AccueilGalerieFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | .
 

 La dame blanche (en cours)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Date d'inscription : 16/10/2014
Nombre de messages : 42
Age : 26

Feuille de personnage
Race: Wendigo
Dons Élémentaires: Glace
Perfectionnement: Magie Rituelle ~ École du Corbeau

MessageSujet: La dame blanche (en cours)   Jeu 16 Oct - 22:38

Identité
Nom - Un nom de famille ? Mais quelle famille ?
Prénom - Edwen
Surnom - La Dame Blanche
Age - 318 ans
Royaume - Karnevriath
Race - Humaine à l'origine, maintenant...j'ignore si il existe une race définissant ma nature depuis presque trois siècles.
Grade/Métier - La Dame Blanche, nécromancienne venant d'un autre temps...
Guilde - Suivre les ordres de quelqu'un d'autre ne fait pas partie de mes objectifs.
Allégeance - Qu'est ce que je viens de dire ? Peu importe le camp, les dirigeants vont se sentir obligés de tout sacrifier dans une guerre stupide au nom de l'honneur, la « justice » ou une obscure prophétie. Tout ceci les dépassent en vérité et je ne tiens pas à être un mouton égorgé sur l'autel des lubies d'un prétendu libérateur.
Capacités - Voila enfin une question intéressante, je ne peux cependant pas vous répondre avec exactitude. Certains dirons que je suis une nécromancienne, ce qui n'est pas totalement faux, mais à vrai dire c'est un peu plus compliqué que cela. La nécromancie est une variante de l'ombre, or je n'ai aucune maîtrise élémentaire connue de ces merveilleux sages. Mes pouvoirs étaient jadis capables de faire trembler ce misérable conseil lunaire, seulement le temps et un peu de glace draconique ont considérablement réduit le nombre de mes sorts. Je peux actuellement manipuler la glace dans une certaine mesure, absorber l'énergie vitale d'une personne par le toucher et accéder à la mémoire d'un mort. Mais ne vous en faites pas...tout ceci n'est qu'un début.
 
Caractère
150 mots mini
Un personnage a ses qualités et ses défauts. Ne les occultez pas. Vous pouvez nous dire également ce que le votre aime ou n'aime pas. 
 
Physique
  150 mots mini
C'est ici que vous nous décrirez votre personnage. N'oubliez pas d'insister sur le visage, le corps en lui-même, la mode vestimentaire ou encore les signes particuliers, tels les tatouages ou cicatrices.
 
HistoireAn 406

Un couloir semblant être sans fin, éclairé par la faible lueur d'un étrange feu bleu, gardée dans la gueule d'anciennes statues représentant des dragons. Faits d'une glace qui semblait repousser toute source de chaleur capable de les faire fondre un tant soit peu, ces gardiens silencieux observaient d'un air accusateur les quelques soldats qui osaient s'aventurer aussi profondément dans la montagne. Nerveux, tremblant sous ces températures extrêmes, ils ne comprenaient pas pourquoi leur capitaine leur avait ordonné de surveiller cet ancien couloir qui s'étendait à perte de vue. Les rumeurs fusaient, l'inquiétude se lisait sans le moindre problème sur leurs visages tremblants, ils avaient peur, peur de ces statues, de cet isolement au plus profond de la chaîne d'Ayalamith, tout ceci avait été sûrement fait pour une bonne raison. Si les dragons en personne avaient effectivement érigés ce mystérieux refuge,  qui étaient ils pour oser les défier ?

An 87

C'est approximatif en effet, croyez vous vraiment que je me suis dis en étant gamine qu'il serait important de noter en quelle année je suis née ? Vous imaginez sans doute que je vais vous parler de la petite cabane d'une pauvre famille, que c'était un soir de pluie et que j'ai poussé mon premier cri dans...Sérieusement ? On m'a dit que j'étais née à cette époque, je n'ai pas connue mes parents, je n'ai pas eu une merveilleuse enfance chaleureuse avec une perte aussi tragique que soudaine, faisant de moi une héroïne désirant se venger et qui finit par suivre un code d'honneur très stricte, qui la fera se relever même alors qu'elle est à moitié morte. J'allais oublier le si dévastateur pouvoir de l'amitié, c'est ce que vous avez dans vos livres non ? Rien de tout cela, je n'ai aucun souvenir, comme beaucoup d'enfants en cette époque troublée, nous étions en pleine guerre élémentaire, dans un environnement glacial, nous ne savions pas comment nous étions nés, comment nous avions survécus dans toute cette glace, mais nous étions juste là et c'est tout ce qui comptait. Nous ? Nous étions trente enfants, tous ayant le même passé mystérieux, nous devions juste survivre, cette chaîne de montagnes n'étant pas vraiment connue pour son hospitalité. La survie, la glace, la mort, sans doute notre seul point commun.

An 406

Au garde à vous, les soldats cessèrent de parler, saluant leur capitaine avec la rigueur militaire habituelle, puis s'agenouillèrent devant sa mystérieuse invité. Souriante, la jeune femme releva son capuchon et admira un bref instant les soldats, leur capitaine, puis les étranges statues qui surveillaient ces visiteurs imprudents. Demandant sa dague au capitaine, elle tapota le reptile gelé avec délicatesse, avant de lâcher ladite arme qui fut soudainement changée en glace.

Nous sommes effectivement au bon endroit. Capitaine, vous l'avez trouvée ?

Fixant l'arme qui avait été changée en glace, le vieux militaire se remémora les moments où cette merveilleuse dague lui avait sauvée la vie, lorsque lui était désarmé. Grognant, il se retourna finalement et indiqua la suite de ce long et inquiétant tunnel.

Si sa majesté veut bien me suivre...

An 100

Cela faisait quoi ? Onze ans que nous existions, un âge charmant où l'on apprend à se découvrir peu à peu, où l'enfant se rend compte qu'il deviendra adulte par la suite. Qu'est ce qu'être adulte ? Avoir une enfance ? Vous ne comprendriez pas, aucune personne avec votre « éducation » ne le pourrait. Lorsque vous étiez enfant, vous observiez les étoiles en souriant, vous demandant ce qu'il y avait la haut. Nous, nous réunissions chaque soir, observant le brasier qu'étaient Karnevriath et Edälia, ne connaissant que la glace, nous étions assez fascinés par ces torrents de flammes, créés par quelques pyromanciens qui ne passeraient sans doute pas la nuit. Les joies de la guerre. Nous ne voyions guère les soldats, les mages, les chevaliers et autres combattants, mais nous sentions tous ce qui les unissaient : la mort. La guerre élémentaire était parfaite pour ce genre de sensations, des milliers de voix qui s'éteignaient en même temps, un silence sans fin, une douce mélodie au sein de notre terre où ne régnaient que la glace et la roche. Voila ce qui nous unissaient, cette affinité avec la mort et c'est à cette époque que nous avons compris que nous n'étions pas que de simples spectateurs dans cette guerre ne nous concernant pas.

An 406

Avancer dans ce couloir devenait de plus en plus difficile, alors qu'il n'y avait eu que la présence effrayante de ces statues pour leur tenir compagnie, une nouvelle donnée venait de rentrer dans cette étrange équation : le vent. Un souffle glacial frappait de plein fouet les intrus, les forçant à ralentir le pas sous peine de finir congelé. Fort heureusement, le capitaine était loin d'être une tête brûlée, il avait prévu le coup depuis le moment où sa merveilleuse invitée lui avait expliqué ses plans. Entraînement dans le froid, équipement adapté à ce genre de température et le tour était joué, du moins en théorie. Il avait quand même perdu quelques hommes, ne jamais sous estimer la créativité d'un dragon pour défendre un endroit. Mais ses hommes ne manquaient pas de ressources, il devait juste protéger du froid cette charmante jeune femme, jusqu'à ce qu'ils arrivent devant cette ultime porte en forme de tête de dragons. Le vent se stoppa et toutes les lumières s'éteignirent. Grognant, il ordonna, rectification, aboya, qu'on allume des torches et tapota la porte du bout de son épée.

Je crois qu'on y est...apportez moi cette fichue poudre et par pitié, éloignez vos torches en faisant ça !

An 105

Toute personne reçoit une éducation, aussi infime soit elle, on ne peut pas vraiment avancer dans ce monde sans une aide extérieure. Je sens d'ici venir les questions des emm...curieux habituels. Comment puis je savoir lire ou même parler si je n'ai eu ni parents, ni professeur, ni connaissance adulte me guidant vers la civilisation ? La réponse est toute simple, ma transformation. Je ne sais pas si j'étais humaine à l'origine, peut être fais je partie d'une ancienne race s'étant mêlée aux humains et possédant des facultés uniques en son genre. Possible, probable, mais à vrai dire, ce que j'étais n'a que peu d'importance, je m'en fiche complètement pour être honnête. Non c'est ce que je suis devenu qui est plaisant et intéressera sans doute quelques vieux savant à la perpétuelle recherche de l'immortalité. Cette sensation, ce ressenti lorsqu'une personne mourrait, s'est transformée au fil du temps. Nous avions rapidement compris que ce n'était pas normal, que nous changions et finalement, cette sensation s'est muée en une véritable drogue. Au début nous nous sentions bien en sentant le trépas d'un pauvre soldat massacré au nom d'une cause dans laquelle il ne croyait pas, mais très rapidement, les choses ont évoluées. Nous avons obtenus des noms à mettre sur ces derniers souffles, puis petit à petit nous avons entendu leurs derniers mots, ainsi que leurs dernières pensées. Ensuite, les choses sérieuses ont commencées, leur vie nous étaient dévoilées, leur ressenti, leurs expériences, leurs connaissances. Savoir martial, académique, vision du monde, expériences sexuelles, vie sentimentale, vie de famille et bien entendu leur fidélité ou non à tel ou tel royaume. Oh croyez moi, l'expérience n'est pas aussi plaisante que maintenant, à cette époque, les soldats et généraux succombaient par milliers et cela une seule journée. Imaginez ce que cela fait de recevoir toutes ces informations, chaque seconde, tout au long d'une journée, un esprit non préparé n'y survivrait pas. C'est à ce moment que nous avons vu des changements, non physiques à proprement parler, mais bien mentaux. Nous réfléchissions et analysions beaucoup plus vite que la plupart des êtres humains, traitions un nombre incroyable de données et nous savions ce qu'il fallait garder et ce qu'il fallait mettre de côté. Un humain lambda analyse environ une dizaine de détails dans une situation, si sa conscience est suffisamment développée, il peut même voir une cinquantaine de choses et les traiter...Nous nous comptions tout cela en millier. Vint ensuite le moment fatidique, l'instant où nous avons découverts que ces morts n'étaient pas qu'un moyen d'en savoir plus. La première fois est toujours la plus intense.

An 406

A la grande surprise du capitaine, aucun homme ne fut blessé lors de la destruction de la porte. Cette bande d'incapable qu'on lui avait demandé de former avaient réussis à ne pas faire sauter toute la compagnie avec le baril de poudre et en plus s'étaient suffisamment éloignés de l'explosion ? Comme quoi on peut être totalement idiots et avoir un bon sens de survie. L'explosion leur avait dégagé un passage suffisant pour entrer dans cette fameuse pièce, salle des convoitises de sa charmante maîtresse, bien que le terme ne soit pas vraiment approprié. De tous les hommes que cette femme avait connue, il était le seul à ne pas lui avoir servi d'amant. Il ne s'en portait pas plus mal, les mante religieuses ne l'attiraient pas vraiment, malgré son physique...remarquablement intéressant. Arrêtant  ses hommes d'un simple signe de la main, le capitaine observa la pauvre créature qui devait se trouver juste derrière cette porte. Une Vouivre, une très grosse Vouivre, c'est à dire une sacrée bestiole, le genre d'animal à massacrer tous ses gars en un deux temps trois mouvements. Brûlures, éclats, os brisés, ce splendide animal n'en avait plus pour très longtemps, mais au vu de ses grognements, il souffrait le martyr. Fermant les yeux un court instant, le capitaine prit une profonde inspiration, puis fonça sur la créature et enfonça sa longue épée dans son crane, mettant ainsi un terme au supplice de ce gigantesque reptile. Sans dire un seul mot, il fit signe aux soldats d'avancer et se dirigea vers le centre de la pièce, admirant une immense cage de glace, maintenue dans les airs par une dizaine de chaînes, bien que son regard dévia rapidement sur ce que contenait cette magnifique prison.

- Elle est effectivement alléchante et je comprends qu'elle vous fasse tourner la tête capitaine, mais nous ne sommes pas là pour cela. Mettez vous au travail.

An 108

Si il y a une chose que la vie m'a apprise, c'est que toute chose sur cette terre possède une durée définie à l'avance. L'énergie, les gens, les objets, les animaux, la végétation, il n'y a strictement aucune exception. La vie est créée, puis reprise, je ne suis pas vraiment dupe, les vampires, les démons, l'abysse, les elfes,  même moi, tous ceux qui se disent immortels ne le font que par égocentrisme ou pour se rassurer. L'immortalité n'existe pas, je connais suffisamment bien la mort pour vous l'affirmer. On ne peut vaincre la mort, elle ne peut être tuée, mais on peut jouer avec elle, la tromper, miser sa vie et faire durer la partie le plus longtemps possible. Il n'y a aucune règle, tout est permis dans ce jeu, il y a une seule chose à savoir, une erreur et c'est la fin. Au final, le jeu se terminera sur une défaite, mais en trichant un peu, on peut s'amuser suffisamment longtemps pour pouvoir partir avec un sourire satisfait. Du moins c'est ce que je pensais à l'époque, lorsque j'ai fait ma première crise de manque. Vous savez, nous étions, je le suis toujours, assoiffés de pouvoir, en fait je pense même que nous devrions inventer un nouveau terme juste pour nous. Nous avions découverts que non seulement les morts nous apportaient connaissance, mais qu'ils nous remplissaient également d'une toute nouvelle énergie. La première fois que j'ai découvert l'utilité de cette énergie, j'ai failli congeler entièrement le corps de mon « partenaire », pourtant il n'était pas vraiment froid vu la situation. La guerre élémentaire faisait rage à cause des pouvoirs du même nom, offerts par la lune, mais nous, non, nous étions différents, nous ne suivions pas les règles. Nous avons rapidement découverts que nous pouvions créer et manipuler la glace, modifier les perceptions des autres, les diminuant ou les accentuant selon notre bon plaisir, utiliser des cadavres pour créer d'autres personnes, nous n'avions que notre seule imagination comme limite. Nous devions faire attention, notre affinité avec la mort nous causaient quelques menus soucis, nous volions l'énergie vitale des autres par simple contact par moment, tout n'était pas vraiment sous contrôle. Mais rien de bien insurmontable, en cas de vol d'énergie, il suffisait de la récupérer, simple comme bonjour, même si vous trouverez cela macabre je suppose. Nous avons ensuite appris à utiliser notre énergie à des fins plus destructrices, la mort peut détruire tellement de chose, il suffit simplement de la canaliser et la diriger, si vous saviez le nombre de rochers que nous avons explosés pour se défouler un peu. Nous avons appris également à charmer les autres, plus exactement à prendre temporairement le contrôle, plus la créature était puissante, mieux c'était. Puis...nous avons été confrontés à la réalité. Un jour, les morts ont cessés de parler, notre énergie ne revenait plus, quelque chose ne tournait pas rond dans notre monde pourtant si parfait. La guerre élémentaire s'était terminée, c'était tout simplement impensable. Comprenez, depuis notre naissance, nous vivions dans l'ombre de cette guerre, nous pensions êtres invincibles, que cette guerre avait pour unique but de nous nourrir. Et pourtant, nous ne ressentions plus cette euphorie, le froid et le vide s'installaient à nouveau. Comme tout drogué privé de sa drogue, nos premiers jours furent compliqués, nous avons bien faillis nous entre-tuer, cela aurait été une bien triste fin au vu de notre potentiel, mais il ne s'en est fallu que de très peu. C'est à ce moment là que j'ai réalisé que nous n'étions pas ou plus des humains, cette espèce se serait sans doute massacré pour ressentir à nouveau ce plaisir, mais nous avons été plus malins, comme souvent sans vouloir me vanter...quoique, je m'en fiche en fait. Nous sommes descendus pour la première fois de cette chaîne de montagnes, découvrant ce qu'était vraiment un champ de bataille, endroit qui nous a pas mal surpris. Nous voyions ce genre de festivités comme...beaucoup plus ordonnés. Les corps étaient éparpillés, les humains peinaient à les ramasser et les enterrer. Nous nous sommes dit ce jour là, que nos champs de batailles seraient beaucoup plus organisés, de toute manière, nous pouvions recycler les morts donc bon. Je ne vais pas vous parler de l'immonde gaspillage de ressources fait par vos peuples respectifs, mais plutôt de notre révélation sur le moment. Un humain se serait dit, pourquoi un tel massacre ? Ce n'était pas notre cas. Non, nous nous sommes dit, pourquoi est ce que cette moisson s'est arrêtée ? C'est à cet instant que nous avons réalisés que la lune avait repris ses pouvoirs, ses merveilleux pouvoirs élémentaires. Sans pouvoir, pas de conflits, donc pas notre source de bien être et par la même occasion nos propres pouvoirs. C'était à devenir fou, serions nous priver de notre extase car la soi disant créatrice de toute chose avait décidé d'inverser la tendance ? Nous ne pouvions pas suivre les règles du jeu, il fallait trouver une solution, quelque chose capable de briser les règles, de contourner tous les problèmes.

An 406

Travailler pour une telle femme avait un certain avantage pour le capitaine, il était réellement comblé par chaque tâche qu'on lui confiait, elle ne lui faisait jamais faire quelque chose d'ennuyant ou d'inférieur a ses compétences. Le principal souci d'un vétéran est l'ennui profond qu'il peut ressentir quand il est confronté à un problème normal, surtout lorsqu'il a vécu bien pire par le passé. Dans le cas de la tâche ici présente, il fallait détacher la prison de glace de ses nombreuses chaînes et cela tout en douceur, pour après fracturer délicatement cette glace, qui semblait être fragilisée par un phénomène qu'il n'expliquait pas. Sortilèges, monstres, catastrophes naturelles, prophéties, imbéciles pensant que se battre devait être forcément avec honneur, le capitaine avait tout vécu. Pourtant, pour la première fois depuis longtemps, un vrai défi se présentait à lui. Il ne comprenait strictement rien à la situation et c'était fort plaisant. Coordonnant ses hommes, il avait fait poser plusieurs structures de pierres, crées à partir de roches trouvées dans la montagne, afin de soutenir cette prison une fois les chaînes détruites. Puis, retirer la plus grosse partie de la glace afin de faire glisser une taille humaine sur le sol, via la force de ses hommes et de lui même. Les soldats avaient beau ne pas réfléchir énormément, ils suivaient à la lettre les instructions de leur capitaine et tout se déroula à merveille, du moins pour le moment. Le véritable défi, il faut l'avouer, était de se concentrer sur cette prison quand on voyait la créature qui sommeillait à l'intérieur. Comment pouvait on enfermer pareille beauté ? Sans compter son habillement qui ne pouvait que stimuler les pulsions d'un homme. Il ne comprenait vraiment pas les sages, mais en travaillant avec sa patronne il avait appris une chose importante sur ces beautés fatales. Les plus belles femmes sont souvent les plus dangereuses.

- Tapotez la glace, je veux trouver son point de fragilité ! J'ai dit tapoter, pas cogner !

An 112

Quatre ans, il nous a fallu quatre ans pour entrevoir une solution à ce problème de manque. Nous sommes remontés sur nos chères montagnes, méditant sur le cours des événements, revoyant chaque information que ces âmes nous avaient transmises. Nous nous sommes concentrés au début sur le but de cette guerre, avant de comprendre que ce n'était au final qu'une perte de temps. Pourquoi cette guerre s'était elle déroulée ? Tout simplement car ils avaient eu du pouvoir, pas vraiment besoin d'analyser très loin pour comprendre que cela ne nous servirait pas. Nous avons ensuite étudiés les pouvoirs élémentaires, ces entités vivant dans le corps de chaque mage, elles aussi avaient des émotions, des sentiments et surtout des informations à nous transmettre. Elles ne semblaient pas désirer ce combat, mais ce n'était pas ce qui nous intéressait, il fallait trouver comment les faire revenir. Nous avons épluchés chaque vie élémentaire, analysé ses expériences, retrouvé le jour de leur naissance, pour en revenir au même point...il était impossible d'offrir un pouvoir élémentaire sans l'accord de la lune. Cette divinité nous prenait sérieusement de haut et nous n'apprécions pas  vraiment son sevrage intempestif. L'échec n'était pas tolérable, nous n'avions pas découverts tout ceci pour finir privé de notre raison d'être. Seulement, j'ai remarqué un fait intéressant, cette fameuse naissance de pouvoirs était liée à une sorte de poussière envoyée par la lune. Chaque individu recevant cette poussière était alors pourvu d'une entité, mais cela nous le savions déjà, non j'ai découvert quelque chose de plus intriguant. Cette poussière semblait provenir d'endroits clés, un point d'impact en somme, avant qu'elle ne se mette à se disperser tel un nuage bienveillant débordant de pouvoir élémentaire. La lune était une divinité, mais elle ne faisait pas partie de notre monde, elle devait donc se matérialiser pour offrir telle ou telle capacité, ou créer des points d'accès. En théorie, si nous parvenions à récupérer suffisamment d'énergie et trouver ces points d'entrée, nous pourrions tous accéder à ce fameux et mystérieux plan lunaire. Le problème, c'est que la lune était loin d'être idiote, elle préviendrait immédiatement ses serviteurs en cas d'intrusion et pas besoin d'être devin pour savoir qu'il existait quelques élus avec une maîtrise élémentaire suffisante. Cela tombait bien, d'après ce que nous savions, il existait des mages très puissants qui représentaient la lune, des sages, chargés de garder l'équilibre au sein de la création lunaire. Et voila qu'un village entier d'humains venait de se faire massacrer au même moment. Cela nous fournissait l'énergie suffisante, ainsi que la possibilité d'une diversion pour occuper les sages. Nous n'avions qu'à patienter...

An 406

L'épée, la dague, mais le maillet et le burin, il fallait avouer que c'était une première pour le capitaine. Il faut dire qu'entre tuer un adversaire armé et vaincre une terrible prison de glace, il y avait une sacrée différence. Cette prison était réellement bien conçue, sans une aide extérieure, même la créature la plus puissante de l'univers ne pourrait pas s’échapper. Le détenu était tout d'abord enveloppé dans une fine couche de glace, ralentissant ses fonctions vitales et drainant petit à petit toute son énergie. S’ensuivait ensuite d'autres couches qui avaient pour but d’emmagasiner ladite énergie et la faire s'évaporer dans les airs. Visiblement, plus la personne était puissante, plus les couches étaient nombreuses, ce qui fit pâlir un bref instant le vétéran endurci. Chaque couche faisait environ cinquante centimètre d'épaisseur, sauf qu'ils avaient du retirer pas moins de cinquante mètre jusqu'à arriver à la couche principale. Si ses calculs étaient exacts, même les démons et les vampires dont parlaient les légendes, n'avaient pas autant d'énergie. Qui était donc cette femme ? Une prison capable de contenir toute l'énergie de six sages réunis, un passage secret dissimulé au cœur même de cette chaîne de montagnes, des gardiens capable de geler les curieux découvrant cette prison, un vent glacial qui aurait tué n'importe quelle personne découvrant cet endroit par hasard, une porte scellée qui avait demandé un baril entier de poudre explosive, une vouivre de glace...Décidément, il n'aimait pas du tout ce travail. Il ne savait pas pourquoi elle lui avait demandé de trouver cette femme, mais il sentait bien que le plus dur était à venir, cette prisonnière était dangereuse et sans doute furieuse d'avoir été ainsi enfermée. Il était certain de deux choses : cette femme était encore en vie après tout ce temps et elle allait tuer au moins deux de ses hommes dés son réveil. Cela ne lui plaisait pas, mais ce ne serait pas la première fois qu'il devrait sacrifier quelques soldats pour mener à bien sa mission. Inspirant, il frappa la glace à un point précis et la brisa, laissant la jeune femme tomber, toussant, comme si elle venait d'échapper à la noyade. Deux gardes étaient déjà en train de l'aider, il savait déjà ce qui allait se produire et bon sang ce qu'il détestait avoir raison dans ce genre de cas.

An 115

Trois années s'étaient écoulées depuis que nous avions découvert le moyen de combler notre besoin incessant d'âmes fraîches. Nous savions comment procéder, nous avions l'énergie nécessaire, nous avions les moyens de le faire, nous pouvions à tout moment pénétrer dans le domaine de la lune, l'origine même de toute cette création. L'impatience nous gagnaient tous, mais nous savions que lorsque l'on voit les choses en grand, il faut savoir minimiser les risques et avoir toutes les cartes en main. Nous étions pour la plupart ravis de notre plan et beaucoup voulaient mettre tout ceci en branle dés notre première année d'attente, mais ce n'était pas mon cas. Je n'aimais pas, je n'aime toujours pas, me lancer dans une opération, une mission, une quête, bref ce que vous voulez, tant qu'il reste une inconnue dans l’équation. Cette inconnue, c'était les sages et leur rapport avec la lune. Ils n'étaient pas que des mages possédant une force exceptionnelle, non, ils avaient un véritable lien avec cette divinité, un moyen de communiquer, peut être pas tous, mais un des six devait posséder ce fameux don. J'ai donc misé sur Fujiin, le sage des vents, je l'ai analysé en détails. Oh je ne l'ai pas rencontrée, je suis ambitieuse mais pas folle, à cette époque je n'avais pas les moyens de lui tenir tête. Non, j'ai opté pour une approche plus subtile, différente. Savez vous quel est le problème avec le pouvoir sur Rëvalïa ? Tôt ou tard, on finit par parler de vous et si vous agissez ouvertement, les informations vont fuser, il suffit juste de filtrer les rumeurs, les racontars et le folklore. En tant que chef des sages, Fujiin était plus ou moins considéré comme un demi dieu, comme personne n'a vraiment vu son visage, je ne peux vous confirmer cette rumeur, mais ce n'est pas ça qui m'intéressais. Il était dit qu'il maîtrisait tous les éléments, mais se spécialisait dans le vent, qu'il avait créé plusieurs artefacts et qu'il était capable de voir l'avenir. De toutes ces informations, une seule a réussi a capter mon attention, son don de voyance. Il ne semblait pas capable de prédire les mouvements d'un adversaire selon les rumeurs, mais savait que telle ou telle chose allait se produire. J'en ai donc déduis qu'il avait des visions, une sorte d'hallucination ou plutôt de songes envoyés par la lune. J'avais donc trouvé leur moyen de communiquer, seulement nous ne pouvions prendre le risque de partir durant la journée pour éviter qu'il obtienne des informations sur nous en dehors de ses phases de repos. Il était dit qu'il méditait énormément, phénomène que je qualifierai plus d'éveil, moment où il était sans doute le plus réceptif aux messages de la lune. Conclusion : il pouvait nous voir arriver n'importe quand. Ses visions en elle même ne pouvaient pas être exactes, je pense plus que la lune est un peu comme nous, dans le sens où elle analyse en permanence ses « sujets ».  Elle ne peut pas vraiment  savoir ce que nous allons faire, mais peut prévoir ce que nous pouvons devenir, du moins c'est ma théorie. Pour nous, elle devait sans doute se dire que nous étions une inconnue dans sa création et attendait de voir si nous allions faire comme tous les autres humains, tenter de prendre le contrôle sur nos pairs. Je pense qu'elle était surtout curieuse, nos pouvoirs ne venaient pas d'elle, donc elle voulait voir ce que nous allions en faire, une simple étude sur la durée en somme. Jamais elle n'aurait pu se douter que nous aurions la capacité de la défier, à sa place je n'aurai pas non plus soupçonnés des êtres tels que nous d'avoir cette faculté, comme quoi, même une divinité ne sait pas tout. Tout cela pour dire, que nous ne devions pas attaquer immédiatement, il fallait attendre le bon moment, une diversion pour occuper les sages, chose qui nous fut offerte par le roi des vampires quelques années plus tard. Les humains voulaient se battre, afin de venger leur pauvres frères et sœurs, bien qu'ils se fichaient éperdument de leur sort avant qu'ils ne se fassent massacrer. Mais le roi humain n'était pas vraiment pour un assaut direct, il savait ce qu'il risquait, preuve de son intelligence. Je ne connais pas bien les vampires, mais je sais bien que la lune ne fait pas les choses à moitié, si ce roi aux dents longues était le tout premier de la liste, ce n'est pas les humains qui auraient pu faire quoi que ce soit. Les sages devaient donc s'en charger et seraient totalement occupés par l'affrontement de ce dernier. Comment j'ai pu deviner la date de leur départ ? Rien de bien compliqué, les humains ne sont pas très discrets, le roi a demandé à Fujiin de rassurer son peuple et ce qu'il a fait, ni plus, ni moins. Les masses apeurées sont décidément très pratiques.  Quant à nous, nous avons juste patientés, analysant comme à notre habitude les morts non naturelles de ce monde, rien de bien effrayant pour la lune.

Et vint ce fameux jour, le jour le plus important de mon existence, ce jour où nous avons dérobé la puissance de la création. Que voulez vous, on est ambitieux ou on ne l'est pas ! Les sages étaient partis affronter le roi des vampires, leurs pouvoirs allaient être clairement sollicités, nous étions tranquille pour un moment. Nous nous sommes dispersés, chaque nécromancien devant se rendre à ces fameux points d'accès. Nous étions en place depuis des jours, mais pour ne pas éveiller les soupçons de la lune, nous avions décidés de créer des « cultes » où nous parlions de l'immortalité à quelques imbéciles avides de pouvoir. Nous devions leur apprendre les secrets de la mort lors de leur initiation, bien qu'en vérité, nous ne faisons qu'absorber leur essence vitale. La lune voyait en cela une étape standard et totalement prévisible d'une possible domination de l'espèce humaine, ce qui était secondaire comparé à la menace vampire et s'est bien entendue concentrée sur le véritable adversaire des sages. Nous avons donc été rejoindre ces fameux points d'accès et nous avons utilisés les âmes de ces pouvoirs morts pour créer un portail menant à ce fameux plan lunaire. Contrairement à ce que vous pouvez croire, cela n'avait rien de facile, nous devions utiliser une grande partie de notre énergie pour devenir une sorte d'avatar de la mort, quittant provisoirement notre condition d'être vivant. Nous étions liés au monde de morts, utilisant toute leur puissance, tout en restant dans le monde des vivants. Un de nos sorts les plus puissants, malheureusement nous ne pouvions pas faire vraiment durer cette forme, donc tout était une question de timing. Garder cette forme et utiliser ces âmes, nous demandait une concentration exceptionnelle, surtout que nous devions faire la même chose, tous en même temps. Contrairement aux autres espèces, nous avions une faculté assez intéressante et nécessaire dans ce rituel, nous étions tous connectés, ce qui nous a permis de ne pas commettre d'erreur. Quand j'y repense, c'est assez amusant, trente êtres connectés ensembles, qui n'ont pas plus de point commun que cela et qui se trahiraient bien si l'un d'eux pouvait prendre l'avantage. Au moins cela rendait tous nos rapports beaucoup plus...appréciables. Enfin donc, nous avons réussi à créer ces portails et au moment où notre forme d'avatar a cessée d'être, nous étions déjà dans le plan lunaire. Parler de cet endroit...comment dire...c'est très blanc. Pour vous permettre de visualiser vulgairement la chose, mais vraiment très vulgairement, imaginez vous dans une mer de brouillard et qu'au centre de tout se trouve une gigantesque sphère de lumière. Je me souviens avoir perdu toute notion de temps et d'espace, comme si nous étions dans un endroit défiant toutes les lois, comme si rien n'existait au final, excepté cette sphère. Je n'ai pas vraiment eu le temps d'admirer le...rien ? Le rien blanc plutôt, oui c'est plutôt représentatif, nous savions que la lune risquait de contacter Fujiin et par des moyens plus violents si il le fallait. Nous devions l'occuper et l'empêcher de nous faire revenir sur Rëvalïa. Nous avons donc commencer à drainer son essence, c'était aussi simple que de le faire physiquement à un être vivant, sauf que nous devions toucher une énergie et non un corps physique. Naturellement, certains d'entre nous sons morts dés le début de ce rituel, c'était même nécessaire. Nous savions que beaucoup trépasseraient, mais chacun était prêt à prendre ce risque pour obtenir un remède à cette faim insatiable. La lune se défendait, nous brutalisant sans cesse, tuant bon nombre d'entre nous, mais leur mort nous rendait encore plus forts et je pense qu'elle s'en est rendu compte à un moment, vu qu'elle semble s'être laissée faire. Une âme standard augmente nos capacités très légèrement, mais nos propres âmes sont composées de toutes les âmes que nous avons absorbés et non utilisées, ce qui fait que si l'un de nous meurt, celui qui absorbait son essence décuplait, non pardon, centuplait ses capacités. Au final, sur les trente partis dans ce plan, seuls neuf d'entre nous ont survécus. Nous avons finalement absorbés cette fameuse essence et la lune nous a renvoyé chez nous, dans un dernier effort, sans doute dans le but de nous tuer sous le choc de ce voyage instantanée et ainsi récupérer son énergie. Nous étions...je ne sais comment le décrire, simplement plus en fait, quelque chose de bien plus important que ce que nous étions. Nous sentions toute cette puissance, n'avions plus ce besoin d'âmes en permanence et étions à ce moment suffisamment forts pour défier tous les sages, à tour de rôle. En vérité, chacun de nous aurait pu massacrer dix fois les sages. Nous étions promis à changer ce monde, à faire de grande choses, que beaucoup auraient jugées terribles, mais nous n'étions pas encore prêts. Après avoir affrontés une divinité, il fallait nous reposer, c'était un peu comme si nous avions pris un repas qui était un milliard de fois trop nourrissant et qu'en plus cette fichue viande, bien que délicieuse, nous avaient roués de coups. Nous avons donc été nous reposer dans notre refuge, récupérant lentement, très lentement, des blessures que la lune nous avait infligées.

An 406

Elle leva les yeux, observant toute cette petite assemblée, les gardes, le capitaine, la mystérieuse femme, les outils, les débris de la prison, le cadavre de la vouivre des glaces, les morceaux de la porte et renifla l'air qui sentait encore la poudre explosive. Sa façon d'observer tous ces petits détails n'avait rien en commun avec celle qu'avait un nouveau né qui découvrait le monde. Elle passait extrêmement rapidement d'une analyse à une autre, avec un regard plus que terrifiant, elle ne voyait pas des humains, mais bien des menaces...et de la nourriture. Finalement, elle se releva péniblement et ferma les yeux, souriant chaleureusement aux gardes, leur parlant d'une voix faible, mais néanmoins accueillante.

- Merci...sans vous je serais probablement morte, vous êtes de véritables héros.

Elle trébucha à nouveau et se laissa rattraper par l'un des gardes, se collant à lui dés qu'elle sentit le contact de son corps. Elle le regarda droit dans les yeux et glissa lentement sa main sur sa joue, puis rapprocha ses lèvres de son oreille et lui parla d'une voix extrêmement sensuelle.

- Merci jeune homme, voyons voir, comment vais je vous récompenser ?

Il était comme hypnotisé, la façon qu'elle avait de déplacer son corps, ses habits dévoilant beaucoup plus que la plupart des femmes « civilisées », ses caresses, son regard, ses lèvres se rapprochant peu à peu des siennes, comment y résister ? Le baiser fut au départ dans la continuité de cette sensualité, puis devient de plus en plus fougueux, langoureux et...mortel. Cinq secondes après avoir touché ce corps plus que désirable, le premier garde ne fut plus qu'un tas d'ossements avec une armure. Son camarade n'eut pas le temps de réagir que la main de la jeune femme fut déjà placée sur son cou, comme si elle l'étranglait, sauf que c'était bien entendu beaucoup plus vicieux que cela. Cinq autres secondes plus tard, il rejoignit son collègue, faisant reculer tous les autres militaires, sortant tous en même temps leurs épées. Ils n'attaquèrent pas pour autant, par crainte et aussi car leur capitaine leur ordonna d'un signe de main de déposer leurs armes, tandis que la mystérieuse femme encapuchonnée s'avançait vers la tueuse. Cette dernière se lécha les lèvres et fit craquer légèrement sa nuque avant de sourire d'un air mauvais.

- Seulement deux vies après presque trois siècle d'emprisonnement ? Je pensais que votre faim serait plus conséquente, chère Dame Blanche.

Souriant de plus en plus, Edwen se déplaça lentement vers la jeune femme, avançant sa main en direction de son visage dissimulé par cette affreuse capuche. Elle s’arrêta rapidement dans sa course, sentant le contact de la lame du capitaine juste sous sa gorge. La plupart des personnes auraient déglutis devant la menace de finir avec la gorge tranchée, mais ce n'était pas son cas. Elle ne faisait que sourire, visiblement ravie de la tournure des événements. Ce groupe était dirigé militairement par ce fameux capitaine, mais c'était bien cette femme, à la silhouette délicieuse, qui commandait ce dernier. Ils étaient venus en connaissance de cause, connaissaient son histoire et étaient prêts à sacrifier leurs hommes, les pions comme à leur habitude, afin de satisfaire sa faim. Ce n'était clairement pas suffisant, mais elle voulait en savoir plus avant de continuer.

- Merci de votre intervention capitaine, mais ça devrait aller, Edwen ne veut pas me tuer, sans quoi elle aurait agit beaucoup plus rapidement.
- Majesté avec tout le respect que je vous dois vous...
- C'est un ordre capitaine.

Grognant, le vétéran rangea sa lame, sans avoir fait la moindre marque à l'ancienne détenue, il n'aimait pas ça, cette femme était plus dangereuse que tous les adversaires qu'il avait combattu. Ne cachant pas sa satisfaction, Edwen continua son geste et retira délicatement le capuchon pour dévoiler le charmant visage de la mystérieuse femme. L'observant de haut en bas, la nécromancienne dévora du regard ce corps plus qu'intéressant, les gardes dont elle avait pris la vie n'avaient pas vraiment été gâtés par la nature, mais cette femme valait vraiment le coup d’œil et bien plus si affinité. Visiblement ravie, elle se retourna vers le capitaine et lui parla d'un air amusé, sachant pertinemment que ce dernier se méfiait d'elle et semblait vouloir éviter tout contact.  Un homme intelligent, c'était rare.

- Alors cap', tu me présente à ta charmante patronne ?
- Vous avez devant vous Annabella Kyte, reine du royaume d'Edälia et...
- Salut Annabella, vu que tu as eu la bonté de sacrifier tes hommes et que tu es d'une nature très appréciable, je te laisse disons deux minutes pour me dire ce que tu me veux.
Un peu de respect envers sa majesté !
- Qu'elle tapine ou qu'elle commande, je m'en contrefiche, je ne respecte que les personnes qui m'égalent ou me sont supérieures. Libre à elle de me surprendre ou non. Quant à toi, sois un gentil petit toutou et ferme là si tu ne veux pas que je te refroidisse. Je déteste parler à des intermédiaires.

La reine sourit à son tour, retenant avec difficulté un rire devant les propos tenus par la Dame Blanche. Ses informations ne parlaient pas vraiment de sa psychologie, mais elle n'était pas déçue devant de telles réactions. Elles se ressemblaient énormément, même si elle était certaine que les capacités mentales de sa future nouvelle amie dépassaient de loin ses propres facultés. Annabella avait beau avoir de l'ambition, appréciait comme beaucoup de nobles la flatterie, elle savait aussi reconnaître un combat qui était perdu d'avance. Manipuler un seigneur du froid risquait d'être compliqué, elle doutait même pouvoir y arriver. Mais ils pouvaient former une alliance profitable aux deux partis. Après tout, le pouvoir politique n'intéressait sans doute pas Edwen, elle ne serait donc pas une gène pour ses propres objectifs, elle ne désirait que retrouver sa puissance d'antan et se venger, tout en éliminant les menaces potentielles.

- J'irais donc droit au but Edwen, il y a cent ans, l'académie d'Edälia, malgré les protections fournies par les sages, a été détruite. Cette destruction a entraînée la naissance d'une entité rivalisant, voir dépassant le pouvoir de la lune. Partout sur notre monde, cette entité a volée un nombre incalculable de vies et elle va continuer, jusqu'à ce qu'il ne reste plus aucun être vivant, ni même de végétal ou de minéral. Les sages ont promis de garder la situation sous contrôle, mais il y a quelques jours, l'abysse a surgit dans mon royaume, manquant de peu de détruire la capitale. Il a fallu d'une seule créature abyssale pour mettre à genoux les sages, ils sont dépassés par les événements, incapables de faire quoi que ce soit et sont un ralentissement à mes projets depuis bien trop longtemps. Je sais qui vous êtes Edwen ou plutôt ce que vous êtes, le tout dernier seigneur du froid encore en vie. Vous avez utilisée l'énergie même du monde des morts, vous êtes unique en votre genre. Je veux que vous retrouviez vos pouvoirs et éliminiez Numen Silrul, le héraut de l'abysse. Elle a un lien particulier avec cette entité, si vous la tuez, l'abysse succombera également. Si dans le même temps vous pouviez également tuer tous les sages, cela m'arrangerai, mais je suppose que cela fait déjà partie de vos objectifs. L'abysse se nourrit des âmes et des pouvoirs de ses victimes, il s'agit de votre concurrente directe, tant qu'elle sera là, elle détruira bon nombre d'âmes, tout comme elle voudra vous éliminer quand vous commencerez à vous nourrir. A vous de prendre les devants et de massacrer cette aberration. En échange, je vous fournirai moyens, nourriture et bien d'autres choses, cela dépend de vos « désirs » bien entendu. Seulement, tout comme vous ne respectez pas les êtres inférieurs, je dois vous rappeler que vous n'êtes plus rien Edwen. Prouvez moi que vous pouvez redevenir un seigneur du froid et mon aide vous sera acquise, vous comprendrez que je ne fais pas dans la charité.

Le silence régna durant de longues minutes, instants où la Dame Blanche se contenta uniquement de fixer la reine d'Edälia, cette femme était non seulement née avec un physique plus qu'intéressant, mais possédait également une intelligence surprenante, un caractère adorable à ses  yeux, ainsi qu'une ambition a peine dissimulée. S'en faire  une ennemie serait une grave erreur et elle avait raison sur un certain point. Edwen n'était pas en mesure de faire quoi que ce soit contre elle dans son état et de toute manière, elle ne voulait pas gâcher une telle créature. Elle semblait pouvoir beaucoup lui offrir et elle n'allait pas cracher dessus.

-  J'ai besoin d'informations sur cette abysse et  cette Numen Silrul, sur cette académie, sur les personnes liées à la lune et sur ce qui s'est produit ces trois cent dernières années. Si un lieu a changé depuis mon emprisonnement, si il y a des légendes, même la moindre rumeur, je veux le savoir. Mon pouvoir est toujours présent, quelque part, si je trouve ces lieux et ces personnes, je pourrais retrouver petit à petit ma puissance. Quand j'aurai retrouvé disons...un quart de mes facultés, vous me devrez un verre Annabella.
- Une marque de respect ?
- Vous avez l'avantage sur moi, pour le moment et puis vous m'êtes sympathique, pour plusieurs raisons.
Ravie de l'entendre, je vous retrouverai le moment venu donc. Autre chose ?
On commence quand ?

An 116

Savez vous pourquoi la nécromancie effraie autant les habitants de ce monde ? Pourquoi même les plus puissants mages de ce temps considèrent cet art comme maléfique et contre nature ? Car ce pouvoir détruit la plupart des règles instaurées en magie pour n'en laisser qu'une, la mort. Les magies élémentaires ont besoin de deux énergies pour libérer tout leur potentiel, l'énergie magique du mage et l'énergie élémentaire se trouvant dans une zone où ce pouvoir règne. Les sages ont parfaitement compris ce principe et ont créés pour cette unique raison les temples des éléments, bien que le monde croit en leur désir de transmettre leur savoir ou d'y enfermer de terribles menaces. La faiblesse principale de ces pouvoirs élémentaires est que le mage doit donc se ressourcer dans cet élément, bien que la plupart des étudiants en magie ignorent ce fait. Ils doivent penser que dans leur merveilleuse académie, leur bon directeur leur a créé des espaces où leur élément règne pour faciliter leur entraînement. La naïveté, principale cause de la mort des êtres humains. En dehors de ce besoin de se recharger, survient un autre problème, le fait que la plupart des éléments s'annulent. Il est vrai que nous autres Seigneurs du Froid utilisons la glace, ce qui peut être bien entendu contré par un sortilège de feu de même intensité, mais notre principal force vient de la mort elle même. La nécromancie se nourrit de deux énergies liées à la mort, l'âme venant tout droit du monde des morts et l'essence vitale d'un individu. Lorsqu'un mage élémentaire n'a plus d'énergie, il perd connaissance, tombe dans le coma, voir meurt. Lorsqu'un nécromancien de haut niveau n'a plus de force, il n'a qu'a voler celle de son adversaire tout simplement. La mort est immuable, impossible a arrêter, on ne peut que gagner du temps contre elle. Peu importe vos efforts, elle gagnera toujours, ce qui fait que je gagnerai toujours.

La lune est création, mais nous nous fichions bien de ce pouvoir, nous n'avions vu en son essence qu'un moyen unique en son genre pour amplifier définitivement nos propres capacités et au passage de contrôler notre faim insatiable. Cette nouvelle force nous était nécessaire pour réaliser notre véritable objectif, utiliser l'énergie de toutes les âmes présentes dans le monde des morts. Nous aurions gagné une puissance quasiment sans limite, nous aurions pu mettre les sages à genoux, abuser sans relâche de nos capacités et envies, pour des siècles et des siècles. Nous aurions ensuite remplis à nouveau le monde des morts en créant de multiples conflits, utilisant les cadavres de nos ennemis comme soldat dans une merveilleuse et gigantesque armée de morts vivants. Une guerre sans fin, peu importe si nous perdions, nous ferions de toute manière des victimes chez les vivants, leurs âmes rejoindraient le monde des morts et leurs cadavres nos forces armées. Comme expliqué précédemment, nous ne pouvions pas perdre avec un tel plan, seulement, il nous fallait puiser dans le monde des morts pour arriver à finaliser ce merveilleux projet. Les sages ne pouvaient plus nous arrêter et ils devaient encore nous trouver, nous n'avions véritablement qu'un seul obstacle sur la route menant à notre succès, Lewis Thaddeus d'Elenor. Beaucoup considéraient cet homme comme un nécromancien accompli, nous trouvions qu'il avait au contraire beaucoup trop de limites, pourquoi utiliser la nécromancie grâce au pouvoir de l'ombre ? C'était si stupide, si limité, il pouvait obtenir tellement plus en dérobant les âmes du monde des morts. Mais ce n'était pas son but, il avait un tout autre projet et je dois dire que malgré ses limites, ses connaissances sur ce monde étaient impressionnantes. Il voulait fusionner le monde des morts et celui des vivants, ce qui aurait détruit tous nos projets, vu que la mort n'existerait tout simplement plus sous sa forme habituelle, elle ne serait plus qu'un moyen de parvenir à une forme de vie différente. Mourir pour vivre, ce serait presque amusant, presque. Nous ne pouvions pas le laisser faire, mais nous ne voulions pas l'affronter. Utiliser nos pouvoirs  risquait de déchaîner une puissance qui se serait ressentie partout sur Rëvalïa et ainsi alerter les sages. Ils ne pouvaient nous vaincre, mais je savais que sous estimer les ressources des serviteurs de la lune serait une erreur qui pouvait nous coûter énormément. Il était hors de question d'échouer maintenant, pas lorsque nous étions si proches du but. Alors nous avons appliqués la règle entre nécromanciens, nous lui avons proposé une alliance. Nous savions que Lewis ne voulait qu'une chose, retrouver sa femme, morte durant la guerre élémentaire, un peu avant que nous ne commencions à nous nourrir des victimes de ce conflit. Nous étions certains qu'avec l'essence lunaire, nous pouvions la faire revenir, alors nous avons conclu un marché. Nous faisions revenir son épouse et en échange, il n'intervenait plus sur le monde des morts. Il a bien entendu accepté et nous avons fixé une rencontre pour sa résurrection. Nous avons expliqués à ce noble que nous avions besoin des ossements de son épouse et qu'il n'y avait qu'ensemble que nous arriverions à faire revenir sa bien aimée. Naturellement, nous avons également ajoutés que seul notre repaire, ayant permis de stabiliser notre nouvelle énergie pendant notre repos d'un an, pouvait faire revenir sa femme. Bien entendu, nous n'avions absolument pas l'intention de lui rendre service, une fois sa femme ressuscitée, je l'aurais vidé de ses forces vitales, ainsi que son épouse et ils seraient repartis tous deux dans le monde des morts avant de finir dévorés par nos soins. Un simple contact physique, indétectable par les sages, nous avions joués sur sa folie et pensions le tenir. Seulement, nous l'avions sous estimé, nous étions trop sûrs de nous, trop confiants et il a fait ce que tout nécromancien digne de ce nom fait dans une alliance...Il nous a trahi en premier.

Lewis a prévenu les sages, leur donnant notre emplacement exact et ils nous ont pris par surprise. Fujiin savait pertinemment qu'il ne pouvait pas nous vaincre, alors il a demandé l'aide des dragons des glaces, les seuls qui avaient un sortilège assez puissant pour nous neutraliser et détruire notre nouveau pouvoir, afin de restaurer l'essence lunaire à sa propriétaire originelle. Certes nous connaissions ces lézards, nous savions qu'ils pouvaient représenter une menace, mais nous savions aussi qu'avec notre puissance actuelle, ils devraient s'y mettre à plusieurs pour utiliser leur fichue magie. Ils appelaient cela la prison éternelle, un sort de glace emprisonnant n'importe quel être vivant, le vidant de toute son énergie et la libérant ainsi dans le monde de Rëvalïa. Une fois toute l'énergie drainée, la victime mourait et sa magie revenait à sa source, dans notre cas le monde des morts et le plan lunaire. Un sort très puissant, mais aux terribles conséquences, il fallait sacrifier sa vie pour y parvenir. De plus, un seul sortilège ne pouvait suffire vu notre puissance, il fallait créer une prison de taille pour nous et donc sacrifier plusieurs de ces lézards pour détruire un seul d'entre nous. J'avais prévu cette possibilité, j'avais calculé qu'il fallait pas moins de cinquante dragons des glaces par Seigneur du Froid. Si ils voulaient tous nous détruire, ils auraient sacrifiés la majeure partie de leurs semblables, créant ainsi leur extinction. Il était impensable que de telles créatures préfèrent se sacrifier que nous laisser accomplir notre plan grandiose et ce fut notre erreur...mon erreur. Ysun, le sage de l'esprit nous a téléportés sur le haut de la montagne, où nous attendait le peuple draconique. Dés notre apparition, les dragons se sont sacrifiés, tous en même temps, se transformant en glace pour l'éternité. Je crois qu'il n'y a eu que deux ou trois survivants, nous étions suffisamment menaçant pour causer l'extinction d'une espèce, je trouve ça flatteur, malgré l'ironie du sort. Nous avions vécus dans la glace, nous étions terrassés par la glace. Pour honorer leur sacrifice, Fujiin a fait bâtir divers sanctuaires où notre prison reposait, ainsi que les cadavres des dragons, devenus des statues de glace. Il a piégé l'endroit et nous avons attendu notre fin, lentement, très lentement, durant presque trois cent ans...Mais ce cher sage a oublié un détail, rien ne reste à jamais enfoui...

An 406

Edwen salua une dernière fois le capitaine et Annabella, ravie de leur tout nouvel accord. Elle ne pouvait se retenir de sourire en voyant le visage horrifié du vétéran, il avait prévu de sacrifier quelques hommes dans cette mission, autant pour les pièges que Fujiin avait laissé que pour l'appétit monstrueux de la Dame Blanche, mais il ne s'attendait pas à devoir tous les sacrifier. Oh bien sûr, elle n'en avait pas besoin, elle avait suffisamment de forces pour tenir au moins un jour et utiliser quelques sorts, mais elle voulait marquer l'esprit de ses nouveaux alliés, afin qu'ils n'oublient pas qui elle était et ce qu'elle était. Observant les cadavres, elle soupira en remarquant qu'aucun n'avait eu la chance d'être gâté par la nature, peut être qu'elle l'aurait épargné si ça avait été le cas, temporairement bien entendu. Ce n'est que partie remise, elle trouverait bien le moyen de rattraper le temps perdu ou s'amuserait de façon un peu plus malsaine, mais pour le moment elle devait partir de cet endroit qu'elle n'avait que trop vu. Avançant dans ce fameux couloir, elle observa avec amusement les statues des dragons, en touchant quelques uns, voyant son bras se transformer en glace, puis reprendre sa forme habituelle. Il faudrait bien plus qu'un sort de glace pour la neutraliser désormais, elle ne se laisserait plus piéger une seconde fois. Cessant de marcher, elle ferma un court moment les yeux, repensant aux autres Seigneur du Froid, ils étaient tous morts et bien qu'elle pensait les trahir avec le temps, elle regrettait la présence de certains. Elle avait eu quelques bons moments malgré tout, un point de vue semblable, les mêmes envies malsaines, leurs moments relativement intimes, leur euphorie lorsqu'ils avaient dérobés l'essence lunaire. Plus jamais elle n'aurait de contacts avec eux, c'était navrant, mais ainsi va la vie. Pendant un instant, Edwen pensa comme n'importe quelle autre personne, se  disant que ses chers collègues allaient lui manquer, puis son esprit d'analyse revint à toute vitesse. Ils avaient été congelés en même temps, mais ils étaient tous morts avant elle, ce qui ne voulait dire qu'une chose...ils étaient faibles.

- Bon débarras.

Souriant à nouveau, elle se mit à espérer que leurs âmes étaient prisonnières de ce plan d'existence, les dragons ne voulaient sans doute pas leur pardonner aussi facilement ce qu'ils avaient fait et avaient sans doute bloqués leur passage dans le monde des morts, les condamnant à errer et souffrir. Cela ferait un repas digne d'elle, lui permettant donc de reprendre le pouvoir qui lui était dû. Elle commencerait par là, les informations d'Annabella risquait fortement d'augmenter ses chances de les trouver. Cette femme pouvait vraiment se trouver utile, une ressource à ne pas gâcher inutilement, mais abuser de son alliée ne la dérangerait pas, dans tous les sens du terme. Une fois à l'entrée, elle observa les dragons et sourit d'un air mauvais. Ils n'étaient pas morts à proprement parler, tant que leur glace n'était pas détruite, mais ne pouvait sortir de cette forme, condamnés à n'être plus que de vulgaires statues.

Trois siècles, vous m'avez fait perdre trois siècles de vie et vous avez détruits les Seigneur du Froid avant que je m'empare de leurs pouvoirs. Vous avez anéanti temporairement mon projet, détruisant votre espèce pour rien au final. Me voila sortie de la glace, après trois siècles, vous méritez de souffrir pour ce que vous avez fait mais...en tant que compagnons de cellule, je comprends que depuis ce temps vous avez envie de passer à autre chose. Laissez moi vous aider.

Posant ses mains sur le sol, la Dame Blanche fit jaillir de toute part d'énormes pics de glace, transperçant, écrasant, explosant toutes les statues, en même temps. Un juste retour des choses vu ce qu'elle avait vécue, la boucle était bouclée. Niveau défouloir, quoi de mieux que de savoir qu'on venait d'exterminer une cinquantaine de dragons ? Elle devait même être la première de l'histoire à avoir fait une telle chose. Soulagée d'en avoir terminé avec cet endroit, Edwen posa le pied sur le dernier centimètre de sol la séparant de la sortie, qui s'illumina soudainement. Au dessus d'elle, un bruit n'annonçant rien de bon se fit entendre, une avalanche.

- Allons bon, un ultime cadeau de Fujiin ?

Les informations fusèrent, elle était incapable de repousser une avalanche avec son énergie actuelle, si elle restait dans ce « sanctuaire », elle risquait d'être définitivement enfermée, elle n'avait donc qu'une option, tenter de lui échapper. Gelant le sol sous ses pieds, elle créa un gigantesque toboggan en direction de Karnevriath, avec un peu de chance, l'avalanche s'arrêterait avant de toucher la ville. Glissant sur sa création, elle observa avant une certaine inquiétude sa nouvelle amie lui courir après, elle était tout de même un peu collante. Soupirant, la nécromancienne se demanda si ses nouveaux alliés avaient eu le temps de s'échapper, mais entre les ressources de ce fameux capitaine et l'allergie à la faiblesse que possédait Annabella, elle fut rapidement rassurée. Le contact de la neige la rattrapant eut cependant l'effet de l'éjecter de ses pensées. Ce fut le noir total, pendant de longues heures, avant de sentir la chaleur d'une main sur son front, ce qui la fit se réveiller en sursaut. Elle se trouvait dans une chambre luxueuse, sur un lit avec un homme plutôt original et possédant un certain charme. Non ce n'était pas un homme, du moins il ne semblait pas humain, elle voyait du feu dans son regard, un feu qui brûlait encore plus violemment que celui qui avait carbonisé des armées lors de la guerre des éléments, un feu fascinant, attirant...

Cet être se nommait Mephisto.

 
Joueur
  Qui êtes-vous ? Une charmante personne.
  Pourquoi nous ? Je connais la maison.
  Comment avez-vous découvert le forum ? Avez-vous eu des difficultés en arrivant ? Première étape : Ouvrir les yeux. Deuxième étape : Lire plus haut. Troisième étape : Passer à la question suivante.
  => code du Règlement : Ne le prenez pas à la légère 
 
(c) Never-Utopia
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://chroniques-revalia.forumactif.com/t2006-edwen-d-ombrefroi
Date d'inscription : 16/10/2014
Nombre de messages : 42
Age : 26

Feuille de personnage
Race: Wendigo
Dons Élémentaires: Glace
Perfectionnement: Magie Rituelle ~ École du Corbeau

MessageSujet: Re: La dame blanche (en cours)   Sam 17 Jan - 22:32

Identité
Nom - Un nom de famille ? Mais quelle famille ?
Prénom - Edwen
Surnom - La Dame Blanche
Age - 318 ans
Royaume - Karnevriath
Race - Humaine à l'origine, maintenant...j'ignore si il existe une race définissant ma nature depuis presque trois siècles.
Grade/Métier - La Dame Blanche, nécromancienne venant d'un autre temps...
Guilde - Suivre les ordres de quelqu'un d'autre ne fait pas partie de mes objectifs.
Allégeance - Qu'est ce que je viens de dire ? Peu importe le camp, les dirigeants vont se sentir obligés de tout sacrifier dans une guerre stupide au nom de l'honneur, la « justice » ou une obscure prophétie. Tout ceci les dépassent en vérité et je ne tiens pas à être un mouton égorgé sur l'autel des lubies d'un prétendu libérateur.
Capacités - Voila enfin une question intéressante, je ne peux cependant pas vous répondre avec exactitude. Certains dirons que je suis une nécromancienne, ce qui n'est pas totalement faux, mais à vrai dire c'est un peu plus compliqué que cela. La nécromancie est une variante de l'ombre, or je n'ai aucune maîtrise élémentaire connue de ces merveilleux sages. Mes pouvoirs étaient jadis capables de faire trembler ce misérable conseil lunaire, seulement le temps et un peu de glace draconique ont considérablement réduit le nombre de mes sorts. Je peux actuellement manipuler la glace dans une certaine mesure, absorber l'énergie vitale d'une personne par le toucher et accéder à la mémoire d'un mort. Mais ne vous en faites pas...tout ceci n'est qu'un début.
 
Caractère
Il avança d'un pas léger, inaudible, comme si ses propres pieds étaient inexistants. Rapidement, il traversa l'assemblée de visiteurs qui se massaient dans la salle du trône, il attirait le regard des curieux mais il n'en avait cure. S'arrêtant devant Probus Kyte, roi d'Edälia, Fujiin, dirigeant du conseil des sages broya les tables dans de terribles rafales de vents, forçant ainsi toute la cour à sortir. Les gardes n'osaient pas approcher, ils savaient qu'ils n'avaient pas la moindre chance contre ce monstre béni par la lune en personne, d'un simple regard, il pouvait réduire leurs corps et armures en l'état de simples confettis. Le sage des vents ne laissait jamais rien paraître, pas la moindre émotion, pas le moindre comportement pouvant nuire à son image d'être intouchable, pourtant, il serrait les poings, tremblant légèrement, quelque chose de terrible avait du se produire. Avalant sa salive, le roi humain s'enfonça dans son trône, tandis que son épouse observait avec attention. Pour Annabella Kyte, tout ceci était prévu, calculé, maîtrisé, son esprit ne voyait ni les ruines de la salle, ni un être surpuissant, mais un gigantesque échiquier. Elle était la reine et deux rois s'affrontaient, sauf qu'un des deux faisait deux millimètres et l'autre deux mètres. Elle ne pouvait cependant s'empêcher de trembler, elle n'arrivait par contre pas à savoir si c'était à cause de la peur ou par excitation. Lentement, le mage desserra les poings et cessa de trembler, sa fureur arrivant enfin à s’apaiser et parla comme si de rien n'était.

-Probus, je vous remercie de me recevoir aussi vite, je n'oublierai pas qu'aujourd'hui, en cette année 406 après le grand éveil, vous m'avez apporté une aide précieuse. Le conseil des quatre s'en souviendra également.

Le roi grimaça, il détestait avoir affaire aux mages, certes Myrddin arrangeait énormément de choses, mais les sages avaient pour habitude de venir accompagné d'une catastrophe imminente, genre une xème fin des temps. Comme tout dirigeant humain, Probus Kyte avait été mis au courant de l'existence de ce conseil légendaire sur l'île sacrée d'Halda où se réunissaient les quatre derniers esprits lunaires encore en vie (donc les plus puissants selon lui) et la lune en personne. Il avait appris à diviser les problèmes des mages en plusieurs catégories. Quand l'académie intervenait, cela créait un bon spectacle et une occasion politique sans précédent. Quand il s'agissait des sages, c'était qu'une météorite risquait d'écraser la ville, qu'une armée de démon voulait détruire l'humanité ou que l'Abysse venait foutre un sacré bordel. Mais si le conseil des quatre était impliqué, cela ne voulait dire qu'une chose, peu importe le scénario imaginé, ce serait mille fois pire et si jamais il y avait le moindre accro, ce serait lui le responsable. Il s'était toujours imaginé que ce conseil n'était qu'un joker histoire de faire peur aux rois des différents royaumes humains, ainsi qu'aux comtes vampires, jamais ô grand jamais, il n'avait pensé qu'il serait confronté à un pareil problème.

-Fujiin, je suis toujours ravi d'aider les sages et si le conseil en personne a besoin de mon aide, je vous l'offre avec grand plaisir. Mais pardonnez ma curiosité, mais de quelle affaire parlons nous ? L'Abysse ?

La voix du maître des vents devint soudainement lugubre, comme si l'académie et tous les sages venaient d'être anéantis.

-Bien plus dangereuse...

Isabella Kyte jubilait, bien que sa satisfaction soit parfaitement dissimulée par son air inquiet concernant la situation. Elle avait voulu choisir un ennemi qu'elle connaissait, qu'elle avait une chance de manipuler pour arriver a ses fins, une personne au potentiel quasiment illimité, tout cela pour détruire l'Abysse et les sages, elle avait réussi. Prenant le temps de choisir ses mots et le ton de sa voix, la reine d'Edälia caressa l'épaule de son époux et s'adressa doucement au maître des sages.

-Maître Fujiin, si vous nous expliquiez de quoi il en retourne exactement ? Je crains que nous ne comprenions pas vraiment ce que vous effraie autant et ce que vous attendez de nous.

Un être tel que Fujiin ne pouvait bien entendu pas comprendre les pics envoyés par la reine humaine, il ne pouvait la soupçonner d'être la cause de tous ses malheurs et encore moins de vouloir le blesser volontairement dans ses propos. Elle savait que si il avait le moindre doute sur ses intentions, elle perdrait littéralement sa tête, c'est pourquoi elle ne prenait que peu de risques, si les choses devaient mal tourner, ce serait Probuis qui serait jugé coupable, pas sa personne.

-L'Abysse suit un comportement cyclique et logique, ce qui nous permet de nous préparer pour l'affronter ou au moins limiter les dégâts. Cette entité accumule suffisamment de nourriture pour subvenir à ses besoins, puis n’interagit plus sur notre monde, envoyant son héraut de temps en temps pour équilibrer les forces, dés qu'elle se se sent menacée par la lune. Nous pouvons donc prévoir ses actions et nous pouvons élaborer une stratégie afin de contrer ses immenses pouvoirs qui ne sont au final que l'inverse de nos propres capacités. Où la lune est pureté, l'Abysse est corruption, c'est aussi simple que ça, la lumière et les ténèbres en somme. Concernant l'Abysse, son potentiel est limité, elle peut effectivement détruire et changer passablement de choses, mais il lui faut du temps, beaucoup de temps, ne pouvant plus vraiment évoluer tant qu'une catastrophe comme la destruction de l'académie ne se reproduit pas. Non, je veux vous parler d'une menace toute autre, un adversaire, une seule personne, au potentiel quasiment illimité. Aujourd'hui elle est pus fragile qu'un chiot, d'ici quelques mois elle pourrait bien être plus puissante que moi. La Dame Blanche, dernière survivante des Seigneurs du Froid, fondatrice de l'Ordre Blanc, connue sous le nom d'Edwen ou dans la noblesse sous l’appellation de Dame Edwen d'Ombrefroide.

Isabella haussa les sourcils, visiblement Fujiin en savait beaucoup plus qu'elle sur sa protégée des glaces, rien de bien surprenant vu qu'il avait été son geôlier, mais sa surprise en apprenant qu'elle avait infiltrée à l’époque la noblesse lui offrit l'occasion de détruire toute trace de culpabilité aux yeux du sage. Probus, de son côté, se massa le front en tentant de se rappeler ce qu'il avait lu dans les archives royales concernant les fameux Seigneurs du Froid, tout cela remontait à une époque bien lointaine.

-Si j'ai bonne mémoire, il s'agissait d'un ordre de puissants nécromanciens qui sacrifiaient des innocents et des nobles cherchant la vie éternelle lors de rituels morbides ? Ils ont créés des cultes un peu partout sur Rëvalïa, dont les plus important se situaient sur Edälia et Karnevriath. C'est votre ordre, avec l'aide du duc Lewis Thaddeus d'Elenor qui a mis fin à cette horreur. En quoi cette femme est si dangereuse ?

Le tremblement du sage refit surface, il lui était particulièrement difficile d'évoquer le crime que ce monstre avait oser commettre sans avoir une folle envie de tout détruire autours de lui. Il avait beau rester calme dans toutes les autres situations, dés que l'on touchait à la mère de toute chose, il avait du mal à garder son sang froid.

-Ce qu'elle a fait ? Ce qu'elle a osé faire ?! Elle a créée ces fameux cultes pour ne pas éveiller mes soupçons, elle a fait sacrifier des centaines de personnes afin de juste ressembler à une simple magie avide de pouvoir sur les hommes. Pendant que nous combattions le roi vampire qui avait massacré tout un village de vos concitoyens, cette femme et les siens se sont introduits dans le domaine de la lune et ont dérobés sont énergie, sa vie, mettant en danger toute la création. Lewis ne nous a pas aidé à les combattre, il nous a dit où les trouver, insistant bien sur le fait que nous autres sages étions incapables de les vaincre avec leur puissance du moment. Il a fallu qu'une race entière de dragons se sacrifie pour neutraliser ces monstres, cinq cents créatures magiques et magnifiques, ayant vécues des millions d'années ont perdus la vie ce jour là pour sauver l'équilibre du monde. Et alors que tout semblait être terminé, que cette histoire pouvait enfin s'achever, des humains ont pénétrés dans la prison de cette femme et elle a pu s'échapper, rendant tous ces sacrifices inutiles ! Elle est la plus forte, la plus intelligente et la plus dangereuse de tous les Seigneurs du Froid, j'ignore si vous y êtes pour quelque chose Probus, mais si vous ne m'aidez pas à la neutraliser tant qu'il est encore temps, je ne pourrais plus rien faire pour vous. Yesod vous considère responsable de la création de l'Abysse et du massacre des mages, pour l'instant il ne vous a rien fait car je fais tout mon possible pour l'en dissuader, mais je doute de pouvoir continuer si vous êtes impliqué. Nous devons agir vite, tant qu'elle n'a pas retrouvée sa puissance, elle est vulnérable. Elle est a peine plus forte qu'un élève de cinquième année, mais elle peut en un rien de temps devenir aussi forte qu'un professeur, puis ensuite d'un sage et même d'un membre du conseil.

Prbus suait à grosses gouttes, le sage ne plaisantait pas, il ne venait pas pour lui demander de l'aide, mais bien pour lui offrir le choix de se blanchir après toutes les erreurs commises par sa famille. Soit il saisissait cette opportunité, soit il se faisait massacrer par cet esprit lunaire à moitié fou, le choix était vite fait. Son épouse de son côté venait d'entrer de toutes nouvelles données dans son esprit calculateur, la seule option du mage était de tuer Edwen, se débarrasser de ce délicieux vin avant qu'il ne parvienne à maturité. Fujiin voulait en finir rapidement, elle ne le laisserait pas faire, elle devait gagner du temps pour Edwen et sa meilleure option était de jouer la carte de la prudence accompagnée de celle de la curiosité.

-Pardonnez moi maître Fujiin, mais si cette femme est aussi dangereuse que vous le dites, nous ne pouvons envoyer simplement des hommes la traquer et la laisser les massacrer, ce qui augmenterait sans doute sa puissance et cela beaucoup plus rapidement que dans vos prévisions les plus pessimistes. Si vous nous parliez d'elle ? Pour affronter un ennemi aussi puissant, nous devons savoir comment il pense.

Le sage soupira et se calma progressivement, prenant une profonde inspiration et apaisa sa respiration, desserrant les poings à nouveau. La reine marquait un point, même si il détestait parler de cette erreur de la nature, il n'avait plus vraiment le choix.

-Soit...

Connaissez vous Yesod ? Mon plus jeune frère et maître de l'Ordre de la Nouvelle Lune. Un jour nous avons eu une très longue discussion sur la criminalité, sur ce qui faisait d'un être vivant, une créature vile ou au contraire un modèle à suivre. Son ordre a pour but de traquer les criminels et les châtier, lorsque toutes la justice habituelle échoue. Moi qui peine à comprendre les humains et leurs pulsions, je ne comprenais pas comment il pouvait les juger avec autant de clairvoyance. Selon lui, les criminels n'étaient pas compliqués, il suffit de savoir ce qu'ils voulaient. Il fallait donc comprendre l'esprit d'un malfrat pour pouvoir réellement le traquer, avec efficacité. Chaque être de ce genre appartient à une catégorie, un genre qui peut être partagé par d'autres créatures à l'esprit plus que douteux. Mais comment faire quand il est impossible de pénétrer un esprit ? Comment traquer un monstre qui est incompréhensible ? Quand nous hésitons entre classer cette abomination dans aucun domaine ou au contraire tous les y attribuer, comme si...elle se jouait de nous ? Voila ce qu'est Edwen, la Dame Blanche, le prédateur parfait, un monstre illogique, jouant avec les limiers le traquant.  

Il m'est difficile de discerner le vrai du faux, qu'est ce qui fait réellement partie de son être et ce qu'elle laisse vraiment filtrer, démontrant avec arrogance à quel point elle peut manipuler et influencer les autres. C'est une virtuose de l'information, même si ce terme est beaucoup trop élogieux pour une telle aberration, est ce qu'elle joue avec nous en ce moment ? M'utilisant pour brouiller les pistes ? Use t'elle de désinformation ? Est ce que nous avons au final de réelles informations au compte gouttes ? Impossible de savoir, seulement, ce serait me sous estimer que de croire que je ne verrai que les ténèbres dans son numéro d'échappée du cirque, derrière ce flot d'informations, il y a des points bien prévis qui ont attisés ma curiosité, bien que contradictoires.

Le respect, la faim, les pulsions, la manipulation, la quête de puissance, l'analyse et enfin la soif de domination.

Le respect est une notion particulièrement importante chez cette femme, mais c'est à la fois une chose noire et une chose blanche. Non il y a pas de gris, les deux ne fusionnent pas, soit c'est négatif, soit c'est positif. Mais une créature, humaine ou non, ne peut pas être les deux, elle est soit l'un, soit l'autre. Cependant, elle peut être noire et muter pour devenir blanche à ses yeux, bien que ce soit chose rare. Je vous explique pourquoi je parle d'elle ainsi, ne vous inquiétez pas.

Le négatif est simple, effroyablement simple même. Pour Edwen, toute créature qui n'est pas égale à ses capacités, magiques, physiques ou mentales, voir les trois à la fois, n'est rien d'autre qu'un vulgaire insecte, une fourmi qu'on écrase avec dédain. Cela rend ses relations relativement compliquées, vu que cette créature a un potentiel évolutif absolument effrayant. Si une personne était son égal sur le moment, mais que cette garce avait évoluée, elle considérera son ami de jadis comme un insecte et l'écrasera.

Le positif est beaucoup plus complexe, beaucoup plus difficile à expliquer. Lorsqu'un être obtient le privilège, ou le malheur, d'attirer son attention et de dépasser sa condition d'insecte, il se rapproche d'elle et marche sur un fil ne menant qu'a une seule issue en cas de perte d'équilibre, une mort effroyable. Quand Edwen s'entiche d'une personne, elle devient soudainement extrêmement courtoise et charmeuse, ayant un contrôle quasiment impeccable sur ses pulsions qui auraient dans d'autres cas causés la mort de tout votre royaume. D'un commun accord, elle se laisse parfois aller à ses besoins les plus violents, mais uniquement si la personne considérée y consent. Je ne saurais dire pourquoi elle devient autant maniérée, mais c'est comme si elle devenait une autre personne, celle qu'elle n'est pas lorsqu'elle est affamée ou en colère. Seulement, le danger reste omniprésent, voir beaucoup plus que si la personne n'avait été qu'un simple insecte. Perdre son estime après l'avoir durement gagnée ou facilement suivant les créatures innommables de ce monde, ne vous fait pas passer de personne respectée à insecte, mais au stade de porc. Le dédain de l'insecte fait que cette femme ne prend pas la peine de faire le moindre effort, ce qui octroie généralement une mort rapide et sans trop de douleurs, la rapidité dépendra bien entendu de sa faim sur le moment, mais elle ne fait pas vraiment durer le plaisir, elle considérerait même pas cette « chose » comme une proie.  Il est même possible qu'elle n'ait même pas l'envie de voler votre force vitale sur le moment et se contentera de vous tuer, sans doute sans vous adresser le moindre regard. Mais si vous êtes à ses yeux un porc, elle ne se contentera pas de vous tuer, elle jouera avec vous, pour vous torturer et au final vous massacrer en vous humiliant de la pire des façons, même mort, vous perdrez toute dignité. Ses pouvoirs nécromantiques pourraient même faire en sorte de reproduire ce schéma en vous ramenant à la vie un nombre incalculable de fois, voir de vous maintenir en vie, je ne sais pas ce qui est pire pour être honnête.

Gagner le privilège d'être respecté est particulièrement difficile, il s'agit d'un jeu de séduction et surtout de puissance,  un échange amusant de provocation et de domination perpétuel. La puissance est obligatoire dans ce funeste jeu, pour survivre d'une part et tout simplement pour la charmer, Edwen ne supporte pas la faiblesse trop apparente. Oh si vous êtes dans ces bonnes grâces, vous pourriez vous laisser aller, même si je doute que cet être sanguinaire et glacial ait un cœur, mais c'est une possibilité, à vos risques et périls néanmoins.

Perdre est par contre beaucoup plus facile, il ne suffit que d'une seule et unique chose : la grossièreté. Tout ce qui détruit les bases solides des manières de la Dame Blanche causera immédiatement votre perte et vous finirez en porc qui verra sa dernière heure arriver de la pire des manières qui soit. La perversion, la provocation, même les injures usées à bon escient ne font pas partie des « tabous » de cette femme sur le moment, mais je doute que vous ayez envie de réellement savoir ce qui lui déplaît...cela voudrait dire que l'envie de la connaître plus intimement vous démange. Mais même si c'était le cas, vous ne risquez pas grand chose, vous savez satisfaire ces dames de la haute noblesse non ? Elle pourrait parfaitement appartenir à cette classe sociale, je serais même surpris de ne pas la voir intégrer la moindre cour royale.

Quant aux conséquences qui attendent ces pauvres porcs...    

Au vu de votre incompréhension, je me dois de vous éclairer sur les similitudes entre l'Abysse et cette « Dame Blanche ». Elles ont beaucoup en commun, mais ce qui les relient vraiment est la terrible faim qu'elles partagent toutes deux et qui causera sans le moindre doute la mort de milliers, de millions, voir même de milliards d'innocents. Seulement, comme expliqué plus tôt, cette Edwen est bien pire que la grande ennemie, elle est bien plus néfaste et meurtrière. L'Abysse, bien qu'étant presque aussi monstrueuse que cette hérétique, ne comprend pas vraiment les émotions des êtres mortels, leur fonctionnement et leurs principes, elle ne suit qu'une logique pure et dure. Elle se nourrit quand sa force décline et la met dans une position d'infériorité comparé à la lune, n'attaque que si on ne la craint plus et ne fait pas preuve d'un sadisme particulièrement poussé. Les cris et suppliques que nous entendons ne sont pas là par plaisir de nous faire souffrir, mais car il s'agit  de son essence, purement et simplement, elle a été créée dans des émotions purement négatives et dans la douleur. Quant à la torture qu'elle inflige, déformant l'esprit et l'âme de ses victimes, c'est une étape purement nécessaire pour en faire des créatures abyssales et encore une fois c'est uniquement quand le moment est venu de le faire. Non, je sais ce que vous allez dire, l'attaque durant le festival n'était pas sensée aller aussi loin, je sais. Elle devait juste nous rappeler qu'elle était présente, mais en aucun cas sacrifier des élèves de l'académie ou tenter d'absorber le royaume. Ce fonctionnement n'est pas logique, mais sadique, je sais. Mais ce n'est pas l'Abysse qui a déchaînée ses forces ce jour là, mais son héraut qui voulait frapper un grand coup et même elle finira par craindre Edwen, croyez moi.

Voyez vous, cette femme, si on peut appeler cela une femme, n'est pas dangereuse car elle doit se nourrir pour survivre ou regagner sa puissance d'antan, mais car elle aime cela, elle adore même. Si elle est réellement affamée, elle va tuer tout ce qu'elle peut afin de pouvoir recouvrir son énergie. Oui, elle ne mange pas comme vous et moi, elle se nourrit exclusivement d'âmes, que ce soit naturellement en étant dans un royaume où un mortel succombe à la grande faucheuse ou en forçant les choses et lui volant toute sa force vitale. Pour en revenir à ma comparaison, si elle était comme l'Abysse, elle se contenterait de simplement vider la force vitale d'une personne, sans faire durer les choses, mais ce n'est pas son cas. Elle s'amuse à les torturer, leur volant année après année, plutôt que de tout faire d'un coup, c'est son moyen de persuasion le plus efficace, ce qui fait qu'aucune créature mortelle ne peut lui résister. J'exagère ? Absolument pas ! Il n'existe pas de douleur plus effroyable que de voir vos années se faire arracher de force,  certaines créatures dites immortelles comme les elfes et les vampires, sont mortes de son contact, non pas car elle leur a dérobées trop d'années, mais car la souffrance qu'elle leur infligeait était beaucoup trop violente. Leur esprit a été broyé et les organes vitaux présents dans leur corps pourtant si puissant ont cessés de fonctionner, nous avons tous un seuil de douleur et je ne parierai pas contre elle, ce seigneur du froid battra tous les records, c'est certain. Certains diront que la fin justifie les moyens, mais cela ne s'applique pas avec cette abomination. Elle possède la capacité de pouvoir lire dans la mémoire des morts, ainsi aucun secret ne peut lui échapper, il suffit qu'elle tue sa cible. Alors pourquoi arracher année après année ? Pourquoi attendre de briser le seuil de tolérance à la douleur de sa proie ? Pourquoi la maintenir le plus possible en vie tout en la faisant souffrir ? Tant de questions, pour une réponse d'une simplicité me donnant la nausée : elle aime cela.

En fait, elle n'aurait qu'a se déplacer dans des zones de conflits, tuer une ou deux personnes par semaine et elle serait pleinement rassasiée, mais ce n'est pas dans ses objectifs. Vous souvenez vous quand je parlais du respect ? Quand elle rencontre un insecte,  elle le tuera vite, si il est sur son chemin, une simple absorption et le tour est joué. Excepté quand cela concerne des interrogatoires, mais nous en parlerons plus tard. Concernant les « porcs », c'est beaucoup plus odieux, elle se doit de les humilier et donc les dominer. Edwen torture souvent sans raison pour obtenir une information, mais ce n'est rien comparé à ce qu'elle fait subir à ceux qui ont osés lui manquer de respect. Dans le meilleur des cas, elle vole de grandes quantités d'années en un coup, puis les remets afin de ne pas tuer sa proie et recommence, cela peut durer des jours. Elle jouera sur l'espoir que cette torture puisse s'arrêter si la personne lui offre une information valable, mais ce n'est que mensonge ! Elle se fiche de ses secrets, elle ne veut que voir sa souffrance, le rabaisser plus bas que le pire des déchets. Et encore je ne vous parle que de l'utilisation de son pouvoir, qui n'est qu'un ingrédient de sa recette pour détruire totalement une personne. Elle choisit également avec soin le lieux où elle emmènera sa proie, les outils qu'elle va utiliser sur son corps, la mutilation étant chez elle tout un art, les odeurs, la lumière ou même des créatures pouvant accentuer encore plus l'horreur du malheureux l'ayant offensé, je vous laisse imaginer. Mais comme je vous l'ai dit, ce n'est que dans le meilleur des cas. Si elle est d'une humeur légèrement plus négatives, elle va simplement dévorer sa proie.


Probus n'avait pas osé prononcer la moindre parole pour le moment, mais sursauta au moment même où le sage des vents prononça ces simples mots. Il espérait avoir mal compris, mais il voyait maintenant pourquoi Fujiin semblait autant détester, voir craindre cette femme qui semblait être une véritable malade mentale. Cependant, son instinct lui disait qu'il ne voyait que la face visible de la lune, bien que la comparaison aurait sans doute provoqué sa mort si ses pensées avaient été entendues. Elle avait du faire quelque chose de bien pire pour mettre ainsi un modèle de contrôle. Son esprit semblait fragile, son corps trahissait en permanence sa haine et son dégoût pour cette Edwen, c'était limite intéressant. Il était presque curieux de savoir comment elle avait pu arriver à ce résultat, lui qui ne parvenait pas à s'imposer face à un tel titan, elle l'avait tout simplement détruit et pourtant il ne semblait pas avoir été torturé. Isabella de son côté était plus que ravie, mentir au sage des vents était difficile, elle craignait même de dévoiler son implication dans la libération de la fameuse Dame Blanche, mais fort heureusement, cette femme était vraiment parfaite. Bien entendu elle savait qu'elle était dangereuse, mais il n'imaginait pas qu'elle serait aussi odieuse, elle arrivait à 'être surprise par tant de cruauté, même pas besoin de simuler. Une personne normale aurait regretté d'avoir libéré un tel monstre, mais pas la reine, elle savait qu'elle pouvait la manipuler ou du moins trouver un arrangement dans le futur. Edwen était selon elle la femme parfaite, une incarnation de désirs, un esprit manipulateur broyant tout sur son passage et assez dangereuse et menaçante pour mettre en déroute les sages, voir même l'Abysse. Fujiin craignait plus cette femme, pourtant totalement affaiblit, que les attaques de l'ennemie officielle de la lune, avec elle, Isabella tiendrait les sages à distance, jusqu'à leur destruction. Oh oui, elle avait pariée sur le bon cheval.

-Maître Fujiin, pardonnez moi, mais j'ai peut être mal compris, elle mange ses victimes ?

Le sage s'approcha d'un pas, faisant immédiatement reculer Probus au fond de son trône, comme si il pouvait lui échapper. Sa voix se fit plus déterminée, plus forte, mais également plus menaçante. Pour la première fois, le roi d'Edälia commença à douter de la stabilité mentale d'un être qu'il considérait presque comme un demi dieu. La peur naissait, pouvait on vraiment encore faire confiance à ce sage qui était visiblement obsédé par la traque de cette femme ? Leur duel était terminé avant d'avoir commencé, Edwen avait déjà gagnée, la psychose de Fujiin causerait sa perte...

-Vous avez très bien compris Probus, bien que cela ne la nourrisse pas, ce monstre n'hésite pas à prélever des morceaux de ses victimes pour les cuisiner, souvent devant eux et c'est uniquement si elle est de bonne humeur. Elle peut même dévorer, à même la chair, ses proies, s’empiffrant de leur « viande », toujours devant eux, jusqu'à ce qu'ils succombent sous la souffrance, l'horreur ou jusqu'à ce qu'elle touche un endroit vital pour les plus résistants. Mais vous le sauriez si vous cessiez de m'interrompre !

Comme je le disais, Edwen prend un malin plaisir à dévorer ses victimes, celles qu'elle considère comme des « porcs ». Il existe en tout trois cas de cette forme de cannibalisme, bien que je doute que l'on puisse encore considéré cette horreur comme humaine. Le premier cas est extrêmement soigné, montrant que malgré son aspect et ses méthodes, elle peut se montrer fine et raffinée, voir même élégante, même si cela ne change absolument rien au geste. Elle choisit de garder volontairement en vie sa proie, lui évitant de subir la totalité du traitement qu'elle inflige d'habitude. Puis prélève un morceau de choix et le cuisine, le tout devant ses yeux, c'est à la fois pour le plaisir de manger, que pour la sensation de domination ultime que cela provoque. Manger son ennemi, il est dit qu'il n'existe pas d'acte de domination plus important. Ses connaissances en cuisine sont assez impressionnantes, du peu de mémoire que Mephiles a pu récupérer, nous avons pu voir un réel talent pour cet art culinaire, c'est limite un véritable spectacle. Je la soupçonne d'avoir sélectionné des cuisiniers relativement doués dans ses proies et d'avoir découverts tous leurs secrets. Difficile de dire si ses connaissances sont liés à un véritable talent en apprenant des bases solides ou recettes particulières en fouillant la mémoire de ce mort, en convainquant le cuisinier en question ou si elle est capable d’assimiler les connaissances de ses proies et voler leurs « dons » une fois morts. Je n'espère pas et je ne le pense pas, mais comme expliqué, difficile de discerner le vrai du faux avec cette aberration. Elle se donne étrangement beaucoup de mal dans ce cas de figure, utilisant même son propre pouvoir afin de maintenir en vie sa proie, alors que cela lui coûte de l'énergie pouvant servir a des desseins plus...ambitieux. Pourquoi les maintenir en vie ? Car elle a besoin dans son « rituel » de montrer à sa proie ce qu'elle fait de ce qu'elle lui dérobe, lui montrer le plaisir qu'elle prend à manger cette chair arrachée, ainsi que bien pire encore. Si je vous dis que vous n'êtes pas au bout de vos peines, vous me croirez ? Elle arrive encore à persuader ses victimes de manger ledit repas, que ce soit avec plaisir ou dans l'horreur. Ils savent qu'ils vont mourir vu que la plupart sont maintenus en vie et pourtant ils acceptent, tous., nous n'avons encore jamais trouvé de cas qui soit l'exception. Et oui, il est nécessaire d'user de nécromancie pour les empêcher de succomber, prendre un bras ou une jambe c'est une chose, mais si vous retirez les poumons, le foie, l'estomac ou même le cœur, comment voulez vous survivre ? On dirait que vous commencez à comprendre. Mais ce genre de prélèvement n'est utilisé que dans le cas où elle cuisine. C'est un travail assez précis après tout, rien de comparable à la boucherie qui va suivre.

Suivant  son humeur ou le degré d'offense, Edwen ne prend pas la peine de les maintenir en vie ou de faire preuve de la moindre finesse. Elle arrive à modifier ses dents avec un sort de glace pour les rendre aussi tranchantes que des lames et  prend un malin plaisir à arracher la chair de sa proie à coups de morsures bien profondes. Elle modifie également ses ongles pour en faire des griffes et continue sur sa lancée. De toutes les victimes que j'ai pu voir dans ce cas de figure, je suis partagé sur la cause de la mort. Hémorragie ou souffrance trop extrême ? C'est presque ironique de se dire que ces pauvres gens ont survécus aux années retirées et rajoutées pour mourir à cause de morsures et arrachage de chair à mains nues. J'ignore ce qui lui donne la plus grande satisfaction en terme de domination et en vérité je ne veux pas le savoir, mais j'ai rarement vu de tels charniers. Elle ne s'arrête pas à leur mort, elle continue jusqu'à ce que cela lui suffise ou la lasse. Par le passé je considérais les vampires comme d'horribles bouchers, mais après avoir vu les corps qu'elle avait exprès laissée à la vue de tous, comme si c'était un message, le tout dans une mise en scène d'un mauvais goût certain, je ne suis plus apte à juger aussi facilement. Inutile de vous décrire son imagination pour mettre en valeur ces cadavres ou ce qu'il en reste, le jour où vous en verrez, vous découvrirez sans trop de problème sa signature. Ces mises à mort sont tellement brutales, violentes, la haine et la colère se mélangent à ce besoin de détruire totalement sa  victime, alors qu'avant il ne s'agissait que d'une domination élégante. Cela montre bien sa capacité à changer du tout au tout. J'ai également entendu parler de meurtres encore plus violents venant de sa part, se comportant vraiment comme un animal, mais cela ne la correspond pas. Mephiles est persuadé qu'il y a un rapport, mais entre le fait que le corps est  presque entièrement dévoré et les toiles d'araignées, je suis relativement perplexe. Mais ce ne serait guère surprenant vu ce monstre, elle aurait pu très bien se lier à une entité en rapport avec les araignées pour obtenir plus de pouvoir ou simplement pour créer encore plus l'effroi dans l'âme de ses victimes ou de ceux la traquant. C'est une chose que j'ai rapidement compris avec elle, lorsque nous pensons avoir touché le fond en matière de monstruosité, elle arrive toujours à relever le niveau et nous surprendre.
 

To be continued
 
Physique
  150 mots mini
C'est ici que vous nous décrirez votre personnage. N'oubliez pas d'insister sur le visage, le corps en lui-même, la mode vestimentaire ou encore les signes particuliers, tels les tatouages ou cicatrices.
 
Histoire Voir post précédent

 
Joueur
  Qui êtes-vous ? Une charmante personne.
  Pourquoi nous ? Je connais la maison.
  Comment avez-vous découvert le forum ? Avez-vous eu des difficultés en arrivant ? Première étape : Ouvrir les yeux. Deuxième étape : Lire plus haut. Troisième étape : Passer à la question suivante.
  => code du Règlement : Ne le prenez pas à la légère 
 
(c) Never-Utopia
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://chroniques-revalia.forumactif.com/t2006-edwen-d-ombrefroi
Date d'inscription : 01/02/2009
Nombre de messages : 378
Age : 23
Lieux d'influence : Ràva, Edälia et Nandoriath.
Activité : La chasse est un bon divertissement ...

Feuille de personnage
Race: Garou
Dons Élémentaires: Terre
Perfectionnement: Aucune

MessageSujet: Re: La dame blanche (en cours)   Mar 5 Sep - 7:08

C'est un doublon avec Edwen ? J'ai un doute.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://chroniques-revalia.forumactif.com/t2103-fiche-de-personna
Innen
Maître du Jeu
avatar
Date d'inscription : 20/11/2013
Nombre de messages : 45
Age : 147

MessageSujet: Re: La dame blanche (en cours)   Dim 10 Sep - 16:13

C'est l'ancienne version effectivement Wink
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: La dame blanche (en cours)   

Revenir en haut Aller en bas
 

La dame blanche (en cours)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Les Chroniques de Rëvalïa ::  :: Fiches de Présentations-