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 Deux lumières dans le gouffre

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Francis Dowell
Karnevriath
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MessageSujet: Deux lumières dans le gouffre   Mar 30 Déc - 20:24

Tourner. Se retourner. Se mettre sur le dos. Se mettre sur le ventre. Fermer les yeux. Croire qu'on va dormir. Attendre. Attendre. Attendre. Se rendre compte que l'on est trop éveillé pour pouvoir dormir. Tenter de rester inactif. Ne penser à rien. Ne pas bouger. Faire le mort. Mort...

Non... C'était impossible pour moi de fermer l'œil efficacement.

Le festival... Encore le festival, toujours le festival depuis que je suis revenu à l'académie. C'est devenu la source principale de mes problèmes. On pourrait me reprocher de ne pas passer à autre chose, mais pourtant, ça restait tellement dur d'oublier... D'oublier toute les souffrances endurés, d'oublier qu'on m'a dérobé le peu de chose que j'avais, mes seules possessions imprégné par une énorme valeur sentimentale, d'oublier que mon bras a été broyé, que je me suis vidé de mon sang, que j'ai failli mourir. D'oublier le fait que j'ai été griffé, mordu par un jeune dragon des glaces, que j'ai été frappé avec une force tellement surnaturelle que j'ai été envoyé cinq mètres plus loin, d'oublier ce liquide abyssale, cette incarnation même de la peur et du désespoir qui brûla ma chair, d'oublier ce grand homme aux fils coupant...

...D'oublier que j'ai tué...

Depuis cette soirée avec Ayla, où j'ai pu poser les bases de ce qui semblait être une relation basé sur la confiance mutuelle...Depuis que je me souviens des événements du labyrinthe, les choses n'étaient plus les mêmes. Alors que je me remettais lentement de la perte de mes biens, une autre révélation arrivait, me foudroyait, me transperçait le cœur de manière directe et sans aucune pitié. Les problèmes, les événements "désagréables" s'enchaînaient sans me laisser aucun instant pour reprendre mon souffle. J'avais l'impression d'être un homme qui se noyait dans une rivière, qui tente vainement de respirer, et qui finira par couler sous la fatigue, ne pouvant plus faire le moindre geste hystérique pour se sauver de la misère dans laquelle le monde l'a engouffré. La question pour moi n'était plus "est ce que ça va passer?", mais tout simplement "Combien de temps vais-je encore vivre avant que mon destin ne me tue?"

Bien que je semblais entrer dans une sorte de dépression, je restais tout de même actif. Je me levais, je mangeais, j'allais en cours... Mais je ne suivais pas. Et lorsque j'avais un peu de temps libre, j'errais un peu partout, sans but. Je me sentais un peu comme un fantôme. J'avais conscience qu'en restant aussi isolé, aussi inactif, je me détruisais par petit bout, mais d'une autre manière... Je m'en moquais. J'ai accepté le fait que je n'étais que le jouet du destin, une marionnette que l'on pourra piquer avec des épingles, frapper contre les murs, plonger dans l'eau, que l'on pourra déchirer et maltraiter, car elle ne pourra rien y faire. Rien faire face au géant qui nous prend dans ses mains, et décide de ce qu'il fera de nous. Ce n'est pas comme si j'allais pouvoir me défendre après tout.

Je devais bientôt partir en cours. Et c'est en marchant lentement, regardant le sol que je commençais à marcher en dehors de ma chambre, pour me retrouver dans la clairière des étendues sauvage de l'espace élémentaire de la terre. Rien ne me faisait tiquer, ni les chants des oiseaux, la lumière chaleureuse, ni même se rappeler le fait qu'il y a une clairière naturelle au beau milieu d'un bâtiment, chose qui choque la première fois qu'on entre à l'académie. Non, rien ne m'intéressait, rien ne semblait avoir de valeur à mes yeux.

Jusqu'à ce que mes yeux rencontrent de manière hasardeuse une silhouette qui raviva des souvenirs que je tentais fébrilement d'ignorer.

Nora, assise à une table, regardant le vide. Cette fille qui m'avait accompagné au tout début du labyrinthe, qui quitta la bataille qui se déroula ensuite après. Elle était droite, immobile comme une pierre. Soudainement, je me demandais comment elle allait de son coté, comment elle gérait les choses. Pas bien apparemment, pire que moi on dirait. J'allais partir, la laisser seule.

...Seule...

Ce mot surgit dans ma tête. Elle était seule. Je savais ce que ça faisait d'être seule. La solitude est quelque chose que je gérais mal. Je me sentais indépendant, capable de vivre sans personne à mes cotés tout simplement car j'ai vécu presque toute ma vie avec juste deux personnes. Depuis que je suis à l'académie, je me suis attaché à des personnes, et m'enfermer comme je le faisais maintenant me donnait envie de les voir, de ne pas rester seul. Pour elle, qui devait certainement avoir eu plus que deux individus dans sa vie, la solitude devait être bien plus ravageur.  

Je ne pouvais pas la laisser toute seule. Ce n'était pas bon de ma part. Je semblais condamné à une vie bien moche, mais je pouvais au moins tenter de me rendre utile, sauver d'autres personnes de la tristesse, du désespoir.

Je m'approchais lentement de la table, où Nora était toujours assise, et la joignit. Je m'installais droit devant-t-elle. Tout d'abord, je laissais mes yeux se balader sur les environs de la table, avant de décider de la fixer fermement, de plonger mes yeux dans les siens. Je tentais de parler avec mon regard, d'entrer dans son observation vide des choses pour lui faire comprendre que j'étais là, lui faire quitter sa transe.

Pas besoin de parler, de faire quelque chose. Qu'elle prenne son temps. J'espérais juste qu'elle allait accepter ma présence, un peu de compagnie dans le grand vide qui semblait être en elle.
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MessageSujet: Re: Deux lumières dans le gouffre   Dim 15 Fév - 17:00

Mon corps semblait agir de façon mécanique. Je ne bougeais presque pas, je restais dans un silence constant, m'enfermant complètement sur moi-même. Tous mes gestes étaient minimisés dans le but de me faire oublier. Une seule envie habitait mes pensées depuis quelques jours : Disparaître.
La honte et les remords plainaient en constance sur mon coeur. Il m'était impossible de me reposer quelques instants sans que d'affreuses images viennent brouiller mes esprits. Un mélange de sang, de souvenirs et de mort. Mon corps se glaçait et les tremblements reprenaient quelques instants.
Les cours étaient inutiles. Je n'écoutais plus, faisant office de ma simple présence. Cependant, être là, assister aux cours, était une réelle épreuve. L'oppression que je sentais autour de moi me faisait suffoquer par moment, ma respiration se saccadait et ma vision se tachetait d'une multitude de points noirs qui me faisaient tourner la tête.

Dès lors que le cours se terminait, je quittais la salle sans demander mon reste me faisant aussi silencieuse et petite que possible. C'était souvent avec la tête baissée que je me dirigeais vers mon prochain cours. Chaque chuchotement que j'entendais dans les couloirs étaient critiques pour moi. Je me sentais observée, jugée, détestée. Il me semblait entendre le nom de Redd sur mon passage, mais je n'arrivais jamais à savoir si cela était vraiment réel ou le simple fruit de mes peurs. Je longeais les murs, évitant du mieux que je pouvais de croiser le regard de quelqu'un.

Je relevais la tête impatiente. Les élèves s'étaient agglutinés vers la sortie de la salle provoquant un bouchon. Je serrais les dents en sentant plusieurs personnes commencer à pousser derrière moi. Ils ne devaient pas me toucher. J'étais une meurtrière. Plusieurs chuchotements parvinrent jusqu'à  mes oreilles et je tournais la tête avec vivacité vers la source du bruit pour voir si j'étais la source de ces messes basses. Un garçon me fixait. Mon coeur se mit à battre de plus en plus fort dans ma poitrine. On me poussa de nouveau. Le garçon devint roux, ses lèvres se mirent à bouger et une voix au timbre familier retentit dans ma tête.

- Tout est de ta faute.

Je fermais les yeux pour ne plus voir son visage. Je voulais hurler. La circulation se fluidifia et je me retrouvais hors de la salle.
Pendant quelques instants, je restais sans bouger dans le couloir, haletante. La voix de Redd doublée de celle de Numen avait explosée dans mon esprit, me pétrifiant complètement. Quelques personnes me bousculèrent sans faire attention puis je me retrouvai seule. Ma lèvres inférieure tremblait. Cette femme hantait mes plus sombres cauchemars. Je ne savais plus vraiment ce que je devais faire. Je me mis à marcher sans but précis.
J'étais assise. Inconsciemment, j'avais rejoins mon espace élémentaire. Je me sentais un peu mieux dans cet endroit de l'académie. Je fixais le vide sans le voir, le regard hagard. Mes pensées divaguaient vers où bon leur semblait. Je n'étais plus rien.
Au bout d'un certain temps, la présence d'un homme me fit frémir. Si j'avais été sous ma forme féline, tous mes poils se seraient hérissés. Pourtant, je ne bougeais pas. Ma respiration était régulière et mon visage enfermé dans une expression aussi neutre que possible comme à mon habitude. Il passerait surement son chemin comme tous les autres. Cependant, il n'en fit rien. Ses pas se rapprochaient doucement, et il entra dans mon champ de vision. Je ne voulais pas le regarder, il allait se rendre compte que j'étais faible.
Personne ne bougea pendant, 2, 5... 10... 15 minutes. Il ne cessait de me fixer. Mon cœur se serrait de plus en plus. Je savais qui il était. Je savais qu'il avait vécu la même épreuve que moi. Je serrais les dent, et baissa finalement le regard pendant quelques secondes. Puis, je relevais la tête pour planter mes yeux ocres dans les siens. Rien n'avait bougé de mon visage qui était toujours figé dans la même expression. Rien, à l'exception d'une larme que je n'avais pu retenir qui roulait doucement le long de ma joue dans un silence absolu.
Maintenant, il savait. J'étais faible. Apeurée. Complètement perdue.

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MessageSujet: Re: Deux lumières dans le gouffre   Mar 17 Fév - 16:49

Il Fallut un bon bout de temps à Nora pour qu’elle fasse quelque chose. Durant quinze bonnes minutes, elle ne fit rien, et durant ses quinze minutes, je ne cessais de la regarder. Elle était aussi immobile qu’une statue.

Je me demandais si je devais insister. J’étais venu en me disant que ma présence pouvait lui être bénéfique, mais elle n’en faisait rien. Peut-être qu’elle ne voulait pas dire qu’elle avait besoin de ma présence, ou alors elle ne la voulait juste pas. Elle aurait fini par interagir après tout, surtout après autant de temps passé… Il se pouvait qu’elle voulait réellement rester seule et que je lui faisais plus de mal qu’autre chose en étant là.

Lors d’un instant, je déviais légèrement le regard, me disant que tout ça devenait un peu trop ridicule. Fallait-t-il que je continue ou que je me détourne ? Mais un mouvement de Nora coupa mes réflexions. Elle baissa lentement les yeux vers la table. Quelque secondes plus tard, elle releva son regard vers moi et le plongea à l’intérieur du miens, comme si elle avait cédée.

Rien d’autre n’avait bougé. Son visage était le même qu’il y a quelque minutes. Elle n’avait fait que relever la tête vers moi, prenant ma présence en considération. Reprenant un peu d’assurance sur les conséquences de mes actes, je décidais de la fixer à nouveau en retour. Allait-t-elle enfin dire quelque chose ? Agir ?

La seule chose qui sortit des yeux que je fixais était une larme, qui coula lentement sur son visage.

Lorsque je vis cela, j’eu une grande inspiration. La voir comme ça me faisait une grande peine. Finalement, j’avais eu raison de m’arrêter pour venir la voir. Vu son état, elle ne serait rien capable de faire sans aide. Je ne savais pas si elle comptait sur des personnes à l’académie, si elle avait d’autres amis dans la terre ou les autres éléments. Je ne savais même pas si elle comptait sur moi, mais j’étais la seule personne à ma connaissance qui pouvait l’aider, et je ne pouvais juste pas laisser cette opportunité de sauver quelqu’un m’échapper.

Je me relevais lentement, et contourna la table pour me retrouver à sa gauche. Une fois à côté d’elle, je passais ma main sur sa joue pour enlever toute preuve de tristesse. Après cela, je passais mon bras derrière son dos et l’autre autour de son ventre pour l’étreindre. Je ne savais pas si elle allait le prendre mal, si elle avait autant de difficulté que moi avec le contact, mais je faisais cette action en disant que peut-être se sentirait-t-elle mieux comme ça.

-N..n-n'ait pas peur…Tu-tu peux me pa-parler.

Et ce stupide bégaiement qui hante ma gorge depuis le soir avec Ayla…En quoi un bégaiement pouvait m’aider dans ces conditions-là ? Je voulais me montrer protecteur, fort et voilà que la parole trahissait ma propre incapacité à affronter les choses. Je devais avoir l’air idiot.

Maintenant, elle savait. J’étais faible. Ridicule. Complètement inutile.
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MessageSujet: Re: Deux lumières dans le gouffre   Dim 22 Fév - 21:59

Je ne savais pas vraiment si ce que je venais de faire était une bonne idée. Je n'étais qu'une lâche, seulement capable de faire souffrir les personnes autour de moi. Le laisser me voir dans cet état.. n'était-ce pas dangereux pour lui ? Ne le ferais-je pas souffrir un jour ? Ne l'avais-je pas déjà fais...
Je me souvenais l'avoir vu dans le labyrinthe auprès de Numen. Une simple pensée tournée vers cette femme me faisait frissonner d'effroi. Francis soupira ce qui me permit de rester concentrer sur lui et de ne pas céder à la panique qui se répandait dans mon corps. Je remerciais mentalement mon camarade félin d'être auprès de moi. Personne... personne n'avait fait ça depuis la fin du labyrinthe. Je m'étais sentie aussi seule qu'après la disparition de mon frère. Je m'étais de nouveau demandé pourquoi ce n'était pas moi qui avait péri lors de l'attaque de notre caravane avec mes parents.. et pourquoi ce n'étais pas moi qui avait disparut à la place de mon père. Pourquoi je n'avais pas été à la place de Redd. Toutes ces personnes ne le méritaient pas. Je méritais de disparaître.
Il me semblait que la lune me punissait en me laissant seule. Elle m'obligeait à survivre dans ce monde avec de la culpabilité dans le cœur. Elle m'obligeait à mener une vie tout en étant rongée par les remords. Elle m'interdisait d'être entourée.
J'étais tellement perdue dans mes pensées que le contact de la main de Francis sur ma joue me fit sursauter. D'un geste plein de douceur il séchait la goutte d'eau sur ma peau. Je serrais les dents pour ne pas montrer ma surprise et réagir sur la défensive. Il ne me voulait aucun mal. Sa main glissait le long de mon bras pour se diriger sous mes cheveux contre mon dos. Je restais statique, ne sachant vraiment pas comment je devais réagir à ce contact soudain. Personne ne m'avait touché avec autant de douceur depuis la disparition de mon frère. Rapidement, son deuxième bras s'entoura autour de mon corps et il se rapprocha de moi pour m'enlacer. C'était maladroit et je sentais qu'il n'étais pas vraiment à l'aise. Au bout d'un certain temps, un peu trop long malheureusement, je soupirais pour me détendre. Je fermais les yeux et profitais de ce contact inattendu et réconfortant. Il était chaud, je retrouvais en lui quelques similitude avec Hazbel et cela me faisait chaud au cœur. Un bref instant, j'oubliais tout.

- N..n-n'ait pas peur... Tu-tu peux me pa-parler.

Sa voix résonnait dans mon esprit. Je sentais qu'il faisait énormément d'efforts pour faire ce qu'il était en train de faire. Il voulait m'aider et je lui en étais extrêmement reconnaissante. Je m'écartais doucement de lui. Chacun de mes gestes était très lent. Je n'avais presque plus de force. J'étais réellement épuisée à cause de toutes ses nuits de cauchemars. Je voulais lui montrer que j'appréciais son geste et que je n'étais pas en train de le repousser. J'avais la tête de nouveau baissée. Je lui avais causé des problèmes. Il s'était retrouvé dans le labyrinthe à cause de Numen, à cause de moi. Pourtant, il était là, à me serrer contre lui pour me réconforter. Je ne méritais pas ça. J'avais honte de moi-même. Je pris une petite inspiration et relevais timidement les yeux pour les plonger de nouveau dans les siens.

- Merci... Je-je suis désolée...

Je peinais à soutenir son regard. Je mourrais d'envie de quitter ce monde et de me faire oublier à tout jamais. Un immense nœud s'était formé dans ma gorge m'obligeant à faire une pause. J'étais triste. Je devais paraître tellement faible et lâche. Je déglutis et serrais les dents pour me donner du courage.

- ... Pour tout.

Les larmes en profitèrent pour se laisser tomber sur mes joues rosies. Mon expression était identique à d'habitude. Peut être plus douce, plus fragile, plus facile à briser pour lire en moi. Mais toujours aussi neutre. Pourtant, les larmes ne cessaient d'humidifier mon visage.

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MessageSujet: Re: Deux lumières dans le gouffre   Sam 7 Mar - 18:29

Alors que j’étais toujours en train de l’étreindre, je la sentais rigide. Réagissait-t-elle mal à ce contact ? Et tout comme lorsque je la fixais intensément, j’eu un instant de malaise, ayant l’impression de la forcer à supporter quelque chose qu’elle ne voulait pas. Mais si elle se laissa aller jusqu’à maintenant, je me dis qu’il fallait peut-être attendre un peu. Et ma réflexion porta ses fruits : elle sembla se détendre, comme si elle laissa tomber une lourde charge.

Nous restâmes tous les deux dans cette position, moi l’entourant de mes bras, elle, yeux fermé et se relaxant un peu. Après un certain temps, elle recula et se libéra lentement de mon contact. Je ressentis lors de ce moment toute sa fatigue : la force avec laquelle elle usa de ses mains pour écarter mes bras était quasi inexistant, même si elle fit cette action avec douceur. Ce fût même plus à moi de reculer qu’à Nora de me pousser. Je compris cependant qu’elle ne fut pas dérangée par mon geste, ce qui me rassura. J’avais la crainte de faire un faux pas avec elle.

Elle leva la tête pour me regarder à nouveau dans les yeux, après avoir inspiré discrètement :

- Merci... Je-je suis désolée...

Elle prit une pause, semblant au bord de la crise de larmes. Je connaissais ces moments. Ces moments où l’on veut juste pleurer, exprimer ses peines, sa souffrance et tout son ressentis sans retenue, mais que l’on préfère en avoir, surtout devant d’autre personnes. Le sentiment qu’il ne faut pas craquer, qu’il faut être mieux que ça, paraître mieux que ça, comme si le faire devant quelqu’un était montrer son flanc à un prédateur. Comme si le faire n’était pas normal, était interdis.

Elle réussit cependant à terminer sa phrase :

- ... Pour tout.

Et elle craqua, commençant à pleurer à nouveau.

Ainsi, il ne s’agissait pas que de la souffrance d’avoir vécu cet évènement, il s’agissait aussi de culpabilité…Je n’avais pas eu vraiment d’informations sur ce qui s’est passé. Je savais qu’une pierre que portait Nora fit apparaître Numen, et que tout arriva à ce moment-là. J’aurais bien pu croire que Nora y était pour quelque chose, et c’est ce qu’a cru l’un des sages avant que le professeur Shitennô ne dise que ce n’était pas sa faute. Je ne pouvais que le croire, (même si il s’agissait plus de vouloir le croire que de le croire pour de bonnes raison) et j’étais convaincu qu’elle avait été la victime d’une manipulation.

-Pour quoi ? Pour Avoir renversé un l-liquide ab-byssale dans le l-labyrinthe ? Pour avoir invoqué un ps-sycophate pour t-tenter de nous tuer ? Avoir m-menacé la sécur-rité de la capitale ? Avoir tenté de n-nous massacrer de tes p-propes mains ? Avoir été la v-victime du jeu des autres ? Qu’as-tu f-fait ?

D’une certaine manière, mes paroles auraient pu la culpabiliser énormément et empirer les choses. Mais ma volonté était de lui montrer Qu’elle n’était pas fautive de tout ce qui s’est passé. Je lui pris doucement la main en la regardant dans les yeux.

-Tu as été le p-pantin des autres et ceux qui ont v-vraiment fait les c-choses. Tu n’as r-rien fait, tandis que j-j’ai…


Je m’arrêtais à ce moment-là, les mots ne pouvant pas sortir de ma bouche. Son nom, ne pouvant pas sortir de ma gorge. Je regardais ma main, que je voyais encore couvert de sang après ce qui s’était passé. Le sang d’un innocent que je ne pouvais laver, qui restait collé à ma peau comme un parasite, m’empêchant de trouver le peu d’innocence qui me restait.

-…T-tu n’as rien f-fait…Ceux qui on a-agit sont les f-fautifs. Numen, Le s-sage, Rev-van…Moi…


Mes derniers mots se firent dans un souffle, sans ton, sans force, trahissant ma honte extrême de mes péchés. Après avoir déglutit, en tenant de retrouver un peu de courage, je tentais de maintenir le contact visuel, avant de craquer et dévier le regard, presque soudainement.
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