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 Chapitre 4 : Lómëar

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Innen
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MessageSujet: Chapitre 4 : Lómëar   Lun 24 Oct - 15:29

Un sentiment étrange se produisit pour notre groupe d'aventuriers suicidaires, alors qu'ils n'avaient pourtant pas tous sommeils, ils ressentirent l'irrésistible envie de dormir. Certains luttèrent, de toutes leurs forces, mais peu à peu, ils ne purent que tomber sur le sol et fermer leurs yeux. Aucune substance, magie ou effort de volonté n'aurait pu changer cela, la force qui commandait ce sommeil artificiel était bien trop puissante pour eux. L'instant d'après, ils se retrouvèrent dans un terrain totalement découvert, sans le moindre signe de vie, le sol étant recouvert d'une brume rouge sang qui n'avait rien de naturelle, tandis que la seule source de lumière venait d'une pleine lune, dix fois plus grande que la normale.

Sans avoir le temps de se questionner, ils remarquèrent la présence d'un garçon aux cheveux blancs, le corps recouvert de bandages et possédant des yeux rouges terrifiants. Il possédait dans ses mains deux lames argentées, représentant chacune deux serpents, séparés par une fine ligne. Ces lames étaient attachées à des fils rouges, enroulées autours de ses bras. Celui de gauche était d'un rouge sombre, mais dégoulinait de sang, tandis que l'autre alternait entre cette même couleur et le noir, changeant en permanence de couleur, comme si il y avait une sorte d'hésitation.

Le visage sévère, son œil se perdit dans celui de Raksha, une haine profonde se lisant à cet instant précis. Alors qu'il fixait l'Orochi, ce dernier revécut immédiatement à toute vitesse, tous les vampires qu'il avait affronté durant la guerre des éléments, avant de revoir son discours concernant le fait de tuer Ayla Morg, juste avant le début de cette mission suicide. La colère gronda, jamais le professeur de combat n'avait vu un tel concentré de haine, une envie aussi folle de tuer son adversaire, de toutes les manières possibles.

- Un tueur d'enfants...

Détournant le regard, il observa alors la comtesse vampire avec un certain dégoût, libérant enfin Raksha de cette déferlante de sentiments oppressants.

- ...et une traîtresse. Je devrais vous tuer sur le champ.

S'avançant, Shitennô sortit sa lame et salua respectueusement l'être leur faisant face, comme si il s'apprêtait à faire une duel. Au vu de la sueur qui perlait le long de son front, il savait parfaitement qui était son adversaire.

- Lómëar, nous venons libérer votre enfant, Ayla, de l'emprise du fou Drake. Elle pourra alors choisir de suivre son héritage ou non, vous savez tout comme moi que son acte parricide est inévitable.

Surveillant le célestin, l'enfant vit de nombreuses scènes défiler, jugeant ainsi le professeur d'ombre par ses actions. Lui aussi avait tué une de ses enfants, mais ses liens avec Persephone le rendait digne de son écoute.

- Drake n'est que le géniteur, il n'a rien d'un père, elle doit le tuer, tout comme Victoria. Néanmoins, je ne peux vous laisser aller plus loin. Vous amenez faiblesse, traîtrise et complot, ainsi que la souillure la plus immonde qui soit.

Fixant Kisaki, cette dernière recula d'un pas, comparé à elle, Raksha avait été relativement appréciée. Néanmoins, l'être connu sous le nom de Lómëar ne fit rien, il reporta son attention sur le célestin.

- Laissez nous vous prouver notre force.

Souriant d'un air amusé, le garçon leva la main et la brume s'éleva, devenant un épais brouillard, tandis que les échos d'un champ de bataille se faisaient entendre.

- C'était mon intention, vous avez deux minutes.

Le garçon s'évapora dans le brouillard, tandis que Shitennô se retournait en direction du groupe en toute hâte.

- Écoutez moi bien, nous sommes dans les limbes. Un monde créé par Nandoriath, vous venez de voir son incarnation. Pour lui, nous ne sommes que des indignes ou des menaces, nous devons donc prouver notre force. J'ignore ce qui va apparaître, mais souvenez vous que rien n'est réel. Votre puissance dépendra donc de votre volonté, si vous vous concentrez, vous n'aurez que peu de limites. Votre force physique, votre vitesse, vos pouvoirs, la gravité, tout peut être modifié si vous en avez la force mentale. Quoi qu'il arrive, surtout ne cédez pas à la peur, vous devez être déterminé quoi qu'il arrive, sinon vous échouerez et je ne peux pas le faire pour vous ! Une dernière chose, si vous mourez ici, vous ne pourrez jamais vous réveiller. Surtout, restez proche de nous, respirez et préparez vous, d'ici quelques minutes, tout commencera.

Fermant les yeux, il vit Kurai en train de lui faire un clin d’œil, il était temps de montrer à Nandoriath ce que les autres espèces pouvaient faire et que l'académie n'était pas un lieu juste fait pour les études. Souriant, il lança sa lame dans les airs, puis la rattrapa avec une ombre sortant tout droit de sa paume.

- Souvenez vous ce que je vous ai appris, vous n'êtes pas seuls, réveillez votre pouvoir, combattez ensemble. Lómëar ne s'attendra certainement pas à ça.

Le brouillard disparut, laissant apparaître de nombreux combats tout autours d'eux, vampires, elfes, humains, Orochi, tous semblaient s'affronter dans un déferlement de violence inouï. Il jeta un coup d’œil à Raksha, ce dernier faisant un mouvement de tête pour confirmer ce qu'il pensait.

- La guerre des éléments, rien que ça... Les enfants, en cas de buveur de sang fou furieux, visez la tête ou le cœur. Theyne, matérialisez des armes, si possible lunaires ou elfiques. Raksha, c'est vous l'expert.

Fralis se changea immédiatement en dragon, sauta par dessus le groupe, rejointe par Elena qui s'adressa ensuite aux autres répurgatrices.

- Sif, couvre nous. Fralis et moi nous nous chargeons de faire en sorte qu'aucune personne n'arrive jusqu'aux élèves, on vous servira de bouclier. Caligo, la meilleure défense c'est l'attaque, je veux que tu détruise n'importe quelle personne arrivant vers notre position, c'est la guerre des éléments il n'y a pas d'alliés !

Sif jeta un sac sur le sol, rempli de diverses arbalètes, bombes et autres petits joujoux du genre, avant de bondir sur une structure cristalline créée par Shitennô. Elle fut rejointe par Mëlinoë, le bout des doigts de l'altero s'ouvrant, prêt à déverser les armes expérimentales les plus redoutables de son espèce. Shitennô rejoignit à son tour Elena, les deux célestins ayant été un duo particulièrement redoutable par le passé.

Victoria ferma les yeux et fit sortir un serpent blanc de sa main, ce dernier cracha une épée rouge sang, recouverte de différents symboles. Rejoignant Caligo avec la comtesse Riley, elle respira un grand coup, elle ne se souvenait que trop bien de cet affrontement.

Saien, quant à elle, posa sa main sur la tête de Shisui, visiblement affolé par la situation, avec un énorme sourire.

- Te laisse pas impressionner, comme l'a dit ton professeur, tu es loin d'être seul. Tu es un dragon non ? Alors montre leur ce que tu vaux, je te couvre. Prochaine taverne je paye la tournée.

Kisaki, de son côté, sortit son sabre et transforma en statut d'émeraude le premier vampire qui fonçait sur Lucien. Elle le fit ensuite exploser d'un simple coup de pied. Difficile de se régénérer dans cet état.

- Tss, il se prend pour qui ?

Les autres vampires foncèrent, sans doute dirigés par Nandoriath dans cette vision du passé. Bien que ne supportant pas cette idée, Victoria prit de l'élan et fonça seule dans la masse folle furieuse. Sa vitesse était impressionnante, si la plupart des vampires étaient rapides, il était tout de même possible de prévoir leurs déplacements. Dans son cas, il était tout simplement impossible de la voir bouger avant qu'elle ne frappe un de ses frère ou sœur. Son style de combat rappelait en tout point un serpent, elle sautait à la gorge de ses adversaires, se tordait subitement en cas d'attaque, il était tout simplement impossible de la toucher de manière conventionnelle. Sur les vingt vampires envoyés décimer le groupe, aucun ne survécu à la princesse, revenant vers les autres entièrement couverte de sang.

- Il n'y a aucun gagnant possible dans cette guerre, tuez ou mourez, c'est aussi simple que cela.

La brume revint à la charge, enveloppant la vampire, jusqu'à la faire totalement disparaître, elle n'eut le temps que de laisser ces derniers mots.

- J'espère vous revoir de l'autre côté.
Citation :
Dans les limbes, les limites ne sont fixées que par votre volonté, vos capacités de perception, physiques, énergies magiques, sorts, etc, ne sont donc délimités que par votre mental.
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MessageSujet: Re: Chapitre 4 : Lómëar   Dim 30 Oct - 11:28

Lucien, avant qu'ils ne montassent le camp pour se reposer, avait visiblement peiné pour avancer depuis un moment déjà. Sa volonté avait beau être forte, son désir de sauver Ayla puissant, son corps n'avait guère été accoutumé aux pénibles marches et au manque de sommeil. Il aurait certes pu revêtir une autre forme qui fût à même de rattraper ses compagnons sans peiner aucunement, mais s'y refusait par peur de la faim qui en découlerait. Par peur de sembler frêle ; par morgue enfin, car son sang se glaçait devant la perspective que son nom de mage et de noble pût être un jour céder devant celui de rossignol.
À dire la vérité, ces considérations n'étaient pas celles qui l'avaient agité avant qu'il ne trouvât le sommeil : les incidents de la journée lui étaient demeurés en travers de la gorge, et cela à bien des aspects. Edwen, surtout, lui déplaisait viscéralement ; son mépris de la vie, son attitude hautaine, tout en elle le hérissait, comme si sa nature était fondamentalement opposée à la sienne. S'il eût écouté les instincts de son rossignol (chose qu'il ne faisait pas car la raison était plus souvent utile), sans doute en eût-il découvert une des causes. Le volcan surtout lui restait en tête, comme si ses noires fumées ne l'avaient jamais laissé : Lucien vomissait les actions qui s'étaient produites alors, et vomissait encore plus l'absence d'actions de ceux qui l'accompagnaient. Si se séparer de deux personnes aurait suffi pour sauver le village, mais qu'on les aurait perdues pour un moment, alors la lave ne se déplaçait sans doute pas suffisamment vite pour qu'on ne puisse pas sauver les habitants en laissant Victoria seule un moment ; au moins les avertir et attendre une heure ; ériger des murs d'ombre, des protections magiques ; prévenir quelqu'un, Myrddin, les sages. Ses objections n'avaient rien valu, et il ne pouvait accepter ce qui s'était passé. Il devait y avoir une solution - quitte à marcher plus longtemps avant de dormir, ou à se passer des histoires de Nandoriath qu'il eût trouvées passionnantes en d'autres circonstances.
Plus il y réfléchissait, plus il était énervé. Il regardait Edwen, celle qui avait comparé ces vies perdues à des pions sur un échiquier comme un véritable monstre sans cœur, qui avait voulu leur "donner une leçon" et n'avait pas même fait un effort pour trouver une solution. Un être pire qu'une bête sauvage, autour duquel il devait s'efforcer de garder un visage serein.

Telles étaient ses ruminations. À elles s'en mêlaient d'autres éparses, sur tous ceux qui les accompagnaient, sur Victoria et Nandoriath, sur ce qu'il savait déjà des vampires et de leurs secrets. Des peurs diverses concernant la suite, des regrets. Malgré tout son épuisement, le sommeil tardait à venir, et il fallût la magie des lieux pour qu'enfin il tombe dans les limbes.

---

Lucien n'avait jamais guerroyé, mais au fur et à mesure de son séjour à l'académie, il avait perdu sa candeur première la concernant. On avait tué pour lui, et il avait souffert. Il avait vu déjà la mort d'un camarade, la tête explosée d'une autre ; il avait été témoin du déferlement de l'Abysse.
Et cela-même ne l'avait pas tout à fait préparé pour la guerre des éléments. Des hordes d'ennemis se ruaient ça et là, et le bruit était insupportable. L'odeur du sang était telle qu'elle lui imprégnait la bouche. Un vampire de jade gisait éclaté à ses pieds - il aurait pu le tuer.
Et pourtant... il voulait protéger les autres, et se jugeait capable de le faire. Il oubliait que tous ses camarades avaient vécu dans la nature, avaient maintes fois dû tuer pour survivre - il se savait un prodige magique, il se savait noble et à ce titre défenseur. Il ne voulait pas être sauvé, mais prouver sa valeur sans pour autant disparaître trop vite.

- Dans une guerre, il faut connaître l'environnement. Je serai vos yeux, car je vais en haut ; ne vous en faites pas pour moi, j'ai confiance en mon pouvoir.

Il lâcha la rapière elfique qu'on avait invoqué pour lui pour se faire pousser des ailes dans le dos, après avoir déchiré d'ombre les habits qui leur aurait fait entrave. Il s'envola alors. Une flèche en plein vol se désintégra avant de le toucher, interceptée par une capacité d'esprit.
Il se fondit alors dans les ombres, et, invisible, créa des murs de cristal dès qu'il voyait quelqu'un en difficulté. Il se téléportait au besoin dans l'ombre de quelqu'un pour lui donner de la vitesse, et ciblait de projectiles les mages qu'il apercevait. Trille chantait dans sa tête, et lui-même s'en faisait le porte-parole.
Cette tactique qui lui assurait sécurité et maîtrise du terrain se poursuivit, jusqu'à ce qu'il vit dans la foule de ses adversaires un visage familier ; coïncidence ou reconnaissance du sang, Lucien l'avait rapidement isolé, et de surprise perdit son invisibilité.

Durant la guerre des éléments avait vécu Lewis.
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MessageSujet: Re: Chapitre 4 : Lómëar   Dim 6 Nov - 17:24



Je crois que je n'avais rien vécu de pire que ce périple. Pire, mais excitant, énergisant. Dangereux aussi. J'étais en danger bien régulièrement, pendant les divers événements que nous avons du traverser . De la peur ? Forcément. Celui qui n'a pas un peu peur dans une situation de danger est fou. Mais l'important était de surmonter cette peur et se montrer efficace. Je n'étais pas parti sauver Ayla en devenant un poids de plus.

Nandoriath, le pays des vampires, était en effet une épreuve de poids.


Et pendant que l'on marchait, je regardais tout autour de moi, en alerte. Baillant un bon coup, je tentais de rester aux aguets en m'étirant un peu. J'avais l'impression qu'on m'avait mit un lourd sac sur mes épaules en un seul coup. Mes yeux se plissaient, et je commençais à me dire que quelque chose ne tournait pas rond. Nous n'étions pas épuisés, nous avions tous bien dormis et on avait même fait une halte un peu plus tôt. Non...ce n'était pas une bonne nouvelle du tout. Surtout quand je constatais que je n'étais pas le seul dans cette situation. Lucien, Shisui, Elena...Quelque chose nous arrivait. Et je ne pu réfléchir plus, tellement le sommeil m'empêchait de penser de façon droite et claire. Et je sombrais...en un coup, j'étais tombé dans les limbes des rêves.

Des rêves ? Était-ce un rêve ? C'était bien ce que se demandait Léandra. Francis également d'ailleurs, mais pouvait-elle savoir ce qui se passait dans l'esprit de ce jeune suicidaire. Quoi qu'il en soit, en regardant autour d'elle, la jeune femme constata que tout le monde était présent. Coïncidence bien étrange, de trouver les même personnes avec qui elle était. Il y avait de la magie derrière, c'était obligé. Surtout lorsqu'elle n'était pas la seule à être tombée dans un long sommeil.

En regardant autour d'elle, elle constatait que le décors avait changé un minimum.Pour ne pas dire totalement d'ailleurs. Il y avait maintenant un grand plateau. Même pire qu'un plateau, un endroit entièrement plat et à découvert, et aucun paysage à l'horizon. Une brume rouge était en train de flotter au ras du sol. Fidèle aux palettes de couleurs préféré des vampires, ça avait la couleur du sang. Elle avait même l'impression de sentir l'odeur du sang, de façon très légère. Elle se relevait avec une grande vivacité, sortant deux poignards de sa ceinture.La lune brillait d'une façon intensive, étant la seule et pourtant suffisante source de lumière. Il éclairait ce large endroit, notre groupe de sauveteur...et une nouvelle personne dans le paysage, bien distinct et remarquable des autres. Un garçon, cheveux blancs, yeux rouges, le corps couvert de nombreux bandages. Des serpents se trouvaient entre ses mains, rouge et rouge-noir, avant qu'elle ne comprenne qu'il ne s'agissait que de lames attachées à des fils rouges autour de ses bras.

-Un tueur d'enfants...Et une traîtresse. Je devrais vous tuer sur le champ.

Léandra regardait ses camarades, essayant de comprendre de qui parlait l'enfant. La comtesse était la seule qui lui semblait prompt à endosser le titre de traitresse, du moins dans un territoire tel que celui de Nandoriath. Quand au tueur d'enfant... Si l'inconnu n'avait pas toisé Raksha, elle n'aurait jamais pu associer cela à une personne présente dans le groupe. Faisait-elle référence à sa volonté de tuer Ayla si elle s'avérait trop dangereuse ? Shitennô s'approcha un peu de l'inconnu, pour lui faire face, l’accueillant par un honorable salut.

-Lomëar, nous venons libérer votre enfant, Ayla, de l'emprise du fou Drake. Elle pourra alors choisir de suivre son héritage ou non, vous savez tout comme moi que son acte parricide est inévitable.

-Drake n'est que le géniteur, il n'a rien d'un père, elle doit le tuer, tout comme Victoria. Néanmoins, je ne peux vous laisser aller plus loin. Vous amenez faiblesse, traîtrise et complot, ainsi que la souillure la plus immonde qui soit.

Léandra n’appréciait pas vraiment ce jugement. Mais pouvait-elle dire le contraire ? Les élèves étaient faible, et elle pouvait bien imaginer que les individus qui nous ont accompagné, voir même certains professeurs ont eu leur lot de complots et de trahisons. Il avait peut-être raison. Mais était-ce une bonne  idée d'arrêter le groupe de sauvetage en plein milieu de leur mission pour les retarder et rendre l'opération plus difficile ?

-Laissez nous vous prouvez notre force

Elle l'avait vu venir de loin. Cependant, elle ne s'attendait pas à ce que soudainement la brume se lève, et que d'un seul coup, un véritable champ de bataille apparaisse...

-C'était mon intention, vous avez deux minutes.


Et d'un coup... le garçon disparu... Notre chef se tourna vers nous.

- Ecoutez moi bien, nous sommes dans les limbes. Un monde créé par nandoriath, vous venez de voir son incarnation. Pour lui, nous ne sommes que des indignes ou des menaces, nous devons donc prouver notre force. J'ignore ce qui va apparaître, mais souvenez vous que rien n'est réel. Votre puissance dépendra donc de votre volonté, si vous vous concentrez, vous n'aurez que peu de limites. Votre force physique, votre vitesse, vos pouvoirs, la gravité, tout peut être modifié si vous en avez la force mentale. Quoi qu'il arrive, surtout ne cédez pas à la peur, vous devez être déterminé quoi qu'il arrive, sinon vous échouerez et je ne peux pas le faire pour vous ! Une dernière chose, si vous mourrez ici, vous ne pourrez jamais vous réveiller. Surtout, restez proche de nous, respirez, et préparer vous, d'ici quelque minutes, tout commencera.


Tout commença à bouger dans tous les sens. Chacun sortait ses armes, d'autres prenaient leur forme animale. Voir la transformation de Fralis en tant qu'imposant dragon restait toujours aussi impressionnant que les dernières fois où j'ai eu l'occasion de voir ça. D'autres sortaient leurs arbalètes, préparaient leur pouvoir, construisaient des structures improvisées par magie...

-Souvenez vous ce que je vous ai appris, vous n'êtes pas seul, réveillez votre  pouvoir, combattez ensemble. Lomëar ne s’attendra certainement pas à ça...La guerre des éléments, rien que ça... Les enfants, en cas de buveur de sang fou furieux, visez la tête ou le cœur. Theyne, matérialisez des armes, si possible lunaires ou elfique. Raksha, c'est vous l'expert.


- Sif, couvre nous. Fralis et moi nous nous chargeons de faire en sorte qu'aucune personne n'arrive jusqu'aux élèves, on vous servira de bouclier. Caligo, la meilleure défense c'est l'attaque, je veux détruise n'importe quelle personne arrivant vers notre position, c'est la guerre des éléments, il n'y a pas d'alliés !

Et tout le monde chargeait... Excepté moi. La plupart d'entres eux savaient se battre. Ils étaient habitués à affronter des individus. Je ne l'avais fais que des rares fois dans ma vie, et je ne savais pas du tout retrouver mes repères. Tout ce que je voyais devant moi était chaos, et comment on pouvait s'orienter dans un tel massacre ? Pourtant, même parmi les élèves certains arrivaient à agir, notamment Lucien qui s'empressa de s'envoler, probablement pour fournir une aide autre que directement aller au contact avec les ennemis... J'avais l'impression d'être loin de la bataille...

Être là, sans rien faire... sans agir... Léandra avait des doutes. En temps normal, elle se serait jetée dans la bataille avec ses camarades, mais elle fut envahie de ce stupide sentiment : celui d'être incapable. Allait-t-elle pouvoir vraiment aider comme ses puissants alliés pouvaient ? Allait-elle être à la hauteur ? Pouvoir protéger ses élèves ?

Est-ce que j'allais pouvoir survivre face à ça ? Abandonner le vieux Francis couard, évitant, faible... Est-ce que j'allais enfin quitter ce voile, cette pancarte de martyr qu'on m'a accroché trop longtemps autour du coup ?

Je serais à la hauteur de cette bataille...

... Je serais à la hauteur de moi-même ?
... Je serais à la hauteur de moi-même ?




... Je le peux
... Je le dois

Mon corps immobile commença à bouger. Lentement, marchant vers le tas d'être vivant se formant devant moi. Vers les cadavres, et cette odeur de sang qui imprégnait mes narines. L'espace d'une bataille, d'une guerre, j'avais le pouvoir. Une puissance que je pouvais moi-même délimiter. Et je crois que la volonté était la chose que je commençais à gagner. Rapidement, les ennemis firent le trajet à ma place, commençant à me charger. À commencer par un humain, hurlant avec force, son épée levée. Je regardais la mienne, une grande épée elfique invoqué par le professeur de l'esprit. Elle ne faisait qu'encombrer une main qui pourrait être libre. Je regardais pendant une seconde cette personne charger sur moi, et en un instant, je me courbais un peu.

- Archibald, il est temps de travailler.

Je raclais le sol de mon épée avec vitesse, comme si je commençait à faire le début d'un cercle, jusqu'à ce que la lame s'arrête devant moi. Pendant le mouvement, une petite partie de poussière et de pierre s'était accumulée devant la lame, jusqu'à un moment où cela devenait surréaliste. Soudainement, je levais ma lame devant moi, finissant mon mouvement la lame en l'air, et tous les résidus devinrent plus imposant. Les cailloux dévirent des rochers, la poussière se rassemblait dans l'espace entre les pierres, et un véritable tigre de terre se jeta en plein sur l'humain. Ce n'était pas une créature vivante, mais le malheureux reçu comme une avalanche en face de lui. Au contact, le tigre de terre perdit sa forme et toutes les pierres tombèrent lourdement sur mon ennemi, l'enterrant au sol sous mon attaque. Je regardais l'espace d'un instant ce que j'avais fais... Je pouvais le faire. Je pouvais survivre ! Je redressais la tête, jeta l'épée au sol et me mit en bonne posture, attendant qu'un nouvel ennemi arrive sur moi. Je ne sentais ni l'envie ni l'utilité de charger sur une personne. Je préférais attendre que mon adversaire m'offre une ouverture ou un point faible tout seul comme un grand. Ce fut au tour d'un vampire de me charger. Sa rapidité a faillit me prendre par surprise, mais j'eu assez de réactivité pour me retourner, le poing reculé. L'espace d'un instant, une grande énergie s'empara de moi. Je sentais la force du tigre remplir mes veines, renforcer mes muscles, et toute ma puissance se concentrer en un seul endroit. Mon poing transperça en un coup le cœur du vampire, qui poussa un hurlement sourd, le souffle coupé par la force de mon attaque. Un moment, je restais immobile, et ressortais mon poing ensanglanté. L'odeur d’hémoglobine était tellement forte que j'avais l'impression que plus une seule molécule d'air ne pénétrait dans mes narines. Je restais un bref moment sous le choc, peu habitué à combattre, et surtout à tuer... Avant que je ne secoue ma tête de droite à gauche. Pas le temps. Si tu as des remords, fais-le après !

Pendant ce temps là, Léandra était restée en retrait. Non pas par manque de courage, mais simplement car elle avait sortit son arc et que charger aurait été parfaitement contre-productif. Sortant une flèche de son carquois, elle l'encocha, et respira profondément... calmement.

- Tu dois le faire... Tu dois le faire... Tu n'as pas de limites...


Elle finit même par fermer les yeux, sans vraiment savoir pourquoi. Etait-elle folle ? Non... Non, pas vraiment. C'était comme si elle avait prit un instant pour parler à quelqu'un, de caché en elle. Avec vivacité, elle lâcha la corde, et ouvrit les yeux. Elle vit un orochi tomber devant elle. La flèche était dans son œil, et avait dû toucher le cerveau. Alors qu'il tombait sur le sol raide mort, elle restait surprise, avant de comprendre mieux...Son pouvoir l'aurait-elle aidée ? Si elle lui laissait plus de liberté, peut-être qu'elle ne raterait jamais une seule cible. Sa télékinésie réglerait l'angle de tir si nécessaire. Ça pourrait le faire... Oui, ça allait le faire. Alors qu'elle vit deux autres soldats charger sur elle, elle encocha à nouveau une flèche, se permettant même d'en prendre une deuxième, voulant voir si s'accorder avec sa magie allait permettre de faire un plus grand massacre que prévu...
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MessageSujet: Re: Chapitre 4 : Lómëar   Dim 6 Nov - 19:59

D'abord, un volcan, première étape du périple, délivrer la sœur d'Ayla... Si Shisui avait des appréhensions vis à vis de ce qu'il pourrait se passer, et au choix qu'il avait fait, ni lui ni Cyril n'auraient pu véritablement s'imaginer ce qui les attendait dans ce voyage. Un roi dément destructeur et meurtrier, une course contre la montre, un territoire dangereux et "vivant", voilà tout ce qui leur avait été promis. Oh, ce ne furent pas les mises en gardes qui ont manqué, bien au contraire, cependant Shisui venait de se découvrir têtu aux côtés de Cyril, et de toute façon aucune mise en garde n'aurait pu les préparer à ça. L'éruption du volcan aurait pu être le premier passage d'une chute très lourde pour Shisui si Theyne n'en prit pas les devants, et se chargea d'endormir le dragonneau avant que les choses ne se corsent trop.
Néanmoins le réveil fut difficile, en plein Nandoriath, encore troublé par cette transition, et se retrouvant soudainement dans un groupe à l'atmosphère glaciale, voir morbide. Même sans savoir ce qu'il c'était passé précédemment, c'est comme s'il devait marcher avec un poids au cœur, ne pouvant s'empêcher de se dire qu'il n'avait pas sa place, malgré la remontrance que cette pensée pouvait provoquer à Cyril pour qui l'humeur des autres importait bien peu, tant mieux s'ils pouvaient encore garder tête haute même.

Pourquoi étaient-ils venus déjà ? Shisui commençait à se poser la question, qu'est-ce qui l'avait motivé de premier abord ?... Ayla ? Le surveillant la connaissait à peine, ce n'était pas les quelques aperçus qu'il eut au détour d'un couloir qui allaient le motiver. Non, il s'en souvenait encore trop bien, lorsqu'il l'a "vraiment" rencontré, dans l'antre de Thaxyl. Ce fut sa première vraie mission, encourager la princesse vampire à revenir à sa conscience, après tout... il y voyait des similitudes avec lui. Une personne dont on attendait trop, et qui finit par crouler sous la pression. Et ce, même si les circonstances et conséquences en sont tout à fait opposées. Et il a échoué. On a beau avoir expliqué à Shisui et Cyril qu'ils n'auraient de toute façon rien pu faire, pour eux ce n'était qu'un échec de plus à ajouter. Pire encore, un échec à la première véritable mission confiée par leur maître.
Pour Shisui cela renvoyait purement et simplement à sa propre incapacité, et à la honte qu'il a pu faire porter à sa famille. Il avait beau revoir aussi loin que possible, il ne voyait que des échecs... sa propre naissance, sa dépendance aux autres dans une tribu ne vivant que par elle-même, et même sa survie n'est due qu'à son attitude de charognard, à n'attaquer que des créatures bien plus faibles que lui. Alors c'est ainsi qu'il est venu, encouragé par Cyril à transformer au moins son dernier échec en réussite, en participant à sauver Ayla au moins cette fois.
Pour Cyril, il ne s'agissait que de prouver à lui-même, Shisui, aux autres, et surtout à Thaxyl, qu'il peut faire la différence. Honorer son maître draconique en représentant son camp, et en achevant ce que lui et Shisui ont pu commencer dans l'antre avec Ayla. Il avait beau encourager son homologue humain en lui expliquant que ce n'était que la 1ère étape d'un vrai nouveau départ pour eux, l'enfant était comme sourd à ces explications... et pour une fois, le dragonnet ne se sentait pas de s'imposer plus "agressivement" à son miroir, ce qu'il faisait pourtant habituellement.

Chaque pas semblait plus lourd que le précédent, était-ce déjà la peur, ou l'atmosphère qui pesaient sur l'enfant ? Impossible, pas maintenant, et pourtant voilà que marcher devenait un véritable calvaire, tout son corps semblait peser le double, tout devenait plus flou, de plus en plus flou, c'était comme si le monde se mettait à tourner, tourner... jusqu'à ce que tout s'arrête, tout se taise.
Le voilà qui se réveillait de nouveau, dans un endroit encore plus accueillant que le précédent, ça pourrait presque en devenir ironique s'il était d'humeur à faire des sarcasmes. Etrangement, toute la lourdeur qu'il ressentait quelques instants plus tôt s'est dissipée, lui laissant tout le loisir d'apprécier l'environnement d'un noir opaque, dont le "sol" (ou tout du moins, là où ils marchaient) se voyait recouvert d'une brume rouge sang avant que n'apparaisse peu à peu la silhouette d'un enfant face à eux. Sa fatigue s'étant dissipée, et la mélancolie qu'il éprouvait plus tôt s'étant amenuise, il put rapidement discerner l'individu face à eux, recouvert de bandages, et bien qu'ayant l'apparence d'un enfant de plus ou moins le "même âge" que Shisui, mais la ressemblance s'arrêtait là. Aussitôt l’eurent-ils aperçu que les disciples draconiques firent un pas en arrière, effrayés tous deux par le regard sanglant du garçon.
Son apparition fut suivie par la levée du brouillard, rendant presque impossible de voir jusque la personne la plus proche de lui, mis à part Cyril. Shitenno prit la parole, expliquant qu'ils devraient désormais se battre pour eux même et pour les autre en faisant usage de leur esprit, et donnant des ordres à tous ceux qui pouvaient d’ores et déjà agir. Et Shisui se trouvait là, perdu dans ce brouhaha ambulant, ne comprenant tout d'abord pas de quoi il s'agissait, laissant la brume se dissiper encore et encore... Avant de laisser découvrir peu à peu là où ils furent déplacés, de nouveau.

Le bruit des métaux qui s'entrechoquent, les hurlements de haine et d'agonie, l'odeur du sang qui emplissait l'air à en faire vomir... il fallut plus d'une minute à Shisui et Cyril avant de réagir à ça. Voilà qu'ils venaient de découvrir un nouveau niveau à l'enfer, ils n'avaient qu'à attendre de voir combien de temps cette chute pouvait durer, et jusqu'où cela finirait par les mener...


- Te laisse pas impressionner, comme l'a dit ton professeur, tu es loin d'être seul. Tu es un dragon non ? Alors montre leur ce que tu vaux, je te couvre. Prochaine taverne je paye la tournée.

Une femme adulte, un immense sourire aux lèvres, venait de poser sa main sur la tête de Shisui, ébouriffant un peu ses cheveux à l'occasion. Saien... la dirigeante de la meute venait libérer l'enfant de sa paralysie, de par son acte et son ton chaleureux. Permettant à Shisui de voir ce qu'exerçaient chacun de leurs alliés. Tous prenant part à la bataille de la façon dont ils étaient capables, même les plus jeunes et apeurés d'entre eux, comme Francis, laissaient couler leurs émotions dans la bataille. Chacun équipé d'une arme différente à beaux motifs dorés. Shisui ne put renvoyer qu'une expression renfrognée, encore sous le choc, à Saien, l'observant sans bouger alors qu'elle s'engouffrait dans la bataille.
Que devrait-il faire maintenant ? Soudain, une sorte d'agréable chaleur l'envahit, même pour le dragon des glaces qu'il était, alors même qu'une sorte de lueur verte à peine distinguable par lui-même venait à l'envelopper. Tournant la tête, il vit Theyne lui lancer un regard calme comme il le faisait habituellement, ainsi qu'un léger sourire.
Allons combattre ! C'est notre heure, on va leur montrer ce qu'il en coute d'attaquer les disciples de Thaxyl, hein ? Et puis, j'ai très envie de savoir ce que c'est qu'une taverne.

L'expression toujours aussi naïve et enjouée de Cyril aurait sans doute pu faire sourire Shisui en d'autres circonstances, mais il ne s'en sentait pas la force encore.
BAISSE-TOI !!!
Il réagit instinctivement en se transformant en dragon, évitant de justesse le coup d'un humain qui aurait bien pu le décapiter s'il n'avait pas réagi. Tombant à quatre pattes, le souffle coupé, il comprit à côté de quoi il était passé. C'était la conséquence d'être resté fixe trop longtemps, officiant une formidable cible pour tous les guerriers sanguinaires présents autour d'eux. De ce fait, il se mit à se déplacer, aussi vite qu'il put, passant maladroitement un pas devant l'autre alors qu'il sentait son coeur battre à en faire exploser sa carapace.
Evitant les guerriers sans même tenter d'attaquer, ses mouvements se faisaient lourds et lents, il se sentait vidé de son énergie à une vitesse folle, il avait chaud, si chaud... Il fondait. Pourtant ce n'était pas le temps, encore moins le sort de protection, c'était sa propre faute. Dans un monde où seule la volonté compte, il était son pire ennemi.
LAISSE-MOI ATTAQUER ! SHISUI ! ECOUTE MOI !

Rien n'y fait, son esprit faisait office de bouclier, et empêchait totalement Cyril de prendre la place comme il l'avait fait lors du tournoi. Claudiquant désormais, son corps à moitié fondu semblant peser une tonne, il s'écroula en trébuchant sur une simple petite pierre. Il ne s'était jamais senti aussi inutile que maintenant, "à quoi ont pu servir toutes les chances qui m'ont été offertes jusqu'ici si c'est pour finir comme ça ?" se disait-il. Il n'avait même plus la volonté de se lever, ne levant même pas la tête face à l'ombre menaçante qui le recouvrait, jusqu'à ce qu'un son fulgurant lui fasse sortir de sa stase. Levant la tête, par réflexe, il aperçut Saien trancher un vampire, crocs découverts, avant de lui offrir un nouveau sourire conciliant, et un regard qui signifiait "COURAGE !".
Profitant de cette "ouverture" dans l'esprit de Shisui , Cyril reprit de plus belle.
Ce qu'il s'est passé chez maître Thaxyl n'était qu'une étape ! C'est maintenant qu'on est capable de montrer que tout cela n'a servi à rien ! Arrête de pleurer et RÉVEILLE-TOI ! On est des dragons !

Sonné par ce qu'il venait de se passer et les sermons de Cyril, Shisui se remit doucement sur ses quatre pattes avant de se rendre compte d'une chose : il ne fondait plus, et sa carapace était aussi reluisante qu'avant. Bien que toujours pas prêt à tout déverser dans la bataille comme pouvaient le faire certains, il avait désormais l'esprit clair. C'était son test, plus que celui de n'importe qui d'autre, c'était le sien. Il se mit à courir, pas forcément très droit, mais de plus en plus vite vers un guerrier humain l'ayant repéré, mué par l'énergie du désespoir il inspira autant qu'il put... puis expira un grand coup, autant qu'il put, délivrant un souffle digne d'un dragon !
Gelant intégralement l'humain sur le coup ainsi que d'autres soldats alentours ainsi que le bras d'un vampire, il poursuivit sa course, les yeux fermés, bondissant tête la première sur l'ennemi... sa corne se chargeant de briser en une dizaine de morceaux son adversaire. Il prit un instant de pause, pour observer ce qu'il avait fait, respirant à très haute fréquence, les yeux humides, observant les morceaux de glace glissant sur le sol, en se disant que c'était lui qui l'avait fait. Il venait de tuer... mais également de prouver qu'il pouvait avoir son rôle à jouer. Grossière erreur, un mage se chargea d'exploiter cette pause pour lui envoyer un projectile d'ombre, qu'il n'eut malheureusement pas le temps d'esquiver, se le prenant sur le flanc droit. L'enchantement de Theyne lui ayant permis cette fois de s'en sortir sans être encore trop blessé...

Pourquoi tu ne l'as-pas effacé ?! On a le don des dragons ! On peut le faire !
J-je... je ne crois pas encore le pouvoir maintenant...
Cyril soupira. La magie draconique est une affaire d’extrême concentration et de maîtrise. D'autant plus dans un monde régit par la volonté, ils ne seraient sans doute pas capable de le faire tant que les sens de l'un ou de l'autre restaient en alerte rouge. En attendant, il va falloir poursuivre leur premier pas, malgré le risque de tomber sur de dangereux ennemis alors qu'ils ne sont pas encore maître de leurs nouvelles capacités...
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MessageSujet: Re: Chapitre 4 : Lómëar   Sam 26 Nov - 23:10

En une journée, toutes ses certitudes avaient été chamboulées.

Suite à un rituel étrange de la nécromancienne – Chris avait encore du mal à réaliser que ce genre de magie interdite était toujours pratiquée – l’ancien directeur néfaste de la première Académie fut ressuscité.

Et les révélations fusèrent.
Revan n’était pas le grand méchant de l’histoire, alors que Chris l’avait considéré comme le responsable de la création de l’Abysse, et donc de son traumatisme, durant toute l’année précédente.
À la place, on lui avait annoncé que c’était Milo Oracle en personne qui était le responsable … L’Abysse n’était pas une création volontaire, mais un accident total.

Malgré ses grandes difficultés à l’accepter, et à faire face à l’homme qu’il avait considéré comme le responsable de son malheur, Chris avait suivi le groupe. Il se tenait particulièrement loin des adultes, à la fois pour que Revan ne le reconnaisse pas (même s’il doutait sincèrement qu’il le puisse ; Christyän n’était pas le plus « remarquable » des élèves, il y a cent ans), et en même temps pour éviter une nouvelle crise d’angoisse liée à l’Abysse.
Entre incrédulité et soulagement, il s’était détendu au départ de l’homme.

Les récits de la nécromancienne lui avaient permis de se rendre compte que les luttes politiques et les luttes de pouvoir entre les races de Rëvalïa duraient depuis des siècles et des siècles, toujours avec des retournements et des personnes agissant dans l’ombre …

// Si je survis à ce périple à Nandoriath, je me tiendrais le plus loin possible du monde politique … // se promit-il.

Si le plan du professeur de l’Ombre l’avait laissé soupçonneux, une partie de lui avait été grandement soulagée d’apprendre qu’Ayla avait une sœur. Plus encore, une sœur qui avait l’air de vouloir l’aider et la soutenir … Plus qui pensait que toute sa famille était morte, il se sentit soulagé pour elle ; une fois son taré de père mort, elle aurait ses amis et sa sœur sur qui compter et se reposer.

« On arrive, Ayla. Tiens bon. »



Entre les prédictions de la Lune et les histoires sur Nandoriath racontées par la nécromancienne – et ce, malgré le frisson d’insécurité quelle soulevait systématiquement chez Chris à chaque fois qu’elle prenait la parole – redonnèrent peu à peu de l’espoir à Christyän.
Si les étendues désertiques et « mortes » du royaume vampirique avaient au départ surprit et désespéré le loup-garou, l’idée qu’Ayla n’hériterait pas d’un royaume désolé l’avait rassuré.
Ensembles, ils parviendraient à sauver Ayla, et celle-ci pourrait enfin faire de Nandoriath un royaume prospère, une fois encore, et ramener la vie dans cette terre brulée.

Habitué à camper dans des conditions rudimentaires, il ne s’inquiéta pas plus que nécessaire lorsque le sommeil l’emporta plus rapidement qu’à l’habitude … Avant de se rendre compte que son sommeil était loin d’être naturel.

L’apparition de la personnification de l’Esprit de Nandoriath, le co-créateur des vampires sur Rëvalïa, le prit davantage par surprise que le fait d’être conscient dans son propre rêve.
Lorsque l’Esprit Ancestral disparu et que le professeur de l’Ombre se tourna vers eux, Chris eut soudain un flash, et cette pensée surpassa toutes les autres : il leur fallait avancer, coûte que coûte, pour sauver leur amie, pour réparer ce destin injuste dont elle était victime, et pour ramener la vie et l’espoir dans ce royaume.

Les illusions de bataille et de mort lui provoquèrent alors un haut-le-cœur, faisant écho à son temps dans l’Abysse. La même espèce de cadre trouble entourait les guerriers humains, elfes, vampires et orochis, comme s’ils existaient hors du temps.
Ce parallèle le fit hésiter l’espace d’une seconde, ses muscles tétanisés, puis il vit du coin de l’œil Kisaki défendre Lucien, et la vision du vampire ennemi se transformant en tas d’éclats d’émeraude le ramena à la raison.

// Je ne peux pas fléchir. J’ai affronté l’Abysse, je suis un survivant. Je peux affronter un champ de bataille, la peur ne m’arrêtera plus ! //

Tant pour dissiper cette peur insensée que pour survivre une nouvelle fois à ce que le destin lui jetait à la figure, Christyän se jeta dans la bataille, appelant à lui la magie qu’il sentait bouillonner en son centre.
Un boulet de roche se forma rapidement devant lui, et il le lança sans attendre sur un de leurs assaillant, le stoppant net dans sa course. Erigeant un mur de pierre, il fut surpris lorsqu’un autre soldat, visiblement vampire, le traversa sans le moindre effort ; un autre membre de leur petite équipe planta alors sa lame en plein cœur du vampire, le laissant tomber au sol.

Un autre vampire se jeta vers lui, et une fois encore, les projectiles de pierre lancés par le loup-garou ne lui firent aucuns effets.

Bien. La magie élémentaire seule ne suffirait pas. Il savait se battre, mais sous une autre forme, et il était temps de le démontrer.
Alors que son ennemi tendait des mains d’une force surpuissante vers lui, sans aucun doute avec pour idée de le broyer, il sorti la dague elfique qu’il tenait de son ancienne vie – depuis plus d’un siècle – et l’enfonça brutalement dans la gorge du vampire. Les runes sur la lame s’illuminèrent, et le vampire tomba au sol, inerte, alors que Chris se dégageait de son corps.

Sa tunique et son sac tombant au sol, il changea rapidement de forme avant de sauter à la gorge d’un humain fonçant vers lui épée levée, et de lui briser la nuque sur le coup. Lorsque le cadavre tomba au sol, un vent grisant le traversa, et il se revit à à peine douze ans, chassant dans les grandes plaines aux côtés de son frère.
Mais le danger était bien plus réel que lors de ses chasses.

« Eh bien voilà ! » fit soudain une voix dans son esprit, et malgré la surprise, il ne se laissa pas déconcentrer alors qu’il bondissait sur une autre proie, prenant garde à éviter les vampires qui le broieraient sans le moindre effort.

// Sirhc ! Ravi que tu sois de la partie. //

« Tu pensais vraiment que j’allais te laisser gérer ça tout seul ? Tu survivrais pas trente secondes sans moi, ici ! »

La personnification de son pouvoir éveillée et le guidant, Christyän zigzagua entre les ennemis, abatant les humains à coups de crocs, en appelant à la Terre pour broyer les autres races dans des socles de roches. Un gros bruit retentit dans son dos, et il vit en jetant un coup d’œil derrière son épaule un poing en pierre immense sortir du sol et assommer net un elfe.

« Attention à tes fesses, louveteau ! »

Sirhc avait agi instinctivement, sans même que Chris en soit conscient. Etait-ce possible ? ou bien était-ce tout aussi illusoire que ce champ de bataille ?

Lorsque soudain, il fut arrêté dans son élan par une de ces illusions. Tombant au sol sous forme animale, il se sentit immédiatement en danger face au prédateur se tenant face à lui, crocs sortis et prêt à attaquer. Sa dague elfique trônait sur le sol, à plusieurs mètres de lui, inatteignable.
Son instinct lui rappela alors les paroles d’une de ses vieilles amies : le métal, tout comme la terre et la roche, faisait partie intégrante de la Terre. Puisant dans la Terre, il appela à lui la dague avec la plus forte des convictions ; l’arme vint se loger dans le cœur de l’attaquant du loup.

« C’est l’effet des limbes … Crois-moi, on aurait pas réussi ça dans un vrai combat ! Enfin, pas avant plusieurs années. »

// Qu’est-ce que ça veut dire ? //

« Que t’as intérêt à faire chauffer ton cerveau et à nous pondre de bonnes idées ! »

Sans perdre de temps, celui-ci reprit forme humaine, arracha la dague du cadavre et se lança de nouveau à l’attaque, nu comme au jour de sa naissance. Mais à mesure de ses pas, une armure de métal se forma peu à peu autour de lui, le protégeant tout d’abord d’un choc à l’abdomen, puis d’une gerbe de feu dans les jambes, d’un projectile de glace dans le dos …
L’armure bougeait au gré de ses mouvements, ne semblant pas le gêner, lui qui n’en avait jamais portée auparavant. Le métal était comme brute, sans fioritures ni ornements particuliers, ne faisant que remplir son office d’armure.

Une épée humaine s’abattit dans son dos, mais elle fut brisée sur un mur de cristal. Christyän fit un signe de la main à Lucien pour le remercier, sans perdre des yeux ses assaillants.

« Bon, si t’as besoin de l’aide du rossignol, c’est que t’es vraiment en galère. Laisse-moi sortir, qu’au moins un de nous deux survive à cette épreuve. »

// L’aide du rossignol ? C’est le principe même de la coopération, Sirhc. Si on travaille ensembles, on sauvera Ayla.//

« C’est ça, c’est ça, laisse-moi « travailler ensembles » tout seul et on reparlera du pouvoir de l’amitié plus tard.»

Alors qu’il soulevait le sol en un raz-de-marée de roches, renversant un groupe d’elfes en train de lancer des projectiles de feu sur des membres du groupe, Christyän fut soudain aveuglé par une immense lumière provenant de son propre centre. L’instant d’après, un immense loup blanc apparu à ses côtés, ses pattes puissantes se terminant en lianes florissantes et s’enfonçant dans le sol desséché, comme si des plantes poussaient en continu là où ses pattes se posaient.

Sirhc, son alter-égo, la personnification de son pouvoir, toisa un groupe d’elfes maniant l’Air avec son éternel air supérieur.
Coordonnant leurs attaques, les deux parts du même être chargèrent le groupe d’ennemis, Chris sous sa forme humaine, Sirhc sous sa forme naturelle, crocs accompagnant la dague et les projectiles élémentaires.

// Tu râles, mais tu sais que c’est ensembles qu’on progressera.//

« Ça t’a ramolli le cerveau de trouver une nouvelle meute,» railla le loup blanc, mais Chris pouvait presque entendre son sourire en coin.

Quelques secondes plus tard, le loup blanc disparu sans un mot ; Chris fut seul dans son esprit, et son corps se fit brutalement lourd, comme épuisé malgré lui.

// Sirhc ? SIRHC ?!//

Alors qu’il se pensait seul au milieu d’ennemis, le champ de bataille disparu soudain, et Chris se trouva debout aux côtés de ses amis et alliés, l’armure de métal disparue et ses vêtements magiquement réapparus.

~~~~
« Je te retrouverais. Je te le promets, Raän. »

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Chapitre 4 : Lómëar

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