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 D'une pierre deux alliés

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MessageSujet: D'une pierre deux alliés   Jeu 30 Avr - 20:01

Je n'ai pas fermé l'œil de la nuit...Ou ai-je? Je n'en savais rien. Peut-être que le temps est passé vite et je ne l'ai pas remarqué, restant éveillé du soir au matin. Ou alors je me suis vraiment endormis sans m'en être rendu compte, et réveillé dans la même position. Quoi qu'il en soit, je n'étais pas trop fatigué. Je ne me sentais pas particulièrement en forme, mais je pouvais tenir debout et penser correctement.

Je n'ai pas arrêté de penser cette nuit. Car aujourd'hui...Aujourd'hui j'avais décidé de les retrouver.

Ces derniers temps ont été atroce pour moi. Au moment où j'ai quitté l'académie pour me rendre au festival, les évènements s'étaient enchaînés. Et j'en ressortis avec trois blessures: celle d'un bras déchiqueté, celle du sang d'un innocent sur mes mains, et celle d'affaires chères à mon cœur dérobés.

La première disparus soudainement grâce à l'aide du sang d'Ayla, qu'elle m'offrit pour soigner ma blessure un soir où l'on se rencontra. La seconde blessure...Je ne savais pas si j'allais en guérir un jour.

Mais la troisième, je pouvais y faire quelque chose. Tout n'était pas perdu. Même si mon amulette et ma bague gardienne étaient loin de moi, ils devaient encore être quelque part, en un seul morceau dans les mains de bandits, et cela voulait dire que si je trouvais les bandits, je trouvais mes affaires.

Après avoir quitté ma chambre, puis les dortoirs élémentaires de la terre, j'ai planifié ma journée, Tout ce jour où j'allais me mettre à leur recherche. Je me préparais, tentait de choisir le meilleur moment, celui où ma santé mentale n'allait pas me faire défaut. Il fallait dire que depuis la soirée avec Ayla, après m'être ressouvenus de ce que j'ai commis, je n'ai jamais été au plus bas pourtant...C'est aussi pour ça que je n'allais pas attendre de m'être remis psychologiquement de ça. Plus le temps passais, plus mes chances diminuaient et je ne devais plus perdre un seul instant. Si je perdais mon amulette, je ne me le pardonnerais jamais.

Je me levais de mon lit et traversa le dortoir, puis les couloirs de l'académie pour rejoindre la salle à manger. Même si je me négligeais en ce moment, je n'étais pas idiot: partir le ventre vide aurait été contre productif. Aussi, je prenais le temps de manger un peu, suffisamment pour que je puisse être en forme, mais pas trop pour ne pas être barbouillé.

Et une fois rassasié, je me figeais...Il fallait que j'y aille. Une fois sortis de la salle à manger, j'allais commencer les recherches, et il n'y aurait pas de retour arrière. C'était ce que j'avais prévu depuis longtemps, et pourtant je craignais ce moment. La crainte d'empirer les choses en voulant les améliorer, que ça résulte en un échec, que je finisse à nouveau blessé, voir mort, alors que je pouvais rester simplement à l'académie...Passer à autre chose, accepter ça...

...Je ne pouvais pas accepter. J'étais trop lié à ça. L'améthyste était mon passé, mon âme, mon caractère, mon entité. Ce n'était pas une pierre que je partais sauver, mais moi. J'allais partir me sauver d'un funeste destin. Je regardais ma chemise, mon cou, et serra l'emplacement de mon ancien bijoux

-Je vais y arriver, murmurais-je. Je vais le retrouver, le ramener, le garder auprès de moi et tout s'arrangera. Tout ce passera bien...

Ainsi armé d'un relatif courage, je me levais en inspirant profondément et commençais à m'approcher de la sortie d'un pas décidé, direction la salle de la sphère.

Mais avant de pouvoir l'atteindre, la voix reconnaissable d'une personne qui m'étais familière m'interpella.
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MessageSujet: Re: D'une pierre deux alliés   Sam 2 Mai - 15:53

Chris ouvrit un œil en entendant des feuilles-couvertures bouger et être rejetée, à quelques rangées de son propre lit. Étouffant un grognement ensommeillé, il se retourna sur le dos juste à temps pour voir Francis se lever et quitter le dortoir des garçons, les épaules tendues et les traits tirés.
Ses yeux encore embués de sommeil se refermèrent alors qu'il fronçait les sourcils. Il connaissait ce genre d'expressions ; il l'avait vue dans le miroir tous les matins pendant plusieurs mois après sa sortie de l'Abysse. Son ami, à l'inverse de Chris, n'avait pas dû dormir beaucoup, une fois encore.

Prenant une inspiration pleine de courage, le loup-garou rabattit sa couette de feuillage à côté de lui, avant d'hésiter entre récolter la force pour se lever réellement, ou simplement rouler de son lit au sol du dortoir forestier. Un « Squiiiick !  » suivit d'un poids atterrissant pile sur son estomac résolu ce dilemme pour lui, et il se redressa d'un coup, envoyant son Gardien voler jusqu'au lit suivant en un cri étouffé par les couettes et les grognements mécontents de l'élève de la Terre qu'il avait réveillé.
Murmurant un « Désolé, c'est encore Saùl. » à peine repenti, il se traina jusqu'à l'aire des bains naturels. Après un rapide plongeon dans une des sources chaudes, il ressorti déjà plus réveillé et à même d'affronter la journée qui l'attendait. Une fois habillé, il se présenta rapidement devant un des miroirs de la petite cabane en bois leur servant de vestiaire, avant de sourire légèrement.

Depuis sa rencontre incroyable quatre jours plus tôt avec le Sage de la Terre Arda, puis avec la Lune elle-même, son sommeil était revenu. Libéré de tous cauchemars et de toute insomnie, Chris avait eut sa première vraie nuit de sommeil depuis des mois dès le dimanche soir. Ses cernes avaient à présent disparues, remarqua-t-il en portant une main hésitante au reflet que le miroir lui renvoyait, et son teint semblait plus coloré, plus vivant. Même son sourire avait l'air plus en forme !

// C'est fou ce que quelques heures de sommeil peuvent guérir … //

Cette pensée le ramena à son ami Francis. Le tigre-garou semblait de plus en plus pâle et préoccupé, depuis sa sortie de l'infirmerie en début de semaine, et Christyän en connaissait la cause. L'absence de ce pendentif, volé durant la Chasse du Festival de réconciliation, ne cessait de torturer l'esprit du première année de la Terre.
Il lui faudrait parler au jeune homme, et s'assurer qu'il aille bien – ou du moins, que son état ne soit pas aussi désespéré que ce que pensait Chris.

Par ailleurs, il y avait cette mission donnée par le Conseil des Sages – le Conseil des Sages ! Les porte-paroles de la Lune elle-même ! Chris ne parvenait toujours pas à y croire.
Ayla von Carline, la vampire de lignée – apparemment – royale qu'il avait rencontrée plusieurs fois déjà, avait été ajoutée à « l'ordre de mission » donné à Chris par les Sages. La Lune avait, d'après le peu d'infirmations qu'il disposait, de grands projets pour la jeune femme.
Si ses instincts de garou repoussaient immédiatement la vampire, Chris avait appris à la connaître, et la mince conversation qui avait suivi le Conseil des Sages ces quelques jours plus tôt l'avait amené à l'apprécier réellement, à passer outre sa nature de vampire.

// Après être passé outre ma haine des humains, il est normal de passer aux vampires, // ne cessait-il de se répéter.

Tous deux travaillaient à présent en binôme, au service de la Lune. Si on lui avait dit un jour que les prières de son tuteur, qui prétendait agir « au service de la Lune », se révèleraient aussi littérales, jamais il n'y aurait cru !

Après avoir salué un camarade de dortoir sur le chemin de la sortie, il arriva dans la clairière commune puis emprunta la Porte élémentaire, direction le Hall d'entrée et la Salle à Manger, Saùl rebondissant fièrement sur son épaule à chacun de ses pas.

S'étirant une dernière fois, il entra dans la Salle à manger qui commençait à se remplir copieusement, à la fois d'élèves et de nourriture. Il prit place à son tour, sa main allant chercher une grappe de raisin dans la panière à fruit face à lui et un verre de lait comme par automatisme, alors que son Gardian se précipitait pour détrousser d'autres élèves de leur petit-déjeuner. Après quelques fruits et une grosse bouchée de viande grillée, il s'immobilisa et son regard balaya la salle un instant.
À sa droite, assis sur une des tables les plus proches de la sortie, Myrrh et Jacken discutaient autour d'un énorme pichet fumant – la nouveauté de Myrddin : le thé lindörwinais, soi-disant excellent pour la santé. Il cru un instant apercevoir Ayla entrer dans la salle, mais son odorat reconnu Francis, et la jeune vampire lui sorti de l'esprit alors que ses yeux trouvaient le tigre-garou non loin de lui, sur la rangée d'en face.

Comme il le craignait, le jeune homme semblait concentré sur une idée bien précise, son regard vide n'étant en rien focalisé l'assiette face à lui.
Soudain, une lueur de détermination sembla passer dans le regard inquiet de Francis, et il se leva sans même se concentrer sur son environnement.

// Étrange … Il n'a même pas reconnu mon odeur ? … Il ne va définitivement pas bien. //

À l'instant où la main de son ami se porta à son cou, le loup-garou su.

Son améthyste. Et sa bague gardienne.

Une réalisation frappa Chris. Francis comptait se rendre seul dans le camps des bandits qui l'avaient attaqué, afin de récupérer ce qu'ils lui avaient volé.
Mais le jeune homme sortait tout juste de l'infirmerie ! Il était encore moralement blessé, et malgré la guérison miraculeuse de son bras – que Chris suspectait être le fait d'une certaine vampire, d'après ce que Francis lui avait raconté – il n'en était pas moins affaibli par rapport à ses capacités habituelles. Il n'était définitivement pas en état de s'introduire seul dans un camps de bandits qui terrorisait la région depuis plus d'une centaine d'années (ceux-ci étant déjà présents lorsque Chris avait fait d'Asraël son territoire de chasse, cent ans plus tôt).

Fronçant les sourcils, Chris se leva sans quitter le jeune homme des yeux, Saùl poussant un léger couinement de désespoir à l'idée de ne pouvoir finir son petit-déjeuner.
Christyän appela le nom de son ami pour le retenir, mais celui-ci avait déjà serpenté entre les rangées de tables et sortait de la salle à manger à l'instant où la voix de Chris s'éleva : « Francis ! »

La situation venait de se compliquer de façon considérable.
C'était cela, leur mission test ; accompagner ensembles Francis jusque dans le camps des bandits, s'infiltrer sans se faire repérer, récupérer les biens et en ressortir tout aussi discrètement. S'ils réussissaient cela, ils seraient déclarés aptes à travailler ensembles.
Mais ils s'étaient mis d'accord pour attendre le rétablissement de Francis, avant de foncer ainsi tête baissée ! Cette mission n'était pas sensée se dérouler avant au moins une semaine …

Une vague de panique prit Chris d'assault, et son instinct d'alpha reprit le dessus. Il fallait prendre des décisions, maintenant, pas le temps de trainer.
Sans perdre une seconde, Chris repéra Ayla dans la Salle à manger et se dirigea vers elle presqu'en courant, bousculant quelques élèves et s'excusant à peine.

« Ayla ! » fit-il en arrivant à sa hauteur.

Comme d'habitude, la jeune femme semblait être seule ; Lucien, qui l'accompagnait régulièrement, n'était pas en vue, ce qui était un plus pour les deux choisis de la Lune. Tout ceci devait demeurer secret, après tout.

« Mauvaise nouvelle. C'est Francis, » ajouta-t-il en gardant un ton assez bas pour ne pas être entendu des élèves autour d'eux. Ayla était une vampire ; son ouïe était plus développée que celle des simples humains présents. « La date de la mission est avancée, il a l'intention de partir maintenant récupérer ses affaires. Et si on ne fait rien, il risque de partir seul. Dès qu'il aura franchi le portail de la Sphère, on l'aura perdu. »

Il prit une inspiration et continua : « Si je n'arrive pas à l'arrêter, je pars en même temps que lui. Il est encore sous le choc, et je doute que son état émotionnel en fasse un infiltré potable. Rejoins-nous dès que tu peux, d'accord ? Je te fais confiance pour penser à tout ce que j'aurais oublié. »

// Et particulièrement prévenir Myrddin, // pensa-t-il avec amertume, sans pour autant oser le dire à voix haute, connaissant l'opinion de la vampire sur le directeur.

Avec un dernier regard entendu, le loup-garou fit demi-tour et couru après son ami jusque dans le Hall d'entrée, à quelques pas seulement du damier téléporteur. Francis était sur le point de le franchir quand Chris l'interpella de nouveau. Cette fois-ci, il parvint à attirer son attention.

« Francis ! » rappela-t-il. « Où comptes-tu aller d'un pas si pressé ? »

Le regard légèrement coupable et toujours aussi inquiet de Francis rencontra celui, légèrement accusateur, de Chris.
Le jeune homme poussa un soupir déçu.

« Pourquoi ne pas m'en avoir parlé ? » demanda-t-il d'une voix faible mais pourtant légèrement accusatrice.

Il comprenait l'importance de ces objets pour Francis, et il lui avait promis moins d'une semaine auparavant qu'il l'aiderait à les récupérer. Pourquoi le tigre-garou ne l'avait pas prévenu ?

« Je t'ai fais une promesse, Francis. Et je compte bien la tenir. Alors quel est le problème ? Ma compagnie te dérange ? »

La possibilité que Francis ne veuille pas de son aide traversa son esprit. Ce genre d'angoisses ne l'avait jamais préoccupé, auparavant. Tant que son frère était en vie, il n'avait jamais contemplé la possibilité d'être rejeté par quelqu'un. Après sa disparition, et à son entrée à l'Académie, il ne portait aucune importance à l'avis des humains sur sa personne.
Mais à présent qu'il avait échappé à la mort – plusieurs fois – et qu'il avait, de façon totalement incroyable et invraisemblable même à cet instant, été désigné comme disciple du sage de la Terre, ce besoin d'approbation qu'il avait toujours ignoré semblait s'être réveillé …

… Même si la probabilité que Francis lui réponde par l'affirmative était très mince, au vue de leur amitié.
Et puis, il y avait cette mission. Quoi que Francis lui réponde, Chris l'accompagnerait.

« Je comprends que ça soit important pour toi. Et quoi que tu dises, je viens avec toi. Mais laisse-toi au moins le temps de te préparer !  » continua-t-il en gardant la voix basse afin de ne pas attirer l'attention sur eux. « Tu comptais y aller comme ça ? Tu n'as pas la moindre arme, pas d'argent, pas de provision, ni le moindre moyen de rentrer à l'Académie une fois tes affaires récupérées. Le portail de la Salle de la Sphère ne restera pas ouvert, tu sais. Et comme nous partons sans prévenir personne, aucun portail ne nous attendra à notre retour. »

Comme il était étrange de la part de Chris de tenir un tel discours … Lui qui avait toujours vécu nu, ou presque, dans la forêt, sans le moindre argent durant des années, voilà qu'il prônait les outils humains au lieu de leurs attributs animaux !
Il savait pourtant qu'un portail les attendrait … du moins, il l'espérait. Mais prévenir Francis de la présence d'Ayla ne ferait que rendre le jeune homme suspicieux. Et il faisait confiance à la jeune femme pour faire une entrée suffisamment remarquable dès qu'ils auraient des ennuis – ce qui, connaissant Chris, était certain d'arriver.

« Écoute, si tu préfères partir maintenant pour éviter d'être surpris par un professeur après le petit-déjeuner, je comprends, mais laisse-moi envoyer Saùl chercher quelque chose d'abord. »

// Je ne te lâcherais pas des yeux ; tu risquerais de partir sans moi … //

Le petit écureuil sauta de son épaule et traversa la Porte élémentaire de la Terre sans danger, celle-ci étant étudiée pour laisser passer les Gardiens, même sans leurs Protégés.

La dernière fois, Francis s'était présenté à eux sous sa forme animale, et il avait été incapable de s'opposer à eux. Et d'après ce que Christyän savait de ces bandits (s'ils étaient de la même branche que ceux qu'il avait connu toutes ces années plus tôt), alors la seule façon de s'infiltrer efficacement dans le camps des bandits était sous leur forme humaine. Moins voyante, moins imposante et sans doute plus discrète dans un camps rempli d'humains.

Il fit part de ces pensées à Francis.
Quelques minutes plus tard, un couinement retentit dans le Hall d'entrée, et Saùl ressortit de la Porte élémentaire en trainant difficilement derrière lui un sac de voyage en cuir tanné.

Chris se dirigea calmement vers son Gardian, récupéra le sac et le balança sur son épaule de manière tout à fait naturelle, sans avoir l'air ni de se presser, ni de cacher la moindre expédition illégale. Attirer l'attention d'autres élèves à ce stade serait très regrettable.
Il retourna auprès de Francis avant d'ajouter : « J'ai toujours ce sac prêt au pied de ma couche, dans le dortoir. »

Il sangla le sac autour de sa taille, ayant aménagé un petit système lui permettant de le porter sur son dos même sous sa forme animale. Il s'interrompit et fronça légèrement les sourcils.

« Je n'arrive pas à croire que je suis le « type raisonnable », ici … » dit-il, blasé, avant d'ajouter, avec un haussement de sourcil amusé : « C'est parce que tu refuses de l'être ! »

Il tâta rapidement son sac. Sa dague, sa bourse pleine de sa récompense de la Chasse du samedi précédent, la petite statuette magique qu'il y avait également gagné, ainsi qu'un set de vêtements chauds de rechange. Tout semblait y être.

Il savait qu'Ayla ne tarderait pas à les rejoindre, et que vu l'état d'agitation du tigre-garou, il était inutile de tenter de le retenir. La vampire était une chasseuse hors-pair, il n'en doutait pas un instant. Elle saurait reconnaître leurs odeurs dans la forêt, et pourrait les retrouver facilement.
Malgré l'urgence de la situation, Chris ne la considérait plus comme incontrôlée.

Ils pouvaient partir.

~~~~
« Je te retrouverais. Je te le promets, Raän. »

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Ayla Morg
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MessageSujet: Re: D'une pierre deux alliés   Ven 22 Mai - 22:30

Il était difficile, voir même inconcevable, d'imaginer que cette fille était la même personne, qu'elle porte des lunettes ou non. Il ne restait plus rien de cette jolie jeune fille aux cheveux roses, ce vampire étrange qui jouait double jeu, parfois innocente, parfois terrorisante, agissant pour des raisons inconnues. Une enfant mystérieuse, à la force prodigieuse, protégée par Myrddin, vivant dans ses appartements afin d'être isolée des autres. Ce n'était plus elle, plus maintenant. L'enfant avait pris de l'assurance, n'était plus liée à Myrddin, terrorisait les élèves d'un simple regard, un regard affamé. Même ses appartements avaient changés, la lune avait exigé qu'elle soit déplacée dans les sous sols, dans une chambre spéciale fournie par Fujiin. Bien que possédant un lit relativement luxueux, cette pièce était loin d'être accueillante. En plein milieu, se trouvait un effrayant cercle en pierre noir, entouré par de nombreux pics, formant comme des griffes, sur lesquelles on pouvait voir d'étranges symboles rouge sang. Il s'agissait d'un cercle de méditation selon le sage des vents, cela devait l'aider à ressentir sa terre natale, Nandoriath, ainsi qu'à améliorer son lien mental avec la lune. Elle avait l'obligation de s'en servir tous les jours et surtout de ne laisser entrer personne à ce moment précis, les conséquences auraient été désastreuses. D'après les dires du professeur d'artefacts, si jamais une personne autre qu'elle, même lui, entrait dans la pièce à ce moment précis, l'énergie vampirique du cercle tenterait de lui arracher son essence vitale. Elle était déjà relativement effrayante, donc tuer un camarade par un simple petit oubli, n'allait pas vraiment augmenter sa cote de popularité.

Ce jour là, elle avait donc prit place en plein milieu du cercle, illuminant les symboles et semblant animer les griffes de pierres, pierres venant tout droit de sa terre natale, au gré de sa volonté. Ses yeux devinrent totalement noirs et sa vision se déplaça à toute vitesse, quittant les murs de l'académie en un dixième de seconde, passant à travers la pierre et la chair. Elle tremblait, du sang commença à couler depuis ses narines, son esprit était fort, mais pas assez, elle devait faire plus, beaucoup plus. Edälia défilait sous ses yeux, la vitesse augmentait, de même que son mal de crâne, enfin, elle vit les montagnes noires et...cracha du sang, s'écroulant sur le sol. Respirant avec difficulté, elle entendit à nouveau ce chant, ces milliards de voix éthérées, chantant en même temps.

- C'est insuffisant.

- Pardon d'avoir blessé sa majesté.

- Ce potentiel est en toi, mais peut être es tu encore incomplète.

- Que voulez vous dire ?

- Nous allons hâter ton apprentissage. Va dans la salle à manger, maintenant.


Le silence, enfin, cette divinité avait le don de l'énerver. Elle n'y arrivait pas, inutile d'insister, il lui avait fallu plusieurs jours pour ne serait ce que sortir de la pièce, alors aller dans un autre royaume, faudrait voir à ne pas trop la surestimer ! Se relevant, la vampire essuya le sang qui était encore sur ses lèvres, avant de se poser un bref instant sur son lit. Soupirant, elle passa sa main sur son front, la douleur avait disparu, c'était presque pire que lorsque l'Abysse l'avait frappée dans le labyrinthe. Elle qui n'arrivait pas à faire voler un objet sans détruire un mur ou se faire du mal, on lui demandait de séparer son esprit de son corps. Un cercle de méditation ? Il lui semblait que la méditation reposait, pas qu'elle manquait à chaque fois de détruire son esprit. Inspirant un bon coup, elle remit ses lunettes, redevenant cette charmante jeune fille aux cheveux violets, bien qu'au regard affamé par moments et possédant quelques fois un sourire carnassier. Quittant sa chambre, elle se dirigea vers la salle à manger.

Ce qui était problématique avec les ordres de la lune, c'est qu'elle n'avait que rarement le droit à un peu de calme ou de paix, Ayla s'attendait donc à ce qu'une situation "imprévue" où un nombre incalculable de catastrophes s’enchaînent, fasse sa petite entrée en scène. Évidemment, cela ne rata pas, elle fut très rapidement interpellée par Christyän. Le fixant, elle ne fit même pas mine d'être surprise, se contentant d'écouter en silence le garou lui expliquer la situation. Ainsi, Francis avait décidé d'agir avant la date prévue par le conseil des quatre, ce type avait un don pour s'attirer des ennuis. Soupirant encore une fois, elle avait l'horrible impression que tout ceci était orchestré dans un autre but que récupérer un souvenir de famille. Laissant le loup courir après leur ami en commun, Ayla se prépara à aller avertir Myrddin, quand les voix refirent surface dans son esprit pourtant si calme.

- Laisse le, il n'a pas besoin de savoir où vous allez, tu perds du temps. Ferme les yeux.

- Que ?...


Sans comprendre ce qui se passait, Ayla se retrouva contre un arbre, tombant à la renverse, aveuglée par une intense lumière blanche. Elle détestait ces téléportations, au moins la salle de la sphère était plus agréable. Manquant de vomir, elle respira lentement, avant d'observer les alentours. Aucune trace du château, pas de petit bois, pas de lac, cette situation ne lui disait rien qui vaille.

- Ne réfléchis pas. Concentre toi. Écoute, sens et vois.

Soupirant à nouveau, la vampire s'exécuta, écoutant tous les bruits présents dans la zone. Le bruit des feuilles, le cri d'un animal au loin, le bruit sourd de ses deux amis se téléportant enfin, à quelques milliers de mètres de là. Rien de bien extraordinaire, jusqu'à ce qu'elle entende un bruit de hache, quelqu'un coupant du bois. Pour une raison inconnue, elle se concentra sur ce bruit en particulier et dirigea son regard dans la direction de la source de cette agitation. Elle eut l'impression de charger, de se fondre sur cette personne, sur cet homme habillé de cuir, la trentaine, barbe mal taillée, jetant ce qu'il avait coupé dans un tas beaucoup plus grand. Le bruit de la coupe disparut, elle entendit à présent sa respiration, ses battements de coeur, le sang qui circulait dans son corps. Elle ne vit plus ses habits ou son visage, mais visualisa tout son système sanguin, passant sa langue sur sa lèvre. Elle avait faim, tellement faim, si seulement elle pouvait...

- Tue le.

- Que...quoi ?!


- Écoute ton instinct, plonge ta main dans son corps et retire son cœur. Regarde la vie quitter son corps et presse ta récompense. Tu dois boire, sentir cette vie rejoindre ton existence. Tu es affamée, tu ne demandes que cela, non ?

- Mais je n'ai jamais chassé, c'est un humain, le pacte...

- Le pacte s'applique aux vampires ordinaires, un papier réduisant ton peuple en esclavage. Tu dois chasser, c'est dans ta nature. Un humain ? Rien de plus qu'un bandit, un être se souciant peu de dommages collatéraux des décisions de leur chef. Sans eux, l'abysse n'aurait pas vue le jour et ta mère serait encore en vie. Un vulgaire criminel, il mourra demain ou dans un mois, c'est une opportunité.

- Je ne sais pas si...

- Tue le !


Sans même se rendre compte de ce qu'elle faisait, Ayla rejoignit le bandit à une vitesse monstrueuse, un simple effleurement arracha le bras de sa victime, qui tomba sur le sol en hurlant de douleur. Il n'eut pas spécialement le temps de continuer, les lunettes de la vampire étaient tombées et il pu la voir dans toute sa splendeur ou plutôt, son horreur. Elle le regarda avec haine, puis attrapa sa tête avec une seule main et le souleva, avant de planter ses griffes dans son corps et d'y retirer son cœur avec une violence inouïe. Le corps fut ensuite jeté un peu plus loin, comme un vulgaire détritus. Observant l'organe, elle le plaça au dessus de son visage et le pressa, le sang coulant en quantité sur ses lèvres, tombant au fond de sa gorge. Tout ce qui ne fut pas avalé, fut immédiatement aspiré par sa peau, ne laissant aucune trace sur elle d'un tel massacre. Laissant tomber ce qui restait du cœur de sa proie, elle soupira d'aise, visiblement soulagée d'avoir commis un tel acte. Soudainement, elle fut pris de vision, voyant toute la vie du bandit défiler devant ses yeux, s'arrêtant soudainement sur une discussion avec un autre homme. Il lui montrait une amulette, ainsi qu'une bague, visiblement fort content de sa découverte. Ainsi, le sang arraché pouvait lui montrer la vie passée ?

- Tu as ta cible, trouve la, ramène la devant tes amis, je t'en dirais plus dés que ce sera fait.

Il ne fallut pas longtemps à la vampire pour retrouver le partenaire de sa première victime, ils semblaient plutôt bien s'entendre, voir même agir en binôme. C'était amusant en y repensant, elle qui allait devoir faire un duo avec Christyän, leur fin officialiserait leur début. Il était en vérité aussi à la recherche de bois pour le feu du camp, mais également de son camarade, qu'il ne tarda pas à retrouver, dans un état assez lamentable cela dit. Se rapprochant de lui sans un bruit, la vampire l’assomma d'un simple revers de main, le prit sur son dos et partit à la recherche de ses deux compagnons. Elle ne tarda pas à les retrouver, faisant une entrée plutôt fracassante, jetant le corps du bandit à leurs pieds.

- Désolé du retard, j'ai du me renseigner sur le camp, à ma façon bien entendu...C'est ce type qui t'a volé n'est ce pas ? Et on se réveille !

Lui donnant un léger coup de pied, le faisant voler sur un bon mètre tout de même, Ayla réveilla, encore une fois à sa manière, le bandit qui avait osé voler son ami. Ne le laissant pas le temps de se relever, elle posa doucement son pied sur sa gorge avec un sourire carnassier.

- Donc, je résume, si tu me dis pas où tu as caché les objets de mon ami, je crains que mon pied ne devienne très lourd.

- Si tu me tues, tu ne sauras jamais...

- Bon sang, un bandit intelligent ? Je pensais que ce n'était qu'un mythe.

- C'est plutôt conseillé pour rester en vie.


Le laissant se relever, elle croisa les bras, observant ses réactions, il avait bien compris que se servir de son arme ne serait d'aucune utilité. Faisant craquer sa nuque, le bandit finit par poser une question que notre vampire jugerait typiquement humaine.

- Et j'ai quoi en échange ? Excepté ma vie bien entendu ?

La vampire sourit, dévoilant ses crocs avec un malin plaisir, se rapprochant de sa proie, qui recula, transpirant sous la vision du prédateur.

- Je m'abstiendrai de te vider de ton sang.

- Je connais l'existence du pacte de non ag...

- Je perds patience !


D'un regard furieux, Ayla attrapa l'homme par son visage, le souleva et planta ses canines en plein dans sa chair, buvant lentement ce liquide qui l'appelait depuis tout à l'heure. Le bandit poussa un cri, puis gémit doucement, se laissant totalement faire, son corps refusant de résister à la sensation procurée par la morsure. Une fois encore, sa vie défila dans les yeux de la vampire, à une vitesse beaucoup moins violente cependant, laissant le temps à Ayla de voir avec précision où sa proie avait caché ses affaires. Une fois ceci fait, elle lâcha sa prise et laissa tomber le bandit sur le sol, qui maintenait sa main sur la blessure que lui avait infligé le buveur de sang. Regardant Christyän, elle sortit ses griffes et les plaça en direction du cou du bandit.

- J'ai déjà tué un bandit ce soir, je peux recommencer, ces ordures sont l'une des causes de l'Abysse et ont volé Francis. Ma mère est morte en partie à cause d'eux, je n'ai que cela en tête... Seulement, tu es la voix de la raison, je le laisse en vie ? Tout comme leur camp ? Qu'est ce qu'on fait ?

- Si... je... peux...

- Un mot, un seul et je ne réponds plus de rien.


La lune n'avait pas eu besoin de lui reparler, elle avait agit comme elle le désirait. Cela n'avait pas été bien compliqué, elle n'avait eu qu'à stimuler l'envie de vengeance de la vampire. Christyän le savait, c'était maintenant à lui de prendre une décision. Un choix qui ferait ou non couler le sang d'un ou plusieurs individus.

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Certains voient le monde en noir
D'autres en blanc
On parle aussi de gris
Le mien est rouge...


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MessageSujet: Re: D'une pierre deux alliés   Sam 23 Mai - 16:31

-Francis ! Où comptes-tu aller d'un pas si pressé ?

Voilà une situation que j'aurais préféré éviter. J'étais tellement stupide... J'aurais dû être plus prudent, discret...Christyän était souvent aux aguets depuis l'infirmerie avec moi, je le sentais. J'aurais dû me dire qu'il allait garder un œil sur moi et attendre le moment où j'allais décider de partir pour me rejoindre.

- Pourquoi ne pas m'en avoir parlé ? Je t'ai fais une promesse, Francis. Et je compte bien la tenir. Alors quel est le problème ? Ma compagnie te dérange ?

J'ouvrais la bouche un instant, mais aucun son n'en sorti. Je me sentais mal, coupable d'avoir voulu fuir discrètement sans prévenir personne et je décidais de me la fermer, baissant la tête et regardant le sol, l'air coupable comme un enfant qui a été prit en train de faire une bêtise.

Sa compagnie ne me dérangeais pas. Bien au contraire, il était l'une des personnes dont j'appréciais le plus la compagnie, et il devrait le savoir. Je me sentais toujours en sécurité lorsqu'il était dans les parages, je pouvais me détendre en me disant que j'avais un ami qui pouvait m'aider en cas de situation dangereuse. Il m'apportait un sentiment de sécurité dans mon quotidien, et malgré le fait que je me sentais mal vis-à-vis de lui sur le moment, j'étais énervé qu'il ose dire que sa présence pouvait être un inconvénient pour moi.

Sa présence l'aurait juste été aujourd'hui, maintenant.

- Je comprend que ça soit important pour toi. Et quoi que tu dises, je viens avec toi. Mais laisses-toi au moins le temps de te préparer ! Tu comptais y aller comme ça ? Tu n'as pas la moindre arme, pas d'argent, pas de provision, ni le moindre moyen de rentrer à l'Académie une fois tes affaires récupérées. Le portail de la Salle de la Sphère ne restera pas ouvert, tu sais. Et comme nous partons sans prévenir personne, aucun portail ne nous attendra à notre retour.

Je n'y vais pas pour réussir... C'était la phrase qui surgit de mes pensées, et qui faillit surgir également de ma bouche en réponse à ce que me disait Christyän. Si je partais, ce n'était pas pour gagner, en effet. Ce n'était pas pour être le plus prêt, le plus prudent possible, pour pouvoir récupérer mes affaires et rentrer. Même si c'était une partie de ce que je voulais, je ne faisais pas ça avec le but dans ma tête de rentrer en un seul morceau à l'académie. Si j'y allais, c'était pour essayer. Essayer, tenter de réussir, tenter de retrouver mon améthyste, ma bague gardienne, peu importe si j'allais le payer de ma vie, car rester plus longtemps dans l'académie allait me rendre fou. L'améthyste...Toute ma force, je la puisait de cette pierre, aussi idiot que cela puisse paraître. Depuis que je ne l'avais plus, j'étais faible. Je n'avais plus de force physique, plus de résistance psychologique et j'étais aussi fragile que du verre, à errer dans les couloirs, à me perdre dans des pensées destructrices, à me décomposer dans les couloirs sans rien faire

Sans agir pour tenter de changer les choses, j'allais devenir fou. Il s'agissait de ma santé mentale. Je ne pouvais plus attendre pour le faire, patienter assez longtemps pour m'assurer que j'allais pouvoir rentrer sain et sauf avec mes affaires. Je m'en moquais de la mort, qui était pour moi, sur le moment, une échappatoire comme une autre...Tant que j'essayais...essayer juste une fois de changer les choses au lieu de subir.

Tout ça, j'eu envie de le hurler à Chris, qui continuait à partir du principe que je ne lui faisais pas confiance, qui croyait à toutes les raisons du monde, sauf celle que j'avais réellement.

-Écoute, si tu préfères partir maintenant pour éviter d'être surpris par un professeur après le petit-déjeuner, je comprends, mais laisse-moi envoyer Saùl chercher quelque chose d'abord. Je n'arrive pas à croire que je suis le « type raisonnable » ici… C'est parce que tu refuses de l'être !

- Mais je ne veux pas que tu viennes...

Je sortais soudainement de mon mutisme, et le visage toujours baissé vers le sol, d'une voix calme, presque dans un chuchotement, je me mettais à lui exprimer mes craintes.

- Il s'agit de mon combat, mes affaires. Tu n'as rien à y faire, rien à y gagner... Et peut-être que tu diras encore que c'est car je suis ton amis et qu'il est ton devoir de m'aider... mais le seul moyen que je puisse t'aider toi est de te dire de ne pas me suivre. Je fais des choses stupides, je me met en danger et en me suivant, quelque chose de mal pourrait t'arriver. Si tu es blessé, si tu meurs à cause de moi...J'ai déjà perdu trop de choses et tu n'as pas besoin de faire partit du lot.

Je poussais un soupire, et vit le gardien de Christyän arriver avec un sac, que Christyän amena rapidement à son dos. Il n'y avait plus de raisons pour moi d'insister: il allait venir, quoi que je dise.

- D'accord. Je ne pourrais pas t'empêcher de venir, mais fais juste attention s'il te plais.

Je relevais un instant la tête pour le regarder dans les yeux. Je voulais voir dans son regard qu'il avait compris que je ne lui pardonnerais pas d'être blessé à cause de mes histoires et que je ne voulais pas qu'il se mette en danger. Et quelques instants plus tard, je traversais le portail, Christyän sur les talons.

La forêt d'Astraël...je nous avais téléporté là où se trouvait auparavant le portail utilisé lors du festival de la réconciliation, pour l'épreuve de la chasse. à partir de là, je pouvais commencer à pister le chemin que j'avais pris. J'avais une très bonne mémoire, et je commençais en fermant les yeux à avoir les images du moindre de mes déplacements ce jour-là.

-Suis-moi, ai-je dis à Chris.

Et je commençais à marcher là ou, il y a quelques semaines, je foulais le sol de mes pattes. Je m'avançais vers un lieu désormais détesté.

Il faisait assez beau et pas trop froid, ce qui rendait la marche agréable. Mon rythme variait. J'étais tantôt rapide, tantôt lent, et je pouvais passer d'une marche prudente à une accélération subite d'un instant à l'autre, ne voulant pas me tromper de chemin. Je regardais de temps à autre derrière moi pour voir si Christyän me suivait. Il y eut un moment où je me suis dis qu'un peu d'odorat ne pouvait pas me faire de mal, et je pris mon apparence féline pour humer l'air et aller plus rapidement. Je ne voulais pas perdre de temps et souhaitais retrouver ces bandits le plus vite possible.

Après un certain temps à marcher, je me figeais soudainement, remarquant un buisson devant moi. Comme si c'était une créature prête à me dévorer, je me plaquais immédiatement sur le sol. Quelque secondes après, je me redressais: ma réaction avait été purement instinctive, car il s'agissait du buisson que j'ai traversé et qui cachait derrière lui le piège à loup que je m'étais pris. Je contournais le buisson, les oreilles plaqués sur la tête et en jetant un œil mauvais dessus. Le piège n'était plus là, mais je pouvais encore sentir l'odeur de mon propre sang dans les alentours. Je me souvenais de toute la scène, toutes les sensations, ma douleur... Un frémissement parcourait ma patte face à ce souvenir plus que désagréable. Je m'arrêtais l'espace d'un instant en m'adossant sur un arbre, léchant ma patte là où se trouvait auparavant la blessure. C'était ridicule, mais ça me réconfortait l'espace d'un instant. Je jetais un regard à Chris, lui offrit ce qui pouvait s'apparenter à un sourire sur le visage d'un tigre et me redressa à nouveau pour repartir...

...Du moins, avant qu'une nouvelle amie n'apparaisse.

Ayla, avec une rapidité surhumaine (ce qui semble plutôt logique, pour une non-humaine), arriva et jeta un homme à nos pied. Mais qu'est-ce qu'elle faisait ici?

- Désolé du retard, j'ai du me renseigner sur le camp, à ma façon bien entendu...C'est ce type qui t'a volé n'est ce pas ? Et on se réveille !

Et d'un coup de pied, l'homme vola sur un bon mètre, avant que la vampire ne l'atteigne à nouveau, posant un pied sur sa gorge.

- Donc, je résume, si tu me dis pas où tu as caché les objets de mon ami, je crains que mon pied ne devienne très lourd.


Je m'approchais, toujours sur ma forme féline, de l'individu. Toutes les actions d'Ayla m'avaient empêché de m'assurer que cet homme était bien l'un des deux bandits qui m'avait volé... Et c'était en effet lui. C'était l'un des deux qui m'avaient arraché mon améthyste, ma bague. Il s'agissait du plus jeune d'entre eux. Je me demandais bien où son camarade était.

- Si tu me tues, tu ne sauras jamais...

- Bon sang, un bandit intelligent ? Je pensais que ce n'était qu'un mythe.


- C'est plutôt conseillé pour rester en vie.

Ayla laissa l'homme se relever. Il me jeta un regard surpris, avant de comprendre qui j'étais. Je lui retournais un regard. Mon regard ne trahissait pas de haine, de colère, de tristesse ou de compassion, mais le siens... Il semblait mal à l'aise. Mais il se tourna à nouveau vers la vampire.

- Et j'ai quoi en échange ? Excepté ma vie bien entendu ?

- Je m'abstiendrai de te vider de ton sang.

- Je connais l'existence du pacte de non ag...


- Je perds patience !

Et en l'espace d'un instant, Ayla sauta au cou de l'homme, commençant à extraire son sang de sa nuque. Même si je faisais confiance à Ayla, son geste me terrifia assez, et je reculais d'un pas, surpris par ses agissements. Après un instant, l'homme tomba par terre, tandis que son sang continuait de s'échapper de sa blessure.

- J'ai déjà tué un bandit ce soir, je peux recommencer, ces ordures sont l'une des causes de l'Abysse et ont volé Francis. Ma mère est morte en partie à cause d'eux, je n'ai que cela en tête... Seulement, tu es la voix de la raison, je le laisse en vie ? Tout comme leur camp ? Qu'est ce qu'on fait ?

- Si... je... peux...

- Un mot, un seul et je ne réponds plus de rien.

C'est à ce moment là que je me rendais compte de quelque chose chez Ayla, que je n'avais pas remarqué immédiatement, mes pensées ayant été trop focalisé sur le bandit depuis tout à l'heure. Ayla semblait... Différente. Ses cheveux, son visage, ses expressions, même sa posture. Ce que j'avais vu en elle, dans le petit bois de l'académie... J'avais l'impression qu'il s'agissait d'une autre personne devant moi.

Était-ce toujours cette fille dont j'ai secouru le brin d'innocence et de pureté, le soir où l'on s'est rencontré?

Quoi qu'il en soit, elle allait sans doute tuer cet homme. Se tournant vers Christyän, je compris qu'elle attendait simplement l'ordre d'agir. Je partais du principe que j'avais mon mot à dire sur cette affaire, et je reprenais ma forme humaine en me tournant d'abord vers mon ami loup:

- Pas lui. L'autre oui, mais lui... Il ne le mérite pas. Il ne voulait pas me faire de mal. Il obéissait juste aux ordres, son supérieur ne souhaitait pas me soigner.

Je posais à nouveau mon regard sur l'homme, me rappelant de ses paroles, de son idée de me proposer des soins au lieu de me laisser mourir dans la forêt, de la honte que j'avais pu lire dans son visage. Lui, au moins, contrairement au second, s'était retourné pour me regarder une dernière fois. Il devait bien avoir une morale, lui.

Je regardais Christyän, puis Ayla

-S'il vous plait.
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MessageSujet: Re: D'une pierre deux alliés   Dim 24 Mai - 6:42

Les yeux de Chris ne quittaient pas le dos de Francis alors qu'ils marchaient aussi silencieusement que possible à travers la forêt.
Les paroles du jeune homme devant lui lui revenaient à l'esprit.

« Mais je ne veux pas que tu viennes … »

Il avait failli laisser l'éclat de peine transparaitre sur son visage, mais s'était retenu de justesse. La partie de lui contenant sa fierté (et sans doute son orgueil) sembla considérer un instant tout laisser tomber et de laisser son ami y aller seul, mais l'idée ne fut qu'un flash et sa loyauté et son affection envers Francis effacèrent la suggestion comme si elle n'avait jamais traversé son esprit.

// Sans compter la mission du Conseil … // se rappela-t-il, bien que ce ne fut certainement pas sa première raison.

Il aidait Francis car il était son ami, et non car la Lune et les Sages des Éléments le lui avaient ordonné …

Mais il avait fini par comprendre, à l'expression du tigre-garou, que tout ce que Francis voulait, c'était éviter que son ami ne soit blessé en l'aidant.
Il avait une expression trahissant, cette fois-ci, son amusement. Après tout ce qu'il avait vécu, un camps de bandits n'était certainement pas ce qui allait effrayer Chris ! Il avait survécu seul (ou presque) dans une forêt dangereuse alors qu'il n'était qu'un nourrisson, puis avait fait face à un bataillon de démons à quatorze ans, avant de tenir tête aux bandits envahissant la première Académie de Magie, plus de cent ans auparavant. Il avait affronté la magie tortionnaire de l'Abysse, et avait survécu à ses nombreuses tentatives de l'affaiblir et de le tuer !
Quelques humains armés d'épées, combien entrainés soient-ils, était loin de lui faire peur, même s'il savait être prudent !

Chris secoua légèrement la tête pour se sortir de ces pensées. Ils arrivaient près de l'endroit où le loup-garou avait trouvé Francis, il lui fallait rester sur ses gardes …

Il vit du coin de l'œil le tigre-garou se transformer, laissant derrière lui une pile de vêtements que Chris ramassa en arrivant à sa hauteur. Lui préféra garder sa forme humaine. Ils approchaient du camps des bandits, et donc sans aucuns doutes d'une présence humaine renforcée …

Alors que Francis reniflait tout autour, Chris repéra sans mal l'endroit ; là où s'était tenue la créature de l'Abysse – car à présent, il savait ce qu'elle était – empestait toujours de cette noirceur indescriptible et caractéristique de l'Abysse.

Il bruissement de feuilles attira son attention sur la droite, et il se mit immédiatement en position défensive, prêt à sauter sur leur attaquant.
Mais il reconnu instinctivement la chevelure flamboyante et comprit de qui il s'agissait.

Alors que la vampire balançait un corps gémissant sur le sol, Chris prit le temps d'apprécier la vitesse à laquelle Ayla avait réagit. Francis et lui-même étaient à peine arrivés qu'elle avait déjà à sa disposition un des bandits ayant attaqué leur ami – et, d'après ce qu'il comprenait, avait éliminé le second.

// Idiot. //

L'homme ne savait pas quand se taire. Il vit la vampire planter ses crocs dans la gorge du bandit et fut presque surpris de ne rien ressentir. L'homme laissa échapper un gémissement de douleur mêlée à la peur.

« Tu es la voix de la raison, je le laisse en vie ? Tout comme leur camp ? Qu'est ce qu'on fait ? »

Un éclair de lucidité sembla traverser le regard d'Ayla lorsqu'elle se tourna vers Chris, et celui-ci suspecta que cette démonstration de force de la part de la vampire n'avait pas pour seul but de menacer l'homme au sol.
Cinq ans auparavant, Chris aurait simplement détourné les yeux et aurait laissé la vampire déchirer la gorge du bandit sans même éprouver le moindre remord. Il avait attaqué leur ami en premier, et la simple présence d'humains sur son territoire lui aurait fait perdre toute patience envers cette race qu'il considérait alors comme vicieuse et méprisable.

Mais il n'était plus le loup qu'il était à l'époque. Il avait évolué, depuis. Et s'il ne ressentait aucun attachement à cet homme au sol, il savait que le tuer n'était ni indispensable ni même nécessaire à leur mission. Laisser une trainée de corps dans leur sillon ne pourrait que mettre en péril leur infiltration.

Alors qu'il allait s'adresser à Ayla, la voix de Francis le coupa court, et il tourna son regard vers lui.

« Il ne le mérite pas. Il ne voulait pas me faire de mal. Il obéissait juste aux ordres, son supérieur ne souhaitait pas me soigner. »

Alors c'était réglé. Francis était la victime, il avait droit à son mot à dire.
Chris acquiesça légèrement avant de s'approcher de la vampire et de l'homme au sol, menacé par les griffes de son amie.

« Tu as les informations que tu voulais ? » lui demanda-t-il d'une voix basse, soutenant son regard ensanglanté en réprimant le frisson de malaise qui le prit.

Lorsque la jeune femme acquiesça à son tour, il baissa son regard sur le visage apeuré de l'homme. Il semblait avoir compris que sa situation était loin d'être idéale. D'une seule parole du loup-garou, le bandit pouvait avoir la gorge tranchée et son corps jeté dans le buisson le plus proche.

« Laisse-le en vie, » ajouta-t-il.

Les sourcils de la jeune femme se froncèrent, et il vit les griffes s'éloigner de la gorge de l'homme avec réticence. L'homme ouvrit la bouche de nouveau, voulant se défendre ou bien remercier le loup-garou, mais Chris le souleva brusquement par le col de sa tunique, avant de lui assener un violent coup sur l'arrière du crâne, l'assommant immédiatement. Le corps retomba sur le sol en un bruit étouffé par l'herbe et les racines.

Il savait que la vampire n'était pas du même avis que lui, et que son pouvoir (ou la Lune, il ne savait toujours pas exactement) la poussait à relâcher son humanité pour laisser la buveuse de sang en elle se déchaîner. Le fait qu'elle ait déjà tué le premier assaillant de Francis pouvait sans doute passer comme une attaque d'animal, bien qu'il n'en connaisse pas les détails. Il se doutait bien que dans un environnement aussi dangereux, il n'était pas rare qu'un ou deux bandits disparaissent. Sachant leur « invité » inconscient, il prit le temps de se tourner vers la jeune femme.

« Si on laisse une trainée de corps derrière nous, on prend le risque d'être repérés par d'autres hommes du camps. Et si on massacre le camps, quelqu'un finira par trouver les corps, et l'information remontera jusqu'à la capitale. »

Il laissa le « Et notre mission est censée être discrète. » informulé, mais il savait que la vampire comprenait. Ils n'avaient plus besoin du bandit ; Ayla avait sans aucun doute récupéré toutes les informations dont ils pouvaient avoir besoin.

Son regard se posa de nouveau sur le corps de l'homme.

« Voilà ce que je vous propose : on le dissimule en haut de cet arbre pour qu'il ne puisse pas prévenir ses camarades en se réveillant, puis on fonce récupérer les affaires de Francis. Ayla, tu sais où elles sont, n'est-ce pas ? » demanda-t-il, ses soupçons sur les effets de la morsure se révélant justes lorsque la vampire acquiesça. « Bien, alors on s'infiltre le plus discrètement possible dans le camps. On est en plein jour, donc il vaut mieux que Francis et moi gardions notre forme humaine, nous serons moins remarquables que deux prédateurs, surtout vu la couleur de ta fourrure, Francis. Si quelqu'un nous repère, on se débarrasse d'eux en faisant le moins de bruit possible, et de préférence sans les tuer. Si on ne laisse pas de corps derrière nous, il y a moins de chances qu'ils nous poursuivent s'ils se rendent compte qu'on est entré ; ils ne chercheront pas à venger leurs camarades. »

Faisant un signe à Francis, il lui tendit ses vêtements puis s'accroupit à côté du corps inconscient. L'homme était vêtu simplement, sans sac ni sans distinction particulière à part pour des bottes en cuir renforcé qu'il avait sans aucuns doute dû dérober à de riches marchands, vu la qualité. Avec une moue appréciative, Chris les lui retira.

« Quelqu'un les veut ? » demanda-t-il distraitement en les posant au sol derrière lui. Si personne ne les prenait, il les rangerait dans son sac une fois la prise d'otage terminée.

Il déchira un long morceau de tissu de la tunique de l'homme et le bâillonna, prenant soin de couvrir ses lèvres et de serrer le bâillon assez fort pour qu'il ne puisse pas le mordre ou s'en dégager une fois réveillé.

Christyän ferma alors les yeux, tirant mentalement sur les liens magiques naturel de l'arbre, puis deux grosses lianes se détachèrent de l'arbre et s'enroulèrent autour du corps de l'homme.

Il fit ensuite un nouveau signe à Francis, lui demandant de s'approcher, avant d'ajouter : « Viens m'aider, on va le faire grimper dans l'arbre. »

Il finit de décrire rapidement ce qu'il souhaitait faire afin que le tigre-garou ait une idée claire, facilitant sa maîtrise de la magie de la Terre, puis les deux élèves se concentrèrent, et les lianes semblèrent hisser leur prisonnier jusqu'au niveau des troisièmes branches, assez haut pour ne pas être vu par de simples passants, les pieds dans le vide afin de ne pas prendre appui sur une des branches et tenter de se libérer.

Se relevant, il sourit légèrement à ses deux amis.

Ils marchèrent un moment en direction du camps des bandits. Pour des animaux tels que Chris et Francis, et pour un prédateur comme Ayla, il n'était pas difficile de déterminer dans quelle direction ce camps se trouvait ; les bruits de métal cognant l'un contre l'autre, les murmures de voix graves des dizaines d'hommes vivant là, ainsi que les odeurs de viande et de bois brûlé leur parvenaient sans aucune difficulté.

Il s'arrêtèrent à quelques dizaines de mètres de l'immense clairière dans lequel avait été construit le camps, accroupis dans les fourrés, semblant invisibles aux yeux des humains allant et venant non-loin de là.
Plusieurs dizaines de tentes se dressaient, découpées en allées au croisement desquelles des restes de feux de camps fumaient encore de la nuit passée.

« Bien. Ayla, dis-nous tout. Par où ? » murmura-t-il assez fort pour des oreilles de prédateurs, mais sûrement pas pour des oreilles humaines.

La jeune femme expliqua rapidement l'endroit où les affaires de Francis étaient dissimulées. La précision impressionna Chris, et la voix sarcastique de Sirhc résonna dans son esprit :

// Tu penses que ça aura le même effet si tu bois du sang humain ? //

Il retint un sourire en coin et une claque mentale à la personnification de son pouvoir. Il pourrait apprécier l'humour discutable de son pouvoir plus tard. Pour l'heure, il leur fallait avancer.

~~~~
« Je te retrouverais. Je te le promets, Raän. »

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MessageSujet: Re: D'une pierre deux alliés   Dim 24 Mai - 20:46

Elle tremblait, elle en avait envie, terriblement envie, elle désirait plus que tout au monde, trancher la gorge de cette misérable chose. Son regard remplit de haine se transforma, le loup garou pu voir sans trop de mal qu'elle résistait à une pulsion d'une violence inouïe, comme un drogué faisant une crise de manque, elle l'implorait limite de le laisser lui ôter la vie. Pourtant, malgré sa folie, son envie de taillader sa gorge, elle n'en fit rien. Se mordant la lèvre, elle laissa ses griffes disparaître, reprenant la forme simple de sa main si douce en apparence. Laissant tomber son bras le long de son corps, elle regarda le ciel en soupirant, un ciel couvert de nuages. Ses amis ignoraient peut être ce menu détail, mais tout ceci n'avait rien de naturel, il s'agissait de l'oeuvre de la lune, afin de la protéger des rayons de ce maudit astre. Si un nuage était soudainement moins épais, si un rayon passait, elle prendrait soudainement feu et bien qu'elle survivrait, la douleur serait insoutenable pour elle. Il est dit que mourir brûlé vif n'est douloureux que dans les premiers instants, tout ce qui peut provoquer de la douleur finit par être détruit, puis on perd connaissance, la fumée étant beaucoup trop violente pour un humain. Seulement, Ayla n'était pas humaine et passait son temps à se régénérer, une souffrance infinie en somme, tant que le soleil ne disparaissait pas. Il fallut au moins ces tristes pensées pour la faire sortir de son état de manque, laissant les deux garous s'occuper du corps, après s'être assurée qu'il ne mourrait pas de sa blessure. Un petit coup de langue et la plaie s'était déjà refermée, il n'aurait aucune trace physique de ce qui venait de se passer. Il survivrait, du moins en théorie, elle lui avait pris passablement de sang tout de même. Elle ne pouvait changer la crise d'anémie qui allait suivre, mais avec un peu de chance, ses collègues trouveraient son corps avant qu'il ne soit trop tard.

- Malgré les nuages, ce soleil m'affaiblit, je crains de ne pas être aussi productive que je le voudrais si nous optons pour la furtivité. Il s'agit d'un petit camp, ils ont sans doute entendu le cri du premier, faut dire que je n'avais pas calculé certains détails. Il nous faut quelque chose pour les distraire afin de nous infiltrer correctement parmi eux. Donnez moi quelques minutes pour me calmer, je ne vous cacherai pas que l'appel du sang est devenu très puissant...

La vampire se posa tranquillement sur le sol, en position de méditation, tout comme elle l'avait fait dans l'académie, sauf qu'elle n'avait aucun cercle cette fois ci. Ses amis n'avaient jamais vu ses séances et ignoraient tout de ce côté un peu plus spirituel, forcé à cause de son lien avec la lune. Fermant les yeux, elle calma sa respiration, cessa de trembler et resta une bonne minute sans rien faire d'autre que s’apaiser, bien qu'en vérité elle ne faisait que contenir sa folie naissante. Petit à petit, un cercle de fumée rouge sang se dessina sur le sol, des murmures se faisant entendre dans les esprits des compagnons de la buveuse de sang. L'énergie n'était pas canalisée, donc ils ne risquaient rien, contrairement au cercle, mais ils pouvaient à présent ressentir une infime partie de ce qui dormait en elle, ce sang qui la poussait à tuer. Ils n'entendaient que des chuchotements dans une voix totalement incompréhensible, vu qu'ils ne parlaient pas la langue originelle des vampires, mais cela leur permit de comprendre légèrement ce qu'elle traversait depuis sa transformation. Elle entendait des milliers de voix, sans compter les discussions avec la lune et là il ne s'agissait que de quelques dizaines. Pourtant, pendant un bref instant, les garous comprirent ce que représentait être un vampire. Ce n'était pas leurs envies, leurs émotions, leurs sentiments, mais ils étaient capable de ressentir ce qu'elle avait ressenti, à un niveau clairement inférieur, mais ils ne risquaient pas d'oublier cette expérience. Leurs sens se développèrent à très grande vitesse, ils entendirent le faible battement de cœur du bandit, virent un court instant toute la vie qui lui restait et eurent pendant un bref instant...l'envie de la faire disparaître. Leur amie n'avait jamais eu l'intention de se dévoiler ainsi, de leur montrer ce qu'elle devait combattre en permanence, d'expliquer pourquoi elle finissait par céder, mais ils devaient savoir, c'était indispensable. On ne peut accepter une personne sans vraiment la connaître, c'était chose faite. Ils n'avaient pu voir et ressentir que la surface visible de l'iceberg, mais c'était suffisant, trop leur dévoiler les auraient rendus totalement cinglés. La fumée disparut et Ayla ouvrit à nouveau les yeux, l'air beaucoup plus sereine, tandis que la lumière disparaissait de plus en plus, comme si quelque chose voilait le soleil. Haussant les sourcils, elle assista à un spectacle plutôt intéressant, les nuages avaient disparus et la lune, elle même, venait à présent de voiler le soleil.

- Et moi qui demandais une diversion...Dépêchons nous, ces idiots seront sans doute trop perturbés, ou aveuglés, pour nous remarquer.

Ils n'en firent rien, du moins pour le moment, choqués par quelque chose, que ce soit leur expérience vampirique ou cette éclipse, qui était la deuxième en plusieurs centaines d'années, ils ne semblaient pas prêts à bouger. Étrangement, elle choisit la manière douce afin de les faire sortir de leur état "d'absence". Elle aurait pu être encore plus menaçante que d'habitude, mais elle doutait de l'efficacité sur le long terme avec l'état mental de Francis. Elle leur prit la main, les tirant très légèrement, témoignant physiquement de son envie de se hâter. Une douceur surprenante venant de la part de quelqu'un qui désirait il y a quelques instants trancher la gorge d'un bandit. Sortant de leur état second, le petit groupe s'infiltra sans trop de peine dans le camp, visiblement inquiété par cette soudaine obscurité. Guidant ses compagnons dans ces ténèbres surnaturelles, la vampire les emmena sans perdre de temps à ladite tente où les objets avaient été déposés. Forçant le coffre avec facilité, elle laissa le tigre récupérer ses biens.

- Tu as ce qu'il te faut ? Je doute que cette éclipse dure très longtemps et je ne tiens pas à devenir une vraie chandelle.

~~~~


Certains voient le monde en noir
D'autres en blanc
On parle aussi de gris
Le mien est rouge...


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MessageSujet: Re: D'une pierre deux alliés   Sam 30 Mai - 19:13

-Tu as les informations que tu voulais ?

Christyän s'était tourné vers Ayla en lui posant cette question et elle acquiesça d'un mouvement de tête. Durant cette instant, j'espérais qu'ils avaient tous deux pris en compte mon avis. Même s'il était l'une des deux personnes à avoir dérobé mon amulette, je voulais qu'il reste en vie. J'étais certain qu'il ne méritait pas ce sort là, et puis...Ce n'était pas mon genre de tuer. Ce n'était pas ma manière de faire...

...Même si après ce qui s'est passé au labyrinthe, je ne peux plus dire que je ne suis pas un meurtrier.

-Laisse-le en vie. Si on laisse une traînée de corps derrière nous, on prend le risque d'être repérés par d'autres hommes du camps. Et si on massacre le camps, quelqu'un finira par trouver les corps, et l'information remontera jusqu'à la capitale.

Je poussais un discret soupir de soulagement lorsque j'entendis les paroles de Chris et lorsqu'Ayla laissa l'homme tomber sur le sol. Je m'inquiétais pour le pauvre qui continuait à saigner, mais la vampire s'occupa rapidement de la blessure. J'avais oublié qu'elle avait ce don et que c'était bien grâce à ça que je n'allais pas vivre avec un bras non fonctionnel toute ma vie.

-Voilà ce que je vous propose : on le dissimule en haut de cet arbre pour qu'il ne puisse pas prévenir ses camarades en se réveillant, puis on fonce récupérer les affaires de Francis. Ayla, tu sais où elles sont, n'est-ce pas ? Bien, alors on s'infiltre le plus discrètement possible dans le camps. On est en plein jour, donc il vaut mieux que Francis et moi gardions notre forme humaine, nous serons moins remarquables que deux prédateurs, surtout vu la couleur de ta fourrure, Francis. Si quelqu'un nous repère, on se débarrasse d'eux en faisant le moins de bruit possible, et de préférence sans les tuer. Si on ne laisse pas de corps derrière nous, il y a moins de chances qu'ils nous poursuivent s'ils se rendent compte qu'on est entré ; ils ne chercheront pas à venger leurs camarades.

Cela me semblait être un bon plan. Je ne voulais pas que du sang coule à cause de toute cette histoire alors que ce serait parfaitement évitable. J'étais toutefois un peu gêné de me dire que je n'allais pas pouvoir garder ma forme animale. Il était vrai que l'on pouvait apercevoir mes rayures noires/orangées de loin, mais me dire que j'allais devoir me débrouiller avec mon corps fragile d'humain, qui ne me servait qu'à la communication, les rapports sociaux et quand l'utilisation d'un pouce opposable était nécessaire...Je ne trouvais que peu d'utilité au corps humain pour la survie, la VRAIE survie.

Christyän commença à examiner le corps inconscient du bandit, lui enlevant ses bottes et les posant derrière lui.

-Quelqu'un les veut ?

En temps normal, j'aurais dis oui, mais ces bottes ne pouvaient pas me laisser indifférent. J'étais sensible aux histoires des choses. C'est bien car mon amulette représentait toute mon histoire, toute ma vie, toute mon existence qu'elle avait de la valeur à mes yeux. Ces bottes, elle, étaient portés par un bandit lié à l'histoire de la perte de mon bien le plus précieux, et si je m'octroyais ce bien, à chaque fois que je le regarderais, j'aurais le souvenir de ce moment déplaisant, chose que je ne voulais pas.

-Viens m'aider, on va le faire grimper dans l'arbre.

Et pour faire suite à ses mots, deux lianes sortirent de l'arbre devant nous. L'œuvre de la magie de la terre. Je n'ai jamais été vraiment un bon élève de la terre et la magie restait pour moi quelque chose de difficile à gérer. J'étais loin d'être le meilleur élève, mais Chris demanda mon aide. De toute façon j'étais le seul autre élève de la terre. Mais malgré mes lacunes, il m'expliqua comment il fallait procéder, et nous avons finalement réussis tout les deux à agripper le bandit à l'aide des lianes pour le cacher dans l'arbre.

Nous allions nous remettre en route, lorsqu'Ayla nous interpella:

- Malgré les nuages, ce soleil m'affaiblit, je crains de ne pas être aussi productive que je le voudrais si nous optons pour la furtivité. Il s'agit d'un petit camp, ils ont sans doute entendu le cri du premier, faut dire que je n'avais pas calculé certains détails. Il nous faut quelque chose pour les distraire afin de nous infiltrer correctement parmi eux. Donnez moi quelques minutes pour me calmer, je ne vous cacherai pas que l'appel du sang est devenu très puissant...


Ayla se mit en tailleurs sur le sol, fermant les yeux, et pendant une bonne minute, resta immobile, semblant se calmer et se détendre. Cela me rappelait les jours où je voulais me détendre également et je procédais de cette manière-là. Parfois aussi, cette position et cette recherche de calme intérieur m'aidait à communiquer avec Archibald dans le plus profond de ma conscience.

Par contre, jamais mes méditations ne provoquaient un nuage de fumée rouge autour de moi, ce qui était le cas pour Ayla. Et en la regardant, j'entendis des murmures. Je regardais autour de moi avant de comprendre que c'était Ayla, du moins ces actions qui provoquaient ces bruits venus d'ailleurs.

Je me sentais... étrange, bizarre... Mal, très mal. J'avais l'impression que mes sens se développaient, et étaient devenus plus fort même que lorsque j'étais sous ma forme féline. Je sentais de fortes odeurs, mes yeux étaient plus sensibles aux variations de couleurs sur mon chant de vision, et j'avais l'impression d'entendre chaque minuscule bruit autour de moi, pouvant ressentir et visualiser parfaitement la distance entre deux brins d'herbe sous mes pieds. Un sentiment de grandeur, d'étendue, mais qui n'était pas rassurant du tout, comme si j'avais un contact sensoriel avec chaque partie infime de ce qui m'entourait, et cette sensation de multi-connexion nombreux me faisait tourner la tête. Je me sentais incapable de gérer toute ces informations qui me provenaient. Tout ça me dépassait trop.

Et je me sentais tellement débordés par tous ses ressentis que je commençais à basculer légèrement, ne pouvant garder mon équilibre. La puissance était telle que j'eu l'impression l'espace d'un instant que j'allais tomber inconscient, tandis que mon crâne me faisait mal.

Et tout s'arrêta à temps, lorsqu'Ayla se releva avec un sourire. Cette fille...Le décalage entre des situations malsaines et inquiétantes et ses sourires, son comportement, m'était très perturbant. Moi qui cherchait toujours à trouver un bon niveau de clarté d'esprit et de calme, je comprenais lentement qu'avec elle, je pouvais faire une croix dessus.

Chose que je n'avais pas ressentie avant. Bon sang mais qu'est-ce qui a changé chez elle?!

Et avant que je ne puisse me poser d'autres questions, les alentours s'obscurcissaient soudainement, comme si la nuit tombait en une rapidité phénoménale. Je ne comprenais pas du tout ce qui se passe, avant que je ne lève les yeux vers le ciel: Une éclipse. La lune...Qui se trouvait devant le soleil. Un spectacle incroyable, qui se présentait devant moi.

- Et moi qui demandais une diversion... Dépêchons nous, ces idiots seront sans doute trop perturbés, ou aveuglés, pour nous remarquer.

Ayla me coupa de mes pensées en me tirant légèrement par la manche, suite à ces mots. Elle ne semblait pour le moins du monde préoccupée par une éclipse soudaine dans le ciel, à un point où je me demandais s'il s'agissait vraiment d'une coïncidence. Avec Ayla, j'ai guéri des blessures non traitables, changé de continent en une minute et fait face à des dragons de sangs. A ce niveau-là, je n'aurais pas été étonné de savoir qu'il y avait un lien avec elle. Mais j'arrêtais d'y penser et décida de suivre mes amis.

Rapidement, nous sommes tombé vers un campement, formé d'une dizaine de tentes et de bandits, presque tous dehors à regarder dans le ciel. Il était vrai que cette éclipse faisait une diversion parfaite, bien que j'aurais aimé l'admirer un peu plus plutôt que l'exploiter.

-Bien. Ayla, dis-nous tout. Par où ?

Ayla désigna une tente que j'eu du mal à apercevoir, dû à la soudaine obscurité qui s'était abattu sur la forêt. Ayla, qui comprit rapidement ça, fut notre guide à travers les ténèbres tandis que je tentais de la suivre du mieux que je pouvais. Nous réussîmes à atteindre la tente qui nous intéressait. La vampire se dépêcha de forcer un coffre, me le présentant, bien ouvert face à moi.

- Tu as ce qu'il te faut ? Je doute que cette éclipse dure très longtemps et je ne tiens pas à devenir une vraie chandelle.


Dans ce coffre se trouvait alors mes affaires ? L'espace d'un instant, j'hésitais. Je regardais ce coffre, me demandant si c'était réel, si j'allais retrouver ce qui m'a été dérobé...

Puis je plongeais mes mains dedans, commençant à fouiller grossièrement à l'intérieur de ce coffre remplis d'objets divers, probablement volés également.

Je finissais par ressortir une bague, ma bague gardienne.

-Par la lune, c'est bon, ai-je dis dans un souffle qui exprimait la libération de mes craintes.

J'embrassais le bout de ma bague, et la rangea dans ma poche. Même si la bague était un objet qui m'était cher, mon amulette l'était bien plus, et avoir trouvé le premier objet m'assurait que le second était bien dans le coffre. Je me remettais aussitôt à chercher à nouveau...

...Je ne le trouvais pas...Je commençais à regarder bien minutieusement les coins et recoins, puis petit à petit, j'enlevais toutes les affaires du coffre.

-Non, non, non, non, NON!

J'enlevais frénétiquement les objets du conteneur, commençant à paniquer, jusqu'à ce que le coffre soit entièrement vide, mais aucun signe de mon amulette. je regardais la pile d'objet par terre, pour revérifier, mais il n'était pas là non plus. Dans la panique, je commençais à chercher sous un lit, dans les commodes, mais rien. Il n'étais pas là, ni ici, ni dedans, ni accroché ou posé nulle part dans cette MAUDITE TENTE.

-Elle n'est pas là... elle... elle n'est pas là.

Je commençais à tourner en rond comme une bête, ma panique et mon énervement montant. Je n'avais envie que d'une chose, c'était de hurler, mais je me retenais de le faire, sachant que ça allait alerter les bandits. Pour défouler toute ma rage, je décidais de prendre l'oreiller qui se trouvait sur le lit et le jeter par terre, commençant à le déchirer en mille morceau, étant sûr de pouvoir au moins délivrer toute ma colère sans compromettre cette mission. J'ouvrais la bouche, comme si je hurlais, mais sans qu'aucun bruit n'en sorte.

J'étais au bord de la crise, j'allais tout renverser, démolir cette tente. Je voulais sortir dehors et tuer tous ces maudits bandits, les griffer, les mordre, les tuer un par un et déchirer les tentes, réduire en cendre ce maudit endroit, tout détruire.

Mais dans une lueur de lucidité, je prenais ma bague gardienne dans les paumes de ma main. Il fallait que je me calme. Que je donne mon intérêt dans quelque chose de valeur. Me calmer.

Je commençais à prendre de grandes inspirations, tandis que je touchais, les yeux fermés la bague dans mes mains, prenant conscience du fait qu'il existait, que je l'avais, cette affaire qui était à moi. J'avais déjà ça...ça devait me suffire...Il le fallait.

-Nous... devrions y aller. Il n'y a rien d'autre à faire, leur dis-je sans même me retourner.

J'en avais marre de toutes ces conneries... Marre, et je voulais simplement rentrer à l'académie, me poser, me calmer et réfléchir... Simplement réfléchir...
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MessageSujet: Re: D'une pierre deux alliés   Dim 31 Mai - 6:49

Lorsque la vague de magie l'atteignit, Christyän dû retenir un haut-le-cœur afin de ne pas rendre son déjeuner sur l'herbe à ses pieds.
Sa respiration s'accéléra brusquement, son cœur battant à tout rompre dans sa cage thoracique, alors qu'un frisson de terreur l'envahissait.

Sa raison savait pertinemment que cet état était simplement dû à la magie dégagée par Ayla alors qu'elle tentait de calmer son envie de sang, assise en position de méditation à quelques mètres de lui.
Mais sa peur, elle, lui murmurait qu'il était de retour dans cet enfer, que l'Abysse se déversait sur Edälia pour l'emprisonner à nouveau. Plus rien autour de lui n'avait d'importance, ni le bandit attaché dans l'arbre dont la crise d'anémie n'allait pas tarder à frapper, ni Francis en état de choc  à ses côtés, ni même Ayla dont le corps s'entourait d'un cercle de magie rougeâtre.
Tout ce que ses yeux paniqués voyaient étaient la noirceur croissante de la forêt, les appels de l'Abysse qui traversaient tout son être, cette envie de verser le sang de ses propres camarades, et ces voix murmurant à ses oreilles « Tue-les. Tue-les ! », envahissant son esprit et bloquant jusqu'à sa faculté de penser.
Il sentit ses jambes se dérober sous son poids, et ses mains tremblantes s'accrochèrent à l'herbe sous lui, tentant de se rattacher à quelque chose de tangible et d'assez réel pour le sortir de cette vision.

Car cela ne pouvait être qu'une vision. Il savait qu'il était sorti de l'Abysse. Il savait que rien de tout cela ne pouvait être vrai. Ses poumons (ou bien était-ce sa gorge ?) semblaient se bloquer régulièrement à chacune de ses inspirations, empêchant l'air de les atteindre et rendant son souffle encore plus court, la douleur dans sa poitrine augmentant à mesure que sa panique se renforçait.

Tout autour de lui s'assombrit, et il lui fallu plusieurs minutes avant de réaliser qu'il s'agissait d'un événement réel, et non d'un défaut de sa vision sous le coup de la panique.

Le poids sur son corps sembla s'alléger, et ses membres tremblants se détendirent légèrement, le laissant recroquevillé sur l'herbe, les yeux écarquillés et la bouche grande ouverte à chercher son souffle.
Sa vision se clarifia, et il pu voir Ayla se relever dans l'ombre, un son ressemblant à sa voix s'élevant dans la forêt.

Les yeux vitreux, il leva un regard encore trouble vers le ciel, avant de voir au travers des feuillages le soleil caché par une immense masse noirâtre. Au travers de sa panique qui refluait lentement, il fronça les sourcils, se demandant par quelle force le soleil pouvait-il être caché ainsi en pleine journée. Puis soudain, il se souvint des leçons de Tarkh sur la puissance de la Lune, et sur les éclipses. Ces événement extrêmement rares représentaient l'action physique de la Lune, alors qu'elle masquait l'être du jour. Aucun humain vivant ne pouvait alors se venter d'en avoir un jour vu une, tant ces phénomènes étaient rares.
Et pourtant, l'une d'entre elles se déroulait sous ses yeux. Son esprit, acéré par la peur, se tourna immédiatement vers son amie vampire. Avait-elle fait appel à son lien avec la Lune afin que celle-ci ne masque le soleil, permettant à la fois au groupe de s'infiltrer sans être vus et à Ayla de se mouvoir sans craindre les rayons brûlants ?

Son souffle se calma doucement, et une nouvelle révélation le frappa. Cette voix claire et presque imperceptible qui habitait l'esprit de son amie, il la connaissant ; il l'avait entendue à peine quatre jours plus tôt, dans cet étrange endroit où il avait rencontré le Conseil des Sages. Il s'agissait de la Lune.
La Lune encourageait Ayla dans sa soif de sang, dans sa folie meurtrière. Comment pouvait-elle faire une telle chose ?! Ayla était une créature de la Lune, elle aussi, malgré sa proximité envers les ténèbres. Alors pourquoi la torturer ainsi ?!
Ces murmures et ces appels à verser le sang qu'il avait ressentit lorsque son amie avait partagé son état d'esprit était infiniment semblable à ce que Chris avait ressentit dans l'Abysse.

Il comprit alors deux choses qui, s'il n'avait pas déjà été effondré au sol, auraient fait se dérober ses jambes sous son poids.

Ayla était comme lui. Elle était enfermée dans un monde contrôlé non pas par l'Abysse, comme il l'avait été, mais par la Lune. La Lune poussait Ayla à laisser sa cruauté vampirique et sa soif de sang s'exprimer, là où l'Abysse avait poussé Christyän à assassiner ses propres camarades. La seule différence entre eux deux était que ce supplice n'avait duré que quelques dizaines de minutes pour Christyän, et qu'il était fort probable qu'Ayla ait à supporter ces voix toute sa vie …

La Lune n'était pas pure et bienveillante. Elle n'avait rien de la divinité magnifique que Chris avait vénéré toutes ces années. Elle était exactement comme l'Abysse, elle n'hésitait pas à faire le mal, à sacrifier ses propres soldats si cela pouvait aider à ses desseins …
Au final, la Lune et l'Abysse étaient simplement deux ennemis utilisant tous les moyens disponibles pour gagner contre l'autre. Il n'en existait pas un meilleur que l'autre.
Alors pourquoi Chris avait-il accepté de se battre pour la Lune ? Et en réalisant cela, avait-il la foi nécessaire pour continuer à se battre pour Elle ?

Une main pâle entra dans son champs de vision, et il leva un regard choqué vers Ayla.

Ce n'était pas le moment. Il aurait tout le temps de réfléchir à ses convictions lorsqu'ils seraient de retour à l'Académie, et non en terrain ennemi à risquer de se faire repérer au moindre faux-pas.

Inspirant profondément, il prit la main de son amie et se releva, ses jambes tremblant encore sous le coup de l'émotion et de la terreur incontrôlable.
Francis n'avait pas l'air en meilleur état que lui.

Ses yeux se levèrent une nouvelle fois vers le ciel, et il vit de nouveau cette ombre cacher la lumière du soleil, comme confirmant que ses découvertes n'étaient pas insensées …

Se reprenant, il tint le regard carmin d'Ayla et acquiesça, lui assurant silencieusement qu'il allait mieux, et s'excusant d'un regard pour son état apathique.
Ils suivirent les indications de la vampire jusqu'à la tente sous laquelle étaient cachées les possessions de Francis.

Alors que le tigre-garou récupérait ses affaires dans le coffre grand ouvert, et qu'Ayla surveillait par l'ouverture de la tente que personne n'y entre, les yeux de Christyän se posèrent sur le visage de son amie.

Il y vit alors un flash inattendu, presque imperceptible sous le masque gardé de la vampire : de l'appréhension.
Se pouvait-il qu'Ayla redoute leur réaction face à ce qu'elle leur avait révélé ? L'avait-elle fait délibérément, par ailleurs ? Ou était-ce un évènement totalement indépendant de sa volonté ?

A cet instant, il eut envie d'avancer vers elle, de lui prendre le bras et de lui assurer qu'il ne la laisserait pas tomber. Il eut envie de lui dire que quoi qu'elle puisse faire, quoi qu'elle puisse devenir par la faute de la Lune, il la soutiendrait et l'aiderait à ne pas céder à cet appel du sang.
Et même si au fond d'elle-même, elle était persuadée d'être ce monstre que la Lune semblait vouloir faire resurgir, tant qu'il lui resterait une volonté, même minime, de ne pas céder, alors Chris resterait à ses côtés, car il était convaincu qu'elle n'était pas ce monstre, malgré tout ce que pouvait lui murmurer la Lune.
Ayla était infiniment plus puissante que plus, et bien supérieure aux humains, mais elle n'était certainement pas une meurtrière. Et si elle s'abaissait à commettre des massacres, elle ne ferait que se mettre au niveau des humains, eux qui passaient leur temps à s’entre-tuer pour un rien.
Si elle cédait, elle deviendrait comme eux, à massacrer pour le plaisir. Pire encore, si elle cédait, elle deviendrait une simple marionnette de la Lune, répondant au moindre de ses murmures.
Et Christyän refusait de perdre une amie pour cela.

Mais il se retint au dernier moment, ses pieds n'avançant pas, sa main ne se levant pas vers le bras d'Ayla, ses lèvres ne s'ouvrant pas.
Ce n'était pas le moment, une fois de plus. Ils étaient là pour Francis.

« Elle n'est pas là … » résonna alors la voix du tigre-garou, le faisant tourner la tête vers l'intérieur de la tente.

Il fronça les sourcils en voyant son ami entrer dans une rage incontrôlée et commencer à saccager le seul oreiller miteux présent.
D'abord Ayla, puis Francis ? Ce dernier avait-il été affecté par la vague d'appel sanguinaire envoyé par Ayla plus tôt dans la forêt ? Ou bien était-ce l'éclipse qui le rendait aussi impulsif ?

Il semblait serrer quelque chose dans sa main, cela signifiait qu'il manquait soit sa bague, soit son pendentif. S'il l'un n'était pas dans cette tente, alors soit le propriétaire l'avait déplacé, voire revendu, soit un de ses camarades le lui avait dérobé alors qu'il avait le dos tourné.
Ils étaient encore dans le camps. Il leur était encore possible de découvrir où l'objet perdu était passé …

Chris tendit le bras avec pour but de calmer son ami, juste à l'instant où le jeune homme fermait les yeux et inspirait profondément.
Bien, au moins, il était conscient de la nécessité de rester silencieux.

« Nous … devrions y aller. » dit-il alors d'un ton sombre et défaitiste, et sa voix résonna dans l'espace clos.

L'instant d'après, comme sorti de nulle part, un homme déboula dans la tente, pour se retrouver nez à nez avec, de chaque côté de l'ouverture, Ayla et Christyän. Si la vampire l'avait entendu arriver, elle n'en laissa rien paraître.
Le loup-garou réagit immédiatement, bâillonnant l'homme de sa main et bloquant ses bras derrière son dos pour l'empêcher de donner l'alerte ou de s'enfuir. Malgré la stature du bandit, la force lupine naturelle du garou et ses nombreuses heures d'entrainement lui permirent de le maîtriser sans trop de mal.
L'espace d'un instant, il fut prit de court, ne sachant que faire face à une telle situation. Lui-même avait dit qu'il leur fallait éviter de laisser derrière eux des cadavres. Mais celui-ci les avait vu, et s'ils le laissaient en vie, il donnerait sans aucun doute l'alerte avant qu'ils n'aient eu le temps de quitter le camps …

Ses yeux croisèrent ceux, toujours carmins, de la vampire, et une lueur de compréhension le traversa.
Cette tente devait être celle de cet homme, pour qu'il y entre ainsi sans hésitation. L'autre possibilité étant qu'il soit proche du bandit toujours accroché en haut de l'arbre, en dehors du camps. Cela signifiait que s'il savait quelque chose des objets disparus, il pourrait être en mesure de le leur dévoiler.
S'il n'en savait rien, alors l'objet avait dû être volé, et il demeurerait perdu pour Francis.

Ayla avait sans doute eu la même idée, et avait dû laisser entrer le bandit pour cette même raison.

Légèrement inquiet de ce qu'il allait devoir demander à son amie, il prit une inspiration et parla doucement :

« Si je te demande de voir ses souvenirs, pourras-tu assez te contrôler pour ne pas le tuer ? »

D'après ce qu'il avait compris, elle avait déjà tué un homme, et bu une grande quantité du second. Cela suffirait-il à étancher sa soif ?
Il se refusait à pousser les limites d'Ayla sans raison valable. Si la jeune femme répondait « Non », alors Chris interrogerait lui-même le bandit, bien qu'ils n'aient que très peu de temps. Face à un loup, un tigre et une vampire assoiffés de sang, n'importe quel adulte ferait dans ses bas, bandit ou non.

« HMM ! » tenta de crier l'homme dont il n'avait lâché ni les bras, ni la bouche.

Une fois l'information récoltée, il leur faudrait quitter les lieux au plus tôt et regagner l'ombre de la forêt. Cette éclipse pouvait se terminer à tout moment et Ayla, malgré sa puissance, restait vulnérable aux rayons du soleil.

« S'il l'a vendu, inutile de s'attarder ici. Mais s'il est toujours dans le camps, ça veut dire qu'on peut le trouver. »

Il jeta un regard entendu à Francis, lui faisant comprend qu'il y avait toujours une chance de retrouver son bien. Et s'il l'avait effectivement revendu, alors il leur suffirait de traquer l'acheteur, et de remonter la piste jusqu'au bien de Francis.

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« Je te retrouverais. Je te le promets, Raän. »

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MessageSujet: Re: D'une pierre deux alliés   Sam 31 Oct - 14:17

Devait elle l'accepter ? C'était étrange, voir même ridicule, elle à qui on avait enseigné que le vampirisme était la seule voie possible pour elle, que son don n'était qu'un cadeau, voila qu'elle ressentait clairement le tourment des nouveaux nés. Chaque humain, elfe ou garou ayant été mordu et buvant le sang de son créateur, devenait un vampire, ils s'appelaient les nouveaux nés. Pendant trois jours, ils devaient choisir entre aller voir les elfes ou accepter leur nouvelle nature, sachant qu'aux yeux de tous, ils seraient des monstres. Fantômes, esprits, tout ceci n'était que folklore et supersitions, le vampire était au sommet de la chaîne, le prince des horreurs, le roi sans vie. Les comtes avaient beau défendre avec passion leur nature, Ayla ne voyait en sa race, du moins pour le moment, qu'une malédiction. La lune n'avait pas utilisé le terrible esprit de Nandoriath pour créer une race paisible, elle avait créée une arme, la terreur à l'état pur, les enfants de la nuit, de véritables monstres. Elle connaissait par coeur les règles, elle savait sur le bout des doigts quelle race était sensible à la sienne. Les humains étaient aveugles et figuraient parmis les meilleurs dans ce cas de figure comme proies ou serviteurs. Les elfes voyaient clair dans le coeur de son peuple et de ce fait, étaient les seuls à pouvoir les soigner avant leur transformation finale. Ils étaient destinés à la paix, la lumière et la sérénité. Ils ne voyaient en les vampires, que des frères et soeurs d'une triste destinée, acceptant leur sacrifice pour le bien de tous, ce qui pardonnait pas mal de leurs horreurs. Enfin, venait les garous, les êtres les plus proches des enfants de la nuit, mais également les plus éloignés. Ils étaient sans doute les seuls à comprendre leur instinct animal, leur côté prédateur et donc leur bestialité. Le problème résidait bien là en fait, un garou ressentait les instincts d'un vampire, à la perfection et comprenait clairement que l'homme ou la femme au visage blanc, souriant et charmant de sa simple présence, était son prédateur. Chaque animal avait deux visages, celui de la proie et celui du chasseur, les garous connaissaient parfaitement ce concept, il faisait partie intégrante de leur vie. Seulement, à la différence du vampire, ils étaient capable de se contrôler. Un garou, aujourd'hui son partenaire, demain peut être autre chose, lui avait fait promettre quelque chose : ne pas tuer l'humain qui venait d'entrer.

Christyän était loin d'être idiot et savait parfaitement de quoi était capable Ayla, du moins, il le savait dans les grandes lignes. Elle l'appréciait, sans doute à cause du fait qu'il s'agissait de la seule personne en mesure de la comprendre, mais tout avait un prix. Si le loup pouvait comprendre ou sentir les instincts de la vampire, il gagnait également une méfiance naturelle envers elle. Depuis le premier jour où elle croisa son regard, le garou se méfiait d'elle, autant faire travailler un agneau avec un loup. Il ne semblait pourtant pas avoir peur, elle qui approchait de la perfection selon les critères de la lune, autant dire une véritable machine à tuer. Non, Chrisyän n'avait pas peur d'elle, pas à un seul moment. Il se savait en danger, mais semblait s'en accomoder, bien que la confiance soit pour le moment...inexistante. Pourtant, il lui avait demandé de boire le sang de ce bandit, afin de comprendre pourquoi ce qu'ils étaient venus chercher avec Francis, avait soudainement disparu. Elle désirait le tuer, boire son sang, le vider même et s'attaquer aux autres, mais elle savait très bien où elle irait en faisant cela, dans un enfer bien pire que l'Abysse. Chaque mort en se nourrissant signifiait absorber l'âme de l'individu et était assimilée par la sombre nature du vampire. Elle savait que plus elle tuerait ainsi, plus son coeur deviendrait noir, jusqu'à devenir ce que la lune désirait tant, un monstre, sans état d'âme, incapable de retenue ou d'amour. Voila pourquoi les vampires dansaient tant entre la raison et la folie, car leur destin n'était autre que de devenir des monstres. Elle le savait, Viktor le lui avait appris dés ses premières leçons. Cependant, il avait expliqué qu'il y avait deux types de vampires, ceux qui acceptaient leur destin sans se poser de questions et ceux estimaient avoir le choix. Sa mère avait refusé son destin, son père l'avait embrassé, elle le savait maintenant, sa transformation lui ayant rendue tous ses souvenirs. Voila donc le moment de prendre une décision, embrasser sa destinée de tueuse et servir la lune avec dévotion ou refuser qu'on dirige sa vie et respecter la demande d'un ami.

- Je peux le faire.

Inspirant un grand coup, Ayla attrapa le bandit et planta ses crocs dans sa chair, montrant une certaine retenue lors de la morsure, refusant de se montrer aussi violente qu'avant. Ce contrôle ne tenait qu'à un fil et en l'observant, on pouvait clairement voir les efforts mis en place. Elle tremblait plus qu'un humain nu dans la neige en plein hiver. Elle vit le parcours du bandit, accélérant les images au point de se faire violence, son nez se mettant à saigner. L'envie de meurtre était trop présente, si elle buvait ce sang trop longtemps, elle finirait par le tuer. La scène tant désirée fit finalement son entrée, quelque chose avait été apperçu, beaucoup trop rapide pour le cerveau du bandit, mais bien assez pour l'esprit de la vampire. Une ombre soulevait le coffre et récupérait ce que Francis désirait tant, une ombre bien particulière. Retirant ses crocs, elle lécha rapidement la plaie qui se referma immédiatement, alors que le bandit perdait connaissance. Difficile à dire si c'était par le manque de sang ou par terreur, mais le résultat était là, il était en vie et Ayla avait un début d'information. Déposant doucement le corps de sa victime à terre, elle se dirigea vers le coffre, le vol étant récent, elle pouvait encore en tirer quelque chose. Sa vue ne lui permettrait ren, son odorat par contre, c'était une autre histoire. Renifflant légèrement, elle sentit une odeur qu'elle détestait, qui était gravée dans sa mémoire au vu de la souffrance que cela avait infligé. Sans cette odeur, cette torture, cette substance, sans cette femme, sa mère serait encore en vie. L'Abysse était liée à ce vol et cette simple pensée manqua de la rendre folle.

Frappant le coffre, elle défonça totalement les protections métaliques et détrusit la table par la même occasion. Respirant difficilement, elle semblait enrager, montrant pour la toute première fois la terreur qu'elle pouvait inspirer. Se retournant, elle marcha rapidement vers Francis, ses yeux rouges remplis de colère, les veines autours de ses yeux devenant clairement visible, elle semblait arriver au point de rupture. Elle serra les poings, ses ongles s'enfonçant dans sa peau et faisant couler autant de sang que si elle s'était coupée avec une lame. Elle tentait de se retenir, mais quelque chose la rendait folle, l'assassin de sa mère avait envoyé une de ses créatures et elle avait l'impression que le tigre ne lui disait pas tout...si jamais il était lié à cette ordure...

- Tu le savais ?! Pourquoi l'Abysse est liée à de pauvres bandits et à ce "souvenir" que tu tiens tant à récupérer ? Réponds moi !

Elle sentit quelque chose se poser sur son épaule, la main de Christyän. Difficile de dire si c'était pour la calmer ou pour protéger leur camarade, mais le fait de croiser à nouveau les yeux verts du garou, suffit à l'appaiser un minimum. Croisant les bras, elle se retourna et ferma les yeux, beaucoup moins enragée, mais nullement dans son état normal.

- J'ai vécue toute ma vie dans le mensonge, si tu veux que je t'aide, je dois pouvoir te faire confiance. Marrant que je dise cela, vu mon instabilité, mais je ne ferais plus rien pour toi, peu importe ce qu'on a traversé, si tu me mens ou me cache quelque chose. On a perdu Redd, ma mère est morte, tout ça car on a pas parlé d'une pierre abyssale se trouvant dans une poche, comme si tout était normal. Alors Francis, ne me force pas à te supplier, sais tu quelque chose sur ce lien...

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MessageSujet: Re: D'une pierre deux alliés   Mer 4 Nov - 19:48

Stupide amulette…Stupide tente, stupide festival, stupide chasse, stupides bandits, stupide mission ! Venir ici, chercher ce qui m’était dû n’avais servi à rien. Tout ce que j’ai retiré pour l’instant de cette histoire, c’était une énorme quantité de frustration et de colère, autant envers les bandits et le destin que devant mon idiotie. J’aurais dû être plus intelligent. J’aurais dû accepter le fait que mon amulette était perdue et que la chercher n’allait servir à rien. Mais à la place, j’ai voulu la retrouver par égoïste, par fierté et par naïveté. Sans compter le fait que j’ai entraîné deux amis avec moi dans cette histoire ridicule. Combien de bêtises allais-je faire encore dans ma vie ?

Je tentais de relativiser. Christyän et Ayla avaient choisis délibérément de venir m’aider et ce n’était pas ma faute s’ils sont venus. Je les avais avertis avant, mais ils n’ont rien voulu entendre. Et puis...Malgré le fait que je n’avais pas retrouvé l’héritage de ma mère, j’avais trouvé tout de même ma bague gardienne. Elle avait à mes yeux une valeur bien moins sentimentale, mais…C’était un objet à moi, qui allait sûrement devenir précieux et c’était déjà mieux que rien.

Je rangeais la bague dans ma poche et m’apprêtais à demander aux autres si ils étaient prêt à rebrousser chemin, mais je vis du coin de l’œil le mouvement des tissus de la tente et de l’entrée surgit un homme. Pauvre bougre. De toutes les tentes, il devait entrer dans celle où se trouvait deux imposants prédateurs et une sangsue capable de faire des cratères en frappant le sol. Alors qu’il prenait un court instant pour comprendre ce qui se passait, Chris le neutralisa, le rendant incapable de produire un mouvement ou emmètre le moindre son. On a eu chaud, bon sang. Je me doutais que nous étions tous les trois capables de vaincre un simple homme armé, mais s’il avait sonné l’alarme, je doute que Chris et moi aurions pu affronter tout un camp et bien qu’Ayla pouvait sûrement les affronter avec une seule main, un massacre n’allait pas l’aider à rester des plus stables.

-Si je te demande de voir ses souvenirs, pourras-tu assez te contrôler pour ne pas le tuer ?

Nous jetâmes tous les deux un regard à Ayla. Elle avait cette aptitude ? Je me rappelais soudainement de notre seconde rencontre, lorsqu’elle m’a guérie et a goûté un peu de mon propre sang. Elle avait mentionné le fait que nos passés avaient quelque similarités. Je comprenais mieux maintenant d’où elle avait sortie tout ça.

-Je peux le faire.

-S'il l'a vendu, inutile de s'attarder ici. Mais s'il est toujours dans le camp, ça veut dire qu'on peut le trouver.

Dit-t-il en me regardant. Il voulait visiblement me redonner espoir en disant ça et bizarrement, je n’avais pas apprécié du tout. C’était dit avec de bonne intentions, mais j’étais sur le point de vouloir rentrer et oublier toute cette histoire, arrêter de jouer les héros, les idiots et passer à autre chose. J’allais être déçu, certes, insatisfait aussi, mais au moins, j’allais être réaliste. Et au lieu de ça, on me donnait une raison de prolonger mes illusions…cela dit, si l’amulette était toujours dans les parages…

-Ça vaut le coup d’essayer…je suppose
, dis-je avec un peu d’hésitation.


Sans plus attendre, Ayla s’approcha du bandit et plongea ses crocs à l’intérieur de son cou. Je frissonnais légèrement en voyant la scène, mon corps réagissant lorsque je pensais à la sensation que ça devait faire. Il faut dire que j’avais une grande sensibilité physique et restait obnubilé par mon intégrité et mon espace vital. Le simple fait d’imaginer des dents dans ma chair et mon sang couler de ses plaies me faisait tendre mes muscles. Ayla aussi ne semblait pas en forme : je la voyais saigner du nez et trembler. Mais rapidement, le bandit tomba dans les pommes et la vampire le déposa délicatement sur le sol ; elle me dépassa pour se pencher sur le coffre derrière moi, là où j’ai retrouvé ma bague gardienne, et commença à renifler l’espace autour. Pourquoi donc faisait-t-elle ça ? Restant immobile, je la regardais faire, respirant même un petit peu moi-même pour vérifier si je n’avais pas fait attention. Mon odorat d’humain, même affiné par ma nature de félin, ne percevait pourtant rien.

-Alors ? Lui demandais-je. Tu as vu quelque chose ?


Mais sa seule réponse fut son poing dans le coffre, qui explosa au même titre que la table en dessous. Elle se retourna et s’avança vers moi, son visage trahissant clairement de la colère. Du sang coulait de ses poings fermés, ses yeux étaient remplis de veines qui rougissaient le blanc autour de son iris.

-A…Ayla ?


-Tu le savais ?! Pourquoi l'Abysse est liée à de pauvres bandits et à ce "souvenir" que tu tiens tant à récupérer ? Réponds moi !

J’étais aussi confus qu’apeuré. Je m’étais juré de ne pas avoir peur d’Ayla, de lui faire confiance, mais je la voyais enragée, m’accuser de lui cacher apparemment quelque chose et je ne pouvais m’empêcher de craindre pour ma tête.

-L’abysse ? Qu’est-ce que tu veux que j’en sache ? Quel est le problème, là ? J’ai fait quelque chose ?


Inquiété par son état, je reculais d’un pas, jetant un regard vers Chris, histoire de voir s’il était au courant de ce qui se passait, s’il avait un parti pris dans la situation. Mais rapidement, il posa sa main sur l’épaule de notre amie et après un moment, elle sembla se calmer. Mais elle ne semblait tout de même pas entièrement apaisée.

-J'ai vécue toute ma vie dans le mensonge, si tu veux que je t'aide, je dois pouvoir te faire confiance. Marrant que je dise cela, vu mon instabilité, mais je ne ferais plus rien pour toi, peu importe ce qu'on a traversé, si tu me mens ou me cache quelque chose. On a perdu Redd, ma mère est morte, tout ça car on n’a pas parlé d'une pierre abyssale se trouvant dans une poche, comme si tout était normal. Alors Francis, ne me force pas à te supplier, sais-tu quelque chose sur ce lien...

Un léger silence. Je déviais le regard en soupirant et fit les cent pas.

-Je ne vois pas de liens. C’est jute une amulette banale, je ne vois pas pourquoi l’abysse voudrait ça. Je vois pas de lien avec les bandits de visible, ni avec moi, du moins rien dont je ne suis informé. Je suis un homme qui sort du trou perdu du monde, qu’est-ce que j’ai en rapport avec eux ?

L’abysse n’avait aucune place dans ma vie. De ma naissance à mon entrée à l’académie, je n’ai connu aucune créature abyssale, ni mésaventure, ni sentit, ni touché, ni entendu parler, ni même connu l’existence de l’abysse même. A mon arrivée à l’académie d’Edälia et en rencontrant Chris, j’en ai appris un peu plus, ainsi qu’en suivant des conversations dans les couloirs. Mais lorsque j’y ai fait face pour la première fois, c’était dans le labyrinthe…Je ne préférais pas attarder trop longtemps mes souvenirs à ce moment-là. J’avais l’impression de pouvoir sentir encore cet horrible liquide puant coller mon corps…attendez…j’avais déjà sentit ça ailleurs, maintenant que j’y repensais, plus tard après le labyrinthe. Une mémoire plus fraîche, celle de la chasse. Je jetais un œil à mon bras.

-Le garrot…


Il y avait quelque chose dans cette forêt. Elle m’avait trouvée au plus faible de ma forme, lorsque mon bras avait été lacéré par un piège à loup. J’étais dans un état déplorable à ce moment-là et incapable d’agir, de me défendre, même presque de parler. Dans toute cette confusion, je n’avais pas focalisé tout mon esprit sur ce que j’ai vu ou sentit, mais en y repensant, cette odeur que j’ai pu ressentir sur lui, ressemblait à celle que j’avais pu sentir dans le labyrinthe.

-Dans la forêt, quand j’étais blessé, il y avait une personne, ou une chose…Je ne me souviens plus de grand-chose, mais je crois qu’il m’a parlé de mes affaires, d’un contrat. J’étais incapable de faire quoi que ce soit, il a peut-être abusé de moi d’une manière quelconque. C’est tout ce que je sais, Ayla, je te le promet.


Je la regardais dans les yeux, à nouveau calme. Cela-dis, je lui en voulais. Alors que j’ai été l’un des premiers à ne pas la considérer comme un monstre, qui a fait confiance en elle, elle qui s’est confiée, qui m’a permis à assister à un important moment de sa vie, remettait en cause ma loyauté et ma sincérité, alors que j’étais quelqu’un d’assez franc, loin de voir l’utilité des secrets, surtout sur le long terme. J’étais vexé, et mon visage trahissait cette émotion alors que je la regardais. Mais après un instant, je fermais les yeux et tourna un peu le visage vers Chris.

-Tu aurais des idées ? Des pistes ?
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MessageSujet: Re: D'une pierre deux alliés   Jeu 12 Nov - 18:12

Christyän sentit immédiatement que quelque chose n'allait pas.
Le regard déjà incandescent de la vampire s'était violemment durcit suite à ce qu'elle avait découvert dans les souvenirs du bandit à présent laissé gisant à terre. Son attitude rigide et fermée lorsqu'elle se dirigea vers le coffre de bois ne fit que renforcer le malaise du garou, et son pressentiment.

Le brusque craquement et les morceaux de bois volant au travers de la tente lui firent pourtant froncer les sourcils. La violence du coup et la haine avec laquelle il avait été lancé le surprirent au plus au point, et alors que la vampire faisait volte-face pour se précipiter vers Francis, Chris fit un pas en avant pour s'interposer.

« Pourquoi l'Abysse est liée à de pauvres bandits et à ce "souvenir" que tu tiens tant à récupérer ? » hurla-t-elle presque, le visage déformé par la colère.

Le mot seul suffit pour que l'assurance de Christyän tombe l'espace d'une demi-seconde, ses lèvres s'ouvrant toutes seules dans une expression de stupeur, ses yeux s'écarquillant alors qu'un frisson le parcourait.

Alors c'était là le coupable de toute cette histoire ? L'agent de l'Abysse que Christyän avait vu durant la chasse du festival, le déclencheur de tout ce qu'il était en train de vivre, de son nouveau statut d'apprenti, de son partenariat avec Ayla … et à présent le voleur de l'amulette de Francis ? Tout était de sa faute ?

Comment avait-il fait pour ne pas sentir plus tôt cette odeur immonde ?! Ce voile noirâtre invisible mais pourtant bien présent qui entourait le coffre, et qui semblait vouloir se fixer sur tout ce qui provenait de l'Abysse ! Comment avait-il pu laisser Francis s'en approcher sans le remarquer ?!

Le loup-garou se reprit rapidement et posa une main apaisante sur l'épaule de la vampire.

Il savait ce qui avait dû se passer. Entre ce qu'il avait vu ce jour-là dans la forêt, les paroles floues prononcées par Francis à l'infirmerie, alors qu'il était encore en convalescence, et ce que le directeur et le Conseil des Sages lui avaient révélé quelques semaines plus tôt, il était parvenu à recoller les pièces du puzzle.

Mais pourquoi la jeune femme était-elle si surprise ? Chris, comme Myrddin et comme le Conseil des Sages, savait parfaitement que Francis avait été approché par une créature abyssale. Si le but premier de leur mission avait été d'évaluer leur capacité à travailler ensembles, il paraissait évident qu'il leur fallait également garder le tigre-garou à l'œil, et enquêter sur les agissements de la créature nommée Nixilis.

Francis n'avait rien à cacher. Il était une personne foncièrement honnête. Chris n'avait pas eu besoin de le connaître pendant longtemps pour s'en rendre compte, et sûrement Ayla s'en rappellerait rapidement, une fois sa colère passée.

Il sentit sous sa main les épaules de la jeune femme se détendre progressivement alors qu'elle poussait un soupire volontairement appuyé. Elle croisa les bras, puis enchaina lorsqu'elle eut reprit le contrôle d'elle-même. À aucun moment Chris ne retira sa main de l'épaule de la jeune femme.

« J'ai vécue toute ma vie dans le mensonge, si tu veux que je t'aide, je dois pouvoir te faire confiance. »

Chris connaissait déjà cette histoire. En cet instant, il se sentit presque honteux d'en savoir autant alors que la jeune femme ne le lui avait pas confié elle-même.
Si sa compréhension d'Ayla avait été le point essentiel de sa rencontre avec le Conseil des Sages, une partie du loup leur en voyait encore de lui avoir dévoilé autant de secrets sur les Morg. Car Ayla n'était pas une Von Carline comme elle le laissait croire, mais une Morg, l'héritière de la famille royale vampirique. Et à ce titre, elle avait dû subir les pires atrocités.

Il repensa un instant à la réaction d'Ayla quelques minutes plus tôt. Elle qui semblait avoir des difficultés à contrôler sa soif en cette journée pour le moins stressante, elle avait accepté la tâche avec une détermination qui n'avait fait que renforcer la foi naissante que Chris avait en elle.

« C’est juste une amulette banale, je ne vois pas pourquoi l’Abysse voudrait ça ! » s'exclama Francis, perdu, avant de se lancer dans une série de cent pas.

Christyän eut un instant l'envie de le sortir de sa misère. Il paraissait évident que le tigre-garou n'avait aucun souvenir clair de ce qu'il s'était passé dans la forêt, ni même du lien que les deux événements pouvaient bien avoir.
Mais avant qu'il n'ait pu ouvrir la bouche, Francis s'immobilisa, la mémoire lui revenant partiellement.

Bien. Le choc serait moins brutal s'il avait un souvenir, même minime, de ce qui s'était passé ce jour-là.

« J’étais incapable de faire quoi que ce soit, il a peut-être abusé de moi d’une manière quelconque. C’est tout ce que je sais, Ayla, je te le promets. »

Christyän acquiesça, reprenant le fil de la conversation.

« Il ne sait rien de plus. Il était à peine conscient quand je l'ai trouvé durant la Chasse. Une créature abyssale était à ses côtés, et elle s'est confondue avec les ombres lorsque je suis arrivé. Myrddin l'a nommée Nixilis. »

Le regard incrédule de la vampire lui fit de nouveau froncer les sourcils. Avait-elle des doutes ? Avait-elle seulement été mise au courant ? Son expression était-elle liée à Chris, ou bien au Conseil des Sages, qui semblait de plus en plus obscur au loup-garou ?

« Pensais-tu réellement que j'aurais gardé cela pour moi en étant témoin d'une telle scène ? Après ce que j'ai vécu ? … Francis ne se souvenait de rien en se réveillant à l'infirmerie, alors je suis allé prévenir Myrddin. C'est d'ailleurs pour cela que … »

Il se tu soudain, se rappelant de la présence de Francis et du secret de leur réelle mission. Le tigre-garou ne devait rien savoir ni de leur mission, ni même de leur rôle auprès du Conseil des Sages et de la Lune. Mais Ayla connaissait-elle seulement les raisons réelles de cette mission ?

« C'est pour cela que nous sommes ici. J'aurais pensé qu'il … »

// … Qu'il t'en aurait au moins parlé, // finit-il mentalement, n'osant pas prononcer ces paroles à voix haute.

La jeune femme sembla cependant comprendre la fin de sa phrase.
Qui était le fautif ici ? Chris, pour ne pas avoir approché Ayla plus tôt et discuté du but réel de leur mission ? Le Conseil des Sages, pour avoir envoyé Ayla en mission sans lui donner le plus important des détails ? Myrddin, pour les avoir regardé partir avec un sourire aux lèvres, comme si tout allait pour le mieux ?

Christyän inspira pour se calmer, sentant la colère lui monter au nez. Il lui fallait rester calme dans cette situation. Francis ne devait rien savoir.

Mais le jeune homme n'était pas idiot. Il devait déjà se douter que la venue de ses amis cachait un autre objectif que son simple support moral.
Tentant de rediriger l'attention sur la créature abyssale, Christyän reprit :

« Voilà ce qui a dû se passer, à mon avis : la créature abyssale, Nixilis, est sortie on-ne-sait-comment de l'Abysse, probablement très récemment. Pourquoi aurait-elle attendu aussi longtemps pour agir, autrement ? Depuis la ré-ouverture, tout le monde sait qu'il existe un portail vers l'Abysse au cœur de l'Académie. »

Il ne lui était pas simple de parler de tout cela, mais il était temps qu'il apprenne à se maîtriser. Si les idées pouvaient tourner dans son esprit sans lui provoquer un malaise, il devrait pouvoir prononcer ces mots sans difficulté aucune.
Il lui fallait dépasser le traumatisme.

« On peut supposer que Nixilis veut accéder à ce portail, pour une raison encore inconnue. Pour agir, il lui fallait un appât, une victime facile. Or, le jour de la Chasse du Festival, Francis s'est trouvé gravement blessé par un piège à loup, et volé par deux bandits ; il était de toute évidence en position de faiblesse. La créature a dû profiter de cette opportunité pour passer un marché avec toi, » continua-t-il en se tournant vers Francis. « Ton bien le plus cher est ce pendentif. Si Nixilis le récupérais avant nous, alors tu serais obligé de remplir ta part du « contrat », quand bien même tu ne t'en souviens pas. »

Il plongea son regard dans les yeux d'Ayla, voulant lui faire passer un message évident : c'était là le but réel de leur mission.

« Et c'est précisément ça, qui est inquiétant. »

Le bruit des hommes se pressant à l'extérieur s'intensifiait à mesure qu'ils parlaient. Il allait leur falloir quitter les lieux avant que l'éclipse ne prenne fin.

« Mais avant de s'en pré-occuper, nous devrions disparaître. Le soleil peut t'être fatal, et l'éclipse n'est que temporaire. »

Il décala le corps inconscient du bandit sur le côté, le sortant du champs de l'ouverture de la tente, puis s'assura que ses deux amis le suivent malgré leur perplexité – et probablement leur énervement.
Il jeta un coup d'œil à l'extérieur, s'assurant que l'éclipse état toujours en place, et lâcha un juron sonore. Elle commençait à se dissiper et quelques rayons de soleil perçaient dans le camps, ramenant davantage de mouvement parmi les bandits.

~~~~
« Je te retrouverais. Je te le promets, Raän. »

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MessageSujet: Re: D'une pierre deux alliés   Sam 20 Fév - 4:27

Elle ne réalisa pas tout de suite, se contentant de regarder ses mains, comme si elles étaient couvertes de sang et qu'elle venait de commettre un meurtre. Naturellement, elle n'avait absolument pas la moindre goutte de sang, vu que tout avait été avalé, léché ou absorbé par sa peau de porcelaine. Elle était si obsédée par la mort de sa mère, si furieuse, si haineuse, qu'elle n'avait pas cherchée bien loin, ignorant même ce qu'elle connaissait de son ami. Il avait été là, l'avait acceptée, pourtant elle n'avait pas hésité un seul instant à remettre sa parole en doute. L'amour de sa mère, sa tristesse de ne l'avoir vue qu'une fois, de l'avoir perdue à cause de l'abysse, à cause de cette elfe, sans compter les paroles de la lune...tout ceci l'avait encouragé à menacer Francis. Jusqu'où serait elle allée sans l'intervention de Christyän ? Fermant les yeux, elle sentit ce changement, au plus profond d'elle, venant tout droit de son cœur, cette obscurité nouvellement créée. Il ne s'agissait pas de la transformation de la lune, pas de ses instincts ou de son envie de revanche, révoltée par cette injustice, cette interdiction d'avoir une famille. Elle avait écouté la lune, s'était laissée aller dans ses instincts les plus féroces et avait bu son sang en le tuant, elle lui avait ainsi arrachée son âme. Cette dernière lui offrirait une régénération unique en son genre, l'empêchant vraiment de mourir, mais noircirait son coeur, faisant d'elle un monstre,exactement comme son père.

Se retournant, tremblante, respirant difficilement, comme si elle faisait une crise d'asthme , elle mit un certain temps à se calmer. Elle osa finalement regarder le garou dans les yeux, des larmes de sang coulant le long de ses joues.

- Je...je suis désolée, je ne voulais pas que ça se passe comme ça. Je ferais tout pour te libérer de cet espèce de pacte dont tu as si peu de souvenirs. Cette femme...ce n'est pas moi...je n'en veux pas. Si je tue encore...

Secouant la tête, elle essuya ses larmes et tenta de se reprendre. Soufflant un grand coup, elle se massa le crâne en tentant de tout se remémorer.

- Donc, une créature de l'abysse t'a proposé de retrouver ton amulette en profitant de ton état de faiblesse. Tu ne t'en souviens pas, mais l'abysse ne rime que rarement avec bonheur ou bonne surprise. On doit empêcher cette saleté de t'atteindre, la question est juste...comment ? Et tu dis que Myrddin savait, pourquoi il ne m'a pas...La garce !

La lune avait empêché la vampire de parler au directeur, pourquoi donc ? C'était son meilleur élément non ? Elle lui cachait quelque chose et Ayla n'était pas certaine d'apprécier la réponse à cette question. Elle regarda Francis, puis Christyän et se souvint de sa seule rencontre avec sa mère. Une arme, un vampire n'était qu'une arme, la mère de toute chose l'avait forcée à dépasser ses limites, au détriment de sa santé, de son innocence. Francis avait tenté de la sauver, pouvait elle vraiment finir ainsi ? Ignorer ce qu'il avait fait ? Et Christyän ? Ce regard, elle avait ressenti quelque chose, comme une compréhension. Elle risquait de les perdre, tous deux, c'était hors de question, elle avait suffisamment sacrifié ce qui lui était cher.

- Ça suffit. Il n'y a plus rien à faire en ce lieu, rentrons chez nous...

Francis devait être assez perdu, mais elle se jurait de tout lui expliquer en temps voulu, il n'était pas prêt. Il avait bien mérité du repos, hors de tous ces fichus plans divins. Soupirant, elle traversa le camp des bandits avec les deux garous, s'assurant d'être hors de portée, puis s'immobilisa, comme paralysée. Pour une fois, elle ressentait la peur.

- Oh non...ne...

L'obscurité cessa, la vampire observant l'astre divin pour la première fois depuis sa transformation. Elle était aveuglante et si belle...d'une beauté qui pourrait lui être fatale. Il ne s'agissait nullement d'un acte punitif de la part de la lune, mais ses éclipses avaient un temps limité et le sablier avait fait tomber son dernier grain de sable. Hurlant, tombant sur le sol, tout son corps se mit à s'enflammer, jamais elle n'avait connue une douleur semblable. Ses habits brûlèrent, en même temps que sa chair, s'accrochant de toutes ses forces aux différents brins d'herbes qui étaient en train d'être carbonisés, Ayla jeta un regard affolé vers ses deux collègues, qui semblaient ne pas réagir sur le moment, comme si ils ne réalisaient pas. Eux qui avaient toujours vu la vampire en position de force, même ses crises étant d'une violence surnaturelle, ils découvraient enfin la plus grande faiblesse de son peuple : la lumière du soleil...L'une des rares choses pouvant lui être fatale.

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MessageSujet: Re: D'une pierre deux alliés   Mer 30 Mar - 21:37

Alors c’était comme ça ? J’aidais une jeune femme que j’aurais bien pu abandonner, j’ai cru en elle, au fait qu’elle n’était pas un monstre, mais quelqu’un qui avait besoin d’être accompagné, j’ai été le témoin d’un moment important de sa vie, j’ai gagné sa confiance…Pour la perdre si vite ? Si elle pensait que j’étais un ennemi, une personne dont on pouvait se fier, alors quel avait été l’utilité de la fréquenter ? Ne serait-ce que le minimum de bonne chose qu’on retire en étant ami avec les autres ? à Quoi bon de le faire si c’était pour ne pas instaurer un minimum de confiance et de sympathie entre soi et les autres ? De couvrir les arrières de l’autre, de se rassembler dans nos intérêts communs, non seulement par accord, mais aussi par respect ? Cela sert-il à instaurer tout ça si on s’effrite à la moindre étincelle ?

Je ne savais pas qui m’énervait le plus entre elle et son comportement envers moi, ou moi et ma naïveté qui m’a encore joué des tours. S’il y avait quelque chose que je fuyais à tout prix, c’était la responsabilité. Je ne voulais être responsable que de moi-même et ne m’impliquer dans rien qui puisse échapper à mon contrôle ou me mettre en danger. J’ai tenté de nouer des relations amicales en me disant qu’un humain avait besoin des autres. Mais je commençais à me demander si je n’avais pas bien agis. En me faisant des amis, je me suis engouffré dans une histoire délicate et qui risquerait de me dépasser si je ne faisais rien. Rester seul était peut-être finalement la meilleure des solutions après tout.

Christyän s’interposa entre elle et moi, et posa sa main sur l’épaule d’Ayla, tandis qu’elle reculait légèrement

-Il ne sait rien de plus. Il était à peine conscient quand je l'ai trouvé durant la Chasse. Une créature abyssale était à ses côtés, et elle s'est confondue avec les ombres lorsque je suis arrivé. Myrddin l'a nommée Nixilis

Je me sentais un peu plus rassuré par la réaction de Chris qui trouvait les arguments pour me défendre. Une grande tension a monté et il était important de rester clair et réfléchit, non pas émotif et inquiet. Dans mon état, je n’aurais pas été capable de calmer la situation et prouver mes bonnes intentions…Attendez, il en avait parlé à Myrddin ? Cela m’avait surpris, ça voulait dire que cette créature n’était pas rien. Ce que j’ai vécu avait-il bien plus d’importance que ce que je le pensais ? ça me fortifiait dans l’idée qu’être sociale a dû être la plus grande de mes erreurs, même si je me disais ça car j’étais énervé.

-Pensais-tu réellement que j'aurais gardé cela pour moi en étant témoin d'une telle scène ? Après ce que j'ai vécu ? … Francis ne se souvenait de rien en se réveillant à l'infirmerie, alors je suis allé prévenir Myrddin. C'est d'ailleurs pour cela que…

…Que ?...Il s’était arrêté en plein milieu de sa phrase et cela semblait plus à un arrêt volontaire qu’à une simple réflexion sur les mots qu’il allait employer.

C'est pour cela que nous sommes ici. J'aurais pensé qu'il …

Il prit un instant pour inspirer lentement, et je sentais que quelque chose n’allait pas. Et ce quelque chose devait être moi, d’une certaine manière. Je fronçais les sourcils en voyant ses coupures dans ses paroles, intrigué. Je ne pensais pas faire preuve de trop de paranoïa cette fois-ci. Quelque chose se cachait derrière le vol de mon amulette ?

-Voilà ce qui a dû se passer, à mon avis : la créature abyssale, Nixilis, est sortie on-ne-sait-comment de l'Abysse, probablement très récemment. Pourquoi aurait-elle attendu aussi longtemps pour agir, autrement ? Depuis la réouverture, tout le monde sait qu'il existe un portail vers l'Abysse au cœur de l'Académie. On peut supposer que Nixilis veut accéder à ce portail, pour une raison encore inconnue. Pour agir, il lui fallait un appât, une victime facile.
Victime facile…Je jetais un léger grognement discret en entendant ces dernières paroles.

-Or, le jour de la Chasse du Festival, Francis s'est trouvé gravement blessé par un piège à loup, et volé par deux bandits ; il était de toute évidence en position de faiblesse. La créature a dû profiter de cette opportunité pour passer un marché avec toi.

En disant cela, il se tourna vers moi. Je ne pus m’empêcher de baisser le regard pour ne pas croiser le sien. Comment ai-je pu me laisser influencer comme ça ? Me faire manipuler dans une telle histoire qui n’a causé que des désagréments ?

-Ton bien le plus cher est ce pendentif. Si Nixilis le récupérais avant nous, alors tu serais obligé de remplir ta part du « contrat », quand bien même tu ne t'en souviens pas. Et c'est précisément ça, qui est inquiétant.

Alors j’étais la cible d’un accord ? Une menace qui allait me pousser à faire le mal en échange de l’amulette que je chérissais tant ? Je ne pouvais pas me permettre de faire du mal à quiconque, du moins pas sans bonne raison. De menacer la vie d’un innocent pour un simple objet…Mais le problème venait justement du fait qu’il ne s’agissait pas que d’une amulette banale. Sa valeur pour moi…C’était trop précieux. Je savais que si je devais choisir entre une vie et mon amulette, je choisirais la vie, mais si ça devait arriver un jour, je sais que j’hésiterais jusqu’au bout, que je me bloquerais jusqu’au dernier moment pour sacrifier mon amulette pour quelqu’un d’autre.

Chris tourna son regard vers Ayla et je fis de même. La jeune femme tremblait comme une feuille, respirant difficilement. La voir dans cet état, elle, Ayla, toujours forte et robuste, dans un état de fragilité…Elle se retourna vers moi, quelque larmes rouges coulant sur ses joues.

-Je...je suis désolée, je ne voulais pas que ça se passe comme ça. Je ferais tout pour te libérer de cet espèce de pacte dont tu as si peu de souvenirs. Cette femme...ce n'est pas moi...je n'en veux pas. Si je tue encore...

Elle tenta de se reprendre un peu, soufflant lentement afin de se calmer. Je n’avais pas envie de pardonner…Du moins, je ne me sentais pas capable de le faire dans l’immédiat. Plus tard oui, évidemment. Ce n’était finalement pas grand-chose, quand on relativisait, elle avait eu ses raisons. Je hochais toutefois la tête pour lui montrer que ça allait et qu’elle n’avait pas à trop s’en faire. Se massant le crâne, elle reprit la parole :

-Donc, une créature de l'abysse t'a proposé de retrouver ton amulette en profitant de ton état de faiblesse. Tu ne t'en souviens pas, mais l'abysse ne rime que rarement avec bonheur ou bonne surprise. On doit empêcher cette saleté de t'atteindre, la question est juste...comment ? Et tu dis que Myrddin savait, pourquoi il ne m'a pas...La garce !


Ses dernières paroles furent lancées hors de sa bouche comme un coup de poing. Elle me regarda, puis Chris, mais nos trois regards se jetèrent rapidement vers l’extérieur. Les hurlements des bandits et le bruit des pas se faisaient de plus en plus fort.

-Mais avant de s'en préoccuper, nous devrions disparaître. Le soleil peut t'être fatal, et l'éclipse n'est que temporaire.

Il avait raison. En temps normal, personne n’aurait de raisons évidentes d’entrer dans cette tente parmi tant d’autre, sinon un d’entre eux pour chercher leurs camarades, mais les chances que ça arrive étaient légères. Autrement, il serait plus difficile de partir d’ici quand tout redeviendrait normal. Avec l’éclipse, la confusion permettrait de se préoccuper du phénomène et l’on ferait moins attention à trois jeunes gens louche courir parmi toute la foule. Ce serait plus dur, voir impossible à faire lorsque le soleil jetterait à nouveau ses rayons ici.

-Ça suffit. Il n'y a plus rien à faire en ce lieu, rentrons chez nous...


Christyän était déjà en mouvement avant même qu’elle ne termine, bougeant le bandit assommé sur le côté. Il ouvrit légèrement l’entrée de la tente et poussa un léger grognement. Je comprenais rapidement pourquoi, car la lumière semblait revenir partiellement dehors. Il fallait faire vite : le loup-garou sortit en premier, suivit de près par Ayla. Devant l’entrée, je m’autorisais à me retourner un instant, regardant le coffre, en morceaux…Je sentais une légère source de chaleur provenant de ma bague gardienne, comme si elle me rappelait que cette mission n’avait pas été un échec total. Je soupirais, peiné ou soulagé, peut-être même les deux, je ne savais pas vraiment. Mais je ne devais pas perdre plus de temps, il fallait que je garde le rythme. Mais à peine je m’étais retourné que je fus témoin d’un évènement surprenant.

-Oh non…ne…

Ayla s’immobilisa tel un animal effrayé devant un prédateur lui sautant dessus. Presque immédiatement, de la fumée s’échappa de sa peau, puis se changea en flammes en un rien de temps. Elle s’effondra sur le sol, hurlant et griffant le sol. Chris et moi étions paralysés, n’étant pas habitués à voir une combustion spontanée tous les jours. Ou alors était-ce le fait de voir une femme comme Ayla en une telle position de faiblesse…

Malgré cet instant de surprise, les choses se sont enchaîné très rapidement dans ma tête. Je me retournais vers la tente et mes yeux se posèrent immédiatement sur deux objets : une large cruche et une couette. La cruche contenait certes de l’eau, mais tant qu’elle resterait sous la lumière, elle continuerait à brûler. Sans compter le fait qu’il y avait une chance pour qu’il n’y en ait pas assez pour éteindre les flammes. La large couette semblait être une meilleure idée. En plus d’étouffer le feu, ça pourrait la protéger des rayons et si les flammes ne s’arrêtaient pas, ça la couvrirait suffisamment longtemps pour rejoindre à temps la cime des arbres.

En l’espace de deux secondes, je me ruais vers la couette et l’agrippais de mes deux mains, avant de retourner sur mes pas. Voyant qu’Ayla continuait de brûler, plus intensivement encore, je tentais d’affronter ma peur animale naturelle du jeu et sautait sur la jeune vampire avec la couette bien tendue. Elle était tellement affolée que j’espérais qu’elle n’allait pas me donner un coup en se débattant. J’en ai eu ma dose au tournoi de corps-à-corps. Heureusement, le tissu éteignit assez rapidement les flammes pour que la couette ne s’embrase pas avec elle. Après un moment, je me relevais, voyant qu’elle semblait un peu moins hystérique et me penchais à nouveau pour la soutenir sur mon épaule. Bien qu’elle se régénérait d’à peu près tout, et cela rapidement, je ne savais pas si c’était de même face aux rayons du soleil et si elle risquait de rester fragile et incapable de marcher seule pendant un certain temps. Je préférais donc servir de béquille, par sécurité. Rapidement, avec Ayla à côté, Chris sur les talons, nous avions piqué un sprint loin, loin, le plus loin possible de toute ces tentes et de tous ces humains, jusqu’à se trouver en sécurité.
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MessageSujet: Re: D'une pierre deux alliés   Ven 13 Mai - 21:08

Christyän avait laissé la surprise l’immobiliser.

Le fait qu’Ayla, pourtant certainement habituée aux dangers du soleil pour les vampires, ait foncé tête baissée à l’extérieur malgré la fin de l'Eclipse avait dû le déstabiliser assez pour qu’il oublie la faiblesse - une des seules faiblesses, par ailleurs - de son amie.
La vision de la vampire enflammée, criant de douleur au sol l’avait gravement secoué, et ses muscles étaient restés paralysés.

Mais les réflexes de Francis avaient sauvé la vie de la jeune femme.
La couverture la recouvrant et la protégeant faiblement des rayons mortels l’empêchait de voir l’étendue des dégâts, mais Chris n’avait aucun doute quant à la douleur que le soleil avait dû infliger à Ayla.

Francis portant plus que supportant Ayla, ils progressèrent vers la lisière des bois, frontière entre la clairière du camps et la forêt dense d’Astraël.
L’éclipse, phénomène rarissime, avait apporté son lot de perturbations dans le camps des bandits, qui s’agitaient et courraient d’une tente à l’autre, ne portant que peu d’attention aux deux jeunes hommes, tête baissée, se frayant un chemin vers l’extérieur, portant une silhouette recouverte d’une couverture de lin épaisse. L’espace d’un instant, le loup cru être parvenu à se faufiler sans attirer l’attention, mais à la dernière minute un homme se planta devant eux, sans doute attiré par le cri de douleur poussé par Ayla.

« Halte, » fit-il d’une voix hésitante, comme s’il ne savait pas si le petit groupe appartenait au camps ou non.

D’un mouvement rapide et le plus discret possible, Christyän lâcha le bras d’Ayla, laissant Francis supporter son poids léger, et se précipita sur le bandit qui, surprit d’être attaqué, fit un pas en arrière, ouvrant sa garde et facilitant le travail de Chris qui n’eut plus qu’à lui asséner un coup à la tête pour l’assommer.
L’homme manqua de s’effondrer sur l’une des tentes, mais le loup le retint à temps alors que Francis le dépassait avec empressement, portant désormais une Ayla qui ne parvenait plus à marcher.

S’enfonçant dans les bois, ils s’éloignèrent assez du camps pour ne plus être à portée de voix ni de vue, puis Francis déposa Ayla au sol, adossée contre un arbre, avant de lui découvrir la tête pour qu’elle n’étouffe pas. Les yeux fermés et le souffle court, la jeune femme semblait particulièrement souffrir, et l’état de ses blessures ne pouvait que confirmer cela ; une large brûlure marquait toute la partie droite de son visage, descendant dans son cou et sans doute sur le haut de ses épaules.
Elle avait pourtant semblé si sereine, des jours plus tôt, lorsqu’elle s’était trouvée en plein jour à l’extérieur, simplement dans l’ombre, à quelques mètres de rayons pouvant la blesser si gravement … Jamais il n’aurait imaginé la voir si mal en point.
Fort heureusement, les feuillages de la mi-septembre étaient encore assez épais pour protéger la jeune fille de tout rayon. Cependant, ils n’étaient qu’en début d’après-midi, et il leur fallait donc rester à l’abri tant que le soleil était haut dans le ciel.

Il leur fallait à présent trouver un moyen de rentrer. Ayla était censée avoir prévenu Myrddin, aussi un portail menant vers la Salle de la Sphère devait avoir été prévu à un lieu et un moment précis.
S’assurant qu’ils se soient pas suivis par des bandits, Chris s’agenouilla aux côtés d’Ayla, à qui Francis parlait continuellement comme pour attirer son attention et l’empêcher de sombrer dans l’inconscience.

« Ayla ? Ayla, ouvre les yeux, on a besoin de toi. Où est le point de rendez-vous ? » demanda-t-il d’une voix calme mais ferme. Il comprenait que la jeune femme soit épuisée, mais il leur fallait rentrer rapidement à l’Académie pour la soigner. Lorsqu’elle ne répondit pas, il reprit d’une voix plus forte : « Ayla ! Où est le portail de retour ? »

Mais la vampire resta muette. Inquiet, il échangea un regard avec Francis, avant de se rendre compte de la situation : la jeune femme était inconsciente.

// Merde ! // pensa-t-il en se relevant brusquement, la frustration et l’inquiétude l’emportant sur son impassivité habituelle.

Pas de point de rencontre, donc … Et qui savait quand Myrddin se déciderait à venir les chercher ?! Il leur fallait rentrer au plus vite avant que l’état de la jeune femme ne s’aggrave. Etait-elle seulement capable de se soigner seule d’une telle brûlure ?

De frustration, il porta ses mains à sa tête, comme si s’y accrocher allait encourager son cerveau à trouver une solution.

Ils ne pouvaient pas rentrer à pieds à l’Académie. Aucun d’eux n’était un élève de l’Air, et la seule élève de l’Esprit était inconsciente ; la téléportation ou le vol étaient donc exclus. Marcher leur prendrait près de deux semaines, et Ayla ne pourrait pas voyager de jour ; même en prenant forme animale, il faudrait peut-être à peine moins d’une semaine aux prédateurs pour rejoindre Portua, et le même problème s’appliquait pour Ayla. Avec les pièces d’argent qu’il gardait dans son sac, ils pourraient peut-être se payer une petite caravane pour garder la jeune femme à l’abri du soleil, mais là encore, il leur faudrait ajouter de quoi acheter un cheval pour tirer l’attelage, et de toutes façons le premier village était à cinq heures de marche d’ici. Peut-être pourraient-ils en voler au camps des bandits ?
Mais non, se ravisa Chris ; le camps était déjà suffisamment en effervescence, ils ne pourraient pas agir une deuxième fois sans se faire remarquer.

Il leur fallait donc envoyer un message à l’Académie, et Myrddin saurait qu’il lui faudrait venir les chercher. Il ne lui suffirait plus qu’à les ramener par un portail. La question se posait de savoir comment envoyer ce message …
Il eut soudain une idée, et se tourna brusquement vers Francis. Après lui avoir fait part de ses pensées, il demanda : « Ton Gardien est un oiseau, n’est-ce pas ? »

Le tigre répondit par l’affirmative, interrogateur, et Chris appela à lui son propre Gardien. Sa bague répondit à sa magie, et l’écureuil apparu sur son épaule, joyeux de se trouver en plein air et au milieu de la forêt, complètement inconscient de l’importance de la situation.

« Saùl ne parle toujours pas, mais Myrddin le reconnaîtra parfaitement. Si ton Gardien peut l’amener jusqu’à l’Académie, ils peuvent prévenir Myrddin, et le directeur pourra venir nous chercher. »

Après plusieurs semaines séparé de son Gardien, Chris n’avait aucun doute que Francis avait hâte de le revoir. L’invoquer et user de son pouvoir ne pourrait qu’avoir des effets bénéfiques sur l’humeur de son ami.

Avec émotion, le tigre-garou puisa dans sa magie, et quelques instants plus tard, un corbeau noir ébène apparu sur son épaule, lâchant un croassement qui fit sursauter l’écureuil. Posant Saùl à terre et voyant Francis faire de même avec son Gardien, il laissa les deux animaux magiques faire connaissance. Lorsqu’ils se touchèrent enfin sans crainte, Chris soupira de soulagement.
Il n’avait jamais douté du lien qui les unissait, mais le contact d’un Gardien à un autre était sacré, les animaux étant des personnifications de leur magie profonde et intime. Le simple fait que les deux Gardiens puissent se toucher prouvait l’amitié véritable des deux Protégés.

« Saùl n’est pas lourd, malgré tout ce qu’il mange, » tenta-t-il de plaisanter. « Ton Gardien pourra le porter sur ses ailes sans problème. Faites vite, prévenez Myrddin, » ajouta-t-il à l’intention de Saùl, qui, gonflé d’orgueil devant l’importante mission qui lui était confiée, acquiesça vivement en accrochant ses toutes petites griffes dans les plumes épaisses du corbeau.

« Il faut mettre Ayla à l’abri en attendant leur retour. A vol d’oiseau, ils devraient atteindre l’Académie dans un jour, peut-être deux. Après cela, Myrddin devrait nous trouver très rapidement grâce à la Salle de la Sphère. »

Alors que Francis acquiesçait, Chris s’immobilisa soudain, le regard alerte mais perdu vers la forêt, passant sur la colline, sur l’amas de roche, sur certains arbres si épais qu’ils devaient être plusieurs fois centenaires …

« Je- … Je sais où nous sommes, » murmura-t-il avec émotion, hésitant, en laissant son regard parcourir la forêt.

Lorsqu’il était plus jeune, il avait passé des mois entiers à parcourir le territoire de sa meute - de sa meute de deux, puis de trois. Et si le paysage avait changé en cent ans, les reliefs, qu’il avait revus après sa sortie de l’Abysse, restaient globalement les mêmes …
Ils se trouvaient à la frontière ouest de son ancien territoire, qu’il avait cédé à une autre meute de loup à son départ.

Il savait où ils étaient, et il savait où trouver un abri … Celui-ci n’avait pas été détruit par les âges, mais restait encore à savoir s’il avait été occupé par quelqu’un d’autre depuis sa dernière visite. Car si près de cent ans avaient passé depuis qu’il avait abandonné la forêt, pour lui cela ne paraissait pas être plus de trois ans.

« Je sais où aller, je connais un endroit sûr et à l’abri pour passer la nuit. C’est à peu près à deux heures de course d’ici, si on se transforme, » dit-il à Francis, encore hésitant à expliciter leur destination. Et malgré la curiosité de Francis, celui-ci sembla décidé à lui faire confiance. « Le chemin est totalement couvert par les arbres, elle ne risquera pas d’être exposée directement au soleil. On peut se relayer pour la porter sur notre dos, et mettre nos affaires dans mon sac. »

Une fois transformés et Ayla hissée sur leur dos avec précaution, les deux prédateurs se mirent en route, Chris en tête, ses pattes foulant le sol forestier avec enthousiasme et un soupçon d’anxiété à mesure qu’ils se rapprochaient de leur destination. Après deux bonnes heures et un changement de rôle pour porter Ayla sans aggraver ses blessures, ils arrivèrent en vue d’un léger promontoire, semblable à une simple butte de pierre.

// Le vieux chêne à gauche, le ruisseau à droite … Tout est là tel que je l’avais laissé. //

Haletant, le loup s’immobilisa en haut de la butte qui, bien qu’encore couverte par les arbres, permettait avoir une vue en hauteur sur la forêt. Le tigre à ses côtés lui lança un regard interrogateur, et Chris fit un mouvement de tête pour lui indiquer de le suivre, prenant garde à ne pas déloger Ayla de son dos.
Sur le bord de la butte se trouvait un genre d’escalier grossièrement taillé à même la roche. Le temps avait recouvert quelques marches d’une légère couche de mousse verte, et la dernière marche s’était détachée du bloc pour tomber sur le sol d’herbe fraîche. En posant la patte au bas de la butte, Francis pu voir que celle-ci était creuse ; la butte était en réalité une grotte.
L’entrée de la grotte, étrangement rectangulaire, semblait avoir eu une porte, à une époque, mais à présent seules des lianes vertes pendant depuis la pierre grise l’obstruaient légèrement.

Ému et nostalgique, Christyän déposa Ayla contre la paroi de pierre à l’extérieur, bien à l’ombre, reprenant forme humaine et s’habillant sommairement. Il vit du coin de l’œil Francis faire de même, et lui tendit son sac pour qu’il se vêtisse. Malgré leur nature à moitié animale, leur forme humaine était sensible au froid ; l’automne n’était pas loin, et Astraël se trouvait au nord d’Edälia, pas si loin des neiges de Karnevriath.

La brûlure du visage d’Ayla semblait s’être aténuée durant les deux dernières heures, et malgré la couverture cachant toujours son corps, Chris ne doutait pas qu’il lui faudrait du temps avant de guérir complètement. Au moins, elle pouvait se régénérer seule … Malgré son inconscience.

La voix de Francis retentit, hésitante, comme s’il se doutait de la réponse à sa question : « Christyän, quel est cet endroit ? »

Les yeux levés vers la grotte, le loup marqua un temps avant de répondre : « Mon ancienne tanière … »

Sortant sa dague elfique du sac, Chris inspira profondément, ne souhaitant pas se laisser déborder par l’émotion, et pénétra dans la grotte avec prudence, invitant le tigre à le suivre. Si la grotte était occupée par une bête sauvage en son absence malgré … Mais non, elle était aussi déserte qu’il l’avait laissée. Soulagé, il rangea la dague à sa ceinture.

D’environ cinq mètre de long sur sept mètres de large, avec un haut plafond, la grotte était entièrement aménagée, même si en piteux état. Les meubles en bois - plusieurs chaises, tables, rangements - étaient complètement pourris par les champignons, la mousse et le temps. Le haut de la chaise de Tarkh partit en lambeaux lorsqu’il passa une main hésitante dessus. Chris leva les yeux au plafond ; des dizaines de trous de dix centimètres environ, faits à la main de façon évidente, laissaient passer la clarté depuis le haut de la butte, sans pour autant laisser les rayons du soleil frapper directement l’intérieur de la grotte grâce aux lianes vertes formant un grillage naturel. Plusieurs d’entre eux étaient par ailleurs totalement obstrués.
La partie gauche de la pièce habitable était organisée comme un coin cuisine ; des étagères avaient été taillées dans la roche, à présent recouvertes de saletés et de mousse verte, le coin feu doté d’un conduit pour la fumée qui semblait déboucher sur le haut de la butte était de toute évidence bouché, le pot en terre cuite était encore intacte … La partie droit était destinée au repos, se souvenait-il. Le lit taillé dans la paroi droite, affublé d’une étagère d’appoint dans la paroi, était encore utilisable, de même que les longues étagères sur le mur du fond. Les livres, le tapis et les chaises, par contre, semblaient s’être dégradés gravement. Exposés aux éléments, les livres devaient sans aucun doute partir en miettes.

Après avoir balayé la montagne de feuilles et de détritus naturels sur un coin du lit, Chris s’y laissa tomber assis en soupirant profondément. Debout au milieu de la pièce, Francis le fixait avec une certaine attente facilement compréhensible.

« C’est ici que je vivais, avec mon frère et Takh, l’homme qui nous a élevé. » Sa voix, qui aurait pourtant dû résonner dans la grotte, semblait diffuse. « Quand je suis partis, je l’ai laissé derrière en pensant que je serais bientôt de retour, pendant les vacances scolaires … Mais je n’y ai pas remis les pattes pendant cent ans. »

Poussant un nouveau soupire, il se leva, faisant un tour sur lui-même pour observer les lieux. « Quand j’en suis ressorti, » reprit-il, Francis sachant parfaitement que quoi il parlait, « je suis revenu ici. Mais tout était dans cet état-là, » fit-il en montrant le désordre. « Je n’avais pas la force de me forcer à vivre ici, à tout remettre en état, pour au final devoir repartir à l’Académie … »

Comme comprenant sa douleur, Francis posa une main rassurante sur l’épaule de Chris et celui-ci lui sourit faiblement. Il inspira, se redonnant du courage, puis ajouta : « A nous deux, on peut la remettre en état. Quand on aura fini, on pourra y passer la nuit sans aucuns problèmes. Tarkh y a vécu pendant des dizaines d’années, il avait pensé à tout. C’est un endroit sûr pour Ayla comme pour nous. Viens, je vais te faire visiter. »

Ayla était en sécurité, l’ombre de la tanière et les arbres l’abritaient du soleil, et si aucune bête sauvage ne s’était aventurée pour l’instant, ça n’allait pas être le cas cet après-midi là. Et si c’était le cas, Chris et Francis pourraient l’entendre de l’intérieur.

La pièce principale fut rapide à visite ; ils y étaient déjà. Mais sur la paroi de droite, entre le lit et ce qu’il restait du bureau, une ouverture en pierre assez grande pour laisser passer un homme debout trônait, comme un passage sacré s’enfonçant sous la terre.
Un couloir étroit clairement taillé par la main de l’homme - par Tarkh, lorsqu’il était jeune et fort - menait vers une seconde pièce, immense, vide au premier coup d’œil et surtout complètement noire, seul un bruit d’eau leur parvenant. Chris fronça les sourcils. Les champignons avaient dû mourir depuis le temps.

« Attends une seconde. »

Se concentrant, il posa la main sur la paroi de pierre à l’aveuglette, et envoya un brin de magie redonner vie aux centaines de petits champignons luminescents qui peuplaient autrefois le plafond de la caverne - car c’était cela : une petite caverne d’une dizaine de mètres de long, dans laquelle une rivière souterraine passait.

« L’eau est renouvelée en permanence par le ruisseau, qui ressort à vingt mètres derrière la grotte - je te le montrerais tout à l’heure. On peut la boire, s’y laver … Et parfois pêcher, si des petits poissons s’y sont perdus. »

Leur première tâche fut de nettoyer le lit de pierre, et d’y faire pousser un petit matelas de mousse comparable à celui dont ils disposaient dans leur dortoir. Les quatre mains posées à plat sur la pierre, ils combinèrent leur magie, et la couche poussa en un quart de seconde. Ils y déposèrent alors Ayla, et Chris roula en boule les vêtements de rechange qu’ils avait dans son sac pour faire un oreiller à la jeune femme. La couverture prise chez les bandits étant désormais inutile, ils la laissèrent pliée sur le lit de pierre. Ici, Ayla ne craignait rien.

Le reste de l’après-midi se résuma à remettre en ordre la tanière, Chris laissant parfois des souvenirs resurgir, en faisant part à Francis. « Au début, je ne voulais pas vivre ici. Un loup n’est pas censé être enfermé. Mais Raän en avait besoin, lui, et peu à peu, c’est devenu ma tanière. » Mettre en application ce qu’ils avaient appris à l’Académie fut bien plus amusant et facile que ce à quoi Chris s’était attendu. Enlever les plantes envahissantes des murs, reconstruire un semblant de porte avec des lianes, remettre en état de marche le coin feu en débouchant le conduit - « Ca nous a prit du temps avant d’accepter de manger de la viande cuite. » - enlever les algues ayant prit pied dans la source d’eau …
La seule difficulté qu’ils rencontrèrent fut celle des meubles ; même en se concentrant à deux, créer une table et trois tabouret en bois vivant les laissa épuisés.
Alors que Francis retournait au chevet d’Ayla pour s’assurer qu’elle guérisse bien, Christyän renforça les champignons luminescents de la source, et y fit un petit plongeon avant de se rendre compte qu’un éboulement avait bloqué une des évacuations. Il se remit alors au travail, faisant rouler les rochers gêneurs, et les tira jusqu’au bord du trou d’eau, en faisant des bancs sur lesquels s’asseoir.

Le soleil commençant à disparaître derrière l’horizon, Christyän alluma un feu dans l’âtre, illuminant la pièce principale. Trouvant des gobelets en terre cuite ayant tenu les âges, il remplit trois verres d’eau de la source, et les disposa sur la table nouvellement créée - et de ça, il n’en était pas peu fier ! Pour éloigner les éventuels prédateurs, il fit un large tour de la zone, en profitant pour se soulager et marquer de nouveau son territoire. Si Francis fit de même, il n’osa pas le lui demander.
Ayla étant toujours inconsciente mais sa respiration étant redevenue normale, Francis et Christyän partirent chasser ensembles, laissant leurs vêtements sur le sol de la grotte. Etant trois prédateurs, aucun n’aurait besoin de légumes pour se sustenter ; de la viande fraîche suffirait.

Le loup profita particulièrement de cette heure de chasse ; cela faisait des années qu’il n’avait pas chassé en meute, ou du moins en duo. L’appel de la proie, la stratégie à adopter, les japements d’exitation … Ils revinrent avec quelques lapins, une biche, et un cerf adulte que Chris fit attention à ne pas mordre, lui brisant la nuque et manquant par là-même de se faire éventrer par les bois de l’animal. Quand Ayla se réveillerait, il lui faudrait du sang frais.

Les proies laissées juste à l’extérieur de la grotte, les deux élèves de la Terre entrèrent sous forme humaine dans la tanière en riant à une blague de Francis, du sang coulant encore de leurs lèvres et le long de leur cou, quand deux grands yeux rouges se fixèrent sur eux, les faisant s’immobiliser.

Ayla était réveillée.

Elle était réveillée, et se tenait debout contre le mur du fond, une main traçant des marques que Chris pensait avoir perdues à jamais.
La jeune femme se détourna brusquement et Francis lui lança ses vêtements à la figure, embarrassé. Encore un peu hagard, Chris se rhabilla, essuyant le sang coulant de son menton avec sa chemine, avant de s’approcher d’Ayla. Il passa une main sur les marques, lisant dans la pierre abimée : “Chris et Raän, 7 a.”, puis un peu plus haut, sur deux traits légèrement décalés : “Chris, 10 a.”, et “Raän, 10 a.”, les marques continuant jusqu’au nombre 14, puis s’interrompant brusquement.

« Je … je ne pensais pas qu’elles étaient encore là, » murmura-t-il en caressant le dernier trait. « La dernière marque, c’était … l’année où il est mort. »

Il se retourna, regardant ses amis. Ayla semblait aller mieux, ses blessures visibles étant atténuées et ses traits moins tirés par la douleur, même si toujours fatigués. Il sourit tristement à Ayla, heureux de la voir réveillée mais encore marqué par la nostalgie.
Francis leur rappela leur butin de chasse, et les deux garçons amenèrent les proies à l’intérieur, la chaleur du feu créant une atmosphère agréable et détendue.

Alors qu’Ayla et Francis discutaient de l’état de santé de la première, Chris resta silencieux, encore marqué par la dernière découverte. Qu’il retrouve sa tanière était une chose, mais qu’il voit de nouveau des souvenirs marquants de son enfance … Mais plus encore, qu’il les retrouve en compagnie des ces deux amis-là devait signifier quelque chose. La Lune avait dit qu’ils seraient liés, tous les trois, et même sans en être un fervent croyant, Chris avait sentit la vérité dans ces mots.
Malgré les difficultés au débit, malgré sa crainte naturelle d’Ayla, celle-ci avait toujours été honnête avec lui. Et Francis … Francis avait la même expérience que lui, à vivre isolé du monde.

« Je suis né en 291, » dit-il brusquement, interrompant la conversation. Les deux regards se tournèrent vers lui, mais le sien resta planté dans le feu de l’âtre, convaincu que s’il croisait leurs yeux interrogateurs, il ne parviendrait pas à finir. Il reprit, d’un ton plus contrôlé : « Je suis né en 291, dans un village perdu, pas loin de l’orée d’Astraël. C’était avant les Temps Sombres, mais pas si longtemps après la Guerre des Éléments. Les gens dans les campagnes avaient déjà peur de la magie et de ce qu’ils ne connaissaient pas … Je ne suis pas né seul ; Raän, mon frère, était avec moi, et c’était déjà trop inhabituel pour mes parents. Alors quand à la place de deux bébés, ils ont vu deux louveteaux dans le berceau, ils ont paniqué. Et plutôt que de nous tuer, ils ont préféré nous abandonner dans la forêt, pensant qu’une bête sauvage le ferait. » Il marqua un temps. Il n’avait jamais raconté cela à personne, ni même à Raän, jamais avec autant de mots. « Ils avaient oublié que les louveteaux sont bien plus éveillés à deux mois que les bébés. Je nous ai traîné à l’abri, je nous ai trouvé à manger, et j’ai élevé Raän du mieux que j’ai pu. Je suis né l’alpha de nous deux, c’était mon rôle, je devais le protéger. »

Il reprit une bouchée du lapin, ses dents humaines peinant un peu à déchirer la viandre crue, puis continua : « On a appris à chasser ensembles, en copiant une meute de loups qui avait son territoire plus au nord. On a appris à parler ensembles, en copiant des elfes, des bandits ou des gens égarés dans la forêt. On est nés loups et humains, mais personne ne nous a appri à être l’un ou l’autre ; on a dû tout apprendre par nous-même … Jusqu’à ce qu’arrive Tarkh. Qui que soit notre géniteur, c’est Tarkh notre véritable père. Ma cicatrice, » dit-il en portant une main à l’endroit en question, à son flan, « j’ai été gravement blessé par un ours en entrant sur son territoire. J’avais six ans, je crois. J’aurais pu mourir si Tarkh ne nous avait pas trouvé, avec Raän. Au début, j’étais contre l’idée d’être adopté par un humain ; j’ai toujours été plus animal qu’humain. Mais Raän, c’était l’inverse. Son côté humain était plus fort, alors j’ai cédé. Tarkh nous a recueilli, nous a apprit à parler correctement, à écrire, à lire, à agir comme des humains. Mais il nous a aussi encouragé à agir comme des loups, à embrasser nos deux natures. C’était un … Je ne suis pas sûr, mais il avait une place très importante chez les elfes de Lünalis, pour un humain, et il s’y rendait régulièrement. Il nous a enseigné tout ce qu’il savait sur Rëvalïa - et il en savait des choses ! Il était allé partout, du nord de Karnevriath jusqu’aux espaces sauvages du sud. »

Il émit un léger sourire et ajouta, à part : « Ràva n’existait pas encore, à l’époque. »

Devant le regard acceptant de ses deux amis, il continua : « Il nous a aussi parlé de la Lune, de qui Elle était, de ce qu’Elle avait créé, des éléments, de la magie … C’est lui qui m’a parlé de l’Académie, à vrai dire. Avec lui et Raän à mes côtés, tout était simple, j’avais une vie parfaite, j’avais même commencé à former une meute plus puissante avec des loups de la forêt. » Et comme toujours quand tout est parfait, la chute est d’autant plus douloureuse. Son ton s’assombri, et il dû serrer les dents avant de continuer : « L’année de nos quatorze ans, Tarkh est mort. Il s’est simplement endormi sur sa chaise, et il ne s’est pas réveillé. Les elfes lui ont offert une cérémonie Lunaire, la Prêtresse de la Lune elle-même est venu saluer son repos … Et son protecteur m’a remis cette dague, » fit-il avec un geste machinal vers sa dague accrochée à la ceinture. « Cette année-là a été difficile, moralement, mais on s’en est sorti. Ce n’était que l’avant-garde. C’est la suivante qui a tout chamboulé. Une nuit, Raän et moi avons été attaqués par une armée de créatures. Pendant des années je les ai appelées les Ombres : humanoïdes et immenses, comme créées dans les Ténèbres, des dents acérées, des yeux rouges luisants dans la nuit, et un rire qui a peuplé mes cauchemars pendant des années. Avec du recul, je pense que c’était une horde de démons envoyée en éclaireurs. J’ai été gravement blessé, et quand j’ai repris conscience, Raän avait disparu. Son sang était partout, sur le sol, sur le tronc des arbres … Mais il n’y avait aucune piste, aucun chemin à suivre. Il avait juste disparu. »

Il avait tenté de rester le plus terre à terre dans ses descriptions, ne voulant pas tomber dans le drame de son histoire. Pourtant, la boule dans sa gorge n’avait cessé de grandir à mesure que les mots sortaient, et sa voix avait tremblé sur la dernière phrase. Le plus grand - ou plutôt deuxième plus grand - traumatisme de sa vie, déballé ainsi à ses amis …

« Je l’ai cherché partout, pendant des mois. Personne n’avait d’information sur ces Ombres, personne n’avait vu Raän … J’ai intégré l’Académie pour accéder à la bibliothèque, à vrai dire. Je n’avais aucune envie d’apprendre la magie, juste de retrouver mon frère … Je n’ai jamais sû ce qu’il lui était arrivé. L’ont-il tué cette nuit-là, et balancé son corps quelque part ? L’ont-il dévoré ? Ou l’ont-il gardé en vie, torturé pour leur plaisir ? L’ont-il changé en Ombre, lui aussi ? »

Se raclant la gorge, il se passa une main sur le visage, tentant de reprendre sa contenance.

« Au final, je n’ai jamais sû. J’étais dans l’Académie quand les anciens directeurs ont créé l’Abysse accidentellement - du moins, je crois que c’était accidentel - et j’ai été aspiré dans la bulle temporelle. Toutes mes peurs s’y sont déversées, et m’ont attaqué de nouveau. J’étais … Enfin, tu dois bien avoir une idée, Francis, vu qu’on partage le même dortoir, » tenta-t-il de plaisanter vainement, parlant de ses cauchemars et des hurlements qu’il poussait parfois dans son sommeil. « Et quand Myrddin nous en a sorti, qu’il nous adit que cent ans avaient passés … Je pense que c’était pire que si j’étais mort dans l’Abysse. Mon seul but avait été de retrouver Raän. Mais là … Même s’il avait pu être encore en vie avant l’Abysse, après cent ans, c’était impossible. J’ai dû me forcer à continuer à vivre, à trouver un nouveau but. »

Il tenta un sourire sincère à Ayla, puis à Francis. Chacu avait vécu des atrocités inimaginables. Ce qu’il avait appris d’Ayla par le biais d’Arda était si personnel, si intime qu’il se sentait quelque peu soulagé qu’elle sache, à son tour. Et Francis … Ils étaient toujours partis sur un pied d’égalité. Ils avaient un passé similaire, les mêmes peurs d’abandonnement, les mêmes craintes des humains.

« Mes derniers souvenirs de cette tanière sont sombres. J’étais … J’allais me laisser mourir, si je ne trouvais pas une solution. C’est le lieu où “nous” est devenu “je”. J’avais toujours pensé en meute, et tout à coup je me suis retrouvé seul. Je suis parti de la forêt par dépression, pas par courage. C’est pour ça que je ne suis pas revenu vivre ici après … Après l’Abysse. Mais aujourd’hui … Avec vous deux, je me dis que mes souvenirs de cette grotte ne peuvent qu’être meilleurs. »

Après plusieurs heures encore à discuter devant l’âtre, les restes des cadavres d’animaux jetés à plusieurs dizaines de mètres de la grotte, ils finirent par s’endormir, Ayla sur le lit de mousse, Francis et Christyän sous leur forme animale de chaque côté de la vampire.
Chris ferma les yeux avec plaisir, se sentant plus léger, plus serein pour la première fois depuis qu’il était sorti de l’Abysse. Cette nuit-là, peut-être ne serait-il pas réveillé par des cauchemars …

Saùl et le corbeau de Francis devraient arriver à l’Académie dans l’après-midi du lendemain, et Myrddin les trouverait. Ils pourraient enfin rentrer.
Mais une part de lui ne pu se permettre de rajouter “chez eux”. Pour la première fois depuis qu’il avait déserté sa tanière pour aller à l’Académie, 102 ans auparavant, il avait l’impression que “chez lui”, c’était à cet endroit précis.

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« Je te retrouverais. Je te le promets, Raän. »

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