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 Journaux de jade

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Lucien d'Elenor
Lindörwin
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MessageSujet: Journaux de jade   Lun 14 Nov - 19:26

[Ces journaux sont sujets à modifications, des passages seront ajoutés et changés ; ils sont là pour relater ce que vécut Lucien lors de ses cinq ans au sein de l'Ordre de Jade.]


Peut-être un jour aurai-je l'honneur de titrer ces écrits "Journaux de jeunesse de l'archimage Lucien Lewis d'Elenor". Mais aujourd'hui, alors que je les commence, je devrais me contenter du plus modeste titre "Journaux de l'aspirant L.P.L d'Elenor", si je ne veux employer mon titre de comte.
Pour ceux qui un jour liront mes écrits, qu'ils sachent que je suis le dernier-né à ce jour de la glorieuse lignée qu'enfanta l'Archimage Lewis Thaddeus d'Elenor, le créateur de l'ordre de Jade, et que notre famille a enfin retrouvé les pouvoirs magiques dont la Lune l'avait privée pour des raisons que j'ignore encore aujourd'hui. Qu'ils sachent qu'élève à l'académie, j'ai étudié sous les professeurs Bachiatari, Raksha et Fujiin, que j'y ai affronté l'Abysse à l'aide de mes camarades et d'Ayla Morg, alors Ayla Von Carline plus précisément, et qu'enfin j'ai participé à l'expédition de Nandoriath. Un jour viendra sans doute quand, le temps venu, je pourrai conter ces divers événements qui ont déjà à l'heure où mon encre sêche profondément marqué l'histoire du royaume.
Là n'est pas l'heure.

Lecteur, je te présente ici mes journaux de jade, commencés en l'an 40X alors que je suis entré dans l'ordre que fonda mon ancêtre. J'ai décidé de le rejoindre dans le but d'y suivre les enseignements de Kisaki, de servir le royaume à l'image de mon plus illustre aïeul et d'affirmer le destin de ma lignée. Le cadet de notre lignée, Thelonius – dont je suis le benjamin – l'avait déjà fait avant moi, et il était prévu que je réussirais par les arts ou la magie plutôt que par les armes. Sans poser pour autant la plume ou renoncer à mes talents, ce choix se révéla le seul que je pusse prendre à la suite de la mort du regretté professeur Bachiatari et l'impossibilité de trouver un professeur remplaçant. J'affirme même que jamais l'académie ne m'a déplu, et je féliciterai toujours sa réouverture. Si j'ai l'heur d'être lu dans cent ans encore, puisse-t-on alors hocher la tête à ces lignes d'un air entendu.

J'entrepris l'écriture de ces journaux pour documenter ma vie dans l'ordre, en nourrir les archives et renseigner mes descendants pour le cas où je viendrais à en avoir si la fortune le permet. J'essaierai d'y coucher le plus fidèlement possible ce qui m'arriva lors de ma formation et continuerai certainement cette pratique saine au-delà.
Je ne suis pour l'instant qu'aspirant, ayant rejoint l'ordre hier ; les quartiers sont assez différents de ceux de l'académie, mais ne m'ont pas moins impressionné. Je décrirais avec plaisir le rituel, mais je ne sais si le je puis. J'ai en tout cas pris les serments, et décidé de vouer ma vie à protéger le royaume qui a vu ma famille prospérer, de protéger les innocents et de veiller à ce que la magie ne soit pas utilisée pour nuire. Avant de partir en mission, je suivrai d'abord les enseignements de mes maîtres en matière de combat, de magie, et surtout de sagesse en suivant les écrits de mes ancêtres.
Qu'il est étrange que je ne sois pas encore totalement immunisé à l'angoisse ; on pourrait penser qu'après tout ce que j'ai vécu à l'académie et les autres épreuves de ma jeunesse, je ne puisse pas éprouver de de peur. Mais je crains terriblement de ne pas être à la hauteur de la réputation que j'ai déjà, et surtout de celle de mon ancêtre. Je me rends compte à présent que ce lignage, duquel j'ai toujours tiré ma fierté, risque d'être mon plus grand ennemi en ce jour.
Jusqu'à mon père la coutume était parmi nous d'envoyer le premier-né de notre famille servir l'ordre et d'enseigner au cadet les arcanes de la politique pour perpétuer notre Etat, car là était la tâche la plus importante. Je ne sais pourquoi mon père ne l'a pas suivie – un tel sujet est trop tabou pour que je puisse poser des questions.

Je plains tous mes aînés, qui, jusqu'à ce jour, ont eu à se montrer digne du fondateur de l'ordre des chevaliers d'Edälia sans succès éclatant ; tous connurent le trépas. Aujourd'hui, ma famille n'a que deux représentants dans l'ordre : mon frère Thelonius et moi. Mon oncle est mort avant ma naissance, et il en va de même de mes grands-parents ; nous devrons prendre la place de nos aînés.
Plus j'avance dans ma vie, plus je découvre que l'on m'avait caché bien des choses, pour éviter que l'envie ne me vienne de supplanter un de mes frères. On m'avait préparé une enfance bien plus libre que les leurs, mais écartée de bien des secrets. On m'avait même marié à une famille subalterne sans m'en avertir. Je n'ai appris que fort tard qui était notre ancêtre fondateur, et n'avais jamais vu dans nos chevaliers de lien avec nous.
Je n'explique pas mon ignorance passée. J'étais sans doute trop occupé de géographie et de littérature, de flûte et d'étiquette pour qu'on prît le temps de m'expliquer toutes ces choses.
Mais ma famille verra en temps et en heure que je serai celui qui fera briller son nom dans le marbre étincelant de l'Histoire des temps. Je ne peux échouer, et préfèrerais mille fois mourir.
La cloche du premier repas convivial sonne. Je ne peux faire attendre mes nouveaux frères, et cesse là mes écrits pour aujourd'hui. Demain matin je reprendrai mon récit.

*****

Lewis Thaddeus d'Elenor.
Je ne voudrais pas passer pour un fou ni pour un messie, mais j'ai vécu avec cet être fabuleux. Je peux le sentir au fond de mon âme au moment où je fais glisser ma plume. Il se peut que je fasse une grossière erreur en écrivant ainsi ce secret, mais ces journaux ne seront rendus publics que dans bien longtemps : d'ici là, j'aurai rendu l'archimage à notre monde. Il reviendra, et pourra guider de nouveau l'Ordre sur sa voie. Rendre ma famille et l'Ordre à leur gloire suprême.
Si j'écris cela, ce n'est pas seulement pour faire état de mes plans futurs : je n'aurai pas besoin de rendre public ce qui sera déjà advenu si tout se passe comme prévu. J'écris cela pour parler du déroulement de mes journées.
Mon ancêtre a en effet la bonté de m'expliquer chaque jour ses écrits, de m'accorder son temps. Je me dois de confesser que je ne sais pas s'il peut véritablement le consacrer à autre chose, mais je lui en suis reconnaissant néanmoins.
Nous passons chaque jour de longs entretiens, et il m'apprend les secrets de l'Ombre. Le lien de notre lignée avec l'outre-voile. Son passé. Ses plans futurs.
Je lui ai confié mes problèmes, mes doutes, mes inimitiés. Et c'est là que je dois stopper mon récit ; une personne lors de l'expédition de Nandoriath surtout m'a poussé aux portes de la haine par son comportement odieux. Je ne puis l'accuser publiquement sous peine de trahison envers le royaume, même dans mes journaux personnels ; j'ai appris le passé commun qui les relie. O*** est une menace terrible envers les miens, envers le royaume-même, et je ne sais ce que je puis faire.
Mes capacités ne sont pas encore suffisamment développées pour lutter seul, mais je ne puis soulever l'Ordre.
Je dois trouver des alliés pour sauver les miens.

*****

La journée d'un aspirant se compose de méditations principalement, en plus d'exercices physiques. L'on fait en sorte d'assainir mon esprit et mon corps, à un rythme éprouvant, et il est de mon devoir pour l'heure d'assister l'Ordre dans sa vie courante, par des tâches ménagères que l'on ne m'avait pas préparé à faire. Il n'est plus pour moi de vrai repos, car l'on me fait lever aux aurores, pour m'assigner à divers tâches, en fonction des travaux et des jours.
Je dois admettre que je voudrais me jeter sur les études magiques. Que je suis frustré d'attendre de percer les secrets de l'obscur, et voudrais me livrer toujours plus loin dans l'apprentissage magique. Peut-être est-ce orgueil ? Je ne place pas très hauts les assauts d'un guerrier qu'une ombre trébuche. Quand je fus dans les Limbes, je sentis mon pouvoir. Je m'élevai en ailes d'or par dessus la mêlée et vis tout. Alors, ce fut moi qui contrôlais la bataille, comme un véritable stratège : je créais des remparts, je paralysais l'ennemi. Sous moi avançaient mes compagnons préoccupés de leur seule survie, mais invisible j'avais le loisir de me soucier des autres.
La magie est le pouvoir, car l'épée ne peut fendre une ombre. J'aurais sans doute rapidement abandonné les cours de l'orochi fou pour me concentrer sur une autre matière, en vérité.
Mais l'on me soutient que le mage devrait craindre les assauts du guerrier, quand bien même le mage peut se téléporter ou s'envoler ; je perds encore mes duels contre les membres de plus haut rang, et cela alors même que j'emploie parfois ma magie, mais si j'étais véritablement nourri de magie, cela n'arriverait sans doute pas.
Pourquoi combattre quand on peut changer la forme de l'univers ? Pourquoi combattre quand on peut l'éviter ?
Si je comprends un jour, je regarderai ces lignes en ayant peine à comprendre ce que je pensais plus jeune. Sinon, j'aurais peut-être l'assurance d'avoir déjà su certaines choses. En vérité, je ne vois qu'une situation qui mérite de s'entraîner au maniement des armes : l'assurance de pouvoir y recourir si je venais à tomber sur un adversaire résistant à la magie...
...comme le sont souvent bien des mages et des dragons.

*****

Je vois des gens qui sont morts.
Pour être plus précis, depuis mon départ de l'académie, j'ai sans cesse médité, et me suis préparé sous mon ancêtre à ouvrir mes sens à d'autres réalité. L'entraînement magique a repris depuis quelques temps. Comme je l'ai tantôt écrit, je suis à présent un initié, et porte fièrement le pendentif qui le prouve.
Mais je suis distrait. J'entends des voix sans que personne ne soit là. Je sens à la lisière de mes yux mouvoir les ombres d'êtres absents. Dans mon dos courent des frissons dénués de fondement.
Je voyage, et commencerai demain ma première mission, qui a failli ne pas m'être accordée pour les causes que voilà ; certains gageaient sans doute que l'exercice m'avait fait perdre la raison, ou que j'avais découvert ce qui ne devait pas l'être. D'autres alléguaient que j'avais dû être victime d'une malédiction. Enfin, certains pensaient sans doute que j'étais, pour être plat, débile et inattentif, que seules mes relations m'avaient valu une progression rapide dans les rangs, une fois qu'ils n'avaient plus perçu ma fougue qui seule l'avait méritée.

Selon mon ancêtre, il s'agit plutôt du signe que j'ai enfin par nos entretiens réussi à m'ouvrir au sang des Elenor, aux capacités par lesquelles nous avons été les héros de la guerre des Eléments. Lui-même s'était-il cru hanté en son temps ?
Il n'est pas normal qu'il y ait tant d'esprits sans repos sur nos terres, mais les guerres furent rudes, les spirites absents. Mephiles était sans doute plus prompt à voler ma famille qu'à faire son office, somme toute.
Il est peut-être trop tôt pour moi de voir cela, et je crains de n'être prêt pour ces sensations nouvelles. Je ne devrais pas sentir les ombres des défunts à ce stade ; j'ai peut-être plus cotoyé l'archimage qu'il n'aurait été sage, j'ai peut-être consacré trop de mon temps à mon pouvoir. Peut-être est-ce le lieu-même qui a provoqué cette progression plus rapide qu'elle ne devrait ? Mon ancien mentor n'aurait sans doute pas permis que je me tourne vers les savoirs nécromantiques avant mes vingts ans ; je n'en ai que seize.
Et pourtant... je ne puis m'empêcher d'être attiré par les demeures d'outre-tombe. Par le savoir perdu, par les forces du voile. Est-ce l'appel du sang qui ainsi me guide vers les délices glacés de cette magie crainte ?
Je suis au moins rassuré qu'aucun esprit ne tentera de me posséder. Nous sommes déjà trois en moi.

À la réflexion, je connais bien Trille et sais qu'il serait prêt à servir Lewis s'il voulait me remplacer, et que cela vaudrait pour tout autre esprit qui se montrerait plus digne que moi. J'espère que je serai assez fort pour ne pas me laisser engloutir par les morts s'ils devaient se servir de moi.

*****

Cette page sera détruite. J'ai besoin de me confier, j'ai besoin d'écrire. J'ai trop pris l'habitude d'écrire mes journées, et en ma détresse ne puis la conjurer.  
Ayla Morg. Je l'ai vue aujourd'hui, après avoir demandé une affectation à Nandoriath pour découvrir le pays une fois encore. J'aimerais bien que cette entrée ne soit qu'une façon pour moi de dire que le pays est si beau que je n'ai pu m'empêcher de l'écrire, mais non. J'aimerais devoir écrire que j'ai failli trouver la mort dans une embuscade de dissidents, mais non.
J'écris car je ne sais plus qui croire.
En toute honnêteté, ces pages ne devront jamais voir le jour, sous peine de risquer une mésentente irréparable entre l'Ordre et Nandoriath. Mon coeur sombre à l'idée que, dans ma candeur, je puisse avoir été le déclencheur d'un conflit entre mon ancien amour et mes frères présents. Mon coeur saigne devant la perspective d'avoir naïvement livré nos plans à ceux qui mourraient pour s'y opposer.
Ayla, pourquoi ne me fais-tu pas confiance ? Veux-tu te venger de quelque affront ? Je ne puis le croire. Mais vous, les vampires, vous ne savez pas ce qu'est la mort, ce que sont les abysses de l'oubli des temps. Pour vous, les âmes vont et viennent par le sang ; pour nous, elles passent dans l'outre-voile, perdues à jamais ou bien prennent corps dans les démons que vous affrontez. Comment ne peux-tu pas voir que si tous étaient immortels et que si tous revenaient à la vie, délivrés de la crainte de la mort, la paix enfin pourrait connaître le jour, et les méchants ne pourraient plus rien ?
Comment le plan de l'archimage pourrait-il être...

Pourquoi ? Pourquoi ?
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