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 Retrouvailles [R5]

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Ayla Morg
Nandorien
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Age : 26
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Perfectionnement: Magie Rituelle ~ École du Serpent

MessageSujet: Retrouvailles [R5]   Ven 11 Nov - 20:00

Tout le personnel de l'académie était en effervescence, d'immenses tables avaient été déployées dans le parc tout entier, recouverts de nourriture, de boissons, ainsi que de multiples décorations. D'autres, plus petites, avaient été ajoutées avec de nombreux bancs, des milliers de personnes étaient attendues, une première dans l'histoire de l'établissement ou même de tout Rëvalïa. Différents mages d'esprit usèrent de télékinésie pour placer les différents éléments de la scène principale, où se tiendrait le discours d'ouverture de cette soirée qui serait à n'en pas douter, historique. Aujourd'hui, la nouvelle académie ouvrait ses portes, expliquant sa fusion avec les différentes guildes Rëvalïennes et bien entendu, le Conseil Rëvalïen et son alliance avec l'Empire Altero. L'école pour mages et érudits avait toujours été neutre, aujourd'hui, elle brisait ce cycle, devenant l'un des lieux les plus importants de tout ce vaste monde. Tout Rëvalïa avait été convié dans une immense soirée, offrant nourriture, boissons, le tout à volonté. Les habitants pourraient se renseigner sur la magie, rencontrer les professeurs, le directeur, mais ce n'était pas tout ! Myrddin, directeur de l'académie, avait voulu briser toutes les barrières existantes, invitant non seulement les responsables des guildes légales, mais également les dirigeants des principaux royaumes et même les deux divinités connues sous le nom d'Isil et Nyx. Le risque était énorme, mais le message était assez évident : derrière les titres et les pouvoirs, tous étaient Rëvalïens.

La garde royale vampirique se joignait au spectacle, assurant la sécurité de tout cet événement, ils étaient une vingtaine, soit presque les 3/4 des forces d'élite de Nandoriath, les vampires prenant cette rencontre très au sérieux. Aussi immobiles que des statues, ces immenses humanoïde, faisant tous dans les deux mètres de hauteur, avaient de quoi impressionner la plupart des visiteurs. Leurs armes et armures rouge sang contrastant parfaitement avec les couleurs on ne peut plus chaleureuses de la décoration de cette soirée. De leurs côtés, les elfes avaient fait déplacer de nombreux médiateurs, érudits et sages, chacun devant aller à la rencontre des visiteurs et répondre à toutes leurs questions, organiser différents débats ou simplement les rassurer. Habillé de blancs, ils étaient reconnaissables entre mille, une cinquantaine d'individus sortant autant des légendes que leurs collègues militaires.

Cela faisait un an que le conseil en parlait, tout comme l'académie, même les habitants de l'île de Célène avaient été mis au courant de cet événement. Les anciens de l'académie avaient même reçu des invitations plus personnelles, l'occasion pour eux de se revoir, de découvrir le futur qu'ils avaient aider à bâtir. Certains étaient très discrets, d'autres ne souhaitaient même pas être reconnus, mais quelques célébrités avaient confirmés leur venue, emmenant avec eux encore plus de monde. C'était par exemple le cas des héros d'Edälis, ayant sauvé la ville lors du tristement célèbre festival de la réconciliation. Ils étaient élèves à l'époque et tous avaient pris un chemin différent, changeant de manière subtile ou carrément brutale, le visage de Rëvalïa. C'était le but même de l'académie, les préparer au futur.

Les invités particuliers arrivèrent, à commencer par Kisaki Hisui, de l'Ordre de Jade, Saien Menboku de la Meute et Tiphéreth, de l'Ordre des Guérisseurs. Les Nouveaux Veilleurs et Sleeping Wild n'avaient pas répondu à l'appel, tandis que les Répurgateurs étaient représentés par Elena Ditfrid, déjà présente en tant que professeur de contrôle de soi. Après quelques mains serrées et listé tous les alcools présent durant cette soirée pour Saien, Myrddin accueillit des individus un peu plus "haut de gamme". Vinrent ensuite les reines Ayla Morg, Athial Thanil, Annabella Kyte et l'impératrice Elebrias. Chacune d'elle était accompagnée par une personne de confiance, excepté Elebrias qui n'en voyait pas vraiment l'utilité. La vampire était accompagnée par sa sœur et capitaine de la garde royale, l'elfe par Arda, sage de la terre et l'humaine par Edwen d'Ombrefroide, sa conseillère en occultisme. Parlant un peu du déroulement de la soirée, le directeur espérait que le petit discours d'ouverture serait bien reçu, histoire de ne pas faire fuir tous les invités lors de l'arrivée de Nyx et Isil. Déjà le fait d'avoir réussi à faire en sorte que les deux ne s’entre-tuent pas et acceptent de parler calmement aux autres, tenait déjà du miracle.

Petit à petit, le parc se remplit des différents invités, des plus prestigieux aux petites gens, accueillis par les différents membres du personnel, les installant et leur offrant de quoi manger et boire. Une fois que tous les sièges furent occupés, Myrddin monta sur la scène, plaçant une petite sphère argentée, qui lévita juste devant lui. Cet appareil, de sa création, amplifiait grandement la puissance de sa voix, pour que chaque personne puisse l'entendre.

- Bienvenue à cette soirée d'ouverture ! Pour ceux qui ne me connaissent pas, je suis Myrddin, directeur de cette académie. Tout au long cet événement, vous aurez l'occasion de rencontrer nos professeurs, différents membres du personnel, mais également les dirigeants des guildes avec qui nous aurons une alliance, ainsi que les dirigeants d'Astraël, Nandoriath, Edälia et Célène. Peu importe votre rang social, oubliez ce que vous connaissez, ce soir, les barrières tombent. Naturellement, nous vous offrirons de quoi vous sustenter, aux frais de la Banque de Nandoriath, alors profitez ! Néanmoins, je ne suis pas le mieux placé pour en parler, je vais donc laisser la place à la créatrice de ce projet, je vous prie d'accueillir la reine Ayla Morg !

Sortant de la foule, la reine vampire s'avança lentement en direction de la scène, habillée d'une superbe robe à corset rouge, dont le haut était recouvert de roses, l'ancienne élève captiva temporairement toute la salle, sa beauté surnaturelle ayant cette capacité hypnotique lors des premières secondes. Elle ne ressemblait absolument plus à ce qu'elle avait été durant le combat des éternels. Ses cheveux avaient repris leur teinte rosâtre, ses yeux également, même si ils avaient un côté surnaturel leur donnant un aspect flamboyant, elle fascinait par sa beauté et non plus par la terreur qu'elle inspirait. Son aura de terreur, ce côté prédateur, tout semblait avoir disparu, preuve d'un contrôle de son état ou du moins, une certaine stabilité. Rejoignant le directeur, elle prit la parole dans un sourire.

- Bonsoir à tous, je vous remercie d'être présents pour ce moment historique, même si je pense que certains ne sont là que pour manger et boire. Compréhensible, vous avez assez de discours politique matin et soir non ? Alors je ne vais pas m'adresser à vous en tant que reine, mais en tant que fille de Rëvalïa, ayant vécu certaines expériences. Je ne suis pas là pour sourire et calmer certaines craintes, mais pour vous expliquer ce qu'est l'académie et pourquoi nous en sommes arrivés à cette situation.

Myrddin déglutit, Ayla avait promis une entrée en matière assez brutale, pour toucher le plus de monde possible, mais il doutait que ce soit politiquement correct cette fois.

- Quel est le but de l'académie ? Le contrôle ? C'est ce que vous vendent tous ceux qui utilisent votre peur de la magie. Je pourrais utiliser mes pouvoirs en esprit pour détruire un bâtiment et ainsi tuer des innocents. Le pouvoir serait ainsi contrôlé n'est ce pas ? Responsabiliser, sensibiliser, accompagner, voila ce que recherche l'académie. La peur irrationnelle de la magie est inutile, tout comme ce sentiment de supériorité de la part de mages égocentriques. Jouez avec une lame, elle blessera, la magie fonctionne de la même façon. C'est pourquoi cet établissement passe dés à présent sous l'autorité du Conseil Rëvalïen et sera reconnu à Célène. Notre but sera de repérer les personnes douées de capacités magiques, les faire venir à l'académie, leur enseigner le contrôle, à comprendre leurs pouvoirs et les responsabiliser. Le permis de magie n'est pas là pour calmer vos peurs, mais pour montrer fièrement que nous ne sommes pas des armes, pas des monstres, que nous ne sommes pas plus dangereux que n'importe quel garde de vos capitales respectives. Tout comme eux, nous voulons que vous puissiez avoir confiance en nous, que vous veniez trouver un mage pour ce qu'il peut vous apporter et non en vous disant "méfie toi de lui, il est dangereux".

D'un geste de la main, elle présenta le directeur et quelques professeurs, avant de continuer son explication.

- Ainsi, le mage faisant ses études à l'académie pourra au mieux être encadré, puis être orienté dans les différentes guildes et institutions Rëvalïennes, en étant reconnu par le Conseil. Notre but d'aujourd'hui est de préparer le futur de ce monde, jadis, le directeur Myrddin avait expliqué que tous les élèves de cette école joueraient un rôle crucial pour Rëvalïa. C'est encore le cas, maintenant, c'est à nous de passer le flambeau, de ne plus se concentrer sur les erreurs passées, mais de briser le mur nous séparant tous et de ne pas offrir un futur où vos enfants devraient corriger nos erreurs !

Sa voix était hypnotique, énergique, avec un autorité presque surprenante, faisant sourire Myrddin ainsi qu'Elena Ditfrid. Ils se souvenaient de cette créature effrayante, de cette vampire brisée, ayant perdu toute volonté de se battre, ayant vaincu son père par manque de choix. Aujourd'hui, la jeune vampire s'était transformée, elle avait préféré choisir un autre chemin que la vengeance envers les sages, l'éducation pour lutter contre la haine et la peur.

- Une petite leçon d'histoire peut être. La guerre des éléments, nous nous sommes tous affrontés, vampires, elfes, humains et j'en passe. Quelles sont les conséquences de cette guerre ? Des races se sont éteintes, les Seigneurs du Froid ont attaqué la Lune, la blessant gravement, les elfes se sont retirés, les vampires sont devenus fous et nous avons perdu l'usage de la magie. Mon père, le roi dément, poussa sa folie jusqu'à attaquer des humains, ce qui décima ma famille, mais également mon peuple, devenus des esclaves d'un pacte, forcés de vivre avec les créatures qui ont toujours menacé vos vies : les démons. Combien des nôtres étaient morts pour les empêcher de vous tuer ? Beaucoup trop. Cette instabilité créa une situation désespérée de la part de ma mère qui décida de se faire entendre en capturant l'académie, malheureusement attaquée par ces mêmes démons au même moment. L'Ankou, bandit, révolutionnaire, peu importe, fut également de la partie. Il était le symbole vivant de la politique de l'époque, un échec. Encore une autre conséquence et je n'ai fait que commencer.

Sa voix devint beaucoup plus sinistre, la colère se mélangeant à la tristesse, ses poings se serrant au fur et à mesure qu'elle avançait dans son discours.

- La conséquence de la guerre des éléments en entraîna une autre : la création de l'Abysse. Qu'elle soit incarnée en la personne de Nyx Dowell actuellement et opte pour une nouvelle approche, cela ne change en rien le fait que beaucoup succombèrent lors de sa création ou furent même torturés. La peur de la magie atteint son paroxysme, les Kyte lancèrent la macabre chasse aux sorcières. Tous mages, toute créature magique étant massacré. Souvent pour avoir commis un terrible crime, exister ! Les survivants de l'Abysse découvrirent un monde où ils avaient tout perdu, leurs proches, leur vie, absolument tout. Je ne fus pas dans l'Abysse, mais j'ai vécu dans la peur, perdant tous mes proches. Ma mère s'était sacrifiée lors du festival de la réconciliation pour empêcher la destruction d'Edälis et je ne vis qu'une peur grandissante de la magie, encore une fois. Il y a cinq ans, je tuais mon propre père, pour protéger Rëvalïa d'un sort funeste, une des dernières conséquences de la guerre des éléments. Deux choix s'offraient à moi, me venger de cette situation ou briser ce cycle.

Le ton devint plus léger, charmeur, presque apaisant, calmant les esprits les plus apeurés.

- Avec la reine Thanil, nous avons créé le Conseil Rëvalïen, l'union des différentes races de notre monde pour une politique commune. L'impératrice Elebrias a quitté l'isolationniste des Altero pour nous rencontrer, nous offrant ainsi un terrain neutre, vierge de toutes ces désolations. Les elfes sont revenus, vous offrant leur connaissance, nous autres vampires avons bataillé pour devenir vos bouclier et non plus vos prédateurs. Il reste l'Abysse, il est vrai, mais puis-je vraiment condamner quelqu'un sur son existence après ma dénonciation de la chasse aux sorcières ? Aujourd'hui, les conséquences de tous ces conflits appartiennent au passé. Le choix s'offre alors à vous, en créer d'autres ou nous aider à bâtir Rëvalïa grâce ce que vous propose actuellement l'académie. C'est cette académie qui sauva Edälis, qui combattit le roi dément et qui est responsable de toute l'amélioration que vous voyez actuellement. Elle peut faire bien mieux, mais cela dépendra de vous. Je vous remercie, passez une excellente soirée.

Cessant de parler, la vampire fut rapidement applaudit par Myrddin, ainsi que les professeurs de l'académie. Les elfes présents dans le public suivirent, ainsi que les gardes royaux, avant que ce soit au tour des différents dirigeants, dont Annabella Kyte. Ce discours promettait de l'espoir, chose pour le moment rare, tout en dénonçant fortement le passé, sans se soucier de l'appréciation du message. Elle ne s'attendait pas vraiment à ce succès, mais au final, la majorité du public applaudit ce témoignage. Le directeur reprit ensuite la parole, afin de présenter le programme de la soirée.

- Après avoir mangé, vous aurez l'occasion d'aller parler aux différents représentants des guildes et royaumes, nous avons également invité d'autres personnes tout aussi importantes, mais cela viendra en fin de soirée. Comme nos invités ne peuvent se dédoubler, de nombreux médiateurs elfes sont à votre disposition pour répondre à vos questions ou simplement discuter, le temps que vous puissiez parler à la personne désirée. Bon appétit !

Citation :
Vous pouvez répondre à la suite de ce rp, étant l'ouverture de l'event ou créer un rp privé qui se passera juste après le discours.

Alors que Myrddin annonçait le début du repas et que les médiateurs elfes allaient à la rencontre des invités, la reine vampire se laissa tomber sur un siège en soupirant. Sa sœur vint à sa rencontre, lui offrant un verre de sang dans un sourire et posant sa main sur son épaule.

- Joli, je crois que tu viens d'exploser ta cote de popularité.

Souriant, la rose ferma les yeux et savoura son verre, capable à nouveau de ne plus être dégoutté par cette substance et d'enfin l'apprécier. Elle avait fait du chemin depuis Nandoriath. Levant le verre, elle ne tint pas compte de sa remarque, n'étant toujours pas habituée à cette étrange situation. Elle était après Thanil, l'une des politiciennes les plus appréciées de Rëvalïa, alors que tout le monde la craignait il y a cinq ans.

- C'est de qui ?

S'asseyant, Victoria continua de sourire, bien décidée à lui faire accepter la réalité.

- Un cuisinier vampire je crois, ils se battaient pour t'offrir un peu de leur sang, j'ai du tirer leur nom au sort. Il y avait aussi un gamin qui s'était proposé, mais il est mort.

S'étouffant dans son verre, Ayla toussa, limite apeurée par ce qu'elle venait d'entendre.

- Pardon ?!

Éclatant de rire, la capitaine de la garde royale tapota son épaule dans un sourire amusé.

- T'inquiète, c'est normal, c'est son don il parait. Oh voila les suicidaires qui débarquent !

Soupirant, Ayla fit tomber sa sœur via un mouvement du doigt, la télékinésie étant relativement pratique dans ce genre de situation.

- Tu as pas une fête à observer toi ? Et arrête de les appeler comme ça !

Souriant, la vampire siffla et une dizaine de gardes royaux prirent leur forme draconique et survolèrent la zone, bondissant sur le dos de l'un d'eux, elle verrait beaucoup mieux avec de la hauteur. De son côté, Ayla se leva et alla à la rencontre de ses amis, excepté Christyän, cela faisait cinq ans qu'elle n'avait pas pu les voir. Les joies du couronnement, les responsabilités fusaient.

- Cela fait longtemps, bien trop longtemps. Oh et si un petit malin ose m'appeler par mon titre, je le mords, faites gaffe.

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D'autres en blanc
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Le mien est rouge...


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MessageSujet: Re: Retrouvailles [R5]   Mar 29 Nov - 17:48

Adossé contre un des murs de pierre, bras croisés, observant l’immense parc dans lequel il avait passé la majeure partie de son temps durant plus de cinq ans, le jeune homme poussa un soupir mi-agacé, mi-résigné.

Christyän Maät, disciple du Sage de la Terre, un des rares garous ayant un accès au cercle rapproché des familles royales elfiques ET vampires, soldat de la Lune et meilleur ami du Mari de l’incarnation de l’Abysse, boudait.

// Je ne boude pas, // protesta-t-il mollement mentalement.

// C’eeeest ça, continue de le nier, // le charia une voix claire dans son esprit.

Tirant légèrement sur le col de sa tunique aux tissus et finitions particulièrement raffinés, – // et terriblement inconfortables // – il jeta un nouveau coup d’œil à la foule d’humains, d’elfes, de vampires, d’altéros et de garous qui se pressaient autour des grands buffets, alors que les représentants de chaque race et grande organisation politique de Rëvalïa se préparaient à faire leur discours, un peu plus loin, vers le podium installé dans l’herbe fraiche.

Ce n’était pas tant qu’il boudait, plutôt qu’il n’avait jamais prévu d’être présent à ces « retrouvailles » … // Mais comme d’habitude, ce n’est pas moi qui décide ! //

« Tu es le tout premier disciple du Sage de la Terre, Chris ! Arda sera là, penses-tu à l’image que cela renverrait si tu n’y allais pas ? Francis sera là, lui. Et probablement tous nos camarades de deuxième année. Et puis, les cuisines ont préparé un véritable festin pour l’occasion ! Ce n’est pas juste un gala de la noblesse, mais un événement historique ! Je m’y rends pour des raisons politiques, certes, mais aussi pour m’amuser ! Cela me ferait plaisir si tu m’accompagnais. Tu me laisserais vraiment y aller seule ? » lui avait dit son amie Ayla, une bonne centaine de fois, depuis bien deux mois.

Un sourire amusé d’Arda, lorsque Chris lui en avait parlé – // Quand tu t’es plaint comme un gamin, plutôt. // ; // Cesse d’envahir ma tête, Sirhc. // – l’avait fait douter. Et au final, les attaques de culpabilité avaient fini par le faire fléchir.

// On a pas encore croisé la belle-sœur génocidaire, crise évitée ! Rase les murs, tu réussiras peut-être à l’éviter totalement. // ; // Sirhc ! Qu’est-ce qu’on a dit à propos de Nyx ? Assez avec les surnoms ! // ; // Je suis dans ta tête mon louloup, c’est toi qui les inventes ces surnoms. //

Christyän n’avait plus rien à voir avec le jeune homme terrifié et prisonnier de ses démons qu’il avait été à dix-neuf ans. L’arrivée dans la vie adulte avait été bénéfique pour lui, tant physiquement que mentalement.
S’il avait pris du muscle, quelques cicatrices, et au moins cinq bon centimètres, il avait surtout réussi à mettre de côté ses troubles de l’attachement – qu’il trainait sur sa conscience depuis la disparition de son frère, cent dix ans auparavant. Si cinq ans auparavant, il avait mis un point d’honneur à mettre une barrière entre lui et les autres, à présent d’aucun pouvait aisément voir ses émotions sur son visage.
Ses troubles et ses traumatismes étaient toujours présents, mais il était parvenu, au bout de longs mois de travail sur soi avec Arda, Kagura, Francis et Ayla, à s’en détacher et à les surpasser.

// Eh bah on va tester ça bientôt ! C’est pas ta bourreau que je vois là-bas ? Qui gazouille avec le tigrounet ? // ; // Tu deviens lourd, Sirhc. //

Il jeta néanmoins un coup d’œil dans la direction de son ami Francis, aux côtés de qui il remarqua effectivement Nyx.

Il prit une nouvelle inspiration pour tenter de se détendre – avant de manquer de s’étouffer lorsque les vêtements impeccablement taillés que lui avait imposé Ayla comprimèrent son buste. // Je ne comprendrais jamais cette manie qu’a la noblesse à s’imposer de telles tuniques ! //

Plus loin, le loup-garou vit le directeur Myrddin monter sur la petite scène installée dans le parc, au milieu des décorations festives et des tables de buffet. Malgré la distance qui les séparait, Chris pu nettement entendre les paroles du vieil homme, probablement magiquement augmentées. Il fut rapidement rejoint par une Ayla resplendissante qui ne manqua pas de captiver l’attention de la foule.

Un sourire tendre se dessina sur les traits du garou. Jamais il n’aurait pu imaginer le chemin qu’avait pris sa vie, en cinq ans, ni même qu’il serait une des personnes les plus proches d’Ayla Morg.
Leur mission commune et les événements de Nandoriath avaient créé un lien bien plus fort entre eux que ne le laissait croire leur amitié naissante de « camarades de classe ». Ce lien ne s’était que renforcé au cours de ces cinq dernières années, et il passait à présent plusieurs mois par an aux côtés de la vampire. Comme ami, mais également comme conseiller informel.

Le remaniement de l’Académie d’Edälia, les nouvelles règles sur l’utilisation contrôlée de la magie, l’enregistrement des mages de tout Rëvalïa … Christyän se souvenait parfaitement des longues heures passées à discuter de tout cela avec Ayla. Ça n’avait pas été une décision facile, et l’expliquer au Conseil Rëvalïen l’avait été encore moins.
Pourtant, c’était une nécessité dans ce monde qui avait tant changé en quelques années.

Les applaudissements fusèrent, et Ayla quitta élégamment la scène.
D’un mouvement, Christyän se décolla du mur, s’étira du mieux que ses vêtements le lui permettaient, puis s’avança d’un pas docile vers là où la reine vampire avait été engloutie par la foule d’invités.

Il fronça un instant les sourcils, agacé de devoir se faufiler entre les gens, et ayant perdu son amie de vue.
Soudain, un main blanche et gracieuse se posa sur son épaule, le faisant s’arrêter et se retourner.

Un sourire surpris éclaira son visage.

« Votre altesse, » dit-il en inclinant le haut du torse à 45 degrés, comme le voulait la « procédure » devant un souverain. « C’est un plaisir de vous voir de nouveau. »

Une elfe d’une grande beauté, au sourire avenant et légèrement amusé lui rendit son salut, entourée de deux gardes royaux. La dernière fois que Christyän avait eu l’occasion de rencontrer la reine Athial Thanil remontait à la création du Conseil Rëvalïen.

« Moi de même, cher Christyän. Je dois vous avouer que je ne m’attendais pas à vous voir ici. Je connais votre réticence pour ces événements mondains ! »

« Son altesse Ayla sait trouver les mots pour arriver à ses fins. Par ailleurs, maître Arda n’a pas pu être présent aujourd’hui. Je suis également censé le représenter auprès du public, même si peu de gens connaissent mon existence – ou même celle de maître Arda. »

Tous deux échangèrent quelques politesses, avant que Chris ne remarque, légèrement à l’écart de la foule, deux têtes à la chevelure rosée qui attirèrent son attention. L’hésitation dû se lire dans son attitude, car la reine des elfes lui offrit un sourire complice avant de déclarer : « Je vous laisse retourner à vos obligations, je dois moi-même trouver de quoi me désaltérer. »

Christyän s’inclina de nouveau face à Athial, puis échangea un signe de tête courtois avec les gardes, avant de se diriger vers Ayla, en pleine discussion avec plusieurs anciens amis de l’Académie.

S’il était arrivé aux côtés d’Ayla, cela faisait bien un bon mois qu’il n’avait pas vu Francis et ses enfants, et plusieurs années pour nombreux de leurs anciens camarades, dont Lucien.

« Joli discours, votre altesse, » dit-il sur un ton taquin, évitant de justesse la claque amicale qu’Ayla lança dans sa direction. Il connaissait l’aversion qu’avait son amie pour les titres officiels.

Comme à son habitude, il échangea une accolade fraternelle avec Francis en ignorant délibérément les infimes relents d’Abysse, offrit un large sourire à Remus et salua le reste de ses anciens camarades d’un geste de la tête.

Ces cinq années étaient passées si rapidement, et pourtant, tant avait changé …

~~~~
« Je te retrouverais. Je te le promets, Raän. »



Dernière édition par Christyän Maät le Jeu 9 Fév - 16:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Retrouvailles [R5]   Mer 25 Jan - 19:54


Karnevriath. Le vent du nord sifflait à travers les montagnes. Il voyageait dans l'air, passait à travers les forêts de pins, montaient haut dans le ciel et redescendait. Parfois, sa force soufflait sur la neige, en emportant un petit peu, faisant une vague de blanc s'éclatant quelques mètres plus loin.

Il murmurait à mon oreille. Le vent du nord était une bonne amie à moi. Tout le monde se barricadait dans leur chambre en fermant les fenêtres, mais je préférais garder la mienne ouverte. Je préférais sentir le vent glacé sur mon corps, jusqu'à ce que je ne sente plus rien. C'était bon. C'était une preuve que j'étais vivant. Humain...

Cela faisait une bonne heure que j'étais assis contre le rebord de la fenêtre. Autant pour tuer le temps que pour voir quand mon père allait arriver. Il m'avait laissé dans le domaine des Dowell, sa famille qui vivait à Karnevriath. Une maison noble assez discrète, mais pas moins respectée et qui n'a jamais eu plus d'ambition que de servir ses terres, et le servir bien. C'était soit ça, soit rejoindre Crystal et ma mère dans l'abysse. Je n'aimais pas l'abysse... C'était sombre, inquiétant, effrayant, noir... Je ne savais pas ce qui était pire entre cet endroit où le fait que cet endroit était moi. Enfin, que j'étais une partie de ce monde. Non, je préférais largement le monde plus coloré, vaste, diversifié de Rëvalia. Ici se trouvait la vie, et la vie était largement plus intéressante que la destruction.

Un cavalier arrivait au loin. Père était enfin là ! J'allais pouvoir quitter ces murs, enfin ! Il avait tendance à me déposer ici lorsqu'il avait beaucoup de travail. Être un mercenaire demandait du temps à consacrer, de façon assez irrégulière. Il préférait que je séjourne chez des personnes de confiance plutôt que rester seul à Ràva. Je pouvais comprendre ses raisons, même si mon jeune ego en prenait un coup. Je n'était pas si jeune, non ?

J'aimais Karnevriath. Pour ce qui est le domaine des Dowell...C'était autre chose. Mon oncle, Asher, était le chef de la maison. Son propre père était mort quelque mois après ma naissance et depuis il dirige cette maison comme il le pouvait. Il n’interagissait que peu avec moi, mais lorsqu'il le faisait, c'était avec gentillesse et justesse. J'avais l'impression qu'il me parlait parfois comme si j'étais un adulte, ça faisait du bien. Sa sœur, Constance, était déjà plus présente à mes côtés. Je suppose qu'elle ne faisait pas grand chose et appréciait la compagnie. S'occuper de moi, de me distraire, me proposer des activités était gentil de sa part, elle était presque un peu maternelle. Mais elle n'était pas envahissante, alors tout allait bien. La pire était Carmen Dowell, la tante de mon père. Sœur de ma grand-mère, si je ne disais pas de bêtises. Elle ne m'aimait pas, je le voyais. Je ne savais pas exactement pourquoi. Si la magie la répugnait et que j'étais garou, ou alors pour autre chose. Mon père m'avait dit un jour qu'elle en voulait juste à ma grand-mère et qu'elle redirigeait tout ça contre père et moi. Stupide ! À quoi cela servait d'en vouloir à quelqu'un qui n'était pas la source de nos malheurs ? Je ne pouvais rien changer de toute manière.

J'entendais régulièrement ses railleries, ses phrases qu'elle essayait de dire de la façon la plus complexe et subtile qui soit, en pensant que je n'allais pas comprendre. À table, ou ailleurs, elle lâchait ses sarcasmes et sournois petits commentaires. J'entendais, j'écoutais, je comprenais. Mais Carmen ne comprenais pas que je comprenais. Les gens ne comprennent pas que certaines personnes ne parlent pas, mais que ça ne veut pas dire qu'ils n'ont rien à dire. J'ai toujours des choses à dire, et des opinions. On me les demandent juste jamais. Et je ne viens pas les donner à ceux qui ne demandent rien.

On frappa à ma porte. Ne répondant pas, je descendais tout de même de la fenêtre et m'approcha pour retirer le loqueteau et ouvrir. Je vis Constance, avec un doux sourire.

- Ton père est aux portes. Il sera dans le grand hall le temps qu'on descende. Tu as tout ce qu'il faut ?

Je hochais la tête, toujours aussi silencieux. Je n'avais pas grand chose. Mes vêtements, l'améthyste de mon père...

- J'arrive.


~~~~~

Je rangeais le cheval dans l'écurie. Je n'étais pas tant habitué que ça à l'équitation. Après tout, quand on est un garou, vivant à Ràva qui plus est, chevaucher n'est pas une grande coutume. En vérité je ne voyage pas à cheval tant que ça. Personnellement, j'essayais d'y aller à pied, ou plutôt sur pattes. On ose rarement attaquer un tigre, surtout dans un pays remplis de garou. Mais pour aller  dans des pays un peu plus éloignés, tel Karnevriath, je ne perdais pas tant de temps que ça et louais un cheval. Il fallait se dépêcher un petit peu, vu qu'on nous attendais pour la soirée à l'académie d'Edälia. Et je ne souhaitais pas qu'un chasseur trop courageux ou stupide vienne me déranger pendant mon trajet, si je me promenais dans tous revälia en tigre.

On m'ouvrait les portes, les gardes connaissant un minimum ma bouille. Une fois entrée dans le hall, je fus accueillis par mon cousin.

- Francis, quel plaisir de te voir. J'espère que ton trajet s'est déroulé sans encombre.


- Sans encombre, en effet. Cela est reposant.


Il savait que je travaillais en tant que mercenaire, parfois pour sleeping wild, parfois je prenais des contrats de personnes diverses et variés. Ensuite, il fallait également que le contrat me convienne. J'étais là pour escorter, protéger des caravanes, repousser des brigands, récupérer un objet précieux...pas pour piller ou assassiner. Je n'allais pas perdre mon sens moral aussi facilement.

Asher était une personne courageuse. Mon cousin a dû prendre les rennes quelque années plus tôt, quand son père est mort d'une chute à cheval. Il était le dirigeant de la maison des Dowell, de façon un peu prématurée. Son arrivée prématurée lui a demandé beaucoup de temps pour s'y habituer, mais il a finit par réussir à se faire respecter et à pouvoir devenir un bon duc.

Mon cousin s'approcha d'une table, dans le coin du hall, et prit une cruche, remplissant deux verres d'hydromel. Il m'en tendis une, et je ne pouvais refuser. Pendant que j'approchais la boisson de mes lèvres, il reprit la parole :

- Remus ne devrait pas tarder, j'ai envoyé Constance pour le ramener en bas.

Sa phrase fut suivit en effet par l'arrivée de ces deux derniers, descendant un escalier au fond du hall. Alors que Constance ne fit que quelque pas, Remus approcha naturellement de moi, jusqu'à finir à mes côtés.

-Il a été sage, comme toujours.


Je souriais. Remus était un garçon assez calme, la plupart du temps. Il lui arrivait d'être plus énergique que ça, mais il était assez réservé. Le genre de personne qui se contentait du nécessaire, et n'agissait que rarement de façon superficielle.

-Je n'en doutais pas. Je vous remercie d'avoir pris soin de lui.


Je me souviens encore du jour où j'avais retrouvé les traces des Dowell à Karnevriath. Une aventure...épuisante. Autant pour la recherche que la reconnaissance. Carmen Dowell, sœur de ma mère, a veillée tout le long à ce que je ne sois pas reconnu comme un Dowell, mais comme un Kyte, ce qui voulait dire selon elle un intrus. Toute la haine qu'elle avait envers ma mère, elle la déversait vers la dernière chose la plus proche d'elle : moi. Heureusement, j'avais réussis à me faire accepter après un temps. Mais il m'arrivait parfois de refuser que Remus reste ici lorsqu'elle était dans les parages. Une femme de mauvaise influence.

Je pris le temps de discuter avec mes cousins, avant de repartir. Je repris mon cheval, et posa Remus derrière moi. Je regardais un instant un morceau de couleur vive au niveau de sa jambe. Un ruban dépassait d'une bourse qu'il avait accroché à sa ceinture. Je soupirais.

-Qu'as-tu fais encore ?

Remus dévia le regard, ne voulant pas croiser les miens.

-... Elle en a de nombreux autres. Ça ne lui manquera pas.

C'était bien ce que je pensais. Il avait dérobé à Constance un de ses rubans qu'elle s'installait dans les cheveux. Remus avait ce...''tic'' ? De voler un objet aux personnes qu'il connaissait. Je savais qu'il gardait dans sa chambre une bille qui appartenait à crystal, une brosse à cheveux de sa mère, ainsi que plusieurs poils de loups de Chris, qu'il a ramassé lorsqu'il en perdait et qu'il attachait avec une petite ficelle. Je lui avais permis de récupérer mon améthyste, qu’il gardait, contrairement aux restes de ses trésors, autour de son cou. J'avais un peu de mal avec cette pulsion de cleptomane, et je lui avais déjà demandé pourquoi il faisait ça, et aussi d'arrêter. Il m'avait simplement répondu que c'était sa façon de communiquer avec les gens. Ayant compris qu'il tenait profondément à garder ses butins, je décidais de juste le laisser faire tant qu'il ne s'agissait pas de choses trop précieuses. Une mèche de cheveux était une perte bien minime. Un bijoux, c'était autre chose...

-Bon, contentons nous de nous dépêcher.

Me mettant sur le cheval, je reprenais ma chevauchée sous le froids mordant de Karnevriath, descendant dans le sud, vers une certaine académie...

~~~~~

Des lumières... partout... Un feu, un brasier, un incendie ! Une danse de lumière, des feux follets allant à droite, à gauche, s'arrêtant, reprenant leur course, d'une façon désordonnée. Il y avait des flammes faibles, légères, d'autre puissante, rayonnant parmi les autres. Du bleu, du rouge, du vert, du blanc, toute les couleurs possibles et inimaginables. Ces feux me brûlaient. Je ressentais leur pouvoirs. Leur don... chaque corps dégageait une chaleur qui m'était pénible. Comment tout le monde pouvait survivre à ça et pas moi ? J'étais si fragile que ça ?

Je crois que j'étais sur le point de transpirer. Je n'étais pas habitué à voir autant d'âmes réunis en un seul endroit. Comment j'allais pouvoir me repérer parmi toutes ces sources vives de lumière ? Je me tenais derrière mon père, le tenant par les habits, ne voulant pas me perdre dans toute cette foule. Ma mère était également à côté, nous ayant rejoins au milieu du trajet avec ma sœur, Crystal. Je voyais soudainement une autre lumière...Une lumière noire, profonde. Un feu intense, avec de légers reflets pourpre, se mettant à parler à l'assemblée des âmes présentes. Elle parlait de l'académie où a été mon père. Elle parlait du fait que les mages sont aussi dangereux que n'importe quelle lame, et que la responsabilité était ce que l'on apprenait ici. Elle parlait de nombreux événements historiques, et mentionna diverses personnes. Je grimaçais légèrement lors de l'un des passages : lorsque la femme mentionna les Dowell, notamment ma mère, ainsi que ce qu'elle avait causée. Sans parler de la famille Kyte qui vint la phrase d'après. C'était ça mon héritage ? Une divinité dévoreuse d'âme et une royauté qui massacra les mages ? Je n'arrivais pas à supporter le fait que j'étais le fruit malsain de ces deux branches mortes... Et que je ne pouvais rien y faire. Une horreur subsistait dans mon corps...

De grands applaudissements. La flamme termina son discours, et descendit de son promontoire.

-Allez, viens, nous allons la voir.

Je déglutit

-La voir ?

-C'est une amie à moi, répondit mon père avec un sourire.

Je ne savais pas pourquoi, mais parler à cette flamme me stressait, peut-être que c'était sa prestance, ou alors qu'il s'agissait de ce qu'elle avait dit sur ma famille. L'obscurité de cette lumière était un peu effrayante. Elle ne semblait pas méchante, ni mauvaise, mais c'était juste la force qu'elle dégageait...

Père se tourna vers Nyx, ainsi que ma sœur.

-Je vais aller saluer Ayla. Je te rejoins un peu plus tard. N'hésite pas à venir me chercher si tu as besoin de quoi que ce soit. Crystal, n'hésite pas non plus si tu veux rencontrer mes amis d'enfance.


Il commença à avancer vers un petit groupe qui s'était formé autour de la flamme. Je remarquais parmi eux l'âme vert profond de Chris. Le savoir ici me donnait un meilleur sentiment de sécurité. Dans ce groupe se trouvait un véritable arc-en-ciel, un mélange de couleurs légèrement perturbant.

-Cela fait longtemps, bien trop longtemps. Oh, et si un petit malin ose m’appeler par mon titre, je le mord, faites gaffe.

-J'ai connu pire qu'une morsure. J'ai surtout appris à craindre tes coups de poings pour être honnête, répondit mon père avec un léger ton taquin.

De mon côté, je restais silencieux. Replié un peu derrière le bras de mon père, je regardais les individus autour de moi, n'osant rien dire...surtout après l'échange entre mon père et l'âme noire.
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MessageSujet: Re: Retrouvailles [R5]   Jeu 26 Jan - 20:47

Lucien d'Elenor avait longtemps attendu ce grand soir.
Arrivé avec les chevaliers de son Ordre, il rayonnait à présent ainsi qu'une rose fraichement transplantée dans la terre fertile d'un beau vase de porcelaine, arrachée au sordide marais qui l'étouffait de ses brumes ténébreuses : son milieu de prédilection avait été retrouvé, le seul dans lequel il se sentait respirer.
D'aucuns décrivaient les us de la cour comme autant de carcans imbéciles dénués de rime et dépourvus de raisons ; pour lui, ce lieu était celui de l'esprit le plus vif et des amours les plus grandes. Le monde était un bal de lumière, qui tournait au rythme des symphonies. La vie raffinée se nourrissait d'élégantes sentences formée dans la langue du siècle mondain ; une existence passée à écumer les demeures de campagnes des divers royaumes, dans l'attente d'un jour monter à la cour avait nourri le désir des belles choses dans le cœur de Lucien.
L'on ne saurait dire que le jeune homme n'avait pas pris goût tant aux cinq années qu'il avait vécues à mener la vie d'un chevalier, mais ces images de rêve tenaient des espoirs passés auxquels l'âme ne peut jamais renoncer et que la vie, un soir peut-être, allait contenter. Dans ses habits de jade assortis à sa chevalière, il semblait virevolter de groupe en groupe, toujours dansant et mesuré. Rayonnant à la vue de tous les invités, affable, assidu, d'attentive alacrité.
Son rire avait de l'oiseau les notes sonores, et derrière lui filaient de longues ailes d'or.


La jeunesse veut qu'on parle d'elle et désire marquer. Lucien n'en différait pas tant, et n'avait su résister à l'envie de montrer ses capacités et de revêtir les atours de l'ange pour se faire connaître sous ce visage. Il désirait par cette stratégie s'attirer la sympathie des garous qui étaient venus, et dévoiler à tous qu'il se plaçait du côté de la Magie lors de la soirée qui lui était dédiée. Avec le temps et les voyages pour le compte de l'Ordre, il avait su se mêler avec d'autres milieux, bien qu'aucun ne pût tout à fait surpasser les salons dont il s'était épris, attiré par l'attrait de la culture et du fin esprit. Il avait joué de cette diplomatie nouvelle avant que le discours ne commençât, et jugeait avoir été apprécié de presque tous ; l'attention qu'il portait à ses compagnons y avait sans doute beaucoup contribué, née de la délicieuse curiosité qu'il avait depuis sa jeunesse cultivée.
Le discours avait su faire naître un sourire sur ses lèvres. La reine Morg était indéniablement la plus puissante en cette pièce, et aussi pouvait-elle se permettre des stratégies de condescendances en s'abaissant au niveau de tous. Nul ne lui servait de se montrer trop hautaine pour séduire. En vérité, en raison de son ascendance avec la pire des monstres sanguinaires, sans doute était-il préférable qu'elle se fît proche et charmât pour dissiper les craintes.

Fut un temps, Lucien avait eu des yeux perçants et brillants d'émeraude. Quiconque les eût regardés ce soir y aurait noté de vagues brumes d'ombres, semblables à un nuage d'encre qui évoluerait diffus dans un verre d'eau pure. Mais pour s'en rendre compte, il aurait de toute façon fallu ignorer la diversion de ses ailes.
Il ne percevait plus si bien les choses de ce monde-ci, et se révéla bien incapable de repérer ses anciens camarades de classe dans la foule, perdus parmi les inconnus. Toujours civil, Lucien dansa avec le mouvement, tout sourire, prenant garde à ce que ses plumes ne causassent point le moindre inconfort aux autres - ce qui aurait été fort difficile dans une salle moins vaste. Dans sa quête, il finit par croiser un insolite personnage, qu'il n'avait pas vu en cinq années : un enfant adorable. Un dragonnet timide, qui n'avait pas trouvé lui non plus le groupe ou l'avait évité. Il était assez incroyable que son visage n'ait pas changé le moins du monde alors que lui-même avait crû et acquis des muscles.
Un pauvre être qui n'avait jamais demandé de subir tout ce que leur avait réservé Nandoriath. Et un surveillant qui n'était ni connu pour ses talents d'observateur, ni pour jamais avoir su imposer la terreur.
- Bonsoir Shisui, tes habits sont ravissants ! Sais-tu où sont les autres ?
L'autre sembla surpris ; il mit du temps pour reconnaître le mage, mais il finit par se souvenir de Lucien après avoir longuement fixé ses ailes. Son anxiété faisait peine à voir, et il était difficile de se rappeler qu'il ne s'agissait pas d'un petit enfant qu'auraient laissé ses parents le temps d'une discussion. Au moins savait-il où étaient les autres, comme témoignèrent un "par ici" et un mouvement du doigt : ils étaient proches. Aussi reprit-il avec douceur et embarras :
- Merci beaucoup, je me sentais perdu. Veux-tu venir avec moi les rejoindre ?
- ... Je pense que je vais rester là encore un peu, pour être plus à l'aise...
- Oh, dommage... es-tu sûr ? Si tu veux, je peux nous y amener. dit le mage dans un léger mouvement d'ailes, qui poussa Shisui à détourner les yeux.
- Merci mais... j'ai... je crois que je n'ai pas l'habitude d'une telle foule.
- Tu te sentirais peut-être mieux avec tes amis.
- Peut-être bien...

Finalement, Shisui prit la main que lui tendait Lucien. En souriant, il le prit dans ses bras avant de se téléporter dans les airs et de commencer à planer vers le groupe ; si l'enfant avait été plus lourd, s'il avait mené une vie moins exigeante dans le domaine martial, sans doute le mage n'aurait-il pas su mener la manoeuvre à bien. Mais l'effort valait bien la peine, s'il permettait d'arriver par la voie des airs et de surprendre les autres. Il pouvait voir Ayla, Christyän, Francis et un drôle de jeune homme qui lui ressemblait beaucoup - un frère, à n'en pas douter.
Lucien n'avait revu qu'Ayla au cours des cinq dernières années, à l'occasion d'un rendez-vous qu'il avait organisé pour lui révéler les plans de son ancêtre. Un rendez-vous au cours duquel il n'avait rencontré que méfiance, et qui l'avait éloigné plus encore de son ancien amour.
Ce soir, il ferait abstraction de cette précédente rencontre, et agirait comme un vieil ami envers ce groupe. Il aurait bien entendu préféré que tous jouassent le jeu de la cour et pussent faire preuve d'éloquence, mais la situation ne s'y prêtait pas. Au moins pouvait-il se dire qu'il n'avait rien à perdre à montrer qu'il faisait partie du cercle des intimes de la reine et du mari de l'Abysse. Qu'étaient-ils tous devenus avec le temps ? Il posa doucement Shisui à terre avant de se relever. Il pourrait peut-être se lier d'amitié avec le jeune frère isolé ?

- Bonsoir à tous, désolé du retard. Comment allez-vous depuis tout ce temps ?
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MessageSujet: Re: Retrouvailles [R5]   Mer 1 Fév - 0:47

"Voila bien longtemps que je n'étais pas retourné ici"... c'est ce que vous auriez imaginé lire, pas vrai ? C'est surement ce que peuvent se dire un paquet de monde se retrouvant ici, d'anciens élèves, d'anciens professeurs, et pourquoi pas même d'anciens visiteurs tout simplement. Mais pour ce qui est de Shisui ou Cyril, rien de nouveau sous la Lune, eux n'ont pas cesser de faire parti de l'Académie ces dernières 5 années. Enfin, quoique... c'était quelque chose à nuancer, ça aussi. La guerre de Nandoriath aura fait couler le sang de chaque côté, puis s'en sera suivi l'apparition d'un seigneur du froid. Shisui ne pu vraiment supporter tout ça et pendant des mois il n'était plus que l'ombre de lui même. Certes, ce n'était sans doute pas le moins discret du monde mais il y avait des limites à avoir des crises de panique au moindre événement inattendu.
De ce fait, il s'est rapproché d'avantage de Theyne et le suivait fréquemment, de même que de Fralis qu'il aurait sans doute apprécier rencontrer dans de meilleurs conditions qu'à Nandoriath, puis de Thaxyl, durcissant ses enseignements afin de faire de ses "deux" disciples des dragons digne de ce nom. Au final, tout cela confondu, on ne peut pas dire qu'il ait été très présent et ait pu tenir son rôle de surveillant, quoi que ça ait pu y changer quelque chose d'ailleurs. C'est ainsi qu'au terme de tout cela il put faire au moins en partie la paix avec son esprit. Mais rien de tout cela n'aurait pu le préparer au pire qui allait arriver... une soirée mondaine.

C'est ainsi qu'il se rendit à la réception, vêtu avec plaisir de sa toge blanche à motifs de dragons tissés d'argent qui lui a été offerte par Theyne sur le modèle de sa propre toge, vers le parc de l'Académie. Présent bien plus tôt que la plupart des invités en tant que personnel de l'académie, il était déjà passablement inquiet de la tournure que pourrait prendre cette occasion. Déjà qu'il n'avait pas l'habitude de la foule, les réceptions auxquelles il a pu assister jusque là ne ce sont pas vraiment déroulé comme prévu. Heureusement, il n'était pas tenu d'accueillir les invités à la porte, Myrddin savait bien que ça ne lui conviendrait pas, sans parler que se faire accueillir par un "enfant" pourrait sembler être un manque de politesse de la part de l'hôte. Ah, oui, il fallait mentionner ça, mais Shisui n'a quasiment pas changé d'un pouce depuis les cinq dernières années, au moins on ne devrait pas avoir de soucis à le reconnaître. Même s'il est clairement plus grand en tant que dragon, étrangement. Aussi, il s'était placé à l'écart de la scène où se déroulerait le discours, prétextant qu'il pourrait avoir une vue d'ensemble de la foule, tandis que les invités se succédaient les uns après les autres, aucuns visages ne lui étaient vraiment familier jusqu'à présent mis à par ceux qu'il rencontra à Nandoriath.
Sérieusement ? C'est comme ça que tu comptes passer la soirée ?
... Tu sais bien que je n'ai pas l'habitude de la foule... je... j'irais plus tard ?
Je me demande ce que maître penserait d'un dragon qui a peur de la foule.
... C-ça n'a rien à voir ! E-et puis t'as qu'à y aller toi...
Pff, t'es qu'un rabat-joie ! Et puis... c'est pas drôle, je peux rien faire éloigné de toi...

Le parc se remplissait à vu d’œil, il devenait difficile de distinguer qui que ce soit dans cette foule qui ne soit pas démarqué d'une quelconque façon... ce qui sera d'ailleurs les cas d'une belle jeune dame à la robe rouge écarlate montant sur la scène. Oh combien il aurait pu essayer, il n'aurait jamais pu oublier Ayla, d'autant plus qu'elle même n'avait pas vraiment changé si ce n'est l'état bien plus agréable dans lequel elle se trouvait maintenant. Repensant à tout ce qui s'était produit, Shisui ferma les yeux un instant et poussa un soupir discret, détournant la tête tout en écoutant le discours, se remémorant des 5 ans et du chemin qu'il avait parcouru pour en arriver là.
Sitôt celui ci terminé, elle parla un instant avec sa soeur, puis rejoignit quelques têtes connues avec excitation... Enfin, têtes connues ? Difficile à dire. En réalité Shisui avait bien du mal à reconnaître qui que ce soit, l'un d'eux cependant lui était pourtant familier... Une personne grande, musclée, barbue accompagné d'un enfant qui semblait avoir à peu près son age. Pourtant, personne à sa mémoire ne correspond à cette description... ?
HEY ! C'est le tigre !
Cyril le prit d'un coup de surprise, puis le garçon lui rendit un regard perdu, suivit d'un étrange silence.
... Francis ? FRANCIS ?
Il regardait par alternance le grand personnage et Cyril, qui semblait faire la tête, frappé par si peu de confiance ! Rien ne semblait coller pourtant, mais quelque chose en lui ne pouvait totalement rejeter cette idée.
Oui ! Lui ! Je me suis rapproché de lui, c'est exactement la même odeur ! Je risque pas de l'oublier !
... C'est ça, son odeur, hum, comment s'est-il "transformé" comme ça en seulement cinq ans ? Bon, Shisui n'a pas vraiment de leçons à donner en termes de changements, mais quand même !
Et comme une surprise n'arrive jamais seule, voila qu'un gentleman ailé virevoltant fit apparition dans le champ de vision du "surveillant".


- Bonsoir Shisui, tes habits sont ravissants ! Sais-tu où sont les autres ?

Voila qui était inattendu, alors qu'une expression de surprise extrêmement visible se figeait sur le visage du garçon, observant les ailes du... pas si inconnu ? C'était tout juste s'il se souvenait de la question qu'il venait d'entendre avant d'avoir une soudaine révélation sur la personne en face de lui. C'était Lucien, qu'il avait surtout approché lors de la bataille de Nandoriath, et qui a pu le sauver quelques fois à l'occasion. Au moins lui n'était pas méconnaissable au point de devoir le reconnaître par l'odeur. C'est ainsi avec la même expression de surprise qu'il montra le petit groupe du doigt avec un simple "par ici". Celui-ci lui enjoignant le plus poliment et amicalement du monde de l'y accompagner, ce à quoi Shisui refusa une première fois, sous l'oeil agacé de Cyril.

- Oh, dommage... es-tu sûr ? Si tu veux, je peux nous y amener. Dit-il tout en agitant les ailes une fois, Shisui détournant ses yeux cette fois pour regarder le groupe derrière.
- Merci mais... j'ai... je crois que je n'ai pas l'habitude d'une telle foule.

- Tu te sentirais peut-être mieux avec tes amis.

Un moment d'hésitation prit Shisui, qui regarda Cyril qui lui faisait un hochement de la tête assez forcé. Comme insistant sur son "c'est comme ça que tu comptes passer la soirée ?" précédent. Au final, il décida pour une fois de dissiper le doute et... advienne que pourra après tout, ce n'est pas comme ça qu'il pourra profiter de la soirée.

- Peut-être bien...

Il n'eut qu'à tendre le main vers celle du noble pour que celui-ci lui tienne fermement, puis le prit spontanément dans ses bras, sans que ça ne semble lui faire quoique ce soit à en croire son visage placide, avant de s'envoler l'espace de quelques mètres pour rejoindre Ayla et les autres. Outre la situation très gênante pour Shisui, celui-ci ne pouvait s'empêcher de regarder les ailes du noble, se demandant sans cesse...
... Pourquoi on peut pas faire ça nous ?
Hey ! On sait déjà voler !
Mais... c-comment il fait pour avoir des ailes avec son corps humain ?
J'en sais rien moi !... Hum, faudra demander au maître...

A peine quelques secondes de théâtre pour atterrir le plus élégamment possible devant la reine vampire et les autres, déposant Shisui le plus naturellement qui soit alors que lui n'appréciait pas vraiment se retrouver dans les bras de quelqu'un comme ça...
Mais surtout... il avait encore du mal à faire face à Ayla encore aujourd'hui... ce n'était pas de sa faute mais elle cristallise certains des pires souvenirs de Shisui... rien que là, c'est une vraie lutte qu'il doit mener pour la regarder de face. Le sourire nettement crispé, regardant un poil en dessous des yeux... articulant péniblement une phrase par mesure de politesse... telle que lui avait enseigné Theyne...


- ... Salut !... Ça fait longtemps, tout le monde...
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MessageSujet: Re: Retrouvailles [R5]   Mer 1 Fév - 18:08


Cela faisait déjà quelques minutes que la jeune fille jouait avec le vide, faisant bouger ses deux étranges mains dans les airs, comme si elle jouait avec une force invisible. Des vagues voletant dans les airs, des formes que seule elle semblait en mesure de voir. Elle sortit de sa contemplation lorsqu'une femme aux cheveux noirs vint poser ses lèvres sur ses cheveux bicolores, la faisant se retourner avec un sourire. Cette femme se nommait Nyx, femme de Francis Dowell, sa mère, mais beaucoup plus connue pour être l'avatar de l'Abysse.

- On y va ?

Souriant, la jeune fille fit un mouvement de la tête et suivit sa mère, découvrant avec émerveillement cette immense foule qui se rassemblait dans le parc de l'académie d'Edälia. Malgré toutes les personnes présentes, aussi uniques les unes que les autres, ce fut elle, Crystal, qui attira rapidement l'attention des autres. Cela était dû à deux choses, la nature de sa magie et son apparence. Pour ceux capables de ressentir la magie, la jeune fille était une nouveauté, une énigme, un espoir et une hérésie. Une parfaite hybride, capable d'utiliser la magie lunaire et la magie abyssale, bien que cette dernière était bien entendu beaucoup plus présente de par son long séjour dans l'Abysse. Pour certains, elle était la preuve vivante que la Lune et l'Abysse n'étaient pas incompatibles, qu'il y avait une possibilité de cohabitation et de paix. Pour d'autres, elle n'était qu'un piège de Nyx, tentant de faire croire qu'elle n'était pas si abominable, les trompant pour mieux les dévorer. Certains voyaient encore un véritable danger d'unir ces deux mondes, jugeant la petite d'hérétique et avaient tenté de l'éliminer. Ils étaient revenus, perturbés, le héraut de l'Abysse veillait sur elle, comme une grande soeur protectrice, tandis que Crystal l'empêchait de tuer ses assassins. "Partez, vivez, prenez un autre chemin". Elle ne faisait pas de mal à une mouche, refusait qu'on tue en son nom, s'opposait à la violence. Une colombe se posant sur un champ de bataille et l'arrêtait par sa simple pureté, de quoi faire réfléchir plus d'une personne en effet.

Crystal effrayait, autant qu'elle fascinait, surtout de par son étrange apparence. Physiquement, elle montrait clairement qu'elle n'appartenait pas à ce monde, ce n'était pas une mortelle, bien que sa durée de vie restait à déterminer. Possédant de longs cheveux descendant jusqu'au bas de son fessier, ils étaient séparés en deux couleurs. La partie gauche était d'un noir profond, rappelant une nuit sans lune, sans nuage, sans étoiles. Celle de droite, était en revanche d'un blanc immaculé, semblable aux mers de neiges que l'on trouvait à Karnevriath. Cet étrange phénomène était également présent sur ses mains et avant bras, bien qu'en plus de la couleur, ils avaient un aspect transparent. On ne voyait ni os, ni chair, uniquement cette apparence surnaturelle.

Déjà terriblement belle pour son âge physique, elle avait grandit à une vitesse phénoménale, de par sa proximité avec l'Abysse. Malgré la magie lunaire qui coulait dans ses veines, sa nature abyssale la forçait à rester dans l'Abysse beaucoup plus régulièrement que toutes les autres créatures liées à Nyx. Même sa mère n'avait pas autant besoin de cet environnement, Crystal, elle, ne pouvait s'éloigner de ce sombre plan d'existence pas plus de quarante-huit heures avant de dépérir. Son état de santé chutait alors à une vitesse alarmante, ce qui faisait que ses sorties sur Rëvalïa étaient assez rares. Tout comme son frère, elle avait la capacité de voir la magie des autres, à la différence qu'elle était capable de la voir en toute chose. Malheureusement, elle ne pouvait voir que la magie, elle était tout simplement aveugle à tout le reste.

Guidée par la main dans le dos de sa mère, elle avança dans cet endroit beaucoup trop bruyant pour elle. Elle regardait cependant avec émerveillement le nombre de magies présentes au même endroit, une véritable gamine découvrant la neige. En écoutant le discours, elle se crispa lorsque la reine vampire parla de sa mère, mais fut justement découragé d'intervenir via un simple geste de cette dernière. Quant aux Kyte, elle ne se sentait pas vraiment impliqué, ne connaissant que son père dans cette fameuse famille. Ce dernier fit d'ailleurs son apparition, emmenant Remus avec lui pour lui faire rencontrer la fameuse reine qui osait dire du mal de sa mère. Néanmoins, désireuse de comprendre qui étaient vraiment les amis de son paternel, elle se précipita à sa suite.

Elle ne vit pas la jambe rapide posée en travers de sa route et tomba sur le sol, l'homme responsable de l'incident prit ensuite rapidement la fuite, tandis que Nyx accourut vers la jeune fille, inquiète.

- Tout va bien ? Si je retrouve ce...

Souriante, Crystal fit un non de la tête, visiblement peu affectée par ce qui venait de se passer.

- Oh ce n'est rien, il est beaucoup plus aveugle que moi, voila tout. Inutile d'en faire tout un plat.

Soupirant, la divinité aida sa fille avec tendresse, la relevant lentement. Elle la guida ensuite vers le petit groupe, avant de s'éloigner, ne désirant pas imposer sa présence plus que nécessaire. La remerciant dans un grand sourire, la jeune fille avança lentement vers son père, observant un à un les étranges personnes.

- Tu nous présentes papa ?
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MessageSujet: Re: Retrouvailles [R5]   Mer 1 Fév - 19:34

Les choses devenaient de plus en plus concrètes, c'était une certitude. Pour preuve ? Cet immense rassemblement de monde dans les extérieurs de l'académie. Il y avait toute sorte de personne, des riches, des pauvres, des curieux, des personnes venant exclusivement pour la nourriture. Parmis elles, se trouvaient encore deux sous-catégories ; des gens semblant à leur aise, discutant, riant, passant un bon moment ou encore simplement partageant leur joie d'être ici ! A leur opposé se trouvaient un certain nombre de personne laissant clairement sous-entendre le calvaire que ce rassemblement pouvait représenter pour eux et au milieu de ces deux groupes se trouvait un jeune homme, Akira Takahashi.

Ce n'était pas sa première fois ici, pourtant il redécouvrait les lieux sous un angle complètement différent, aussi bien sous ce coté festif mais également du point de vue d'un étudiant à part entière. Enfin, concrètement, les cours commençaient dès le lendemain mais à ses yeux, il faisait déjà partie de cet univers. Pourtant, il ne se démarquait pas des autres malgré sa mise à l'écart flagrante. S'il avait connu certaine chose, la sociabilisation n'était pas son fort, aller à la rencontre des gens, parler de tout et de rien, étaient loin d'être facile pour lui.

Cela ne l’empêchait pourtant pas d'observer la scène. Un discours des plus impressionnant, venant d'une femme qui l'était d'autant plus. Il fallait être un ignare de première pour ne pas l'avoir reconnue ou plutôt pour ne pas la connaître. Elle expliquait le fonctionnement de l'académie et un certain nombre de chose à tout ceux qui semblaient avoir peur de la magie. Jusqu'à présent il n'avait jamais vraiment prit en compte le fait qu'il allait faire partie de cette part du monde, lui qui croyait qu'il se contenterait d'être un maître d'arme, un voyou, un mercenaire, qui sait après tout ? Son discours le toucha d'une certaine manière, il était d'accord avec ce qu'elle disait et malgré le fait que certaine personne dans l'assemblée semblaient se moquer parfaitement de ce qu'elle pouvait dire, d'autre étaient bien plus attentifs et semblaient avoir ouvert les yeux devant ces si frappantes paroles.

Le discours se finit, tout ce beau monde recommença à papoter, manger et boire. Akira se mit à se promener au milieu de la foule, observant, écoutant. Il semblait redécouvrir ce peuple qui pour la plupart venaient de sa ville natale sans que celui-ci ne parvint à les reconnaître. Les gens changent en fonction des occasions, ou des personnes présentes. Il vit Ayla rejoindre un groupe de personnes qu'elle semblait bien connaître. A vrai dire beaucoup de gens semblaient se revoir après un long moment, de bien jolies retrouvailles en somme. Ce spectacle aurait pu en émouvoir plus d'un, pour lui ce n'était qu'un moment de souffrance. Il préféra se mettre à l'écart un instant, s'asseoir et penser à autre chose. Pourquoi fallait-il que ce genre de pensée le frappe à cet instant ? S'il partait ainsi il ne profiterait plus de l’événement et à quoi bon être venu si c'était pour prendre la porte au bout de si peu de temps. Il prit une grande inspiration, se leva de son banc et se dirigea vers le buffet. Après tout il valait mieux commencer par là pour se mettre dans l'ambiance de la réception. Il n'avait pas grande faim à cause du stress constant qu'il pouvait avoir au milieu de la foule, en revanche une boisson ne serait pas de refus. Il sembla quelque peu indécis au moment de choisir, ne sachant s'il devait prendre une boisson alcoolisée ou non. Il finit par prendre une bière, s'affirmant à lui même qu'il était largement en âge pour cela.

Buvant progressivement le contenu de son verre il observait un à un les différents personnages croisant sa route. Il alla alors s'adosser à un mur, Il ressentait que très peu la magie, étant qu'un simple débutant en la matière. Pourtant, son instinct et sa sensibilité magique attirèrent tout deux son attention vers un point précis de cette marrée, le groupe qu'avait rejoins Ayla. Il était composé de plusieurs individus, loin d'être aussi connu qu'elle. Trois hommes, trois enfants. Son ouïe était loin d'être sur-développée, il ne pouvait donc pas entendre la nature de leurs propos. Pourtant, il ne pouvait réellement les quitter des yeux. S'il était prêt à ne faire qu'un avec sa magie, ce concentré, ne pouvait que l'intriguer. S'il n'avait pas été aussi introverti il aurait sûrement essayé de s'approcher d'eux, même en attendant quelque peu, il aurait posé des questions sur eux, leur magie. Pourtant, il n'en était rien… Il restait distant, baissant le regard au moindre moment ou quelqu'un aurait pu le soupçonner de les observer.

Son verre s'en retrouva vide, il finit par se dire que s'il restait ici à attendre bêtement avec un verre vide, il serait des plus suspects. Il retourna alors vers le buffet, n'hésitant plus une seule seconde en demandant son nouveau verre. Son air sûr de lui laissant une mauvaise impression à celui qui lui servit son verre. Cette carapace pouvait autant impressionner, intéresser que simplement insupporter les gens qui ne le connaissaient pas, pourtant cela faisait complètement parti de lui, pire c'était la seule image qu'il permettait aux autres d’apercevoir.

Il reprit le chemin du mur qu'il avait quitté précédemment avant de se rendre compte que s'il revenait exactement au même endroit, il serait repéré à coup sûr. Il changea donc d'angle, donnant une vue beaucoup plus dégagée, principalement sur les trois enfants présents. Deux jeunes garçons et une jeune fille. Bien qu'il se questionna un moment sur l'âge de la jeune fille. Il ne pu répondre à cette question, mais ce n'était pas son âge qui l'intriguait le plus. Au-delà de cette beauté qui aurait pu le rendre quelque peu mal à l'aise, elle dégageait une aura si puissante que lui-même pu très nettement ressentir. Il comprit qu'elle devait avoir un pouvoir d'une grande puissant, a tel point que lui même était capable de le sentir aussi intensément.

Dirigé bien plus par la curiosité que par une réelle envie, il quitta doucement sa place, buvant peu à peu son verre. Se dirigeant avec lenteur et furtivité vers ce groupe de personne. Il ne cherchait pas à entrer dans leur cercle, simplement à en faire le tour comme s'il voulait les observer de plus prêt. Gardant ses distances de cette magie, qui continuait mètre après mètre de toujours plus l'intriguer.

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MessageSujet: Re: Retrouvailles [R5]   Lun 27 Fév - 20:06

Juste après être sortie de son bain, dans son immense salle de bain luxueuse, la jeune femme nue, aux cheveux noirs, soupira un grand coup. Ce moment de calme ne durerait pas, son esprit devait rester serein durant toute cette soirée, si exceptionnelle à ses yeux. Aujourd'hui, après plusieurs semaines loin de lui, beaucoup trop épuisée pour le revoir, elle aurait le privilège de retrouver son cher époux. Chaque seconde hors de sa présence créait un véritable vide en elle, trop souvent comblé par des noires pensées, des envies lugubres et des pulsions on ne peut plus malsaines. Il n'aimait pas la voir dans cet état, elle devait rester forte, au moins pour lui. Ce soir, elle serait huée, on parlerait dans son dos, lui cracherait dessus et serait traitée en monstre. Si les paroles ne fusaient pas comme des flèches, ce serait au tour de leurs pensées, entendant le moindre de leur jugement. Et si cela ne suffisait pas, viendrait le tour de leurs émotions, leur ressenti. Chaque petit fragment de rancœur, de colère, de tristesse, de haine, de souffrance, de désespoir serait ainsi enregistré dans son propre esprit. Le pire dans tout cela était que ce genre de choses ne feraient que renforcer son organisme et ses pouvoirs, alors qu'elle ne désirait pas cela. C'était ainsi, Nyx Dowell n'avait pas choisit cette vie, mais elle devrait s'en accommoder, tel était le destin de l'incarnation de l'Abysse.

Soupirant, elle ferma les yeux et toute l'eau présente encore sur son corps s'évapora, comme si ce dernier était devenu bouillant. Se baissant, elle toucha le bas de ses jambes et remonta lentement ses doigts, dessinant sa silhouette avec ses mains. Un liquide noir vint entourer les zones en question, puis ce dernier se transforma en tissu, créant ainsi une robe noire relativement fine, épousant parfaitement son corps. Ouvrant la main, elle fit léviter ce même liquide, qui se teinta de rouge, puis elle le modifia avec son autre main, lui faisant prendre l'aspect d'une rose rouge, avant que ce dernier ne se solidifie. Il ne s'agissait pas que d'une imitation, elle avait le pouvoir de tout créer dans cet environnement, ce liquide n'était malfaisant que si on ne le contrôlait pas. Il pouvait tout de même créer la peur, mais il ne reflétait que ce que les gens voulaient voir. Si on s'attendait à ce que ce "sang noir" provoque la peur, il le ferait. Ce soir, les gens ne verraient qu'une rose et qu'une robe, tout simplement. Souriant, elle plaça la rose dans ses cheveux et sortit de la salle de bain.

Passant dans les salles luxueuses de la demeure familiale, dans cet endroit où jadis il n'y avait qu'un bassin rempli de son propre sang, Nyx ne pu s'empêcher d'être songeuse. Francis lui avait dit que l'environnement était nécessaire à l'éducation de ses enfants, ils ne pouvaient pas vivre dans l'Abysse brute. Elle avait tout changé, pour eux, ce niveau, le plus profond de son univers, était devenu leur maison lorsqu'ils venaient ici. Elle n'était pas mécontente de ce qu'elle en avait fait. Arrivant vers l'entrée, elle vit Crystal, sa douce et tendre fille, caressant doucement la porte, un léger tremblement parcourant sa main. Elle avait peur, elle le sentait, comme à chaque fois qu'elle quittait l'Abysse. Ici, elle était protégée, sa vue n'était pas voilée, contrairement à son frère, elle avait un sentiment de sécurité. Rëvalïa était un monde dangereux pour elle, même si elle insistait pour y séjourner, elle craignait ce qui pouvait arriver. Souriant, la divinité s'agenouilla et caressa le visage de sa fille dans un sourire chaleureux.

- Ça va aller, ce n'est pas ta première fois. On sera avec ton père, ton frère et ses amis. Juste une soirée où tu verras du monde.

Souriant tristement, Crystal attrapa la main de sa mère avec douceur, avant de répondre à ses propos.

- Tout le monde te détestera...

La prenant dans ses bras, fermant doucement les yeux, Nyx laissa couler une petite larme noire, comme de la peinture diluée dans l'eau, avant de l'essuyer et de sourire tendrement.

- Un jour, ils verront ce que je peux faire pour eux, ne t'en fais pas. Je dois régler une petite affaire avant d'y aller, tu m'attends ?

Hochant la tête, Crystal sembla en meilleure forme, faisant un signe de main à sa mère. Nyx, de son côté, ferma les yeux et fit défiler le décors, jusqu'à se retrouver dans une sorte de temple, où se trouvait de nombreuses elfes noires, dont son héraut, Numen Silrul. A son arrivée, toutes s'agenouillèrent, elle n'avait pas convoqué les grande prêtresses pour la forme. Faisant un signe de main, elles se relevèrent toutes, surexcitées d'être en sa présence, tandis que la divinité se retournait vers un homme aux cheveux noirs, couvert de sang, maintenu au sol par Numen. A côté de lui se trouvait un livre noir, un artefact de tous les pouvoirs qu'il avait dérobé.

- Shark je présume, il ne t'a pas donné trop de mal j'espère ?

Souriant, l'elfe noire enfonça ses doigts dans une des plaies présente dans son épaule, où elle avait décoché une flèche, faisant hurler de douleur le prisonnier.

- Nullement mère, c'était plutôt facile, aucun des nôtres n'est mort, il n'a même pas pu ouvrir son petit livre.

Ricanant, le dirigeant le plus craint de la Triade Perdue, ouvrit enfin la bouche, avant de recevoir un coup de la part du héraut de l'Abysse, crachant du sang sous le choc.

- Si vous croyez que je vais vous expliquer comment fonctionne ce livre...

- Tu parleras quand je te le dirais !

Faisant un signe de la main, Nyx calma immédiatement Numen, beaucoup trop zélée en ce qui la concernait, pour ne pas dire fanatique.

- Tu parles de ce livre là ?

Attrapant le dit livre, la déesse l'enflamma d'un simple souffle, voyant l'air apeuré du dirigeant avec énorme plaisir.

- Je me fiche de tes pouvoirs volés, en revanche, j'aimerais la position exacte de la triade sur Roche Embrun.

Faisant un signe de la main, d'autres elfes noirs vinrent dans la salle, attrapant Shark et le mettant à la hauteur de Nyx, tandis que Numen regardait le spectacle avec un immense sourire. Posant un doigt sur le front de son prisonnier, l'avatar de l'Abysse lui offrit un sourire carnassier et on ne peut plus terrifiant, faisant même reculer les grandes prêtresses. Son aura devenait de plus en plus effrayante, seuls les gardes formés par le héraut de l'Abysse et cette dernière semblaient habitués à cette présence.

- Je ne le dirais qu'une fois et je t'assure que je peux être "très persuasive".

En un instant, sa peau devint totalement blanche, ses cheveux virèrent au violet, ses yeux virèrent au rouge, tandis que le blanc de ces derniers devint noir. Ce liquide sombre coula même le long de ses joues, sortant directement de ses yeux, coulant cependant avec une lenteur extrême, comme si leur vitesse était totalement contrôlée. Toutes les veines de la jeune femme furent ensuite apparentes et se teintèrent également de noir, tandis que d'immenses ailes d'un feu aux teintes violacées et rougeâtres firent leur apparition dans son dos. La seule apparition des ailes provoqua des sensations et cris mille fois supérieures à ce que le sang noir créait habituellement. Shark, de son côté, hurla, tandis que du sang commença à couler de ses oreilles et de son nez. Les gardes lâchèrent leur prisonnier, ayant atteint leur limite, même eux ne pouvant supporter une telle corruption. Nyx posa ses mains de chaque côté de sa tête et serra lentement, tandis que le dirigeant de la Triade tremblait comme une feuille.

- Je suis sûr que ces trois secondes t'ont semblé durer une éternité. Tu n'es pas encore mort car je l'ai décidé. On y retourne ?

- Non ! Je vais vous le dire...

~~~

Quelques instants plus tard, Nyx sortit du temple, les elfes noirs traînant le corps sans vie du dirigeant. Numen observant sa "mère" avec un petit sourire en coin.

- Vous l'avez quand même fait, je croyais que vous faisiez preuve de pitié depuis que vous étiez "humaine".

Nyx haussa les épaules, ne sachant pas vraiment ce que voulait dire être humaine, malgré le temps passé avec son époux.

- Cet homme avait vécu en provoquant la peur des autres, c'est un juste retour des choses.

Ricanant, l'elfe noire n'y croyait qu'à moitié, même si il était vrai que sa mère choisissait surtout des criminels terrorisant les autres comme victime ces temps ci. C'était déjà mieux que de se laisser mourir de faim.

- C'est tout ?

- J'avais aussi les crocs, je ne vais pas te le cacher.

Éclatant de rire, le héraut reconnaissait bien celle qu'elle avait jurée de suivre envers et contre tout, dire qu'elle avait eu peur de voir uniquement une "gentille mère de famille". Elle s'agenouilla ensuite, baissant son visage, prête à servir.

- Vos ordres ô mère ?

- Trouve la Triade, capture les, puis torture les, ensuite fait de même avec tous leurs collaborateurs. Prends le temps qu'il faudra, mais différencie les alliés de leurs victimes, je ne veux pas que ceux qui étaient forcés de les suivre soient tes cibles. Utilise tes capacités d'esprit si nécessaire, fais au cas par cas.

Se relevant, le héraut de l'Abysse risquait d'avoir du travail ces prochains jours, surtout qu'elle ne devait tuer personne, du moins, pas dans ce monde.

- Shark ne contrôlait qu'une partie de l'organisation.

Tournant les talons, Nyx lui adressa un sourire carnassier, avant de quitter le niveau des elfes noirs.

- J'espère bien, je suis affamé...

~~~

Il ne restait nulle trace de cette Nyx terrifiante, véritable symbole abyssal, incarnation de la peur des mortels. Elle avait rejoint le reste de sa famille et avaient fait leur route vers l'académie sans le moindre problème. Remus était resté discret, comme à chaque fois qu'il la revoyait, visiblement perturbé par ce que disaient les autres sur elle. Elle ne pouvait pas y faire grand chose malheureusement, elle faisait son possible pour le rassurer, bien que cela ne suffirait sans doute pas. Elle avait déjà sauvé l'académie et allait éradique en quelques jours la plus grande menace criminelle de Rëvalïa, pourtant elle ne serait sans doute toujours vue que comme un monstre. Elle espérait au moins faire douter quelques un de cette pensée unique, ce serait déjà une grande victoire. Il suffisait qu'elle évite de trop s'énerver, même si des protections avaient été mises en place, elle doutait qu'elles résistent à sa puissance. Ils ne connaissaient pas les changements de son aura lorsqu'on touchait à ses enfants. Crystal avait évité le pire, mais cela risquait fort de se reproduire. Enfin, Francis ne la laisserait pas faire quoi que ce soit, un simple mot ou contact de sa main suffisait à la calmer. Quel étrange pouvoir...

Le regardant de loin, elle n'osa pas rejoindre le groupe d'amis, s'isolant volontairement d'un sourire triste. Elle était toujours vu comme l'ennemie, à la différence de ses enfants. Ce qu'elle ressentait n'avait pas d'importance, elle voulait juste que sa famille s'amuse et profite d'être enfin réunie. Elle aurait son moment...plus tard.

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Je suis le monstre que vous détestez tous...
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MessageSujet: Re: Retrouvailles [R5]   Mar 28 Fév - 23:56

La soirée avait belle et bien débuté, les premiers rires graveleux des ivrognes étaient déjà audibles au milieu de cet attroupement toujours plus important. Vu la sécurité présente, il valait mieux ne pas se faire remarquer et rester parfaitement invisible. Pourtant cela n’empêcherait sûrement pas les quelques dérapages sans grand intérêt, le genre de conflit que l'on règle en une droite plus ou moins bien placée.

L'esprit penseur et toujours dans sa contemplation, Akira n'était pas réellement présent. Pourtant, une personne parvint à le ramener à lui, de par sa simple présence où plutôt son absence au milieu de ce cercle très restreint de personne. En effet, il semblerait que l'avatar de l'Abysse ait décidé de se tenir à l'écart de ce charmant petit groupe. Le regard posé sur cette belle créature aux cheveux bleus, particulièrement bien habillée, se déplaçant légèrement comme pour s'isoler un peu plus des personnes l'accompagnant. Soudain, un élément extérieur le tira brusquement de sa contemplation. Des moqueries, insultes et menaces en tout genre, bien que lointaines pour la plupart, lui sifflèrent à l'oreille. Tous avaient la même destinataire, après un rapide coup d’œil à la foule l'entourant, Akira posa à nouveau son regard sur la déesse. Elle avait la tête baissée, ayant l'air de vouloir cacher qu'elle entendait l'ensemble de ces mots Pourtant il était persuadé que s'il pouvait les entendre, elle le pouvait également.

Face à cette situation, il sentit son cœur se serrer, sa mâchoire se contracter. Il y avait deux choses qu'il ne pouvait pas supporter. Les règles et l'injustice. Il connaissait son histoire, le mal quelle avait causé, pourtant il semblait faire partie des rares personnes de cette foule à connaître ses actions positives. Il n'avait pas prit par au conflit entre les deux divinités, là ou beaucoup en font une discussion et un combat quotidien, Akira ne faisait qu'écouter. Ses parents adoptifs étaient des Célestins pourtant loin de suivre à la lettre tous les commandements de la Lune, sinon il n'aurait pas été adopté ni éduqué par eux. Il avait passé de longues heures dans la bibliothèque de l'académie et s'était renseigné sur l'histoire de celle-ci et avait appris entre autre, le sacrifice de Nyx pour la sauver.

Pourtant tous ce monde continuait son acharnement à son égard, chose que le jeune homme commençait réellement à ne plus supporter. Il se sentit soudainement bousculé, un homme mesurant une tête et demi de plus que lui venait de prendre ses aises juste devant lui, il était accompagné de plusieurs personnes, toutes aussi grandes, fortes et stupides les unes que les autres. Akira soupira et commença tant bien que mal à tenter de s'éloigner de ce groupe d’abruti, quand il entendit cette phrase.

-Retourne dans tes terres en ruine, sale putain !

C'était les mots de trop pour Akira, celui-ci baissa la tête et agrippa l'épaule de celui qui venait d'insulter la déesse. Celui-ci baissa les yeux sur sa main.

-Retire immédiatement ce que tu viens de dire.

Le plus grand se tourna vers Akira, pouffant de rire à son encontre. Il semblait sûr de lui et lui répondit d'une voix insultante.

-A quel instant as-tu cru avoir l'autorité de m'imposer quoi que ce soit avorton !

Il attrapa Akira par le cou et tenta de le soulever, un sourire agressif ancré sur le visage. Dans la seconde qui suivit cette action, son bras fut littéralement retourné, et son corps plaqué au sol. Il venait de retourner la situation, qu'elle idée de s'attaquer à quelqu'un comme lui, même s'il est vrai que ce n'était pas marqué sur son front. Posant son pied sur son dos afin d'accentuer ce maintient et la douleur qu'il pouvait ressentir il s'adressa à nouveau à lui d'une voix ferme.

-Excuse-toi.

-Quoi ?! Mais ça va pas ?! Lâche moi !

Il appuya plus fort sur son dos, craquant encore plus l'articulation de son épaule. Le bougre gémit de douleur face à la foule qui s'éloignait peu à peu de la scène, ayant légèrement surpris l'ensemble des témoins. Akira enchaîna alors d'une voix plus violente que précédemment.

-Excuse-toi !

Dans un dernier cri de douleur, sentant son épaule de plus en plus se déboîter, il commença à pleurer et demanda pardon d'avoir parlé ainsi et demanda avec douleur qu'on le laisse partir, devant le regard plein de jugement et de peur de ses camarades. Néanmoins, Akira était prit d'une puissante envie, de continuer son action, il voulait réellement lui passer l'envie de recommencer à nouveau. Pourtant, il soupira, relevant les yeux, il croisa celui de Nyx qui s'était retournée sûrement alertée par le bruit du vacarme. Il baissa les yeux, cette colère était inutile, à quoi bon répondre à la violence par la violence, ce serait se rabaisser au niveau de ces incapables. Il lâcha son bras, regarda autour de lui et sortit doucement de la foule, s'écartant en l'observant, le regard perdu entre la contemplation et l'incompréhension. En effet, il venait de mettre au sol sans aucune difficulté un homme bien plus grand, plus âgé et plus imposant que lui, pour le moment.

Il se dirigea vers un banc un peu plus à l'écart, s'y installant dans un long soupire. Baladant son regard il se rendit compte qu'il n'avait plus son verre, sûrement perdu pendant l'altercation, ce qui lui provoqua un léger râle en voyant la distance le séparant du buffet. Tant pis, il y retournerait plus tard. Il ouvrit le premier lien de son haut, celui le plus proche de son cou, ce vêtement ainsi attaché faisait particulièrement chic mais n'était clairement pas prévu pour des mouvements de ce genre, suite à cet événement il était devenu particulièrement inconfortable. Baissant la tête et la tenant entre ses mains, il étira son visage avant de glisser ses mains dans ses cheveux. Ça commence bien ... se disait-il.

Il fut attiré par une ombre se trouvant juste devant lui, ombre qui, il en était sur n'était pas présente 5 secondes au par avant. Gardant ses mains sur son visage il redressa légèrement la tête pour voir qui cela pouvait être. C'est alors qu'il l’aperçu. Elle était là, juste devant lui. Quelque peu étonné il lâcha son visage afin de se redresser.

-Tu n'aurais pas dû te mettre dans cet état pour moi, mais...merci

Il fut choqué de voir ainsi l'avatar de l'Abysse s'adresser à lui de manière si … informel. Ce n'était pas tout, elle l'avait … remercié ? Il ne demandait pas à ce qu'on le félicite, ni le remercie, il avait juste agi pour régler une injustice, il n'y avait pas de quoi en faire toute une histoire, qui plus est cet abrutit avait levé la main sur lui avant qu'il ne lui règle son compte, son attaque n'était même pas parfaite, alors non, il ne se sentait pas du tout de taille à se faire remercier par une déesse.

Ce raisonnement ne dura qu'un instant, revenant a lui il se leva, rajusta son haut qu'il avait légèrement ouvert précédemment et s'inclina face à elle.

-Oh ce n'est rien ! Je vous demande pardon pour ma tenue … si j'avais su que je vous rencontrerai de la sorte j'aurai tâché d'être un peu plus présentable.

La déesse, sourit légèrement face à son action et lui répondit directement.

-Oh inutile, je suis juste une ancienne élève accompagnant son époux et ses enfants.

Elle fit une légère pause avant d'ajouter en le gratifiant d'un clin d’œil.

-...Et contrairement à ma "rivale", je n'ai pas besoin de toutes ces attentions.

Akira sourit légèrement à son tour, cette situation n'était pas du tout prévue, à vrai dire il ne savait pas réellement comment se comporter en société, si les politesses et le monde de la haute n'avait pas réellement de secret pour lui, au vu de son éducation, chose assez étrange pour un voyou. Il ne connaissait que peu les normes de la vie courante, ce qui le rendait complètement insociable et timide aux yeux du plus grand nombre. Soudainement, il vit arriver au loin les différentes personnes accompagnant celui qu'il avait humilié précédemment. Leur regard était dur et il ne fallait pas être un génie pour comprendre qu'ils en avaient après lui. C'est alors que cette scène improbable se produisit. L'une d'entre eux s'approchait dangereusement de lui, s'étant mis en tête que cet affrontement était difficilement esquivable. A peine arriver à son niveau que l’individu se prit une pichenette sur le nez de la part de la déesse, ce qui eu pour effet de le projeter un mètre plus loin, pour le faire s'écraser sur le sol, le nez ensanglanté.

-Oh désolé...

Elle tourna alors son regard vers ceux qui l’accompagnaient, visiblement apeurés par la scène qu'ils venaient de voir. La jeune créature les fixa alors et se contenta d'une simple onomatopée.

-Bouh !


Ce qui eu pour effet de les faire fuir à grande vitesse, hurlant et se répétant certainement qu'ils ne devraient plus jamais contrarier une Déesse. Elle tourna finalement la tête vers lui, en passant une mains derrière celle-ci, visiblement gênée d'avoir agi de la sorte.

-J'aurais peut-être pas du faire ça...


Elle rit légèrement avant de tendre sa main vers lui.

-Nyx Dowell, enchantée.

Celui-ci regarda sa main avant de la saisir. Il se sentait quelque peu mal à l'aise, après tout ce n'est pas tous les jours que l'on sert la main d'une déesse. Une déesse qui venait de … le défendre, elle avait calmé le jeu à sa manière pour qu'il n'ait pas à entrer en conflit à nouveau. Il ne parvenait pas à comprendre pourquoi elle avait agit de la sorte, encore une fois pour lui son geste était normal, nul besoin de remerciement ou autre attention du genre. Il avait passé le plus clair de son temps à s’entraîner, voler et se battre, cela faisait parti de son quotidien. Pourquoi le remercier pour une chose si habituelle … Toutes ces questions fusaient dans son esprit pourtant il ne laissait rien entrevoir, gardant parfaitement ses émotions pour lui. Il la gratifia d'un sourire amical.

-Akira Takahashi, enchanté de vous rencontrer. Si je puis me permettre, cela me démangeait également, bien que j'aurai été … disons plus brusque dans mes actes.

Il pouffa légèrement de rire en lâchant doucement sa main.

-Bien que de répondre par la violence à ceux qui ne comprenne que cela … c'est se rabaisser à leur niveau.

Il chercha quelque chose dans la poche de son pantalon et en sorti une bourse pleine de pièce d'or. Affichant un sourire à mi-chemin entre la satisfaction et l’agacement

-Il s'agit plutôt de leur parler un langage qu'ils ne peuvent pas comprendre, c'est bien plus amusant.

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Dernière édition par Akira Takahashi le Ven 3 Mar - 11:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Retrouvailles [R5]   Jeu 2 Mar - 16:18

Cette foule, cela faisait bien longtemps qu'il n'en avait plus vu d'aussi grande, sentant même un léger frisson de panique s'insinuer dans son être. Sentant immédiatement le problème, la domestique célestine qui l'accompagnait, tenant déjà son bras, s'arrêta doucement. Son maître avait énormément de peine à marcher, devant prendre appuis sur sa canne en permanence, ne pouvant vraiment combattre ou se déplacer convenablement sans faire de renforcement avec ses pouvoirs. Vu son état émotionnel, c'était beaucoup trop risqué, alors elle préférait se dévouer, l'aidant du mieux qu'elle pouvait. Elle pouvait maintenant passer des heures entières dans cet étrange monde et ô combien menaçant pour "son" mage.

- Si c'est trop, on peut repartir tu sais.

Souriant doucement, comme à son habitude pour la rassurer, le Célestin prit une grande inspiration, avant de reprendre sa route avec elle.

- Non, ça va aller, il faut que je le fasse.

Soupirant, la domestique savait qu'elle ne ferait jamais changer d'avis son maître, il avait beau avoir vécu le plus gros traumatisme qui soit, il était toujours aussi têtu ! Malgré les sommités présentes lors de ces "retrouvailles", les regards se posèrent rapidement sur lui, faisant apparaître une lame noire dans l'autre main de la domestique.

- Calme toi Kurai...

Grognant, la célestine fit disparaître son arme à contrecœur, observant rapidement les différents acteurs et invités de cet événement. Toutes ces personnes étaient des menaces potentielles, vampires, elfes, abyssaux, lunaires, aucune différence et elle n'était pas certaine de pouvoir les occuper vu le peu de temps qui lui restait. Lui prenant la main, son maître lui parla avec une certaine tendresse.

- Tu en as suffisamment fait, repose toi. Je suis peut être blessé, mais je ne suis pas encore indigne de ta force.

Souriant, la célestine glissa la main sur la joue du mage, puis devint une ombre, qui s'envola et entra brusquement dans le corps de son maître. Ce dernier tomba sous le choc, attrapant sa canne, se relevant avec peine. Une légère lumière blanche fit alors son apparition et deux paires de mains vinrent le soulever, l'aidant à se maintenir debout. Regardant de gauche à droite, il pu voir le visage du directeur Myrddin, ainsi que celui d'Elena Ditfrid, qui retenait visiblement des larmes.

- Elena, ravi de te revoir.

Elle le frappa, le faisant à nouveau tomber, avant de lui tendre la main et de le relever, puis de l'enlacer en tremblant. Myrddin, reculant, ne voulant pas gâcher ce moment, c'était curieux comme leurs rapports avaient changé en une seule mission, bien que totalement suicidaire. Surpris de cette marque soudaine d'affection, Shitennô Bachiatari finit par fermer les yeux, murmurant un "désolé". Il avait promis que dans cette mission, il s'assurerait d'être le seul à subir les conséquences. Il l'avait fait, il en était mort. Il ignorait totalement ce qui s'était produit ensuite, il n'avait été ni dans le monde des morts, ni dans le plan démoniaque. Il se souvenait s'être réveillé dans une caverne, près de la frontière Nandorienne, avec une montre à gousset enchaînée à son bras droit. Un parchemin était posé à côté de lui, indiquant que la montre se bloquerait à 17h36, il aurait alors deux minutes, pas une de plus, pour la remonter de 24h, sans quoi il mourrait et ne connaîtrait aucune forme "d'après vie". Il ignorait totalement ce que cela pouvait signifier, mais n'avait pas vraiment envie de mettre en doute cette théorie. La montre avait effectivement une construction magique, les métaux semblaient inconnues, l'énergie qui l'alimentait également, il n'avait jamais rien vu de semblable. A la différence des artefacts habituels, créés par des maîtres comme Fujiin, il ne débordait pas d'énergie élémentaire. Cette magie lui était inconnue, n'étant ni lunaire, ni abyssale ou encore draconique. Elle fonctionnait avec des petits fragments de magie, placés à des endroits précis, faisant en sorte que la montre accomplisse parfaitement son oeuvre. Un travail impressionnant et ô combien mystérieux.

Depuis, il avait été blessé, incapable de se déplacer correctement, attaqué par des bêtes sauvages. Son bras et sa jambe gauches avaient refusés de lui obéir, sous cette surprise, il avait dû encaisser griffures et morsures sur ses membres valides. Peu après, il avait utilisé l'ombre pour faire fuir ces créatures, ayant été étrangement incapable de les tuer. L'heure était ensuite venu de remonter la montre, phénomène qui effaça tout simplement les blessures de la précédente attaque. Il observa ensuite ses membres "dissidents", ils étaient toujours parcouru par sa magie, mais pas uniquement. Visiblement, des fragments d'essence lunaires étaient encore présents et luttaient contre les restes abyssaux n'ayant été retirés par Isil. Si il remontait à chaque fois le temps, cela voulait dire que ces deux magies divines s’entre-tuaient continuellement. Usant de renforcement, il avait finit par rejoindre l'Ordre des Guérisseurs, qui ne réussirent ni à l'aider, ni à expliquer son état. D'après Tiphéreth, la dirigeante de l'Ordre, ses blessures ne pouvaient être soignées, ni par elle, ni par Isil et Nyx en personne ! En admettant qu'elles acceptent de se rencontrer pour enlever leurs essence en même temps, la montre annulerait leur action dés qu'elle serait remontée. Il n'avait que deux options, soit il acceptait de vivre dans cet état indéfiniment, soit il acceptait de succomber et de ne rien connaître après la mort.

Peu après, il se rendit sur Halda, rencontrant Hokmah et parlant même à Isil, lui expliquant la situation. Même elle semblait incapable de lui expliquer cette magie, la magie temporelle était un mythe, n'existant que dans les écrits de ceux qui étaient là avant les êtres, juste avant de s'éteindre. Même eux ne maîtrisaient pas cette dernière, ils ne faisaient qu'affirmer son existence. C'était quelque chose à surveiller de près, mais cela serait également l'occasion pour lui de continuer à en apprendre plus sur la magie. La mère de toute chose précisa cependant qu'il allait devoir assumer ses choix. Si elle avait retiré la malédiction des célestins, Shitennô avait reçu la mémoire de tout ce qu'il avait fait en étant "le Maudit". Son fardeau serait donc de réparer ses erreurs et d'assumer la souffrance qu'il avait causé. Ressentir avait un prix et il allait devoir l'accepter...

Il avait retrouvé Tiphéreth et en avouant sa double nature, était rentré dans l'Ordre des Guérisseurs, utilisant la nécromancie pour sauver des vies, bien que ce soit douloureux. Isolé du reste du monde, il avait partagé son temps entre les soins d'urgence, ses nombreux contact avec Kurai, augmentant de plus son temps d'invocation et l'utilisation des arcanes démoniaques pour renforcer son corps, bien que c'était dangereux sur le long terme. Et le voila, dans les bras de celle qui l'avait détesté durant toutes ces années, bien qu'il se soit sacrifié pour elle sur la fin. Elle ne pouvait donner la vie par sa faute, mais avait perdu la sienne pour sa personne.

- Elena, je sais que nous avons beaucoup à nous dire mais...il y a des personnes que je dois absolument voir.

La célestine haussa les sourcils, puis jeta un coup d’œil un peu plus loin, découvrant les anciens élèves du professeur, tous étant présents à Nandoriath le jour de sa mort. Souriant, elle posa la main sur son épaule, avant de le voir s'éloigner, elle ne comprenait pas comment il avait réussi à revenir, mais elle attendrait pour lui poser ses questions. Shitennô, quant à lui, avança avec peine, sentant son coeur battre de plus en plus à chaque pas qu'il franchissait en direction du groupe qu'il avait laissé dans cette terre sombre. Il se souvenait de chaque seconde, Edwen absorbant les âmes de Drake, l'énergie de Nandoriath s'emparant d'Ayla, lui utilisant son pouvoir pour neutraliser cette dernière et la lame que le roi envoya sur Elena d'un coup de rage. L'épée était ensuite couverte de sang, de son sang, aucun soin ne pouvant lui être apporté, mais la célestine était sauve. C'était la moindre des choses, il n'aurait pas supporté de la voir mourir par sa faute, après avoir prit tellement, même par accident. Aucune magie n'arrêtait une lame draconique, le crochet royal n'était pas l'une des lames les plus dangereuse de Rëvalïa pour rien. Une fois que la lame avait pénétré la chair, la plaie ne se refermerait jamais. Il avait arraché l'épée, l'avait envoyé à Ayla et avait pu voir son assassin se faire tuer par sa propre fille, avant de se vider de son sang, dans les bras du légendaire chef des Répurgateurs. Son dernier souvenir, lorsqu'il ne voyait plus rien, était tout simplement son nom crié par ses élèves. Souriant, il savait qu'ils étaient sauvés, cela n'avait été un suicide que pour lui.

Hésitant, il inspira un grand coup, avant de leur parler, affichant un sourire triste.

- Bonsoir les enfants, cela fait longtemps.

~~~~


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MessageSujet: Re: Retrouvailles [R5]   Jeu 2 Mar - 20:16

-Effectivement, cela fait longtemps que je cherche à me procurer des tapisseries de Lindörwin

-Elles sont très raffinées, je l'admet. Qu'est-ce qui vous empêche de vous en procurer?

-Je n'ai jamais eu le temps de rechercher un marchand capable de m'en fournir, ou alors qui que ce soit. Et étant une femme occupée, je n'ai pas le temps d'aller visiter ce pays, et je ne souhaite envoyer personne à ma place. Je dois vois moi-même si ce que je veux acheter vaut le coup.

-C'est tout naturel. Cela dis, c'est votre jour de chance


-Plait-il ?

-J'ai un cousin en provenance de Lindörwin, avec un travail fascinant. Il a décidé de diriger une boutique de biens artistiques. Il vend divers tableaux, bijoux, œuvres artisanales de son pays natal. Il adore procéder à des transactions avec des étranger. Pour lui, c'est ouvrir le reste du monde à sa culture et aux beautés qu'elle peut apporter. Il réside en ce moment à Revälia avec moi, je l'héberge. Et je suis convaincu que les tapisseries doivent faire partie des objets qu'il vend.

Une femme, d'environs la trentaine, Céleste Garwick, une noble de revälia. Charmante, polie, belle, pleine de sagesse et de vie. Irréprochable. Ce sont les personnes irréprochables qui cachent le plus de choses. Et pour cause, elle cachait un lourd secret. J'ai pu discuter avec une vieille servant qui eu le courage de me parler : madame Céleste était marié à un paranoïaque sévère qui était sur le point de vaincre ses fantômes. Sa charmante femme s'est contentée de raviver les braises qu'il avait tenté étouffer. Elle le manipula pour lui convaincre qu'on voulait lui faire du mal. Il utilisa sa richesse pour construire une très grande zone sous terre, cachée sous le manoir, piégé de part en part, un endroit où se réfugier au cas où. Bien sûr, tout ça s'était fait dans le plus grand secret. Mais le pauvre bougre est mort quelque semaines après la fin de la création de cette zone de sécurité.

Céleste avait gagnée. Elle avait une zone de jeu pour elle. Ce n'est pas étonnant que son territoire vivait dans le calme et la fortune : les pauvres et les vagabonds étaient capturés, puis jetés par Céleste dans cette zone pour voir combien de temps ils allaient survivre dans les salles piégées. Un petit jeu à elle qu'elle aime regarder depuis des ouvertures secrètes sur les murs. Du voyeurisme à l'état pur sur comment le corps humain fini lorsqu'il tombe dans des piques, brûle, se fait écraser entre deux plaques, tombe sur un fil fin... Les rares personne à connaître cet endroit étaient réduis au silence par Céleste, qui leur donnait à la fois une bonne somme d'argent et un rappel qu'ils peuvent finir aussi en sujet de test si ils ne gardaient pas leur langue dans leur poche.

Aujourd'hui, elle était dans une grande soirée, bien calme, tranquille. Parmi toute ces personnes relativement honnête, nous avions une tueuse. Et elle se promenait dans les jardins, ici et là, discutant, riant, vivant comme une personne normale méritant de respirer. Elle était même très contente de rencontrer ce soir un homme très beau et courtois. Un homme originaire de ce pays dont ils mentionnaient tellement le nom lors de leur conversation... l'homme aidait à ses heures perdues son cousin, tout aussi fasciné par l'art que Céleste. Bien qu'un peu plus maladroit et un peu moins connaisseur sur le sujet, l'homme tentait toutefois de montrer son intérêt. Ils parlaient donc d'art, de beauté, d’œuvres faites par de célèbres peintres et sculpteurs, et de sa passion pour les tapisseries. Elle faisait collection de tapisseries à travers le monde. C'était une grande chance pour elle de s'être fait un contact pour trouver une tapisserie de Lindörwin.

C'était moins chanceux pour elle d'être tombé sur moi.

Déjà petit, j'étais bon en mensonge. Je n'ai jamais cessé de m'entraîner à ne pas être moi. J'ai compris que ça allait m'être utile pour presque toute les situations. J'admet ne pas beaucoup me cacher derrière les masques, mais lorsque la situation se présentait de pouvoir gagner quelque chose par un changement d'identité et de personnalité, je la prenais.

-Vraiment ? Ce serait merveilleux ! Mon rêve se réaliserait. Quand pourriez vous venir ?

-D'ici une semaine, avant que je ne retourne à Lindörwin avec lui. Voulez vous nous rejoindre quelque part ?

-Je préférerais vous donner rendez-vous dans mon domaine. Cela me poserait bien moins de problèmes et peut-être que j'aurais l'occasion de vous montrer mes collections. Je suis sûr que vous serez fasciné.


Cause toujours, tu veux juste t'amuser avec moi et tes petits pièges.

-J'en suis convaincu. C'est décidé alors. La semaine prochaine, sans faute.

Derrière mon sourire élégant, se cachait le sourire d'imaginer la situation. Céleste, piégé dans ses propres zones de test. Elle devait les connaître par cœur, mais serait-elle capable de le faire les yeux bandés ? Littéralement ? Et quand bien même elle réussirait, je doute qu'elle prévoie un petit piège que je pourrais rajouter à la fin de son parcours machiavélique. Elle aura décidément aimée l'art sous toutes ses formes. Même l'art le plus sadique du jeu et de la torture.

C'était à se demander si elle était stupide, étant donné le fait qu'elle faisait autant confiance à un inconnu. Pas tant que ça en vérité, ce n'est qu'une question d'apparence. Elles jouent un plus grand rôle qu'il n'y parait. L'apparence est ce qui te fait sentir plus en sécurité quand tu changes de rues devant un visage qui ne t'inspire rien, sans connaître une seule chose sur la personne. C'est ce qui te rend naturellement confiant envers les femmes âgées, qui semblent inoffensives... Manipuler mon apparence avec Céleste était relativement facile. Lui montrer un aspect érudit, éduqué, passionné par l'art, la pousser sans ne rien dire à proposer elle-même de se revoir, et dans un endroit où elle se sentira en sécurité, qui plus est...

Après une courtoise révérence, je prenais congé de Céleste, bien ravis d'avoir une nouvelle tête à chasser. Revälia était relativement calme en ce moment. Les gens semblaient un peu moins salaud depuis ces derniers mois. Ce n'était pas plus mal, je pouvais prendre plus de temps à faire mon vrai travail de mercenaire. Ce soir, de nombreuses personnes étaient réunies pour cette fête à l'académie d'Edälia. Je n'ai jamais eu de liens avec cet endroit jusque là, et je n'y était pas des plus intéressé. Malgré le fait qu'il y a eu beaucoup d’événements dans cet endroit. Les Déesses... Une guerre qui ne me concernait pas. J'étais bien trop occupé à décider du sort d'hommes et de femmes pour réfléchir à des personnes qui décident de mon sort. Je souhaitais ne dépendre d'aucune divinité, et ça restera comme ça. Lune, abysse... tout cela me dépassait d'ailleurs trop pour que je veuille m'en soucier.

Ne croyez pas toutefois que je ne suis pas là pour suivre l'actualité, au contraire. Ayla Morg faisait un discours en parlant de la magie et des divinités, alors tant mieux, je mourais moins bête. J'étais surtout là pour la pêche. Il y avait tant de personnes, et je prenais des informations sur chacun. Comme je l'avais dis, les personnes les plus dangereuses sont les plus aimables, polis, serviables, et quoi de mieux qu'une soirée comme celle-là pour faire un tri rapide ?

Je regardais autour de moi, un peu perdu, ne sachant qui cibler Je pouvais aller un peu à l'écart, dans le « coin des gens trop sombre pour être sociaux », vu que je pourrais y trouver parfaitement ma place. Mais ce serait une perte de temps. Le seul temps inutile que j'étais prêt à prendre, c'était pour manger et boire. Les petits fours de ce banquet étaient exquis. Autrement, il fallait que je discute avec un maximum de personnes. Sur le moment, je ne trouvais pas vraiment d'individus intéressants, mais...

-Retourne dans tes terres en ruine sale putain !

Oh, tiens, un idiot. Voyons ça un peu.

L'injure était un peu plus audible que la plupart des insultes qui avaient fendus l'air. La plupart des gens se croyaient discret, alors que ceux qui faisaient bien attention pouvaient parfaitement entendre ce qu'ils disaient à propos de Nyx Dowell.

Un jeune homme commença à s'approcher de l'odieux personnage. Un chevalier blanc je suppose ? Je restais silencieux, regardant la situation qui commençait légèrement à attirer les regards.

-retire immédiatement ce que tu viens de dire !


-À quel instant as-tu cru avoir l'autorité de m'imposer quoi que ce soit avorton !


Mauvais mouvement, idiot. C'était le genre de personnes qui mesurait la force à la taille. Une partie de moi se doutait que le jeune homme allait s'en occuper. S'il n'était pas en mesure de gérer la situation, il aurait été vraiment stupide. Comme je le pensais, cette discute verbale fini avec le grand à terre, le petit l'ayant cloué au sol.

-Excuse-toi

-Quoi ?! Mais ça va pas ?! Lâche moi !


En moins d'une minute, ça a fini avec les pleurs et les demandes de pardon. Le jeune homme quitta rapidement la foule, l'individu pestant, se sentant très certainement humilié. Ça faisait plaisir à voir. Ce moment de satisfaction que l'on ressent quand la pseudo justice est faite. Quand les pôles sont inversés et que la brute ne gagne pas. Classique, mais efficace. Je profitais de ma pause pour regarder un peu cet homme, rejoins vite par l'avatar de l'abysse. Voilà qui était intéressant, même si le meilleur était à venir. L'homme humilié revint avec ses amis. Quel courage que de trouver sa force dans les autres au lieu de le trouver soi-même. Enfin bon, ça se termina par l'abysse projetant l'un des leurs un mètre plus loin, suivit d'une fuite de lâche. Voilà qui était...dangereux. Si l'abysse commençait à pichenetter des gens en public dans une soirée calme, ça allait lui causer des problèmes. Il faudrait peut-être que je m'intéresse un peu plus aux divinités...

Quoi qu'il en soit, je me contentais de remplir à nouveau mon verre de vin, errant sans but direct, attendant de trouver une personne avec une bonne mine à mettre dans ma liste de cibles.
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MessageSujet: Re: Retrouvailles [R5]   Lun 20 Mar - 15:50

L’affection de Francis pour l’incarnation de l’Abysse avait longtemps été sujet de discorde entre les deux jeunes hommes.
Lorsque le tigre-garou lui avait annoncé sa relation avec Nyx, Christyän s’était senti trahit par son plus proche ami. Lui à qui Chris avait confié ses peurs, son traumatisme, la torture qu’il avait subie dans cette bulle abyssale durant cent ans …
Comment pouvait-il décider de prendre le parti de l’Abysse ? Comment pouvait-il ainsi tourner le dos aux horreurs commises par l’Abysse – par Nyx, son incarnation – à la fois envers Christyän, mais également envers Ayla ?

Francis avait plaidé sa cause ; sa femme – car oui, il l’avait même épousée ! – n’avait pas conscience de la douleur qu’elle avait pu causer, à l’époque. Elle n’avait pas le savoir ou l’expérience des émotions humaines, elle n’avait cherché qu’à se nourrir de la seule manière qu’elle connaissait.

Mais Chris servait la Lune. Il ne pouvait pas, par conscience et par devoir, accepter Nyx comme un être humain. Sa seule présence le rendait malade. L’odeur de cette noirceur – imperceptible pour presque toute autre personne, c’était-il rendu compte – le prenait à la gorge, ravivant ses traumatismes et faisant trembler ses membres, retournant son estomac …

Le ton était monté, chacun s’était emporté, et quelque chose s’était brisé entre eux.

Presque un an s’était alors écoulé entre cette dispute fatidique, et le jour où, prenant sur lui, Francis était venu le trouver au fin fond de Ràva, dans les grottes isolées utilisées par Kagura et Sleeping Wild.

Les premiers mots de Francis envers Christyän, pour la première fois depuis presque un an, avaient été : « Je vais être père. »

Le loup-garou avait eu l’impression de recevoir un coup au visage.

« Je voulais te le dire moi-même … En souvenir de ce qu’on a vécu. De notre amitié. »

Et Chris avait alors réalisé que s’il ne tendait pas la main vers Francis en cet instant, toute chance de sauver leur amitié allait se faner à jamais.
Sa haine contre l’Abysse valait-elle le lien profond qu’il partageait avec le tigre-garou ? Etait-il prêt à sacrifier cette amitié qui lui était si précieuse, pour une cause qu’il ne pouvait, seul, défendre ?
Il pouvait continuer de lutter contre l’Abysse, à servir la Lune, à gagner en puissance et en magie auprès d’Arda, de Kagura, d’Ayla … Tout en établissant une zone de trêve aux côtés de Francis.

Sa première rencontre avec Rémus et Crystal, alors qu’ils n’étaient encore que des bambins, avait été aussi émouvante pour lui que pour eux, qui voyaient une personne différente de leurs parents pour la première fois.
Lorsque Francis avait déposé Remus dans ses bras tremblants d’émotion, Chris avait serré l’enfant un peu apeuré contre lui.

Aucun relent d’Abysse chez l’enfant.

Aucune noirceur.

Aucune peur ou panique ne se déclenchant chez Christyän.

Le discours d’Ayla résonnaient avec ses propres pensées d’alors : « Puis-je vraiment condamner quelqu'un sur son existence ? »

Pouvait-il condamner Crystal et Remus Dowell pour être nés de parents qu’ils n’avaient pas choisi ? Rien ne laissait présager d’une nature maléfique. Pouvait-il les condamner pour des actes qu’ils n’avaient pas commis ? Pour des actes qu’ils pourraient, peut-être, un jour, commettre, uniquement sur la base de leur lignage ?

Ces pensées l’avaient peu à peu mené plus loin.
Pouvait-il condamner Nyx d’avoir voulu chercher à comprendre le monde qui l’entourait, le monde des « vivants » ?
Même si l’Abysse en elle-même était pour Christyän une abomination, une erreur provoquée par la rencontre des éléments et la violence des combats, en cinq ans Nyx était peu à peu devenue un être distinct de cette entité maléfique.
Francis y était beaucoup pour cette distinction.

Des mois de dialogue avec Ayla les avaient tous deux menés à apaiser leur haine.

Il n’avait pas à apprécier Nyx ; il n’avait même pas à supporter sa présence. Il lui suffisait de l’ignorer dans son combat contre l’Abysse.

Chris ne serait pas l’assassin de la femme de son meilleur ami. Il ne serait pas l’assassin de la mère de son filleul adoré.



« Comment allez-vous depuis tout ce temps ? » fit soudain une voix qui le sorti de ses pensées.

Il relâcha l’étreinte autour des épaules de Remus en lui adressant un clin d’œil complice et affectueux, et recula d’un pas, laissant à l’adolescent son espace vital.

Il avait haussé un sourcil à l’arrivée théâtrale de Lucien, et ne put retenir un sourire en coin en réalisant que l’oiseau-garou avait drastiquement évolué depuis leur dernière rencontre. Lui qui refoulait son côté animal en faisait à présent des démonstrations publiques !

// Ça veut dire qu’on peut pas bouffer le piaf ?Sirhc ! Assez avec ça !Rooh, quel rabat-joie ! Tu y penses depuis votre première rencontre. Ne nie pas, je sais tout, je suis dans ta tête ! //

« Ça fait longtemps, tout le monde ... »

« Lucien, Francis, monsieur Ryuuga … » sourit Christyän en les saluant chacun d’un signe de la tête, ses lèvres s’étirant davantage en songeant au dragon-garou, anciennement surveillant de l’Académie et ayant pourtant l’apparence d’un enfant.

Les politesses d’usage échangées, chacun en profita pour parler de sa situation.

« Je suis toujours au service d’Arda. J’alterne entre les missions du Conseil des Sages, l’éternel apprentissage élémentaire auprès d’Arda, et les royaumes de Ràva et de Nandoriath. » Il eut un léger rire lorsque les yeux de plusieurs de ses camarades s’écarquillèrent. « Oui, je passe pas mal de temps avec les gouvernants de Sleeping Wild, et le peu qu’il me reste aux côtés de son altesse … »

Cette fois-ci, il ne parvint pas à éviter la taloche à l’arrière du crâne que lui envoya Ayla, et même si celle-ci ne lui fit pas de mal – Ayla sachant contrôler sa force et ne souhaitant pas l’envoyer faire connaissance avec les murs de pierre de l’Académie – il dû tout de même à Francis de ne pas tomber brusquement en avant.

La bonne ambiance de ces retrouvailles lui faisait chaud au cœur.

Une jeune fille aux mèches noires et blanches se faufila vers le petit groupe, arrachant un nouveau sourire au loup-garou. Elle se glissa sous le bras de Francis, de l’autre côté de Remus, et une voix claire et aiguë s’éleva au milieu des échanges des anciens camarades : « Tu nous présentes, papa ? »

« Bonjour ma grande, » fit Christyän avec un sourire tendre.

Chris était bien moins proche de Crystal qu’il ne l’était de Remus, et cela s’expliquait principalement par la profonde dépendance de la jeune fille à l’Abysse. Mais cela ne l’avait jamais empêché de l’aimer, et de prendre soin d’elle lorsque Francis et sa femme avaient besoin de temps seuls.

Alors que la voix de Francis présentait la jeune fille comme sa fille, et Remus comme son fils, Christyän sentit soudain la main d’Ayla saisir son poignet avec force.
Tournant un regard interrogateur vers la vampire, il remarqua le regard choqué de la jeune femme, fixé droit devant elle, juste derrière Francis. Et lorsque Christyän suivit son regard avec appréhension, se demandant ce qui pouvait mettre la terrible Reine de Nandoriath dans un tel état, il eut à son tour le souffle coupé.

Leur silence du être remarqué par les autres, car tous se tournèrent vers le nouvel arrivant.

Là se tenait Shitennô Bachiatari, leur ancien professeur de Contrôle de soi, le mentor de plusieurs d’entre eux, l’homme qui les avait accompagnés jusqu’à Nandoriath pour sauver Ayla … et qui l’avait payé de sa vie.

Sa voix, faible mais néanmoins tellement reconnaissable, se fit entendre dans le silence du petit cercle : « Bonsoir les enfants, cela fait longtemps. »

Le loup-garou esquissa un pas dans la direction du revenant.

« Vous … Comment … ? »

Les mots manquaient à Christyän.

Durant cinq ans, il avait cru le célestin mort.
Durant cinq ans, Ayla et lui (et sans aucun doute chacun des membres de la « mission de sauvetage » qui avaient pénétré sur le territoire de Nandoriath) avaient dû surmonter la culpabilité et le chagrin d’avoir perdu un proche. Car malgré ses nombreuses erreurs et ses défauts, malgré son histoire, Shitennô était un homme bon.

~~~~
« Je te retrouverais. Je te le promets, Raän. »

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MessageSujet: Re: Retrouvailles [R5]   Sam 22 Avr - 20:11

Le temps avait passé...


Quelques jours plus tôt...

Parcourant les tombes, la reine vampire touchait du bout des doigts les inscriptions effacées depuis le temps. Un endroit désert, sans aucune influence lunaire, parfait pour ce genre de rendez-vous. Le cimetière des affamés, un endroit qui correspondait parfaitement aux deux femmes qui se rencontraient en secret. Se relevant, la buveuse de sang parla à une personne se trouvant derrière elle, dans l'obscurité la plus totale.

- Tu es en retard.

Sortant de la pénombre, Nyx Dowell fit son entrée, observant Ayla Morg avec une certaine méfiance. En plus de l'invitation pour la soirée de l'académie, faite des mois à l'avance, la divinité avait reçu une demande de la reine, désirant éclaircir quelques points. Elle savait bien que son interlocutrice détestait tout ce qui touchait à l'Abysse et avait des envies de meurtres qui étaient on ne peut plus palpable, bien qu'elle arrive à les dissimuler aux mortels.

- Je préfère rester prudente, surtout devant celle qui a été créée pour me tuer.

Souriant d'un air mauvais, Ayla ricana légèrement, ainsi elle était au courant. Il est vrai, sa transformation par la Lune n'avait qu'un seul but, lui donner la force nécessaire pour tuer les plus grands ennemis de la mère de toute chose. Naturellement, Nyx était comprise dans le lot et clairement visée, bien que la vampire ne soit pas spécialement pressée pour leur affrontement.

- Ne t'en fais pas, notre combat à mort ne sera pas pour aujourd'hui. Et puis, je ne désire pas te tuer.

Haussant les sourcils, Nyx avait du mal à croire la buveuse de sang. Ses meurtres étaient brutaux, ses envies se sentaient jusqu'à travers l'Abysse et sa sauvagerie était semblable à aux démons. Elle torturait, tuait, assimilait, enlevait, pourtant, elle était à chaque fois choquée par ce qu'elle découvrait sur l'amie de son époux. Si quelqu'un désirait tuer n'importe quelle personne sur cette terre, c'était bien la reine. Derrière chaque regard, une dizaine de scénarios possibles de tuerie faisaient leur apparition. Dissimulée par son sourire, son envie furieuse de faire couler le sang voyait le jour. Elle, ne désirait pas la tuer ?

Sentant son doute, Ayla soupira et se retourna, retirant ses lunettes, laissant apparaître son vrai visage. Souriant d'un air carnassier, elle continua d'une voix relativement malsaine.

- Je rectifie, je n'ai pas envie de te tuer pour des raisons logiques. Naturellement, je rêve de te vider de ton sang et de t'arracher le cœur, mais ce n'est pas contre toi. Je désire saigner et massacrer bon nombre de personnes et Isil a implanté cette envie de recourir à la violence dans mon esprit dés que je vois une créature abyssale. Malheureux n'est ce pas ? Mais c'est la vie, ma vie.

Se rapprochant, elle sourit doucement, laissant sa nature si douce reprendre le dessus, faisant presque oublier le monstre qu'elle incarnait il y a encore quelques secondes.

- Je me suis simplement rendue compte que tu n'étais pas responsable de la disparition de ma mère, du moins, pas directement. Donc je ne désire pas te tuer pour cela et ma sœur non plus.

Cela ne fut que de courte durée, vu que son aspect beaucoup plus terrifiant ne tarda pas à refaire son apparition. Elle transforma ses ongles en griffes et observa ses armes naturelles avec un sourire de prédateur.

- Ce n'est pas le cas de ton héraut, tu vas donc t'assurer que cette garce ne mette aucune oreille pointue dans nos charmantes petites retrouvailles.

Le visage de Nyx devint rapidement beaucoup plus terrifiant, laissant sa vraie nature faire à son tour son apparition, deux monstres alliés aux ténèbres se faisant face. Ouvrant la main, elle fit apparaître un feu noir, qui ne sembla cependant pas inquiéter du moins du monde la vampire.

- Je n'ai pas pour habitude d'obéir aux ordres, "majesté".

Souriant de plus belle, Ayla la regarda avec un certain amusement.

- Tu n'as pas le choix "déesse".

La vampire ouvrit la main et un symbole de serpent fit son apparition, tandis que les veines du corps de Nyx devinrent clairement visible. La divinité tomba à genoux sur le sol, forcé d'annuler son sortilège, prise d'une douleur qu'elle ne pouvait expliquer. Elle était incapable de bouger, regardant son interlocutrice avec une certaine colère, tandis que l'aura abyssale qui se dégageait de son corps fissurait le sol. Ayla, elle, ne fut une fois de plus pas inquiétée, bien que grimaçant devant l'odeur de cette magie corrompue.

- Qu'est ce que tu m'a fait ?!

- Je t'ai juste ordonnée d'être à genoux très chère. Plus tu résisteras, plus tu auras mal. Tu ne devrais pas oublier que tu possède un corps mortel.

Ordonné ? Comment pouvait-elle contrôler son corps ? Elle avait beau être une mage de l'esprit, les pouvoirs élémentaires ne fonctionnaient pas sur elle.

- Connais-tu la légende selon laquelle les Morg contrôlent les autres vampires ? Ce n'est pas tout à fait exact. En fait, il s'agit plutôt de qui a créé la génération en question, plus une personne possède de sang de ma famille, plus il est sensible à son influence. Naturellement, comme tous les vampires ont bu mon sang, cela me facilite la tâche. Seulement, cela ne se limite pas à mes frères et sœurs de Nandoriath.

Ouvrant soudainement les yeux, l'avatar de l'Abysse se revit emportée par la vague qu'elle avait créée pour forcer le portail de l'académie. Elle avait été gravement blessée, impossible d'être soignée par les mages de l'esprit, puis Ayla était arrivée et l'avait sauvée. Elle avait beaucoup trop bu de son sang, au point d'épuiser la vampire, ce qui n'était pas peu dire au vu de ses facultés de régénération. Elle savait que cela l'avait changée, mais ignorait jusqu'à quel point.

- Malgré tout ce qu'on peut dire, le plus grand prédateur, c'est toi Nyx. Ton corps est mortel, mais s'adapte à son environnement à une vitesse stupéfiante. En buvant mon sang, tu l'as absorbé et tu es bien plus sensible à mon influence que n'importe quel vampire. Cela t'a permis de te régénérer et tu cicatrises beaucoup plus vite que tout mortel, mais cela a un prix. Il n'est pas plus difficile pour moi de te contrôler physiquement que de bouger mon doigt.

Finalement, le symbole disparut et la reine baissa sa main, laissant Nyx reprendre son état "humain". Elle avait pu voir les changements, sa régénération beaucoup plus rapide que la normale, la couleur de ses yeux, mais elle ne s'attendait pas à ça. Ce n'était qu'une petite démonstration de force, une preuve de ce qu'elle pouvait faire, mais également un aveu. Ayla aurait pu garder ça pour un meilleur moment, non, elle lui montrait clairement ses facultés. Comme à son habitude, elle était d'une franchise et d'une honnêteté surprenante pour une politicienne. La divinité aurait pu envoyer une attaque abyssale suffisante pour rétablir l'équilibre des forces, mais ce n'était pas son but. Numen avait tué un de ses amis, avait provoqué la mort de Persephone et s'était mise à dos un bon nombre de monde. Francis ne pouvait pas la supporter, alors comment Ayla pouvait elle y arriver ? Cette dernière vint alors en direction de la divinité, s'agenouillant pour être à sa hauteur, vu qu'elle ne s'était toujours pas relevée.

- Crois moi, si tu n'étais pas liée à elle, je me serais déjà mise en chasse. Seulement, comme je l'ai dit tout à l'heure, je ne souhaite pas ta mort.

Se relevant, Nyx ne pouvait qu'imaginer jusqu'où aurait été la vampire, guettant le moindre déplacement de sa "fille" elfe noire. Numen était puissante, elle avait neutralisé la reine il y a bien longtemps, lors du labyrinthe, forçant Persephone à se sacrifier pour l'empêcher de détruire Edälis. Seulement, la jeune fille était devenue femme et si la Lune voyait en elle une arme contre les abyssaux, autant ne pas la sous estimer. Elle doutait cependant toujours de sa volonté de ne pas la tuer, elle ne voyait qu'une seule explication logique à cette situation.

- J'imagine que c'est pour ne pas blesser Francis que tu...

- Je me moque de Francis !

Sursautant, la divinité ne s'attendait pas à cette réaction, la vampire avait eu un visage déformé par la haine en quelques secondes, puis lui avait tourné le dos en serrant les poings. Elle finit par passer sa main sur son visage dans un tremblement, sa voix faiblissant, tandis qu'elle finit par regarder sa main, ô combien habituellement couverte de sang.

- Si tu devais mourir, notre amitié ne changerait rien. L'histoire est cruelle, dévastatrice, des familles se font détruire, même si elles ne le méritent pas. Numen a détruit la mienne et rien ne m'empêchera de la tuer. Je trouverais le moyen de briser votre lien. Et si je ne souhaite pas ta mort, c'est car j'estime que tu ne mérites pas de mourir. Tu as une famille. Chéris là, de toutes tes forces...

D'abord en colère par le peu d'importance qu'avait son mari, aux yeux de sa meilleure amie pourtant, la divinité comprit rapidement que quelque chose n'allait pas. La souffrance de la vampire était telle que cela devenait écœurant. Nyx avait l'habitude de torturer les autres, cela la nourrissait, pourtant, elle ne supportait pas ce qu'elle ressentait chez la reine.

- Ayla...

Se retournant, la vampire sourit tristement, désignant son cœur avec un certain regret.

- Face à ce que je suis devenu, je doute que notre amitié m'empêche d'agir, de même que d'autres sentiments. Je suis désolée Nyx, vraiment, mais n'en parle pas à Francis, s'il te plait. Je ne veux pas qu'il sache.

Haussant un sourcil, la déesse ne comprit pas exactement où elle voulait en venir.

- Quoi donc ?

Fermant les yeux, Ayla garda sa main sur son coeur, ce qui attira le regard de son interlocutrice.

- Tu le sais très bien.

Soudainement, elle les sentit, toutes, des millions d'âmes dévorant sans scrupule le cœur de la reine, provoquant ainsi une souffrance bien plus malsaine que celle qu'elle connaissait dans l'Abysse. Comment un être pouvait il vivre avec cela en permanence ? Elle ne comprenait pas, cela lui provoquait la nausée.

- Qu'as tu fait...

La vampire lâcha son cœur, tournant les talons, avant de disparaître dans l'obscurité.

- Ce qu'il fallait pour sauver mon peuple et échapper au contrôle de la Lune. Je te verrais à l'académie...

Leurs choix les avaient transformées...


Il y a un mois...

Traversant les couloirs de Sieleriath d'un pas rapide et assuré, le visage sombre, Ayla allait à toute vitesse en direction du palais du sang, le plan de Nandoriath. Derrière elle se trouvaient sa sœur et son meilleur ami, bien que ses sentiments soient un peu plus profonds que cela. Cela faisait plusieurs minutes que ces deux là tentaient de la dissuader d'aller plus loin dans un plan qui puait la démence. Arrivée devant un mur, la reine ouvrit son poignet avec ses canines et jeta le sang sur ce dernier. Son fluide vital commença à bouger et à dessiner une série de symboles, avant de devenir un portail. Soufflant, faisant reculer les deux autres, le passage vers les entrailles de Nandoriath venait de s'ouvrir. Ayla ne fut même pas inquiétée, ne faisant que remettre quelques mèches de cheveux en place, elle connaissait par cœur cette sensation et cet endroit. Même pour Victoria, ce monde se situant sous leurs pieds était un véritable enfer, pour elle, c'était chez elle. Se retournant, elle soupira un grand coup, leur faisant face.

- Ma décision est prise, rien de ce que vous pourrez dire ne changera quoi que ce soit. Maintenant restez ici ou suivez moi, mais ce passage se fermera dans dix secondes.

Sans attendre leur réponse, la vampire tourna les talons et entra dans le passage, qui l'avala avec force, comme à son habitude. Elle ferma les yeux, marchant sur ce lac de sang, le moment délicat pour arriver au palais du sang. Tant qu'on marchait sans hésiter, le sang ne laissait pas le corps de la personne s'enfoncer en son sein. Regardez le sol et des bras vous attrapaient, faisant connaître à leur victime le supplice de la noyade. Concentrez vous sur le ciel et des chauves souris venaient vous dévorer dans la seconde, peu importe que ce soit un mortel ou un vampire de sang pur. Comme toute chose chez les enfants de la nuit, c'était une épreuve de force et de volonté. Victoria détestait cet endroit, quant à Christyän, il ne l'avait vu qu'une seule fois, il y a cinq ans, lors d'une mission qui aurait pu lui coûter la vie. Poussant les lourdes portes du palais, la reine respira un grand coup, observant les lieux avec un petit sourire. Devant elle se tenait un gigantesque trône du célèbre métal de Nandoriath, fait avec un minerai qu'on ne trouvait que dans le royaume vampirique. De multiples serpents étaient gravés, tandis qu'à son sommet, une tête de dragon était sculptée, en témoignage de celui ayant permis de créer les attributs royaux. Ces derniers se trouvaient d'ailleurs juste à côté, le crochet royal étant posé derrière le trône et l'anneau du serpent lévitait au bout de l’accoudoir gauche. Ayla n'y prêta pas attention et contourna le siège de son pouvoir en ce lieu sanglant, continuant sa route.

Changeant de salle, elle arriva devant un immense bassin rempli d'un inquiétant sang noir, c'était ici que reposaient les âmes de tous les vampires ayant trépassés et n'ayant pas été dévoré par d'autres de leurs congénères, l'Abysse ou des Seigneurs du Froid. Fait de marbre noir, la reine effleura le rebord en se remémorant ses souvenirs. C'est ici qu'elle avait été transformée et qu'elle avait manquée de se faire absorber par son entité créatrice. Drake avait voulu la changer en une arme de destruction massive, un instrument de cruauté. Certes, cette dernière faisant partie intégrante de son vocabulaire, de même que la folie, mais elle avait encore un sens particulièrement fort de la justice et du devoir. Ici, Christyän avait lutté de toutes ses forces avec la puissance invisible de Nandoriath, avait manqué de se noyer et l'avait finalement arrachée à ce bassin. Il l'avait ensuite portée jusqu'à Rëvalïa, un geste qui l'avait profondément marquée.  Elle était par la suite revenue, apprenant à connaître Nandoriath, sans pour autant oser approcher de ce bassin, jusqu'à maintenant.

- Je sais que vous pensez que tout ceci n'est que folie, mais si je ne le fais pas, nous serons tous condamnés. Les démons s'agitent, ils vont revenir et si je n'ai pas le savoir de tous les vampires, je perdrais et Rëvalïa sera détruite. C'est également le seul moyen de reprendre ma vie, en allant aussi loin dans cette "malédiction", la Lune ne pourra plus me contrôler.

Passant sa main sur la joue de sa sœur, elle lui sourit, tandis que cette dernière frottait son visage sur ladite main avec tendresse.

- J'ai réussi à te sortir du cœur noir, mais ce n'est que temporaire Vic'. Je ne fuis jamais devant un ennemi et le seul moyen de sauver notre peuple de cette malédiction, c'est de lui faire face, je dois donc la combattre.

Retirant sa main, elle regarda Chris avec un sourire un peu plus triste, elle savait que ses chances de survie étaient on ne peut plus faible. Le garou en était également conscient, ne sachant pas vraiment comment réagir, il se contenta d'attraper sa main avec délicatesse.

- Je te soutiens, comme toujours, évite juste de mourir d'accord ?

Riant légèrement, la vampire soupira devant sa réaction, décidément, il fallait tout lui expliquer. L'attrapant, elle l'enlaça avec force, tremblant légèrement.

- Je n'ai aucune intention de mourir...

Se retirant lentement, elle le lâcha et se retourna, prenant une grande inspiration.

- Lómëar !

Le bassin bouillonna et l'entité sortit de cette immensité sombre, comme toujours ayant cette inquiétante apparence d'enfant aux cheveux blancs, aux yeux rouges et couverts de bandages. Il fixa la vampire avec son habituel regard sanglant, attrapant une de ses lames et la faisant tournoyer dans sa main.

- Tu es sûre de toi ? Si tu échoues...

Le regardant avec détermination, Ayla ne le laissa pas terminer sa phrase.

- Si je meurs, absorbe moi et confie le royaume à Victoria. Si je suis dominée par toutes ces forces, tue moi. Maintenant donne moi ton sang "père" !

D'abord surpris, l'enfant sourit, la fierté se lisant sur son visage. Il lâcha ses lames et retira les bandages de son cou.

- Qu'il en soit ainsi, bois ma fille, bois.

Se jetant sur lui, Ayla enfonça avec brutalité ses crocs dans sa chair, tandis que l'enfant caressait avec tendresse ses cheveux qui se teintèrent de rouge. Lentement, les veines du visage d'Ayla apparurent, son corps se mit à trembler, la douleur commençant à se faire sentir. Une fois qu'elle but suffisamment, elle se retira et recula, à bonne distance de l'entité et des deux autres, tombant à genoux, se tenant le crâne, commençant à hurler. Des millions de vies venaient de prendre possession de son corps, se jetant dans son cœur. Elle voyait toutes leurs vies en même temps, leurs sensations, leurs pensées, leurs morts, leurs souffrances. Elle cracha du sang, tandis qu'il en sortait également de ses narines, tombant totalement sur le sol. Son cerveau ne pouvait le supporter, elle n'arrivait plus à penser, qui était elle au milieu de toutes ces existences ? Pourquoi faisait elle cela ? Pourquoi endurait elle cela. Soudainement, au milieu de toutes ces vies, de cet océan d'esprits, elle sentit deux mains la tirer de cet enfer. Se retournant, elle vit un homme aux cheveux noirs et une femme aux cheveux rouges, Drake et Persephone, ses parents. Fermant les yeux, elle frappa du poing le sol, faisant brièvement trembler tout le palais, sensible à sa volonté. Elle ouvrit à nouveaux les yeux et son regard noir et rouge tomba sur ceux de Victoria et Christyän. Des millions de pulsions, toutes plus sombres les unes que les autres habitaient son cœur devenu noir, mais elle était encore capable d'aimer. Elle avait toute sa tête, ou presque.

- J'ai peur de ce que je suis capable de faire, mais je suis moi, c'est tout ce qui compte...

Certains s'étaient éloignés...


La veille...

- Tu plaisantes j'espère !

Se levant brusquement de son siège, Ayla avait rarement été autant furieuse qu'à cet instant précis. Cela faisait des années qu'elle n'avait plus vu son ancien camarade et amour fugace, Lucien d'Elenor et tout cela pour lui parler d'un projet de fin du monde ?! Le noble avait insisté pour la voir en privé, loin de toute oreille indiscrète, devant lui parler d'un sujet de la plus haute importance. Elle avait bien entendu prit cela très au sérieux, mais ne s'attendait pas vraiment à ce qu'on lui soumette ce genre de projet.

- De nous deux, la personne qui est sensée souffrir de démence, c'est moi Lucien et non l'inverse.

Le garou avait parlé du projet "grandiose" de son ancêtre, ce nécromancien qui vivait dans son corps, voulant abolir la souffrance de la séparation entre les vivants et les morts. Ayla connaissait son histoire, elle avait eu le temps d'en parler avec Isil et savait bien entendu ce qui aurait pu se produire sans l'intervention des sages. Lewis Thaddeus d'Elenor aurait pu simplement détruire Rëvalïa !

- On ne peut emmener les vivants aux morts que d'une seule façon, en tuant les vivants. Sans parler du fait que si tu fusionnes les deux plans, tu ne feras que les détruire ! Ces deux mondes sont reliés, mais sont différents.

Soupirant, la reine se dirigea vers une fenêtre, observant la douceur de la nuit et plus particulièrement la lune, absolument magnifique en cette soirée.

- Abandonne cette idée, sinon je serais forcée d'agir.

Haussant un sourcil, le rossignol ne semblait pas vraiment apprécier, à juste titre, la tournure de cette discussion.

- C'est à dire ?

Se retournant, la vampire retira ses lunettes et plongea son regard noir et rouge dans ses yeux d'émeraude. Lucien recula, l'ayant rarement vue aussi menaçante.

- Ce que j'ai à faire. Toutefois...

Remettant ses lunettes, elle redevint beaucoup plus agréable et chaleureuse, soupirant de cette situation. Sa vie n'étant plus qu'une successions de décisions, toutes plus déplaisantes les unes que les autres.

- ... J'aimerais éviter de perdre un ami de plus, j'en ai assez.

D'autres furent sacrifiés...


Nandoriath, le combat des éternels...

Ayla tomba au sol, Chris venant de la lâcher suite à un assaut d'un garde royal, face contre terre, elle avait été surprise de la rapidité du garou pour esquiver le coup. Voir un draconide arriver sur soi n'était pas donné à tout le monde. Drake avait décidé de passer à la vitesse supérieure, Raksha, Sif et Caligo avaient réussi à tenir tous les comtes à distance, tandis qu'Edwen venait tout droit de retirer toutes les âmes du roi dément, avant d'avoir été neutralisée d'un revers de la main. Pour s'assurer de sa victoire, le vampire avait ordonné aux gardes royaux de massacrer tout le monde, immédiatement. Shitennô et Elena Ditfrid faisaient un duo impressionnant, s'occupant à eux seuls de cinq dragons, tandis que Victoria repoussait tous ceux qui venaient dans ma direction avec sa force phénoménale. Saien Menboku, leader de la Meute et sa seconde, Mëlinoë, profitaient du soutien que leur offrait Fralis, occupant les autres dans les airs. Drake, quant à lui, s'acharnait sur Viktor, le père adoptif d'Ayla, qui avait réussi à échapper à son contrôle, payant ainsi un lourd tribut vu le sang qui coulait de son nez. Impressionnant, mais que ce soit Viktor ou les autres, ils ne tiendraient pas sur la durée, elle devait faire quelque chose, elle ne voulait pas qu'ils meurent !

- Assez ! Je vous en prie...

Les dragons s'arrêtèrent, observant leur princesse avec grande attention, ceux qui étaient en vol se posèrent, reprenant forme "humaine" pour mieux la regarder.

- Je vous ai dit de les exterminer !

La rage de Drake était omniprésente, déformant son visage, faisant ressentir toute sa colère et sa noirceur aux personnes présentes dans le secteur. Il voulait les détruire, eux, ces imbéciles qui avaient eu l'audace de ne pas rester à leur place, ce bétail qui ne voulait pas mourir. Voyant les dragons reprendre leurs armes, Ayla hurla soudainement, avec une autorité la surprenant elle même.

- Je vous ai donné un ordre !

Elena s'avança, sa forme draconide ayant du être activée par nécessité, s'inclinant devant la vampire, parlant aux autres dragons.

- En tant que draconide, je me dois de respecter vos coutumes, mes frères. Vous êtes de sang vampirique et devez allégeance à l'héritier de la couronne noire. Drake Morg a fait bannir vos frères vampires de ce lieu par sa folie, Persephone, votre mère et amie, est morte par sa faute. Il apporte le déshonneur à Nandoriath tout entier, Ayla Morg est votre seul maître, elle est la fille de Persephone et sa digne héritière. De par mon sang de dragon, je ne mettrais ma lame qu'à son service !

Les gardes royaux se regardèrent, puis sortirent tous leurs lames et les plantèrent dans le sol, en direction de la princesse, s'agenouillant en baissant la tête. Ils parlèrent tous dans un vieux dialecte draconique, qu'Elena traduit immédiatement.

- Le serpent doit retrouver sa couronne...

Enragé, Drake tenta tant bien que mal de forcer les dragons à obéir, mais aucun ne répondit à ses ordres, tandis que Viktor s'écroulait par terre, un sourire aux lèvres en direction d'Ayla, qui se jeta sur lui pour tenter de le réanimer, sans grand succès.

- Sale petite traînée !

D'un geste rapide, terriblement puissant, le roi dément envoya la terrible épée faite d'os de dragon, le crochet royal, en direction d'Elena. C'était si rapide qu'elle n'avait pas le temps d'esquiver, ni les dragons de se relever, vu leur lourde armure. Fralis fonça, tentant d'attraper l'épée, mais celle ci lui échappa de peu. Elena fut poussée subitement, tombant au sol, entendant l'horrible bruit de la chair transpercée.

- Quelle idiote...

Shitennô Bachiatari tomba au sol, sur le côté, tremblant sous le choc de l'épée qui lui transperçait l'estomac. Il passa immédiatement sa main sur sa plaie, impossible de se soigner vu les propriétés de l'épée, mais il pouvait se maintenir suffisamment en vie pour faire une dernière chose.

- J'ai une dernière chose à accomplir...

Retirant l'épée, tout en crachant du sang, il l'envoya en direction d'Ayla, qui la saisit au vol, voyant avec horreur son professeur et protecteur se vider de son sang.

- Faites votre devoir...ma reine...

Voyant la vie quitter les yeux de son mentor, la vampire fonça sur son père, qui était pourtant bien déterminé à éviter ses coups. Il n'en eut pas le temps, il sentit une autre lame lui transpercer le dos, Victoria venait de surgir, autant enragée que sa sœur. Ayla perfora le coeur du roi, puis retira son épée avant de le décapiter. Sans prendre plus de temps, elle fonça vers le célestin, s'entaillant le poignet, mais fut arrêtée par Victoria.

- Lâche moi ! Il y a sans doute encore quelque chose à faire ce n'est pas...possible...

Tombant au sol, elle regarda le célestin sans vie, les autres élèves autours de lui. Des larmes de sang coulant sur ses joues, elle se retourna, reprit l'épée et massacra le corps sans vie de son père, dans un hurlement de rage. Victoria arriva immédiatement derrière elle et l'enlaça.

- Tu n'es pas lui...arrête.

Elena déposa le corps du professeur avec douceur, sécha ses propres larmes et se rapprocha de la vampire.

- Vous savez Shitennô n'a pas toujours été...

Ayla se retourna, se relevant et empoignant la célestine avec une profonde colère.

- Je m'en moque ! Je sais qui il était, ce qu'il était et ce qu'il a fait ! Shitennô Bachiatari, mon protecteur, mon professeur et le disciple de ma mère ! Notre mentor à tous et un foutu héros. Je me moque de son passé, il n'y a que cela à retenir. !

Elle la lâcha, toujours en pleurs, Elena ferma les yeux, et l'enlaça, collant ses lèvres sur son front avant de s'agenouiller.

- Vous avez raison, le reste n'est pas important. Je doutais de vous au début, mais je sais que vous ferez une excellente dirigeante, ma reine.

- En effet.

Se retournant, ils virent Lómëar avancer lentement, tenant une couronne faite de ce légendaire métal noir venant tout droit de Nandoriath. Elena s'écarta, tandis qu'Ayla observait son entité créatrice avec toujours autant de peine dans les yeux.

- Je croyais que vous ne respectiez que la force.

Souriant, l'enfant posa la couronne sur la tête de la vampire, n'ayant pas hésité une seule seconde.

- La force n'est pas que magique ou physique, elle est aussi présente dans vos liens, dans ce qu'elle vous pousse à faire. Pleurer un proche n'est pas de la faiblesse, pleurez sa perte et honorez sa mémoire. Grâce à lui, grâce à vous, le cycle est enfin brisé.

Frappant du pied, une onde de choc ébranla tout le royaume, sans pour autant faire tomber les autres, à leur plus grande surprise. Les bannières des Morg à Sieleriath se recolorèrent, les pierres sur le sol s’élevèrent et reconstituèrent le château en ruine. Les fissures sur le sol s'effacèrent et de nombreuses fleurs pourpres firent leur apparition, pour ne citer que les changements présents. Ce monde stérile, cauchemardesque, excepté pour son manque toujours aussi flagrant de soleil, cessa immédiatement de devenir un enfer.

- J'aurais aimée qu'il soit là pour le voir, pourquoi est il mort ?...

Mais tous se sont retrouvés


Réouverture de l'académie, nos jours...

- Pourquoi êtes vous en vie ? Je veux dire, comment ?!

Tout avait basculé ce jour là, lorsque le célestin s'était sacrifié, la vie toute entière d'Ayla s'était brisée. Elle avait du abandonner l'espoir d'être juste Ayla et s'était consacrée corps et âme à son rôle de Morg. Beaucoup de personnes l'appréciaient, sans pour autant connaître l'océan de sang qu'elle versait derrière elle. Elle faisait ce qui était nécessaire, bien que sa folie l'emportait parfois, mais elle avait réussi jusqu'à présent à éviter des dommages collatéraux. Là, dans cette soirée de réouverture de l'académie, Shitennô venait de refaire surface, comme si il s'était juste "absenté". Naturellement, le choc était beaucoup trop gros pour son esprit. Elle revoyait en boucle tous ces flash, perdant ses lunettes, tout aurait pu dégénérer très vite, sans l'intervention d'une seule personne : Crystal. Se saisissant des lunettes de la reine, la petite aveugle les posa rapidement, mais néanmoins en douceur sur le visage de la vampire, lui adressant un petite sourire. La famille, quelque chose qui lui manquait horriblement.

Posant sa main sur son épaule, Shitennô expliqua calmement ce qui s'était produit, parlant de sa montre et de son engagement chez les guérisseurs pour réparer ses échecs passés. Il expliquait son inquiétude envers cette magie du temps, le fait qu'il reprendrait son rôle de professeur de contrôle et avait même accepté le poste de directeur adjoint, malgré ses problèmes physiques actuels. Soupirant, Ayla hésita, sachant que ce qu'elle s'apprêtait à faire ne serait pas forcément bien vu par la noblesse.

- Et puis merde...

Attrapant le professeur, elle l'enlaça, posant sa tête sur son épaule, tout en utilisant sa force pour ne pas le faire tomber. C'était bien lui, elle reconnaîtrait son odeur entre mille autres.

- Bienvenue à la maison.

Le lâchant, elle lui sourit, remarquant Athial qui l'attendait, il était temps.

- Si vous voulez bien m'excuser, j'ai une tâche à accomplir, je suis à vous dans un instant.

Quittant le petit groupe, elle rejoint son homologue elfique, se tenant à une certaine distance, les deux avancèrent leurs mains et une colonne de lumière apparut entre les deux femmes. Une fois que cette dernière fut dispersée, elle laissa apparaître une jeune femme toute particulière. La peau blanche, les cheveux blancs, le visage balafré, les pieds nus et disposant d'une simple robe bleu nuit. Cette dernière était particulièrement fine, un tissu qui ne devait guère bien protéger, épousant parfaitement sa silhouette, sans pour autant laisser voir quoi que ce soit. Son corps était admirablement bien sculpté, donnant un aspect totalement surnaturel, une beauté stupéfiante, malgré les blessures sur son visage. Ouvrant les yeux, elle laissa découvrir le blanc de son œil remplacé par ce bleu nuit si particulier, quant au reste, il n'y avait qu'une couleur, un blanc semblable à une pleine lune. Pieds nus, lorsqu'elle foula le sol du parc, de milliers de fleurs bleutées vinrent faire leur apparition, offrant un spectacle ô combien magnifique, bien que certains avaient déjà pu y assister. Il s'agissait bel et bien d'Isil, Mère de toute chose, la Lune.

Observant les deux reines, elle ordonna à l'elfe de se relever, s'étant immédiatement agenouillée, tandis qu'elle haussa un sourcil devant sa chère vampire, restée impassible.

- Tu es bien insolente Ayla.

Souriant d'un air carnassier, la vampire répliqua simplement qu'elle n'avait pas encore mérité le moindre signe de politesse de sa part et que de toute manière, elle n'avait pas pour habitude de mettre genoux à terre devant ses "invités". Souriant, la divinité ne fut pas choquée outre mesure.

- Cela fait partie de ton charme. Où est Fujiin ?

La reine lui indiqua le professeur d'air un peu plus loin, discutant visiblement avec Thanatos, l'étrange professeur d'ombre, portant toujours son heaume. La divinité avança, saluant les amis de la reine vampire au passage et s'arrêta dans sa course juste à côté de Nyx. Ayla se mordit la lèvre, la tension était on ne peut plus palpable.

- Nyx...

- Isil...

Se fixant, les deux opposèrent leurs regards, le défi se lisant à tout instant dans leurs yeux. Le blanc s'opposait au noir, comme la magie lunaire affrontait celle abyssale. Néanmoins, aucune démonstration de force n'eut lieu, leur magie fut vite aspirée par l'immense sceau créé par Hokmah, le chef du conseil des quatre, un peu plus tôt. La saluant d'un signe de tête, la Lune poursuivit son chemin et rejoignit Fujiin, tandis qu'Ayla et Athial échangeaient un regard et un soupire de soulagement. La vampire rejoignit à nouveau ses amis, sortant une fiole de sang qu'elle bu cul sec, avant de revenir à l'essentiel : qu'est ce qu'ils étaient devenus.

- Et bien, j'ai été pas mal occupée comme vous devez le savoir, entre la création du conseil, la destruction du pacte, le dialogue avec les alteros, la création d'une banque...Je n'ai pas vraiment le temps de m'ennuyer, même si je dois admettre que ma tâche la plus difficile a été de convaincre notre cher loup d'assister à cette soirée.

Évitant à son tour une taloche de la part de Christyän, elle échangea un sourire avec ce dernier avant de reprendre un air plus sérieux.

- J'ai surtout passé un certain temps avec Isil, tentant de lui rappeler ce qui signifiait être "mère de toute chose" et j'espère arriver à une trêve entre les lunaires et les abyssaux. C'est pas gagné comme vous pouvez le voir...

Soupirant, elle massa son crâne, tremblant légèrement avant de redevenir elle même.

- Pour être franche, je suis fatiguée, vraiment fatiguée, mais je n'ai pas vraiment le temps de me reposer.

Se tournant, elle regarda Remus et Crystal dans un sourire, contrairement à Christyän, c'était bien la première fois qu'elle pouvait les voir.

- Enchantée vous deux, Remus et Crystal c'est ça ? Moi c'est Ayla. Très jolie tes mèches. Je suis désolée, vous avez dû en entendre de belles sur votre mère. L'Abysse est toujours un sujet... délicat. Néanmoins, c'est Nyx votre mère et beaucoup de personnes oublient ce qu'elle a fait. Ici, dans ce parc, elle a accepté de révéler sa vraie nature et nous a pourtant tous sauvés. L'important n'est pas ce que les autres pensent qu'elle est, mais ce qu'elle représente pour vous.

Souriant, la reine était certaine d'une chose, tant qu'elle pourrait préserver ces enfants de la guerre qui se préparait, elle le ferait.

~~~~


Certains voient le monde en noir
D'autres en blanc
On parle aussi de gris
Le mien est rouge...


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MessageSujet: Re: Retrouvailles [R5]   Dim 14 Mai - 19:47

REMUS

Cette soirée était certainement la plus troublante de ma vie. Après tout, je n'avais que peu voyagé. J'étais resté à Ràva, sous la tutelle de mon père et de ma mère. Je connaissais de nombreux types de garou. C'était une des races qui possédait le plus de variation en son sein. J'ai cru que j'avais déjà tout vu. Mais voir les amis de mon père... c'était comme un choc.

Une flamme pourpre, et surtout ailée, descendit du ciel pour se poser à proximité de nous tous. Il... s'agissait d'un garou aussi, non ? Certains garous avaient la possibilité d'utiliser leur atout animal sous forme humaine. Papa le faisait parfois. Ce n'était pas visible, mais je sentais lorsqu'il utilisait sa force de tigre.

Il tenait entre les mains une flamme d'un bleu assez... violent. Je ressentais comme un potentiel magique en lui. Mais c'était aussi l'une des rares fois où je ne sentais pas la chaleur de la flamme. Je ressentais comme du... du froids, oui, c'était ça ! Au moins sa fraîcheur compensait toute la chaleur des autres flammes de l'académie...

Je le regardais avec des grands yeux, fasciné par ce que j'étais en train de voir. Derrière la flamme, il s'agissait d'un jeune garçon qui semblait avoir mon âge environs. Enfin, mon âge... Il parait que j'étais plus vieux que mon âge réel. Je me rendais aussi rapidement compte qu'il y avait une autre flamme. Elle était de la même couleur, quoique plus claire, plus vive, et bien plus discrète, qui se tenait à côté de lui. Mais il n'y avait aucune enveloppe corporelle pour la garder. C'était comme une flamme libre. Je n'avais jamais vu quelque chose comme ça auparavant.  

-Bonsoir à tous, désolé du retard. Comment allez vous depuis tout ce temps ?

-...Salut !...ça fait longtemps, tout le monde...

Les deux nouvelles flammes saluèrent les personnes déjà présentes. Mais je ne pouvais que me rapprocher de cette flamme bleue qui se trouvait entre les deux individus. Tendant la main, je passais ma main dans la flamme, croyant pouvoir peut-être toucher un corps invisible que je n'aurais pas vu. Mais non...rien ne semblait se trouver devant moi...

                                                                        *

FRANCIS

...Lucien ?....Shisui ?...

Ça faisait... bizarre.
Lucien avait bien changé. Il semblait avoir bien plus le contrôle de sa forme animale. On dirait qu'il avait accepté un peu plus cette part de lui-même. Ou du moins qu'il craignait moins de l'exposer. Je commençais à me demander si ce n'était pas à cause de notre enfance lors de la chasse aux sorciers. Après tout, s'afficher en garou signifiait la mort. Maintenant, on pouvait exister avec un peu plus de tranquillité. Je n'avais pas eu beaucoup de contacts avec Lucien, mais ça faisait tout de même plaisir de le revoir.

Shisui n'avait...pas changé. C'était presque choquant. Je savais qu'il vieillissais bien plus lentement que la moyenne, mais il fallait que je le voie de mes propres yeux pour que je constate cela. Cinq ans étaient passés, et il n'avait changé que très peu. Je ne pouvais m'empêcher de le regarder avec beaucoup de surprise.

- Je suis vraiment heureux de vous revoir, tous les deux. Beaucoup de choses ont du vous arriver, je suppose, et je veux tout savoir de vous.

Sincère, comme je l'ai toujours été, je les accueillais avec un sourire. Malgré le fait que l'un n'a pas changé, et que l'autre a trop changé, je restais content de pouvoir voir des visages familiers. Je sentais des petites mains se poser sur moi, et en regardant à ma gauche, je constatais que Crystal nous avait rejoins. Je caressais doucement ses cheveux avec un sourire, voyant qu'elle avait décidé de me suivre pour aller voir un peu les autres. Il est vrai qu'elle n'allait certainement pas découvrir grand chose si elle restait avec Nyx. Repensant à ma femme, je jetais un regard derrière moi. Elle allait certainement se sentir seule...Et je l'avais délaissée pour aller voir les autres. Quel imbécile j'étais ! Il était vrai que je souhaitais reprendre contact avec tous ces amis que je n'avais pas vu depuis longtemps, mais je m'étais décidé à ne rester que plusieurs minutes. Après cela, j'irais rejoindre un peu Nyx, afin de lui tenir compagnie.

- Tu nous présentes, papa ?

- Ah oui...Mes amis, voici ma fille, Crystal. Et le garçon à côté de moi...

J'allais poser ma main sur l'épaule de Remus, mais la seule chose que j'avais touché, c'était de l'air. Je me retournais vers ma droite avant de me rendre compte que mon fils était en train de s'approcher d'une zone proche de Shisui. Intrigué, je décidais de le laisser faire ce qu'il voulait faire pour le moment. C'était un garçon très atypique, qui voyait des choses que je ne voyais pas, et sentais des choses que je ne sentais pas. Je n'ai jamais voulu le brusquer pour le forcer à s'adapter à notre point de vue, ni Remus, ni Crystal. C'était parfois difficile de communiquer avec eux, vu leur façon de voir la magie et la ressentir.

-...est mon fils, Remus. Ne soyez pas trop surpris par sa façon de faire. Il ressent la magie d'une manière différente de la notre. C'est un peu comme si il voyait nos corps et mouvement d'une autre façon.

Crystal avait cette sensibilité également, mais j'ai toujours eu l'impression que ça n'entravait pas sa capacité à communiquer avec les autres. Enfin, elle restait assez timide.

- Lucien, Francis, monsieur Ryuuga...

à ma droite se trouvait donc Chrystiänn. Au moins, j'avais gardé pas mal de contact avec lui. Après tout nous n'étions pas si loin l'un de l'autre, et il passait régulièrement en visite, ou alors pour s'occuper de mes deux enfants lorsque je n'étais pas là. Je souriais, me rappelant à quel point ça avait été dur entre nous deux. Mon histoire avec Nyx l'avait plus que secoué, et avait failli briser une amitié qui nous était à tous les deux chers. Pourtant... Les Déesses elles-même n'ont pu briser notre amitié. Nous avions réussi à nous réconcilier. À dépasser cette difficulté, et à rester des camarades fidèles. Nous étions de la même « meute », pour Chris. Même si cette notion ne m'est que peu familière, je savais que le loup-garou y tenait beaucoup.

- Je suis toujours au service d’Arda. J’alterne entre les missions du Conseil des Sages, l’éternel apprentissage élémentaire auprès d’Arda, et les royaumes de Ràva et de Nandoriath. Oui, je passe pas mal de temps avec les gouvernants de Sleeping Wild, et le peu qu’il me reste aux côtés de son altesse…

Lui aussi avait bien changé à sa façon. Son parcours me semblait incroyable. Non seulement car il était vraiment spécial, unique, mais aussi car on parlait d'un garou sauvage qui n'avait aucun contact avec le reste du monde. Et maintenant, ça fricotait avec des reines et des chefs. Je n'aurais jamais cru que ça arriverait il y a cinq ans.

Je ne pu m'empêcher de rigoler en voyant Chris se prendre une tape sur l'arrière du crâne par Ayla. Après tout, il avait dit le mot interdit de mademoiselle la reine de Nandoriath. Les deux ont toujours été proches, contre toute attente. Mais ça leur était bénéfique, à tous les deux. Nous trois avions souvent formé un trio dans l'académie pendant longtemps. Mais j'ai toujours eu l'impression qu'il y avait plus. Qu'il s'agissait plus d'un duo dans lequel j'étais invité. Mais je n'ai jamais été vexé par ce détail là. Ils restaient tous les deux des compagnons chers à mes yeux.

Je senti quelque chose se poser contre mon épaule, avant de comprendre qu'il s'agissait de mon familier.

- Aaron

Entendant son nom, le corbeau me regarda, portant dans son bec une cerise par la tige. Encore à se goinfrer celui-là. Il posa le fruit sous sa patte et tira la tige pour la retirer, avant de prendre la cerise et la manger. Je le poussais un peu de mon épaule, ne voulant pas vraiment servir de table, et il poussa un croassement plaintif avant d'apporter sa « proie » sur une table à proximité de nous. Alors qu'il commençait à manger, il regarda d'un air très curieux Lucien. Il avait du comprendre qu'il s'agissait d'un oiseau également, il avait très certainement du le voir avec son arrivé théâtrale. Il commença à sautiller vers le jeune noble de façon prudente, l'observant de haut en bas comme si il s'agissait d'une créature prête à le mordre à tout moment.

Ayla afficha soudainement sur son visage un air que je n'avais jamais vu auparavant. Chris et moi l'avions remarqués, et le loup-garou se retourna vers moi. Je me demandais si c'était quelque chose en rapport avec moi avant que je ne me retourne à mon tour, me disant que ce devait être quelque chose derrière.

- Bonsoir les enfants, cela fait longtemps.


Je comprenais pourquoi tous les deux étaient choqués. Et je l'étais aussi...

- Vous...Comment ?...

J'aurais aimé poser cette question également, mais aucun son ne pu sortir. Shitennô...le professeur de l'ombre... Il était mort à Nandoriath, on l'avait tous vu. Une blessure qui ne pouvait être guérit. Pourtant je n'étais pas fou ! Je n'étais pas le seul à le voir.

-C'est...que...Shitennô ? Attendez, vous...Vous étiez...je...mais...


Je tenais ma tête entre mes mains, ne comprenant absolument pas ce qui était en train de se passer.

- Pourquoi êtes vous en vie ? Je veux dire, comment ?!

Elle commença à perdre ses lunettes, ce qui était très mauvais signe. C'était un moyen pour elle de retenir son aura effrayante. Si elle se montrait sous ce visage lors de la fête...Mais Crystal se baissa rapidement pour lui redonner ses lunettes. Je fus tout aussi surpris qu'elle. Ma fille était un mystère que moi-même j'avais du mal à comprendre. J'allais certainement passer toute une vie à la découvrir, du début à la fin...

- Et puis merde...Bienvenue à la maison.


Elle ne tarda pas à venir l'enlacer. Un spectacle attendrissant. La relation entre Ayla et Shitennô était certainement beaucoup plus profonde qu'entre l'ancien professeur de contrôle et nous tous. Si c'était un tel soulagement pour moi de le voir en vie, je ne pouvais alors pas concevoir le niveau de joie que devait ressentir Ayla. Surtout si c'est pour agir de façon aussi affectueuse et non pas « professionnelle ».

- Si vous voulez bien m'excuser, j'ai une tâche à accomplir, je suis à vous dans un instant.


Elle partit rapidement en direction d'un elfe. Nous nous retrouvâmes tous, en cercles, dans un silence qu'avait provoqué l'apparition imprévue du Célestin. Au bout d'un instant, je me rapprochais un peu de Shitennô et lui tendit ma main.

- C'est un vrai soulagement de vous voir sur deux jambes, professeur. Beaucoup de choses ce sont passés, pour nous tous, et je pense que vous n'avez pas entendu toutes les nouvelles. Ce serait un plaisir de pouvoir rattraper le temps perdu.

Shitennô n'avait pas une aussi grande importance dans mon cœur que Nyx, Chris, Ayla, ou les autres. Autrefois, il était pour moi une source de fascination et de crainte. Un homme qu'on ne pouvait prévoir, et avec qui tout pouvait arriver, que ce soit bon ou mauvais. Mais j'avais appris à le respecter et à comprendre qu'il s'agissait d'une personne honorable.

Ayla revint rapidement vers nous, répondant à notre conversation initiale :

- Et bien, j'ai été pas mal occupée comme vous devez le savoir, entre la création du conseil, la destruction du pacte, le dialogue avec les alteros, la création d'une banque...Je n'ai pas vraiment le temps de m'ennuyer, même si je dois admettre que ma tâche la plus difficile a été de convaincre notre cher loup d'assister à cette soirée. J'ai surtout passé un certain temps avec Isil, tentant de lui rappeler ce qui signifiait être "mère de toute chose" et j'espère arriver à une trêve entre les lunaires et les abyssaux. C'est pas gagné comme vous pouvez le voir... Pour être franche, je suis fatiguée, vraiment fatiguée, mais je n'ai pas vraiment le temps de me reposer.

On voyait qu'elle avait du mal à garder son calme. Elle a et sera très probablement toujours une fille instable. Cela dit elle s'était beaucoup améliorée. J'avais l'impression qu'elle se contrôlait beaucoup mieux. C'était sûrement dû à l'influence de Chris. Je souriais tristement à son commentaire :

- J'ai cette impression que l'histoire va toujours avoir raison du bon sens... Aider Nyx à faire les bons choix pour la paix est un travail constant. Mais ce n'est sûrement rien comparé à ce que tu dois faire, toi. Nous sommes vraiment reconnaissant pour ce que tu fais. Tes actions ne sont pas en vain.

Peut-être que ce n'était pas nécessaire pour moi de lui rappeler ça. Cependant, je n'attendais pas l'autorisation de quelqu'un pour pouvoir dire ce qui me passait par la tête. Je voulais simplement le bonheur d'Ayla... Celle-ci se tourna d'ailleurs vers mes deux enfants, réalisant qu'elle n'avait jamais pu les découvrir.

- Enchantée vous deux, Remus et Crystal c'est ça ? Moi c'est Ayla. Très jolie tes mèches. Je suis désolée, vous avez dû en entendre de belles sur votre mère. L'Abysse est toujours un sujet... délicat. Néanmoins, c'est Nyx votre mère et beaucoup de personnes oublient ce qu'elle a fait. Ici, dans ce parc, elle a accepté de révéler sa vraie nature et nous a pourtant tous sauvés. L'important n'est pas ce que les autres pensent qu'elle est, mais ce qu'elle représente pour vous.

Remus, de son côté, continuait de toucher l'air devant lui, comme fasciné. En entendant son nom par contre, il se retourna, sursauta presque, comme si on l'avait prit par surprise.

- Que...oh, oui, c'est....c'est mon nom...

Il resta un instant silencieux, regardant le sol, avant de lever la tête vers Ayla

- Vous êtes Ayla, c'est ça ? Vous dégagez une grande chaleur. Vous êtes... puissante...

Je soupirais, mais me permit de l'interrompre avec un sourire rassurant.

-Remus, ils ne le ressentent pas je te rappelle.

Le garçon se tourna vers moi, et se mordit les lèvres, se sentant un peu gêné.

- Heu, oui...pardon. Enchanté madame.
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MessageSujet: Re: Retrouvailles [R5]   Jeu 18 Mai - 14:45

Une grande assemblée de personne, jusqu'à perte de vue. Une soirée continuant son cours, des personnalités plus ou moins importantes, des divinités, des membres de chaque race, de tous les niveaux sociaux évoluaient dans ces émouvantes retrouvailles, en l'honneur de la ré-ouverture de l'Académie. Les futures étudiants ou ceux étant déjà là avant la fermeture étaient également présents, souriant, buvant, profitant de ce moment pour commencer à se faire des contactes, tâter le terrain de qui sera fréquentable ou non. En tout cas, c'est l'impression que l'on pouvait avoir, vu de derrière une des vitres de l'Académie.

Parcourant les longs couloirs du lieu, un jeune homme faisait les cents pas, fixant avec insistance la moindre vitre croisant son chemin. A chacune d'entre elles, il découvrait un nouveau visage, une nouvelle singularité, sortant de la norme, riant à en rire au milieu de  bien d'autre rire. Chaque race, chaque profession avait ses clichés, ses idées reçues .Chose démonté par cette phrase si répétitive, « il y a toujours une exception à la règle ». Pourtant, c'est entré dans l'ordre des choses, tous on déjà taquiné quelqu'un, témoignant d'autant plus de leur affection pour cette personne et est souvent rectifié dans les temps qui suivent. Pourtant … Ce n'était pas le cas de tous.

Le jour même avant la rentrée, le jeune Ishimura Rin songeait à ce qu'il allait devoir appliqué et ce qu'il appliquait déjà à ce jour. Le plus souvent repoussé et incompris dans son enfance … Regardé de travers, insulté … Face à des accusations qu'il ne pouvait contré tant il n'avait aucun moyen de répondre. Lui même ne comprenait pas ses facultés … son énervement poussé à l’extrême devant cet acharnement continuant encore et toujours de s'abattre sur lui. Ce n'est que depuis quelques temps que celui avait apprit la vérité … Au delà de tout ce qu'il aurait pu imaginer. C'est également à cet instant, après avoir tant souffert … Qu'il apprit qu'il devrait garder tout cela pour lui, se faire passer pour quelqu'un d'autre, nier, se contrôler. Ne comprenant que plus tard que sa survie dépendrait de ses actions … cela mit Rin dans une profonde déprime, insultant tous ceux qui avaient la chance d'avoir une vie « normale » … Ainsi que tout ces adultes tentant de lui dicter sa vie.

Ce n'est qu'après une discussion avec son frère, Yukio, lui dévoilant que lui même était au courant depuis des années, que Rin comprit qu'il se refusait de suivre le destin étant inscrit dans ses gènes, mais également celui que le monde entier voulait lui imposer. Pourtant, il comprit qu'il devrait garder son « secret » le plus longtemps possible... Après tout la réaction la plus soft concernant les démons était la peur … S'il voulait vivre, et avoir un semblant de vie normale il devrait apprendre à se fondre dans la masse au maximum, contrôler ses pulsions ou du moins les cacher de tous.

C'était risqué... et l'idée que l'Académie puisse garder un démon en son cœur, qui plus est le fils de Colère n'était de loin pas au goût de tout le monde. C'est pourquoi seul le minimum de personne fut mit au courant de son existence, tous ceux chargés de garder un œil sur lui, et de l'encadrer, pour le plus grand malheur du jeune démon. Il ne voulait pas renier ce qu'il était … Ne voulait pas sombrer dans la démence et n'être qu'un monstre obéissant aux ordres de sa mère, il voulait être lui, Rin Ishimura, l'exception qui confirme la règle.

Étant seul dans les couloirs, il s'autorisa à laisser visible sa queue noire, chose qu'il ne faisait jamais d'habitude. En effet le jeune homme avait des oreilles pointues, digne d'un elf mais également des crocs quasiment du même niveau que ceux des vampires. Bien que cela l'énerva au plus au point, ses camarades se moquant de lui, parlant d'un accouplement entre une elfe et un vampire qui aurait aboutit à la mort de cette dernière, ce qui expliquerait que celui-ci n'en parle jamais. Sans oublier le fait que beaucoup remettent clairement en question son lien de sang avec son frère jumeau. L'année n'avait pas débuté … que Rin eu déjà l'envie d'abandonner pourtant il n'en fit rien, sentant que s'il agissait de la sorte, ce serait leur donner raison, et baisser les bras. Offrant son âme à la fatalité. Le jeune démon gardait son sourire, pour ceux qui le voulait, bien qu'ils soient bien trop peu nombreux, le laissant seul à observer de loin.

Cet événement lui avait été hautement présenté comme dangereux pour lui en raison de la présence de la sœur de la reine de Nandoriath, Victoria Morg. Bien que Rin ne soit pas des plus intéressé par les cours théoriques, il ne lui fallut que très peu de temps pour comprendre que si cette personne apprenait son existence, il ne lui resterait sûrement plus longtemps à vivre... Pourtant malgré son isolement, il avait voulu mettre un peu de lui dans ces joyeuses retrouvailles. Demandant l'autorisation à l'un de ses surveillants, monsieur Bachiatari, il avait pu confectionné un ou deux plateaux de nourriture pour le banquet. Si la vue de ses plateaux désormais vides le remplit de joie et de fierté, il ne pouvait que rire intérieurement à l'idée d'imaginer la moindre de ces personnes, apprendre que ces mets furent préparés par un démon.

Certe ce n'était pas grand chose, mais cela lui permis de s'investir d'une quelconque manière que ce soit dans cette soirée qui lui a été interdit. Malgré cette impression d'être toujours surveillé, Rin ouvrit l'une des fenêtres et parvint à se hisser jusqu'au toit de la tour où il se trouvait. S’asseyant, les jambes en tailleur, il sortit un petit paquet emballé dans un tissu, qu'il déballa en remuant la queue. Profitant de l'air frais de cette magnifique nuit, il regarda encore et toujours le déroulement de cet événement historique, grignotant quelques mets qu'il avait gardé pour lui. Prenant une grande inspiration en fermant les yeux, il les ouvrit à nouveau, souriant doucement.

-Après tout … ça aurait pu être pire

~~~~

Même si on m’a dit que ma destinée est immuable en dépit de mes efforts,
Je peux toujours changer, et je vous prouverais que je le peux
.

Ne meurs pas encore, feu dans mon cœur. 
Je ne veux pas déjà oublier cette chaleur dans ma poitrine.
 
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Innen
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MessageSujet: Re: Retrouvailles [R5]   Ven 19 Mai - 13:00



Schrödinger
Prince Démon de l'Envie

- Qu'est ce qui aurait pu être pire ?

Derrière le jeune garçon, une paire de yeux rouges firent leur apparition, une voix de jeune garçon sortant des ténèbres. Avançant, l'étrange individu quitta l'obscurité, fixant Rin d'un petit sourire dévoilant ses crocs inhumains. D'une taille moyenne, cheveux blonds, oreilles de chats et une queue très proche de celle du jeune démon lui faisant face bougeant avec lenteur. Faisant un deuxième pas, tout le toit s’enflamma, créant d'immenses flammes d'une couleur particulièrement hypnotisante, un mélange entre du rouge sang et un orange particulièrement prononcé, s'élevant jusque dans les nuages, perçant ces derniers. Le jeune étudiant recula, la sueur perlant le long de son nuque, ce gosse allait cramer tout le château. Haussant les sourcils, ce dernier regarda derrière lui, sans trop comprendre ce qui se passait.

- Qu'est ce que tu as ? Il y a rien derrière...ah je vois !

Claquant des doigts, le feu disparut aussitôt, sans avoir fait le moindre dégât matériel. Riant légèrement devant la réaction du jeune homme.

- Tu n'as jamais vu de personnes comme moi hein ? Mon aura peut intimider, pourtant je suis le moins pire et le plus gentil !

Sautant, il arriva à la hauteur de Rin en un rien de temps, bien que ce dernier ne soit pas vraiment à l'aise. Regardant la populace de l'événement, il observa toute cette agitation d'un sourire amusé.

- Quel beau bordel non ? Tu aimerais y être n'est ce pas ? On a peur que tu te fasses découper par la terrible Victoria ?

Se frappant le visage soudainement avec sa main, le jeune garçon bougea ses oreilles et se retourna subitement, lui tendant sa main.

- Ah ! Mais j'en oublie les présentations ! Schrödinger, Prince Démon de l'Envie ! A ton service !

Rin recula, faisant encore une fois hausser les sourcils du démon à oreilles de chats.

- Quoi ? C'est le Prince Démon qui dérange ? Boarf, faut pas t'en faire, je ne mange jamais mes compatriotes, je l'ai même pas fait en tant que diablotin, donc bon ! Je venais aux nouvelles, voir si tu allais bien, si tu étais traité comme il faut, etc. Eleonore nous a pété une crise en sachant que tu étais à l'académie. "Ils vont l'enfermer, le tuer"et tatati et tatata. C'est pas le Prince de la Colère qu'il faut l'appeler, mais celui de l'inquiétude oui ! Donc voila, je suis venu la rassurer et aussi te tenir compagnie, car tu dois bien t'emmerder tout seul nan ?

S'asseyant sur le bord du toit, bougeant ses jambes dans le vide, il s'étira un grand coup dans un miaulement caractéristique des félins. Rin le regarda avec suspicion, tandis le prince observait la foule en bas avec ce même amusement, un rien semblait le divertir.

- Je ne suis pas venu pour te "corrompre" ou je ne sais quelle connerie on t'a mise en tête. Eleonore n'est pas forcément le monstre que l'on pense, faut la connaître. Bon, je peux comprendre que d'un point de vue Rëvalïen ce soit compliqué. Être un démon c'est d'un chiant. Petit à petit, ton aspect te ronge et te transforme. Pourtant, ton identité ne s'efface pas, il faut juste arriver à sortir la tête de l'eau. Comme quoi, rien n'est inévitable, ça devrait te rassurer.

Rin se demanda tout de même si il ne risquait rien, une aura pareille n'avait pas été très discrète.

- Oh, t'en fais pas, ils ne peuvent pas me voir, ni me sentir. Je suis là et ailleurs, partout et nul part. C'est chiant comme explication hein ? Dis toi que je peux être partout à la fois, mais que je peux aussi décider de ne pas l'être, tout comme je peux décider pour qui je suis là et pour qui je ne le suis pas ! Les démons ne peuvent pas venir ici, pas sans portail ou en possédant un corps. Moi je peux ! Si tu veux, je pars, mais si tu as des questions sur nous ou même si tu veux causer au vieux chat que je suis, jouer aux cartes, je sais pas moi ! Là j'ai envie de m'amuser et j'aime pas voir les gens seuls. D'une pierre deux coups ?

~~~



Fralis'mereth
Dragonne Primordiale de l'Esprit
Répurgatrice

Filant comme une flèche, une forme blanche et dorée arriva à toute vitesse aux festivités, évitant les gardes royaux, les invités, elle se dirigea vers le petit groupe et particulièrement vers une personne.

- Shisuiiiiiiii !

Avant de comprendre ce qui venait de se passer, une jeune fille aux cheveux blancs et aux yeux dorés, vint enlacer le garou dragon. Il s'agissait de Fralis, la fille d'Elena Ditfrid, répurgatrice de son état et également jeune dragonne primordiale. Le groupe l'avait connue lors de la bataille de Nandoriath, son aide étant déterminante dans cette opération suicidaire. Bien que plus petite que les dragons primordiaux adultes, sa forme draconique avait suffit à repousser le gros des forces des gardes royaux. Une sacré prouesse quand on pense qu'elle n'avait jamais combattu de dragons avant. En rentrant, elle avait été voir Shisui à de maintes reprises, le trouvant particulièrement intéressant et visiblement ravie de le voir sourire et non soupirer devant son hyperactivité.

- Pourquoi tu viens jamais me voir hein ? Et ne me sors pas l'excuse du "je sais pas voler, enfin, pas longtemps". Je la connais par cœur ! Vous avez un téléporteur ici non ? Rhaaaa.

L'enlaçant avec plus de force, elle finit par lui faire une légère pichenette et sautilla. Elle voulait voler avec lui, cela faisait longtemps. Bon, comme il n'y arrivait pas vraiment, il grimpait généralement sur son dos, mais c'était un moment qu'elle chérissait par dessus tout. Soudainement, elle se retourna, se rappelant que les autres étaient là.

- Mais coucou ! Shisui prend tellement de place, je vous avais pas vu !

Elle bougea sa main de manière énergique, puis fixa Shitennô avec un énorme sourire, avant de faire ce qui semblait être une danse de la joie, chantonnant.

- Il est vivant, j'avais raison ! Qui, qui, qui, qui c'est qui avait raison ? C'est Fraaaaliiiiis ! ♫

Riant, elle observa les autres, observant Remus et Crystal, se jetant presque sur cette dernière en glissant sa main sur sa joue avec une certaine délicatesse, surprenant vu l'élan utilisé.

- Comme elle est belle ! Tu t'appelles comment ?

- Crystal !

- C'est très joli ! Et c'est ton frère ?


La dragonne se tourna ensuite vers Remus, le regardant avec un petit sourire et lui tendant la main.

- Salut ! Moi c'est Fralis, tu peux m'appeler Fra' si tu veux.

Elle remarqua son regard, bien plus que la curiosité sur son état rapidement déroutant, il semblait voir quelque chose en elle. Fralis était d'une lumière argentée absolument magnifique pour ceux capables de voir la magie et c'était visiblement son cas. Glissant sa main sur les formes invisibles pour les autres êtres, elle lui adressa un petit sourire.

- C'est un sacré spectacle hein ? Je suis étonnée de voir quelqu'un capable de ressentir et de voir cette beauté. Tu aurais pas du sang divin par hasard ?

- Notre maman est plus loin, là bas.

Regardant dans la direction du doigt de Crystal, qui, malgré son absence de vue, pouvait indiquer en toute circonstance où se trouvait sa mère, Fralis pu observer Nyx dans un petit sourire.

- Oh vous êtes les enfants de Nyx, je me disais bien que vous étiez particuliers et ça explique pourquoi vous êtes aussi jolis ! Hum, j'ai soif, tu t'envoles pas sans moi hein ?

Adressant un sourire au garou dragon, elle fit sortir des ailes blanches de sa peau et s'envola en direction des boissons. Arrivée sur place, elle ne savait pas quoi choisir, allant chercher Myrddin par la main et lui demandant ce qu'il lui conseillait, provoquant un léger rire du vieil homme. Il était difficile de voir les moindres ténèbres chez la dragonne, une pile électrique, mais possédant une joie de vivre on ne peut plus contagieuse.
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MessageSujet: Re: Retrouvailles [R5]   Ven 19 Mai - 18:16

-Qu'est ce qui aurait pu être pire ?

Totalement surprit par cette voix semblant sortir de nul part, Rin se retourna d'un bond, la main sur la garde de son arme. Voyant sortir tout droit des ombres un garçon aux oreilles de chats, à la dentition bizarrement familière. Non loin d'être rassuré il fut complètement apeuré par ces flammes qu'il voyait recouvrir le toit et monter jusqu'au ciel, d'abord prêt à dégainer son arme il se souvint que s'il se faisait repérer il aurait bien moins de chance de survivre que s'il prenait la fuite. Tournant la tête pour regarder derrière lui il se rapprocha de la bordure du toit

-Qu'est ce que tu as ? Il y a rien derrière...ah je vois !

C'est par un simple claquement de doigt que le jeune garçon finit par faire disparaître les flammes qu'il semblait avoir lui même invoqué, n'intriguant que plus le jeune démon.Il s'adressa à lui s'amusant de sa réaction pensant être le premier du type qu'il rencontrait. Même si ce n'était pas tout à fait faux, son aisance et son coté très à l'aise eu pour effet d'augmenter d'autant plus sa méfiance, ayant tout simplement l'impression que celui-ci le considérait comme son ami ou comme une personne lambda qu'il aurait pu rencontrer. Non impossible … s'il est apparu c'est forcément que c'est moi qu'il recherche... Il le vit alors sauter jusqu'à lui, s'approchant du vide et observant l’événement en cours

-Quel beau bordel non ? Tu aimerais y être n'est ce pas ? On a peur que tu te fasses découper par la terrible Victoria ?

Avant de se présenter à lui.

-Ah ! Mais j'en oublie les présentations ! Schrödinger, Prince Démon de l'Envie ! A ton service ! 

Le … Le prince démon de l'Envie ? Reculant légèrement Rin semblait bien plus méfiant que précédemment. Pourquoi un Prince serait-il venu jusqu'à lui ? Qu'est-ce qu'il me veut ?

-Quoi ? C'est le Prince Démon qui dérange ? Boarf, faut pas t'en faire, je ne mange jamais mes compatriotes, je l'ai même pas fait en tant que diablotin, donc bon ! Je venais aux nouvelles, voir si tu allais bien, si tu étais traité comme il faut, etc. Eleonore nous a pété une crise en sachant que tu étais à l'académie. "Ils vont l'enfermer, le tuer"et tatati et tatata. C'est pas le Prince de la Colère qu'il faut l'appeler, mais celui de l'inquiétude oui ! Donc voila, je suis venu la rassurer et aussi te tenir compagnie, car tu dois bien t'emmerder tout seul nan ?

Quoi ? Qu'est-ce que c'est encore que ces histoires … Rin ne comprenait pas ce qu'il venait d'entendre. Eleonore ? Alors c'était cela le véritable nom de sa mère ? Nul ne lui en avait jamais parlé, et puis … le nombre d'information qu'il avait reçu depuis qu'il était au courant de ce qu'il était , était particulièrement rare. Bien plus un sujet à éviter pour le plus grand nombre, ce qui ne dérangeait pas vraiment le jeune démon pour le moment, se remettant à peine de la dure réalité des choses. Il ne voulait pas renier ce qu'il était, et pour cela il devrait sûrement passer par la recherche d'information complémentaire sur ses parents biologiques, pourtant à cet instant celui lui provoqua un mélange d'incompréhension … et de colère.

-Je ne suis pas venu pour te "corrompre" ou je ne sais quelle connerie on t'a mise en tête. Eleonore n'est pas forcément le monstre que l'on pense, faut la connaître. Bon, je peux comprendre que d'un point de vue Rëvalïen ce soit compliqué. Être un démon c'est d'un chiant. Petit à petit, ton aspect te ronge et te transforme. Pourtant, ton identité ne s'efface pas, il faut juste arriver à sortir la tête de l'eau. Comme quoi, rien n'est inévitable, ça devrait te rassurer.

Être un démon c'est chiant hein ? Sûrement le premier truc sensé qu'il ait dit ... Rin se doutait que cette population de personne fuyant les démons par peur et voulant les anéantir avait tendance à changer les choses, insister sur le négatif et oubliant tout le positif. Pourtant au delà de la simple image que lui rendait le Prince de la Colère, que tous peignaient de manière cruelle, sanguinaire et monstrueuse, Rin y voyait une toute autre raison de lui en vouloir. Colère ou Eleonore, peu importe son nom, était sa mère biologique,pourtant il lui était impossible de la considérer comme telle … Des images toujours plus terrible les unes que les autres s’enchaînant dans sa tête. Et quand bien même … Où était-elle durant tout ce temps ? La rentrée n'était même pas arrivée que comme une fleur un Prince démon vient lui dire que sa « mère » s'inquiète pour lui.

Passant à coté des explications du jeune garçon, à présent assit à cotés de lui, Rin garda une mine énervé, laissant de plus en plus visible ses crocs. Prenant une voix forte.

-A quel moment le tout puissant Prince de la Colère a t-il juger bon de se demander ce que  devenait son fils ?

Se levant face au Prince, serrant les poings, faisant les cents pas sur la toiture.

-Je dis bien SON fils, car c'est à se demander si elle connaît l’existence de mon frère !

Baissant la tête en serrant les dents, passant sa main dans ses cheveux noir.

-... Pourquoi maintenant ?! Pourquoi elle s'intéresse à moi ?! C'est quoi son projet ?  Qu'est-ce quelle me veut ?!

Semblant perdu dans ses pensés, tous ses sentiments semblant se heurter entre eux. Il n'arrivait plus à contenir ce qu'il pensait, cette simple phrase ayant eu l'effet d'une bombe.

-Si … si elle s’inquiète pour moi … ? Pourquoi elle le fait que maintenant … hein ?! Où était elle avant ? Quand je me faisais repousser par tous … Quand j'étais seul à pleurer chaque nuit … Quand je me faisais battre … Et ensuite que cela me retombait dessus car je blessais d'autant plus mon agresseur … Quand je devais garder mon frère dans mes bras parce que celui-ci avait peur que je ne sois plus là à cause de tous mes ennuies … Elle était où ?!!!

Serrant les dents ...baissant la tête, une larme coula lentement le long de sa joue.


~~~~

Même si on m’a dit que ma destinée est immuable en dépit de mes efforts,
Je peux toujours changer, et je vous prouverais que je le peux
.

Ne meurs pas encore, feu dans mon cœur. 
Je ne veux pas déjà oublier cette chaleur dans ma poitrine.
 
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Innen
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MessageSujet: Re: Retrouvailles [R5]   Ven 19 Mai - 19:44

Le chat bougea ses oreilles, l'air surpris, ne comprenant pas vraiment la réaction du jeune homme, finissant par soupirer.

- Naturellement c'est à moi de raconter la vérité ? C'est d'un chiant. Bon, hop, hop, hop ! Gagnons du temps.

Claquant des doigts, tout ce qui les entourait sembla comme trembler, puis se fissura, comme un immense monde de verre, les morceaux volant, alors qu'ils étaient dans le noir complet. Rin perdit toute notion de l'espace, il n'y avait plus de sol, plus de ciel, plus rien, juste le vide.

- Alors où qu'il est...

D'un mouvement de main désinvolte, le prince de l'envie fit défiler des fragments, ressemblant étrangement au fait de choisir une tomate au marché.

- Ah ! Le voila.

Un fragment fit son apparition, représentant une jeune femme en pleurs. Attrapant la main de Rin, il sauta avec lui dans le verre, tombant dans ce qui semblait être de l'eau, avant de faire une chute vertigineuse. Malgré la hauteur, ils arrivèrent sans encombre dans une chambre, où une jeune femme aux cheveux blonds tenait deux petits êtres, qu'elle berçait avec tendresse.

- C'est ce qu'on appelle le calme avant la tempête.

Il se fit agripper par Rin, demandant, non, exigeant une explication, où ils étaient.

- Dans l'esprit de ta mère, pardon, de l'horrible prince de la colère ! Eleonore de son prénom. Et là, c'est toi et ton frère.

Lentement, le jeune garçon le lâcha, observant la scène, puis l'image se fissura, explosa à nouveau, pour laisser une autre faire son apparition. Les deux enfants dormaient à côté, tandis que la jeune femme hurlait sur un homme aux cheveux verts.

- Et là c'est ton père, le prince de la paresse. Netzach.

La femme serra les poings, étant entourée d'énergie rouge, les murs et le sol se fissurant, les éclats volant autours d'elle.

- C'est exactement ce que je veux dire Eleonore !

Ouvrant les yeux, elle regarda ses mains en respirant soudainement, comme si elle avait retenue sa respiration. L'énergie se dissipant, tandis qu'elle tombait à genoux.

- Tu ne peux pas les condamner à vivre ainsi.

Frappant légèrement le sol, la démone semblait partagée entre la colère et la tristesse.

- Nous luttons tous Netz'...au moins ils apprendraient à contrôler cette colère.

- La contrôler ? Regarde toi ! Tu es incapable de te calmer sans aide !


Se levant, Eleonore sembla comme méfiante, craignant quelque chose.

- Je suis trop vieille pour y arriver, tu le sais aussi bien que moi, je ne peux rien y faire.

Baissant les yeux, le prince respira un grand coup et pointa sa main dans sa direction, cette dernière s'illuminant dans une puissante énergie blanche.

- Je suis désolé, mais c'est la seule solution.

Avant qu'elle ne puisse faire quoi que ce soit, l'attaque du démon s'écrasa sur le corps du prince de la colère, qui sembla comme brûlée par cette lumière aussi nocive pour elle. Le bras de l'attaquant fit de même, mais il l'ignora très rapidement, étant habitué. Avançant, il s'arrêta peu de temps après, Eleonore lui attrapant le pied avec force, elle avait beau être dans un seuil critique, elle pouvait encore l'entraver.

- Ne m'enlève pas mes enfants...

Fermant les yeux, Netzach, de son vrai nom, frappa le ventre de sa "compagne", l'envoyant traverser un mur, avant de courir dans la chambre, prendre les petits et partir.

La dernière image fut Eleonore, titubant, puis s'écrasant sur le sol en pleurant. Juste après, la scène se figea.

- Elle n'a plus jamais été la même après cela. Les princes sont dévorés par leurs aspects, plus ils vieillissent, plus il est difficile de lutter. En sachant que paresse t'avais emmené avec ton frère sur Rëvalïa, elle a commencé à haïr encore plus ce monde et à ne devenir que...Colère.

La scène se brisa finalement, dévoilant la jeune femme en permanence entourée de sang, d'énergie de la même couleur, prenant de force le corps des mortels, parcourant Rëvalïa de long en large, avant de faire mourir le corps quelques jours après.

- Lorsqu'un démon prend le contrôle d'un humain aussi rapidement, sans préparation, il tue petit à petit son hôte. Colère est devenue folle, mais était bien incapable de vous trouver, elle avait beau affronter encore et encore ton père dans le plan démoniaque, elle ne savait rien.

La scène se brisa encore, montrant ensuite Colère foncer à toute vitesse contre Netzach, c'était si brutal et si rapide que Rin avait de la peine à suivre. Elle encaissait sa magie blanche, puis se relevait et recommençait, de plus en plus effrayante, de plus en plus déchaînée. Puis, son poing traversa l'énergie du prince de la paresse et s'écrasa contre le visage de ce dernier, s'envolant sur une vingtaine de mètres, crachant son sang.

- Un démon ne peut mourir sur Rëvalïa, mais ici, je peux te massacrer. Où sont ils ?!!

Elle lui attrapa le visage et l'envoya traverser de nombreux murs, jusqu'à sortir de la demeure du prince de la colère, dans une gigantesque plaine où des éclairs tombaient en permanence et de manière beaucoup trop fréquente pour que ce soit naturel. D'un saut, elle lui tomba dessus, attrapant son visage à nouveau et le fracassant sur le sol, recommençant, encore, encore, encore et encore, jusqu'à faire un gigantesque cratère.

- Où sont ils ?!!

- Je ne sais pas...


Le démon se retrouva avec le visage compressé par une seule main, sa force était juste effroyable, elle avait décuplée à chaque fois qu'elle s'était prise un coup, jusqu'à surpasser son adversaire.

- Comment ça ?!!

- Je suppose que je me suis effacé la mémoire, pour que tu ne le saches jamais.

- Si tu n'étais pas vital pour notre espèce...hors de ma vue...

La scène se brisa, offrant l'ultime vision, Schrödinger qui discutait avec la démone, qui était devenue pour le coup, beaucoup plus douce, comme lorsqu'elle avait ses deux enfants.

- Ce ne sont peut être que des rumeurs, mais si tu les vois, assure toi qu'ils vont bien...

Lui faisant un signe de garde à vous, le prince de l'envie miaula d'approbation.

- Promis ! Mais si je le trouve, tu me dois un service !

- Accordé...


Finalement, ils tombèrent à nouveau dans le vide, puis se retrouvèrent sur le toit. Schrödinger s'étirant et s'allongeant en observant le jeune garçon.

- Et voila, je suis tombé sur toi en cherchant un endroit isolé et me voila. Je n'ai parlé que de toi, car je n'ai trouvé que toi. Pourquoi elle n'était pas là ? Car elle vous a perdus, tous les deux. Je ne dis pas qu'elle est toujours agréable et peut être que le choix de ton père était le bon...mais de cette manière. Fin bref, ça ne me concerne pas.
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MessageSujet: Re: Retrouvailles [R5]   Ven 19 Mai - 22:51

Sans comprendre pourquoi, Rin fut transporté dans un monde de miroir et de cristal. Accompagné du Prince démon, il semblait totalement perdu, ni le sol, ni le ciel, ni la fête était visible … On y perdait tout repère, seul le vide obscure et ces nombreux éclats, semblant tous montrer une scène différente, étaient visibles. Soudainement il se fit attraper et tomba à l'intérieur de l'un d'entre eux, cette sensation était purement inédite, le jeune démon n'avait jamais vécu quelque chose de semblable. Ils finirent par chuter, sur une distance tellement imposante qu'il se mit à hurler en voyant le sol se rapprocher un peu trop vite avant de se calmer, au moment où ses pieds touchèrent le sol.

Ils étaient dans une chambre, Rin observa rapidement l'endroit avant de se focaliser sur un détail, la femme blonde, portant dans ses bras deux enfants. Son cœur manqua un battement à cet instant, il avait l'impression de voir beaucoup trop de chose dans cette scène, la réponse ainsi que la formation de plusieurs centaines de question dans son esprit. Il attrapa le prince démon, avec force, les yeux insistants.

-Qu'est-ce que c'est que cette histoire ! Où est-ce qu'on est ?!

-Dans l'esprit de ta mère, pardon, de l'horrible prince de la colère ! Eleonore de son prénom. Et là, c'est toi et ton frère. 

Quoi … ? Le lâchant doucement dans un léger tremblement, Rin tourna le regard à nouveau vers la scène se déroulant sous ses yeux. Ces enfants … cette femme … ça ne peut pas être… le jeune démon ne pouvait s’empêcher de remarquer une ressemblance entre ces enfants et lui et son frère, reconnaissant particulièrement les grains de beauté que son jumeau avait sur le visage. S'approchant d'un pas vers l'avant, tendant la main vers la scène, quand celle-ci se brisa devant lui avant de tomber en éclat. Reculant sous le choque avant qu'une autre scène ne s'ouvre à nouveau devant ses yeux emplis d'incompréhension. Il chercha du regard les enfants qu'il avait vu, sans résultat avant que son regard ne soit attiré par cette scène qui lui fit froid dans le dos.

-Et là c'est ton père, le prince de la paresse. Netzach.

Rin avait bien plus entendu parler de son père que de sa mère, bien que la relation entre les yeux ne lui fut jamais expliqué clairement. En même temps un enfant n'était pas censé être au courant des histoires de ses parents, pourtant … elle avait l'air d'être particulièrement énervée contre lui … au point de fissurer une bonne partie des murs et du sol, le faisant sursauté de surprise.

-C'est exactement ce que je veux dire Eleonore !

Il vit le prince de la colère se défaire de cette aura si menaçante et tomber à genou sur le sol face à son père. Le jeune démon observait la scène, absorbant la moindre réaction, le moindre geste, de ses parents. S'il avait été mis au courant de leur identité, c'était bien la première fois qu'il les voyait, et bien que le moment ne soit pas des plus joyeux, cela le bouleversa plus encore.

-Tu ne peux pas les condamner à vivre ainsi.

Le regard de Rin se tourna vers sa mère, voyant nettement cette peine caché derrière sa colère. Sentant une douleur lui transpercer le cœur, pour la première fois il voyait une ressemblance entre lui et sa mère. Cette tristesse insurmontable qui se traduit par une violence quelque fois incontrôlable. Non … c'est … c'est impossible …. Il la vit frapper le sol à d'un coup de poing et s'adresser à Netzach.

-Nous luttons tous Netz'...au moins ils apprendraient à contrôler cette colère.

Les princes … luttent contre leur présence … ? Je … je ne comprends pas … Rin se tint la tête un instant en fermant les yeux, l'émotion semblait commencer à le submerger. Il fut néanmoins rattraper par la voix de son père

-La contrôler ? Regarde toi ! Tu es incapable de te calmer sans aide !

Les yeux du jeune démon s’écarquillèrent sur le terme que venait de prononcer le prince de la paresse. Incapable … Pourquoi … pourquoi ce mot me fait si mal … ?

-Je suis trop vieille pour y arriver, tu le sais aussi bien que moi, je ne peux rien y faire.

Rin n’eut pas le temps de se poser plus de question qu'il vit Netzash pointer Eleonor de sa main, comme s'il cherchait à la viser. Une énergie blanche sembla se dégager de son bras.

-Je suis désolé, mais c'est la seule solution.

Comme un spasme, le jeune démon serra les poings au moment ou il vit Colère se prendre l'attaque de Paresse. Elle semblait souffrir comme si son corps brûlait... Non … non pas ça ! Rin s’approcha un peu plus de la scène tournant le regard vers son père, semblant passer outre la douleur que sa propre attaque pouvait lui causer. Son regard fut attiré par sa mère … attrapant avec la force qui lui restait celui qui semblait vouloir quitter la pièce. Entendant cette phrase, s'inscrivant au plus profond de son cœur, comme une lame qui viendrait trancher la moindre parcelle de chair.

-Ne m'enlève pas mes enfants...

Sentant les larmes lui monter aux yeux, il vit son père frapper sa mère avec une telle force que celle-ci traversa le mur. Quoi ?! … Non … non arrête !! Ne fais pas ça !! Il sentait ses ongles devenir des griffes, son cœur s'emballant avec une telle violence qu'il ne parvint aucunement à stopper son essence, ses oreilles s'allongèrent, ses pupilles devinrent rouge et deux flammes se formèrent au niveau de son front, comme si celui-ci avait des cornes. Il tremblait légèrement en voyant son père se diriger vers la chambre d'à coté, revenant, les deux enfants dans les bras. C'est … c'est impossible … Tu n'as pas fait ça … Son regard se tourna vers sa mère, titubant vers lui avant que celui-ci ne disparaissent avec son frère et lui. La dernière image qu'il aperçu fut la vision de cette dernière, s'effondrant sur le sol en larme. C'est impossible …

-Elle n'a plus jamais été la même après cela. Les princes sont dévorés par leurs aspects, plus ils vieillissent, plus il est difficile de lutter. En sachant que paresse t'avais emmené avec ton frère sur Rëvalïa, elle a commencé à haïr encore plus ce monde et à ne devenir que...Colère.

Il regarda la scène se briser à nouveau devant lui, reculant légèrement sans réellement le vouloir, comme perdant légèrement l’équilibre. Il vit alors Colère couverte de sang, entourée de son aura, prendre possession du corps de Rëvalien un par un, parcourant le monde pour finalement voir mourir les corps... Tout ce sang … toutes ces morts … pour nous retrouver … C'est insensé … ça ne peut pas être réel …

-Lorsqu'un démon prend le contrôle d'un humain aussi rapidement, sans préparation, il tue petit à petit son hôte. Colère est devenue folle, mais était bien incapable de vous trouver, elle avait beau affronter encore et encore ton père dans le plan démoniaque, elle ne savait rien.

Rin tourna son regard vers le Prince de l'envie dans une certaine incompréhension, ses yeux luisant de plus en plus, laissant presque apparaître une légère flamme bleutée avant que son attention soit attirée à nouveau par la scène se formant devant lui. Il recula soudainement, surprit par la violence des actions qui se déroulaient sous ses yeux. Colère combattait Paresse avec une telle violence, il n'avait jamais vu ça, elle semblait monstrueuse … Ayant complètement succomber à la colère. Il y avait une telle différence entre cette créature et la jeune femme qu'il avait vu précédemment, tout cela le perturba au plus haut point … Comment … est-ce possible ?

-Où sont ils ?!!

Q-...quoi ? C'est pour nous qu'elle se battait ?

-Je ne sais pas...

Depuis tout ce temps … Elle nous cherchait … Elle voulait nous retrouver … Tout ce sang … tout ça … c'était pour nous ? Non … non c'est insensé !! L'extrémité de sa queue prit également feu, tandis que son œil gauche s'enflamma. Comment son essence pouvait-elle autant lui échappé … Son arme n'était même pas au clair … Le jeune démon était totalement dépassé par ses émotions, il ne comprenait pas ce qui lui arrivait.

-Comment ça ?!!

-Je suppose que je me suis effacé la mémoire, pour que tu ne le saches jamais.

-Si tu n'étais pas vital pour notre espèce...hors de ma vue...

La vision se brisa, laissant l'image d'Envie discutant avec Eleonor.

-Ce ne sont peut être que des rumeurs, mais si tu les vois, assure toi qu'ils vont bien...

Elle semblait beaucoup plus calme, ce qui frappa le jeune démon en plein cœur, son feu intérieur semblant s’apaiser instinctivement devant cette scène. Ses yeux, ainsi que ses oreilles et ses griffes, reprirent leur apparence initiale. Laissant Rin dans la contemplation de cette scène.

-Promis ! Mais si je le trouve, tu me dois un service !

-Accordé...

Les deux démons arrivèrent à nouveau sur le toit de l'Académie. Rin semblait regarder autour de lui comme cherchant cette vision qu'il avait du mal à se sortir de la tête, baissant les yeux sur ses mains, les voyant rouges de sang, tant la tension de ses poings avait enfoncé ses griffes dans sa chaire. Entendant la voix du garçon il se tourna vers lui.

-Et voila, je suis tombé sur toi en cherchant un endroit isolé et me voila. Je n'ai parlé que de toi, car je n'ai trouvé que toi. Pourquoi elle n'était pas là ? Car elle vous a perdus, tous les deux. Je ne dis pas qu'elle est toujours agréable et peut être que le choix de ton père était le bon...mais de cette manière. Fin bref, ça ne me concerne pas.

Relevant la tête, admirant le ciel étoilé. Le jeune démon prit une grande inspiration avant de s'asseoir, les genoux pliés afin que ses genoux se trouvent au niveau de son menton. Soupirant longuement il ferma les yeux.

-Laisse … Inutile de se poser la question.

Il sentit le regard interrogatif du Prince à son égard.

-Personne ne peut juger … il a fait son choix, est-ce que c'était le bon ? J'en sais rien … est-ce que ça aurait été mieux si ça n'avait pas été le cas ? Je m'en fou.

Désignant le lieu de l’événement de son doigt.

-Mon frère, Yukio, est à la fête à cet instant. Il fait connaissance avec les nouveaux membres de sa promotion. Tu pourras le dire à Eleonor, c'est une véritable tête, un vrai génie. Il est populaire, intelligent, sportif, apprécié de tous, tout ce dont on peut rêver.

Rin sourit tristement, soupirant longuement avant de fermer les yeux et de s'allonger, mettant ses mains derrière sa tête.

-J'en connais d'avantage sur mon passé, sur qui sont réellement mes parents … mais ils ne sont pas là … et le sauront d'autant moins que je grandis de jour en jour. Chaque instant est un combat, cacher sa nature … ne pas répondre aux attaques … Tout ça en attendant que les choses changent … qu'il me soit possible de changer mon destin.

Ouvrant les yeux et regardant les étoiles.

-Je ne suis pas ma mère … je ne suis pas mon père … je ne suis pas mon frère … Je suis juste moi et je refuse de suivre n'importe qu'elle voie que quelqu'un aura tracé pour moi

Se redressant et affichant un grand sourire, fermant les yeux en même temps, chose qui pouvait sembler quelque peu inhabituelle.

-Je suivrai la voie que j'aurai moi même tracé, bravant tous les obstacles. Je ne serais pas un Prince démons, je ne serais pas un humain, je serais l'exception qui confirme la règle.

~~~~

Même si on m’a dit que ma destinée est immuable en dépit de mes efforts,
Je peux toujours changer, et je vous prouverais que je le peux
.

Ne meurs pas encore, feu dans mon cœur. 
Je ne veux pas déjà oublier cette chaleur dans ma poitrine.
 
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Retrouvailles [R5]

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