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 1. Un plan suicidaire

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Innen
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MessageSujet: 1. Un plan suicidaire    Mer 20 Avr - 13:29

- Les humains t'ont attendrie.

Devant un trône faite de roches noires, sur une mosaïque représentant un serpent portant une couronne ensanglantée, la jeune Ayla Morg se tenait face à son père, le regard vide, à genoux. Les larmes de sang perlant le long de ses joues si blanches, provoquaient un contraste ô combien magnifique, mais représentant également toute la dureté de la scène. En y regardant de plus près, on pouvait remarquer que le roi dément ne s'approchait pas de l'immense mosaïque, représentant pourtant l'emblème de la famille royale. Ce dernier était entouré d'une énergie noire, concentrée à un tel point, qu'elle était clairement visible à l'œil nu. Il était monnaie courante, du moins pour ceux qui fréquentaient la vampire en dehors de sa vie "publique" à l'académie, de la voir entourée d'une aura sanglante, effrayante, marque du changement effectué par la lune. Cela démontrait à la fois sa différence avec les autres membres de son espèce, sa soif de sang et surtout, son immense pouvoir destructeur. Seulement, ce n'était en rien comparable à la noirceur de l'aura qui semblait être prisonnière de la mosaïque, qui mettait même Drake mal à l'aise. Cependant, ce dernier avait un objectif bien précis, faire en sorte que cette force venant tout droit des ténèbres, ne fasse qu'un avec son enfant.

- Tu t'es retenue, cachée, dissimulée, comme si tu avais honte de ta vraie nature. Ce n'est pas comme ça qu'une vampire doit se comporter.

Cessant de pleurer, l'héritière du trône releva la tête, un regard haineux fixant droit dans les yeux son propre père, qui recula inconsciemment d'un pas. Jamais personne ne l'avait vu dans cet état, pas même lorsqu'elle avait appris la mort de sa mère ou qu'elle avait en tête de tuer Fujiin.

- Oser parler de comment doit être un vampire...vous...Alors que tout est de votre faute. Mère, notre peuple, le pacte, cette guerre civile, notre exil, cet esclavage...tout est arrivé car vous avez été faible !

Mettant sa main en avant, la sombre énergie entoura son bras et se jeta sur le roi dément, l'envoyant s'écraser contre un des murs de la salle, l'y encastrant littéralement. Le bras d'Ayla fut déchiré, l'os apparaissant sous la violence de cette énergie. Elle hurla, tombant sur le sol, même l'Abysse semblait moins douloureuse. Lentement, sa chair se recomposa, en même temps que celle de Drake, qui se détacha du mur, le sourire aux lèvres.

- Bien. Nandoriath t'accepte on dirait, jamais personne n'a pu ne serait ce que toucher cette force et y survivre. Seulement, ta faiblesse est encore plus honteuse que la mienne. Tu es la perfection, la vampire ultime, le seul être capable d'utiliser le pouvoir d'un esprit créateur, notre créateur. Pourtant, tu t'accroches à cette humanité abjecte, tu refuses ton potentiel, ton héritage, que ce soit celui que nous t'avons donné, ta mère et moi ou celui de la lune en personne.

- Ne parlez pas de mère...

- Inutile, tu es vidée de tes forces, tu ne peux même pas te lever. Tu ne vaux pas mieux qu'un dhampire.


Ricanant, Ayla, tenta de se lever et finit par tomber totalement sur le sol, l'énergie qui entourait la mosaïque finit par disparaitre, elle n'avait même pas la force de lever un seul doigt.

- Le seul dhampire que j'ai rencontré valait bien mieux que vous, "père".

- Ton professeur ? Il est insignifiant. Pourquoi t'affaiblis tu autant pour tes sois disant amis Ayla ?

- De quoi parlez vous ?

- Tes sentiments. Plus un vampire éprouve de l'affection pour une personne, plus il désire son sang. Les autres sources de sang ne nourrissent que faiblement par la suite et plus le temps passe, plus tu es affamée. Lors de ta transformation, tu as voulu boire le sang de tes amis n'est ce pas ?


La vampire ne répondit pas, se tournant avec difficulté, observant les différents détails de la salle. Passant des piliers si finement sculptés, au sombre trône gardé par des centaines de serpents blancs ou encore au statues des différents membres de la famille royale, s'attardant sur celle représentant sa mère. Elle était si froide, bien loin de la beauté et de la chaleur qu'elle avait pu rencontrer, tout ceci ne semblait être qu'un cauchemars.

- Ton silence est une réponse en soi. C'est quelque chose de tout à fait naturel pour notre espèce, tu ne leur aurais même pas fait de mal. Je sens que tu désires le sang d'une personne en particulier...ridicule ! Tu n'as vraiment aucun goût, ce n'est rien de plus qu'un animal. Craintif qui plus est ! Comme tous les membres de son espèce, il n'est qu'une proie et il le sait ! Comment peux tu autant apprécier un être aussi pitoyable.

- Père ? Vous avez raison, je suis trop faible...

- Heureux de te voir revenir à la...

- Mais quand je retrouverai des forces, je vous tuerai.

- Tu ne seras jamais assez forte ma fille. Mais je sais ce qu'il te faut.


Claquant des doigts, il fit venir un jeune homme terrorisé, emmené par les gardes royaux, tombant à genoux devant elle. Drake passa derrière lui et dévoila son cou, s'assurant qu'Ayla le regarde. Son regard changea, sa bouche s'ouvrit, ses canines étant sortie, elle était terrifiante, à l'image même du prédateur qu'avait ressenti son ami Christyän lors de leur première rencontre.

- Tu as faim, tu as besoin de son sang, mais une grande quantité pourra te calmer, pour l'instant, si tu le vide, si tu le tue.

L'image du garou lui traversa l'esprit, se souvenant du moment où il lui avait demandé d'épargner un bandit, de ne pas le tuer, de ne pas être un monstre. Elle fut pris d'une douleur au crâne sans précédent, se mordant la lèvre jusqu'au sang, jamais elle ne s'était autant faite violence. Elle murmura une dernière phrase, avant de s'évanouir.

- Dans vos rêves les plus sombres...père.

Le roi fut pris d'une violence colère et envoya s'écraser le jeune homme sur une colonne, où il se noya dans son propre sang. Il ne supportait pas le refus et encore moins de sa propre fille. Il fit signe aux gardes royaux, qui emportèrent Ayla jusque dans ses appartements. Serrant les dents, il finit par éclater de rire, regardant la princesse se faire emmener par ces chers dragons vampirisés.

- Je connais ta nature ma chérie, tu succomberas, tu oublieras cet idiot, ainsi que tous les autres. Ce n'est qu'une question de temps !

La vision cessa, Christyän Maät ouvrit les yeux, il venait d'être témoin de ce qui venait de se produire, sans le moindre décalage, à l'autre bout de Rëvalïa, il venait de voir ce que pouvait endurer son amie. Don de la lune ? Son amitié qui avait provoqué un lien étrange avec la vampire ? Perte de contrôle des facultés en esprit d'Ayla ? Peu importe, il avait un aperçu très précis de ce qui se passait à Nandoriath, à lui d'en tirer parti.

- Christyän ? Tout va bien ?

La voix du professeur d'ombre et de contrôle, Shitennô Bachiatari le fit sortir de sa torpeur. Seul ce dernier semblait avoir remarqué son haut niveau de stress, sans doute provoqué par la vision qu'il venait de recevoir.

- Je disais donc, voici ceux que j'ai pu "convaincre" de nous aider. Dame Kisaki Hisui, dirigeante de l'Ordre de Jade, Saien Menboku, chef de la Meute, ainsi que Mëlinoë, sa seconde et l'ancienne comtesse, Cyrilia Riley. Nous devrions également être rejoints par les...Ah les voila.

L'assemblée présente dans le Hall de l'académie, composée des élèves Lucien d'Elenor, Francis Dowell et bien entendu, le jeune loup, vit un spectacle assez surprenant juste devant les portes de l'établissement. Ils furent rapidement rejoints par le professeur de combat, Raksha, des créatures, Léandra de Karélïs et d'esprit, Theyne Myalens. Devant eux, un magnifique dragon blanc venait d'atterrir, bien que largement moins imposant que le gardien de l'académie, sur lequel se trouvait trois jeunes femmes. La première, une Célestine possédant un bras métallique avec une rune enflammée, un œil caché par une superbe fleur rose, des habits blancs offrant un certain décolleté, ainsi qu'une vision plus qu'agréable sur son ventre, fut la première à sauter du reptile.

- Les amis, laissez moi vous présenter la baronne Elena Ditfrid, dirigeante et fondatrice des Répurgateurs. Leur activité principale est...

- La chasse aux monstres. Salut Shi', je ne peux pas vraiment dire que je suis ravie de te revoir, mais c'est un cas de force majeur.

- Assez de paroles !


La seconde fit son entrée, une jeune femme pâle aux cheveux rouges, possédant deux lames relativement acérées, fixées sur ses avant-bras. Vêtue d'une tenue de cuir, mettant elle aussi son corps en évidence, elle ressemblait énormément à une vampire.

- Et voici Caligo, seconde d'Elena, dhampire formée au combat par le roi dément en personne. Je crois que vous avez un vieux compte à régler avec lui.

- C'est le moins qu'on puisse dire.


Soupirant, la troisième fit enfin son entrée, il s'agissait d'une jeune femme aux cheveux noirs, encapuchonnée, possédant un vaste arsenal ne permettant nullement de douter sur sa profession. Arbalète à répétition, arbalète de poing, dagues, lames elfiques, de nombreuses sphères métalliques, épée lunaire et d'étranges fioles remplies d'une eau étrangement bleutée.

- Quant à moi, je suis Sif, ravie de vous rencontrer. Je suis la meilleure chasseuse de notre groupe, condamnée à "vivre" par la lune. Et j'ai pour mission de surveiller notre chère Caligo.

Le dragon bailla, puis se transforma en une fraction de seconde en une jeune fille aux cheveux blancs, aux yeux dorés, ainsi que possédant d'énormes cornes de la même couleur. Jetant la poussière se situant sur sa robe blanche et noire, où de nombreuses plumes blanches avaient été ajoutées, elle se joignit au groupe avec un sourire émerveillé, bien qu'elle ignora Shitennô. Surexcitée, elle serra la main de strictement tout le monde, excepté encore une fois le célestin, elle avait strictement tout d'une enfant hyperactive.

- Enchantée ! Je m'appelle Fralis'mereth, mais vous pouvez m'appeler Fralis ou même Fra' ! Je suis la fille adoptive d'Elena, mais adoptive c'est dénigrant, donc je suis sa fille. Oh et je suis une dragonne de l'esprit, enchantée !

- Tu l'as déjà dit Fralis...

- Enchantée !


Tirant la langue à sa mère, qui soupira et se passa sa main sur son crâne, la dragonne porta son attention sur Shisui Ryuuga, qui était resté en retrait durant tout ce temps.

- Oh ! Un autre dragon ! Bonjour vous deux !

- Vous deux ? De qui tu parles ?

- Ben ces deux là !

- Il y en a qu'un...

- Ah ! C'est car tu es aveugle, ils sont bien deux jte dis !

- Bref, bien que je déteste l'emmener dans des missions aussi risquées, je me suis dis qu'un dragon primordial, bien que jeune, ne pouvait pas être de trop vu nos adversaires.


Fralis sautilla, visiblement fière de sa dénomination de "primordial", réaction qui ne manqua pas de faire sourire Saien et Kisaki. La guerrière portait un kimono, ainsi qu'un katana tout proche de son unique main. Ses cheveux roses n'aidaient en rien dans la discrétion, pas plus que ses tatouages ou encore sa balafre. Néanmoins, elle avait quelque chose de rassurant, voir bienveillant, rappelant Myrddin dans ses bons moments. Kisaki, elle, avait tout de la femme militaire par excellence. Une tenue impeccable, visiblement un uniforme de l'Ordre de Jade, cheveux et yeux verts, bien que souriante sur le moment, elle avait un visage assez dur. Mëlinoë restait en retrait, cet étrange alliance entre la machine et l'humain avait de quoi dérouter, ses yeux n'avaient rien de naturel, pas plus que ses membres, qui étaient métalliques ou dorés. Elle se contentait de rester derrière Saien, sans dire un seul mot.

- Vu vos adversaires ? Vous êtes conscients que vous n'avez aucune chance n'est ce pas ?

Celle qui venait de briser l'ambiance, n'était autre que Cyrilia Riley, la sœur de la précédente dirigeante du pacte de non agression envers les humains. Depuis la guerre civile, elle vivait cachée, recluse, ayant des liens assez forts avec la triste guilde, Shadow's Circle. Elle était cependant d'une beauté stupéfiante, bien que relativement effrayante. Une peau presque aussi pâle qu'Ayla, des cheveux argentés et des yeux de serpent d'une couleur rouge flamme. Elle avait quelque chose de presque hypnotique, que ce soit dans sa façon de bouger, de parler ou rien que son regard. Difficile de dissimuler son lien avec les premières familles de vampires.

- Drake a beau être un fou, il contrôle Nandoriath. Vous n'y rentrerez jamais sans un Morg. Il ne s'agit pas juste d'un pays ou d'un royaume, mais d'un territoire vivant, changeant en permanence, où tout ce qui le foule est affecté par ses envies et désirs. Voila pourquoi, nous autres vampires, ne pouvons revenir sur notre terre natale. Pas tant que votre amie, Ayla, n'aura repris le flambeau qui lui revient. Sauf que Drake ne nous laissera pas faire et que vous avez laissé Perséphone mourir il y a cent ans, ô brillants serviteurs de la lune.

Son regard se dirigeait tout particulièrement sur Fujiin, resté en retrait depuis le début de cette rencontre, qui tourna finalement les talons, accompagné des autres sages. Seul Myrddin resta, soupirant devant ces vieilles rancunes, bien que totalement justifiées.

- Je vois devant moi des enfants, sont ils vraiment prêts à aller jusqu'au bout ? Ce voyage les changera à jamais, sans compter que tout le monde, dragon, célestin, vampire, humain, garou, peu importe...n'avons que de faibles chances de survie. Nandoriath n'apporte que la mort, à la moindre erreur, nous succomberons.

Souriant, Shitennô se dressa devant elle, comme pour protéger les élèves de l'académie de son regard enflammé.

- Je n'ai jamais dit que ce serait facile. Mais si chacun remplit sa fonction, nous l'emporterons. Quant aux "enfants", ne doutez pas de leur détermination. Mais vous avez raison, nous avons besoin d'un Morg et je sais parfaitement où en trouver.

- Elle est enfermée.

- C'est pourquoi nous devons trouver sa clé.

- Vous n'êtes pas sérieux.

- Nous devons faire revenir Revan.


Un silence de mort parcouru la salle...
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MessageSujet: Re: 1. Un plan suicidaire    Mer 27 Avr - 19:57

Lucien avait aimé Ayla Von Carline, et l'aimait encore. Leur idylle avait été pour le moins irréfléchie, purement émotionnelle - on trouvait en lui la tendance particulière aux d'Elenor à se consumer d'amour. Elle avait le charme des vampires et la grâce de la noblesse. Il lui avait offert une ombrelle, ils avaient parlé. Elle lui avait sauvé la vie, il avait la sienne. Il avait souvent ignoré les signes de la bestialité qui était en elle, mais il l'aimait, et avait fini par les accepter après l'épreuve du labyrinthe et la lecture d'un livre bien spécial.
Mais la Lune en avait décidé autrement : elle retira Ayla de ce monde pour la remplacer par Morg. Ils s'étaient disputés quand Lucien avait admis que, s'il voulait tenter de poursuivre leur relation, il pensait qu'il chercherait à retrouver l'ancienne Ayla et subodorait qu'elle, de son côté, ne voulait cela qu'en écho de désirs qui n'étaient pas les siens. Qui n'étaient plus les siens.

Avant cette terrible métamorphose, Lucien avait emprunté un livre portant les vampires pour mieux comprendre l'univers de son aimée. Devant ce qu'elle était devenue, il devint obsessionnel et consacra nuit après nuit aux Enfants de la nuit, sans trouver de réponse. Il s'isola et s'assombrit, consumé par un feu qui ne pouvait jamais aboutir ; il se rendit compte qu'il n'avait plus le moindre ami à l'académie depuis la disparition de Zéphyr. Présence noire, il vécut en quête de réponse introuvables, au fil des chapitres qu'il lisait encore et encore jusqu'à les retenir par cœur, en marge du cercle d'Ayla Morg, sans se lier aux autres qui en faisaient partie ; sans doute le préjudice qu'il avait eu contre les garous, et surtout contre ceux de nature sauvage, y avait-il sa place.
Il n'était, pour être concis, pas parvenu à aller au-delà de la vampire, qui était devenue, peut-être plus qu'avant encore, une partie essentielle de son existence.

Un mois avait ainsi passé, jusqu'à l'enlèvement d'Ayla Morg. Conscient du danger que représentait Drake, de ses pouvoirs, le mage avait tremblé et était resté immobile, mais ne put supporter l'idée de ne rien faire face au péril mondial que représentait la menace Morg : voilà pourquoi il rejoignit le groupe d'intervention.

____________________

Lucien était à présent dans le hall, à regarder son précepteur comme un paysan un nuage durant la sécheresse d'où viendrait potentiellement la pluie salvatrice. S'il avait remarqué la technologie de Mëlinoë et le bras d'Elena, il n'avait cure de ce qui en temps normal l'aurait enflammé de curiosité. S'il avait conscience de la noblesse de la baronne et de ce que représentait Kisaki pour son ancêtre, il ne s'en souciait pas réellement. Même l'idée d'un être condamné à vivre ne l'intéressait guère : en ce jour, les vampires constituaient la seule réalité de l'apprenti magicien. Il est vrai qu'il aurait pu être plus attentif et essayer de prendre conscience des forces de chacun pour avoir plus de marge de manœuvre... mais Lucien se comportait comme un soldat aux ordres du tacticien Bacchiatari. Le professeur savait, et il n'était que l'élève.

Son obsession l'avait doté de vastes connaissances et de savoirs interdits, qu'il avait absorbés avec la même bonne foi qu'il plaçait aujourd'hui dans le célestin. Pour cette raison, seules deux personnes l'intriguaient véritablement dans l'assemblée : Caligo et Cyrilia de Riley.
Quand il avait vu Caligo, aussitôt s'était-il souvenu du chapitre sur les dhampires et avait pu comme entendre les lignes "ces êtres ne pourront jamais accéder au statut de noble et seront toujours considérés comme au bas de l'échelle, sauf si leur nature évolue bien évidemment", qui ne collaient pas avec l'idée d'une dhampire entraînée par Drake lui-même. Lucien la fixa donc pour cette raison un long moment. Les questions tourbillonnaient dans sa tête : faisait-elle partie d'un clan, ce qui permettrait à Drake de la subjuguer et de la retourner contre eux ? Si tel était le cas, pourquoi donc venait-elle ? Les groupes en viendraient-ils à se séparer ? Pourquoi Drake aurait-il entrainé une vampire ?
Une raison surgissait bien, mais elle était de nature à susciter des sueurs froides. En matière de création de dhampire, trois manières de procéder existaient. "Le dernier cas est absolument interdit par le Haut Conseil, il s'agit d'utiliser des arcanes vampiriques afin de créer des hybrides obéissant et bien entendu, de s'en faire une armée. Bien que seuls les sang pur peuvent faire une telle chose, nous avons déjà eu des cas de ce dernier type. Rassurez vous, ils ont été punis en conséquence et leurs créations ont été détruites, la mort est préférable à une vie de servitude. "
Tout être un minimum conscient de l'histoire rëvalienne savait bien que Drake avait usé de telles méthodes pour attaquer les humains... alors, s'agirait-il d'une survivante, libérée et utilisée par les Répurgateurs ?

La seconde énigme était Cyrilia de Riley. Les Riley avaient sans doute été les vampires qui avaient le plus servi la cause de l'entente humano-vampirique, ce qui en faisait tout naturellement les gentils de l'histoire... jusqu'à leur extermination au cours des guerres vampiriques. Comprendre comment elle avait bien pu survivre et ne pas avoir le moindre rôle au cours des dernières années dans le jeu de la politique vampirique se révélait être plutôt compliqué... mais une chose était sûre. Pour Lucien, Cyrilia était la seule personne qui en savait plus que lui sur les vampires, avec sans doute le professeur Bacchiatari en qui il avait une totale confiance. Évidemment, elle devait le surpasser sur le champ des connaissances : ce qui n'avait été pour lui que rapporté, elle l'avait vécu. Peut-être connaissait-elle Nandoriath, qui n'était qu'évoquée dans les Enfants de la nuit ; sans doute même, à en croire son discours. Mille questions se pressaient sur ses lèvres pour en apprendre plus sur ce mythe qui demeurait un des points qu'il ignorait.


Lucien avait patiemment écouté tout le monde, plongé dans ses pensées comme il convenait à son rôle d'élève. Mais les événements en cours étaient bien trop graves pour qu'il laisse de côté des informations qui pourraient changer la donne de la bataille.
Il sortit d'une poche intérieure le livre de Viktor Von Carline.
- Madame la comtesse, je ne suis pas qu'un simple enfant. Pour mieux comprendre celle que nous devons sauver, je me suis renseigné sur vous en empruntant ce livre à la bibliothèque. Monsieur Bacchiatari, je n'irai pas en aveugle à Nandoriath, car je sais ce dont est capable Drake ; donnez-moi une page, je vous donnerai son contenu. Je pense qu'il est important que vous sachiez cela avant que vous n'établissiez un plan de bataille.
Nous autres enfants ici sommes des héros d'Edälis. Du moins, c'est mon cas et celui de M. Dowell : nous avons déjà bravé la mort pour Ayla, et M. Bacchiatari et dame Hisui connaissent le pouvoir que je peux solliciter contre mes ennemis - d'autres sauront ce qui a été infligé au héraut de l'abysse. J'ai confiance en toute personne qui a partagé la table d'Ayla M..., d'Ayla. Shisui est un dragon, nous l'avons vu au tournoi. Nous savons tous que si nous n'agissons pas, notre camarade sera perdue et le continent asservi, sinon détruit. Personne ne veut cela, et je fais confiance à mon professeur, même si les chances de sauver Ayla sont infimes.


Lucien s'arrêta pour respirer. Sa voix avait à peine vacillé sous l'effet du stress, mais elle était très sèche et moins claire que d'habitude : l'on sentait qu'il contenait ses émotions. En tout cas, une seule chose lui importait : que l'on n'ait pas perçu son bluff quand il prétendait ne pas partir ignorant dans ce pays dont il ne savait rien.
Une demi-seconde plus tard, il reprit la parole.

- J'ai cependant quelques questions : est-on sûr que les vampires et dhampires parmi nous ne se feront pas posséder par Drake ? Ne serait-il pas plus sage de demander aux sages qu'à Revan pour ce que vous voulez faire ? Nous pouvons sans doute en convaincre un, et nous avons vu ce dont il est capable, et vu leur rôle dans... l'affaire Morg, ils devraient bien savoir s'il y a des survivants.

Lucien savait qu'ils avaient déjà réfléchi à ces questions : ils devaient l'avoir fait pour mériter leur place. Mais toute sa bonne foi était impuissante devant ces deux faits : si Caligo ou Riley pouvait se retourner contre eux, ils en pâtiraient sévèrement, et si l'on pouvait éviter de se retrouver nez-à-nez avec Revan, cela serait largement préférable.
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MessageSujet: Re: 1. Un plan suicidaire    Dim 1 Mai - 16:37

Jetant un regard noir au jeune noble, la comtesse avança, rapidement, repoussant Caligo et Kisaki qui se mirent immédiatement sur son chemin, puis frappa le rossignol. Alors qu'elle n'avait eu aucun mal à contrer les deux femmes, le coup ne dépassa pas du tout la limite d'un simple humain, il s'agissait d'une baffe, marquant légèrement la joue de Lucien. Il n'y avait ni haine, ni cette envie meurtrière qu'il avait déjà pu voir chez Ayla, mais une dureté digne d'un précepteur déçu de son élève. Elle était la seule qui ne semblait pas être agréable dans sa manière d'être et ce, depuis son entrée dans l'académie. Néanmoins, il s'agissait aussi de la plus apte à corriger l'ignorance d'une personne comme le jeune maître d'Elenor.

- Si votre professeur tolère vos insultes, car vous n'êtes qu'un ignorant, sachez que ce n'est pas mon cas, comte.

Surprise, Caligo décrocha un sourire à la comtesse, s'attendant à voir le jeune homme voler à travers la pièce et non une simple baffe. De son côté, Cyrilia, ne comptait vraiment pas s'arrêter là.

- Vous demandez si nous sommes venus alors que nous pouvons être contrôlés ? Ridicule. Mon clan a réglé ce problème il y a bien longtemps, quant à Caligo, c'est un dhampire, ces derniers ne sont pas affectés, malgré ses liens avec le roi dément. Cela encore, je peux vous le pardonner, c'est justifié, mais demander l'avis des mages ayant détruits mon peuple, vous m'insultez, gravement. Selon nos lois, je devrais même vous défier en duel devant un tel affront. Cependant, nous sommes sur le territoire de l'académie, je respecterais donc vos usages, une chose que votre peuple n'a jamais faite. Vous dites traiter avec nous en égaux, mais vous ne faites que flatter les membres du Haut Conseil et parquer mes frères et sœurs dans un gouffre sordide, entouré des démons qui vous auraient déchiquetés si nous n'avions pas sacrifié nos vies pour vous protéger, nos plus grands ennemis. Et lorsque la révolte des miens gronde, vous agitez devant vous le pacte de non agression pour vous sentir en sécurité. Après vous osez encore parler de diplomatie. Les sages ont créé le plus grand génocide et esclavage de l'histoire, alors non, je refuse d'entendre ne serait ce que le son de leur voix. Voila leur rôle dans l'affaire Morg. Vous ne connaissez rien de nos coutumes, de ce que nous respectons, chérissons, ni de nos lois. N'est ce pas ainsi que l'on traite avec un autre peuple ? Il n'y a aucune diplomatie cher comte et le livre de Viktor ne vous aidera pas à Nandoriath, à part si vous avez suffisamment de force pour vous en servir comme arme.

Malgré la colère qui devait sans doute être dissimulée derrière son masque si parfait, la comtesse n'haussa pas la voix à un seul instant, se contentant d'expliquer l'erreur du jeune homme, comme si il devait apprendre une leçon.

- Nandoriath n'est pas un royaume, c'est un territoire mouvant, une terre obéissant à un esprit et à ses héritiers. Voila pourquoi nous autres, vampires de sang pur, ne pouvons y retourner. Nandoriath est notre père et la lune notre mère, un père privé de ses enfants. Vous ne trouverez nulle entrée sans héritier de notre créateur, cet endroit est sur une carte, mais personne ne peut y pénétrer, excepté les Morg. Contournez le, vous ne trouverez que des montagnes. Escaladez les et vous marcherez sur des pierres plus tranchantes que vos lames. Volez et vous vous ferez dévorer par les fléaux de la reine. Téléportez vous et vous finirez dans un gouffre sans fond. Nandoriath change en fonction de ceux qui foulent son sol et vous n'êtes pas les bienvenus. Sans une Morg, vous ne pourrez pas y accéder. Notre reine est morte, son héritière enlevée, seule la princesse guerrière subsiste. Fujiin et les siens ont enfermés la puissante Victoria dans un cercueil, tel un vulgaire cadavre. Ils ont effacés ensuite l'emplacement de leur mémoire, afin de ne jamais la retrouver. La clé de cette prison se nomme Muramasa, seule elle sait où se trouve la princesse et comment la libérer...et elle n'obéit plus qu'à une seule et unique personne, Revan Meletya.

Tournant les talons, elle s'arrêta un bref instant, un sourire moqueur aux lèvres.

- Les héros d'Edälis vous dites ? Je n'en vois qu'un, celui qui a eu le courage de tuer son ami, afin de sauver des milliers. Notre reine s'est sacrifiée pour vous permettre de sauver une ville humaine, prenant le contrôle du corps de son enfant qu'elle voulait garder cachée. Je doute que l'inverse se soit produit héros. Méditez là dessus, peut être qu'après, nous pourrons enfin commencer à sauver la princesse avant qu'elle ne se suicide.

Cette dernière phrase fit sursauter le professeur Bachiatari, ainsi que Myrddin, les autres tournant immédiatement leurs visages en direction de la comtesse, incrédules.

- Drake veut transformer Ayla Morg en réceptacle de Nandoriath, afin qu'il puisse venger ses enfants. Il détruira les humains, puis les elfes et tous ceux de la guerre des éléments. Ce n'est pas le professeur Bachiatari qui m'a demandé de venir, c'est Viktor, me suppliant de protéger sa fille. Drake ne la mérite pas, il n'est qu'un monstre usant de son enfant comme un pion, exactement comme avec Victoria. Viktor m'a révélé que certains d'entres vous étaient appréciés par la princesse, cela veut dire qu'elle ne hait pas totalement les non vampires. Ayant des liens avec la lune, elle a sans doute vu ce qu'elle ferait en cas d'absorption de Nandoriath. Si j'étais elle, je m'affaiblirais, afin de mourir lors du rituel d'ascension. Je pense que c'est ce qu'elle fera...

Serrant les poings, une ombre passa sur le visage de Cyrilia, ainsi qu'une immense tristesse. Alors qu'elle n'avait jamais rencontrée Ayla, elle semblait lui vouer un immense respect, voir même un certain espoir en elle. Myrddin s'avança, plaçant une main sur son épaule, étrangement, elle ne le repoussa pas.

- Vous soutenez le pacte, pourquoi autant l'admirer ?

- Perversion typiquement humaine, un royaliste et un partisan du pacte ne sont pas pour ou contre la royauté. Sans les Morg, nous mourrons, ils sont nos père et nos mères. Nous avons créé le pacte afin de lutter contre Drake, afin de calmer la haine et la colère des humains suite à sa folie. Nous voulons tous rentrer chez nous ou au moins avoir un endroit vivable et non être considérés comme des monstres destructeurs, comme les démons qui ont toujours tentés de tout détruire. Les royalistes sont de base pour le retour des Morg et la vengeance des affronts subis, nous autres, désirons la diplomatie, à l'exemple de notre reine disparue.

- Vous ne la connaissez pas pourtant, vous êtes restée dans l'ombre.

- Je n'ai pas besoin de la rencontrer, je ne suis qu'un vestige du passé, elle est l'avenir. L'espoir d'unir royalistes et partisans...Et je donnerai ma vie pour voir ce rêve se réaliser, pendant que vous, débattez sur le pour et le contre.
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MessageSujet: Re: 1. Un plan suicidaire    Dim 8 Mai - 0:33

... Je dois y aller.

Une phrase, une seule, pour lui faire vivre ce genre d’événement qui n'existent que dans les légendes et les contes, ce genre d'événements que même l'histoire apprécie faire oublier tant leur impact est sanglant. Etait-ce vraiment une bonne idée ?... Lui qui n'osait même plus regarder Ayla droit dans les yeux depuis ce qu'il avait vu d'elle au mauvais moment, était-il prêt à vivre une expérience jusqu'à dix fois plus traumatique ? Impossible de le savoir, il ne le savait pas, en fait il ne voulait pas le savoir. Il ne voulait plus penser à ce qui allait arriver, sinon il abandonnerait à coup sûr. Seulement penser à ce qu'il avait "échoué", il était sensé aider Ayla, mission conférée par Thaxyl lui-même. Au final... ce fut tout l'opposé qui se produisit, elle est encore plus mal qu'elle ne l'a jamais été désormais. Peu importe qu'on lui ait dit qu'il n'était pas responsable de ça et que personne n'aurait rien pu faire pour l'en empêcher... S'il n'est pas capable d'être utile lorsqu'on a besoin de lui... qu'est-ce qui aurait changé depuis qu'il ait quitté la banquise ?

... Il faut y aller.
Voila une expression que Shisui ne connaissait pas à Cyril, comme s'il avait lui aussi assimilé cette sorte de "résolution silencieuse", néanmoins plus forte que celle de l'humain. Il aurait bien souhaité parler avec son homologue draconique, pour se soulager un peu du poids de sa décision, mais... même ça il n'en était pas capable. Alors ils se dirigeaient tous deux silencieusement vers le Hall à l'heure convenue, là où devaient se rendre les volontaires. Il n'avait aucune idée de ce qu'on pourrait leur dire, ni des personnes qu'il pourrait retrouver. Quoique... peut être Theyne ? Il est le professeur d'Ayla s'il ne se trompe pas... ça pourrait l'aider...
Au final il semble être arrivé un peu en avance, même si certains étaient déjà présent, il ne se sentait pas l'envie de les rejoindre pour le moment. Donc il s'assit devant l'entrée, cherchant à se vider l'esprit un peu plus pour se calmer.
Et dire que j'ai déjà peur avant même que ça ne commence... se dit-il, désolé de lui-même... alors que Cyril le remontait à sa manière (c'est à dire d'un coup de crane cuirassé de glace en plein front). Il se dit l'espace d'un instant qu'il pourrait bien finir infirme sans même y aller, avec le dragonnet.
Ca fait bien 5 minutes que tu traînes ici comme une marmotte en regardant les autres entrer sans rien faire ! LEVES-TOI ! Tssk, tu sais bien que tu n'as qu'à me passer le contrôle si tu es trop effrayé. Dit-il sur son ton habituel d'enfant impatient, mais néanmoins concerné par son homologue.
Shisui le regardait d'un air surpris (quoiqu'il ne l'était qu'à moitié), tandis qu'il se frottait la trace rouge douloureuse sur le front. C'est vrai, il pourrait bien le laisser y aller... non ?

Au final, le passage de Theyne fut l'élément déterminant qui le fit tenir sur ses deux jambes par lui-même, l'enseignant s'arrêtant un instant, Shisui lui lançait un sourire timide puis se leva maladroitement de lui-même, avant de suivre lentement le maitre en esprit, en prenant bien soin de rester sur ses pas et caché le plus possible derrière le grand professeur. Il y retrouva avec surprise quelques têtes connues, Francis et Léandra, sur qui il ne lança qu'un regard, se demandant quelles pouvaient être leurs motivations à eux ?
Une fois tout le monde réuni, Myrddin prit une mine apaisante comme il savait toujours si bien le faire, tandis que Shitennô semblait observer Christyän, élève que Shisui n'avait que rarement croisé, même s'il ne regardait la scène que d'un oeil, caché derrière Theyne. Et là encore son attention était plutôt portée sur les dames étrangères qui imposaient d'une certaine aura parmi toutes les personnes présentes.
Du moins, c'était le cas, jusqu'à voir atterrir ni plus ni moins qu'un DRAGON blanc, relativement petit pour son espèce mais néanmoins plus grand qu'un humain, portant sur son dos trois dames supplémentaires qui ne pouvaient que faire se demander à Cyril qui elles étaient pour voyager ainsi à dos de dragons ? La réponse ne tarda pas à se faire connaitre via la présentation successive des trois personnes, toutes répondant au nom d'un même groupe, "les Répurgateurs", dont Shisui n'avait jusque là jamais entendu parlé... Dans tous les cas, elles paraissaient toutes très menaçantes du point de vue de Shisui, le genre de personnes dont il aurait du mal à soutenir un regard trop insistant.

Puis vint la plus grande surprise... lorsque le dragon prit apparence humaine, la surprise poussa Shisui à s'avancer un peu vers elle, l'air abasourdit, tandis qu'ils réagissaient tous deux exactement de la même façon.
E-ELLE AUSSI ?!
En temps normal leurs réactions synchronisées les aurait fait pouffer de rire mais les circonstances étaient un peu plus fantastiques ici.


- Enchantée ! Je m'appelle Fralis'mereth, mais vous pouvez m'appeler Fralis ou même Fra' ! Je suis la fille adoptive d'Elena, mais adoptive c'est dénigrant, donc je suis sa fille. Oh et je suis une dragonne de l'esprit, enchantée !

- Tu l'as déjà dit Fralis...

- Enchantée !


Il recula de nouveau un peu tandis que l'ex-dragonne surexcitée comme si elle embarquait pour une colonie de vacances saluait en un ouragan toutes les personnes autour d'elles... ou presque, jusqu'à ce qu'elle ne remarque le petit hybride caché parmi eux, et lui envoya un regard si plein d'étoiles dans les yeux que Shisui eut un mouvement de recul, dans la peur de trop attirer l'attention sur lui. (même si le réflexe était bien étrange tant il avait l'effet opposé)

- Oh ! Un autre dragon ! Bonjour vous deux !

- Vous deux ? De qui tu parles ?

- Ben ces deux là !

- Il y en a qu'un...

- Ah ! C'est car tu es aveugle, ils sont bien deux jte dis !


La surprise fait pousser un petit cri peu audible à Shisui, gardant également une expression hébétée la bouche ouverte cachée à moitié par sa main, regardant avec insistance (et très peu de discrétion) Cyril qui restait à ses côtés, les yeux grands ouverts.
ELLE ME VOIT ?! Se décidant à couper le mutisme de Shisui.
E-elle est comme nous ? M-mais je croyais qu'on était les seuls ! P-pourquoi on peut rien voir ?
M-mais j'en sais rien ! Comment tu veux que je saches ça ?! Maitre Thaxyl me voit sans problème ! Ça doit être pareil pour elle hein !
Comme d'habitude ces moments de "télépathies personnelles" ne duraient qu'un instant, c'était cependant suffisant pour voir à quel point tous deux étaient surpris. Néanmoins... l'enthousiasme et le visage radieux de la jeune fille retrouvant un homologue fit renvoyer un léger sourire, certes gêné mais sincère, à Shisui.

C'était peut être bien ce petit "plus" de confiance qui permis au garçon de rester lorsque Cyrilia énonça leurs chances quasi-nulles de survies, se contentant de s'accrocher de plus belle aux vêtements de Theyne, y laissant pratiquement des marques d'ongles témoignant de son stress intense. Esquivant autant que possible le regard brûlant de la vampire qui semblait presque tenter de les faire fuir, avant que ne se dresse le professeur Shitennô, comme pour les protéger d'elle...

Je vois devant moi des enfants, sont ils vraiment prêts à aller jusqu'au bout ? Ce voyage les changera à jamais, sans compter que tout le monde, dragon, célestin, vampire, humain, garou, peu importe...n'avons que de faibles chances de survie. Nandoriath n'apporte que la mort, à la moindre erreur, nous succomberons.

Ces paroles raisonnaient en lui, tandis que Lucien, visiblement beaucoup plus sûr de lui, se lançait aussi dans la conversation en vantant les mérites de ses camarades, et gênant un peu Shisui de l'exposition qu'il lui donnait dans son récit, restant en partie caché à cause de ça... Ce fut un soulagement lorsque la même vampire vint reprendre le noble, libérant Shisui de cette petite attention... mais ce fut moins plaisant lorsqu'elle piétina une nouvelle fois ses maigres espoirs qu'il pourrait s'en sortir...
Quelques discrètes larmes perlaient lorsqu'il entendit ce par quoi ils devraient passer, et le risque qu'Ayla encourait... peinant à serrer de nouveau son étreinte sur Theyne... Que faisait-il là exactement ? Qu'avait-il à jouer parmi toutes ces légendes ? Et surtout...
Qu'est-ce qu'il le faisait rester encore ? Peut être sa quête, peut être l'influence de Cyril, celle de Theyne... peut être l'enthousiasme de cette "dragonne" ? Fralis ? Ce qui est certain, c'est qu'il allait avoir besoin d'aide pour poursuivre.
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MessageSujet: Re: 1. Un plan suicidaire    Lun 9 Mai - 20:10

Titubant en arrière, une main sur le front en une veine tentative de prévenir la douleur, l’autre tendue derrière lui pour atteindre le mur de pierre, Christyän retint de justesse un gémissement de douleur en serrant les dents. Son dos rencontra brutalement le mur, lui coupant le souffle mais apaissant ses jambes tremblantes et son vertige incontrôlable.

La scène s’était déroulé devant lui, comme s’il avait été présent, comme s’il avait été un observateur extérieur. Durant de longues minutes, il avait eu la vive impression de se trouver dans la même pièce que les deux vampires royaux et le pauvre jeune homme dont il voyait encore le sang s’écouler sur la pierre noire.

Adossé au mur afin de tenter de rester debout, en retrait par rapport au reste du groupe d’élèves et de professeurs rassemblé devant le Hall d’entrée. Légèrement tremblant et probablement très pâle, il abaissa la main pressée contre son front, la douleur ayant enfin disparu pour n’être remplacée que par un léger malaise.

Il revoyait encore Ayla, les traits déformés par la manifestation de sa forme primaire, résistant de son mieux à l’appel du sang, avant de s’évanouir sous la pression auto-infligée.

« Christyän ? Tout va bien ? » retentit une voix à quelques mètres de lui, lui faisant lever brusquement les yeux.

Le professeur Bachitari le regardait, inquiet. Chris ouvrit les lèvres pour lui faire part de son malaise, avant de se raviser en voyant quelques regards d’élèves se tourner vers eux suite à la question de l’homme.
D’un sourire faible et forcé, il acquiesça, plus à l’intention des élèves que du professeur.

La porte ouverte du grand Hall attira soudain l’attention du groupe, et Christyän en profita pour interpeller le professeur de Contrôle de soi alors que tous étaient omnibulés par l’immense dragon blanc posé devant l’entrée.

D’une voix assez faible pour qu’elle ne reste qu’entre eux deux, il dit : « Professeur, je viens d’avoir une- … en temps normal, j’aurais dis une hallucination, mais cela ressemblait plus à une vision. J’ai vu Ayla et son père, dans une espèce de salle du trône si sinistre que je n’aurais pas pu l’inventer. »

L’expression du visage du professeur n’annonçant rien de bon, il continua prestement : « Son père, Drake, veut la forcer à boire du sang humain. Elle résiste, mais elle s’épuise vite, et elle faiblit. C’était … Ça paraissait essentiel à Drake qu’elle se nourrisse de sang humain, qu’elle tue. Je doute que son refus soit uniquement une volonté pacifiste. Je ne connais pas grand chose aux vampires ou à leur royaume, à Nandoriath, mais- … Mais Drake a insisté sur le fait que Nandoriath acceptait déjà Ayla. Je crains que si elle cède à sa soif, si nous arrivons trop tard- … Professeur, pensez-vous que Drake puisse la contrôler, si elle se nourrit ? »

La terreur qu’il avait ressenti en présence de Drake, et l’inquiétude qui l’avait frappé quand Ayla s’était effondrée au sol … Même si sa vision avait été extérieure, même s’il ne savait rien des pensées d’Ayla, la retenue s’était lu sans filtre sur le visage de la vampire. Son instinct lui hurlait un danger imminent, et si la voix de Sirhc avait été encore présente dans son esprit conscient, elle lui aurait crié d’agir avant qu’il ne soit trop tard. Si Ayla buvait du sang humain, si elle en venait à tuer pour se nourrir … quelque chose de terrible se passerait, et ils perdraient tous la Ayla qu’ils connaissaient.

Il fronça les sourcils à cette pensé, les tremblements de ses jambes ayant totalement cessé.

D’ordinaire, il avait une confiance absolue en son instinct. Si son inconscient avait détecté quelque chose, alors ses méfiances étaient toujours fondées. Le jour où il avait rencontré Ayla, tout son corps s’était tendu sous l’effort de ne pas partir en courant. Et s’il était depuis devenu un de ses amis proches, le danger que représentait la jeune fille n’en était pas amoindri.
Pourtant, cette fois-ci, son instinct semblait particulièrement sensible et précis. Il savait qu’Ayla ne devait pas céder s’ils souhaitaient avoir une chance de la sauver. Ce n’était pas une simple impression, mais un véritable savoir …

« Professeur, » reprit-il soudainement, retenant l’homme d’aller rejoindre le groupe formé devant le Hall d’entrée. « Je pense que … Je pense que la Lune nous envoie des informations. Et si Elle se mêle de ce conflit … c’est que les enjeux sont bien plus grands que de simplement sauver mon amie. »



La gravité du ton des nouveaux venus, à l’exception de celui de la dragonne dont il sentait encore les doigts lui broyer la main par enthousiasme, ne fit que confirmer ce qu’il redoutait.
Tout cela les dépassait, Lucien, Francis et lui. S’ils étaient en âge d’être considérés comme des adultes, ils n’étaient en réalité que des enfants face aux dangers de Rëvalïa, et plus encore face aux joutes politiques entre les races qui se jouaient depuis des centaines d’années.

Pourtant, Chris était prêt à risquer sa vie dans cette entreprise. Depuis sa sortie de l’Abysse, il lui avait semblé vivre sur du temps “emprunté”, presque volé au cycle naturel de la vie. Jamais il n’aurait dû atteindre les 119 ans qu’ils avait aujourd’hui, jamais il n’aurait dû connaître Ayla.
Et pourtant, on l’avait sauvé de l’Abysse, et on l’avait choisi pour une destinée plus grande qu’il ne l’aurait jamais imaginée.

// Non, pas “on”, Arda, // pensa-t-il avec force. // Arda m’a choisi comme son disciple, m’a permis de rencontrer la Lune, de me rapprocher d’Ayla, d’apprendre à la connaître. Sans lui, sans Elle, jamais je n’aurais eu l’occasion de considérer Ayla comme une amie, jamais je n’aurais voulu risquer ma vie ainsi. //

Tout comme son instinct s’était emballé suite à la vision d’Ayla, son inconscient semblait lui souffler qu’il n’était plus juste un garou, ni-même juste un élève de la Terre. Il était un serviteur de la Lune désormais, peut-être même plus que ne l’avait été son tuteur, Tarkh, pourtant particulièrement pieux. Il servait la Lune et Ses intérêts, il servait Arda et sa sagesse. Et si les récents événements avaient affaibli sa foi envers la Lune, envers Ses choix et Ses actions, sa foi envers Ayla demeurait cependant intacte.
La vampire tiendrait jusqu’à ce qu’ils viennent la chercher, il en était persuadé.

Et eux, bien que seulement des “enfants”, ne seraient pas seuls dans cette entreprise pour la sauver. Ils seraient entourés des meilleurs combattants de Rëvalïa.

« Nous devons faire revenir Revan, » fit soudain la voix mielleuse du professeur Bachiatari.

Christyän releva brusquement la tête à ces mots.

// Pardon ?! //

Bien que le loup-garou n’ait jamais prêté beaucoup d’attention aux conflits politiques, ce nom-ci, associé à la destruction de la première Académie et à la création de l’Abysse, ne pu que l’interloquer.
Avait-il perdu l’esprit ? Christyän se souvenait encore du déferlement de magie destructrice, du combat ayant fait rage dans le parc de l’Académie, et des bandits envahissant les couloirs, tuant élèves comme enseignants sans même lever un sourcil.
Si le loup ignorait les détails, il savait tout de même que tout cela était de la faute de Revan.

Pourtant, ils avaient besoin d’un Morg pour entrer à Nandoriath. Et pour accéder à cette Morg dont ils semblaient tous connaître l’identité, ils avaient besoin de Revan.
Malgré ses réticences, Christyän n’était pas là pour prendre ce genre de décisions. Son rôle à lui n’était pas de déterminer par quels moyens ils accéderaient à Nandoriath. Non, son rôle à lui était de suivre le groupe jusqu’à Nandoriath, et de survivre assez longtemps pour retrouver Ayla, la convaincre de ne pas céder, et surtout l’amener loin de son père fou.
Le choix des détails était déjà assez difficile pour les membres présents pour que Chris ne rajoute son opinion.

Il écouta d’une oreille distraite la tirage enflammée de Lucien, devant presque masquer une grimace devant l’arrogance dont faisait preuve le jeune homme. Malgré leurs amis communs et les longues heures passées ensembles dans leurs groupes de travails, Chris et Lucien n’étaient pas parvenus à devenir bons amis. Ils se toléraient, se respectaient, tout au plus, et encore … Si le comte souleva un point intéressant, le loup se décida à l’ignorer, comme Lucien l’avait ignoré dans ses propos. « C'est mon cas et celui de M. Dowell, », avait-il dit.

// Et moi, je compte pour du blé ? // ne pu s’empêcher de lancer son orgueil dans un instant de jalousie.

Certes, il n’avait pas participé au tournois, et n’avait pas gagné le titre de Héros d’Edälis, mais lui aussi avait risqué sa vie pour Francis et Ayla, et dans une mission bien plus importante qui plus était ! Une mission dont Lucien ignorait tout !
Il se reprit, se rendant compte de son ridicule. Certes, il ne supportait pas les manières de Lucien, mais ce n’était pas dans sa nature d’être jaloux, et surtout pas pour une reconnaissance dont il ne voulait même pas.
Il avait toujours vécu dans la simplicité, et s’était toujours considéré comme plus riche que les autres, car libre de tous ces sentiments destructeurs et états d’âme dont s’encombraient les humains. Pourtant, depuis qu’il avait rejoint la civilisation des Hommes, il se rendait compte des changements dans sa manière d’être. Et s’il arrivait qu’ils aient des côtés positifs, ces changements étaient souvent négatifs, décida-t-il en acquiesçant mentalement à ses propres affirmations.

Mais soudain, la voix forte de Cyrilia Riley retentit, et l’une de ses phrase fit s’immobiliser net Christyän.

« Si j'étais elle, je m'affaiblirais, afin de mourir lors du rituel d'ascension. Je pense que c'est ce qu'elle fera … »

« Alors c’est pour cela qu’elle résiste tant … » dit-il à voix haute lorsque Cyrilia se tut, sans le réaliser.

Une partie des regards se porta sur lui, et le silence ambiant lui fit relever les yeux. Hésitant, il croisa le regard de Shitennô qui acquiesça, l’encourageant à dévoiler ce qu’il savait.

« J’ai eu une … vision, juste avant votre arrivée, » commença-t-il sans trop savoir comment tourner les choses.

Plusieurs des nouvelles venues étaient très clairement contre les Sages, et expliquer son lien avec la Lune en dévoilant à tous qu’il était depuis peu un disciple du Sage de la Terre risquait de coûter à leur camps un effet de surprise futur, ou de révulser certains de leurs alliés potentiels. Plus encore, ses propres amis risquaient de mal prendre le fait qu’il leur ait caché un tel accomplissement, et plus particulièrement Francis, qui avait été l’objet de sa toute première mission.
Il reprit donc, en pesant chacun de ses mots.

« Suite à certains événements récents, heum … personnels, j’ai développé un lien avec Ayla – un lien mental, dirons-nous. » Même s’il ignorait tout de la nature de ce lien, il restait persuadé que la Lune en était l’investigatrice ; raison de plus de ne pas l’évoquer, surtout face à une vampire qui ne semblait pas particulièrement La vénérer. « Pour faire court, j’ai vu Ayla et son père à Nandoriath, en pleine dispute. Ayla n’est pas assez puissante pour l’affronter, mais cela ne l’empêche pas de s’opposer à lui. Drake insistait sur le fait que Nandoriath avait déjà accepté Ayla, mais que celle-ci était trop faible à cause de- … du fait qu’elle ne boive pas assez de sang humain. Il voulait la forcer à boire, à tuer un prisonnier pour qu’elle reprenne des forces. Mais Ayla a refusé, et s’est contrôlée jusqu’à évanouissement. Seulement, elle est de plus en plus faible, et je crains qu’elle ne tienne pas longtemps. »

Le poids de cette révélation sembla peser sur l’assemblée, et Chris se tourna alors vers Shitannô, bien décidé à énoncer ses propres conclusions.

« Alors je me fiche de qui vous voulez ramener à la vie. Si vous devez réveiller les pires démons pour accéder au plus vite à Ayla, alors faites-le. On les a déjà enfermés une fois ; s’ils sont trop dangereux, on peut tout à fait recommencer, mais après avoir libéré Ayla de l’emprise de son père. »

Les paroles d’Arda lui revinrent une fois encore, faisant monter la colère dans les fissures de son impassibilité.

« Sa mère a été tuée en protégeant sa fille et tentant de reprendre le contrôle de son royaume par pression diplomatique, son père a été enfermé, son frère adoptif a été tué pour devenir une arme et sa mère adoptive massacrée pour dissuader les vampires de tenter quoi que ce soit. Son existence est un mensonge, elle vit depuis cent ans sans sa famille, son passé créé de toute pièce par une famille adoptive différente, puis oublie tout le soir de ses vingt ans … jusqu'à mourir effacée, » lui avait révélé le Sage de la Terre lors de leur rencontre.

« Vous ne pensez pas qu’elle a assez souffert ? » lança-t-il à l’assemblée, ses paroles faisant écho à celles de Cyrilia. « Vous ne pensez pas qu’on a assez choisi son destin pour elle ? Son père, son peuple, sa famille adoptive, la Lune, maintenant vous … Alors voilà ce que je vous propose : on cesse de se demander si ça vaut le coup d’y aller. Bien sûr que ça vaut le coup ! À la place, on se concentre sur quand on pourra être là-bas, et vu l’état d’Ayla, il vaut mieux que ça se fasse rapidement. Et ensuite seulement, vous pourrez laisser Ayla choisir si elle veut être reine de Nandoriath. »

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« Je te retrouverai. Je te le promets, Raän. »

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MessageSujet: Re: 1. Un plan suicidaire    Sam 14 Mai - 14:54

Spoiler:
 

Voilà bien longtemps que Raksha n'avait pas participé à un conseil de guerre, car même si beaucoup des personnes présentes dans la pièce ne semblaient pas en avoir conscience, c'en était bel et bien un. Des souvenirs d'un passé lointain émergèrent dans l'esprit du professeur de combat, lui remémorant les longues négociations durant la Guerre des Éléments.

Le professeur espérait sincèrement que cette réunion aurait une tournure différente de celles qu'il avait connu par le passé. En effet, les participants de genre de ce genre d'assemblée avaient toujours cette fâcheuse tendance à tout transformer en règlement de compte, personnel ou politique. Bien sûr, l'ancien militaire ne niait en aucun cas que la politique faisait  partie intégrante d'une guerre. Cependant, perdre du temps car des personnes se lançaient des piques plutôt que faire avancer la discussion avait tendance à irriter le vieil Orochi.

Malheureusement pour lui, Raksha avait vu juste. Lucien, encore une fois, avait fait transpiré son arrogance dans ses paroles et avait par là même provoqué la colère des représentants vampiriques. La vampire concernée prit d'ailleurs la parole et commença à déblatérer quelque chose qu'on pourrait résumer " C'est nous qu'on est les gentils, en plus, notre reine a été héroïque.".

Le professeur de combat crachait sur la notion de bien, de mal et sur celle d'héroïsme. Des concepts pour les imbéciles, voilà ce que c'était. Mourir pour faire le bien, mourir en étant un héros, des efforts futiles pour essayer de donner un sens à la mort. Mourir c'était mourir, ni plus ni moins.

La tension était palpable dans la pièce et c'est à ce moment que le jeune Chrystiän décida de se manifester, faisant des révélations intéressantes sur la situation actuelle d'Ayla. Le garou pourrait se révéler un atout majeur s'il apprenait à maîtriser ce lien mental, pouvant leur servir de source d'informations.  

« Alors je me fiche de qui vous voulez ramener à la vie. Si vous devez réveiller les pires démons pour accéder au plus vite à Ayla, alors faites-le. »

Voilà une bonne mentalité. L'Orochi avait au fur et à mesure des années adopté la philosophie de " La fin justifie les moyens ". Bien sûr, ce n'était pas une excuse pour faire des choix irraisonnés. Si le moyen utilisé représentait un tout aussi grand mal après coup que le problème qu'il avait réglé, alors il présentait peu d'attraits. Ainsi, contrairement à ce que pensait l'élève, le choix de ses alliés requerrait une minutie extrême.

« On les a déjà enfermés une fois ; s’ils sont trop dangereux, on peut tout à fait recommencer, mais après avoir libéré Ayla de l’emprise de son père. Vous ne pensez pas qu’on a assez choisi son destin pour elle ? Son père, son peuple, sa famille adoptive, la Lune, maintenant vous … Alors voilà ce que je vous propose : on cesse de se demander si ça vaut le coup d’y aller. Bien sûr que ça vaut le coup ! À la place, on se concentre sur quand on pourra être là-bas, et vu l’état d’Ayla, il vaut mieux que ça se fasse rapidement. Et ensuite seulement, vous pourrez laisser Ayla choisir si elle veut être reine de Nandoriath. »

Le reste du discours se révéla moins au goût du professeur de combat. Il avait eu l'occasion d'affronter la vampire lors d'un de ses cours, alors qu'elle était encore immature et cela avait bien failli lui coûter la vie. Cet événement avait révélé à ses yeux la menace qu'elle représentait elle et son héritage et depuis, il ne pouvait s'empêcher de penser que le monde serait mieux sans elle. Cela n'avait rien de personnel bien sûr, il appréciait plutôt la petite Ayla. Les événements récents ne firent que confirmer les craintes du professeur et les paroles des élèves présents dans la salle confirma la brume devant leurs yeux.

« Mon cher Christyän, as-tu toi même enfermé ces démons dont tu parles ? Tu ferais donc mieux d'éviter d'abuser de ce "On" dans tes paroles et de présumer ce qu'il est ou n'est pas possible de faire. On, c'est nous, les adultes responsables, enfin pour la plupart. Si ça ne tenait qu'à moi, vous, les élèves, ne seriez même pas là dans cette salle. Vos paroles, à toi et à Lucien, prouvent bien que vous ne comprenez rien à la situation dans laquelle nous sommes. Vous n'êtes pas taillés pour ce qui vous attends, vous êtes régis par vos émotions  et à mes yeux, incapable de faire des sacrifices. Serais tu capable de tuer un camarade ,voir tout tes camarades, si ça t'assurait la victoire ? Si c'est non, tu n'as rien à faire ici. »

L'orochi toisa ensuite le jeune Lucien.

« Il en va de même pour toi Lucien. Depuis le début, toi et d'autres, vous mentionnez qu'il faut tout mettre en oeuvre pour sauver Ayla. La sauver ? Saches que ma participation à cette réunion n'a rien à voir avec l'éventuel sauvetage de ton amourette. A mon humble avis, ceux qui pensent que la petite doit être sauvée sont des sots. Cela ne plairait surement pas à nos émissaires vampires ici présent, mais je préconise son élimination. Sans conteste, cette fille est une menace. Peut être pas immédiatement, mais imaginons que vous la sauviez, et qu'elle devienne reine. Si elle se décide pour une raison ou une autre de briser le pacte et d'entamer une campagne d'expansion de son territoire, qu'est ce que vous allez faire ? Vous allez vous en mordre les doigts en repensant au fait que vous l'aviez affaiblie et à votre merci. »

Soupirant ensuite, et les regards de l'assemblée portés sur lui, le professeur de combat fixa Cyrilia Riley. Son regard montrait une certaine exaspération. Il reprit de plus belle.

« Je peux comprendre les enfants, ce n'est pas leur faute s'ils sont inexpérimentés. Après tout, ils n'ont vécu qu'une fraction de temps comparé à nous, qui sommes là depuis le tout début ou presque. Ils n'ont pas encore fait leurs preuves. Cependant, cela m'attriste de voir que des êtres aussi anciens que vous, ne possédez pas la sagesse nécessaire pour accepter l'aide des sages, une aide qui me semble des plus indispensables. Au moins quel réconfort cela sera au moment de votre mort aux mains de Drake de vous dire que vous n'avez pas cédé et vous ne vous êtes pas alliée aux sages. Votre problème à tous, que ce soit humain ou vampire, c'est que vous êtes farci d'un sens de l'honneur et d'une fierté qui me dégoûte. Cette arrogance et cet entêtement nous empêche clairement d'avancer et si personne n'est prêt à faire de sacrifices, alors je pense que nous n'avons plus qu'à attendre que la mort. »

Le professeur de combat se tut enfin, ayant déballer ce qu'il avait sur le cœur. Il espérait au plus profond de lui qu'avoir donner un coup de pied dans la fourmilière allait enfin permettre de faire avancer les mentalités de chacun et d’échafauder un plan claire.
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MessageSujet: Re: 1. Un plan suicidaire    Mar 17 Mai - 13:35

L'Orochi aimait se mettre en avant, tant mieux, il n'avait pas changé. Les vampires allaient lui sauter à la gorge, un spectacle amusant et peut être même stimulant, mais je n'étais pas là pour cela. Raksha était fort, c'était indéniable, il avait été mon meilleur allié lors de la guerre des éléments, même si il l'ignorait. Combien de personnes avaient quitté notre monde par sa faute, succombant sous ses nombreuses mains ? Une infinité d'âmes qui étaient venues jusqu'à moi, me faisant savourer avec délice, toute cette maestria dans leurs exécutions. Il était tout à fait à même de battre Riley et peut être même cette dhampire enragée, mais il y avait des êtres à ne pas sous estimer dans cette merveilleuse petite assemblée. Les deux célestins cachaient bien leur jeu, mais l'aura monstrueuse, bien que dissimulée par une sorte de sceau, de celui qui semblait être le "général" de ce conseil de guerre, ne pouvait me tromper sur sa véritable nature. La mort le suivait, elle était même dans son sang, un enfant de sage, quoi de plus surprenant...son tour viendrait, comme pour les autres. Sa collègue, à l'apparence si délicieuse, était sans doute la plus dangereuse du groupe. Elle puait, je pouvais ressentir sa nature draconique à des lieues à la ronde, nul doute que même l'Orochi aurait été mis à terre en une fraction de secondes. Elle aussi, son pouvoir était scellé, mais rien ne reste jamais enfoui, tout peut être stimulé et révélé aux yeux du monde.

Bien, il était plus que temps de faire mon entrée. M'adossant contre la porte principale, j'exprimais mon amusement par un simple applaudissement, qui entraina immédiatement un silence de mort et fit arriver aussitôt ce très cher sage des vents. Sérieusement ? Il pouvait me reconnaître avec un applaudissement, je savais que je pouvais avoir un certain effet, mais quand même !

- Les règles du jeu sont pourtant toutes simples, votre professeur de combat le sait bien. Vous tuez pour survivre ou vous mourrez, c'est aussi simple que cela. Bonsoir Raksha, cela faisait longtemps. On ne s'est jamais rencontré, mais vous m'avez presque créée.

Riant légèrement, j'avançais au cœur de cette assemblée, jetant un regard en direction de Fujiin, la situation était parfaitement sous contrôle et il le savait. Le grand sage des vents, tremblant, se retenant de venir me tuer, sachant parfaitement qu'il devrait combattre au moins la moitié de tous ces "spécialistes". Il était si facile de le faire sortir de ses gonds, je n'avais qu'à être moi même. Ils avaient besoin de moi, sans ma précieuse aide, tout leur plan serait réduit à néant.

- Trois vétérans de la guerre des éléments, je me sentirais presque nostalgique. Oh bien entendu, c'est surtout vous Raksha et cette charmante Caligo qui avez gagné ce charmant titre, je n'étais que spectatrice.

- Une tueuse, hérétique, cannibale, voleuse et une manipulatrice surtout !

Enfin, Fujiin avait décidé de parler, lui qui était si calme, voila que ses paroles transpiraient finalement la haine et la rancœur. Les esprits lunaires n'étaient pas vraiment différents des humains, tout le monde avait des forces et des faiblesses. J'allais briser ce mythe, le sage deviendrait un mortel aux yeux de ses chers alliés.

- Allons, je n'ai fait que dévorer les âmes que votre charmant professeur de combat m'a offertes voyons. Ce n'est pas moi qui ai brisé leur crâne, d'ailleurs n'est ce pas ce que vous avez fait avec cette "menace" que les autres veulent tant sauver ? J'ai peut être aussi profité de votre ingérence des vampires pour tenter de voler le pouvoir de votre garce de mère, quant au cannibalisme, je suis en effet une Wendigo. J'en oublie mes manières, Edwen d'Ombrefroide...

Le sage bouillonnait, je n'avais pas le temps de finir ma présentation qu'il s'était déjà avancé, rattrapé immédiatement par Mephiles, qui fut éjecté par une violente rafale de vent, faisant s'écarter tout le groupe. Enfin, il montrait sa vraie nature.

- Une nécromancienne, sacrifiant le dernier voyage des âmes des mortels pour son appétit insatiable et ses désirs abominables ! Vous avez tenté de tuer la mère de toute chose, la lune est mutilée à jamais par votre ambition démesurée !

- Une magicienne serait plus exact, la nécromancie n'est qu'un art parmi tant d'autres. Vous vous méprenez sur la lune vieil homme. Divinité, un terme utilisé pour calmer les simples d'esprits et les ignorants. Nandoriath, Elmenda, Les Oubliés, Hokmah, la lune, l'abysse, ce ne sont que des esprits s'étant élevés ou d'une puissance phénoménale. Ils n'ont pas de corps, liés à un plan d'existence bien précis ou un endroit clé de Rëvalïa, rien de plus. Comment expliquez vous que votre déesse si puissante ait été attaquée par trente pauvres mages ? L'immortalité n'existe pas. Il y a trois cent ans, on considérait les Morg comme des dieux, qu'en est il aujourd'hui ? Vous Fujiin, beaucoup pensent que vous êtes divin...alors que vous n'êtes qu'un vieillard fanatique ayant mis en danger de nombreuses espèces et même exterminé toute une race de dragons pour arriver à vos fins. Manque de chance, je suis toujours en vie. Mais que fait donc votre mère ?

- ASSEZ !

Je n'avais jamais entendu une voix aussi forte, effrayante et autoritaire. Jamais, pas même lorsque j'avais mis les pieds dans le plan lunaire, lorsque j'avais affronté la colère de Fujiin pour la première fois, jamais ma volonté n'avait faiblit. Le vieil homme, directeur de l'académie où nous nous trouvions, venait d'intervenir. D'un simple mouvement de la main, il avait empêché le sage des vents de m'approcher et m'avait fait reculer en même temps. J'imagine que le choc était partagé, vu que tout le monde semblait l'observer d'un air choqué, ainsi il n'était pas que passif ? Intéressant.

- Edwen, vous êtes là pour votre compréhension de Nandoriath, ainsi que parce que vous êtes la seule à pouvoir faire revenir un être à la vie. Vous avez une liste plus grande que cette académie de crimes, qu'ils soient divins ou mortels, n'aggravez pas votre cas. Fujiin, je vous avais dit de rester en retrait, ne laissez pas votre désir de revanche obscurcir votre esprit ! Les sages ne viennent pas pour une question d'orgueil, mais car leur seule présence provoquerait la colère de Nandoriath et vous mourrez tous à votre arrivée. Dans tous les cas, ils ont ordre de ne pas intervenir.

Souriant d'un air mauvais, je m'inclinais légèrement devant le vieil homme.

- Si tel est votre souhait Myrddin, qu'il en soit ainsi. Néanmoins, je suis d'accord avec votre professeur. Ayla Morg est une menace, je ne vous aide que pour pouvoir influer sur le cours des choses. Je ne suis en effet pas une innocente jeune femme, tout comme votre amie n'est pas une simple petite élève. La lune en a fait une arme, une vampire bien plus dangereuse que ceux de son espèce. Je vous offre le moyen de la récupérer, soyez juste prêt à en assumer les conséquences. Pensez-vous vraiment que le pouvoir de l'amitié suffira à la faire revenir dans le monde des licornes roses et des arc-en-ciel ? Votre Orochi a tenté de la tuer, il veut toujours le faire, vos garous voient surtout le prédateur, votre sage a détruit sa famille.

Laissant un petit moment de silence, je les regardais tous avec un sourire que je ne pouvais dissimuler, la vérité avait l'habitude de blesser.

- Voici la réalité, vous avez tous peur d'elle, de ce qu'elle pourrait devenir, peu importe vos liens ou votre passé. Pouvez-vous surmonter cela ? Et surtout, qu'est ce qui vous dit qu'elle ne succombera pas à sa haine ? Les vampires ne sont pas des anges, mais il y a une vérité dans le discours de la comtesse. Vous, les sages, serviteurs de la lune, avez détruit cette race, elle a été réduite en esclavage. Conclusion, Ayla est la dernière d'une lignée vitale pour les vampires, sa mort détruira toute cette espèce et elle vous hait. Si un seul de vous la retrouve à Nandoriath, sans pouvoir voir autre chose qu'une vampire, elle nous tuera tous. Méditez là dessus et je ferais revenir votre directeur dément d'entre les morts.

La boule de neige était lancée, j'étais curieuse de voir si elle créerait une avalanche...
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MessageSujet: Re: 1. Un plan suicidaire    Mar 17 Mai - 20:13

Il faisait beau dans le dortoir élémentaire de la terre. Après tout, c’était  souvent le cas, mais cet endroit appartenait majoritairement à la nature et il se pouvait d’avoir quelques pluies très légères. J’étais assis sur une branche de bois ayant la vague allure d’une chaise, les yeux fermés, écoutant le grand silence qui régnait ici, le sifflement du vent étant ma seule compagne en ces lieux. Le vent, ainsi que les croassements d’Aaron, qui volait tranquillement à basse altitude. Il était capable de faire facilement un grand boucan, mais aussi de se montrer discret et ça m’est arrivé plusieurs fois d’avoir eu envie de le faire retourner dans ma bague. Mais je ne me sentais pas à l’aise avec cette idée, c’était une créature avec qui je m’attachais, et le mettre dans une bague me semblait… un peu cruel. Presque tout le monde le faisait, mais ça ne correspondait pas assez à mon éthique.

Tout le monde était déjà en cours, même si la plupart d’entre eux étaient annulés. Les cours d’ombre, d’esprit, ceux de combat et de créature, mais au lieu de laisser des trous dans l’emploi du temps, l’administration de l’académie a préféré les rediriger vers d’autre classes pour le moment, le temps que les professeurs rentrent de la mission. Du moins, s’ils rentrent un jour... Et c’était également mon cas.

Du temps s’est écoulé depuis que le père d’Ayla a récupéré celle-ci devant tous, impuissant. Le destin ne semblait avoir rien d’autre à faire que de continuer d’étouffer celle d’entre nous qui en bavait le plus avec. A chaque fois que je l’avais vu, elle se retrouvait dans des états difficilement surmontable, à traverser des épreuves lourdes et pénibles, passant de la plus grande fragilité à la plus grande force en l’espace de quelque instants… Il y a encore quelques semaines, je n’aurais pas douté de son efficacité à pouvoir se sortir de toutes les situations possibles, mais cette fois-là, elle semblait totalement désarmée…défaitiste… Sans compter le fait que si Shitennô allait faire une équipe de sauvetage, c’était bien car elle allait être incapable de pouvoir s’en tirer d’elle-même.

C’est d’ailleurs en entendant parler d’une équipe de sauvetage que je me suis plongé dans un grand moment de réflexion. Je savais que des professeurs allaient être de la partie, ainsi que le fait que le professeur Bachiatari allait trouver d’autres alliés pour combattre, mais je me demandais ce que des personnes comme moi pouvaient apporter. J’étais encore jeune, et malgré mes capacités tout à fait honnêtes en matière de combat, il fallait que j’apprenne encore beaucoup de choses. Sans compter le fait que Nandoriath était un lieu que je ne connaissais pas, et je ne savais pas vraiment encore contre quoi on allait se battre. Je ne pouvais pas me lancer à l’aveuglette dans un affrontement comme ça. C’est pour ça qu’au milieu du mois, j’ai décidé d’en parler à Christyän.

Lui, était l’un des premiers individus à avoir accepté de participer au sauvetage d’Ayla. Cela ne m’étonnait pas trop, vu que depuis l’épisode de l’amulette, j’avais constaté que les deux formaient un bon duo. Et il était bien du genre à se dévouer pour ses amis, qu’il s’agissait de moi, ou Ayla, ou toute autre personne envers qui il avait un peu ou beaucoup de sympathie. Je pouvais partir du principe que c’était sa dévotion, plus que son bon sens qui l’avait poussé à accepter, mais je le savais plus intelligent que ça et je devais lui demander.
Selon lui, j’avais les capacités de pouvoir me battre, et si je tenais à Ayla, dans ce cas j’avais les bonnes raisons pour agir. Mais aussi que ça restait mon choix, et que si je ne me sentais pas prêt de pouvoir faire autant, je n’avais pas à me blâmer pour. Il n’avait pas tort, mais je n’ai pas pu lui donner une réponse immédiatement. J’ai attendu encore une bonne semaine, à peser les pour et les contre, à me demander si j’étais vraiment à la hauteur, et surtout si ma vie valait la peine d’être risquée pour ça.

Eh bien… Ce n’est pas comme si j’avais un but précis à avoir pour l’instant dans ma vie. Et personne en particulier ne comptait sur moi, je n’avais pas de famille qui demandait ma présence, quant aux amis… L’une des rares que j’avais était emprisonnée, et les autres allaient partir la sauver. Le choix était fait. Et ce, avec des raisons valables !

Je sifflais un bon coup pour attirer l’attention d’Aaron, qui stoppa son petit vol de routine pour faire un cercle dans les airs et se poser sur la table à côté de moi, ayant tenté un freinage un peu difficile. Mais il se redressa avant de tomber à la renverse et repris un air digne, nettoyant ses plumes avec son bec, l’air digne, comme si tout avait été parfait. M’arrachant un sourire, je me contentais de tapoter mon épaule de ma main pour qu’il arrive en petits sauts et s’accroche à mes côtés. Je commençais à avancer vers la sortie du dortoir. Comme toutes les fois où une nouvelle journée commençait, j’inspirais un grand coup. Parfois, j’avais l’impression que je gardais ma respiration pendant la journée entière et que je ne relâchais le souffle et la pression qu’en rentrant dans les dortoirs. Cette fois-ci, j’avais une meilleure raison d’évacuer mon stress. Meilleure qu’une simple journée de cours.

Je traversais l’entrée avec un pas décidé, avant de percuter quelqu’un à la sortie.

___________________________________________________________________________

-....Désolé

La mission de sauvetage commençait bien. A peine l’équipe était réunie que Léandra s’était déjà prise quelqu’un dans la figure. Elle n’était pourtant pas connue pour sa maladresse, du moins si on mettait de côté ses compétences magiques. Mais pour compenser cela, elle s’était bien préparée. Elle avait sorti un équipement de cuir qui appartenait à son mentor, Garret. Complet, protégeant le torse comme le dos, accompagné d’épaulières, de brassards et de jambières, elle était simple, permettait de bons mouvements et autorisait un minimum de défense. Ce n’était pas aussi résistant qu’une armure en fer ou en plate, mais elle n’avait que ça, et elle s’y sentait plus à l’aise. Bien sûr, il allait y avoir de la marche, et elle savait que le combat à Nandoriath n’allait pas être pour aujourd’hui, mais elle voulait tenter de s’habituer à son équipement. C’était le bon moment pour apprendre à gérer le poids d’une armure, même de cuir, sur elle et de marcher avec, d’apprendre à bien rester mobile avec. Côté équipement, elle n’avait pas une grande rangée d’arme avec elle. Elle savait utiliser un arc, mais surtout pour la chasse. Elle n’avait jamais reçu d’entraînement au combat à l’arc, et elle ne savait même pas si c’était différent de son activité, mais elle devait s’en contenter. Léandra savait qu’elle allait travailler dur tout le long du voyage pour être en parfaite forme physique lorsque le moment sera venu. Au cas où, elle apporta deux dagues de bonne qualité sur elle, une dans un fourreau sur sa hanche à droite, une autre cachée derrière son épaule gauche, rangée à côté de l’arc. Au cas où elle en venait à combattre à proximité, elle était préparée.

Elle bascula un peu après avoir bousculé le jeune homme, mais réussit à retrouver son équilibre. Elle pouvait s’autoriser ce moment peu gracieux : elle n’était pas en plein combat, aucune raison d’avoir pu prévoir que ça arrivait. Elle soupira en regardant l’élève, possédant un corbeau sur son épaule et provenant apparemment de la terre, vu qu’il venait de sortir des dortoirs de cet élément ci.

- Tu devrais être en cours, toi.

Elle ne connaissait pas du tout cet élève, qui n’avait jamais été présent à un seul de ses cours. Il ne devait pas être très intéressé, ça arrive. Le garçon craqua les os de ses épaules en s’étirant, son corbeau fixant le professeur avec un regard mauvais.

- Je n’ai pas cours aujourd’hui. Je suis occupé.

- Et quelles sont les raisons ?

- Participer à une mission suicide car je n’ai pas vraiment d’autres plans dans mon agenda.

Elle leva un sourcil. Il allait participer à la mission de secours ? Shitennô, bon sang…Elle avait beau respecter le célestin, elle désapprouvait totalement l’idée d’envoyer des élèves au massacre. C’était ça ce que l’académie devait faire ? Les professeurs ont la liberté d’engager leurs élèves pour des opérations dangereuses, sans que certains ne sachent se battre ? Il se cachait derrière le fait que ça n’impliquait pas l’académie, mais que c’était un objectif personnel et que tout le monde pouvait le rejoindre, mais c’était une idée tout à fait stupide. Mais elle ne s’est pas pris la peine de dire à quel point elle était outrée de ce choix. Shitennô ne semblait clairement pas le genre de personne prêt à céder face aux caprices des autres. Surtout lorsqu’il a un plan en tête. Et elle espérait de tout son cœur que ce plan n’incluait pas la mort d’un quelconque élève qui aurait été embarqué dans cette histoire.
Alors que le jeune homme reprenait son chemin, Léandra se posa devant lui en le regardant dans les yeux :

- Je te conseille de ne pas y participer. Va en cours. Vie une vie d’étudiant, de jeune, au lieu de t’impliquer dans des histoires aussi risquées.

Elle lui demanda cette chose, qui semblait être une injonction peu diplomatique. Mais elle l’avait dit avec douceur, on pouvait presque sentir dans son ton qu’elle disait en même temps « s’il te plaît ».

- Encore une fois, je n’ai rien d’autre à faire, répondit-il en haussant les épaules.

- Et c’est pour ça que tu y vas ? L’ennui ?

- Car j’ai mon propre intérêt. Rien à perdre, tout à gagner. J’ai des amis qui y vont, une amie à sauver.


- Ce n’est pas en te sacrifiant que tu vas aider tes amis. Si tu es en sécurité, ça rapportera plus de choses que si tu…


- Mourrais ?

Il finit la phrase de la professeure, qui fut légèrement surprise. Pas énormément, elle ne voulait juste pas dire le mot pour ne pas l’inquiéter. Mais celui-ci semblait n’en avoir rien à faire.

- Exactement. La mort de quelqu’un n’apporte rien. Et surtout lorsqu’il ne se montre pas efficace.

- Qui vous dit que je ne le suis pas ?

- Épate-moi.

- J'ai vaincu un dragon des glaces dans une arène. Je pense que je pourrais me débrouiller.

…Est-ce qu’il parlait de Shisui ?

Elle se rendit compte rapidement, non seulement de l’exagération qu’il faisait de son exploit (ce n’était pas un dragon adulte, mais bon, ça restait quand-même une bonne anecdote à raconter), mais qu’il s’agissait du champion au corps-à-corps d’Edälia. Ainsi que celui qui a fermé le puit abyssale. Francis Dowell, non ? Celui qui avait tué un de ses camarades… L’un des élèves de Léandra… pour pouvoir sauver la ville. On en parlait plus qu’il devait le réaliser. Elle resta silencieuse un instant, devant lui, sans savoir quoi dire.

- Vous pouvez me laisser passer maintenant ?

Léandra soupira et recula un peu, se posant devant le tigre garou pour marcher avec lui. Ils allaient dans la même direction après tout.

- Je ne peux pas dire que tu es dénué de moyens, mais ça reste quand-même un choix stupide.


- Stupide pour vous, censé pour moi. On a tous nos raisons. Vous avez vos raisons.

- J’y vais car je sais que je peux servir. Et aussi mon devoir envers mes élèves, une des miennes est en danger. Et je souhaite soutenir mes collègues dans l’entreprise, j’ai une grande confiance en eux.

- Vous voyez, on n’est pas si différent l’un de l’autre.

- Non. Plus que vous ne le pensez, garou,
conclut-elle en pressant le pas, ne voulant plus continuer cette conversation qui ne menait à rien. Il voulait se faire tuer, soit. Elle ne pouvait pas l’en empêcher. Tout ce qu’elle pouvait faire, c’était le garder en sécurité un maximum pour les prochains jours à venir.

___________________________________________________________________________

J’étais content de me dire que tous les professeurs n’étaient pas comme elle. On croirait une mère apeurée et trop protectrice. Même si j’étais sûr que dans d’autres conditions, peut-être que nous aurions pu nous entendre mieux.

Je vis rapidement les autres. Il y avait les professeurs d’ombre, d’esprit et de combat, ainsi que deux élèves, Lucien, que je ne connaissais que très peu, et Chrystiän, avec qui j’étais largement plus familier. Je soupirais en constatant la pauvreté de notre effectif. Je repensais sans le vouloir aux paroles de Léandra, qui commençaient à devenir mes inquiétudes, mais je secouais rapidement la tête pour me remettre sur les rails. Ce n’était pas le moment de baisser les bras.

- Je disais donc, voici ceux que j'ai pu "convaincre" de nous aider. Dame Kisaki Hisui, dirigeante de l'Ordre de Jade, Saien Menboku, chef de la Meute, ainsi que Mëlinoë, sa seconde et l'ancienne comtesse, Cyrilia Riley. Nous devrions également être rejoints par les...Ah les voilà.

Cette liste de nom, qui ne me disait absolument rien, se fit suivre par l’apparition d’une forme dans le ciel. Un dragon ? Effectivement, la bestiole se posa sur le sol et laissa se poser trois femmes avec lui. On passe son temps à parler de cette race aux représentants se comptant sur les doigts de la main, mais avec Shisui, Thaxyl, les dragons de sang de Nandoriath et maintenant celui-là, ça m’en faisais quatre. J’allais finir par croire qu’ils se disent « espèce rare » pour la frime. Je jetais rapidement un œil à la professeur de créature, à ma droite, qui fixait le dragon avec l’air d’une jeune enfant venant de découvrir un cadeau d’anniversaire.

- Les amis, laissez-moi vous présenter la baronne Elena Ditfrid, dirigeante et fondatrice des Répurgateurs. Leur activité principale est...


- La chasse aux monstres. Salut Shi', je ne peux pas vraiment dire que je suis ravie de te revoir, mais c'est un cas de force majeur.


Je haussais un sourcil en posant mes yeux sur cette femme, ne sachant qu’est-ce qui me surprenait le plus entre la manière avec laquelle elle parlait au professeur, ce bras fascinant, ou alors cette fleur qui se trouvait dans son orbite et qui me faisait demander si une gangrène ne se propageait pas à l’intérieur de son corps pour que de la végétation puisse en sortir. Ou alors c’était un cache-œil ?

- Assez de paroles !

- Et voici Caligo, seconde d'Elena, dhampire formée au combat par le roi dément en personne. Je crois que vous avez un vieux compte à régler avec lui.

- C'est le moins qu'on puisse dire.

Sa sœur avait clairement l’allure d’une guerrière. Voir ça me rassurait, d’une certaine manière. Plus il y avait de personnes de notre côté, mieux je me sentais. Et lorsque ces personnes avaient les habits de vrais combattant…

- Quant à moi, je suis Sif, ravie de vous rencontrer. Je suis la meilleure chasseuse de notre groupe, condamnée à "vivre" par la lune. Et j'ai pour mission de surveiller notre chère Caligo.

La dernière, elle, avait dû récupérer tout ce que les deux précédentes ont oublié pour se vêtir, car c’était clairement la seule à avoir trop d’équipement sur elle. Beaucoup. Et je devais avoué que j’étais assez fasciné par la plupart des choses qu’elle portait, notamment les sphères et les pioches. Je devais penser pendant le voyage à la voir et lui poser mes questions. En temps normal, l’asocial que j’étais serait resté silencieux et distant, mais avec le temps j’ai réussis à me décoincer un petit peu.

Derrière elle, le dragon bailla et commença à prendre une forme plus humaine… Jusqu’à devenir totalement humaine ! Attendez, Shisui n’était donc pas le seul à avoir cette capacité ? Voilà qui était surprenant. Moi qui passais mon temps à fréquenter des « exceptions », je ne pensais pas pouvoir rencontrer des personnes similaires à mes amis. J’espérais juste ne pas tomber sur une personne ressemblant trop à Ayla un jour. Je pense qu’elle se suffisait largement à elle-même.

- Enchantée ! Je m'appelle Fralis'mereth, mais vous pouvez m'appeler Fralis ou même Fra' ! Je suis la fille adoptive d'Elena, mais adoptive c'est dénigrant, donc je suis sa fille. Oh et je suis une dragonne de l'esprit, enchantée !

- Tu l'as déjà dit Fralis...

- Enchantée !

Elle serra ma patte, au même titre que tous mes voisins, sautillant comme une puce avec un large sourire arborant ses lèvres. En voilà une qui ne manquait pas de piquant. C’était assez agréable, parfois, de rencontrer des individus énergiques et positifs. Je pensais un peu à Myrrh en la voyant, même si cette dernière était une vache, non pas un dragon.

- Oh ! Un autre dragon ! Bonjour vous deux !

- Vous deux ? De qui tu parles ?


- Ben ces deux-là !

- Il y en a qu'un...

- Ah ! C'est car tu es aveugle, ils sont bien deux jte dis !


- Bref, bien que je déteste l'emmener dans des missions aussi risquées, je me suis dit qu'un dragon primordial, bien que jeune, ne pouvait pas être de trop vu nos adversaires.


Je ne pus m’empêcher de sourire, passant la réflexion sur le nombre de Shisui présent dans la salle. En voilà un qui va s’amuser avec elle. Connaissant le caractère du dragon-garou, j’avais hâte de voir le rapport entre cette énergie sur patte et ce petit froussard timide.

- Vu vos adversaires ? Vous êtes conscients que vous n'avez aucune chance n'est-ce pas ? Drake a beau être un fou, il contrôle Nandoriath. Vous n'y rentrerez jamais sans un Morg. Il ne s'agit pas juste d'un pays ou d'un royaume, mais d'un territoire vivant, changeant en permanence, où tout ce qui le foule est affecté par ses envies et désirs. Voilà pourquoi, nous autres vampires, ne pouvons revenir sur notre terre natale. Pas tant que votre amie, Ayla, n'aura repris le flambeau qui lui revient. Sauf que Drake ne nous laissera pas faire et que vous avez laissé Perséphone mourir il y a cent ans, ô brillants serviteurs de la lune. Je vois devant moi des enfants, sont-ils vraiment prêts à aller jusqu'au bout ? Ce voyage les changera à jamais, sans compter que tout le monde, dragon, célestin, vampire, humain, garou, peu importe...n'avons que de faibles chances de survie. Nandoriath n'apporte que la mort, à la moindre erreur, nous succomberons.

Je restais silencieux, écoutant les paroles de la rouquine. Elle avait loin d’avoir tort. A vrai dire, j’étais convaincu que beaucoup de personnes pensaient ça. Mais beaucoup devaient aussi se dire que ce n’était pas ses raisons qui allaient les empêcher de tenter leur chance. J’en faisais plus ou moins parti. Ne sentant pas la nécessité de parler, je continuais de regarder silencieusement la discussion.

- Je n'ai jamais dit que ce serait facile. Mais si chacun remplit sa fonction, nous l'emporterons. Quant aux "enfants", ne doutez pas de leur détermination. Mais vous avez raison, nous avons besoin d'un Morg et je sais parfaitement où en trouver.


- Elle est enfermée.

- C'est pourquoi nous devons trouver sa clé.

- Vous n'êtes pas sérieux.

- Nous devons faire revenir Revan.

Revan… J’avais entendu ce nom… Dans le labyrinthe ? J’eu un flash, l’image d’un individu imposant, armé de fils lumineux qui coupaient tout comme avec du beurre. On allait lui faire revenir ? Cet individu-là ? Je pris une mine apeurée en pensant à ça, me demandant en quoi ça semblait une bonne idée. Mais je ne le connaissais pas réellement, il devait bien y avoir des raisons, cependant je restais sur mes gardes en entendant ses paroles. Quelque instant après, le nobliau prit la parole, sortant un livre de sa poche.

- Madame la comtesse, je ne suis pas qu'un simple enfant. Pour mieux comprendre celle que nous devons sauver, je me suis renseigné sur vous en empruntant ce livre à la bibliothèque. Monsieur Bacchiatari, je n'irai pas en aveugle à Nandoriath, car je sais ce dont est capable Drake ; donnez-moi une page, je vous donnerai son contenu. Je pense qu'il est important que vous sachiez cela avant que vous n'établissiez un plan de bataille.
Nous autres enfants ici sommes des héros d'Edälis. Du moins, c'est mon cas et celui de M. Dowell : nous avons déjà bravé la mort pour Ayla, et M. Bacchiatari et dame Hisui connaissent le pouvoir que je peux solliciter contre mes ennemis - d'autres sauront ce qui a été infligé au héraut de l'abysse. J'ai confiance en toute personne qui a partagé la table d'Ayla M..., d'Ayla. Shisui est un dragon, nous l'avons vu au tournoi. Nous savons tous que si nous n'agissons pas, notre camarade sera perdue et le continent asservi, sinon détruit. Personne ne veut cela, et je fais confiance à mon professeur, même si les chances de sauver Ayla sont infimes.
J'ai cependant quelques questions : est-on sûr que les vampires et dhampires parmi nous ne se feront pas posséder par Drake ? Ne serait-il pas plus sage de demander aux sages qu'à Revan pour ce que vous voulez faire ? Nous pouvons sans doute en convaincre un, et nous avons vu ce dont il est capable, et vu leur rôle dans... l'affaire Morg, ils devraient bien savoir s'il y a des survivants.

Lorsqu’il mentionna mon nom, je poussais un soupire. Héros… C’était un grand mot, un trop grand mot, et je ne voulais pas remettre en cause le mérite de son titre, mais je pense qu’aucun de nous deux ne pouvait se faire appeler héros. Pendant que je me renfonçais un peu dans mes pensées obscures, je vis la comtesse Cyrilia donner une grande tarte au nobliau. Je reculais d’un pas, surpris par cette action.

- Si votre professeur tolère vos insultes, car vous n'êtes qu'un ignorant, sachez que ce n'est pas mon cas, comte. Vous demandez si nous sommes venus alors que nous pouvons être contrôlés ? Ridicule. Mon clan a réglé ce problème il y a bien longtemps, quant à Caligo, c'est un dhampire, ces derniers ne sont pas affectés, malgré ses liens avec le roi dément. Cela encore, je peux vous le pardonner, c'est justifié, mais demander l'avis des mages ayant détruits mon peuple, vous m'insultez, gravement. Selon nos lois, je devrais même vous défier en duel devant un tel affront. Cependant, nous sommes sur le territoire de l'académie, je respecterais donc vos usages, une chose que votre peuple n'a jamais faite. Vous dites traiter avec nous en égaux, mais vous ne faites que flatter les membres du Haut Conseil et parquer mes frères et sœurs dans un gouffre sordide, entouré des démons qui vous auraient déchiquetés si nous n'avions pas sacrifié nos vies pour vous protéger, nos plus grands ennemis. Et lorsque la révolte des miens gronde, vous agitez devant vous le pacte de non-agression pour vous sentir en sécurité. Après vous osez encore parler de diplomatie. Les sages ont créé le plus grand génocide et esclavage de l'histoire, alors non, je refuse d'entendre ne serait-ce que le son de leur voix. Voilà leur rôle dans l'affaire Morg. Vous ne connaissez rien de nos coutumes, de ce que nous respectons, chérissons, ni de nos lois. N'est-ce pas ainsi que l'on traite avec un autre peuple ? Il n'y a aucune diplomatie cher comte et le livre de Viktor ne vous aidera pas à Nandoriath, à part si vous avez suffisamment de force pour vous en servir comme arme.

Mes connaissances me firent défaut à ce moment-là. Je ne connaissais pas assez le monde des vampires pour savoir si ces dits étaient fondés ou non, mais je pouvais concevoir qu’elle n’avait pas tort. Les humains pouvaient être des individus particulièrement égoïstes, vicelards, opportunistes et traîtres, et malgré le fait que beaucoup d’entre les humains et les garous essayent de devenir des bonnes personnes, ce n’était pas assez pour donner une bonne image de ces deux races. Quant au livre… Je n’avais aucune idée de l’étendue des capacités et des moyens qu’il pouvait nous offrir. Peut-être pouvait-il être utile, peut-être que non…

- Nandoriath n'est pas un royaume, c'est un territoire mouvant, une terre obéissant à un esprit et à ses héritiers. Voilà pourquoi nous autres, vampires de sang pur, ne pouvons y retourner. Nandoriath est notre père et la lune notre mère, un père privé de ses enfants. Vous ne trouverez nulle entrée sans héritier de notre créateur, cet endroit est sur une carte, mais personne ne peut y pénétrer, excepté les Morg. Contournez-le, vous ne trouverez que des montagnes. Escaladez-les et vous marcherez sur des pierres plus tranchantes que vos lames. Volez et vous vous ferez dévorer par les fléaux de la reine. Téléportez-vous et vous finirez dans un gouffre sans fond. Nandoriath change en fonction de ceux qui foulent son sol et vous n'êtes pas les bienvenus.

Un magnifique endroit où passer ses vacances, en somme…

-Sans une Morg, vous ne pourrez pas y accéder. Notre reine est morte, son héritière enlevée, seule la princesse guerrière subsiste. Fujiin et les siens ont enfermés la puissante Victoria dans un cercueil, tel un vulgaire cadavre. Ils ont effacés ensuite l'emplacement de leur mémoire, afin de ne jamais la retrouver. La clé de cette prison se nomme Muramasa, seule elle sait où se trouve la princesse et comment la libérer...et elle n'obéit plus qu'à une seule et unique personne, Revan Meletya.
Les héros d'Edälis vous dites ? Je n'en vois qu'un, celui qui a eu le courage de tuer son ami, afin de sauver des milliers. Notre reine s'est sacrifiée pour vous permettre de sauver une ville humaine, prenant le contrôle du corps de son enfant qu'elle voulait garder cachée. Je doute que l'inverse se soit produit héros. Méditez là-dessus, peut-être qu'après, nous pourrons enfin commencer à sauver la princesse avant qu'elle ne se suicide.

Lorsqu’elle mentionna les « exploits » des « héros », je relevais la tête. Mes yeux se posèrent sur la comtesse, et sans que je ne remarque vraiment ce que je faisais, mes lèvres se mirent à bouger :

-Oh, il faut faire ça pour devenir un héros ? Tuer des gens qui nous font confiance ? Trahir les alliés et sacrifier des innocents pour la justice et la paix ? On va aller loin avec tous les héros de notre monde si on se fie à vos stupides définitions !


Les paroles étaient autant adressées à Cyrilia qu’à Lucien. Je m’en foutais si elle était une grande comtesse respecté, ou un jeune noble éduqué, ni du fait qu’ils étaient mes alliés. Ma réponse avait pris une tournure assez agressive, avec une bonne touche de sarcasme dans mon ton, et peu importe qui ils étaient, je ne voulais plus entendre parler de héros. En venant ici, j’espérais qu’on puisse avancer sur notre mission, mais s’ils se mettaient à expliquer qui étaient digne de quoi, je doutais de rester calme très longtemps. Sans attendre mon dû, sans culpabilité non plus, je soupirais et décidais de me retirer un peu plus loin. Si elle devait me baffer à mon tour, elle n’avait qu’à aller me chercher. Je m’approchais vers un banc du hall d’entrée, décidant qu’il serait peut-être mieux pour moi de juste me taire, écouter en silence et ne pas participer au débat.
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Innen
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MessageSujet: Re: 1. Un plan suicidaire    Lun 6 Juin - 12:05

La colère aurait du s'emparer de son être, pourtant le célestin ne comprenait que trop bien les paroles de chacun des membres de ce groupe improbable. Le doute mettait en péril son plan et tout ce qu'il désirait construire, c'était compréhensible, bien que nuisible. Il était le leader de cette coalition, cela ne voulait pas dire que donner des ordres, mais aussi comprendre, motiver, inspirer et parfois même trancher.

- Vous avez raison, mais là n'est pas la question.

Une simple phrase, pourtant, le silence régna immédiatement dans la salle, il était temps de faire tomber les masques. Sortant un sablier de sa poche, le célestin regarda le sable couler avec un air plus que fatigué, perdant d'un seul coup ce côté si énergique qui le caractérisait, inquiétant Myrddin. Dans le haut du sablier, du sable blanc, presque lumineux, s'écoulait lentement, tandis que le sable du bas était totalement noir. Ce dernier était presque omniprésent, il ne devait rester peut être que dix pour cent de sable blanc sur la totalité du sablier. Il était impossible de savoir ce que représentait cet objet, mais le directeur semblait souffrir rien qu'en le regardant.

Rangeant l'objet brutalement, le professeur eut soudainement un regard on ne peut plus sévère, sérieux et clairement déterminé.

- Nous pouvons spéculer pendant des jours. Oui Ayla est une vampire, oui nous avons peur de ses capacités et oui nous sommes en guerre contre un ennemi qui n'a aucune morale. Ce n'est pas pour autant que nous ferons des sacrifices, au delà de comment nous devons nous battre, il faut savoir surtout pourquoi. Il peut y avoir un millier de possibilités, mais une seule chose est certaine, ni Ayla, ni moi, n'avons du temps à disposition.

Sans laisser le temps de répondre aux différentes personnes présentes dans le hall, Shitennô pointa la porte du doigt.

- Nandoriath peut vous tuer, tous, moi y compris. Il s'agit de l'un des endroits les plus dangereux et les plus puissants de Rëvalïa. Je ne vous forcerai pas à y aller, si vous êtes contre cette idée, si vous ne voyez qu'une vampire dangereuse ou assoiffée de sang, partez, je ne vous retiendrai pas. J'ai connue la mère d'Ayla, elle fut mon maître autrefois, elle a tentée de rétablir l'équilibre qui fut brisé par les sages. J'ai juré de veiller sur sa fille et de la protéger, c'est ce que je ferais. Et même si ce n'était pas le cas, Ayla Morg, Von Carline ou peu importe ses identités passées est une élève de cette académie ! J'ai aidé Myrddin a créer cette dernière et il s'agit bien plus que quelques pierres. La peur de ce qu'un pouvoir pourrait faire au point de vouloir tuer afin d'éviter tout risque, cette idée à créer la chasse aux sorcières et tué des milliers de mages. Être professeur, ce n'est pas que donner quelques formules et sortilèges, c'est s'assurer que nos élèves soient parés pour affronter ce monde et surtout, leur donner le moyen de changer ce dernier. C'est l'esprit de cette académie.

Myrddin cessa de s'inquiéter, se souvenant de la création de cet établissement, des recrutements des différents professeurs, de leur volonté de sauver les élèves de l'abysse, de faire en sorte que les mages soient un jour considérés autrement que comme des menaces potentielles.

- Pour en revenir au sacrifice, je ne laisserai personne derrière, même si cela vous semble surréaliste. Les chances de réussir sont faibles, mais si tout le monde joue son rôle, on s'en sortira. Et ne tentez pas de m'apprendre ce que cette notion signifie, je la connais, croyez moi. Personne ne serait sorti de l'abysse si je n'avais pas sacrifié cet œil, ainsi que mon espérance de vie. Et je suppose que je n'ai pas besoin de rappeler l'événement du labyrinthe. Le sacrifice est parfois nécessaire et si il le faut, je le ferais, j'ai vécu pendant cent cinquante ans, ces jeunes gens ont la vie devant eux et la capacité de changer le monde. Seulement, je refuse de voir leur vie réduite à néant, suis je bien clair ? Mais si cela ne vous satisfait pas Raksha, nous pouvons régler la chose autrement.

Sortant sa lame de sa canne épée, il la pointa en direction de l'Orochi. Faisant craquer sa nuque, il cracha une petite quantité de sang sur le sol, puis posa sa main sur son cœur. Il sembla ensuite faire un certain mouvement, dans un ordre précis, avec ses doigts, tandis qu'une sorte de déclic se fit entendre sous son habit. Au même instant, un énorme fracas se fit entendre, suivit d'un phénomène qu'aucun des élèves ou professeurs n'avait eu l'occasion d'assister. La porte se ferma, les lumières du bâtiment s'éteignirent, tandis qu'une énorme masse, semblable à une vague, voir un raz de marrée d'obscurité se jetait sur le professeur d'ombre. Cette obscurité semblait l'entourer, tandis que Myrddin et Lucien sentaient leur propre élément aspirés vers Shitennô. Pour la première fois, le professeur jovial, chapelier fou sur les bords, comique et souvent affaiblis par ses capacités, se présentait comme réellement dangereux. Personne ne savait ce qu'il pouvait faire, mais il était certain qu'il ne plaisantait pas.

- Shitennô, vous avez aspiré...

Sans même regarder le directeur, le professeur répondit par l'affirmative, son regard toujours concentré sur Raksha.

- Il n'y a plus la moindre énergie élémentaire dans Magnae Tenebrae en effet. Comme je l'ai dit, j'ai juré de veiller sur Ayla, si il me faut me battre, risquer de mourir ou prendre votre vie, je le ferais. Il n'y aura ni honneur, ni hésitation, j'userai de tous mes pouvoirs et connaissances contre vous Raksha. Le choix vous appartient, ne croyez pas que mon état de santé diminuera mes facultés.

Ouvrant grand les yeux, le directeur se prépara à réagir en lançant un sortilège, mais la main d'Elena Ditfrid stoppa directement son geste. Shitennô ne désirait pas tuer Raksha, mais pensait que ce n'était qu'ainsi qu'il comprendrait le célestin. Si l'orochi ou son adversaire venaient à être vraiment en danger, il interviendrait, mais il devait laisser ces deux êtres se comprendre. Parfois, des guerriers ne peuvent se connaître qu'en se combattant...
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MessageSujet: Re: 1. Un plan suicidaire    Mar 7 Juin - 20:33

L'audience s'écarta autour des deux protagonistes pour former un cercle. Pendant ce temps, le regard de l'orochi se faisait dur. Comment cet homme pouvait être le leader de cette assemblée et tenir de tels propos ? Comment après cent cinquante ans pouvait on raisonner de cette manière ? Une incroyable naïveté ou simplement de la stupidité ? La stupidité ne collait pas au personnage, cependant, le professeur de combat était étonné par une telle ... ignorance du fonctionnement du monde. Fixant la canne épée de son adversaire puis regardant droit dans les yeux ce dernier, Raksha ouvrit la bouche.

- Je ne vous affronterai pas en duel Shitennô. La première raison est simple. Nous savons tout deux que si vous n'aviez pas l'usage de la magie, en moins de quelques secondes, vous ne seriez qu'une flaque rouge informe tachant le sol de cette salle. Hors, dans les conditions actuelles, je suis certain de perdre. A quoi bon mener un combat alors qu'il n'est pas équitable, peu importe les conditions. Aussi, ma défaite ne ferait que vous conforter dans l'idée que vous avez raison. Ce combat n'a donc aucun intérêt, ni pour vous, ni pour moi. De plus, je n'ai aucunement l'intention de vous tuer, et tant que vous respirez, vous n'en démordrez pas.  

Tandis qu'il se déplaçait dans la salle, un silence de mort suivait le serpentement du vétéran de la guerre des éléments. Arrivant enfin au niveau de son interlocuteur et coinçant la lame de la canne entre son pouce et son index, il repoussa cette dernière sur le côté et approcha son visage de celui du célestin.

- La seconde raison c'est qu'au moment même où vous avez dégainé cette épée, vous avez perdu.


Fixant toujours son collègue droit dans les yeux, il continua.

- Je vais clarifier mes propos. Prendre les armes en plein milieu d'une discussion d'éthique et de moralité n'a fait que mettre en évidence le peu de fondements sur lesquels repose l'ensemble de vos convictions. Là où je parlais d'expériences et de logique, avec lesquels vous êtes peut être en désaccord mais restant toutefois de la logique, que m'apportez vous ? Une promesse. Des mots, autant dire du vent, prononcés à une morte qui plus est. Vous laisseriez exister la chance potentielle de la mort de l'ensemble des individus sur ce continent pour ça et je ne suis celui qui n'est pas raisonnable. Et ne parlez pas de sacrifices comme si vous saviez ce que c'est. Se sacrifier, voilà qui est une chose aisée. Etre obliger de sacrifier un ami, un amant, un parent et continuer à vivre avec leur sang sur les mains, voilà qui l'est moins.
Soyons clair cependant, je vous suis sur le fait que notre responsabilité est de former nos élèves afin de les parer pour faire face au monde. Mais ce n'est pas en les farcissant de foutaises comme vous le faites actuellement que l'on réussira. Vous ne voulez pas voir leurs vies réduites à néant, alors pourquoi vouloir les impliquer ? Ils ne sont clairement pas prêts.  
Pour ce qui est du statut d'élève d'Ayla, nous savons tout deux qu'elle n'a d'élève que le titre et que sa venue ici n'est qu'une affaire de politique. Mais admettons qu'elle soit juste une élève comme les autres et non pas une dangereuse arme de mort, cela veut dire que vous avez échoué à tenir votre promesse et à agir en tant que professeur, ce qui est notre cas à tous. Je veux que vous m'apportiez quelque chose qui me fera changer d'avis, autre qu'une vague histoire de promesse.


Se tournant vers le reste de l'assemblée.

- N'hésitez pas à intervenir, nous sommes tous là pour échanger, même si mon collègue ici présent semble l'avoir oublier.
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Myrddin
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MessageSujet: Re: 1. Un plan suicidaire    Jeu 16 Juin - 19:09

Le temps passait, il défilait, Raksha transformait cela en débat et Shitennô semblait perdre la tête à cause du temps qui lui restait à vivre. Myrddin désirait faire quelque chose, mais il ne trouvait que la faiblesse de sa situation politique, l'académie ne pouvait prendre parti, du moins pas lui en tant que directeur.

Il est temps.

Sursautant, le vieil homme ne s'attendait pas à entendre sa voix, elle n'avait plus montré le moindre intérêt pour les mortels depuis la construction des temples élémentaires. Pourquoi maintenant ? Certes elle parlait avec Ayla mais...

- Ayla...c'est pour ça.

Sans avoir le temps de réagir, le directeur fut entouré d'un immense pentacle lumineux, faisant léviter son corps, tandis que l'énergie lunaire présente dans les pierres de l'académie semblaient comme aspirer par son corps, créant une lumière devant très rapidement insoutenable. S'accumulant dans une immense colonne d'énergie lunaire, le directeur semblait totalement avoir disparu, laissant sa place à quelque chose de bien plus puissant, une personne qu'aucun être n'avait vraiment eu la chance de voir en chair et en os. La lumière explosa et le vieil homme fut remplacé pas une étrange femme.

Cheveux blancs, peau tout aussi pâle, possédant une immense balafre sur son seul œil ouvert, comme si elle avait été mutilée, tandis que ce dernier semblait comme hypnotiser l'assemblée. Blanc comme un œil d'aveugle à l'origine, il s'avéra qu'en se concentrant un minimum, cela ressemblait plus à une pleine lune qu'à un véritable œil humain. Elle était à la fois terriblement belle et possédait quelque chose de véritablement effrayant, sa simple présence était intimidante, laissant penser qu'un battement de cil pourrait réduire toute l'académie en poussière. Elle était habillée d'une robe bleue nuit, sans le moindre artifice, tout comme ne possédant pas non plus une seule couture, comme si cet habit faisait office de seconde peau. Aucun bijou, aucun autre habit, marchant pied nu sur le sol, qui se couvrait peu à peu d'étranges fleurs bleutées. Ces dernières semblaient comme irradiées de magie lunaire, pourtant elle ne possédait pas la caractéristique provoquant le malaise habituel lié à cette magie.

Observant la salle, elle bougea la main dans les airs, provoquant un étrange effet, comme si elle venait de toucher une flaque d'eau, créant une multitude d'ondes autours des individus présents dans le hall. Lorsqu'elle ouvrit la bouche, une multitude de voix surgirent de toutes les directions, comme si elle était à la fois sous cette forme physique et partout à la fois.

- Rëvalïa, cela faisait longtemps, ce plan est si...limité.


Arrivant en courant, les sages des éléments se stoppèrent net devant l'inconnue, Fujiin lâchant son arme sous le choc et s'agenouilla en baissant la tête immédiatement après, suivit des autres sages. Souriant, l'étrange femme se rapprocha du sage des vents et glissa sa main sur son masque, comme si elle semblait lui caresser la joue. Elle toucha ensuite la tête de tous les sages, comme si elle les découvraient pour la première fois.

- Fujiin, Mephiles, Namii, Arda, Ysun et Ignis...

Se tournant vers cette assemblée, tandis que les sages gardèrent leurs positions, elle regarda tout particulièrement Edwen, son regard presque maternel devenant terrifiant, rempli d'une colère incontrôlable. Sans le moindre geste, la nécromancienne fut éjectée contre un mur, qui semblait à son tour aspiré dans une sorte de vortex. La wendigo fut bloquée entre les deux, grimaçant de douleur, puis retomba sur le sol. Le mur quant à lui, se reconstitua, comme si le temps remontait. Un simple aperçu de ce que le futur lui réservait.

- Vous êtes née mille ans trop tard pour pouvoir arriver à me tuer Wendigo, mais je ne suis pas là pour vous.

Se dirigeant vers l'assemblée, elle fit enfin les présentations.

- J'ai porté bien des noms, la mère de toute chose, la déesse, vous me connaissez sous le nom de lune, même si je préfère l'elfique, beaucoup plus adapté et plus beau : Isil. Je suis ici par l'intermédiaire de Myrddin, mais je ne dispose que de quelques minutes, mon avatar n'est pas encore prêt. Procédons par ordre.


S'approchant du professeur de contrôle et d'ombre, elle lui fit ranger son arme et chassa les ombres qui l'entourait d'un simple geste du doigt. D'un mouvement rapide, elle arracha le haut de l'habillement du célestin, dévoilant un torse ravagé par l'habituel liquide noir qui se trouvait jadis sur sa main.

- La douleur vous fait oublier votre bon sens, vous êtes mourant, mais un suicide collectif ne la ramènera pas.

Posant sa main sur son torse avec une certaine douceur, elle arracha le liquide noir, comme si il s'agissait d'une seconde peau et le jeta avec violence au sol. Un autrement mouvement de sa main créa un rayon lumineux qui transforma le liquide abyssal en une simple fumée, sans avoir même eu le temps de pousser ses habituels hurlement qui terrifiaient les élèves de l'académie. Le professeur était maigre, comme dévoré par un parasite, ce qui expliquait pourquoi il n'avait fait que bluffer au final contre son collègue spécialisé en combat. Dans un sourire, la divinité posa ses lèvres sur son front, tandis que son corps se régénéra à une vitesse encore plus impressionnante que la vampire qu'il désirait tant sauver. Retirant ses lèvres, elle lui tendit son habit, étrangement en parfait état, puis lui parla avec un air particulièrement autoritaire.

- Votre corps va bien, mais je vous laisse deux jours de vie. Ramenez là moi Shitennô et vous aurez la vie sauve. J'envisagerai même de libérer votre peuple de sa malédiction.

Elle se tourna ensuite vers Raksha, il était temps qu'elle mette les choses au clair avec cet être, dans tous les cas, elle ne tolérerait pas qu'on empêche le sauvetage de sa vampire.

- Que savez vous du monde Orochi ? Vous parlez d'Ayla comme d'une arme et il est vrai, vous êtes tous des armes. Votre magie, vos connaissances, votre force, votre intelligence, tout ceci peut être utilisé comme une arme. Combien de vies avez vous pris dans cette guerre insensée Raksha ? Vous souvenez vous de leurs visages ? Jadis, je voulais punir les acteurs de ce combat inutile, mais je vous ai laissé une seconde chance, à tous. Vous n'êtes en vie que parce que j'ai refusé de vous réduire en cendre.

Lui tournant le dos, elle se dirigea vers la comtesse Riley, cette dernière tremblant sans pouvoir s'arrêter, une telle rencontre laisserait forcément des traces.

- J'ai créé les vampires avec l'âme de Nandoriath pour une raison, neutraliser les menaces que vous autres ne saurez gérer. Tuez Ayla et les vampires s'éteindront, d'ici une dizaine d'années, les démons reviendront sur Rëvalïa et vous serez exterminés, tous. Sans la force des vampires, la sagesse des elfes et le nombre des humains, ce monde sera détruit.

Faisant face à l'assemblée, elle matérialisa de nombreuses images, toujours dans cet effet d'ondes dans l'eau, comme si elle déformait la réalité. La première série représentait Ayla dans un bassin rempli de sang, ne respirant plus, puis les comtes et Drake succombèrent, les uns après les autres, avant de montrer la mort en accéléré de tous les vampires de ce monde. D'immenses portails de flammes se créèrent et une horde innombrable de démons en surgirent, détruisant les habitations, brulant les forêts, dévorant des enfants, démembrant des femmes, torturant les vieillards et arrachant le cœur des hommes. Petit à petit, ils se virent également eux, combattant ensemble une étrange femme aux cheveux blonds, les yeux rouges, résistant encore et encore à leurs attaques combinées. Elle finit par couper en deux les plus grands héros de Rëvalïa avec un mouvement de la main.

- Ne sauvez pas Ayla, certains penseront à elle et par amitié ou par amour, elle se suicidera, afin de ne pas vous faire de mal. Les vampires s'éteindront et les démons envahiront votre monde. Vous finirez par vous unir contre le prince de la colère et vous périrez de sa main. Tous.

La série suivante fut Drake présentant un jeune homme à Ayla, qui finit par craquer et planta ses crocs dans sa chair, le vidant de son sang. Elle attaqua ensuite Edälis et massacra toute la ville en une nuit, avant de se faire attaquer par les elfes par la suite. Entourés des cadavres des vampires, des elfes et des humains, Ayla Morg et Athial Thanil s'effondrèrent, avant que la même vision sur les démons ne refasse son grand retour.

- Ayez peur d'elle ou tentez de la tuer, elle se fera corrompre par son père et voudra venger les siens des autres races. Elle exterminera les humains et les elfes devront intervenir. Au final, les deux races se détruiront et les démons feront également leur arrivée.

La dernière série présenta le groupe en question, accompagné d'une vampire aux cheveux rouges et un jeune homme aux cheveux noirs combattant avec de longs fils. Tandis que professeurs et "héros" affrontaient les dragons et comtes, les étudiants pénètrent dans le château, parlant à ce qui ressemblait à Perséphone et enfin trouvèrent le bassin de la première vision. Christyän sortit le corps à moitié mort de la vampire, qui finit par se réveiller en pleurs, avant d'affronter son père et de lui arracher le cœur, à côté du cadavre de Viktor von Carline. Vint après une immense assemblée, voyant Athial et Ayla se serrer la main dans un immense sourire. Les portails se créèrent, mais elfes, humains, vampires et même garous attendaient de pieds fermes les différents démons. Ayla terrassa la démone aux cheveux blonds, avant de tomber de fatigue, rattrapée par les différents étudiants présents dans le hall.

- Sauvez là, considérez là pour ce qu'elle est et elle combattra son père, mettant enfin fin à sa folie. Elle sera couronnée reine et créera le tout premier conseil entre les elfes, les hommes et les vampires, avec pour médiateurs des garous. Ensemble, vous serez de taille contre les démons, qui fuiront à la mort de leur prince le plus redoutable.

Mettant les trois visions en même temps, elle les laissa les observer encore une dernière fois.

- Ces trois possibilités sont votre avenir et celui d'Ayla Morg, à vous de choisir le bon.

Elle fit disparaître les images, sentant que son temps arrivait gentiment à terme.

- Pour combattre l'abysse, j'ai transformée Ayla, ce qui a engendré une augmentation violente de ses pulsions et a renforcé son lien avec l'esprit de Nandoriath. Elle vous a considéré comme des proies, Lucien et Christyän pourront le confirmer, pourtant elle s'est isolée, pour vous protéger. Elle arrivera à contrôler ses pouvoirs et sa faim, mais vous devrez croire en elle. Mes sages ne peuvent vous suivre sans déclencher une réaction brutale de Nandoriath. C'est à vous de le faire. Vous vous demandez si vous pouvez y arriver ? Vous le savez très bien, cette question n'est qu'une perte de temps. Ce n'est pas ce que vous pouvez, mais ce que vous devez faire. Ramenez là.

Elle retourna à l'endroit où se trouvait encore le pentacle, puis adressa un dernier regard à Fujiin.

- Si vous ne désirez pas participer, ne le faites pas. Si quelqu'un tente d'empêcher cette mission, tuez le Fujiin.

La même scène qu'au début se reproduisit, échangeant la mère de toute chose avec le corps du directeur, tandis que les fleurs bleutées fanèrent peu à peu. Le vieil homme fit apparaitre une chaise et s'assoupit, vidé de toute son énergie. Le reste ne dépendait plus de lui. Fujiin, lui, regardait l'assemblée en soupirant.
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MessageSujet: Re: 1. Un plan suicidaire    Sam 2 Juil - 20:18

- Vous avez raison, mais là n'est pas la question.


Léandra fronça les sourcils en entendant la phrase du célestin. Tout le monde se tut en attendant un développement de ce qu’il venait de dire. Mais il ne continua pas sa phrase, du moins pas immédiatement. Au lieu de cela, il sortit un sablier, d’un air las un sablier. Blanc sur le dessus, les grains devenant noirs une fois arrivées dans la partie basse du sablier. Ce n’était clairement pas un sablier ordinaire, et bien que ce professeur se promenait avec des tasses et des gâteaux dans les poches, elle se disait que cet objet n’était pas là par pur hasard et qu’il avait son importance. Elle se disait aussi spontanément que ce temps qui coulait entre ses doigts devait être lié au sien, ou alors à Ayla, même si ce pouvait être en rapport avec autre chose, tant que c’était lié à la situation. Mais il le rangea vite, et il passa de l’homme fantaisiste à l’homme grave, celui qui en a fini de perdre du temps pour rien. Voir Shitennô comme ça inquiétait bien la jeune femme.

- Nous pouvons spéculer pendant des jours. Oui Ayla est une vampire, oui nous avons peur de ses capacités et oui nous sommes en guerre contre un ennemi qui n'a aucune morale. Ce n'est pas pour autant que nous ferons des sacrifices, au-delà de comment nous devons nous battre, il faut savoir surtout pourquoi. Il peut y avoir un millier de possibilités, mais une seule chose est certaine, ni Ayla, ni moi, n'avons du temps à disposition. Nandoriath peut vous tuer, tous, moi y compris. Il s'agit de l'un des endroits les plus dangereux et les plus puissants de Rëvalïa. Je ne vous forcerai pas à y aller, si vous êtes contre cette idée, si vous ne voyez qu'une vampire dangereuse ou assoiffée de sang, partez, je ne vous retiendrai pas. J'ai connu la mère d'Ayla, elle fut mon maître autrefois, elle a tenté de rétablir l'équilibre qui fut brisé par les sages. J'ai juré de veiller sur sa fille et de la protéger, c'est ce que je ferais. Et même si ce n'était pas le cas, Ayla Morg, Von Carline ou peu importe ses identités passées est une élève de cette académie ! J'ai aidé Myrddin a créer cette dernière et il s'agit bien plus que quelques pierres. La peur de ce qu'un pouvoir pourrait faire au point de vouloir tuer afin d'éviter tout risque, cette idée à créer la chasse aux sorcières et tué des milliers de mages. Être professeur, ce n'est pas que donner quelques formules et sortilèges, c'est s'assurer que nos élèves soient parés pour affronter ce monde et surtout, leur donner le moyen de changer ce dernier. C'est l'esprit de cette académie. Pour en revenir au sacrifice, je ne laisserai personne derrière, même si cela vous semble surréaliste. Les chances de réussir sont faibles, mais si tout le monde joue son rôle, on s'en sortira. Et ne tentez pas de m'apprendre ce que cette notion signifie, je la connais, croyez-moi. Personne ne serait sorti de l'abysse si je n'avais pas sacrifié cet œil, ainsi que mon espérance de vie. Et je suppose que je n'ai pas besoin de rappeler l'événement du labyrinthe. Le sacrifice est parfois nécessaire et s’il le faut, je le ferais, j'ai vécu pendant cent cinquante ans, ces jeunes gens ont la vie devant eux et la capacité de changer le monde. Seulement, je refuse de voir leur vie réduite à néant, suis-je bien clair ? Mais si cela ne vous satisfait pas Raksha, nous pouvons régler la chose autrement.

Tout ceci fut une réponse aux précédentes paroles de Raksha. Celui-ci semblait contre l’idée de sauver Ayla, qu’il considérait comme une trop grande menace, et que l’éliminer était la meilleure solution. Evidemment, Shitennô n’était pas du tout de cet avis. Je décelais cependant une certaine faille dans le discours que venait de faire le professeur d’ombre. Il parlait d’engagement, de devoir, mais pas de réponses directes aux inquiétudes de Raksha. Il confirmait même ce qu’il disait, qu’Ayla était dangereuse. Léandra ne s’attendait pas à ce que ces arguments puissent convaincre le professeur de combat, le genre d’individu qui semblait préférer les raisons concrètes aux raisons sentimentales. Et c’était justement l’opposition entre cœur et tête que la jeune femme avait l’impression de voir devant ses yeux. Elle ne pouvait pas vraiment prendre le parti de l’un d’eux, car elle comprenait chacun leur point de vue : pouvait-elle reprocher à Shitennô de vouloir sauver son élève, et fille de son mentor, de vouloir offrir le peu de temps qui lui restait pour sauver une vie qui lui était chère ? Non. De même qu’elle ne pouvait en vouloir à Raksha pour ne pas se ruer dans une bataille dont il ne trouvait aucune raison d’y participer. Car il tentait de raisonner et de trouver la meilleure solution, au-delà de l’affection.

Léandra se demandait qu’est-ce qu’elle aurait choisie si Sara était dans la position d’Ayla. Si sa sœur devenait une force capable de causer de nombreux dégâts, et si cette dernière devait être éliminée pour ne rien risquer ou sauvée en risquant justement une catastrophe éventuelle. Mais aucune des solutions ne lui semblerait juste, ou bonne. Au fond, elle était silencieusement ravie de savoir qu’Ayla était plus ou moins une inconnue pour la jeune femme : l’issue de cette histoire ne la toucherait pas autant que si elle avait été une grande amie de la vampire.

Tu t’entends penser ? Dire que tu serais indifférente à la mort d’une personne car elle ne signifie rien pour toi ? petite idiote, tu n’es pas un être cruel.

Léandre soupira un instant, avant de relever la tête en voyant Shitennô s’animer. Il sortit une épée de sa canne (ce qu’elle trouvait vachement classe), puis se suivirent une série de gestes et de bruits qui troublèrent la professeure de créature. La porte se claque, la salle sombre dans le noir, avant que soudainement, tout ce noir se concentre autour du célestin, qui perdit son visage Jovial pour le remplacer par celui d’un visage sérieux. Un visage qui inquiéta sérieusement Léandra : quand une personne aussi fantaisiste et souriante arbore des traits aussi graves, c’est que la situation allait vite tourner de façon sinistre…

-Il n'y a plus la moindre énergie élémentaire dans Magnae Tenebrae en effet. Comme je l'ai dit, j'ai juré de veiller sur Ayla, s’il me faut me battre, risquer de mourir ou prendre votre vie, je le ferais. Il n'y aura ni honneur, ni hésitation, j'userai de tous mes pouvoirs et connaissances contre vous Raksha. Le choix vous appartient, ne croyez pas que mon état de santé diminuera mes facultés


-Je ne vous affronterai pas en duel Shitennô. La première raison est simple. Nous savons tous deux que si vous n'aviez pas l'usage de la magie, en moins de quelques secondes, vous ne seriez qu'une flaque rouge informe tachant le sol de cette salle. Hors, dans les conditions actuelles, je suis certain de perdre. A quoi bon mener un combat alors qu'il n'est pas équitable, peu importe les conditions. Aussi, ma défaite ne ferait que vous conforter dans l'idée que vous avez raison. Ce combat n'a donc aucun intérêt, ni pour vous, ni pour moi. De plus, je n'ai aucunement l'intention de vous tuer, et tant que vous respirez, vous n'en démordrez pas. La seconde raison c'est qu'au moment même où vous avez dégainé cette épée, vous avez perdu. Je vais clarifier mes propos. Prendre les armes en plein milieu d'une discussion d'éthique et de moralité n'a fait que mettre en évidence le peu de fondements sur lesquels repose l'ensemble de vos convictions. Là où je parlais d'expériences et de logique, avec lesquels vous êtes peut-être en désaccord mais restant toutefois de la logique, que m'apportez-vous ? Une promesse. Des mots, autant dire du vent, prononcés à une morte qui plus est. Vous laisseriez exister la chance potentielle de la mort de l'ensemble des individus sur ce continent pour ça et je ne suis celui qui n'est pas raisonnable. Et ne parlez pas de sacrifices comme si vous saviez ce que c'est. Se sacrifier, voilà qui est une chose aisée. Etre obliger de sacrifier un ami, un amant, un parent et continuer à vivre avec leur sang sur les mains, voilà qui l'est moins. Soyons clair cependant, je vous suis sur le fait que notre responsabilité est de former nos élèves afin de les parer pour faire face au monde. Mais ce n'est pas en les farcissant de foutaises comme vous le faites actuellement que l'on réussira. Vous ne voulez pas voir leurs vies réduites à néant, alors pourquoi vouloir les impliquer ? Ils ne sont clairement pas prêts. Pour ce qui est du statut d'élève d'Ayla, nous savons tous deux qu'elle n'a d'élève que le titre et que sa venue ici n'est qu'une affaire de politique. Mais admettons qu'elle soit juste une élève comme les autres et non pas une dangereuse arme de mort, cela veut dire que vous avez échoué à tenir votre promesse et à agir en tant que professeur, ce qui est notre cas à tous. Je veux que vous m'apportiez quelque chose qui me fera changer d'avis, autre qu'une vague histoire de promesse. N'hésitez pas à intervenir, nous sommes tous là pour échanger, même si mon collègue ici présent semble l'avoir oublié.

Léandra soupira Lentement. Pourquoi tout le monde devait montrer qu’il était le plus fort ? Les démonstrations de magies et de combat étaient certes fort distrayantes, mais inutiles quand on pouvait juste se disputer avec des mots, comme toute les personnes de ce monde qui n’était pas magicien ou soldat d’élite. Tandis qu’elle regardait Raksha aller plus loin, elle décida d’agir. Il était grand temps qu’elle fasse quelque chose pour ne pas perdre un allié comme lui. La professeure de créature s’avança pour se retrouver derrière le dos de L’orochi. Elle commença à parler, sans hausser la voix énormément pour que tout le monde puisse entendre. Ses arguments étaient pour lui, non pas pour les autres, et elle ne voulait pas se mettre certaines personnes de son équipe à dos car elle aurait dit quelque chose de peu sympathique sur la situation.

-Raksha…Nous avons bien remarqué que vous ne trouvez pas vos raisons dans les mêmes sources que ceux de nos collègues et élèves pour la plupart. Aussi, là où ils n’arrivent pas à vous convaincre de leur bonne volonté, je peux vous donner des raisons de nous aider. Après tout, je suis techniquement autant concerné sentimentalement par l’affaire que vous…Mon avis sera plus ou moins impartial sur le sujet

Elle jeta un bref regard à l’assemblée, inquiète des avis que pourraient avoir certaines personnes sur ce qu’elle allait dire. Car elle avait beau ne pas parler fort, elle restait audible car elle ne voulait pas se cacher non plus.  

-Vous êtes un guerrier d’exception et avoir votre talent pourrait nous être d’une utilité considérable. Imaginons que vous ne participez pas : nous partons sans vous. Vous augmentez la probabilité que la situation dérape, qu’Ayla devienne une véritable machine à tuer et que cela ait des conséquences dramatiques sur le continent, peut-être même plus encore. Et imaginons que vous acceptiez de nous aider : vous venez avec nous. Nous arrivons plus facilement à maîtriser la situation, peut-être neutraliser un individu dangereux menaçant Revälia, et nous pourrions avoir l’opportunité de maîtriser Ayla…Ou alors la mettre hors d’état de nuire, comme vous l’aviez proposé. Et cela en dehors de tout sentiments. Il est de votre intérêt que vous soyez sur le terrain avec nous. Pour les élèves, sachez que je suis également contre leur participation. Des enfants comme eux n’ont rien à faire dans un champ de bataille pour l’instant. Mais s’en plaindre ne changera pas le fait qu’ils iront à Nandoriath quoiqu’il arrive et qu’en tant que professeur, je vais faire en sorte que chacun rentre en un seul morceau. Il en serait aussi de votre responsabilité, peut-être même plus que les autres, étant professeur de combat. Sans compter le fait qu’au-delà des élèves, il s’agit de protéger des populations innocentes d’un futur désastre. Si vous combattez avec nous, ce ne sera pas pour rien. Ce sera pour défendre et aider ceux qui ne pourront pas le faire eux-mêmes.

Elle avait utilisé une touche de sentimental à la fin, mais espérait que cela allait passer. Léandra voulait parler au guerrier en lui, et même si elle n’en était pas une, elle se disait que chaque combat doit avoir des raisons d’êtres. Sinon, pourquoi se battre ? Pourquoi verser le sang si ce n’est pour rien ? Il pourrait lever ses armes pour des raisons comme celle-là, et si cela ne lui convenait pas, elle priait pour qu’il trouvât les précédents arguments convaincants.

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MessageSujet: Re: 1. Un plan suicidaire    Sam 26 Nov - 17:08

Tant de tergiversations, tant de discours sur la droiture et le « bon chemin » à prendre … Christyän en avait assez de leurs disputes puériles et de leurs postures suffisantes. S’ils ne se dépêchaient pas, Ayla risquait de laisser ses instincts gagner. Et même si elle résistait à cela, le manque de sang allait bientôt lui être fatal … Dans un cas comme dans l’autre, ils en sortaient perdants, et Drake gagnant …

Dire que c’étaient eux les adultes, et lui l’enfant !

L’espace d’un instant, Chris s’apprêta à se diriger vers Myrddin afin de lui faire part de sa vision, et de le convaincre d’accélérer le discours stérile de l’Orochi.

Mais l’instant d’après, le directeur se mit à briller d’une lumière aveuglante, et une Dame dont Chris devina immédiatement l’identité le remplaça.

« Rëvalïa, cela faisait longtemps. Ce plan est si ... limité. »

Même la voix lui était familière, c’était cette même voix qui lui avait parlé du destin d’Ayla, quelques semaines auparavant, et de sa véritable identité. Cette même voix qui l’avait encouragé à se rapprocher de la vampire, à faire équipe avec elle, à lui donner sa chance …

Voyant les Sages s’agenouiller, et remarquant la présence de son nouveau Maître, Arda, il hésita à les imiter, mais la Lune les fit se relever avant qu’il n’ait eu le temps de se décider.

Et soudain, la vision des veines noires courant sur le torse du professeur de l’Ombre ramena Chris à ses plus grandes peurs.

Le premier cours de Contrôle de soi, si lointain à présent, lui avait déjà laissé entrevoir les souffrances de Shitennô, et son lien avec l’Abysse. Sa libération récente et son traumatisme encore frais n’avaient pas aidé à maîtriser sa terreur, et son esprit s’était défendu de la seule façon qu’il connaissait : en obligeant son corps à se préparer à fuir.
Mais comme toujours, il en avait été incapable, et l’action avortée s’était transformée en tremblements, en sueurs froides, en vision tunnelisée, en nausée …

Cette fois-ci, il était plus préparé.
Malgré la peur, malgré les flash-backs de ces dix minutes infernales, malgré la tension inévitable qui assaillit tout son corps, malgré l’odeur de mort et de ténèbres qui le prit à la gorge, cette fois-ci, Christyän sût se maîtriser.

Des mois s’étaient écoulés depuis le temps où la seule mention de l’Abysse le réduisait à une masse tremblante inutile. Il avait eu le temps de se reprendre, de travailler sur lui-même, sur ses peurs, sur le contrôle de son propre corps. Il avait eu le temps de rencontrer Sirhc, la personnification mentale de son pouvoir, et malgré le caractère insaisissable de son alter-ego, Chris avait appris à surpasser les barrières d’auto-défense imposées par son esprit.
Même si rien, jamais, ne pourrait effacer sa terreur, il pouvait au moins la garder cachée, au fond de lui-même, là où elle ne pouvait le blesser davantage …

Lorsque la Lune arracha la partie abyssale au professeur, il fit instinctivement un pas en arrière, avant de se reprendre. La vision de la tâche d’une noirceur infinie éclatée sur le sol mit à rude épreuve tout son entrainement des mois passés, mais l’instant d’après, la Lune – Isil, avait-elle dit – réduisit la tâche sombre en fumée.

Instinctivement, Christyän se rapprocha de Francis.
Même s’il ne leur avait pas tout raconté, Francis et Ayla savaient ce qu’il avait traversé. Tout comme Chris connaissait le passé de Francis, et celui, terriblement tragique, d’Ayla. Les liens qu’ils avaient tissés tous les trois, lors de leur mission commune, avaient persuadé le loup-garou d’une chose : il était plus fort lorsqu’il était avec eux. Plus fort physiquement, magiquement, mais également mentalement. Lorsqu’il avait été à leurs côtés, la part de Christyän qui l’accablait de culpabilité, ce syndrome du survivant, s’était tût. À leurs côtés, il était libre de vivre.
Ensembles, ils libèreraient Ayla. Et avec eux, il surmonterait son traumatisme.

Puis la Lune leur montra des bribes du futur, dans lesquels les peurs de Chris se révélèrent fondées.
Que faisaient-ils encore là à papoter ?! Pourquoi n’étaient-ils pas déjà en route ?! Nandoriath avait été perdu durant des siècles, d’après ce qu’il savait, alors pourquoi ne s’étaient-ils pas déjà mis en quête de ce royaume secret ?! La vie de leur amie était en jeu !

Inévitablement, les visions de la Lune firent écho à la disparition de son frère, de sa seule famille, près de cent ans auparavant. Allait-il encore perdre sa famille, ceux qui l’ancraient à cette réalité si violente, alors même qu’il venait tout juste de les trouver ?

// Non. Je refuse. //

Il ne la laisserait pas mourir. Pas cette fois. Pas encore. Il suivrait la vision de la Lune. Il atteindrait Ayla avant qu’elle ne succombe, avant qu’elle ne se sacrifie, avant qu’elle ne se noie. Il la sortirait de ce bassin, et elle se réveillait, et elle pleurerait, et elle se relèverait.

Ils auraient le temps de s’inquiéter plus tard des guerres, des conflits politiques, et des démons …

// Bon sang, des démons ! Comme si on avait pas assez de problèmes ! //

La voix d’Isil le ramena une fois de plus au présent.

« Pour combattre l'abysse, j'ai transformée Ayla, ce qui a engendré une augmentation violente de ses pulsions et a renforcé son lien avec l'esprit de Nandoriath, » révéla-t-elle, confirmant les soupçons de Chris suite à leur première rencontre, et aux agissements de la vampire dans le camps des bandits. Ayla n’était-elle qu’une arme pour la Lune ? Il comprenait à présent sa haine contre l’Abysse, sans qui jamais elle n’aurait autant souffert, sans qui jamais elle n’aurait eu un passé si tragique … « Ramenez-la, » finit la Mère de Toutes Choses, avant de disparaître, laissant le directeur reprendre son corps.

Les voix s’élevèrent presque toutes en même temps parmi les adultes, et Christyän en profita pour s’approcher de Myrddin, tirant Francis avec lui par le bras malgré son regard interrogateur et incertain. Si les « adultes » ne pouvaient s’écouter les uns-les-autres, ils n’allaient certainement pas écouter un simple élève.
Mais sa vision devait être partagée, et tant Myrddin, en tant que directeur, que Francis, en tant qu’ami, devaient être mis au courant.

« Monsieur, c’est important … »

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« Je te retrouverai. Je te le promets, Raän. »

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1. Un plan suicidaire

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