de la nuit, puis caressa doucement le visage de la vampire, après plus de cent ans, elle pouvait enfin retoucher sa fille, bien que ce n'était que provisoire.

- J'ai tant de choses à te dire, ainsi qu'a ton ami, mais j'ai si peu de temps devant moi. Je n'ai presque plus d'énergie, mais je voulais te voir, te toucher...une dernière fois, avant que mes pouvoirs ne soient réduits à néant.
- Alors tout ceci n'est pas ?...
- Une illusion ? Non, je vous ai téléportés ici, je me suis matérialisée comme je l'avais prévu en descellant totalement mes pouvoirs, contenus dans ton sceau. Ils avaient été libérés à cause de votre affrontement contre cette elfe et plutôt que de les voir s'évaporer pour rien, j'ai préféré te revoir, te montrer d'où tu venais, te toucher une dernière fois. Je suis désolée de t'avoir fait souffrir en te faisant venir ici ma fille et je m'excuse de vous avoir effrayé Francis.
- Au labyrinthe, c'était toi ?
- Je suis désolée de m'être ainsi servi de ton corps, mais je n'avais pas le choix. Revan devait être achevé, sans compter que Numen n'aurait pas respectée sa part du marché. Je ne voulais plus te voir souffrir ou pire encore, sans compter le fait que cette garce a failli tuer Shi', voir ma fille et mon apprenti se faire blesser...et bien disons que j'ai perdu mon calme légendaire.
- Le professeur Bachiatari ? Ton apprenti ?
- Notre rencontre a été...mouvementée, mais oui, bien que j'ai eu quelques difficultés. Un élève compliqué, comprenant difficilement mes leçons, mais il s'en est bien tiré avec mes arcanes, pour un non vampire.


Riant, Ayla préféra ignorer la limite de temps évoquée par sa mère un peu plus tôt et profita de l'instant. Elle savait que si elle y pensait, elle deviendrait folle, retrouvant sa mère, uniquement pour quelques minutes, après elle ne serait plus...qu'un souvenir. Imaginer Shitennô en étudiant, apprenant difficilement ses leçons, était presque jouissif, lui qui semblait avoir de la facilité avec tout ce qui l'entourait, comme quoi connaître son pouvoir et être un célestin ne faisait pas tout !

- J'imagine que tu veux que je te parle de notre famille ?
- Connaître ton nom serait un bon début en effet...
- Persephone, Persephone Morg, ton père se nomme Drake, ta grande sœur Victoria et ton demi frère...et bien j'ai malheureusement du lui ôter la vie lors du labyrinthe.
- Revan était...
- Malgré le fait qu'il soit le fruit d'un adultère de la part de ton père, qu'il soit un hybride entre un dévoreur, un démon se servant de la folie et un vampire de notre trempe, il restait ton frère oui.
- Je suppose que le tuer était comme le libérer de cette folie et de son asservissement.
- De toute manière, on ne peut revenir en arrière, seul un Morg peut tuer un Morg, ne l'oublie jamais.


Se mordant la lèvre, elle enchaîna sur une autre question, elle voulait savoir la vérité sur tous ces mensonges, sur ce complot royaliste.

- Pourquoi t'être sacrifiée ? Pourquoi m'avoir laissé dans l'ignorance ? Pourquoi les comtes ont tout dissimulé ? Qu'est ce que je suis ?
- J'ai passé ma vie à faire ce que mon rang me demandait de faire, j'aurais pu affronter les opposants dans la guerre civile de notre espèce, mais ton « immortalité » ne s'était pas encore manifestée, ils auraient pu te tuer pour m'atteindre et je ne l'aurais jamais supporté. Non, j'ai choisi entre perpétuer la folie de ton père ayant causé tous ces affrontements et te mettre en sécurité, le choix était vite fait.  Je voulais trouver le bon moment pour tout te révéler, mais les temps ne se sont pas arrangés. Il a fallu que ton ami Francis s'ouvre à toi pour que je me dise qu'il fallait que je tente le tout pour le tout.
- Mais pourquoi vouloir me tuer ? Qu'est ce tu es ?
- La première enfant de la nuit et donc de ce fait, la reine des vampires. Ce qui fait de toi mon héritière.
- Tu parlais de la folie de père...
- Drake était persuadé que les humains tenteraient de nous nuire, il s'est mis en tête qu'ils ne pouvaient comprendre que la menace et la peur. La guerre élémentaire n'a pas aidé, il n'y a qu'en privant la plupart des individus de leurs pouvoirs que ce massacre s'est arrêté. Ton père craignait qu'ils ne finissent par tenter de nous attaquer, nous sommes forts, un seul membre de notre famille pourrait détruire des armées entières, mais ce n'était pas le cas de tout notre peuple. Sous le nombre, notre espèce aurait pu s'éteindre en ne laissant que nous. Alors il a pensé qu'en étant une menace suffisamment importante, les humains n'oseraient jamais nous défier. Il a provoqué le massacre d'un village nommé Vontregris et ainsi créé un déséquilibre dans les forces présentes. La lune a ordonné à Fujiin de rétablir cet équilibre...malheureusement, au lieu de me laisser m'opposer à ton père et reprendre les choses en main, il a préféré enfermer toute notre famille. Ta sœur a été enfermée dans un cercueil scellé par les six sages, ton père a été envoyé dans un monde prison et j'ai été contraint de fuir, changeant continuellement d'endroit avec l'aide de Viktor. La famille ayant motivé les sages à nous attaquer sont devenus les régents de notre espèce en créant ainsi le rang de comte, le pacte a été signé et nous avons été forcés de quitter notre terre, celle où vous êtes actuellement, pour être enfermés dans le gouffre de la haine, comme des démons.
- Qu'est ce qui t'es arrivée ?...
- J'ai préparée mon retour, je voulais régler la situation par la politique, mais je n'avais aucun moyen de forcer Kyte à abandonner cette idée de traité. Ce pacte a été créé car nous n'étions plus en mesure de montrer la voie à notre peuple, de leur apprendre à contrôler leur soif de sang. Je ne pouvais pas utiliser la menace de mes pouvoirs ou promettre de prendre le contrôle de la cour du roi, il me fallait un objectif stratégique de poids. Alors j'ai rencontrée la jeune Yuuki Kuran et je lui ai demandé de réveiller la part vampirique de Revan, afin de prendre l'académie en otage, le temps de faire cesser le pacte et revenir siéger en tant que reine. Malheureusement, les démons ont décidés de prendre d'assaut l'académie en même temps, alors que je ne voulais pas la moindre effusion de sang, ainsi que les bandits désirant prendre cette « forteresse », l'Ankou n'a pas arrangé les choses. Revan aimait profondément Yuuki et était en permanence au bord de la folie, il a cru que tout le monde serait massacré, y compris sa bien aimée, alors il a facilité l'entrée des démons afin d'occuper les autres menaces et a tenté de sauver Yuuki. Il a perdu la raison à ce moment là et a affronté Milo Oracle, l'ancien directeur, tandis que Poesy Celeb, l'autre directrice, a affrontée l'Ankou. Poesy a enfermée l'Ankou, mais cette action l'a tuée, Milo a perdu le contrôle et a tué Revan, redevenu un démon, donc ne possédant plus notre immortalité. Leurs âmes torturées et leurs pouvoirs ont ainsi créés l'Abysse. J'ai repoussé son attraction, été sauvée par Shitennô, malgré un petit affrontement au départ, lui ai appris ce que je savais, tout en lui faisant promettre de veiller sur toi dans l'ombre et je suis rentré te retrouver. La chute de l'académie avait attiré l'attention des vampires et a créé une guerre civile, la suite tu connais.
- Et si Fujiin avait...
- Il n'est pas connu pour ses solutions minimalistes, quand il doit prendre une décision, il le fait généralement en espérant que l'impact soit suffisamment violent pour que personne ne tente de défier la lune à nouveau ou menacer sa création. Il a fait tuer le fils de l'Ankou pour éviter son soulèvement, cela a produit l'effet inverse. Il a enfermé ta soeur, qui avait besoin d'aide, manipulée par ton père pensant qu'il devait avoir une arme et non une fille. Il a tué ta mère adoptive pour empêcher Viktor de se rebeller et a éliminé ton frère adoptif pour utiliser son âme dans la création d'un artefact capable de blesser ton père. Si il m'avait écouté, nous n'en serions pas là et je serais sans doute encore en vie et non pressée par le temps.


Ayla serra ses poings, la fureur mélangée à la tristesse se lisait clairement sur son visage, elle devait savoir la vérité, mais son désespoir risquait fort de se transformer en haine et lui donner envie de venger sa mère disparue. Persephone la calma provisoirement en collant à nouveau ses lèvres sur son front et lui caressant la joue, elle savait bien que cette voie n'avait jamais apporté que des ennuis et donc des représailles. La vengeance appelait la vengeance, c'était un cycle où on ne s'arrêtait jamais.

- Ayla, tu es libre de choisir ton destin, mais n'oublie pas ce qui est important, si tu affronte les sages maintenant, tu risque de créer une autre guerre. Ta sœur a besoin de toi, tu dois la délivrer de la folie de ton père...et je crains fort que si Drake venait à revenir, seule toi serais en mesure de l'arrêter. J'aurai aimé t'offrir une vie normale, mais je crains que notre destinée ne soit pas de simplement vivre notre vie, nos épaules sont faites par la lune pour accueillir le poids de tout un peuple.
- Mère, maman...ne pars pas...pas maintenant...
- Mon temps s'écoule, je dois vous renvoyer à l'académie avant de n'avoir plus de pouvoir. A ma disparition, ce lieu retombera à nouveau dans le chaos et ne sera libéré que lorsque tu seras couronnée. Trouve mon testament, tu en as besoin pour le rituel, il se trouve dans le manoir de Vesper.
- S'il te plaît...
- J'aurai aimée...vraiment...mais je dois vous mettre en sécurité, tous les deux. J'ai laissé des fioles de mon sang aux comtes, si tu les retrouves, peut être que je pourrais te revoir...en vision cependant. Le rituel devra être fait rapidement, le sceau se fragilisera de jour en jour dés notre séparation.
- Je les trouverais...
- Et toi Francis, je ne sais pas comment te remercier d'avoir permis cet ultime contact. Tu devrais parler à ma fille de ce qui t'a été dérobé, je suis certain qu'elle t'aidera. Je peux te révéler un ultime secret en reconnaissance. Tu n'es pas n'importe qui et quand cela se saura, tu seras en danger. Tout comme Ayla, tu es de sang royal, même si tu n'es pas un héritier. Méfie toi d'Annabella Kyte, elle tentera de te tuer si jamais cela venait à se savoir. Juste...merci.


Persephone serra dans ses bras sa fille une ultime fois, ne pouvant plus retenir ses larmes, puis les fit retourner à leur point de départ d'un simple mouvement de la main. Sortant de la cité royale, elle alla à la rencontre des dragons qui se couchèrent devant elle à sa simple venue. Ils furent rapidement rejoins par un nombre incalculables de chauves souris, de serpents et de loups, tous venant admirer leur reine une toute dernière fois.

- Mes amis...merci pour toutes ces années, c'est malheureusement un adieu. J'ai...une dernière chose à faire...

Disparaissait soudainement, elle se téléporta dans le manoir Von Carline, juste devant Viktor, qui congédia immédiatement tous les domestiques de sa demeure et accouru vers elle.

- Je voulais que ce soit toi...qui partage mes derniers instants, il est temps...
- Majesté je...
- S'il te plaît...oublie tout ça, juste un instant...pour moi...


Collant ses lèvres à celle du comte, elle profita de cet instant qu'elle avait toujours désiré mais qui lui avait interdit, avant de prendre doucement sa main, devenant peu à peu transparente et de finalement disparaître. Hurlant, le comte sortit son épée et détruisit tout ce qui lui passa sous la main, avant de finalement se coller contre un mur et murmurer ces quelques mots en sanglotant.

- Adieu ma reine..mon amour...Persephone...puisses-tu enfin trouver cette paix à laquelle tu aspirais tant...adieu....adieu...adieu !

Ayla quant à elle, n'était pas vraiment dans un meilleur état, elle était folle de rage, avait détruit pas moins de dix arbres et avait martelé le sol jusqu'à en faire un cratère. Pleurant sans pouvoir s’arrêter, serrant ses poings à s'en faire saigner, elle s'écroula sur le sol, prise de convulsions, s'étouffant à force de pleurer, ne se calmant que lorsque Francis décida enfin de l'approcher. Il fallut de longues minutes pour revenir à un état un minimum stable. Elle finit par reprendre sa main, ce simple signe qui avait été sa seule lumière dans toute cette obscurité jusqu'à présent.

- Pourquoi...pourquoi...pourquoi...pourquoi...

Elle ne pouvait s'empêcher de dire la même chose, cela frôlait presque la démence, puis elle se souvint d'une chose que sa mère avait dite, elle pouvait faire au moins une action pour éviter de sombrer.

- Que...qu'est ce qu'on t'a volé...qui ?

Plus que jamais, elle avait besoin de se raccrocher à quelqu'un...

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Certains voient le monde en noir
D'autres en blanc
On parle aussi de gris
Le mien est rouge...


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Francis Dowell
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MessageSujet: Re: Solitude et pensée sont les compagnons des sauvages errants   Ven 24 Oct - 11:51

J'étais du genre à croire qu'écraser un papillon pouvait changer le destin du monde, que faire un choix nous ouvrait les portes vers de nouveaux futurs, et en fermaient d'autre, et qu'un simple geste, une simple parole pouvait faire beaucoup d'effets.

Toutefois je ne m'attendais pas à autant d'évènements enclenché par un mouvement de ma main. Décidément, on pouvait s'attendre à tout avec cette fille.

J'étais rassuré de la voir prendre ma main et se relever. Finalement, j'avais du dire des choses vraies, ou du moins qui l'avaient touchée. Elle continuait de trembler un peu, on sentait bien qu'elle n'était pas au sommet de sa forme, bien au contraire.

- Il est trop tard pour moi...mais...merci. Oui, je te fais confiance Francis.

Bien qu'heureux de voir Qu'Ayla se remettait un peu de ses émotions, j'étais déçu de voir qu'il n'y avait pas d'espoir pour elle, du moins de son point de vue... Ou alors il n'y en avait vraiment pas? Je ne pouvais pas vraiment savoir, je n'avais pas compris toute son histoire. Il faut dire que j'ai eu le droit à un résumé de quelque minutes rapide entre des larmes, pas forcément les meilleures conditions pour comprendre ce qui se passait. Je me sentais un peu mal de savoir que je ne pouvais pas apporter un argument nouveau face à ses problèmes, mais je pouvais au moins me contenter de l'avoir calmé et consolé.

Soudainement, Ayla retomba au sol, gardant toujours sa main dans la mienne. Elle posa son autre main sur sa nuque, hurlant de douleur. Je posais un genoux à terre, tentant de la regarder dans les yeux pour voir si quelque chose n'allait pas, avant de tomber moi aussi. Je mis un temps avant de me rendre compte que le problème n'émanait pas de moi...Mais de ce qui était autour de moi. On bougeait. On avançait à une vitesse phénoménale, sans rien bouger ni faire, et en un rien de temps, le petit bois devenait un lieu lointain. Tout ce passait si rapidement, tant de paysages, de lieux qui avaient déferlés devant mes yeux, je n'arrivais pas à croire ce que je voyais. Mais...Pourquoi...Qu'est ce qui se passait en fait? Je venais de me rendre compte que tout cela était assez surprenant, inattendu, et je commençais un peu à paniquer.

C'est après un instant que j'atterris dans une citée, toujours en compagnie d'Ayla. Mais bon sang que se passait-t-il à la fin? Je regardais devant et autour de moi vivement, cherchant quelque repères à prendre en considération et comprendre un peu pourquoi il était là. Mes pensées furent interrompu par des...Dragons? Onze ou douze dragons rouges commençaient à s'approcher de nous. Ils semblaient moins grand que celui que j'avais vu à l'académie, mais leur allure était plus menaçante. Ayla se leva lentement, et je décidais de l'imiter. C'est lorsqu'elle s'approcha d'une de ces créatures un peu effrayante que je commençais vraiment à m'inquiéter. Elle a du clairement sentir mon refus de m'approcher, sa main était toujours attaché à la mienne et, marchant d'un pas plus lent, je la ralentissais un peu, en plus d'être assez tendus. Elle se tourna vers moi, et me dit:

-Fais moi confiance.

Au moins, elle n'avait pas eu recourt à l'hypnose ou autre chose, et usa juste de sa sincérité, ce qui me toucha un peu. Je respirais un grand coup, décida de détendre un peu mes muscles, et suivit Ayla vers l'un des dragons. Elle fit un signe de salut respectueux de sa tête, et m'incita à l'imiter, ce que je fis sans hésiter. Ces créatures ne semblaient pas pour l'instant méchantes, juste naturellement intimidantes. (un peu comme Ayla la première fois qu'on la rencontre). La vampire approcha la main vers l'un d'entre eux. Celui ci accepta une caresse avec la tendresse d'un chaton, avant de nous laisser passer vers ce qui semblait être une grande bâtisse. En effleurant la porte, elles s'ouvrirent toutes seules, nous laissant l'occasion d'entrer. Mais j'avais à peine le temps d'admirer l'intérieur du hall qu'Ayla partait ailleurs, et je me devais de la suivre. Elle avait du être attiré par des cris que j'ai entendu aussi à un moment, ceux d'un enfant.

Une fois arrivé dans ce qui semblait être une chambre, je pris une pose pour observer ce qui était autour de moi. Rien ne m'étais familier. Je n'ai jamais grandis ailleurs que dans le nord du continent, à proximité des montagnes dans une petite cabane. Je me sentais vraiment en terrain inconnu, et ne pouvait me détendre entièrement dans ce palais. C'est à ce moment qu'Ayla décida de me lâcher la main. J'allais rapidement lui demander ce qu'on faisait ici, quand une voix derrière moi s'éleva:

- Tu es revenue.

En me retournant, je pu admirer une magnifique femme. Sa peau, ses cheveux, ses yeux...Toutes les couleurs naturelles que la nature lui a donné se confondaient dans une grande harmonie apaisante qui me mit plus à l'aise. Elle possédait un vague air...D'Ayla...

Je reculais un peu, et regardais Ayla pour faire une comparaison entre les deux femmes...Avant que sa camarade ne se jette sur elle en pleurant.

Mère...?

- J'ai tant de choses à te dire, ainsi qu'a ton ami, mais j'ai si peu de temps devant moi. Je n'ai presque plus d'énergie, mais je voulais te voir, te toucher...une dernière fois, avant que mes pouvoirs ne soient réduits à néant.

- Alors tout ceci n'est pas ?...

- Une illusion ? Non, je vous ai téléportés ici, je me suis matérialisée comme je l'avais prévu en descellant totalement mes pouvoirs, contenus dans ton sceau. Ils avaient été libérés à cause de votre affrontement contre cette elfe et plutôt que de les voir s'évaporer pour rien, j'ai préféré te revoir, te montrer d'où tu venais, te toucher une dernière fois. Je suis désolée de t'avoir fait souffrir en te faisant venir ici ma fille et je m'excuse de vous avoir effrayé Francis.

- Au labyrinthe, c'était toi ?

- Je suis désolée de m'être ainsi servi de ton corps, mais je n'avais pas le choix. Revan devait être achevé, sans compter que Numen n'aurait pas respectée sa part du marché. Je ne voulais plus te voir souffrir ou pire encore, sans compter le fait que cette garce a failli tuer Shi', voir ma fille et mon apprenti se faire blesser...et bien disons que j'ai perdu mon calme légendaire
- Le professeur Bachiatari ? Ton apprenti ?

- Notre rencontre a été...mouvementée, mais oui, bien que j'ai eu quelques difficultés. Un élève compliqué, comprenant difficilement mes leçons, mais il s'en est bien tiré avec mes arcanes, pour un non vampire.


Pendant leur discussion, je m'étais installé dans un coin de la chambre, à proximité d'une fenêtre où je jetais parfois des coups d'œil pour observer la citée où je me trouvais. Je ne voulais pas m'inséminer. Ce n'était pas mon histoire, ni mon passé mais l'histoire et le passé d'Ayla qui venait à elle, et j'aurais trouvé ça impoli de ma part d'interférer, même pour dire quoi que ce soit. Je tentais toutefois d'écouter et de comprendre le mieux possible pourquoi on avait été emmené ici

- J'imagine que tu veux que je te parle de notre famille ?
- Connaître ton nom serait un bon début en effet...
- Persephone, Persephone Morg, ton père se nomme Drake, ta grande sœur Victoria et ton demi frère...et bien j'ai malheureusement du lui ôter la vie lors du labyrinthe.
- Revan était...
- Malgré le fait qu'il soit le fruit d'un adultère de la part de ton père, qu'il soit un hybride entre un dévoreur, un démon se servant de la folie et un vampire de notre trempe, il restait ton frère oui.
- Je suppose que le tuer était comme le libérer de cette folie et de son asservissement.
- De toute manière, on ne peut revenir en arrière, seul un Morg peut tuer un Morg, ne l'oublie jamais.
- Pourquoi t'être sacrifiée ? Pourquoi m'avoir laissé dans l'ignorance ? Pourquoi les comtes ont tout dissimulé ? Qu'est ce que je suis ?
- J'ai passé ma vie à faire ce que mon rang me demandait de faire, j'aurais pu affronter les opposants dans la guerre civile de notre espèce, mais ton « immortalité » ne s'était pas encore manifestée, ils auraient pu te tuer pour m'atteindre et je ne l'aurais jamais supporté. Non, j'ai choisi entre perpétuer la folie de ton père ayant causé tous ces affrontements et te mettre en sécurité, le choix était vite fait.  Je voulais trouver le bon moment pour tout te révéler, mais les temps ne se sont pas arrangés. Il a fallu que ton ami Francis s'ouvre à toi pour que je me dise qu'il fallait que je tente le tout pour le tout.
- Mais pourquoi vouloir me tuer ? Qu'est ce tu es ?
- La première enfant de la nuit et donc de ce fait, la reine des vampires. Ce qui fait de toi mon héritière.
- Tu parlais de la folie de père...
- Drake était persuadé que les humains tenteraient de nous nuire, il s'est mis en tête qu'ils ne pouvaient comprendre que la menace et la peur. La guerre élémentaire n'a pas aidé, il n'y a qu'en privant la plupart des individus de leurs pouvoirs que ce massacre s'est arrêté. Ton père craignait qu'ils ne finissent par tenter de nous attaquer, nous sommes forts, un seul membre de notre famille pourrait détruire des armées entières, mais ce n'était pas le cas de tout notre peuple. Sous le nombre, notre espèce aurait pu s'éteindre en ne laissant que nous. Alors il a pensé qu'en étant une menace suffisamment importante, les humains n'oseraient jamais nous défier. Il a provoqué le massacre d'un village nommé Vontregris et ainsi créé un déséquilibre dans les forces présentes. La lune a ordonné à Fujiin de rétablir cet équilibre...malheureusement, au lieu de me laisser m'opposer à ton père et reprendre les choses en main, il a préféré enfermer toute notre famille. Ta sœur a été enfermée dans un cercueil scellé par les six sages, ton père a été envoyé dans un monde prison et j'ai été contraint de fuir, changeant continuellement d'endroit avec l'aide de Viktor. La famille ayant motivé les sages à nous attaquer sont devenus les régents de notre espèce en créant ainsi le rang de comte, le pacte a été signé et nous avons été forcés de quitter notre terre, celle où vous êtes actuellement, pour être enfermés dans le gouffre de la haine, comme des démons.
- Qu'est ce qui t'es arrivée ?...
- J'ai préparée mon retour, je voulais régler la situation par la politique, mais je n'avais aucun moyen de forcer Kyte à abandonner cette idée de traité. Ce pacte a été créé car nous n'étions plus en mesure de montrer la voie à notre peuple, de leur apprendre à contrôler leur soif de sang. Je ne pouvais pas utiliser la menace de mes pouvoirs ou promettre de prendre le contrôle de la cour du roi, il me fallait un objectif stratégique de poids. Alors j'ai rencontrée la jeune Yuuki Kuran et je lui ai demandé de réveiller la part vampirique de Revan, afin de prendre l'académie en otage, le temps de faire cesser le pacte et revenir siéger en tant que reine. Malheureusement, les démons ont décidés de prendre d'assaut l'académie en même temps, alors que je ne voulais pas la moindre effusion de sang, ainsi que les bandits désirant prendre cette « forteresse », l'Ankou n'a pas arrangé les choses. Revan aimait profondément Yuuki et était en permanence au bord de la folie, il a cru que tout le monde serait massacré, y compris sa bien aimée, alors il a facilité l'entrée des démons afin d'occuper les autres menaces et a tenté de sauver Yuuki. Il a perdu la raison à ce moment là et a affronté Milo Oracle, l'ancien directeur, tandis que Poesy Celeb, l'autre directrice, a affrontée l'Ankou. Poesy a enfermée l'Ankou, mais cette action l'a tuée, Milo a perdu le contrôle et a tué Revan, redevenu un démon, donc ne possédant plus notre immortalité. Leurs âmes torturées et leurs pouvoirs ont ainsi créés l'Abysse. J'ai repoussé son attraction, été sauvée par Shitennô, malgré un petit affrontement au départ, lui ai appris ce que je savais, tout en lui faisant promettre de veiller sur toi dans l'ombre et je suis rentré te retrouver. La chute de l'académie avait attiré l'attention des vampires et a créé une guerre civile, la suite tu connais.
- Et si Fujiin avait...
- Il n'est pas connu pour ses solutions minimalistes, quand il doit prendre une décision, il le fait généralement en espérant que l'impact soit suffisamment violent pour que personne ne tente de défier la lune à nouveau ou menacer sa création. Il a fait tuer le fils de l'Ankou pour éviter son soulèvement, cela a produit l'effet inverse. Il a enfermé ta soeur, qui avait besoin d'aide, manipulée par ton père pensant qu'il devait avoir une arme et non une fille. Il a tué ta mère adoptive pour empêcher Viktor de se rebeller et a éliminé ton frère adoptif pour utiliser son âme dans la création d'un artefact capable de blesser ton père. Si il m'avait écouté, nous n'en serions pas là et je serais sans doute encore en vie et non pressée par le temps...Ayla, tu es libre de choisir ton destin, mais n'oublie pas ce qui est important, si tu affronte les sages maintenant, tu risque de créer une autre guerre. Ta sœur a besoin de toi, tu dois la délivrer de la folie de ton père...et je crains fort que si Drake venait à revenir, seule toi serais en mesure de l'arrêter. J'aurai aimé t'offrir une vie normale, mais je crains que notre destinée ne soit pas de simplement vivre notre vie, nos épaules sont faites par la lune pour accueillir le poids de tout un peuple.
- Mère, maman...ne pars pas...pas maintenant...
- Mon temps s'écoule, je dois vous renvoyer à l'académie avant de n'avoir plus de pouvoir. A ma disparition, ce lieu retombera à nouveau dans le chaos et ne sera libéré que lorsque tu seras couronnée. Trouve mon testament, tu en as besoin pour le rituel, il se trouve dans le manoir de Vesper.
- S'il te plaît...
- J'aurai aimée...vraiment...mais je dois vous mettre en sécurité, tous les deux. J'ai laissé des fioles de mon sang aux comtes, si tu les retrouves, peut être que je pourrais te revoir...en vision cependant. Le rituel devra être fait rapidement, le sceau se fragilisera de jour en jour dés notre séparation.
- Je les trouverais...
- Et toi Francis...


Lorsque mon nom fit apparition dans la conversation, je posais mon regard avec un peu de surprise sur le beau visage de la mère d'Ayla, qui s'était tournée vers moi.

-je ne sais pas comment te remercier d'avoir permis cet ultime contact. Tu devrais parler à ma fille de ce qui t'a été dérobé, je suis certain qu'elle t'aidera. Je peux te révéler un ultime secret en reconnaissance. Tu n'es pas n'importe qui et quand cela se saura, tu seras en danger. Tout comme Ayla, tu es de sang royal, même si tu n'es pas un héritier. Méfie toi d'Annabella Kyte, elle tentera de te tuer si jamais cela venait à se savoir. Juste...merci.

...Venait-t-elle de me parler de mes origines? Que...Comment savait-t-elle quelque chose? Et puis... Moi? Spécial? Lorsqu'elle me remercia, je fis un signe respectueux de la tête, et j'allais lui poser d'autre questions sur qui était mon père, mais elle refocalisa son attention une dernière fois sur sa fille. Je ne pouvais pas m'interposer une fois de plus devant cet ultime moment qui ne m'appartenait pas, me laissant dans mes pensées et ma perplexité.

Un mouvement de la main...Un mouvement aussi simple que celui que j'avais fais et qui avait enclenché toute cette série d'évènement acheva cet étrange voyage. J'étais à nouveau dans le petit bois de l'académie, en compagnie d'Ayla. Enfin! J'allais pouvoir me détendre un peu et réfléchir à tout ce qui venait de se passer...Du moins c'est ce que je m'étais dis avant qu'Ayla ne sombre dans une colère phénoménale.

En pleur, elle chargea un arbre et le détruisit en un rien de temps. Sa force était tellement incroyable...Mais sa rage sur le moment m'inquiéta bien assez. Elle ne se limita pas à un seul arbre. Elle en détruisit un autre, puis un autre. Je commençais à prendre peur, et me cacha derrière un rocher, attendant qu'elle eu terminé de se défouler. Je savais bien que ce stupide rocher pouvait être réduit en poussière par elle en un instant, mais j'avais au moins cette impression d'être un peu en sécurité. Sans même vouloir voir ce qui se passait, je sentais le sol trembler à un rythme régulier, comme si on donnait des coups.

A un moment, je n'entendais plus de bruits. Rien de déchiré, envoyé en l'air, démolis...Les seules choses que j'entendais étaient les pleurs d'Ayla, qui finirent par s'étouffer et s'entendre un peu moins. Je décidais de sortir la tête de mon abris, et je la vis, par terre au beau milieu d'un cratère qui devait être le résultat de toute sa peine.

Ses poings étaient ensanglantés, sa gorge semblait nouée, son visage était couvert de larmes...Elle finit un moment par tomber au sol, et je la vis prise de convulsion. C'est à ce moment que j'osais m'approcher plus rapidement. Je me posais à coté d'elle. Je n'avais jamais vu quelqu'un aussi mal de ma vie. Cela me replissait d'une énorme peine. je pliais mes genoux, surplombant ma camarade, mais n'osant pas réellement la toucher. Je ne savais pas si il fallait que je l'aide à se relever, si je devais la laisser comme ça et attendre que ça se calme...Je stressais un peu à force de ne pas savoir quoi faire. Mais elle fit le premier pas et, étant suffisamment proche d'elle, a pu reprendre ma main qu'elle serra avec force, sans pour autant être douloureux. Prenant un peu confiance, je serra sa main en retour. La sienne était tâchée de son sang. à ce moment là, j’eu l'idée de récupérer le tissu que j'utilisais pour mon ancienne blessure (qui se trouvait à proximité). Je déchirais un morceau qui n'avait pas été au contact de ma plaie, et je commençais à le presser sur sa main, tentant de la nettoyer un peu.

- Pourquoi...pourquoi...pourquoi...pourquoi...

La pauvre ne cessait de répéter le même mot en boucle. Lorsque je me rendis compte de ça, je tentais de me montrer plus présent, et posa ma main sur son bras.

-Calme toi. Tout va bien se passer. Ai-je chuchoté avec douceur.

Plusieurs longues minutes passèrent, avec une Ayla repliée sur elle-même, et moi, devant elle, assis sur le sol, nos mains serrées. Je comptais être là autant de temps qui le fallait. Si je devais passer la nuit dehors, alors je le ferais. Je n'étais pas prêt de la laisser seule dans cet état. Je ne pouvais pas la laisser affronter seul les choses. J'ai passé ma vie à affronter seul mes problèmes, et je connais assez la douleur de la solitude, devoir combattre ses peines sans personne pour nous aider. Il était juste de mon devoir de rester auprès d'elle le plus possible.


- Que...qu'est ce qu'on t'a volé...qui ?


Lorsqu'elle ouvrit la bouche pour sortir ces mots, je fus d'abord assez surpris, avant de me rappeler que sa mère avait mentionné la perte de mon améthyste, que si j'avais besoin d'aide, Ayla pouvait prêter sans-doute main forte.

-Oui, ça...C'était lors du concours de chasse du festival de la réconciliation. à un moment, ma patte s'est prise dans un piège à loup et des bandits en ont profité pour me dérober ma bague de gardien et un objet qui m'est cher: une amulette avec une améthyste en son centre, qui me rappelle ma mère et les terres de mon enfance...Ils l'ont donc pris et m'ont laissé me vider de mon sang dans la forêt, jusqu'au moment où j'ai été aidé par un de mes amis, Christyän, et...Une créature...Quoi qu'il en soit, j'ai été sauvé et je suis sain et sauf. Je ne pense pas pouvoir revoir mon amulette un jour. La forêt est grande dangereuse, et je sais pas comment y aller, quand, où chercher, comment...Je tente de passer à autre chose et faire mon deuil.

...Mais c'était bien difficile. J'étais convaincu que je n'allais plus jamais revoir cette améthyste dont les reflets violets me berçaient le soir, me ramenant à une époque bien belle où ma mère n'était pas encore bien folle, et où j'étais juste heureux. C'était mon passé...Et il fallait que je quitte mon passé, que j'aille de l'avant.

Soudain, je me rappelais aussi d'autre paroles suivant celle énoncés par la mère d'Ayla quelque temps avant:

[color:41fe=#336600-Tu n'es pas n'importe qui...tu seras en danger...de sang royal, mais pas un héritier...Annabella Kyte... Me tuer si jamais elle savait...

J'avais énoncé ces phrases à haute voix, tentant de recomposer la phrase le mieux possible...J'étais...pas n'importe qui? Et j'avais du sang royal...Du sang ROYAL...C'était trop étrange pour être vrai...Et puis pourquoi quelqu'un voudrait ma mort? Ce n'était pas logique, ce...Etais-je assez spécial pour qu'on veuille ma mort? Et Kyte...J'avais déjà entendu ça quelque part, lors du festival...

-Ayla...Q...Qui sont les...Kyte, déjà?
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MessageSujet: Re: Solitude et pensée sont les compagnons des sauvages errants   Jeu 8 Jan - 19:40

La princesse en devenir était dans un état plutôt délicat, son cœur était le théâtre d'un nombre incalculable d'affrontements entre ses diverses émotions. La haine envers les sages, envers Fujiin en particulier, ne faisait que grandir, il était plus que probable qu'elle allait être obsédée par l'envie folle de le tuer, jusqu'à en rêver à chaque fois qu'elle tomberait dans les bras de Morphée. Elle était également prise d'une colère que rien ne semblait pouvoir apaiser contre les comtes, même si elle comprenait leurs agissements, après tout, ils n'avaient que suivre les ordres de leur reine, excepté Kuran et les partisans du pacte. Elle comprenait enfin les réponses évasives de son père adoptif, de son refus de se considérer comme son vrai père, de vouloir lui enseigner tout ce qu'un père pouvait offrir à sa fille. Elle était également prise de dégoût concernant la lune elle même, sa famille était sensée être importante et pourtant elle avait laissée cette guerre civile tout lui enlever. Devait elle vraiment la suivre ? Elle qui l'avait abandonnée. Un bref instant, elle revit le visage corrompu de Numen, la traitant de monstre, jamais...jamais elle ne trahirait la lune, ne serait ce que pour ne pas ressembler à cette garce. Elle devait mettre de côté ses pulsions et désirs, les comtes et les sages attendraient, pour le moment, seul comptait Francis.

Essuyant les larmes sanglantes qui perlaient le long de sa joue, Ayla se reprit provisoirement, pour écouter avec attention le problème de Francis. Sa mère avait dit qu'elle pouvait l'aider, qu'il était lui aussi de sang royal, s'en souvenait il ? Était il comme elle ? Il l'avait aidée, pour la première fois, elle n'était plus seule. Elle se devait de lui rapporter ce qui avait été dérobé, elle devait lui rendre la pareille. Elle n'eut cependant pas le temps de songer à cette amulette, une question de la part du tigre méritait toute son attention.

Surprise en premier temps par la demande de son camarade, Ayla quitta son air sérieux et triste pour rire très légèrement, souriant un bref instant en découvrant les différences qui les départageaient.

- C'est vrai, j'oubliais que tu as pu échapper au terrible fléau qu'est la politique, du moins pour l'instant. Les Kyte sont les membres de la famille dirigeant le royaume d'Edälia, ils sont au nombre de trois : Probus Kyte, le roi, Annabella Kyte, la reine et Milo Kyte, le jeune prince. Tu n'as pas connu ton père n'est ce pas ?

Elle devait y aller en douceur, afin de ne pas le brusquer, si Probus était effectivement son père, il risquait d'avoir un choc. Mais le destin est parfois capricieux et il ne nous emmène jamais dans la direction prévue, surtout lorsque tout semble simple.

- Pitoyable...

Cette voix, elle s'en souvenait, elle n'apparaissait que lorsque Ayla ne suivait pas sa véritable nature et se berçait d'illusions. Phaera, son pouvoir, celle qui avait montré pour la toute première fois Nandoriath à la princesse, celle qui avait encouragée la vampire à tuer le comte Kuran, celui qui ne se servait d'elle que comme un outil ou une arme. Si elle intervenait dans cette situation, les choses risquaient fort de dégénérer, surtout que la dernière fois, elle avait tentée de tuer Francis. Fermant les yeux, la vampire recula en posant sa main sur son crane, a chaque fois que son pouvoir venait lui parler, la douleur était insoutenable, même la douleur de l'abysse semblait insignifiante comparé à elle.

- Qu'est ce que ? Laisse le tranquille...

Petit à petit, l'incarnation même de la nature de la vampire fit son apparition, se matérialisant lentement, mais sûrement, devant les deux élèves, bien que ce ne soit qu'une image et non une forme matérielle comme le pouvoir du professeur Bachiatari. Elle était habillée de mitaines noires en dentelles, ainsi que d'un tissu blanc attaché à sa tête avec ruban et fleurs blanches en guise de chapeau. Elle possédait également une chemise avec un col brodé, une décoration digne de la noblesse, avec un foulard rouge tenu par une pierre rouge sang, provoquant une soif soudaine chez celle qui l'observait. Continuant dans cette lignée des plus riches, l'inconnue aux dents longues portait une veste col au corps et un long manteau blanc et rouge, fermé par une ceinture. Que ce soit pour la veste ou le manteau, les symboles, les rubans, la broderie, tout semblait indiquer qu'elle appartenait à la haute noblesse. Comme sa "maîtresse", Phaera avait une peau extrêmement pâle, ainsi que des yeux rouge sang avec une pupille reptilienne, prouvant son haut lignage dans la hiérarchie des vampires. Ses cheveux blancs argentés rappelaient bon nombre de descriptifs sur les tous premiers vampires, sans compter les immenses ailes de chauve souris qui était tranquillement repliées dans son dos.

- Je t'ai empêchée d'être asservie, je t'ai dévoilée la vérité sur tes origines malgré le pouvoir de ta mère qui m'en empêchait et tu me repousse encore ? Tu considère tellement ce garçon, au point où tu m'a empêché de le tuer...Mais regarde le, tu veux être amie avec lui, mais sa faiblesse fera de lui ta proie. A chaque fois que tu croiseras son regard, tu voudras à la fois passer du temps avec lui et son sang, un drame arrivera tôt ou tard. Tu sais que je ferais toujours tout pour te ramener sur le droit chemin, peu importe le prix à payer. Tu veux que ce chaton apeuré soit ton ami ? Très bien, la souffrance tout comme le plaisir nous forge. Soit nous devenons plus fort et en tirons enseignement, soit nous nous faisons écraser. Ce cher Francis a réveillé une part de ton passé, remboursons donc notre dette !
- Non !


Hurlant, refusant de lui faire revivre ce qu'il avait pourtant essayé d'oublier, Ayla se précipita sur Phaera avec la ferme intention de l'étrangler, elle ne plongea cependant sa main que dans du vide et tomba lourdement sur le sol. Phaera avait parfaitement réussit son coup, le garou était en train de revivre tous les événements du labyrinthe a une vitesse effroyable, jusqu'au moment où il fut forcé de tuer le jeune Redd McCloud. A ce moment précis, le temps sembla ralentir, afin de rappeler au tigre toute l'importance de son geste. Une fois qu'il revint à la réalité, le pouvoir de la vampire s'agenouilla dans un sourire, lui disant une simple phrase avant de s'envoler, ne pouvant pas rester sous cette simple apparition plus longtemps.

- Ma dette est payée, mais si tu veux mon avis, tu as fait la seule chose à faire petit chaton.

Ayla observa sans pouvoir rien faire son ami revivre ce qu'il avait pourtant voulu oublier, les rôles étaient inversés, ce n'était pas elle qui souffrait d'apprendre le passé, mais bien Francis. Et il n'était pas resté sans rien faire pendant qu'elle subissait cette horrible souffrance. Rien n'est plus horrible que la solitude après tout. Frappant son poing sur le sol, elle s'élança en direction de Francis, passa derrière lui et l'enlaça avec une tendresse qui la surprit elle même. Fermant les yeux, elle posa doucement sa tête sur l'épaule de son camarade et lui murmura ces simples mots.

- Je suis désolée...mais si tu veux encore de moi, sache que je ne t'abandonnerai jamais...

~~~~


Certains voient le monde en noir
D'autres en blanc
On parle aussi de gris
Le mien est rouge...


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Francis Dowell
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MessageSujet: Re: Solitude et pensée sont les compagnons des sauvages errants   Dim 11 Jan - 20:06

- C'est vrai, j'oubliais que tu as pu échapper au terrible fléau qu'est la politique, du moins pour l'instant. Les Kyte sont les membres de la famille dirigeant le royaume d'Edälia, ils sont au nombre de trois : Probus Kyte, le roi, Annabella Kyte, la reine et Milo Kyte, le jeune prince. Tu n'as pas connu ton père n'est-ce pas ?

Les membres de la famille dirigeant…le royaume d’Edälia. Et on venait de me dire que cette famille, que les Kyte avaient un lien avec moi.

Je n’ai eu qu’une seule famille. Une seule, et c’était ma folle de mère. Je n’ai eu aucun autre entourage qu’elle, ainsi que Jaden.

Quant à mon père…Il était un grand mystère. C’était l’inconnu sur lequel je pouvais rêver. Bizarrement, je l’aimais. Je l’aimais comme un enfant aurait aimé un père présent pour lui, alors que le mien n’a jamais été auprès de moi. D’une certaine manière, je ne m’étais jamais senti abandonné par lui. J’étais toujours convaincu qu’il allait venir, un jour, retrouver son fils et le prendre avec lui, loin de ma mère, loin des montagnes et du nord. Beaucoup de fois, je m’endormais en me disant « mon père va arriver bientôt, il va me retrouver, car c’était mon père, c’était celui qui allait me sauver de ce que je vivais ».

Alors que je ne savais rien de lui, je pouvais alors l’aimer. Car son visage, son comportement, son identité, sa volonté changeait au fil de mes désirs. Il était façonnable, je pouvais en faire la personne idéale, le père que j’aurais toujours voulu.

Et maintenant…Il était devenu quelqu’un, quelqu’un de particulier, précis. J’allais devoir faire face à la réalité, et la réalité n’est jamais aussi belle qu’un rêve. Il n’allait pas être aussi bon que je l’aurais toujours pensé. Je commençais…à avoir peur de mon père. Pour la première fois…D’autant plus qu’il n’était pas personne. Il s’agissait d’un Roi…D’un bon sang de Roi. Ce n’était pas rien.

- Pitoyable...


Soudainement, une voix sortie de nulle part cracha ce mot dans mes oreilles.

Je commençais à regarder un peu partout pour chercher des yeux le nouvel individu qui était arrivé. En plus de moi et d’Ayla, il y avait un nouveau personnage se promenant le soir dans le petit bois ? Cela m’inquiétait dans une certaine mesure. Je n’étais pas du genre à faire confiance aux personnes que je rencontre au beau milieu de la nuit dehors, comme au début de cette soirée avec Ayla.

Et en un coup, cette voix ressurgit de mes pensées. Je l’avais déjà entendu quelque part...Pourtant, en réfléchissant, aucune personne ne me venait à l’esprit. Je n’imaginais aucun visage particulier associé à la voix. Mais c’est lorsque je posais mon regard sur Ayla que je compris de qui il s’agissait : celle qui se trouvait dans la tête du vampire. Je l’avais entendu lors de notre première rencontre durant le tournoi. Elle avait mené une discussion avec cette entité à l’intérieur d’elle.

- Qu'est-ce que ? Laisse le tranquille...

Et, sortie de nulle part, une jeune femme aux cheveux argentés et aux yeux reptiliens me fit face. Elle était habillée de manière assez élégante, d’une façon que je n’avais jamais vue. Je la trouvais assez ressemblante à Ayla

S’agissait-il de son pouvoir ? Je me demandais ça en me rappelant de l’existence d’Archibald au plus profond de moi, et qui me ressemblait énormément sous ma forme animale. Pourtant, mon propre pouvoir ne possédait pas assez de puissance pour interagir avec moi mentalement, encore moins pour interagir avec d’autres personnes ou apparaître comme ça aux yeux de tous. Peut-être que c’était une histoire de maîtrise, qu’Ayla avait appris au fil du temps à mieux communiquer avec son pouvoir, qui est plus fort, plus présent...  

- Je t'ai empêchée d'être asservie, je t'ai dévoilée la vérité sur tes origines malgré le pouvoir de ta mère qui m'en empêchait et tu me repousses encore ? Tu considères tellement ce garçon, au point où tu m'a empêché de le tuer...Mais regarde le, tu veux être amie avec lui, mais sa faiblesse fera de lui ta proie. A chaque fois que tu croiseras son regard, tu voudras à la fois passer du temps avec lui et son sang, un drame arrivera tôt ou tard. Tu sais que je ferais toujours tout pour te ramener sur le droit chemin, peu importe le prix à payer. Tu veux que ce chaton apeuré soit ton ami ? Très bien, la souffrance tout comme le plaisir nous forge. Soit nous devenons plus fort et en tirons enseignement, soit nous nous faisons écraser. Ce cher Francis a réveillé une part de ton passé, remboursons donc notre dette !

- Non !

Après avoir terminé son monologue à Ayla, elle se tourna vers moi, et plongea ses yeux dans les miens. Soudainement, là, au plus profond de moi, dans une partie reculé de mon cerveau, de ma mémoire, resurgissait quelque chose. Quelque chose que j’avais craint, craint au point où mon essence même l’avait effacé de mes souvenirs, comme pour se défendre.


-Les murs bougent, des pièges se déclenchent et se renouvellent un peu partout

-J'aime ta façon de penser.

-La porte de droite éliminera votre collègue
-Je vais laisser parler mon instinct. Surtout, ne me déçois pas.

- Toi ! Pourquoi ?! Depuis quand es tu avec l'Abysse ?! Réponds moi !


-Détends toi, ça va vite se terminer

- hey vous, il me faut une arme, maintenant!

-Francis, si vous avez trouvé Redd, hâtez vous
-Tiens bon! Je...Je vais m'occuper de toi.



Et d’un coup, après que les paroles, les visions, les odeurs, les douleurs se sont enchaîné, il y eu un grand ralentis, presque un arrêt. Lentement...Très lentement...Je me revoyais, je revoyais les yeux d’un rouquin, remplis de douleur, remplis de peine. Je me revoyais, ma main s’enfonçant dans sa chair. Je ressentais chaque particule de mon être, le silence perturbé par le long bruit de mes doigts, de mes griffes trouvant un chemin vers son cœur. Je revivais ça, et c’était effrayant. C’était encore plus effrayant que la première fois. Une éternité passait alors que je revivais ce moment avec effroi, avec terreur, une culpabilité massacrante et un dégoût choquant. Une éternité qui marquait à jamais dans le marbre les conséquences de mon choix, mes erreurs, ma faute, la chose horrible que j’ai commise.

La jeune femme se mit à genoux devant moi, et me regarda tranquillement, tandis que je me trouvais, immobile, devant elle.

- Ma dette est payée, mais si tu veux mon avis, tu as fait la seule chose à faire petit chaton.

Et en un instant, elle disparut dans la nuit.

J’étais en état de choc. Je ne pouvais pas supporter ça, je ne pouvais pas le surmonter. C’était au-delà de mes moyens. En plein état de panique, je tombais sur le sol violemment, et comme poursuivi par un danger devant moi, je rampais en reculant, jusqu’à ce qu’un arbre ne m’arrête. Je respirais mal, j’étais en hyperventilation, respirant de manière irrégulière, forte. Mes yeux étaient grands ouverts, et ne faisait que trahir ma terreur. Je touchais le sol de mes mains avec maladresse, comme si je cherchais une arme pour me défendre, ou quelque chose auquel je pouvais m’accrocher dans ma détresse.

-Non...Non...Je n’ai...Je n’ai pas pu...Je ne peux pas...C’est pas moi...Je s-s-suis pas capable de...de...Non...C’est p-pas ma faute...Je vo-oulais pas, je voulais p-p-pas....Je voulais pas....C’est pas moi...J’ai f-fais de mal à p-personne...C’est pas m-mon genre...Non...Je s-suis...je suis pas mauvais....J’ai jamais...J-jamais...

Me repliant sur moi-même, j’entourais mes jambes de mes bras. Je tremblais comme une feuille.

- Je suis désolée...mais si tu veux encore de moi, sache que je ne t'abandonnerai jamais...

Les paroles d’Ayla arrivèrent, et la semi conscience de sa présence à mes côtés. Elle s’emblait m’entourer de ses bras délicatement, et avait posé ma tête sur son épaule. Malgré la volonté de me rassurer, la volonté de me calmer, de montrer que je n’étais pas seul, je n’avais pas réagi réellement à sa réaction. Je continuais, à la manière d’un animal apeuré, à regarder autour de moi, ayant l’impression d’être en danger, que quelque chose m’attentais derrière l’ombre de chaque arbre. Les mouvements de ma tête étaient rapides, tout calme m’avait perdu. Mon visage changeait d’aspect à chaque seconde, partageant tout d’abord ma peur, et ensuite mon dégoût. Venait la peine, puis la colère, et la tristesse à nouveau. Ma rage, ma culpabilité, la honte. Une série de mauvais sentiments qui s’enchaînaient au fil du temps, sans s’arrêter, me rendant aussi fragile qu’un insecte qu’on pourrait écraser en posant son pied. Dans une impression de vulnérabilité mal contenue, je plongeais ma tête entre mes jambes, me recroquevillant presque, donnant une vague, une infime impression d’être dans une coquille, en sécurité.

Je ne sais pas combien de temps je suis resté comme ça. Une heure ? Trois heures ? Toute la soirée ? Je n’avais plus de notion du temps. Et qu’est-ce que je m’en moquais du temps. Si on pensait que j’étais dans un état qui me permettait de le savoir.

Ayla, elle, était restée près de moi durant toute la durée de mon isolement. C’était surprenant de voir toute la loyauté qu’elle pouvait avoir pour quelqu’un qui lui avait brisé la nuque lors de leur première rencontre. Et même après le soutien relatif que j’ai pu lui apporter, elle se montrait particulière envers moi. Est-ce que sa vie avait été vraiment aussi terrible, et dénudé de confiance et d’honnêteté pour qu’elle se comporte comme ça ? Sincèrement…Je ne savais pas…Je n’étais pas dans un bon état pour le savoir. La seule chose que je voyais, auquel je pensais, c’était ce que j’avais fait, ce que cette…Cette garce de pouvoir m’a fait resurgir.

Il y eut un moment où le ciel commençait à s’éclaircir très légèrement, montrant que la nuit passait rapidement. En voyant ça, j’eus comme la volonté d’agir. Comme si c’était un signal pour que je fasse quelque chose, comme si je ne pouvais plus faire les choses par ma propre volonté, en attendant qu’on me dise quoi faire… Et il fallait bien que je bouge.

La vie continue… Elle devait continuer. Malgré ça, malgré ce qui venait de ressurgir, il fallait que je vive, que je rentre à l’académie, que je suive les cours et manger et boire… Faire comme si de rien était, même après ça… ça semblait tellement ridicule, mais c’était vrai.

Au moins, je n’étais plus dans un comportement de panique. Le choc, la colère, le désespoir avait laissé la place à la confusion, la méditation, la mélancolie.

- Je…j-je dois r-r-rester un p-peu…Réfléchir…Penser à… Je s-sais pas.

Je devais avoir l’air en piteux état. Je me relevais, assez maladroitement, assez exténué et tombant une première fois sur le sol, avant de tenir plus ou moins définitivement debout. Avec des yeux vides, et une marche cadavérique, je commençais à faire quelques pas devant moi.

Quelques secondes après, je me retournais vers Ayla. Bien qu’assez anéantis, j’avais au moins encore assez de clarté d’esprit pour  me rappeler ce que m’avait dit Ayla. Elle ne m’abandonnerait jamais. Je décidais de refaire demi-tour, et l’aider elle-même à se relever, une nouvelle fois. Continuant de lui tenir la main, je tentais de la regarder dans les yeux.

- Si tu…S-si tu as… Besoin d-d’aide ou de… parler ou de la c-c-compagnie… v-viens me… Voir...

Je n’arrivais pas à la regarder dans les yeux. Il m’arrivait de le faire, mais seulement durant une seconde. Sinon, mes yeux se baladaient de ça de là, regardant le sol. Je n’avais pas peur d’Ayla, je n’en voulais pas à Ayla, j’avais juste honte. Une honte pour ce que j’avais fait durant le labyrinthe, et même si elle me faisait confiance, même si elle ne m’en voudrait pas pour Redd… Même si je savais que je pouvais ne pas avoir honte... Je pense que je n’allais pas pouvoir la regarder droit dans les yeux aussi facilement. Je n’allais pas pouvoir le faire pour quiconque. Mon acte restait horrible. J’avais tué, tué quelqu’un d’innocent, quelqu’un de l’académie, quelqu’un qui ne devait pas s’attendre à voir l’un de ses camarades décider de son sort, et qui ne l’avait pas mérité. Et ça, je ne pouvais me le pardonner. Je n’allais jamais pouvoir me pardonner, et je n’attendais aucun pardon des autres, je ne méritais pas leur regard, ni leur intérêt. J’étais coupable…

Toujours un peu tremblant, toujours aussi fatigué, je commençais à marcher, voir tituber vers l’académie. Je devais atteindre les dortoirs, me poser… Réfléchir…
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Solitude et pensée sont les compagnons des sauvages errants

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